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Le 26 juin 2009
L’Iran vue de …

Ceux qui, en Europe, espéraient que la République Islamique d’Iran puisse se muer en une démocratie irréprochable, sont déçus. Que la fraude ait été massive ou qu’elle ait seulement donné un coup de pouce il y a eu, c’est le moins que l’on puisse dire, quelques anomalies. Vues d’Europe ou d’Amérique, la contestation attire la sympathie, la répression suscite l’opprobre ; le régime iranien, considéré comme hostile, est crédité des pires intentions.

Vues d’Arabie, qui est encore sous le joug d’un wahhabisme intransigeant, vues aussi d’Egypte, d’Algérie et autres pays musulmans où les élections sont de pure forme, les choses sont apparues sous un jour différent. Fraude ou pas, il y a eu débat, la vie politique a été trépidante, la société s’est exprimée. Et, comme l’Iran semblait être doté d’institutions assez souples, certains opposants espéraient que son régime pourrait servir de modèle à des pays musulmans même sunnites. Quelques potentats auraient alors eu tout à craindre du réveil de peuples cherchant leur inspiration du côté de Téhéran. Lorsque Khamenei a cautionné la répression et tenté de verrouiller le régime, la déception a été terrible pour tous ceux qui, dans le monde musulman, aspirent à concilier religion et liberté. Quelques optimistes entretiennent la flamme d’un espoir ténu de réconciliation à l’iranienne.

Vu de Turquie, c’est une autre histoire. Les négociations pour entrer dans l’Europe ont permis à un gouvernement « modérément islamique » d’améliorer la démocratie en se débarrassant de la tutelle militaire. Aujourd’hui, religion et liberté sont, au moins partiellement, réconciliées. La Turquie est, mieux que l’Iran, prête à servir de modèle. L’Europe y aurait tout intérêt et l’on peut même imaginer un scénario où la Turquie, après avoir tiré parti de la négociation avec l’UE pour s’aligner sur des structures modernes, n’ait plus envie d’adhérer à un club majoritairement chrétien.

Vu d’Israël, le bilan est contrasté. Ceux qui croyaient qu’Obama pourrait relancer rapidement le processus de paix sont déçus. Les autres sont soulagés tout en craignant qu’Obama se montre naïf et, qu’à long terme, l’Iran sorte vainqueur d’un éventuel rapprochement.

Pour Obama, le jeu est complexe. L’élection en Iran ne change pas la géographie et, puisque Bush a commis l’insanité d’entrer en Irak, il a besoin, lui, de l’Iran pour en sortir. Il ne doit pas pour autant accepter l’engrenage qui aboutisse à une Bombe pour les ayatollahs. Jusqu’où pourra-t-il aller ? Est-il concevable, qu’en bout de course, les Iraniens disposent, comme les Allemands, les Japonais et beaucoup d’autres, de tout le matériel nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire mais que l’AIEA (Agence Internationale pour l’Energie Atomique) ait les moyens de s’assurer que le stade ultime n’est pas franchi ? Si, tel était le cas, Israël se satisferait-il d’une telle assurance ?

Dans vingt ans, l’approvisionnement énergétique du monde sera largement tributaire du gaz iranien et du pétrole irakien. Les investissements doivent démarrer aussi vite que possible. Les Etats-Unis, l’Europe et l’Iran sont condamnés à s’entendre. Quelles que soient leurs tendances politiques, les Israéliens ne veulent pas que cette entente se fasse sur leur dos.

Les problèmes sont liés, leur corrélation est explosive.

Correspondants du Club

(Informations recueillies entre le 12 et le 21 juin... A suivre)

Posté par Correspondant du Club, le 26/06/09 dans Edito - Géopolitique - Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 juin 2009
Paradoxe saoudien
090621-ArabieSaoudite.jpgQuel est l’allié le plus affiché des Etats-Unis au Moyen Orient ? L’Arabie Saoudite ! Qui finance dans le monde entier, les ennemis de l’Amérique ? L’Arabie Saoudite ! L’Islam le plus dur, le plus radical, le plus intransigeant, est incarné par le wahhabisme. Il plonge ses racines en Arabie, y contrôle toutes les institutions religieuses et certains leviers de l’Etat. Une partie de l’argent du pétrole peut ainsi être consacré à la propagation de la foi dans tout l’Islam sunnite.

L’Afghanistan est un cas d’école. Taliban signifie « étudiant ». Ces étudiants sont issus des « madrasas ». Ces madrasas sont financées par l’Arabie. On y anone le Coran et l’on y professe que la Charia est la justice divine.

Quand on pense que l’Empire ottoman, pôle de l’Islam sunnite jusqu’à la Guerre de 14, avait partiellement laïcisé son Droit dès le 19ème siècle, la régression est patente. Et quand on pense que, pendant toute la Guerre froide, la lutte contre le communisme a conduit les Etats-Unis à s’appuyer sur l’Arabie Saoudite et à soutenir ses pires desseins, il y a de quoi rire … et matière à pleurer.

Posté par Marc Lanval, le 21/06/09 dans Géopolitique - Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 juin 2009
Rêve de paix
090603-MondeMusulman.jpgCoup de prose dans l’eau ou coup de cœur dans le mille ? Le « grand discours au monde arabe » que Barack Hussein Obama doit prononcer au Caire dans quelques heures peut être l’un ou l’autre. Les conséquences positives, ou négatives, seront immenses.

Si l’essentiel du discours est rédigé par des « experts », le mur des ressentiments restera intact ; la brèche ne peut venir que si le souffle est personnel et la parole authentique. Il faut espérer qu’Obama parlera peu de politique et beaucoup de lui-même, de sa vie, des souffrances qu’il a endurées à cause de la brisure du monde, des incompréhensions raciales et des antagonismes religieux. 

L’élément clef est qu’Obama n’est pas seulement président des Etats-Unis, il est une universelle légende qui, pour les Musulmans, constitue une énigme : Comment un « Hussein » a-t-il pu devenir puissant parmi les puissants ? Est-il une menace pour l’Islam ou incarne-t-il un espoir ? 

La question n’est pas anodine mais vitale. Au-delà des gouvernements, elle concerne les peuples avec leurs masses de déshérités et leurs élites frustrées. Elle se pose à un moment qui, lui-même, est crucial : le terrorisme est sur le point de devenir un moment de l’Islam. Ses héros, ses martyrs peuvent enflammer l’imaginaire et balayer les réticences de millions d’hésitants raisonnables. 

Souvenons-nous. Au moment des Croisades, tous les Chrétiens n’étaient sûrement pas des fanatiques. La guerre « Sainte » les a pourtant enthousiasmés. En 1095, le pape Urbain II, a promis aux « hérauts du Christ » qui s’engageraient « dans la bataille contre les païens », la rémission des péchés. En bout de course, dans Jérusalem « délivrée », les « Sarrasins » ont été exterminés. Guillaume de Tyr, chroniqueur de la première Croisade, rapporte que « Nul n’a jamais ouï, nul n’a jamais vu pareil carnage de la gent païenne : des bûchers étaient disposés comme des bornes et nul, si ce n’est Dieu, ne connaissait leur nombre ».  

Des Don Quichotte du « Djihad » rêvent de revanche mondialisée. Les Sancho Pança du bonheur ont besoin qu’un citoyen du monde légitimise leur rêve de paix. Si Obama y parvient, « l’intendance suivra ».

Posté par Marc Ullmann, le 03/06/09 dans Géopolitique - Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 avril 2009
Iran : la continuité dans le changement
090425-Ahmadinejad.jpgL’irruption de Mir-Hossein Mousavi dans la course à l’élection présidentielle bouleverse la donne. Mahmoud Ahmadinejad qui était favori devient outsider.

Mousavi était Premier ministre pendant la terrible guerre avec l’Irak. Le Guide était alors Khomeiny tandis que Khamenei, l’actuel Guide, était Président.

