Liquidités en embuscade
Des Flamands vénitiens
La prétendue double peine
Bienvenue chez les pessimistes
La guerre des Trois n’aura pas lieu
Carrefour, un bouc émissaire temporaire
Les nanotechnologies
Paradoxe iranien
Le fardeau de l’homme Han
Secrets mal gardés
Afrique
Agriculture
Amérique du Nord
Amérique Latine
Asie
Biologie
Chine
Citoyenneté
Communication
Culture
Débats
Développement
Economie
Edito
Education
Emploi
Energie
Entreprises
Environnement
Europe
France
Génie Génétique
Géopolitique
Humeur
Innovation
L'invité du mois
Liens recommandés
Livres Recommandés
Mondialisation
Moyen Orient
Partenaires
Pauvreté
Politique
Réforme de l'Etat
Religions
Risques Naturels
Russie
Santé
Sciences
Société
Société Rêvée
Technologie
Terrorisme
Union Européenne
USA
Vie du Club
mai 2008
avril 2008
mars 2008
février 2008
janvier 2008
décembre 2007
novembre 2007
octobre 2007
septembre 2007
août 2007
juillet 2007
juin 2007
mai 2007
avril 2007
mars 2007
février 2007
janvier 2007
décembre 2006
novembre 2006
octobre 2006
septembre 2006
août 2006
juillet 2006
juin 2006
mai 2006
avril 2006
mars 2006
février 2006
janvier 2006
décembre 2005
novembre 2005
octobre 2005
septembre 2005


Mentions légales
Le 21 avril 2008
Vaincre la faim
080421-Faim.jpgA considérer le monde dans son ensemble, une réalité tragique apparaît en plein relief : c’est la réalité de la faim. Faute d’une nourriture suffisante, des millions d’hommes meurent ou mènent une vie diminuée.

Sans même tenir compte des guerres et des famines provoquées par les belligérants, on peut estimer à 15 ou 20 % de la population mondiale le nombre de ceux qui souffrent de sous-nutrition. Si, par ailleurs, on évalue cette sous-nutrition à 20 ou 25 % du nécessaire, c’est une insuffisance totale de 3 à 5 % des produits de base qu’il s’agirait de combler. Or : 

-                      La superficie des terres arables diminue à mesure que des pays comme la Chine étendent des villes et construisent des routes.

-                      L’utilisation des terres arables pour la production de denrées essentielles se réduit à mesure que la production de biocarburants (absurdement subventionnée) augmente.

-                      La disponibilité de protéines végétales pour nourrir les plus nécessiteux est mise à mal par la consommation croissante de viande (il faut 7 protéines végétales pour produire une protéine carnée). 

L’ascension de classes moyennes de plus en plus nombreuses dans les pays émergents est évidemment salutaire. Leur pouvoir d’achat contribue, cependant, à faire bondir les prix des produits agricoles, à commencer par le riz, le blé, le maïs et le soja. Pour les populations qui, avant la hausse, consacraient déjà les ¾ de leurs ressources au poste des dépenses alimentaires, c’est insupportable. D’où la multiplication des révoltes. Selon la Banque Mondiale, 33 pays sont, de ce simple fait, en proie à des troubles sociaux.  

Le problème est aggravé par la spéculation et les bonnes volontés suffisent d’autant moins que l’aide alimentaire est généralement distribuée en nature, que le choix des biens distribués ne correspond pas forcément aux habitudes alimentaires des populations et que ces distributions contribuent à freiner la mise en œuvre d’une production vivrière locale. 

Pour sortir de cet enchaînement maléfique, il faudrait, comme l’aurait dit Monsieur de la Palisse, que les pauvres aient de l’argent. Les mécanismes du marché pourraient alors s’adapter à une demande rendue solvable. Est-ce possible ? Peut-être si, au-delà de l’urgence, l’ensemble des politiques d’aide était repensé dans cette optique. Les aides, telles qu’elles sont conçues actuellement coûtent cher et il y a, comme on dit, beaucoup de « perte en ligne ». Les plus pauvres ne reçoivent que des miettes. Et ces miettes, le plus souvent, ne correspondent pas à leurs besoins les plus pressants. 

