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De la prévention à la sélection |
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Conçu au départ pour les couples non stériles, confrontés au risque de maladies graves pour l’enfant, d'obtenir après fécondation in vitro, l'implantation d'un embryon certifié exempt de la maladie redoutée, le diagnostic préimplantatoire (DPI) a constitué, sans aucun doute, un progrès remarquable.
En France, il est encore très réglementé. Une extension au "bébé médicament" qui pourrait grâce a une moelle compatible sauver un enfant malade a toutefois été introduite. Partout ailleurs, une tendance inquiétante à la banalisation se dessine. Certains pays, dont la Grande Bretagne et les USA, ont décidé d’étendre le DPI au dépistage des gènes responsables de certains cancers tels le cancer du sein, de l’utérus et du côlon. Ceux pour qui l’horreur absolue serait de voir, plus tard, leur fils ou leur fille mourir d’un cancer du sein ou du côlon souscriront à la mesure. D’autres considéreront qu’être porteur de tel ou tel gène de tel cancer ne veut pas dire automatiquement développer la maladie ; que le cancer ne tue pas à tous les coups ; que s’il tue, c’est souvent à un âge relativement avancé ; et que les années ainsi vécues n’ont pas de prix. Ces deux attitudes posent le problème de l’extension du champ d’application du DPI : jusqu’où et sur quels critères ? Selon le Centre de Politique publique et Génétique (GPPC) à Washington, plus de 40 % des cliniques spécialisées américaines reconnaissent, d’ores et déjà, autoriser leurs patients à choisir notamment le sexe de leur enfant. En Chine, nouveau pays de l’argent roi, le DPI est libre pour celui qui peut payer. La liste des gènes et caractéristiques (sexe, couleur des yeux...) dépistés sont laissés à l’appréciation du client. En réduisant la personne à une caractéristique donnée, le DPI devient l’instrument d’une sélection qui est le premier pas vers l’eugénisme.
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Votre génome à prix Discount |
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Pionnier incontestable de la génomique, inventeur des EST (expressed sequence tags) ou étiquettes de séquence exprimées et du séquençage génomique massif, Craig Venter a été le président de Celera Genomics, la société qui est entrée en compétition avec le consortium public international pour le séquençage du génome humain.
En 2000, la fin du séquençage est annoncée, simultanément, par Celera Genomics et le consortium international. On apprendra plus tard que le génome séquencé par Celera est celui de Venter.
En juin dernier, le séquençage du génome de James Dewey Watson, co-découvreur de la structure de l’ADN, était terminé. Il aura coûté un million de dollars. Une somme qui peut empêcher la plupart des mortels d’emprunter la voie de ces deux pionniers.
Mais selon George Church, généticien à la Harvard Medical School (Boston), le séquençage complet n’est pas indispensable. Les informations génétiques les plus pertinentes peuvent être obtenues par le séquençage d’à peine 1 % du génome. Une version "Discount" est donc en préparation. Pour 1 000 dollars, vous aurez le droit de savoir si vous avez des prédispositions pour le diabète de type 2, le cancer du sein, celui du côlon, Alzheimer, Parkinson, ou encore des tendances schizophréniques. Les optimistes diront que cette avancée permettra une meilleure prévention. Les pessimistes craindront que le livre ouvert des pathologies potentielles ne dégénère, par crainte, en maladies réelles. Reste ceux qui ne sont pas prêts à débourser les 1000 dollars et qui préfèrent garder intact le mystère de la vie. Ils mourront un jour, peut-être, du cancer ou simplement de vieillesse. Ils auront vécu, longtemps, sans le savoir.
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La dictature du gène |
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Conçu au départ pour les couples non stériles, confrontés à un problème de maladie grave, génétique ou chromosomique, d'obtenir après fécondation in vitro, l'implantation d'un embryon certifié exempt de la maladie redoutée, le diagnostic préimplantatoire (DPI) a tendance à se généraliser.
Dans une longue interview au Monde, datée du 4-5 février, Didier Sicard, Président du Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE), ancien chef du service de médecine interne à l’hôpital Cochin s’inquiète de cette « banalisation ».