Khamenei et Mousavi s’entendaient bien, ils sont restés amis. De là à conclure que Khamenei veut pousser Mousavi aux dépens d’Ahmadinejad, il y a un pas qu’il serait dangereux de franchir. Khamenei est retors et veut laisser souffler le vent de l’opinion. Si la fierté nationale dont Ahmadinejad s’est fait le champion récolte la majorité des suffrages, il s’en accommodera. Si l’incurie économique dont a fait preuve Ahmadinejad décourage les électeurs, il s’appuiera sur Mousavi. Pour plus de sûreté, il y a même un troisième homme en la personne de Mehdi Karoubi, un beau parleur particulièrement populaire dans l’Ouest du pays. 

Mousavi ne sait pas haranguer les foules comme Ahmadinejad ni même comme Karoubi. Ce sera pour lui un handicap  qui s’ajoutera au poids de ses 68 ans dans un pays où 60% de la population à moins de 30 ans. Il bénéficie cependant de nombreux avantages. D’abord, il est sérieux et a constamment tenu des propos réalistes. Ensuite, comme il a été compagnon de Khomeiny, le fondateur du régime, il ne peut être accusé faiblesse à l’égard des Américains. Cela lui permettra de répondre à certains arguments de campagne que pourrait proférer Ahmadinejad et de faire néanmoins preuve d’une certaine souplesse dans les relations internationales. Une souplesse dont le peuple iranien a besoin et que les ouvertures d’Obama rendent à la fois possibles et nécessaires.

Posté par Correspondant du Club, le 25/04/09 dans Géopolitique - Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 janvier 2009
Israël-Palestine : vingt ans après
090128-Palestine.jpgLa première Intifada a éclaté en 1987. Des jeunes Palestiniens lançaient des cailloux. Les cailloux sont devenus des roquettes. Les roquettes pourraient devenir des missiles. Les donnes de la négociation s’en trouvent changées : le « Processus d’Oslo » a été lancé en 1991, sans doute à contretemps ; aujourd’hui, le concept « Deux Etats » risque d’être dépassé.

En 1967, des occasions avaient été manquées mais en 1991, les « durs » des deux camps se projetaient dans un avenir lointain. Les uns pensaient que les Israéliens finiraient par connaître le sort des Croisés. Les autres estimaient que le découpage de l’empire Ottoman n’était pas terminé et que les Palestiniens trouveraient, un jour ou l’autre, une place à part. Cela aurait pu laisser aux « modérés » des deux camps le temps de procéder par petits pas. Des investissements auraient facilité le développement de ce qu’on appelait la Cisjordanie où les municipalités auraient pu bénéficier de pouvoirs étendus. Le choix a été différent et, en 2001, à Taba, le processus d’Oslo a capoté.

En 2009, on imagine mal que les Palestiniens puissent se contenter de petits pas ou que les Israéliens puissent accepter une Palestine vraiment indépendante qui placerait Jérusalem et Tel-Aviv à portée de tirs. L’affrontement de Gaza marque le début d’une nouvelle phase. Le Moyen Orient tout entier peut s’enflammer et, s’il s’enflamme, il embrasera le monde.

Posté par Marc Ullmann, le 28/01/09 dans Géopolitique - Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 31 décembre 2008
Qui piège qui ? Pourquoi ?
081231-Gaza.jpgL’attaque israélienne sur Gaza ne peut être considéré comme un évènement isolé : l’escalade est au coin du minaret. Israël est-il tombé dans un piège ou pratique-t-il volontairement la surenchère ?

A l’appui de la première hypothèse, soulignons que c’est le Hamas qui a rompu la trêve et que derrière le Hamas se tiennent le Hezbollah, la Syrie et l’Iran. Soulignons aussi qu’en Iran coexistent plusieurs factions. Des Mollahs réformateurs, associés aux négociants du Bazar, souhaitent un changement de présidence à Téhéran. Ils affûtent leurs arguments en vue de la campagne électorale qui se terminera en juin par la victoire ou la défaite d’Ahmadinedjad. Dans de telles conditions, celui-ci peut avoir intérêt à susciter une crise internationale qui provoquerait en Iran un sursaut islamo-nationaliste. Ses partisans, en incitant le Hamas à rompre la trêve, auraient anticipé la réplique israélienne, joué sur l’impact qu’elle aurait dans le monde arabe et misé sur une escalade. D’abord entre le Hezbollah et Israël puis, possiblement, avec des raids israéliens sur la Syrie voire même sur des sites nucléaires en Iran. Ce faisant, ils auraient accepté de courir le risque de voir les Etats-Unis emboîter le pas à Israël mais auraient estimé que Bush n’aurait pas le temps de le faire et qu’Obama n’en n’aurait pas envie. 

A l’appui de la deuxième hypothèse, peuvent se combiner des considérations géopolitiques et des calculs électoraux israéliens. Une démonstration de force pourrait être de nature à gêner le Likoud qui attaque le gouvernement sur sa droite et l’accuse de faiblesse. Quant au fond, certains stratèges estiment que l’embrasement du Moyen Orient se révèlerait moins pernicieux pour Israël que la lente montée d’Intifadas de mieux en mieux armées. De plus, l’idée d’en découdre avec l’Iran avant que celui-ci dispose d’un arsenal atomique ne serait pas pour déplaire à certains responsables qui continuent de croire à la possibilité d’un soutien américain. 

Que l’on retienne la première hypothèse ou la seconde, deux certitudes méritent d’être notées : 

Ø      Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, va devenir le protagoniste central de la suite des évènements. S’il déclenche des tirs meurtriers sur Israël, l’embrasement est quasi certain. S’il joue la prudence, la bataille se livrera sur le plan de l’opinion mondiale et, plus particulièrement, de celle des pays arabes dont les gouvernements (Egypte, etc.) sont supposés être trop indulgents à l’égard d’Israël. 

Ø      Dans tous les cas de figure, l’Europe sera perdante. La ferveur anti-israélienne se mue facilement en colère anti-occidentale et la géographie est ainsi faite que l’Europe est plus proche des terres d’Islam que ne le sont les Etats-Unis. Des attentats sont à craindre.

Posté par Marc Ullmann, le 31/12/08 dans Europe - Moyen Orient - USA | Commentaires (12) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 novembre 2008
Où ira l’argent du Moyen Orient ?
081104-Argent.jpgLes pays producteurs de pétrole au Moyen Orient ont bâti des « fonds souverains » qui disposent d’immenses avoirs. On calcule, par exemple, que les sommes accumulées par celui d’Abou Dhabi (environ 1.200 milliards de dollars) suffiraient, aux cours actuels, à acheter de trois à quatre fois l’ensemble des entreprises du CAC40. Faut-il craindre un tel cataclysme ?

Probablement pas car les fonds souverains sont entre les mains de dirigeants locaux qui n’ont aucune envie de se brouiller avec les gouvernements des grands pays industriels. On peut donc imaginer qu’ils n’investiront que dans des entreprises qui, avec l’accord de leurs gouvernements nationaux, solliciteront leur concours. Encore faudra-t-il que ces entreprises paraissent suffisamment attrayantes. C’est, semble-t-il, le cas de General Electric aux Etats-Unis mais les perspectives restent limitées.

