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Neurosciences : Kant et Hume réconciliés |
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Réunies par Antonio Damasio, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie à l’Université de Californie du Sud, et son équipe, trente personnes ont participé à une expérience inédite. Six avaient une partie du cerveau, le cortex préfrontal ventromedial (VMPC) qui régule les émotions, endommagée par une tumeur. Douze avaient des lésions dans d’autres régions du cerveau mais pas dans le VMPC. Les douze derniers ne souffraient d’aucun désordre.
Différents scénarios ont été proposés aux participants qui disposaient du même niveau d'information pour prendre leurs décisions.
Premier type de scénario : un nouveau vaccin a été produit. Les tests montrent qu’il est efficace pour le grand nombre mais peut s’avérer nuisible, sinon mortel pour quelques uns. Doit-on encourager son utilisation ?
Second type : un train fonce à grande vitesse sur cinq ouvriers travaillant sur la voie. Le seul moyen de l’arrêter est de jeter une personne sur la voie. Le ferez-vous ?
Tous, dans le premier cas, sont prêts à mettre indirectement en danger la vie de quelques uns, inconnus, pour le bien du plus grand nombre. Dans le second cas, seules les personnes dont le VMPC est altéré se disent prêtes à jeter une personne sous un train pour sauver cinq vies. Elles affichent, en ce sens, un comportement exagérément « utilitariste ».
Ces résultats suggèreraient, selon Antonio Damasio et son équipe, que les émotions jouent un rôle majeur dans les décisions morales impliquant un contact personnel. Hume et Kant dans tout cela ? Confrontés à un problème d’ordre éthique, les individus puisent, pour le premier, dans l’empathie aux autres les moyens de prendre la décision morale la plus appropriée. Kant, quant à lui, qui se méfiait des émotions et de leur effet corrupteur sur le jugement des individus, n’en considérait pas moins que toute personne doit être respectée dans sa dignité et son intégrité. Ce que les personnes dépourvues d’émotions ne font pas.
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Pour une communauté mondiale de la vapeur d’eau |
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Je vois déjà des sourires. Non, ne prenez pas cet article pour un canular. C’est très sérieux. Marc Ullmann propose une communauté mondiale de l’eau. Oui, l’eau est rare et inégalement partagée. L’eau potable manque et viendra encore plus à manquer. Mais je ne vous parle pas ici de manque d’eau, mais du réchauffement climatique.
Quel rapport, me direz-vous, entre réchauffement climatique (une nouvelle grande peur pour nos esprits vigilants) et la vapeur d’eau ? Eh bien il y a un rapport direct.
Quel est le principal agent du réchauffement climatique ? La quantité de chaleur produite par l’activité humaine. Les experts sont unanimes là dessus. Où ils ne sont pas encore d’accord, c’est sur l’importance du phénomène, et surtout sur les moyens de l’enrayer.
Or la chaleur produite par l’activité humaine n’est pas près de diminuer : en fait, elle ne fait qu’augmenter, en vertu du troisième principe de la thermodynamique. Toute utilisation d’énergie par l’humanité se transforme au bout du compte en chaleur qui contribue donc au réchauffement climatique, inexorablement.
Regardons les magnifiques images de la terre vue de l’espace. On reconnaît les continents et les océans, quand les nuages ne les recouvrent pas. Ah, ces nuages ! Combien d’excursions gâchées, combien de voyages d’agrément ternis par la nébulosité !
Ces nuages, vus de l’espace, sont blancs.
Quelle est la principale propriété du blanc ? D’absorber très peu le rayonnement, et donc de le réfléchir. Dans la grande quantité de rayonnement qui arrive en continu de notre soleil, et qui donc chauffe notre terre, une partie non négligeable est renvoyée immédiatement par la couche nuageuse blanche. Cette couche blanche, c’est de la vapeur « saturée », par opposition à la vapeur « sèche » qui est présente partout dans l’atmosphère, mais invisible. Invisible, donc transparente pour le rayonnement solaire.