A court terme de graves accidents sont prévisibles car la correction, même si elle a lieu, prendra du temps. Elle eut été plus facile si, à l’époque de la surproduction agricole dans les pays riches, on avait essayé d’adapter l’offre au lieu de distribuer des « excédents ». Maintenant, c’est plus ardu mais, au fond, le problème est le même. Il s’agit de transformer les besoins réels en demande suffisamment explicite pour que les affamés puissent être vraiment entendus des donateurs. Les femmes africaines savent mieux que les technocrates occidentaux comment elles aimeraient nourrir leur famille. Et elles sont moins gourmandes que leurs gouvernements.

Posté par Marc Ullmann, le 21/04/08 dans Agriculture - Développement - Mondialisation - Pauvreté | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 avril 2008
Insupportables saisies
080411-SaisieImmobliere.jpgQuand les dettes d’un ménage dépassent la valeur de la maison qu’ils ont achetée et que cette maison représente l’essentiel de leurs biens, les propriétaires, s’ils ne deviennent pas SDF, sont obligés de réduire leur consommation. C’est une évidence que l’on a tendance à oublier tant les risques de crise bancaire emplissent les colonnes des journaux financiers. Pourtant les conséquences, à la fois sociales et économiques, des saisies immobilières dominent et domineront de plus en plus la campagne électorale américaine.
Posté par Marc Lanval, le 11/04/08 dans Economie - Pauvreté - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 février 2008
Vers une nouvelle pensée économique
080222-Penseur.jpgLes théories économiques évoluent en fonction des réalités et les réalités les plus prégnantes viennent des pays les plus puissants. Le fait que de plus en plus d’Américains mettent en doute les bienfaits de la mondialisation va faire réfléchir les économistes. C’est le signe précurseur d’une évolution de la pensée dominante.

En 2002, 78 % des Américains pensaient que les Etats-Unis bénéficiaient du libre-échange. En 2007, le pourcentage était de 59 % et, si l’on en juge par la tonalité des débats électoraux actuels, il est sans doute inférieur à 50 % aujourd’hui. D’où le risque d’un retour au protectionnisme et la nécessité d’un ajustement, c’est-à-dire d’un dérapage contrôlé pour éviter la sortie de route. 

La mondialisation, il ne faut pas l’oublier, a sorti de la misère des centaines de millions de gens et a contribué à la croissance dans les pays développés. Le drame est que dans ces pays « riches » il y a de plus en plus de pauvres.  

Les perdants ne sont plus seulement les chômeurs ni même les ouvriers de l’industrie mais tous ceux qui doivent se contenter de bas salaires parce que leur activité pourrait être externalisée. La classe moyenne toute entière est tirée vers le bas. 

Améliorer la formation professionnelle et encourager financièrement la mobilité est unanimement jugé nécessaire mais de plus en plus considéré comme insuffisant. Des économistes américains se mettent à rechercher la légitimation théorique d’un protectionnisme modéré. Certains font ainsi appel à des notions voisines de celle de subsidiarité dont on se sert généralement pour justifier la répartition des responsabilités entre différents échelons institutionnels ou territoriaux.  

Le principe est simple : ce qui peut être réalisé efficacement dans la proximité ne doit pas être traité au loin. Dans la pratique économique, cela peut mener à quelques conclusions.

Exemples : 

-          Les cultures vivrières en Afrique (et autres régions où l’afflux dans les mégalopoles a des effets désastreux) ne devraient pas être sacrifiées sur l’autel de la libération des échanges agricoles. Concrètement, cela se traduirait par une réhabilitation limitée de la technique des quotas. Il en irait de même pour certaines activités industrielles ou artisanales dont la valeur est localement appréciée dans certains pays riches.  

-          Quelques entreprises, considérées comme stratégiques, ne pourraient pas tomber entièrement dans des mains étrangères. Concrètement, cela signifierait l’extension de la pratique des « golden shares » 

De telles entorses au libéralisme seraient conçues comme une sauvegarde de ce que le libéralisme comporte d’essentiel. Elles se présenteraient comme un mode d’emploi pour ne pas glisser sur le funeste toboggan qui conduit du protectionnisme au nationalisme et du nationalisme à la peur des autres, c'est-à-dire au racisme et à la guerre.