En Asie, c’est différent, les Moyen Orientaux ont, historiquement, moins peur d’être mal reçus et les Asiatiques ont un immense marché intérieur à développer. Cela préfigure à long terme un rapprochement entre les principales puissances d’Asie et du Moyen Orient. La Chine, dont la soif de pétrole est inextinguible, n’attend que cela !
Posté par Marc Ullmann, le 04/11/08 dans Entreprises - France - Moyen Orient | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 octobre 2008
Enfin une bonne nouvelle !
081010-Murdelahonte.jpgL'avalanche de catastrophes qui est notre lot quotidien d'informations a complètement occulté une nouvelle importante et certainement quelque peu dérangeante pour nombre de commentateurs et de politiciens, à savoir : les Américains ont commencé la démolition des murs anti-attentats érigés dans Bagdad. La violence a diminué de façon spectaculaire en Irak mais la situation y reste toutefois très dangereuse. Le démantèlement des protections contre le terrorisme est un acte courageux et risqué. Puisse Israël s'en inspirer.
Posté par Michel Chevet, le 10/10/08 dans Moyen Orient - Terrorisme - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 septembre 2008
Réveil ottoman
080913-ReveilOttoman.jpgLa géographie et l’Histoire font de la Turquie un acteur indispensable à la résolution de plusieurs crises sur plusieurs continents. Malgré des freins de politique intérieure, l’équipe au pouvoir avance des pions. 

Ø      L’empire ottoman a beau avoir laissé son empreinte sur le Caucase, la Turquie ne pouvait s’impliquer efficacement tant qu’elle restait l’ennemie déclarée de l’Arménie. D’où l’amorce d’une réconciliation, symbolisée par la présence, le 6 septembre à Erevan, du président Abdullah Gül, à l’occasion du match de foot qui opposait les équipes nationales. La proposition turque d’un « Protocole Caucasien de Stabilité et de Coopération » peut ainsi être relancée. Un tel pacte, s’il était crée avec l’assentiment de la Russie, pourrait servir de cadre pour l’arbitrage et le règlement de conflits locaux.

 

Ø      La Turquie sert d’intermédiaire à des pourparlers entre Israël et la Syrie. C’est important et pourrait, de surcroît, servir de précédent à d’autres rencontres puisque la Turquie a des intérêts communs avec l’Iran, entretient de bonnes relations avec le gouvernement irakien et reste l’alliée des Etats-Unis.

      Ø      La Turquie qui achemine déjà vers l’Europe du pétrole caspien, pourra servir de route aux hydrocarbures en provenance de deux de ses voisins, l’Irak et Iran. 

Indispensable carrefour.

Posté par Marc Lanval, le 13/09/08 dans Europe - Géopolitique - Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 août 2008
Urgences de paix
080829-Paix.jpgLa crise financière mondiale propage la misère et rend les peuples nerveux. N’importe quel conflit peut s’envenimer. Si les grandes puissances n’apaisent pas leurs querelles, elles sèmeront la guerre. 

L’affrontement Inde/Pakistan, aiguisé par les conflits entre Pakistanais, est une première urgence. Ces deux puissances nucléaires risquent d’en découdre. Leur rivalité exacerbe, en outre, les tensions en Afghanistan. 

 

L’opposition Etats-Unis/Iran est une seconde urgence. Une intervention américaine aurait des conséquences tragiques (voir le document du Club émanant du groupe de travail piloté par Jacques Andréani et paru en juin 2008). A l’inverse, l’amorce d’un rapprochement Washington/Téhéran contribuerait à pacifier l’Irak et à calmer certaines ardeurs israélo-palestiniennes.

L’absence d’un vrai partenariat entre l’Union Européenne et la Russie constitue une troisième urgence. L’inexistence de toute structure paneuropéenne place l’Otan en première ligne face à la Russie. Or l’Otan a été créé pour contrer la Russie lorsqu’elle s’appelait l’URSS. La confrontation est dans ses gènes. Les Russes, en tout cas, le croient et la présence de militaires américains en Ukraine serait considérée à Moscou comme une provocation. L’Ukraine peut et doit servir de pont. Si, dans le contexte actuel, elle rejoignait l’Otan, elle deviendrait un enjeu. Ces divisions ethniques, religieuses et linguistiques la déchireraient. Toute l’Europe en subirait les conséquences.
Posté par Marc Lanval, le 29/08/08 dans Europe - Moyen Orient - Russie - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 juillet 2008
Le meilleur ami d’Ahmadinejad
Le meilleur ami de Mahmoud Ahmadinejad est, sans conteste, le Président George W. Bush.

Le premier cadeau a été l’invasion de l’Irak qui a débarrassé l’Iran d’un ennemi héréditaire. Cerise sur le gâteau, l’essentiel des troupes américaines qui combattaient en Afghanistan ont été redéployées en Irak et les 15.000 qui restaient ne pouvaient s’occuper d’un pays aussi grand que la France. Résultat, l’Iran, loin d’être encerclé s’est retrouvé au centre du jeu.

Le deuxième cadeau a consisté à poser en préalable à toute négociation sur le nucléaire ce qui était le but même de la négociation. Ce cadeau a été effectué en plusieurs livraisons, la première il y a 5 ans et la dernière ce mois-ci. Il s’agit, depuis le début d’empêcher les Iraniens d’acquérir la bombe atomique. Pour cela, l’Administration américaine exige l’arrêt des centrifugeuses enrichissant l’uranium alors que les Iraniens prétendent que l’enrichissement a une finalité civile et donc ne contrevient pas au Traité de Non Prolifération. Depuis 2003, les Européens se sont trouvés coincés et, pendant que les Américains criaient au loup, les Iraniens ont quadruplé le nombre de leurs centrifugeuses.

Pour tenter de sortir de l’impasse, les Européens viennent de proposer un gel réciproque : une négociation s’ouvrirait ; pendant toute sa durée les Iraniens n’installeraient pas de nouvelles centrifugeuses et ses interlocuteurs ne demanderaient pas à l’ONU d’adopter de nouvelles sanctions. Ils espéraient que le représentant américain dirait « ok ». Au lieu de cela, il a reparlé de « préalable ». Les Iraniens ont pu continuer à amuser le tapis. A la grande satisfaction d’Ahmadinejad.

Posté par Marc Ullmann, le 25/07/08 dans Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 juin 2008
Iran : conséquences d'une guerre, risques du statu quo
080630-Iran.jpgUne étude intitulée "Conséquences d'une intervention américaine en Iran. Risques du statu quo" été réalisée par un groupe de travail du Club des Vigilants, animé par Jacques Andréani.

Etienne Copel, François Nicoullaud et Marc Ullmann sont membres de ce groupe et plusieurs autres personnalités, dont un économiste de renom, ont apporté leur concours. Rappelons que Jacques Andréani a été ambassadeur de France à Washington, que François Nicoullaud a été ambassadeur de France à Téhéran, que le général Etienne Copel est vice-président du Haut comité français pour la Défense civile et que Marc Ullmann dirige les études du Club des Vigilants. 

Pour télécharger Conséquences d'une intervention américaine. Risques du statu quo

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 30/06/08 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 juin 2008
Téhéran joue la montre
080627-Iran.jpgLes autorités iraniennes craignent que Bush orchestre un « show down » avant de partir. Pour arriver sans encombre jusqu’au deuxième mardi de novembre, elles envoient ou laissent envoyer toutes sortes de signaux :

-          La Syrie a entamé un dialogue avec Israël sous l’ombrelle de la Turquie ; 

-          Le Hezbollah a mis fin au blocage de la politique libanaise ;  

-          Des milices chiites en Irak ont suspendu leurs opérations contre les forces gouvernementales ; 

-          Ali Akbar Hashemi-Rafsanjani, un rival de Mahmoud Amadinedjad, a rendu visite au roi d’Arabie et évoqué la possibilité d’un partenariat durable entre l’Iran et les pays du Golfe dans le secteur du gaz. Rafsanjani a cependant jugé utile de prévenir le roi qu’en cas d’agression américaine, l’Iran effectuerait des représailles à l’encontre des pays qui auraient été complices des « agresseurs » ;

 -          Ali Larijani, un autre rival de Mahmoud Amadinedjad, a été élu Président du Majlis, le parlement iranien. M. Larijani a beau être conservateur, c’est un homme policé, capable de négocier avec l’Occident ; 

-          Nuri Kamal Al-Maliki, premier Ministre irakien, a été invité à Téhéran où on l’a cajolé tout en le mettant en garde contre la signature d’un accord qui permettrait aux Américains de conserver des bases militaires en Irak et de les utiliser comme bon leur semblerait. Cette mise en garde vient précisément au moment où Bush exerce une pression sur Maliki pour qu’un tel accord soit signé avant la fin juillet.  