Si vous regardez, un jour de bon vent, comment se forment et se déforment les nuages, vous verrez que la vapeur « saturée » apparaît à partir de rien, subitement dans le ciel. En fait, elle apparaît à partir de la vapeur « sèche » proche de la saturation, grâce à une variation locale des conditions atmosphériques. Et quand le nuage cache le soleil, ça chauffe moins en dessous. « Ôte toi de mon soleil » disait Diogène à un interlocuteur qui lui faisait de l’ombre…
Les nuages apparaissent et disparaissent spontanément dans notre ciel. Nous n’y pouvons rien. Rien ? Pas si sûr…
A entendre nos experts du réchauffement climatique, la température va augmenter de un ou deux degrés dans le prochain siècle. Et si, au lieu d’essayer de réduire l’échauffement dû à l’activité humaine, on va essayer d’augmenter la couverture nuageuse, de quelques pour cent ? On diminuerait la quantité de chaleur reçue du soleil, ce qui pourrait compenser pour partie celle produite par l’humanité. Je ne serais pas étonné que les calculs à faire montrent que cela coûterait moins cher…
Comment donc augmenter la couverture nuageuse ? Eh bien là où c’est possible, augmenter le taux de vapeur sèche dans l’atmosphère. En créant de nouveaux lacs d’eau douce, en particulier dans les zones désertiques.
Revenons à notre terre vue de l’espace. Les trois quarts de sa surface, ce sont les océans. Sur le quart restant, un dixième est constitué par une grande bande quasi désertique, entre la Mauritanie et la Péninsule Arabique. Cette grande zone fut, il n’y a pas si longtemps, une belle région où paissaient des vaches : les peintures rupestres du Sahara en attestent.
Remettre une quantité significative d’eau dans des lacs au milieu de cette région pourrait changer le climat non seulement de cette région, mais aussi de toute la terre.
Non seulement ces lacs réduiraient l’échauffement direct du sol (la surface de l’eau fait pour une grande part miroir) mais l’eau quand même chauffée s’évaporerait, augmenterait la teneur en vapeur d’eau dans le Sahara, et accroîtrait ainsi la formation de nuages dans la zone.
Les climatologues savent bien que les étendues d’eau artificielles créées par l’homme changent un peu les conditions climatiques locales.
Mais où prendre l’eau douce ? Eh bien par exemple détourner une partie du fleuve Zaïre ou de ses affluents, lui faire passer le seuil peu élevé qui sépare le bassin équatorial du Zaïre du grand bassin du Tchad. Par un canal creusé, ou par pompage. L’énergie nécessaire ? Grâce à des barrages hydroélectriques installés justement en aval du fleuve Zaïre : ces énormes possibilités hydroélectriques n’ont jamais été exploitées, car on ne sait pas quoi faire de cette électricité qu’on ne peut pas transporter sur plus de deux mille kilomètres !
Voilà donc le projet de grand lacs intérieurs dans le Sahara.
En regardant une carte en relief de cette région, on voit qu’il y a quatre endroits où il serait relativement facile de créer un grand lac dans une grande cuvette naturelle :
1) au sud de la Mauritanie : l’Aoukar, en prenant de l’eau du fleuve Sénégal pendant son passage à travers le Mali.
2) Au Tchad : la cuvette du Bodélé. L’eau de l’Oubangui serait prélevée à travers un canal à creuser du sud vers le nord, pour rejoindre le cours du Chari jusqu’au lac Tchad. De là on creuserait un canal vers le nord jusqu’à la cuvette.
3) En Egypte occidentale : la dépression du Mukhafad el Qattarah, en creusant un canal depuis la méditerrannée.
4) En Arabie, la cuvette de Al Muruk al Mutaridah, en pompant depuis le golfe persique.
Une première phase de ce projet « super pharaonique » pourrait concerner ces quatre zones, avec une surface d’eau totale de l’ordre d’un demi million de km2.