En réduisant la personne à une caractéristique donnée, le dépistage prénatal, risque, à ses yeux, de dériver vers l’eugénisme. « Certains souhaitent que l’on dépiste systématiquement la maladie de Marfan dont étaient atteints notamment le président Lincoln et Mendelssohn. Aujourd’hui, Mozart, parce qu’il souffrait probablement de la maladie de Gilles de Tourette, Einstein et son cerveau hypertrophié à gauche, Petrucciani et sa maladie osseuse, seraient considérés comme des déviants indignes de vivre » s’insurge-t-il.
Ces inquiétudes sont-elles justifiées ? Oui si l’on pense à la décision des autorités de santé britanniques d’étendre le dépistage prénatal à un plus grand nombre de pathologies potentielles. En juin dernier, elles ont donné leur feu vert au dépistage des gènes responsables notamment des cancers du sein, des ovaires et du côlon. Un certain nombre de médecins, en France, milite pour une telle extension. Désormais, et pour chacun de nous, la seule question qui vaille sera : à partir de quel degré de « perfection » une vie mérite-t-elle d’être vécue ?
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Manipulations génétiques et horizons boursiers |
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Les recherches sur les cellules souches s’intensifient. Les enjeux économiques sont énormes et l’équipe qui réussira à produire des cellules souches « éthiques », c’est-à-dire développées sans destruction d’embryons, gagnera, à coup sûr, le gros lot. Du coup les bidouillages à la Enron se multiplient.
Certes, il n’est pas question ici de manipulations comptables mais de tripatouillages de résultats scientifiques. L’objectif, cependant, reste le même : l’afflux des investisseurs et donc l’augmentation de la valeur des actions. Ce fut cet été le cas d’Advanced Cell Technology (ACT) dont l’action a quadruplé la veille de la publication dans Nature d’une avancée, annoncée comme majeure dans la production de cellules souches éthiques et démentie, depuis. ACT n'est pas à son premier coup d'essai. Déjà en 2001, une expérience "capitale" qui n'a jamais pu être reproduite, cinq ans plus tard, a été présentée par la même équipe. A multiplier les annonces bidons, les investisseurs dupés risquent de bouder, pour longtemps, un secteur dont les besoins en financement vont croissant.
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Quand l’or vert chasse l’or noir au prix de... l’or bleu ? |
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De nombreux espoirs semblent se porter sur le biocarburant, en particulier issu du maïs, comme alternative à l’essence. Moins polluant que le pétrole, il participerait à la réduction des gaz à effet de serre. Mais sa production de masse nécessite des surfaces agricoles extrêmement importantes, un facteur limitant pour de nombreux pays.
. Facteur en passe d’être « résolu ». Michael Raab, un chimiste américain a eu l’idée d’ « optimiser » génétiquement un plan de maïs afin d’en tirer le maximum de bioéthanol, augmentant ainsi le rendement à l’hectare de 50%.
Pourtant, un autre facteur limitant est oublié : l’eau. Ainsi, 70% de l’eau consommée en France l’est par l’agriculture. Notre soif inextinguible d’or noir croit, aujourd’hui, trouver un substitut dans l’or vert, lui-même grand consommateur d’une ressource autrement plus vitale : l’or bleu. A moins que les progrès du génie génétique finissent par nous offrir un maïs aussi économe en eau qu’un cactus...
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Faire plus que Darwin |
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Toutes les espèces vivantes sur la planète répondent ? la même logique, celle introduite par la théorie de l'évolution de Darwin : les espèces qui survivent le mieux, celles qui ont survécu jusqu'? nos jours, sont celles qui se reproduisent le mieux. L'espace est donc occupé par les espèces qui ont le plus investi dans la reproduction. Chez l'homme, idem.
Du fait de ce surinvestissement en vue de la reproduction, l’évolution a négligé la maintenance après la reproduction. Résultat : ? partir de 50 ans, les ressources pour assurer cette maintenance se raréfient. Aujourd’hui, les recherches sur les cellules souches et le génie génétique permettent de prendre le contre pied de l’évolution. L’homme assurera, de mieux en mieux, sa maintenance au cours du vieillissement et devient ainsi acteur de sa propre évolution. Faut-il aller jusqu’? modifier le patrimoine génétique de notre espèce pour faire face ? ce défi ? Cette question bouleversante sera probablement ? l’ordre du jour dans les prochaines décennies.
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