Clic-clac, clic-clac, …,  à l’horloge de l’Histoire, les prochains mois compteront double. 

Par des correspondants au Moyen Orient  

Posté par Marc Ullmann, le 27/06/08 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 juin 2008
Israéliens arabes ou Arabes israéliens ?
080602-ArabesIsraeliens.jpgIsraéliens de droit, Palestiniens de cœur, ils sont écartelés. Les « vrais Israéliens » (ceux d’origine juive) aimeraient en faire des alliés mais sont méfiants. Plus le temps passe, plus le climat s’alourdit.

En 1991, il eut, sans doute, été possible de jouer une autre carte que celle du « processus d’Oslo ». Des investissements dans les « territoires occupés » (Cisjordanie et Gaza), une autonomie plus grande conférée aux municipalités palestiniennes aurait peut-être été préférable à des négociations politiques dont Arafat tenait les clefs. Aujourd’hui, Gaza vit dans la détresse, la Cisjordanie dans la misère et la coopération économique ne peut venir à bout des haines accumulées.  

Le Mur censé garantir la sécurité d’Israël sépare les Palestiniens de leurs « frères », ces Israéliens-arabes en passe de devenir des Arabes-israéliens. Pour l’Etat hébreu, c’est un défi stratégique. Pour la communauté internationale, une pressante obligation d’œuvrer vite et fort en faveur de la Paix.

Posté par Marc Ullmann, le 02/06/08 dans Géopolitique - Moyen Orient - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 mai 2008
Rumeurs d’avant guerre
080527-Bush_Cheney.jpgLes signes s’accumulent d’une prochaine attaque américaine sur l’Iran. Le passage à l’acte aurait de telles conséquences que l’on préfère croire à une intox destinée à effrayer Amadinedjad et ses amis. Voici, en tout cas, quelques uns des signes observables :

-          500 millions de dollars ont été officieusement budgétés pour des « opérations spéciales » en territoire iranien. Cela pourrait être le premier échelon d’une escalade programmée ;

 -          La réserve stratégique de pétrole (Strategic Petroleum Reserve) a été portée à un niveau inhabituel. En temps ordinaires, les stocks ne dépassent pas six mois de consommation et il est fréquent, lorsque les prix s’emballent, que des ventes soient effectuées pour peser sur les cours. Pendant plusieurs semaines, l’inverse s’est produit. Malgré les prix élevés, les achats se sont poursuivis. L’équivalent d’au moins sept mois de consommation est actuellement stocké;

 -          Le Vice Président Dick Cheney a tenu des propos belliqueux au cours de son récent voyage au Moyen Orient. Il a même irrité le gouvernement turc en demandant un droit de survol pour les bombardiers lourds américains « au cas où » ;

 -          L’Amiral William Fallon, chef du Central Command (qui regroupe, outre l’Afghanistan, l’Iran et l’Irak, toutes les régions allant du Sud-est asiatique au Moyen Orient) a été poussé à la démission et remplacé par le Général David Petraeus. Ce dernier a la réputation d’être « Eager to Please » alors que son prédécesseur n’hésitait pas à critiquer les postures belliqueuses ; -           

De nouveaux rapports de la CIA font état d’un « accroissement » de l’aide apportée par l’Iran aux mouvements chiites combattant les troupes américaines. Cette aide, quand aide il y a, est acheminée en Irak par des « pasdaran », c'est-à-dire des « Gardiens de la Révolution islamique ». Comme leur mouvement a été labellisé « organisation terroriste » par l’Administration américaine, son implication en Irak pourrait servir de justification à un « droit de suite » prenant la forme de frappes américaines sur des bases de pasdaran situées en Iran. Cela constituerait, après quelques « opérations spéciales », un deuxième échelon d’une escalade conduisant à une « Global Strike » sur l’Iran … 

et à un bouleversement des données géostratégiques, économiques et passionnelles du monde entier.

Par des Correspondants à Washington et dans les pays du Golfe  
Posté par Marc Ullmann, le 27/05/08 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 avril 2008
Paradoxe iranien
080428-Iran.jpgLes sondages réalisés en Iran valent ce qu’ils valent mais ne doivent pas être rejetés d’emblée. Supposons donc que WorldPublicOpinion.org ait de solides raisons d’affirmer que 58 % des Iraniens sont opposés à la production d’armes nucléaires parce que ce serait contraire à l’Islam alors que 23 % seulement pensent que c’est souhaitable et autorisé par la religion.

Admettons et essayons d’offrir une interprétation : 

-                      Une majorité d’Iraniens sont déçus par leur gouvernement. Ils n’aiment pas leur Président et craignent son agressivité. Comme ce régime se veut islamique, ils choisissent le prétexte de l’Islam pour affirmer leur défiance sans avoir l’air d’être de mauvais patriotes. 

-                      Les Iraniens sont, parmi les peuples de la région, ceux qui sont les moins pratiquants. Dans les autres pays, on va à la Mosquée par opposition au gouvernement. En Iran, c’est le gouvernement qui est à la Mosquée et la plupart des gens y vont le moins possible. 

-                      Cela n’empêche pas les Iraniens d’être profondément attachés à leur pays. L’Iran est une vraie nation qui a une longue Histoire. Les gens, même s’ils n’aiment pas le régime, aiment leur pays. Exemple : un Iranien marié à une Française d’origine algérienne vit à Téhéran, ne met jamais les pieds à la Mosquée, passe ses vacances en France mais retourne aussi vite que possible en Iran où il se plait mieux qu’ici. Il « fait avec » le régime bien qu’il le déteste cordialement. Parions que si cet homme avait été parmi les sondés de « World Public Opinion », il aurait dit non à la « Bombe » mais aurait figuré parmi les 81 % souhaitant que l’Iran maîtrise le cycle nucléaire. Question de statut !

Posté par Guillaume Demuth, le 30/04/08 dans Géopolitique - Moyen Orient - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 mars 2008
Du pétrole en général et de l’Iran en particulier
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La flambée actuelle, en particulier, des cours du pétrole se distingue nettement des hausses que l'on a connues lors des deux chocs pétroliers précédents. L'augmentation continue, depuis 2001, du prix du pétrole marque la fin du pétrole bon marché. Des raisons structurelles sont à l'oeuvre et la soif pour l'or noir est loin de se tarir. L'Iran reste, dans ces conditions, un acteur majeur de la scène énergétique mondiale.

Le monde a connu, depuis la fin de la dernière guerre mondiale, de nombreuses crises pétrolières. Certaines ont fait suite à des tentatives de nationalisation des ressources pétrolières. On peut citer la  nationalisation de Mossadegh en Iran dans les années 50 ou celle de Boumediène en Algérie en 1971. D’autres étaient provoquées par une réduction, volontaire ou involontaire, de l’offre. Dans la plupart des cas, des raisons politiques ont généré, ici ou là, une raréfaction de l’offre. On parlait alors de l’arme du pétrole.  

La première, en 1973-1974, fait suite à la guerre d’octobre 1973. Les pays arabes annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les pays soutenant Israël et décident d’une réduction mensuelle de 5 % de la production pétrolière jusqu’à l’évacuation complète des territoires occupés et la reconnaissance des droits des Palestiniens. La pénurie suscite une forme de panique ; les prix connaissent une ascension vertigineuse. En outre, l’OPEP augmente les prix officiels : ils quadruplent entre octobre et décembre 1973. C’est le premier choc pétrolier. 