Les gens qu’il faudra convaincre ne seront pas faciles à convaincre. Mais surtout, ces projets concernent plusieurs Etats, et l’on peut imaginer les difficultés résultant d’intérêts locaux contradictoires. Il faudrait donc dépasser le jeu des intérêts locaux et marchands en créant une communauté. Comme la valeur partagée de ce projet, c’est l’augmentation de taux de vapeur d’eau dans l’atmosphère, avec toutes ses conséquences sur l’ensemble du climat sur terre, la communauté pourrait prendre le nom de « Communauté de la Vapeur d’Eau », CVE.
Ensuite le projet pourrait s’étendre avec une deuxième phase, qui pourrait quadrupler la surface d’eau créée, mais avec des investissements dix fois plus élevés que pour la première phase. La surface d’eau créée pourrait alors atteindre plus de deux millions de km2. De quoi augmenter la couverture nuageuse moyenne de la terre d’une valeur que nos climatologues sauront évaluer aussi bien que l’effet de l’augmentation de CO2…Et pourquoi pas, plus tard, une troisième phase, encore plus ambitieuse ?
On peut rêver. Mais quelquefois le miracle s’accomplit, le rêve se réalise…par la volonté initiale de quelques visionnaires.
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Quand l’admiration s’en va … |
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Les Etats-Unis ont assis leur puissance en jouant sur deux registres : ils étaient à la fois forts et admirés. Aujourd’hui, la force subsiste mais l’admiration s’en va. Faute de modèle à admirer ailleurs, le monde se trouve déboussolé.
La science tourne encore à l’heure américaine mais, dans les autres domaines, adieu le soft power ! L’unilatéralisme a fait tellement de ravages à l’international que « l’Oncle Sam » a acquis la réputation d’être sourd, aveugle, quasiment autiste, incapable de comprendre et d’apprécier les ressorts et les motivations de ceux qui ont été nourris par d’autres cultures.
Même les pays amis de l’Amérique se mettent à critiquer ce que jusqu’alors ils se plaisaient à copier. La gouvernance des entreprises ne fait pas exception et le code moral, qui aux Etats-Unis régit les marchés financiers (Sarbanes – Oxley Act, etc.), semble plus lourd que nécessaire et moins efficace que prévu. Les conséquences sont lourdes : en 2000, 50% des introductions en bourse se faisaient en Amérique. Le chiffre est aujourd’hui de l’ordre de 5%.
Il n’y a pas de quoi se réjouir. Le monde a besoin de règles. Pour l’instant, aucune institution n’est à même d’en édicter. Quant à l’Europe, qui devrait être un phare, elle semble, aujourd’hui, en veilleuse.
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Europe : la société de la connaissance s’éloigne |
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Faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010. C’était une des ambitions proclamées à Lisbonne en 2000. En 2002, des objectifs précis étaient fixés dont l’augmentation des dépenses en R&D à 3% du PIB communautaire et la formation de 700 000 chercheurs supplémentaires. Aujourd’hui, de l’avis même de la Commission européenne, on en est encore loin.
Au rythme actuel, l’Europe ratera, à coup sûr, l’objectif des 3 % et atteindrait, au mieux, 2,2 %. Soit la même part que la Chine qui n’en était qu’à 1,3 % en 2003 ! Et toujours bien loin des Etats-Unis.
L’avenir en termes d’effectifs dans la recherche semble aussi sombre. 40 % à 55 % des universitaires ont, comme en France, en Autriche ou en Suède, plus de 55 ans. Il faut les remplacer. Aujourd’hui, deux phénomènes se conjuguent pour saper la compétitivité et l’attractivité de la maison Europe : le manque d’appétence des jeunes pour les filières scientifiques et l’incapacité de cette même Europe à offrir des carrières attractives aux jeunes chercheurs qui alimente la fuite des cerveaux.
D’ores et déjà, l'attractivité de l’Europe pour les activités de recherche fléchit. Entre 1997 et 2005, les dépenses de R&D effectuées par les entreprises de l’UE aux Etats-Unis ont augmenté beaucoup plus rapidement que celles effectuées par les entreprises américaines en Europe (54 % contre 38 %). La concurrence de la Chine et de l’Inde pour l’établissement de centres de recherche risque d’amplifier le mouvement. Et la société de la connaissance de s’éloigner encore... à moins d'un sursaut salutaire.