Posté par Marc Ullmann, le 22/02/08 dans Economie - Mondialisation - Pauvreté | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 décembre 2007
Les Darfour de demain
071220-Darfour.jpgLa guerre du Darfour avec implication du gouvernement soudanais, n’a commencé qu’en 2003 mais ses prémisses remontent aux années 80 quand la sécheresse et l’avancée du désert ont commencé à réduire les quantités d’eau disponibles. Les nomades du Nord (en grande majorité Arabes) et les paysans du Sud (en grande majorité Africains) sont entrés en concurrence.

Racisme et politique s’en sont progressivement mêlés. Les carnages ont fait environ 200.000 morts et l’on compte aujourd’hui deux millions de personnes déplacées. Si tout va bien, 26.000 casques bleus vont être bientôt déployés, notamment autour des camps de réfugiés. Ce tardif effort coûtera, à lui seul, beaucoup plus cher qu’auraient coûté des travaux (même gigantesques) pour trouver ou amener de l’eau dans quelques points de la région.

 

L’exemple est à retenir car de nouvelles menaces surgissent et vont s’amplifier. Le protocole de Kyoto n’empêchera pas les accidents climatiques de se multiplier. Des dizaines de millions de personnes voudront fuir. Des régions voisines refuseront de les accueillir et les armes feront couler d’autres larmes. Après d’intenses sécheresses ou des méga inondations, des Darfour nouveaux dresseront en Afrique et en Asie des populations pauvres les unes contre les autres. Plus tard, les pays riches se sentiront assiégés : ils construiront des murs et s’attireront la haine. 

Pour arrêter l’horloge à catastrophes, il faudrait (c’est la condition indispensable) un sursaut moral mais il faudrait aussi, très prosaïquement, d’immenses travaux. Cela coûterait très cher mais mieux vaut faire tourner les entreprises du BTP que les usines d’armement !

Posté par Déborah Secrétin, le 20/12/07 dans Afrique - Pauvreté - Risques Naturels | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 octobre 2007
Voitures et portefeuille

071912-Voitures.jpgEn Europe comme aux Etats-Unis, les statistiques montrent que les inégalités se creusent. Inutile de les lire : il suffit se promener dans la rue et de regarder les voitures. Les berlines moyennes se font de moins en moins nombreuses. Les modèles haut de gamme et les modèles bas de gamme progressent. Ainsi déclinent les classes moyennes.

Posté par Marc Lanval, le 12/10/07 dans Europe - Pauvreté - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 juillet 2007
Un ordinateur pour tous les enfants du monde

070630-LapTop.jpgIl est parfois des initiatives qui réjouissent. Lorsqu'en 2005 Nicholas Negroponte, co-fondateur du célèbre MIT Media Lab, décrivait la vision qu'il a eue d'un ordinateur pour tous les enfants du monde, un ordinateur portable à 100 dollars, on a ressenti le scepticisme d'une grande majorité d'acteurs. Et pourtant, ce rêve est en passe d'aboutir.

Un ordinateur portable à 100$ pour tous les enfants du monde, avec un but noble et une conception quasi-idéale, presque idéologique. Tout a été réfléchi : matériaux solides et recyclables, ergonomie adaptée aux enfants et durée de vie importante, alimentation électrique économique (par batteries, secteur, panneaux solaires et même dynamo intégrée !), interface simple et permettant des fonctions essentielles (traitement de textes, journal intime, consultation de l'encyclopédie Wikipédia, navigateur Internet, jeux et ludiciels, et même discussions entre enfants grâce au réseau Wi-Fi intégré). Le tout sous Linux, cela va de soi.

Projet utopique au départ, l'obsession de Negroponte a su convaincre mécènes, sponsors et industriels, et la production industrielle des premiers prototypes est en cours depuis quelques mois. Restera à régler le problème de la distribution de l'ordinateur de par le monde, aux endroits où 100 dollars représente déjà un investissement important. L'ordinateur étant peu puissant et exclusivement conçu pour les enfants, il y a heureusement peu de risques que celui-ci soit détourné par les adultes.

