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De Tchernobyl au Sichuan |
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En 1986, la catastrophe de Tchernobyl a souligné l’incompétence des autorités soviétiques et contribué à la chute du régime. Cette année, le tremblement de terre du Sichuan semble montrer, à l’inverse, que les autorités chinoises savent faire preuve de réactivité.
Au lieu de désinformer l’opinion, elles ont encouragé les médias à couvrir l’évènement sans rien cacher de sa gravité. Un élan populaire en a résulté. Les bonnes volontés et les dons se sont multipliés. La cohésion nationale loin de se disloquer s’est renforcée. Il est prévu que, chauvinisme aidant, elle se renforce encore à l’occasion des Jeux Olympiques. A moins que … un évènement nouveau ou une faute politique provoque un rejet.
L’évènement nouveau pourrait être une rupture de barrages, imprudemment construits sur des terrains prédisposés aux secousses sismiques. Aux yeux du peuple, il ne s’agirait plus alors d’une catastrophe « naturelle » mais bel et bien d’incurie.
La faute politique consisterait, pour les autorités, à fermer les yeux sur les défauts de construction qui ont fragilisé des écoles toutes neuves et entraîné la mort de milliers d’enfants. Qui dit défaut de construction dit détournement de fonds et donc corruption. Les familles des victimes, les bénévoles qui ont aidé les secouristes et, plus généralement, les téléspectateurs, émus par le drame, demandent réparation et même crient « vengeance ! ». Le laxisme ferait figure de complicité.
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Les Darfour de demain |
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La guerre du Darfour avec implication du gouvernement soudanais, n’a commencé qu’en 2003 mais ses prémisses remontent aux années 80 quand la sécheresse et l’avancée du désert ont commencé à réduire les quantités d’eau disponibles. Les nomades du Nord (en grande majorité Arabes) et les paysans du Sud (en grande majorité Africains) sont entrés en concurrence.
Racisme et politique s’en sont progressivement mêlés. Les carnages ont fait environ 200.000 morts et l’on compte aujourd’hui deux millions de personnes déplacées. Si tout va bien, 26.000 casques bleus vont être bientôt déployés, notamment autour des camps de réfugiés. Ce tardif effort coûtera, à lui seul, beaucoup plus cher qu’auraient coûté des travaux (même gigantesques) pour trouver ou amener de l’eau dans quelques points de la région. L’exemple est à retenir car de nouvelles menaces surgissent et vont s’amplifier. Le protocole de Kyoto n’empêchera pas les accidents climatiques de se multiplier. Des dizaines de millions de personnes voudront fuir. Des régions voisines refuseront de les accueillir et les armes feront couler d’autres larmes. Après d’intenses sécheresses ou des méga inondations, des Darfour nouveaux dresseront en Afrique et en Asie des populations pauvres les unes contre les autres. Plus tard, les pays riches se sentiront assiégés : ils construiront des murs et s’attireront la haine. Pour arrêter l’horloge à catastrophes, il faudrait (c’est la condition indispensable) un sursaut moral mais il faudrait aussi, très prosaïquement, d’immenses travaux. Cela coûterait très cher mais mieux vaut faire tourner les entreprises du BTP que les usines d’armement !
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Le marché de l’émotion |
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Le Pakistan n’est pas « sexy ». L’image que les Occidentaux s’en font est celle d’un pays crasseux où la misère s’étale, où l’islamisme radical fleurit, où les services secrets vendent des secrets atomiques. Qui pâtit de cette image ? Pas Musharaf et ses ministres qui, géopolitique oblige, sont soutenus par les Américains.
Les perdants sont les 3 millions de sans abri et les dizaines de milliers de blessés sur le point de mourir de faim, de froid et d’absence de soins après les tremblements de terre dans les montagnes du Cachemire. Ces malheureux n’ont pas vraiment ému nos opinions publiques. Et nos gouvernements, toujours ? la remorque des émotions télévisuelles, se contentent d’accomplir un service minimum. Comment s’étonner, après cela, que Ben Laden fasse des recrues.
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Après Katrina : l’Amérique réversible |
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La société américaine est vibrante. Après de grandes émotions, elle est capable de grands retournements. Aujourd’hui, dominée par l’intégrisme de quelques millions d’Evangélistes qui se prennent pour des missionnaires, le choc de Katrina peut les faire changer de cap.
Quiconque a été régulièrement aux Etats-Unis depuis les années 60 a vu se succéder les émeutes dans les ghettos noirs, la révolte des jeunes, la mise en cause de l’industrie par les mouvements écologiques, le déferlement de la drogue, les campagnes pour la libération de la femme, les protestations massives contre la guerre du Vietnam, l’attaque victorieuse contre un président compromis par le scandale du Watergate, la révolte contre les précédentes révoltes, la remontée du patriotisme, la hantise du sida, le retour ? la morale, traditionnelle, les offensives contre l’avortement, etc.
Rien ne permet d’affirmer que Katrina ne va pas conduire les Américains ? approfondir les valeurs de fraternité, d’harmonie et d’écologie. Peut-être même passeront-ils de la boulimie de consommation ? l’éloge de la frugalité. Ils sont adeptes du changement.
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