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L’apoptose pour vaincre le cancer |
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Une équipe de l’Université de l’Illinois (USA) a réussi, à partir de l’analyse de 20 000 composés synthétiques et de différentes combinaisons, à créer une molécule synthétique, appelée PAC-1, capable de déclencher le suicide des cellules cancéreuses.
On sait que les cellules saines ont la capacité de se « suicider » dès que quelque chose ne tourne pas rond. C’est l’apoptose, phénomène décrit par le Professeur Jean-Claude Ameisen lors d’un débat au Club. « A partir d’informations contenues dans leurs gènes nos cellules produisent les « exécuteurs » moléculaires capables de précipiter leur fin, et les « protecteurs » capables, un temps, de les neutraliser », affirmait-il.
De fait, toutes les cellules contiennent une protéine, la procaspase-3, capable, en cas de problème, de se muer en exécuteur, une enzyme appelée caspase-3. Mais dans les cellules cancéreuses, ce processus est grippé. La transformation n’a pas lieu. Les cellules ne perçoivent plus les signaux leur enjoignant de s’autodétruire, se multiplient et deviennent des tumeurs.
Avec la PAC-1, et à condition que les essais cliniques confirment la sécurité du traitement, une nouvelle thérapeutique s’ouvre. D’autant qu’un certain nombre de cancers, c’est le cas notamment de la leucémie et des cancers du côlon, du foie ou encore de la peau montrent une haute concentration de procaspase-3.
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Neuropharmacologie : perspectives de modification des comportements |
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Le cerveau est considéré, dans nos sociétés, comme le siège de la pensée. Depuis Descartes, la pensée est considérée par certains comme dissociée du corps. C’est pourquoi on a beaucoup de mal à voir dans le cerveau un organe comme les autres. On a encore plus de mal à admettre que le cerveau, comme tout autre organe, le foie ou le cœur par exemple, puisse être malade.
La pensée malade ? C’est une idée terrifiante. Pourtant si le cerveau est un organe comme les autres, on doit admettre qu’il puisse et devrait être soigné comme n’importe quel autre organe.
Certes, le cerveau est une machine complexe, peut-être la plus complexe de l’univers. Il comprend 100 milliards de cellules et 1000 à 10 000 connexions par cellule. C’est une machine qui se construit toute la vie et que chaque expérience modifie. Et c’est cette complexité, dont on commence, depuis une vingtaine d’années à peine, à soulever un coin du voile, qui en fait un organe à part.
Le cerveau fonctionne en réseau, réseau qui se forme par des communications entre les neurones grâce à des messages chimiques. Certains de ces messages sont connus du grand public. C’est le cas de l’adrénaline, de la dopamine ou de la sérotonine. D’autres le sont moins comme les enképhalines qui agissent sur les mêmes récepteurs que la morphine. Des centaines de messages chimiques sont ainsi secrétés par des réseaux de neurones, pour répondre par exemple aux sollicitations extérieures, messages qui, une fois libérés, doivent être reconnus par d’autres neurones ou groupes de neurones grâce à des molécules réceptrices appelées neurorécepteurs. Au nombre de 400 à 500, 250 d’entre eux sont bien connus. Les autres, dont le rôle n’est pas encore identifié, sont appelés récepteurs orphelins.
Or, et c’est une surprise, la plupart des neurorécepteurs, dont beaucoup ont été découverts au cours des 20 dernières années, ont une structure très semblable aux récepteurs chargés de décrypter les messages chimiques reçus dans des organes comme le cœur, le foie ou les poumons...
Ainsi, les récepteurs de la sérotonine, ont une structure très voisine de celle des récepteurs qui nous permettent d’identifier les photons sur la rétine et donc de voir. Cette similitude est probablement une conséquence de l’évolution : les récepteurs ancestraux se sont vraisemblablement diversifiés pour reconnaître les nombreux messages qu’ils soient d’origine externe, tels que la vue, l’odorat, le goût..., ou interne. Les récepteurs jouent un rôle très important dans la reconnaissance de tous les messages, dans le corps comme dans le cerveau.
