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Le 23 avril 2008
Secrets mal gardés
080423-Ordinateur.jpgL’information a été rendue publique le 15 avril : Petrobras a bien découvert au large des côtes brésiliennes, à hauteur de Santos, dans le champ Jupiter, une réserve pétrolière immense, nom de code « Carioca » considérée comme étant la 3ème plus importante jamais découverte depuis l’origine de l’exploitation pétrolière Cette information hautement stratégique en raison de tout ce qu’elle implique pour le Brésil et son indépendance énergétique, comme pour ses rapports avec les grandes compagnies pétrolières mondiales désireuses d’obtenir des permis d’exploitation, était détenue, sans qu’ils le sachent, par des petits voleurs ordinaires. En dérobant pour les revendre quatre ordinateurs portables et leurs disques durs à l’arrivée d’un container destiné à Petrobras le 25 janvier dernier au port de Rio de Janeiro, ces « larrons » sans envergure ont réalisé au grand jour ce que des puissants auraient rêvé de faire en sous-main. Il ne s’agit pas de susciter des vocations, mais plutôt d’inciter à prendre plus de précautions que celles prises par Petrobras pour protéger des biens dont la propriété le dépasse.
Posté par Robert Guillaumot, le 23/04/08 dans Amérique Latine - Energie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 mars 2008
Les apprentis sorciers de la censure Internet
080303-Censure.jpgLe 22 février dernier, l'autorité des télécommunications du Pakistan demandait aux opérateurs Internet locaux de bloquer sans délai une vidéo polémique présente sur le site YouTube. L'opérateur national PTCL Pakistan Telecom a pour cela mis en place des mécanismes permettant de rediriger les requêtes des internautes voulant aller sur les sites YouTube, en usurpant les adresses des serveurs web légitimes.

En voulant ainsi jouer aux apprentis sorciers, l'opérateur ne s'est pas tout suite rendu compte que de telles modifications techniques ne seraient pas limitées au territoire national. Assez rapidement, les paramètres se sont propagés de manière automatique chez l'ensemble des autres opérateurs Internet mondiaux, semant ainsi la confusion pour tous les internautes souhaitant légitimement accéder aux vidéos en ligne sur YouTube. Quelques heures durant, l'ensemble du trafic mondial de YouTube s'est vu redirigé vers le Pakistan, ce qui a par conséquent provoqué une saturation et l'inaccessibilité au site. 

On voit ainsi qu'il est très simple pour un opérateur Internet de rerouter le trafic de tel ou tel site, et on imagine aisément les conséquences que cela pourrait avoir pour des sites autrement plus sensibles que Youtube. Rares sont les internautes qui sont conscients que l'Internet mondial ne fonctionne que grâce à la bonne volonté d'une multitude d'opérateurs nationaux et indépendants, qui échangent leurs données de configuration en toute confiance, et qu'il ne faut pas grand chose pour déstabiliser cela.

Posté par Bruno Kerouanton, le 03/03/08 dans Asie - Communication - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 février 2008
NTIC hypertrophiées... neurones atrophiés
080225-Neurones.jpgPlus on est jeune, moins on mémorise... Tel est le constat accablant des résultats d'une étude portant sur la capacité de différentes classes d'âge à mémoriser des informations diverses, numéros de téléphone, etc..., publiée dans Wired.

En cause ? L'informatique envahissante qui nous sert d'assistant permanent. On ne prend plus la peine de connaître l'orthographe d’un mot ou la grammaire puisque les correcteurs orthographiques (souvent peu au point, pourtant) le font à notre place. On ne mémorise plus les numéros de téléphone, les mobiles et autres assistants numériques le font pour nous. On ne sait plus lire les cartes routières et, plus grave encore, se repérer dans l'espace : les GPS s’en chargent. Enfin Google ou la Wikipédia fournissent le reste des connaissances utiles (ou inutiles) à chacun...