La seconde, en 1979, fait suite à la chute du Shah en Iran, l’arrivée de Khomeini au pouvoir et la longue crise de l’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran. L’interruption, pendant quatre mois, des exportations iraniennes de pétrole débouche sur le doublement immédiat du prix du baril. Mais à l’inverse du premier choc pétrolier dont les effets se feront sentir jusqu’en 1978, ce second choc pétrolier fut rapide et sans lendemain. En 1986, c’est le retour de balancier. La chute des cours de pétrole est telle que l’on parle de contre-choc pétrolier. Au regard de l’histoire, les crises de 1973 et de 1979 avaient des causes assez simples et facilement identifiables. 

La situation pétrolière actuelle est tout à fait différente. Le pétrole, qui a connu une hausse continue depuis 2001, passe la barre symbolique de 100 $ le baril. Certains spécialistes anticipent la poursuite de la hausse. D’aucuns annoncent un baril à 150 sinon 200 $. Mais pour tous, ce qui est certain, c’est la fin du pétrole bon marché. Quatre raisons majeures, toutes plus complexes les unes que les autres, sont à l’oeuvre.  

La première tient à l’explosion de la demande. La croissance mondiale soutenue, l’émergence de nouveaux pays "énergétivores", notamment la Chine et l’Inde, et la demande américaine alimentent cette soif pour l’or noir.  

La deuxième est la conséquence d’une diminution relative de l’offre. La guerre, en Irak, le terrorisme au Nigeria,  les sanctions contre l’Iran, l’obsolescence des infrastructures pétrolières par manque d’investissement ou de personnel qualifié, comme au Vénézuela réduisent les capacités de production potentielles.
 

La montée des coûts de production et de raffinage en est une troisième. Plus des 3/4 des hausses des investissements des sociétés pétrolières sont absorbés par ces hausses de coûts.  

Enfin, la quatrième et dernière tient à la financiarisation des marchés pétroliers. A titre d’exemple, sur la plus grande Bourse pétrolière du monde, l’ICE, en 2003, 75 % des volumes de gré à gré étaient échangés électroniquement par les pétroliers eux-mêmes, 22 % par les banques et seulement 0,3 % par les Hedge Funds. En 2006, la part de ces derniers était passée à 33 % !

 

Peut-on, dans ces conditions, se passer du pétrole et du gaz iraniens ? La réponse est non. Avec respectivement les 3èmes et 2èmes réserves mondiales prouvées de pétrole et de gaz, l’Iran reste un acteur incontournable de la scène énergétique. D’autant que la soif mondiale pour l’or noir est loin de se tarir.

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Dossier réalisé en collaboration avec Meriem Sidhoum Delahaye

Posté par Pierre Terzian, le 28/03/08 dans Energie - Géopolitique - Mondialisation - Moyen Orient | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 mars 2008
Août 14 au Moyen Orient ?
080325-Iran-Irak.jpgL’image du Président Ahmadinejad, accueilli en hôte officiel à Bagdad par le chef du gouvernement mis en place par les occupants américains, est une belle illustration de l’incapacité où sont parfois les acteurs de l’Histoire à maîtriser son cours. En recherchant des objectifs qui lui paraissaient clairs – l’Irak comme modèle démocratique, l’extrémisme islamique stoppé, la perspective de paix avec Israël renforcée - George Bush a abouti au résultat exactement inverse.

Malmenées par Bush, les réalités profondes du Moyen Orient se vengent. Avant de quitter la Maison blanche, le sortant voudra-t-il à son tour se venger de ces réalités ? C’est-à-dire monter une opération de force contre l’Iran ? 

Espérons que ceux qui tiennent une telle perspective comme irréaliste ne se trompent pas. On peut cependant craindre que la tentation subsiste. La publication en décembre du rapport des services de renseignement américain selon lequel les Iraniens avaient mis fin à leur programme nucléaire militaire en 2003 s’apparente plus à un épisode des dissensions entre administrations américaines qu’à un réel tournant de la politique de Washington.  

Quant au gouvernement d’Israël, qui avait critiqué ce rapport, il est sûr qu’il n’a pas cessé de tenir une détention de l’arme nucléaire par l’Iran comme inacceptable et rien ne dit qu’il restera toujours inactif.   

Aujourd’hui, tous les fils sont noués entre eux de façon inextricable. Les conflits se recoupent. L’Iran, qui aide le Hezbollah et le Hamas, est-il tout à fait sûr de contrôler l’un et l’autre ? Si le protecteur et le protégé poursuivent en gros les mêmes buts, le protecteur ferait bien de s’assurer qu’il n’y a pas quelque part un « agenda caché ».  

Ce qui est souvent le plus dangereux, ce sont les conjonctions entre certains acteurs. Ces conjonctions qui rendent la somme des différentes parties plus dangereuse que chacune d’elles. Le phénomène de la plus petite partie d’une alliance entraînant l’autre dans son intransigeance a joué son rôle en août 1914 – la petite et irréconciliable Autriche entraînant l’Allemagne, la Serbie belliciste tirant la Russie derrière elle. Le petit Israël attirera-il la puissante Amérique dans une erreur catastrophique ?

Posté par Jacques Andréani, le 25/03/08 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 mars 2008
Etats-Unis / Iran : la France entre deux chaises
080320-Bush-Ahmadinejad.jpgLe géopoliticien Gary Sick est l’un des meilleurs observateurs américains du Moyen Orient. Selon lui, les Etats-Unis et l’Iran devront finir par s’entendre et, pour y parvenir, auraient intérêt à recruter un « intermédiaire ». Celui-ci s’adresserait séparément à chacune des parties afin de redéfinir les bases du « grand bargain » qui avait été conçu en 2003 mais qui, finalement, n’a pas abouti.

Logiquement, la France aurait pu être cet intermédiaire mais le fait de s’être mise à l’avant-garde des sanctions contre l’Iran réduit sa marge de manœuvre. La diplomatie française se trouve en position inconfortable. Car de deux choses l’une : ou bien le conflit américano-iranien, loin de se calmer, s’envenime et la France se retrouve en première ligne ; ou bien le « grand bargain » prend corps sans que la France (ou un autre pays membre de l’Union Européenne) y soit pour quelque chose et les entreprises américaines rafleront tous les contrats.

Dans l’immédiat, trois intermédiaires semblent offrir discrètement leurs services : l’Algérie, le Canada et la Suisse.

Posté par Marc Lanval, le 20/03/08 dans France - Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 31 janvier 2008
Printemps crucial à Téhéran
080131-ElBaradei-Teheran.jpgEn profitant de sa tournée dans le Golfe pour multiplier les accusations à l’encontre de l’Iran, George W Bush rend un immense service à Mahmoud Ahmadinejad.

Le 5 décembre 2007, le rapport de la communauté américaine du renseignement sur les activités nucléaires de l’Iran (voir Vigilances 56) avait envoyé un signal fort à Téhéran. Il signifiait que la menace d’une attaque préventive, telle que les néo conservateurs la souhaitaient, n’était plus d’actualité. 

Le 11 janvier 2008, Téhéran envoyait un signal en retour. Ali Khamenei, le Guide, recevait Mohamed El Baradei, le Directeur Général de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique. Dès le lendemain, le gouvernement iranien promettait de répondre dans un délai de quatre semaines à toutes les questions posées par l’A.I.E.A sur son programme nucléaire.  

Le 13 janvier, Bush, en visite officielle à Abou Dhabi, accusait l’Iran d’être le principal « sponsor » du terrorisme international. Il minimisait la portée de l’accord conclu entre Khamenei et Baradei et exigeait l’arrêt de tous les travaux d’enrichissement d’uranium. 