Aujourd’hui, 60% des médicaments liés aux pathologies du corps mais aussi du cerveau agissent sur des récepteurs de ce type. On peut de ce fait imaginer que la neuropharmacologie des neurorécepteurs pourra faire avancer le traitement des maladies du cerveau, comme elle fait tous les jours avancer le traitement des pathologies du corps.
Une question redoutable va toutefois se poser : doit-on « normer » tous les cerveaux ? Que de souffrances engendrées par des cerveaux malades ! Mais aussi que de chefs d’œuvres !
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Histoire de déluge… |
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L'idée que des êtres humains, il y a très longtemps, aient pu être les témoins d'un des plus impressionnants épisodes climatiques de notre Terre fait son chemin petit à petit. Le mythe correspondant est celui du Déluge. Des études scientifiques récentes ont reconstitué l'apparence de notre continent européen il y a moins de 20 000 ans (grande période glaciaire).
Le niveau de la mer, notre "altitude zéro" se trouvait à 130 mètres au-dessous de ce qu'il est aujourd'hui !
Evidemment les terres émergées étaient différentes :
- Notre Bretagne française, la Grande Bretagne, le Nord de la France, la Hollande et le Danemark ne faisaient qu'une seule terre.
- L'Espagne et le Maroc aussi, car le détroit de Gibraltar n'existait pas. La mer Méditerranée, beaucoup plus petite, était vraisemblablement un gigantesque lac.
- Quant à la Turquie, elle était totalement unie à la Grèce car le détroit du Bosphore se traversait à pied sec et la Mer Noire n'était qu'un lac, beaucoup plus petit que l'espace maritime actuel, au milieu d'une vaste plaine.
L'idée qui se fait jour est que les mythes anciens tels que celui de l'anéantissement de l'Atlantide (que les auteurs anciens localisaient au large des Colonnes d´Hercule proches de Gibraltar) ou bien celui du Déluge seraient, en réalité, les résultats de l'histoire d'un désastre naturel colossal, colporté oralement de génération en génération.
Le réchauffement climatique qui commença à ces époques antédiluviennes fit monter le niveau de l'océan principal, l'Atlantique, alimenté par la fonte des gigantesques banquises. Lorsque que le niveau fut suffisamment haut, l'océan Atlantique se déversa dans le "lac Méditerranée" et les calculs montrent que ces gigantesques cataractes firent rage pendant plus d'un siècle accompagnées par des pluies… diluviennes.
Bien entendu, avec un peu de retard, le "lac Méditerranée", qui contenait donc de l'eau de mer, vit son niveau monter fortement et il finit par déborder au niveau du Bosphore pour se déverser, lui aussi, en gigantesques cataractes dans la "plaine Mer Noire" accompagnées également de pluies… diluviennes.
Nos mythes et légendes les plus répandues ne seraient-elles donc qu'une manifestation du réchauffement de la planète qui nous inquiète tant de nos jours ?
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Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision |
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Nous émergeons d’un siècle qui vénérait la pensée formelle et négligeait l’émotion. Un siècle où la raison était érigée en totem. C’est elle qui nous a permis de découvrir les propriétés fondamentales de la matière, de transplanter le cœur d’une poitrine vers une autre ou d’accéder à la Lune, muse préférée des poètes, et demain peut-être à Mars.
Cette « Raison » raide et froide de rigueur, tout le contraire de la raison du siècle des Lumières, indifférente à l’incertitude, nous a fait croire que le monde pouvait être soumis au calcul, que la guerre du Vietnam pouvait être gagnée par les ordinateurs du Pentagone et que ...l’homme était un décideur rationnel. Elle nous a fait croire que la décision était le produit du raisonnement. Qu’elle était le privilège de l’homme et de structures de son cerveau situées dans le lobe frontal, comme dans nos grandes entreprises les décideurs ont leur bureau tout en haut de gratte-ciel.