Or, la mémoire et l’intelligence se construisent et s’entretiennent. Récemment encore, on pensait que notre patrimoine "neuronal" était limité et qu’il tendait à diminuer avec l’âge. Depuis, les avancées de l’imagerie cérébrale, de la physiologie et de la biologie modernes mais aussi des sciences cognitives ont montré qu’il n’en était rien. Selon les spécialistes des neurosciences, les neurones, ou plus précisément les interconnexions neuronales, se régénèrent à condition... que le cerveau soit stimulé, sollicité. En un mot, qu’il soit utilisé. Pour preuve, notre cerveau est plus gros que celui de nos ancêtres. Chaque siècle ayant apporté son lot d’interconnexions neuronales nouvelles et ajouté une couche d’épaisseur au cortex.

Sachant que si le squelette de l’être humain avait, proportionnellement, grandi autant que le cerveau, on mesurerait trois mètres en moyenne de nos jours, il est, dès lors, à craindre que l'hypertrophie des NTIC - ces "prothèses cérébrales" dont l’homme moderne se gave, ne mène, à terme, à l’atrophie du cerveau.
 
Posté par Bruno Kerouanton, le 25/02/08 dans Société - Technologie | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 janvier 2008
La prochaine plus belle avenue du Net
080119-ChampsElysees.jpgChaque capitale dans le monde a sa plus belle avenue. Comme il se doit, c’est là qu’il y le plus de passage ; que les plus belles boutiques, alléchées par les retombées commerciales, s’installent à prix d’or. A Paris, ce sont les Champs Elysées,  à New York, la 5ème avenue, à Londres, Oxford Street... Une stratégie payante – les chiffres d’affaire en attestent.

Internet aussi a ses plus belles avenues et les grands acteurs du secteur sont sur la brèche. C’est à celui qui, à coup de millions sinon milliards de dollars, met la main sur l’avenue du moment. En octobre 2006, c’était Google qui a déboursé 1,65 milliards de dollars pour acquérir YouTube, 14ème  site le plus visité au monde et créé en février 2005. En octobre 2007, c’est Microsoft qui a acquis, à la barbe de l’ogre Google, 1,6 % de Facebook, site de socialisation, pour 240 millions de dollars, ce qui valorise la Start Up à près de 15 milliards de dollars ! Son trombinoscope numérique a connu une croissance hallucinante : en 6 mois, plus de 50 millions d’internautes se sont inscrits en y précisant pêle-mêle leur nom, sexe, âge, préférences politiques et religieuses, cursus scolaire, adresse email... le tout agrémenté d’une jolie photo. Or, l'enjeu principal des sites de socialisation est de capter les recettes publicitaires, avec des bandeaux sur mesure pour chaque internaute. Ce qui constitue le graal pour tout annonceur !

Du coup les appétits s’aiguisent. Aujourd’hui, rien ne permet de dire que le prochain site de socialisation "Hype" n’est pas déjà en gestation. Parions qu’une nouvelle bataille de titans opposera Google et Microsoft pour le contrôle la prochaine plus belle avenue du Net.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 19/01/08 dans Entreprises - Société - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 décembre 2007
Du contrôle social à la techno surveillance

071217-Surveillance.jpgDans les villages d’antan, le contrôle social était strict. Derrière des volets clos, des yeux étaient braqués. Malheur à qui voulait se cacher.

Aujourd’hui, les volets sont ouverts mais …

Des caméras de surveillance épient les lieux publics. Sécurité oblige !  

Des moteurs de recherche répertorient les pages fréquentées sur Internet et traquent les « mots clefs » permettant de cerner les goûts de clients potentiels. Publicité oblige !

Certains voient dans ces intrusions des atteintes à la liberté. Sur le principe, ils n’ont pas tort mais, dans les pays démocratiques, le risque est limité : la Grande Bretagne compte cinq millions de caméras de surveillance (soit à peu près une pour dix habitants, ce qui constitue un record mondial) mais les citoyens peuvent être raisonnablement assurés que la police a pour unique souci de débusquer des coupables ou des apprentis criminels.

Le problème, comme toujours lorsqu’apparaissent de nouvelles armes, est que des malintentionnés peuvent s’en emparer. Une mafia bien pourvue en informatique pourrait organiser des chantages à grande échelle. D’ores et déjà, les polices politiques ne se privent pas d’utiliser les techniques modernes pour tisser en toute impunité des toiles de plus en plus serrées.