Le projet est passionnant. Depuis 1982, Nicholas Negroponte a porté en lui cet espoir de pouvoir apporter aux enfants des pays défavorisés les nouvelles technologies qui nous ont permis, peuples industrialisés, une augmentation du savoir sans précédent.

L'aventure "One Laptop Per Child" est à suivre ici : One Laptop

Posté par Bruno Kerouanton, le 01/07/07 dans Pauvreté - Technologie - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 avril 2007
Le progrès à quoi bon ?

070416-TGV.jpgDeux informations a priori sans rapport ont ouvert les journaux télévisés du 4 mars 2007 : le record de vitesse du TGV à près de 575 km/h et, par ailleurs, les 9 enfants de maternelle qui ont eu droit à de l’eau et du pain en guise de repas à leur cantine. Deux images de la France d’aujourd’hui qui auraient pu finalement se dérouler dans la plupart des pays développés.

Que retiendront les historiens dans quelques siècles de notre civilisation ? Probablement que toutes les technologies y auront vu le jour, du moins dans leur forme basique. En un siècle, nous avons créé l’automobile, l’avion, le train, les fusées, la radio, la télévision, l’informatique, Internet et je passe sur tous les progrès médicaux. Ceci nous a permis d’atteindre des taux de croissance jamais rencontrés dans toute l’histoire de l’humanité. Et pour en faire quoi ?

La misère concerne un habitant de notre planète sur deux, la pauvreté s’installe dans les pays les plus riches et le léger mieux que l'on nous promet (Cf. les objectifs du millénaire pour le développement) est toujours renvoyé aux calendes grecques. C’est bel et bien là le plus grand échec des politiques du monde entier : n’avoir pas su profité d’une période particulièrement favorable pour mettre en place un système équitable où tout le monde a sa chance et sa place.

Nous savons faire des trains rapides ? Tant mieux, cela nous permet de ne pas voir la misère qui reste à quai.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 16/04/07 dans Développement - France - Pauvreté - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 avril 2007
Presque 1 Million d’expulsables !

070404-MalLoges.jpgNotre pays, selon l’Insee, compte aujourd’hui 722.500 personnes en situation de loyers impayés depuis plus de deux mois. Comme chaque année, la « trêve hivernale" qui court du 1er novembre au 15 mars a expiré. Si les expulsions locatives, qui ont repris depuis, se poursuivent à leur rythme, cette douloureuse « facture sociale » à la française risque de se saler.

Dans la capitale, certains propriétaires fonciers du XX arrondissement n’hésitent pas à réclamer des augmentations de loyer de près de 300 euros. Ils ne sont pas les seuls. Ces augmentations subites étranglent les locataires du secteur privé des quartiers populaires. Ils se retrouvent, d’un coup, à ne plus pouvoir payer leur loyer et peuvent facilement tomber dans la spirale infernale des « mal-logés », voire des « sans-logement ».

En attendant la mise en oeuvre, le 1er décembre 2008, de la loi adoptée en début d’année sur le droit au logement opposable, plusieurs associations récalment "un moratoire sur les expulsions" des personnes les plus démunies.
Pour tous les autres « mal-logés », il faudra patienter jusqu’au 1er janvier 2012 – si le cap est tenu par le gouvernement … - afin que la loi soit appliquée. Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation de l’éminent Abbé qui vient de nous quitter, demande un moratoire pour les personnes les plus démunies et le paiement des indemnités de loyers par la Solidarité Nationale.

Les « sans-logement » devront, quant à eux, attendre encore davantage, jusqu’à quand ? 2020 ? 2030 ?

Posté par Déborah Secrétin, le 04/04/07 dans France - Pauvreté - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 mars 2007
Vrais « sans papiers » et faux charters

070323-SansPapiers.jpgContrairement à une idée acceptée par ceux qui ont envie d’y croire, le renvoi par charters des immigrés sans papiers est une pure illusion. Les sans papiers, s’ils veulent rester en France ou dans tout autre pays européen, prennent soin d’être vraiment sans papiers, c'est-à-dire de ne pas en avoir. Ils se trouvent ainsi originaires de nulle part, ce qui ne constitue pas une destination.