Quelles vont être les réactions en Iran ? Avant décembre, lorsque la menace américaine paraissait imminente, Khamenei exhortait les Iraniens à serrer les rangs. Dès que cette menace a semblé moins plausible, les débats internes ont refait surface et le soutien à Ahmadinejad n’a plus été assimilé à du patriotisme. Espérons que, malgré la vindicte de Bush, cette évolution va se poursuivre. Des élections législatives auront lieu en mars. Mieux vaudrait qu’Ahmadinejad  en sorte affaibli plutôt que renforcé.

Posté par Marc Ullmann, le 31/01/08 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 décembre 2007
Iran : une lueur d’espoir
071223-bush_ahmadinejad.jpgLe « National Intelligence Estimate » publié le 3 décembre marque un tournant dans l’histoire tumultueuse des relations américano-iraniennes. C’est sans doute l’évènement le plus important de l’année 2007.

La Constitution des Etats-Unis d’Amérique confère au Président le droit d’intervenir militairement sans autorisation préalable du Congrès en cas de « danger grave et imminent » or le NIE nie que la menace soit imminente. Il juge i) « with high confidence » que les Iraniens ont arrêté, en 2003, la partie spécifiquement militaire de leurs programmes nucléaires et ii) « with moderate confidence » que, malgré les travaux en cours, les quantités produites d’uranium enrichi ne seront pas suffisantes pour alimenter une bombe avant 2010 au plus tôt.  

La décision de publier les « Key Judgements » du NIE est l’aboutissement d’une longue histoire. Au départ, des membres du Congrès, se souvenant que la guerre d’Irak avait été déclenchée à la suite de fausses informations fournies par l’Administration, ont demandé aux services de renseignement de travailler de concert pour fournir une estimation honnête et consensuelle du degré d’avancement du programme nucléaire iranien. 16 services étaient concernés. Soucieux de ne pas se laisser influencer, ils ont attendu que leur rapport soit terminé pour le soumettre à la Maison Blanche. Le vice Président Dick Cheney a d’abord tenté de l’atténuer puis d’en éviter la publication. Le Secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, a alors fait valoir qu’il y aurait, de toute façon, des fuites et que mieux valait ne rien cacher. En réalité, Gates est à la manœuvre depuis le début. Les principaux responsables militaires américains et lui-même sont farouchement hostiles à l’idée d’une intervention en Iran. Ils savent que celle-ci ne pourrait être limitée à la destruction de quelques sites nucléaires et qu’un « Global Strike » aurait des conséquences désastreuses. Ils ont donc ardemment souhaité la publication du NIE. Bush a donné son accord tout en soulignant que le danger, même s’il n’était pas imminent, restait grave. 

Le Président est, semble-t-il, convaincu que l’Iran est une puissance maléfique. Il craint qu’Ahmadinejad soit réélu en 2009 et que les aspects militaires du programme nucléaire, même s’ils ont vraiment été interrompus en 2003, soient relancés à un moment où lui-même ne serait plus à la Maison Blanche avec le courage de frapper. Le raisonnement ne peut être écarté d’emblée mais il convient de souligner que, depuis son accession à la présidence, Ahmadinejad a déjà perdu les élections municipales et celles pour la formation du «  Conseil des Experts ». Les législatives auront lieu en mars. Espérons qu’il les perdra. 

Les membres du groupe de travail piloté par Jacques Andréani au sein du Club ne peuvent que se réjouir de la publication du NIE. Le groupe, rappelons-le, a mis en relief les catastrophes qu’entraînerait une frappe américaine sur l’Iran. Partant de là, il a commandé une étude sur l’évolution de la société iranienne d’où il ressort que le régime sera vraisemblablement conduit à évoluer vers une certaine forme de modernité. Le temps semble travailler pour le mieux plutôt que pour le pire. Le NIE permet d’en gagner. Vive donc le NIE 

Posté par Marc Ullmann, le 23/12/07 dans Moyen Orient - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 octobre 2007
Khomeiny, visionnaire contrarié

071022-khomeini.jpgUne des premières mesures décidée par l’ayatollah Khomeiny, après sa prise de pouvoir en Iran, a été de créer le « Centre de la Grande Encyclopédie Islamique ». Dans un immense bâtiment situé aux environs de Téhéran, des milliers d’érudits poursuivent la rédaction d’un ouvrage de référence écrit d’abord en persan puis en arabe.

Dans l’esprit de Khomeiny, ces bataillons de scribes devaient constituer l’avant-garde d’un combat pour l’unification de tous les musulmans. Leur mission était panislamique. Articles et définitions ne devaient pas s’inspirer d’un chiisme trop sectaire, rien ne devait choquer les fidèles sunnites ; tout devait contribuer à la reconstitution d’une « Communauté des Croyants ». Ainsi, selon le Guide, pourrait graduellement se forger une nouvelle et universelle Oumma. La vision était grandiose mais Khomeiny avait sous estimé le poids du passé;. En Irak, Chiites et Sunnites s’entre-égorgent et certains régimes arabes vont jusqu’à s’en réjouir tant est grande leur méfiance envers l’Iran.
Posté par Marc Ullmann, le 22/10/07 dans Moyen Orient - Religions - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 septembre 2007
Bush, shérif fais-moi peur

070924-Bush.jpgEn prenant la tête de ce qu’il voulait être une croisade, en proclamant que « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », Bush a fait peur au lieu de rassurer. L’image des Etats-Unis dans le monde s’est fortement dégradée. Une majorité des Coréens du Sud en est même arrivée à croire que, pour la sécurité de leur pays, Bush était plus dangereux que l’horrible et grotesque dictateur de la Corée du Nord. Un comble !

La tournure – hélas prévisible ! - prise par la guerre d’Irak a renforcé la position de l’Iran. Elle a aussi créé un réservoir d’eau trouble dans lequel Al-Qaïda peut pêcher à sa guise. Ses cerveaux (des extrémistes sunnites qui, encore aujourd’hui, détestent les Mollahs) sont si satisfaits du résultat qu’ils aimeraient que Bush réédite son exploit en bombardant l’Iran. Dans cet esprit, l’organisation terroriste préparerait une série d’attentats aux Etats-Unis. Selon un spécialiste israélien, ces attentats seraient perpétrés au cours du quatrième trimestre de cette année. Ils seraient moins sophistiqués que ceux du 11 septembre. Les endroits visés seraient des lieux où le public afflue ; les attaques seraient rustiques mais simultanées. Bush qui, de toute façon a l’Iran dans le collimateur, pourrait être heureux de tomber dans le piège.

Posté par Marc Lanval, le 24/09/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - Terrorisme - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 septembre 2007
Devenirs iraniens

070917-Iran-Resistance.jpgAprès sa rencontre avec George W. Bush, Nicolas Sarkosy semble être convaincu qu’une attaque américaine sur l’Iran est loin d’être exclue. Dimanche 16 septembre, Bernard Kouchner s’exprimant au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro a publiquement exprimé cette crainte, tout en espérant que des nouvelles sanctions contre l’Iran pourraient permettre de calmer le jeu.

Un groupe de travail du Club, piloté par Jacques Andréani, a estimé dès 2006 que, contrairement à ce que pensent la plupart des Européens, une attaque américaine est non seulement possible mais susceptible d’être déclenchée au cours du premier trimestre 2008. Il a en outre estimé que les dangers inhérents à une telle opération sont beaucoup plus grands que les bénéfices qui pourraient en résulter. Il s’est cependant abstenu d’émettre un jugement définitif avant que puisse être étudiée l’évolution de la société iranienne. En effet, de deux choses l’une :

- Ou bien la société iranienne évolue vers plus de modernité et le régime sera, tôt ou tard, conduit à s’adapter.