La domination des théories formalistes et l’hégémonie des linguistes dans les sciences de la cognition ont porté à croire que le raisonnement logique, appuyé sur le langage, constituait le fondement des processus de décision. Ceci était particulièrement prégnant chez les économistes pour qui les agents économiques sont des maximiseurs bayésiens de l’utilité subjective pleinement rationnels.
Nous assistons cependant, depuis peu, à un changement profond de paradigme avec un réancrage des fonctions cognitives les plus élevées dans le corps sensible, l’émotion... Aujourd’hui, les apports de l’imagerie cérébrale, de la physiologie et de la biologie modernes, des sciences cognitives, de la psychologie... et la collaboration entre neuropsychologues ont permis de reconsidérer profondément les processus de fonctionnement du cerveau humain. Ainsi, Antonio Damasio, spécialiste en neurosciences, a, avec une rare élégance, tenté de réintégrer l’émotion dans les processus de décision, puis, de réincarner la cognition. D’autres études récentes ont montré que l’avancée de l’esprit humain est toujours un changement de point de vue. J’avancerais, pour ma part, trois hypothèses.
La première est que la décision n’apparaît plus, à ce titre, comme seulement un processus rationnel, fondé sur des outils logiques, pas plus qu’une seule propriété du cerveau cognitif. Elle est une propriété fondamentale de tout le système nerveux. Prenons la fuite, une des principales réactions de survie qui fut déterminante au cours de l’évolution. Chez le poisson, par exemple, c’est un neurone géant, la cellule de Mauthner, qui, loin d’être un simple relais contrôlant un réflexe de fuite, est le siège d’intégrations multisensorielles d’une subtilité et d’une complexité extraordinaires. Il détecte les dangers et active la décision de fuir en fonction du contexte et de la configuration des signaux externes comme de l’état interne de l’animal. La réaction de fuite est, à ce titre, une première illustration de l’existence d’un processus de décision dans un élément de base du système nerveux central.
La deuxième est que la décision, au cours de l’évolution de trois millions d’années et parce qu’elle est une propriété fondamentale du cerveau, est en fait le résultat d’une hiérarchie de processus, du plus simple au plus complexe.
La décision doit enfin, à mon sens, être ancrée dans l’action et la perception et non enfermée, comme on avait tendance à le croire, dans des processus purement logiques. Il nous faut donc rapprocher raison et émotion et retrouver le rôle que joue cette dernière dans la prise de décision.
Une étape décisive fut franchie lorsqu’on accepta l’idée que l’émotion est préparation à agir et pas seulement réaction. A cet égard, les avancées de la physiologie et de la biologie modernes ont été d’un grand secours. Elles nous ont, d’une certaine manière, permis de refonder les processus de décision. Mais cette connaissance croissante du fonctionnement du cerveau n’est pas sans risque. A nous d’être vigilant face aux possibilités accrues de manipulation. Surtout pour les enfants. C’est entre 7 et 10 ans que l’enfant développe les capacités d’empathie, de tolérance, etc. Imaginons un instant les dégâts qu’ils peuvent subir entre les mains d’un système fanatisé.
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Science sans conscience… |
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Les petits-déjeuners du Club nous ont offert récemment deux approches radicalement différentes de la médecine et de la biologie. En novembre 2005 le Professeur Derenne, personnage haut en couleurs, a fait un très brillant exposé sur le thème : "Ils ont tué Hippocrate". Il dénonçait certaines dérives actuelles de la politique de santé et le comportement de nombre de ses collègues qui n'agissent plus en médecins mais en techniciens, oubliant que les patients sont des êtres humains.
Le 16 mai, le Professeur Joël Bockaert nous a fait part des dernières recherches sur le fonctionnement du cerveau et en particulier le rôle des récepteurs. L'avenir du traitement des maladies et des désordres du cerveau réside dans la mise au point de nouvelles molécules, ce que personne ne peut totalement écarter, mais la chimie, en laquelle le Professeur Bockaert met manifestement tous ses espoirs, est-elle, seule, la clé pour traiter les dysfonctionnements du cerveau ?