Dans un pays aussi vaste que la Chine, Internet est à double tranchant. Avantages i) 160 millions d’internautes sont en mesure de s’exprimer et de communiquer ; ii) le pouvoir ainsi mieux informé peut, sans avoir à adopter une démocratie vraiment représentative, tenir compte de certaines aspirations. Inconvénient : 40.000 policiers espionnent la Toile si bien que i) les internautes, pour ne pas avoir d’ennuis, pratiquent l’autocensure ; ii) ils ne cherchent pas à se regrouper dans des associations qui risqueraient d’être prises pour des mouvements d’opposition.

En Birmanie, même le téléphone portable s’est révélé dangereux. Des journalistes bénévoles s’en servaient pour filmer les manifestations et transmettre des vidéos à une télévision dissidente (située à Oslo), grâce à laquelle les médias du monde entier pouvaient relayer la révolution safran. Naïfs étaient les vidéastes : des policiers en civil, disséminés dans la foule, avaient eux aussi des portables ; ils les photographiaient et, la nuit venue, procédaient à de sinistres arrestations.

De quoi regretter, du moins en Birmanie, les villages d’antan.

Posté par Marc Lanval, le 17/12/07 dans Société - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 novembre 2007
iPhone : à peine commercialisé, déjà piraté
071129-iPhone.jpgLe dernier téléphone portable à la mode, l’iPhone d’Apple, était à peine sorti aux Etats-Unis qu’il était piraté. C’est un étudiant de 17 ans, George Hotz, qui, avec quelques potes, a mis 3 semaines pour faire sauter les deux verrous posés par le constructeur : l’obligation de s’enregistrer auprès d’Apple et de ne pourvoir utiliser son iPhone que sur le réseau sélectionné par le constructeur. Car Apple a innové en limitant pour chaque pays la vente de son fleuron à un seul opérateur.

Aux USA, c’est ATT a emporté le morceau. En France, Orange en lance la commercialisation aujourd'hui. En théorie, si vous n’êtes pas client d’Orange, vous aurez le choix entre quitter votre opérateur actuel ou vous passer d’iPhone. A moins qu’un George Hotz français émerge. Auquel cas, la juteuse opération qu’escomptait Orange pourrait se transformer en eau de boudin.

Apple, de son côté, pourra bien crier au voleur. Mais la pratique commerciale basée sur la raréfaction organisée d’un produit afin d’en augmenter artificiellement la valeur est un véritable pousse-au-crime. D'autant que c'est la première fois qu'un opérateur est tenu de céder une partie - tenue secrète - du prix d'un appareil à son constucteur.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/11/07 dans Entreprises - France - Technologie | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 novembre 2007
Sauras-tu garder un secret ?...
071101-Google-CapGemini.jpgL'annonce du partenariat entre le géant de l'information Google et Cap Gemini pour proposer à toute entreprise de bénéficier d'outils bureautiques et de messagerie collaborative pour 50 dollars par utilisateur et par an a surpris. Avec les solutions classiques, le coût informatique par poste utilisateur est généralement de 6 à 10 fois plus élevé, car il est nécessaire d'acquérir des outils antivirus et antispam, des licences bureautiques, des solutions de sauvegarde et de couvrir des coûts annexes.

Attention ! Toutes les données de l'entreprise transitent et sont stockées sur les serveurs de Google, hors du territoire. Le géant de l'information a une politique incertaine concernant sa capacité à analyser les données qui lui sont confiées, et une durée de rétention des informations (même après effacement officiel) indéfinie. Ce qui est plutôt inquiétant lorsque l’on traite des informations sensibles.

Les cabinets d'analyse tels que Gartner sont formels : d'ici à une dizaine d'années, la notion de vie privée et de secret sera très atténuée. En cause ? L’existence de gigantesques bases d'informations personnelles et sensibles que l’on peut croiser entre elles. L'introduction massive de traceurs radio (RFID) dans nos biens de consommation courante, vêtements et cartes de fidélité ou bancaires est d'ores et déjà effective, souvent à l'insu du consommateur. La centralisation de toutes ces données est préoccupante notamment en cas de vol et d’utilisation malveillante des données.

Il ne se passe pas de semaine sans qu’un tel fait advienne.