- Ou bien, la société iranienne, séduite par la rhétorique d’Amadinedjad, se durcit et l’espoir d’un changement du régime s’estompe. Dès lors, l’emploi de la force pour obtenir un changement de régime devra, sinon être approuvée, du moins apparaître comme une alternative possible.

Fort de ce raisonnement, le groupe de travail a pris, le 16 janvier 2007, la décision de lancer une étude sociologique. Il s’agissait d’apprécier l’existence, la nature, le degré et les développements probables des processus de modernisation et d’évolutions socioculturelles en Iran. Dans cet esprit, Guillaume Demuth a défini une méthodologie tenant compte de la nécessité d’agir à distance puisqu’il ne pouvait être question d’envoyer sur le terrain des sociologues déguisés en touristes. Le 18 avril 2007, la méthode d’analyse proposée (observation de la vie courante iranienne via des centaines de photos, de vidéos, de blogs, etc.) a paru adaptée et viable.

L’étude, maintenant terminée, permet de constater une montée de la mobilité mentale et physique de la plupart des Iraniens, une progression des comportements de déconstruction de l’autorité et une capacité croissante à intégrer les mouvements d’évolutions extérieures. De notre point de vue, cette marche vers la modernité serait gravement compromise par une attaque américaine. La société iranienne ferait un bond en arrière qui renforcerait le camp des durs plutôt qu’il ne l’affaiblirait.

L’étude trop longue et contient trop de photos pour être publiée in extenso dans le rapport à venir qui devra, de surcroît, inclure des éléments géopolitiques et tirer des conclusions sur les chances à courir et les risques à éviter.

Nous tenons à mettre dès maintenant sur notre site une version intégrale du document Demuth. Chacun, ainsi, pourra se forger sa propre opinion.

Téléchargez : Devenirs iraniens

Posté par Marc Ullmann, le 17/09/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 juillet 2007
Etats-Unis – Iran : six mois décisifs

070708-USA-Iran.jpg« Les Américains ont déjà l’Irak sur le dos, ils ne vont pas en plus attaquer l’Iran », voilà en gros ce que pensent la plupart des Européens. Rien ne prouve qu’ils aient raison. Des indices concordants donnent même à penser qu’une opération pourrait être déclenchée au premier trimestre de l’année prochaine.

Nous serons alors à la veille des « primaires » pour l’élection présidentielle américaine. Si l’acharnement thérapeutique pratiqué par Bush sur un Irak agonisant débouchait sur le vide, le prochain président, quel qu’il soit, serait tenté de retirer brusquement les Boys. Ce serait pour l’Amérique une cuisante défaite. D’où l’envie, pour l’Administration actuelle, de jouer quitte ou double. Il ne s’agirait pas d’envahir l’Iran mais de détruire son potentiel économique dans l’espoir que le régime s’effondre. Espoir probablement fallacieux car la société iranienne ferait alors un bond en arrière qui renforcerait le camp des durs plutôt qu’il ne l’affaiblirait.

Les six derniers mois de cette année s’annoncent décisifs. Il est urgent qu’à défaut d’un mariage d’amour, les Etats-Unis et l’Iran concluent un mariage de raison. Les éléments d’un « grand bargain » sont connus. Côté américain : acceptation et respect du modèle iranien, acceptation du nucléaire civil, levée de toutes les sanctions, abandon des tentatives de déstabilisation. Côté iranien : acceptation d’un contrôle sur la non utilisation militaire du nucléaire civil, arrêt du soutien accordé au Hezbollah et autres groupes, condamnation de toute utilisation de la force à l’égard d’Israël, garantie de sécurité des approvisionnements pétroliers. Ce mariage de raison ressemblerait, d’une certaine façon, à ce qu’a fait Nixon avec la Chine.

Posté par Marc Ullmann, le 09/07/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - Société - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 juin 2007
Archives explosives

070621-Gaza.jpgLorsque le quartier général des forces de sécurité palestiniennes a été pris d’assaut par les troupes du Hamas, leur chef, Mohamed Dahlan, était en Egypte. Désormais persona non grata à Gaza. Les mains vides, il a rejoint les bâtiments gouvernementaux à Ramallah. Archives, fichiers et disques durs sont maintenant aux mains du Hamas. Vengeances et liquidations sont au programme.

Posté par Marc Lanval, le 21/06/07 dans Moyen Orient - Politique - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 mars 2007
L’Histoire passe, la Géographie reste

070328-CarteduMonde.jpgStratèges et économistes d’aujourd’hui découvrent que l’Allemagne est au centre de l’Europe. Quelle découverte ! Elle l’était déjà en 1913. Des ambitions démesurées, deux guerres mondiales et des millions de morts n’ont pas, fondamentalement, changé la géographie.

L’Allemagne retrouve ses marques. Comme avant 1914, elle construit des pipelines en Russie et investit en Tchéquie. La Deutsche Bahn fait rayonner ses trains à l’Ouest comme à l’Est. L’Union Européenne ressemble à un « zollverein » élargi.

De même pour la Chine. On redécouvre aujourd’hui que « l’Empire du Milieu » est au centre le l’Asie. Pendant la colonisation, on avait l’oublié. Pendant le maoïsme, on préférait ne pas y penser. Puis, avec la mondialisation, on a cru que la conquête des marchés américains et européens était l’unique obsession de la nouvelle Chine. On s’aperçoit, enfin, que son pouvoir d’attraction s’exerce (ou, en tout cas veut s’exercer) prioritairement sur les pays qui, naguère, étaient les protégés de l’empire.

Et l’Iran ? Certains ont fait fi de sa position stratégique qui, pourtant, est immuable. La nation perse a connu des éclipses mais le pays a toujours rebondi. Si, demain, le gouvernement américain décidait de détruire son potentiel économique, l’Iran retrouverait, tôt ou tard, son rang de puissance régionale.

Pour comprendre le monde, le plus simple est de dessiner plusieurs cartes avec, pour chacune, un centre différent. Le monde « vu de », voilà la clef de toutes les politiques étrangères.

Posté par Marc Ullmann, le 28/03/07 dans Chine - Europe - Géopolitique - Moyen Orient | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 février 2007
Etats-Unis/Iran : faible lueur

070219-ahmadinejad_bush.jpgQue reste-t-il du plan Baker-Hamilton ? En apparence rien ! Le rapport posait comme postulat que la guerre d’Irak ne pouvait être gagnée par des moyens militaires. Il en déduisait que des contacts devaient être noués avec l’Iran et la Syrie pour calmer le jeu. Depuis, G. W. Bush a choisi d’envoyer de nouvelles troupes et a déclaré ne pas vouloir parler à des régimes considérés comme hostiles.

Cette politique est conforme à ce que nous redoutions et aux nombreuses alertes publiées par Vigilances. Elle risque de déboucher sur une attaque américaine contre l’Iran et de déclencher des catastrophes en chaîne.

Il existe cependant un espoir, un petit espoir de changement salutaire. Le nouveau secrétaire à la Défense, Robert Gates n’a rien de commun avec Donald Rumsfeld et a toujours été proche de Lee Hamilton. On peut donc espérer que lorsqu’il fait ostensiblement état du renforcement de la flotte américaine dans le Golfe persique, il cherche à intimider l’Iran plutôt qu’à le frapper, à montrer le bâton avant de proposer une carotte.

Cette hypothèse se trouve renforcée par le fait que la popularité d’Ahmadinejad en Iran ne cesse de fléchir. Le mécontentement, provoqué par la situation économique et accentué par l’évolution de la société, va croissant. Un sondage interne fait état de 70 % d’opinions défavorables. Si la tendance se confirmait, même M. Bush et ses « neo cons » pourraient comprendre qu’il serait criminel de déclencher une action susceptible d’entraver un mouvement salutaire vers la modernité. C’est dire combien il est important d’apprécier, objectivement, les réalités de la société iranienne. Avec ses modestes moyens, le Club va s’efforcer de rassembler (et faire rassembler) un maximum de données, témoignages et récits de vie. Aussi rapidement que possible.