Peut-on ironiser, comme il le fait, sur l'aspect placebo des discussions avec son psychiatre pour soigner une dépression ? Quant à justifier le recours au dopage sous le prétexte que le sport de haut niveau est devenu aberrant, c'est un raisonnement qui peut mener fort loin et rappelle Aldous Huxley. C'était certainement un trait d'humour, du moins je l'espère.
Heureusement au cours de la discussion le mot "éthique" a été prononcé. Les recherches sur le cerveau sont au moins aussi sensibles que les dernières découvertes dans le domaine des manipulations génétiques et la fameuse phrase de Pantagruel doit alors prendre tout son sens. Le progrès scientifique est la clé du développement de l'homme, machine pensante. Ce progrès doit toutefois être réfléchi, pensé et pesé en fonction de notre héritage culturel et spirituel. La réflexion est un exercice difficile si l'on veut raison garder.
Nier la science, comme le font de plus en plus d'extrémistes de tous bords, est la négation de l'intelligence humaine. Il ne faut pas pour autant absoudre toutes les utopies. L'équilibre est infiniment délicat à trouver. Les activistes qui ont manifesté le Ier juin contre la création à Grenoble d'un pôle de nanotechnologies avec comme slogan le refus de la "technification du monde imposée aux populations" ne font certainement pas honneur aux capacités de l'homme à gérer son futur.
Quoi qu'il en soit, ainsi qu'illustré récemment dans tous les domaines, notre société n'est pas loin de la dérive car on a oublié les valeurs fondamentales et tout particulièrement l'éthique telle qu'enseignée par les philosophes grecs.
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Faire plus que Darwin |
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Toutes les espèces vivantes sur la planète répondent ? la même logique, celle introduite par la théorie de l'évolution de Darwin : les espèces qui survivent le mieux, celles qui ont survécu jusqu'? nos jours, sont celles qui se reproduisent le mieux. L'espace est donc occupé par les espèces qui ont le plus investi dans la reproduction. Chez l'homme, idem.
Du fait de ce surinvestissement en vue de la reproduction, l’évolution a négligé la maintenance après la reproduction. Résultat : ? partir de 50 ans, les ressources pour assurer cette maintenance se raréfient. Aujourd’hui, les recherches sur les cellules souches et le génie génétique permettent de prendre le contre pied de l’évolution. L’homme assurera, de mieux en mieux, sa maintenance au cours du vieillissement et devient ainsi acteur de sa propre évolution. Faut-il aller jusqu’? modifier le patrimoine génétique de notre espèce pour faire face ? ce défi ? Cette question bouleversante sera probablement ? l’ordre du jour dans les prochaines décennies.
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Géothermie : une énergie d’avenir |
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Le respect, par les pays signataires, du protocole de Kyoto implique la baisse des émissions de gaz ? effet de serre, essentiellement le CO2. Cela suppose une moindre utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz, etc.). Or, le modèle économique qui est le nôtre est gros consommateur d’énergie et, pour tenir les objectifs de Kyoto, des solutions alternatives doivent être trouvées.
A court terme, le nucléaire, énergie propre mais dont la gestion des déchets n’est pas sans problème, peut servir de relais. Le développement des énergies dites renouvelables (marée, vent, solaire, etc.) en est un autre. Cependant, ? plus long terme, une voie a été jusqu’ici peu exploitée : la géothermie. Sous nos pieds, quel que soit le lieu au monde, se trouve une énorme quantité de chaleur qui appartient ? tous et ? chaque pays si on utilise l'ancien droit du "tréfonds" : c'est l'énergie thermique du sous-sol et du magma ! Convertir en électricité l'énergie thermique contenue dans notre bonne vieille terre ! Quel beau programme !
L'étude de cette voie intéressante demandera sans doute des recherches importantes au niveau national ou européen. Chercheurs et industriels, ? vos laboratoires et vos bureaux d'études !
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