Compte tenu des enjeux et de la forte valeur ajoutée de toutes ces informations, l'attrait du gain augmente et les attaques sont désormais effectuées par des professionnels organisés. Il convient donc d'être extrêmement prudent lorsque l'on accepte de confier ses données personnelles ou d'entreprise à un tiers. Une fois qu'elles ont été dérobées ou divulguées, le mal est fait.

Posté par Bruno Kerouanton, le 01/11/07 dans Economie - Entreprises - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 septembre 2007
Réel sonnant pour virtuel trébuchant

070915-SecondLife.jpgEn ces temps boursiers troublés, la faillite d’une banque peut sembler prévisible. Ginko, c’est son nom, incapable de faire face aux retraits de liquidités exigés par ses clients, vient d’annoncer la fin de son activité.

La perte se monte à 190 millions de Linden dollars – la monnaie virtuelle en circulation sur Second Life. Rien de grave dirions-nous. Ginko n’est que virtuelle. Sauf, que... la perte est bien réelle. Alléchés par les taux de rendement proposés par Ginko - le Linden dollar est convertible en « vrai » dollar dans un rapport de 1/ 270ème -, les adeptes de Second Life ont, quant à eux, dépensé de vrais dollars pour acquérir les Linden dollars, déposés à Ginko. Ce sont au total 700.000 dollars qui ont changé de poche.
Du coup, rien ne va plus dans le monde de Second Life. Les magouilles et malversations s’y multiplient, le FBI enquête et, après des débuts tonitruants, l’audience est en berne. Mais pour les "escroqués", il s’agit d’un réel bien sonnant dans un virtuel trébuchant... L’alerte, espérons le, sera salutaire !

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 15/09/07 dans Société - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 septembre 2007
Flâner sur le Net

030907--Internet.jpgLes bibliothèques du monde entier contiennent environ 65 millions d’ouvrages. Au rythme où Google avance, le tout sera numérisé dans sept ou huit ans. Les internautes pourront ainsi flâner sur le Net comme dans une immense librairie de tous les savoirs. Mais pour faire quoi ?

La tentation sera grande de chercher, à l’intérieur de chaque livre, les quelques phrases ou paragraphes qui intéressent particulièrement l’utilisateur. Le risque est d’autant plus fort que les jeunes générations sont habituées à lire directement sur écran et préfèrent les textes courts aux longues dissertations. Au total, l’avenir de la littérature se joue dans les écoles d’aujourd’hui. Plus grand sera le nombre des jeunes qui resteront attirés par la lecture, plus grande sera la chance que le surf sur la Toile donne encore envie de découvrir des ouvrages dans tout leur mystère et leur complexité.

Posté par Marc Ullmann, le 03/09/07 dans Education - Société - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 juillet 2007
Bush n’a pas toujours tort

070730-Bush.jpgLe monde a accumulé tellement de raisons de se méfier de Bush que, même lorsqu’il dit des choses sensées, on doute de sa bonne foi. Cela vaut pour son refus de s’engager sur des « objectifs » de réduction d’émission de Co2. Il a soutenu – et qui pourrait, sur ce point, lui donner tort ? – que les objectifs ne signifient rien si l’on ne se donne pas les moyens de les atteindre.

Son insistance à mettre l’accent sur les moyens n’a rien d’illégitime et les Européens ne devraient pas sous estimer la capacité américaine à promouvoir le changement.
D’ores et déjà, les entreprises, qui s’efforçaient d’éviter que le gouvernement fixe des règles contraignantes, ont changé de stratégie. A force de voir des Etats et des villes prendre des dispositions de plus en plus disparates, elles en arrivent à souhaiter qu’un prix unique soit fixé au niveau national. Les choses peuvent aller vite : si, en Amérique les pollueurs craignent de payer trop cher, les investissements dans la recherche augmenteront fortement. Et, si la recherche débouchait sur d’importantes innovations, les Etats-Unis seraient les premiers à vouloir fixer des « objectifs ».

Posté par Marc Ullmann, le 28/07/07 dans Entreprises - Environnement - Technologie - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 juillet 2007
La crise Galileo

070726-Galileo.jpgL’UE a décidé en 2002 d’entreprendre le projet de localisation par satellite Galileo pour assurer son indépendance dans un domaine sensible. Elle a, cependant, eu l’idée absurde de prévoir le financement par un consortium privé dépourvu de maître d’oeuvre. Il était impossible que cela fonctionne.

