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D'une harmonisation à l'autre |
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Lors du sommet entre l'Union européenne et les Etats-Unis le 30 avril à Washington, les deux partenaires ont l'intention de signer un accord visant à harmoniser leurs réglementations dans des domaines tels que les marchés boursiers, la construction des automobiles, ou bien la propriété intellectuelle.
La Chancelière allemande Angela Merkel, président en rotation de l'UE, est la force motrice derrière cette idée, dont le but est de renforcer les liens transatlantiques qui - malgré un certain adoucissement depuis le second mandat Bush - restent perturbés.
L'initiative est à saluer, mais elle sera une oeuvre de longue haleine et donc ne pourra pas avoir de retombées positives sur les relations politiques à travers l'Atlantique que dans 5 ou 10 ans.
Entretemps, si l'Europe et les Etats-Unis veulent resserrer leurs liens, il y a un défi presque fait sur mesure devant eux - négocier une position commune (et sans contrarier trop les Russes) sur le système anti-missile que les américains veulent établir en Pologne et en République tchèque.
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Défense européenne post-29 mai 2005 : plus de coopération et…moins d’intégration ? |
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L’a-t-on assez remarqué ? A l’unanimité de ses pairs en Europe, le Chef d’Etat-major des Armées françaises vient d’être élu Président du Comité Militaire de l’Union Européenne. Ainsi, des pays qui ont pourtant connu des lignes de fracture aussi marquées que la participation ou non à l’expédition militaire en Irak récemment et, il y a plus longtemps, au commandement intégré de l’OTAN, ont su réunir leurs voix sur la France, qui s’est pourtant la plus singularisée sur ces deux registres….
Et l’on reparle alors des beaux concepts de coopération et de coordination renforcées des moyens de défense européens : Euro-corps franco-allemand en développement, forces européennes bientôt sous commandement allemand en Afrique (une première), etc…Tout cela est bel et bon, mieux que rien, diront certains, mais qu’on ne s’y trompe pas. S’estompent du même coup les ambitions de la déclaration franco-britannique de Saint-Malo, les enjeux d’une véritable politique commune de défense, d’une autonomie volontariste par rapport au « bouclier » américain, d’une intégration qui rejoindrait les avancées anciennes de l’Europe en matière commerciale, économique et monétaire.
Mais est-ce une surprise ? Alors que dans la foulée du « non » français et néerlandais au projet de constitution européenne, les perspectives d’une Europe politique s’obscurcissent et les tentations d’un repli sur soi reviennent – remontée des nationalismes, thématique de patriotisme industriel – il n’est pas étonnant que le plus régalien des domaines marque lui aussi le pas en matière d’ambition intégrationniste…
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De l’importance d’être prévisible |
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Plus le changement est rapide, plus les gens agissent en fonction de l’idée qu’ils se font du lendemain. Le monde moderne ne vit pas au présent, il se nourrit d’anticipations. D’où l’importance d’être prévisible. C’est évident lorsqu’il s’agit d’investissement. Ainsi, des coûts de production élevés mais dont l’évolution est quasi programmée - comme c’est le cas en Allemagne - découragent moins les investisseurs potentiels que la crainte de mauvaises surprises. De même, la stabilité politique attire alors que l’incertitude effraye.
De ce point de vue, il n’y a pas que les pays « en développement » qui aient des problèmes. L’UE, elle-même, donne une impression de flou. Elle a beau agir et ses actions ont beau être efficaces dans de nombreux domaines, elle manque d’un cadre susceptible d’indiquer clairement de quoi son lendemain sera fait. C’est essentiellement pour cela qu’une « Constitution » était nécessaire et que le « non » a été destructeur. D’une façon ou d’une autre, il faudra réinventer une formule qui apprivoise l’avenir.
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Blair Tout Seul |
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A la fin de la présidence britannique de l’Union européenne, le Premier Ministre Tony Blair doit se sentir seul dans son projet de relancer la Stratégie de Lisbonne sur la réforme économique. En Allemagne, la plus grande économie de l’Union des 15, Angela Merkel, une libérale dont les idées ont été forgées dans l’opposition au communisme est-allemand, a du se contenter d’une Grande Coalition entre ses propres Démocrates chrétiens et le Parti social-démocrate, ce qui parait la condamner ? poursuivre une politique du plus bas dénominateur commun.