Les expulsés ne peuvent donc appartenir qu’à deux catégories : il y a certains nigauds qui, sans avoir tous les justificatifs nécessaires, ont cru bon d’accomplir des démarches de régularisation ; et peut-être aussi quelques individus pour lesquels des autorités consulaires de tel ou tel pays d’Afrique, acceptent, en échange de contreparties accordées par la France, de faire des vrais faux papiers attestant une nationalité réelle ou supposée. Au total, cela ne peut pas faire grand monde !

Posté par Claude Bardon, le 22/03/07 dans Europe - France - Pauvreté - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 décembre 2006
Hyderâbâd mise sur les femmes de ménage

061215-FemmesdeMenage.jpgLorsqu’une femme travaille et que son mari n’a pas d’emploi, celui-ci est bien obligé de la respecter. De plus, les femmes sont plus enclines que les hommes à mettre de l’argent de côté pour l’éducation des enfants. C’est en tout cas ce que pensent les entreprises High Tech installées à Hyderâbâd. Toutes ensemble, et avec l’accord des autorités locales, elles ont décidé que le personnel d’entretien serait exclusivement féminin et qu’un complément de salaire serait alloué pour l’éducation des enfants.

Il faut dire qu’Hyderâbâd est, avec Bangalore, la capitale indienne des hautes technologies. Microsoft, IBM, Alcatel et plus de 300 autres entreprises s’y sont installées. Les techniciens affluent de toutes parts mais comme partout en Inde, la majeure partie de la population croupit dans la misère.
D’où l’idée de miser sur les femmes de ménage dont quelques enfants, peut-être, créeront des logiciels et assureront aux générations futures un sort meilleur que celui connu par leurs parents.

Posté par Louise Jasmin, le 15/12/06 dans Asie - Développement - Entreprises - Pauvreté | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 septembre 2006
Enfants de bourgeois et révolution

Des pauvres, il y en a depuis toujours. La plupart se résignent. Les riches ne tremblent guère. L’ordre est injuste mais stable. Tout change quand la classe moyenne s’effondre. Alors, surgissent de « nouveaux pauvres ». Les plus vieux ont du mal à accepter leur changement de condition mais se contentent de maugréer. Les plus jeunes, eux, rêvent de chambardement. L’ordre n’est plus seulement injuste, il devient instable. Cela s’est produit souvent dans le passé. C’est le cas aujourd’hui dans beaucoup de pays d’Occident où des enfants de bourgeois de plus en plus nombreux adhèrent à des partis extrêmes. Mauvais signe.

Posté par Marc Lanval, le 17/09/06 dans Pauvreté - Société | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 janvier 2006
Le marché de l’émotion

Le Pakistan n’est pas « sexy ». L’image que les Occidentaux s’en font est celle d’un pays crasseux où la misère s’étale, où l’islamisme radical fleurit, où les services secrets vendent des secrets atomiques. Qui pâtit de cette image ? Pas Musharaf et ses ministres qui, géopolitique oblige, sont soutenus par les Américains.

Les perdants sont les 3 millions de sans abri et les dizaines de milliers de blessés sur le point de mourir de faim, de froid et d’absence de soins après les tremblements de terre dans les montagnes du Cachemire. Ces malheureux n’ont pas vraiment ému nos opinions publiques. Et nos gouvernements, toujours ? la remorque des émotions télévisuelles, se contentent d’accomplir un service minimum. Comment s’étonner, après cela, que Ben Laden fasse des recrues.

Posté par Marc Ullmann, le 05/01/06 dans Mondialisation - Pauvreté - Risques Naturels - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 novembre 2005
A partir de Juillet 2006, je vole de Londres

Le Président Chirac persiste et signe. A compter de Juillet prochain, une taxe de €40 sera prélevée sur tous les vols Internationaux en classe affaires. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour prévoir les conséquences d'une telle mesure: favoriser Londres, au détriment de Paris, et BA ou Cathay, aux dépens d'Air France. Au moment où notre compagnie dite nationale annonce des résultats convenables pour avoir « hedge » (pris des positions ? long terme) le fuel et le dollar ? des niveaux raisonnables. Pathétique!