La Commission, ayant finalement compris où réside le fond des choses, a proposé que l’U.E, en tant que telle, finance l’affaire dont la facture est estimée à 3,5 milliards d’euros pour 5 ans. L’Agence spatiale européenne agirait alors en tant que maître d’œuvre. Le Conseil européen des ministres des transports du 7 juin 2007 a accepté le principe mais décidé de reporter la décision en octobre. En réalité, il existe deux obstacles :

- Certains Etats qui, au fond, sont opposés au projet, comme le Royaume-Uni, rejettent le financement communautaire.

- D’autres, comme l’Allemagne, ne veulent pas du mode de financement habituel à l’U.E reposant sur le choix du moins-disant, mais exigent une clé de répartition dite « juste retour » où chaque Etat reçoit exactement pour ses contrats industriels la somme qu’il a versée au programme (par exemple, proportionnelle au PIB).

Sous ces apparences financières se cache un fait majeur : l’Europe n’a pas de gouvernement digne de ce nom et les nations tirent à hue et à dia.
Les personnes qui s’occupent du dossier sont néanmoins assez optimistes pour espérer une décision d’ici la fin de l’année.

Posté par Jacques Blamont, le 26/07/07 dans Economie - Entreprises - Europe - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 juillet 2007
Botnets : guerre virtuelle, risque réel

070723-botnet.jpgIl n'y a pas que le monde réel à subir des conflits armés. L'attaque de grande ampleur, en mai dernier, visant à perturber et à paralyser une importante proportion des sites Internet gouvernementaux et privés estoniens en apporte la preuve. Cela sonnait comme une mise en garde. Cela ressemblait à des grandes manœuvres. L'OTAN et la Commission Européenne s'en sont inquiétés.

Les armes de destruction presque massive, utilisées dans ces nouveaux conflits, sont appelées « botnets », ce qui signifie réseaux de robots. La prise de contrôle furtive de centaines de milliers de PC reliés à Internet à l'insu de leurs utilisateurs (particuliers, entreprises, voire parfois gouvernements !) permet alors aux attaquants de mener à bien leurs actions, chaque ordinateur sous contrôle (le « bot ») étant alors programmé pour lancer l'attaque vers une cible précise à un moment donné. L'analogie avec le monde réel pourrait être celle de batteries de centaines de milliers de missiles répartis dans le monde et télécommandées vers des cibles précises.

Ces armées de PC appartiennent souvent à des particuliers qui ignorent que leur ordinateur est sous contrôle de cybercriminels, pour l'envoi de spams ou la préparation d'attaques. Or, il est très difficile de responsabiliser l'ensemble des internautes à ce sujet. Ce qui laisse le champ libre aux terroristes informatiques. Des parades existent. Des actions coordonnées entre les polices de différents pays peuvent s’avérer efficaces dans la traque des réseaux de robots sous contrôle. L'opération Rot Boast du FBI, la semaine dernière, a ainsi permis la découverte d'un réseau d'un million de PC sous contrôle : http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel07/botnet061307.htm.

La cybercriminalité se nourrit, la plupart du temps, de l’"insécurité" des ordinateurs de particuliers et de l'"inexpertise" de leurs utilisateurs. Face à ce risque, les gouvernements sont alors impuissants. Sans aller jusqu'à imaginer un « permis à points » de l'internaute, l'utilisateur doit être sensibilisé. Le Passeport Internet et Multimédia proposé par le gouvernement : http://delegation.internet.gouv.fr/pim/index.htm est, en ce sens, une bonne initiative. Il faut aller plus loin. Ce qui permettra à la France de perdre sa place de numéro 1 mondial de PCs sous contrôle.

Posté par Bruno Kerouanton, le 23/07/07 dans Communication - Entreprises - France - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 juillet 2007
Un ordinateur pour tous les enfants du monde

070630-LapTop.jpgIl est parfois des initiatives qui réjouissent. Lorsqu'en 2005 Nicholas Negroponte, co-fondateur du célèbre MIT Media Lab, décrivait la vision qu'il a eue d'un ordinateur pour tous les enfants du monde, un ordinateur portable à 100 dollars, on a ressenti le scepticisme d'une grande majorité d'acteurs. Et pourtant, ce rêve est en passe d'aboutir.