En Pologne, le plus grand des 10 nouveaux membres de l’Union, tout paraissait prêt pour que Donald Tusk, leader du parti libéral Plateforme Civique (PO) gagne la présidence et que son parti soit ? la tête d’une coalition avec les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS). En fait, le PiS a surpris les observateurs non seulement en gagnant la présidence mais aussi en ramassant le plus grand nombre de votes lors des élections parlementaires. Le PiS a ensuite décidé de former un gouvernement minoritaire avec le soutien de deux partis populistes, l’un de droite et l’autre de gauche, qui vont bloquer toute tentative de libéralisation économique. Maintenant que l’héritage de réforme qu’il voulait léguer aux européens est mort avant de naître, ce n’est peut-être pas étonnant que Blair joue le trouble-fête quant au budget européen. Avec la déception provoquée par les nouveaux gouvernements en Allemagne et en Pologne, Blair doit au moins préserver sa popularité parmi les électeurs britanniques – quitte ? ne pas ceder sur le fameux “UK rebate.”
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L’Empire contre attaque |
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Dans le premier numéro de sa nouvelle formule, le 08 novembre 2005, « Le Monde » a publié un article écrit par Ivan Krastev, un politologue bulgare. Intitulé "les néoconservateurs de Poutine", cet article, qui est disponible sur le site du Monde, mérite d’être lu intégralement. Voici, en attendant, un extrait concernant l’Ukraine et la nouvelle Europe :
« La révolution orange en Ukraine a constitué une sorte de 11 septembre pour la Russie. Elle a révolutionné sa façon de penser la politique étrangère. Jusque l? , la Russie avait tendance ? considérer l’U.E comme un concurrent bienveillant et un allié stratégique désireux de voir émerger un monde multipolaire. Dans la réalité « post-orange », l’U.E est devenue son principal rival. Ce brusque revirement est aisé ? expliquer : l’U.E est la seule grande puissance dont les frontières ne soient pas figées. Plus important encore, l’U.E, auparavant considérée par Moscou comme un instrument de politique étrangère de Paris et Berlin – et donc comme un obstacle ? la présence hégémonique des Etats-Unis sur le continent – est ? présent vu comme un instrument au service des ambitions de Washington et de Varsovie ».
Ivan Krastev en déduit que Poutine essayera de marginaliser la nouvelle Europe en privilégiant les relations bilatérales avec Paris, Berlin, Londres, etc. Surtout, il cherchera ? peser sur le cours de la politique des anciennes républiques soviétiques, tout particulièrement de l’Ukraine. Pour cela, il se servira de l’arme pétro gazière et s’efforcera de mobiliser les populations russes des différents pays. Rappelons que 20 % des Ukrainiens sont russes et que 60 % des habitants de la Crimée sont russophones. Comme nous l’écrivions dans Vigilances 28 (décembre 2004): « Ce serait une illusion de croire que l’Ukraine pourrait rejoindre l’Union Européenne en faisant un pied de nez ? la Russie Il ne pourra y avoir de solution durable que si l’Ukraine sert de pont. Faute de pont, il y aura des murs, des sécessions, des conflits ».
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La leçon turque des Marx Brothers |
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La Turquie dans l’Europe ? Un marathon en 35 étapes vient de lui être imposé. Pour l’instant, les Turcs sont demandeurs et la plupart des Européens font la fine bouche. Mais, dans dix ans, rien ne prouve que ce ne sera pas le contraire : l’objectif européen contraint le gouvernement turc ? mener ? bien des réformes qui, de toute façon, seront bénéfiques ; et les données internationales peuvent évoluer de telle sorte qu’une position d’intermédiaire entre l’Europe, l’Asie Centrale et le Moyen Orient devienne attrayante pour la Turquie. De plus, l’orgueil national peut vouloir une revanche. Comme l’a dit Groucho Marx sur le ton de l’ironie : « I would not join a club who would accept me as a member ! ».
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L’Europe levier |
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Nul besoin d’être un esprit puissant pour comprendre que si le Lichtenstein voulait introduire des normes spéciales pour que les moteurs des voitures soient moins polluants, les constructeurs n’hésiteraient pas ? renoncer ? ce minuscule marché. Il n’est pas non plus besoin d’être particulièrement perspicace pour savoir que si l’Union Européenne toute entière imposait des normes, tous les constructeurs du monde s’y conformeraient afin de ne pas s’exclure d’un immense marché.
L’Europe peut, non seulement, être un levier mais tout indique qu’elle va l’être. Tôt ou tard, les Européens voudront peser sur la structure de l’économie mondiale. Sans rejeter la mondialisation, ils auront ? cœur d’en corriger quelques excès. Alors, les gouvernements, conscients de ne pouvoir agir seuls, se tourneront vers L’U.E qui, du coup, incarnera l’espoir.
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