Posté par Jean-Claude Gruffat, le 24/11/05 dans Economie - Entreprises - Europe - France - Pauvreté | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 novembre 2005
Du virtuel pour un développement bien réel

Dans les couches pauvres des pays du tiers-monde, comme dans les populations du quart-monde des pays développés, le modèle économique imposé ? l’individu est de type médiéval. En effet, faute d’authentification légitime et donc de crédit (au sens étymologique), les individus concernés sont exclus du système bancaire : aucun tiers de confiance ne certifie leur solvabilité et celle de leurs interlocuteurs. Toute transaction financière les impliquant est donc nécessairement limitée au liquide, voire au troc. Or, la globalisation foudroyante des moyens de communication a généré ? l’échelle de la planète une conscience, une audience, des attentes et des besoins nouveaux, ce qui exacerbe le sentiment de frustration, voire d’humiliation délibérée de la part du système occidental et de ceux qui en bénéficient.

De plus, tout revenu excédant la couverture des besoins de survie immédiate se heurte au problème du stockage : sans possibilité d’épargne fiduciaire, on en est réduit, littéralement, ? enterrer sa cassette, dans la crainte, bien réelle dans ces contextes, des pillards. Au risque de vol, s'en ajoutent d'autres : chute de la valeur du peu que l'on accumulé, suite ? une décision politique de dévaluation, risque de destruction sous l'effet d'une catastrophe naturelle, incapacité ? donner la preuve légale de la propriété de cet argent... Aucun investissement, aucune capacité ? encaisser un coup du sort ou protéger ses proches, aucune transmission du patrimoine ne sont, dans ces conditions, sérieusement envisageables. La tentation est alors forte de se placer sous l’égide d’un suzerain féodal, notamment idéologique ou religieux, qui, lui, garantit ? l’individu et aux siens cette authentification (en sus du prestige, de divers avantages matériels et du bien-être psychologique), leur donnant sécurité, sérénité et légitimité. C’est l’un des mécanismes mis en jeu historiquement dans les phénomènes d’organisation mafieuse chez les immigrants aux Etats-Unis de l’entre-deux guerres, dans les mouvements révolutionnaires communistes ou islamiques et, plus récemment, dans l’hyper-terrorisme suicidaire.

Le volet économique du clivage riches/ pauvres repose donc en partie sur une inégalité structurelle vis-? -vis de la sécurité des transactions. Caricaturalement, le « pauvre » est réputé insolvable a priori, ce qui le met ? l’écart des mécanismes de crédit de nature, justement, ? pérenniser sa solvabilité, ne serait-ce que par effet de levier ; de plus, rien ne le garantit contre les escroqueries ou défauts de paiement de ses partenaires. Pourquoi ferait-il confiance ? des partenaires qui sont dans la même situation que lui ? Cela favorise donc, même au cas où ses ressources atteindraient les seuils qui lui permettent d’y prétendre, son exclusion des voies de développement culturel, éducatif et citoyen (ou socio-politique).

Or, pour reprendre une phrase récente de Bill Gates, « banking is essential ; bankers are not. » De ce fait, tout organisme qui se dote des outils technologiques appropriés et qui bénéficie d’ores et déj? d’un crédit de confiance auprès d’une communauté peut se poser en tiers de confiance pour cette communauté vis-? -vis du reste du monde. Ce n’est ni une question de fonds propres, ni une question de réseau de distribution : ? ce jour, l’entité qui certifie le plus de transactions par jour aux Etats-Unis est eBay… Qui pourrait endosser ce rôle dans les pays du Tiers Monde ? Les acteurs les mieux placés pour mettre en œuvre ce type de dispositif et jouer le rôle de tiers de confiance sont les diffuseurs de média. En effet, vus de leur public, ils sont des vecteurs incomparables d’informations, de divertissement, presque des complices. Ne négligeons pas non plus le fait que le public est en très grande majorité féminin (le modèle traditionnel laissant les femmes au domicile pendant que les hommes travaillent) et que les femmes sont un bon vecteur de modification progressive des mentalités, notamment en matière de gestion.