Un ordinateur portable à 100$ pour tous les enfants du monde, avec un but noble et une conception quasi-idéale, presque idéologique. Tout a été réfléchi : matériaux solides et recyclables, ergonomie adaptée aux enfants et durée de vie importante, alimentation électrique économique (par batteries, secteur, panneaux solaires et même dynamo intégrée !), interface simple et permettant des fonctions essentielles (traitement de textes, journal intime, consultation de l'encyclopédie Wikipédia, navigateur Internet, jeux et ludiciels, et même discussions entre enfants grâce au réseau Wi-Fi intégré). Le tout sous Linux, cela va de soi.

Projet utopique au départ, l'obsession de Negroponte a su convaincre mécènes, sponsors et industriels, et la production industrielle des premiers prototypes est en cours depuis quelques mois. Restera à régler le problème de la distribution de l'ordinateur de par le monde, aux endroits où 100 dollars représente déjà un investissement important. L'ordinateur étant peu puissant et exclusivement conçu pour les enfants, il y a heureusement peu de risques que celui-ci soit détourné par les adultes.

Le projet est passionnant. Depuis 1982, Nicholas Negroponte a porté en lui cet espoir de pouvoir apporter aux enfants des pays défavorisés les nouvelles technologies qui nous ont permis, peuples industrialisés, une augmentation du savoir sans précédent.

L'aventure "One Laptop Per Child" est à suivre ici : One Laptop

Posté par Bruno Kerouanton, le 01/07/07 dans Pauvreté - Technologie - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 juin 2007
Voir loin mais agir vite

070618-CO2.jpgPour réduire les émissions de CO2, l’idéal serait d’inventer des énergies qui ne seraient pas polluantes. Au mieux, ce sera pour après demain.
Pour demain, les recherches semblent prometteuses en ce qui concerne la captation de ce fichu CO2. Au Japon, aux Etats-Unis, en France et sans doute ailleurs, on teste des cristaux qui, avec des compositions diverses, pourraient absorber toutes sortes de polluants.

Pour aujourd’hui, cependant, rien de tel que les économies. C’est du ressort de chacun d’entre nous. C’est aussi, et peut-être surtout, du ressort des entreprises. Le dernier rapport du « groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat » souligne tout particulièrement l’importance de l’habitat. Si, entre maintenant et 2030, le parc immobilier était renouvelé de façon cohérente, « 30 % des émissions pourraient être évitées avec un bénéfice économique ». Pour Bouygues et bien d’autres entreprises du BTP, le chantier est immense.

Posté par Marc Ullmann, le 18/06/07 dans Entreprises - Environnement - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 avril 2007
Hésitations nucléaires

070419-CentraleNucl%E9aire.jpgLes partisans de l’énergie nucléaire soulignent que plus on aura recours à elle moins l’atmosphère sera encombrée de Co2. Ces adeptes de l’atome ont du mal à admettre que certains écolos fassent de la résistance. A leurs yeux, c’est de l’obscurantisme. Un accident de type Tchernobyl ne devrait pas se reproduire pour la bonne raison qu’il n’aurait pas eu lieu si les consignes minimales avaient été un tant soit peu respectées.

L’argument est fort mais ne convainc pas tout le monde. D’abord, des erreurs humaines restent possibles quelles que soient les précautions prises. Ensuite, la protection contre la malveillance ne peut être parfaite surtout en temps de guerre ou de terrorisme exacerbé. Pour bien faire, les centrales devraient être enterrées mais quel serait le prix de cet enfouissement ? Les adversaires du nucléaire ajoutent que 43 pays postulent à des mises en service et estiment qu’ils ne sont pas tous capables d’assurer la maintenance ou disposés à accepter l’aide des fournisseurs.

Malgré l’urgence, le débat n’est pas près d’être clos.

Posté par Marc Lanval, le 27/04/07 dans Energie - Environnement - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 avril 2007
Réseaux sans fil (encore) en danger

070413-wifi-logo.jpgL'article scientifique publié le 1er avril dernier par trois chercheurs de l'université de Darmstadt aurait pu passer pour une mauvaise plaisanterie avec son intitulé percutant : "Breaking 104 bit WEP in less than 60 seconds", si la communauté des experts en Sécurité des Systèmes d'Information n'avait pas ensuite confirmé que cette nouvelle n'était pas un canular, mais bel et bien une trouvaille mettant en péril la majorité des réseaux dotés d'un accès sans fil Wi-Fi.

Depuis près de 6 ans maintenant, les nombreuses failles de sécurité qui ont été mises en évidence autour de la technologie d'accès aux réseaux sans-fils Wi-Fi avaient inquiété les spécialistes, mais l'essor du nomadisme informatique tout comme son succès à grande échelle avaient fait oublier ces craintes.

Les liaisons Wi-Fi possèdent différents mécanismes de sécurité permettant de chiffrer les données, cependant le mécanisme par défaut - baptisé WEP - n'offre qu'une sécurité illusoire. Jusqu'à présent, quelques heures suffisaient pour qu'une personne malveillante ne casse le mécanisme de chiffrement WEP pour s'introduire sur les réseaux Wi-Fi à sa portée. Pour ceux et celles qui s'estimaient encore en sécurité avec WEP, cette étude scientifique démontre le contraire car il est désormais possible de s'introduire illégalement sur un réseau Wi-Fi utilisant n'importe quelle version de WEP (même la plus "sécurisée", soit 128 bits) en environ une minute, avec les conséquences que l'on est en mesure d'imaginer.

Heureusement, les révélations des experts ont amené depuis quelques années les industriels à améliorer leurs gammes de produits sans-fil Wi-Fi, en y intégrant un nouveau système sécurisé baptisé "WPA " qui corrige la majorité des défauts de son prédécesseur. La solution permettant un accès en Wi-Fi sécurisé existe donc bel et bien de nos jours, encore faut-il la mettre en oeuvre ! Aujourd'hui, la quasi-totalité des réseaux Wi-Fi en fonctionnement est vulnérable à ce type d'attaque.

D'une part, peu d'utilisateurs sont au courant du problème, et ne savent pas comment effectuer la correction. D'autre part, un certain nombre de constructeurs n'ont pas encore corrigé leurs produits et continuent à vendre des équipements Wi-Fi non équipés de ce nouveau mécanisme "WPA". Enfin, le rôle d'information des vendeurs et professionnels des réseaux est encore insignifiant, et l'on trouve par exemple encore des centaines de milliers d'équipements Wi-Fi vendus ou prêtés (dans le cas des boitiers d'accès Internet) aux entreprises et particuliers sans que les mécanismes de sécurité WPA ne soient actifs.

Ceci est un bel exemple démontrant que l'évolution rapide des nouvelles technologies ainsi que leur mise à disposition auprès du public en hâte (pour répondre à une démande légitime) n'est pas toujours sans risque et engendre des problèmes qui doivent ensuite être corrigés tant bien que mal.

Document disponible sur : http://eprint.iacr.org/2007/120

Posté par Bruno Kerouanton, le 13/04/07 dans Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 14 février 2007
La Chine, grande puissance spatiale

070214-MissileChinois.jpgLe 11 janvier dernier, la Chine a réussi pour la première fois à détruire l’un de ses satellites en utilisant un missile balistique. Cette opération, détectée par les services américains et confirmée par la Chine après un silence de douze jours, a entraîné les protestations des Etats-Unis, du Japon ou de l’Australie, entre autres, mais peu de réactions en Europe.

La destruction d’un satellite par un missile pose deux problèmes majeurs. Le premier, dans le domaine civil, est celui de la sécurité dans l’espace : le satellite s’est désintégré en plusieurs centaines de débris, dont chacun pourrait entrer en collision avec d’autres objets spatiaux, déclenchant ainsi une réaction en chaîne qui menacerait la sécurité dans l’espace, notamment pour les missions habitées. Le second problème est d’ordre militaire et stratégique, car cette nouvelle capacité de la Chine à détruire satellites et autres objets spatiaux pourrait évidemment être utilisée à des fins militaires et de ce point de vue, ce test s’apparente fort à un essai d’arme anti-satellite. Le risque est celui d’une militarisation de l’espace, comme on pouvait le craindre durant les années 80 lorsque les Etats-Unis et l’URSS procédaient à des tests similaires. La Chine a rejeté les protestations des Etats-Unis et de leurs alliés en indiquant qu’elle excluait toute course aux armements dans l’espace.