Il est, aujourd’hui, techniquement tout ? fait simple de mettre en place des agences bancaires virtuelles. Une telle agence est ouverte ? n’importe quelle heure, accessible de n’importe où, sur n’importe quel terminal raccordé ? Internet, même si l’utilisateur n’en est pas propriétaire, exactement comme tout le monde sait téléphoner d’une cabine publique (rappelons que le taux d’équipement du tiers-monde en téléphones mobiles est très élevé et que les cyber-cafés n’y désemplissent pas). Chaque client peut s’y abonner en ligne en répondant ? des questions. Il va ainsi obtenir une identité numérique sécurisée et peut gérer son compte ? tout moment depuis n’importe quel endroit. Il pourra y placer ses économies sur un compte rémunéré, en achetant des cartes prépayées émises par la banque virtuelle, ? l’instar des cartes permettant de créditer les comptes de téléphone mobile. Il aura la possibilité, par la suite, de payer des biens et services directement depuis le compte, de donner des instructions de transfert de fonds ou de délivrer des mandats. Il pourra ainsi s’abonner ? des contenus média ou ? des services utilitaires (eau, énergie, télécommunications), s’assurer, négocier des micro-crédits… sans aucun transfert physique de fonds susceptibles d’être pillés.

La clé est de savoir attribuer une identité virtuelle unique et infalsifiable ? chaque citoyen, et de disposer d’une architecture de services indépendante des performances des machines et des logiciels utilisés et dont l’utilisation n'exige aucune compétence technique ou informatique significative (de même que l’usage du courant électrique ne nécessite aucun savoir-faire si ce n’est comprendre dans quel sens le bouton allume ou éteint la lumière). Un exemple est l’architecture TAPP proposée par Online & Groupware sur le site www.gotapp.com. En outre une telle identité virtuelle unique permet de dupliquer virtuellement la structure analogique d'une ville : dans le monde réel, toute personne qui emménage quelque part acquiert de fait une adresse postale immédiatement opérationnelle, l'accès ? divers réseaux utilitaires, des droits et devoirs civiques locaux, etc. Ceci ne nécessite ni démarche ni connaissances techniques. On peut de la sorte proposer aux pays en développement qui n'ont pas encore d'infrastructure réelle, une infrastructure virtuelle bien conçue sur laquelle le réel ? venir se calquera.

On offrira ainsi ? tout citoyen planétaire un lieu virtuel qui sera son foyer et sa propriété inaliénable (sauf ? titre de sanction s’il viole les règles communes), caractérisé par cette adresse, cette identité virtuelle, où d’autres peuvent le trouver (tous mes correspondants peuvent me joindre sur mon mobile sans savoir où je suis physiquement). Il y stocke ses contenus, ses finances, sa vie, de façon sécurisée et confidentielle, organisée ? son gré, et y donne accès aux membres de son réseau personnel informel. Ces populations auront ainsi, ? égalité avec n’importe quel autre être humain, accès au système financier, ? l’information et ? la dignité. A condition bien sûr qu’elles soient ? la hauteur de la terrible responsabilité d’être libre.

On n’est pas loin des « smart mobs » chers ? Howard Rheingold…

Posté par , le 23/11/05 dans Citoyenneté - Communication - Pauvreté - Société - Technologie | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
  En savoir plus...

 

 
Pour une Communauté Mondiale de l’Eau
Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision
Les 4 scénarii de développement d'une start up
La France malade de sa gouvernance
Fini l'ANPE ? Vive l'ANSE !
  Gilles Mas sur Du pétrole en général et de l’Iran en particulier  
  Henri-Paul Soulodre sur L’auto-régulation : un impératif pour la société  
  Henri-Paul Soulodre sur Les nanotechnologies  
  Henri-Paul Soulodre sur Carrefour, un bouc émissaire temporaire  
  Henri-Paul Soulodre sur La guerre des Trois n’aura pas lieu  
  Henri-Paul Soulodre sur Vaincre la faim  
  Dominique sur Vaincre la faim  
  Bernard sur Vous allez voir ce que vous allez voir…  
  Gilles Mas sur Vaincre la faim  
  Gilles Mas sur Du pétrole en général et de l’Iran en particulier  
 
Happiness: Lessons from a new science
Richard Layard
L’homme en état d’urgence
Xavier Emmanuelli
  La pensée islamique contemporaine
Alain Roussillon
  Alogic
  Energy
Intelligence
  Sociovision
Cofremca