Ce test démontre en tout cas la volonté qu’a la Chine de s’affirmer comme grande puissance spatiale tant dans le domaine civil que militaire, du moins potentiellement. Cela permet sans doute de mieux comprendre les raisons qui la conduisent, alors qu’elle est partenaire du programme européen Galileo, à se lancer dans son propre système de navigation par satellites Beidou, dont le premier vient d’être lancé le 10 février.

Posté par Claude Meyer, le 14/02/07 dans Asie - Chine - Géopolitique - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 janvier 2007
Normes respectées, sécurité mieux assurée

070118-Normes.jpgEn souhaitant se recentrer sur leurs métiers respectifs, les entreprises confient, de plus en plus, leur gestion et leur exploitation quotidienne à des prestataires extérieurs. Ceux-ci deviennent pour ainsi dire une extension des entreprises qui n'hésitent alors pas à leur confier leurs informations internes voire sensibles, nécessaires à l'exécution des contrats passés.

Le cadre juridique lors de l'établissement du partenariat met en place un certain nombre de garde-fous afin que le prestataire effectue au mieux le service demandé. Procédures qualité, indicateurs de qualité et de niveau de services, et autres clauses de confidentialité sont actées afin de rassurer le client quant au déroulement futur de la prestation.

Mais qu’en est-il dans la réalité ? Très souvent, ce sont le traitement et le stockage des informations sensibles et internes à l'entreprise qui posent un défi majeur. La criticité des données manipulées est rarement prise en compte. Du coup, un client peut retrouver ses données confidentielles dévoilées, par mégarde ou malveillance, sur Internet ou chez des concurrents. C’est la mésaventure qui est arrivée à la RATP. Des dizaines de milliers de fiches d'identité d'utilisateurs Navigo, se sont retrouvées, consultables librement, sur le Web.

Que faire ? Si l'adoption de procédures qualité est une habitude bien ancrée chez les fournisseurs, celle consistant à protéger les données de leurs clients ne semble pas, hélas, très répandue. Sensibilisation et conseils en ce sens seraient souhaitables. Des normes et des recommandations existent. Encore faut-il les mettre en application.

Posté par Bruno Kerouanton, le 18/01/07 dans Entreprises - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 janvier 2007
Ce seul être vous manque et tout est inquiétant

070105-Mobile-HPS.JPGUne récente étude TNS Sofres ( octobre 2006 ) nous éclaire sur un rôle social peu connu du téléphone mobile qui est ressenti par nos concitoyens.

" Si ceux-ci ne croient pas en la vertu «magique» d’un objet qui créerait la relation familiale, ils sont en revanche convaincus de sa capacité à la faciliter. Dans un climat de morosité, de pessimisme, d’incertitude et d’insécurité, le mobile s’inscrit résolument dans une dynamique d’autoprotection de l’individu et de ses proches. Le mobile est, pour toute la famille et quelle que soit la génération à laquelle on appartient, un vecteur de réassurance, le «doudou commun» qui permet à ses membres de former une bulle protectrice autour du groupe familial. Phénomène de compensation et besoin de prendre ses distances avec une situation vécue ou perçue difficile, le mobile est sans aucun doute l’objet de la réassurance.

La vieille notion d'ange gardien est de retour…

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 06/01/07 dans Société - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 décembre 2006
R&D : Européens, encore un effort !

061223-JeanMounet.jpegIndustrie des logiciels très active en Europe mais le différentiel s'élargit avec les Etats-Unis, efforts de R&D substantiels mais loin derrière les Américains... Dans une excellente interview au JournalduNet, Jean Mounet, Président de Syntec Informatique, met en cause la dispersion des moyens, les investissements en R&D insuffisants et ... l'absence d'une politique industrielle.
A écouter