Posté par Jacques Andréani, le 19/02/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 janvier 2007
2007 : le danger Bush

070108-Bush.jpgJ’ai honte de le dire et même de le penser mais, en ce début d’année 2007, G. W. Bush me paraît plus dangereux que Mahmoud Ahmadinejad. Le président iranien est un ennemi qui, dans l’immédiat, ne peut pas faire grand-chose. Le président américain est un ami qui, avant la fin de son mandat, peut provoquer des catastrophes en chaîne. On a vu en Irak ce dont il est capable. On peut voir en Iran l’acte II de cette même tragédie.

Il ne s’agirait pas, cette fois, d’invasion terrestre mais des frappes aériennes massives pourraient anéantir le potentiel économique dans l’espoir que la puissance régionale, aujourd’hui dominante, sombre dans le chaos. L’acte III, alors, ne pourrait être circonscrit au Moyen Orient. Des flots de haine se déverseraient sur le monde et nul ne peut prévoir ce qu’ils engloutiraient.

Cette éventualité paraît d’autant plus absurde que l’Iran pourrait, à terme, être un facteur de paix. Pour Khamenei (ou tout autre « guide suprême » qui lui succèderait), l’essentiel est d’assurer la survie du régime. De ce point de vue, la stratégie de l’actuel président a été provisoirement payante bien qu’allant à l’encontre de l’évolution sociétale : la fierté nationale y a trouvé son compte. Maintenant, le vent tourne car la politique économique a été désastreuse. Tôt ou tard, le « guide » aura intérêt à changer de cheval. Il est même permis de penser que George W Bush a commis une première erreur en ne levant pas, quand Khatami était Président, toutes les sanctions imposées depuis 1980. Si les investissements étrangers avaient pu affluer en Iran, si l'industrie pétrolière avait pu être modernisée, si des raffineries avaient pu être construites, il y aurait eu plus de prospérité et, sans doute, Mahmoud Amadinedjad, n'aurait pas été élu.

Maintenant, nous l'avons sur le dos ; il serait inutile et lâche de flatter cet ennemi mais rien n'empêche de faire miroiter de très belles carottes à un éventuel successeur qui ne tiendrait pas le langage de la confrontation.

Posté par Marc Ullmann, le 08/01/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 décembre 2006
Iran : Malgré Baker Bush peut encore frapper

061209-RapportBaker.jpgLe rapport rendu public par la Commission Baker est une preuve de la vitalité de la démocratie américaine mais le danger d’une frappe sur l’Iran n’est pas pour autant écarté :

1. Le fait qu’une commission parlementaire bipartisane ait pu mener une enquête approfondie et arriver à des conclusions unanimes est, en soi, remarquable.

2. Ces conclusions sont largement fondées sur le diagnostic suivant : « Vu la capacité de la Syrie et de l’Iran à peser sur le cours des évènements à l’intérieur de l’Irak et leur intérêt à ne pas voir le chaos s’y installer, etc. ».

3. Le diagnostic est hasardeux car, pour l’instant, tout se passe comme si l’Iran avait intérêt à ce que le chaos s’installe en Irak. Pour que cela change, il faudrait que les carottes proposées par les Etats-Unis soient extrêmement attrayantes. Il ne semble pas que Bush soit prêt à offrir de telles carottes.

4. Il n’est donc pas exclu que, faute d’un dialogue vraiment constructif, le Président et quelques uns des idéologues qui l’entourent, arrivent à la conclusion qu’il faut sortir par le haut de la crise irakienne et donc attaquer l’Iran.

Une telle éventualité entraînerait une catastrophe mondiale.

Posté par Marc Ullmann, le 09/12/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 novembre 2006
Delenda Téhéran !

061102-teheran.jpg« Delenda Carthago » déclamait Caton. « Il faut détruire Téhéran » chuchotent des idéologues proches de Bush. Ils ne sont pas nombreux mais ils sont influents. Bien qu’appartenant, pour la plupart au Parti Républicain, peu leur importe que le prochain président soit Républicain ou Démocrate. Leur ambition est de créer une situation irréversible.

Lorsqu’ils ont plaidé pour la guerre en Irak, ces « neo cons » pensaient, sans doute sincèrement, que l’instauration d’une démocratie libérale et capitaliste ferait le bonheur des Irakiens. Ils ont dû constater que la greffe ne prenait pas et, faute de mieux, la disparition de l’Irak en tant que puissance régionale leur apparaît comme un « second best ».

C’est en ces termes que, pour eux, se pose le problème de l’Iran. Le chaos aux alentours fait de ce pays la première puissance régionale. Il n’est pas question de l’envahir pour tenter d’y établir une démocratie à l’occidentale. La tentation de le détruire est donc forte. Attaquer les sites nucléaires servirait de prétexte à des frappes massives qui feraient revenir le pays des siècles en arrière.

Cette option militaire extrême serait lourde de conséquences mais est néanmoins étudiée à Washington avec un niveau de sérieux et de détail qui dépasse celui du « contingency planning » ordinaire. Les pragmatiques qui, à la Maison Blanche, préconisent la négociation, laissent faire en partant du principe que l’on obtient plus facilement des concessions si l’on a derrière soi un chien méchant prêt à bondir. Reste à espérer que la laisse est solide.

Posté par Marc Ullmann, le 02/11/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 octobre 2006
Enfer irakien

061022-EnferIrakien.jpg Les stratèges ont les yeux fixés sur les Etats-Unis et l’Iran. Pendant ce temps, le spectacle d’horreur continue en Irak. On compte, en moyenne, une centaine de victimes par jour. Des cadres de l’ancien régime et autres extrémistes ont réussi à réveiller la haine de la minorité sunnite contre une majorité chiite qui risquait d’acquérir tous les leviers du pouvoir.

Celle-ci, après s’être tenue relativement tranquille, rivalise en cruauté : les assassinats sont précédés de tortures ; les tortures ne sont même pas destinées à arracher des secrets ; il s’agit simplement de d’infliger des souffrances. Bien installé au Sud (un pied en Irak et un autre en Iran), l’Ayatollah Sistani essaye de prêcher le calme. Selon lui, il faut, pour un temps, composer avec les Américains pour tenter de préserver l’unité du pays. Plus tard, la « fureur des Croyants », pourra s’exercer contre l’occupant. La paix n’est qu’un lointain mirage.

Posté par Marc Ullmann, le 22/10/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 septembre 2006
Israël : faux calculs mais vraie démocratie

060911-knesset.jpgLe gouvernement est déconsidéré, l’armée est tombée de son piédestal mais les institutions fonctionnent. Dans un Moyen Orient où les dictatures sont légion et où les juges comme les parlementaires ont surtout le droit d’obéir, Israël ne peut qu’étonner avec sa Cour Suprême qui dit la loi et ses commissions d’enquêtes qui traquent la vérité. Une vérité qui, d’ailleurs, n’est pas toujours belle à voir.

Le Mossad, supposé tout savoir des pays voisins, n’avait pas mesuré la capacité de résistance du Hezbollah. Ces princes de la psychologie s’étaient également trompés sur l’état des opinions publiques tant palestiniennes que libanaises. Ils avaient d’abord cru qu’en aggravant les conditions de vie des Palestiniens ceux-ci se retourneraient contre le Hamas. La même erreur a été commise au Liban où le Hezbollah, au lieu d’être blâmé pour sa provocation, a été admiré pour sa résistance.

Du coup, toutes les politiques passées sont soumises au crible du réexamen. Au lieu d’enclencher le Processus d’Oslo, ne fallait-il pas œuvrer au développement économique des « territoires » afin d’amorcer une réconciliation des esprits ? Après l’échec du processus, fallait-il évacuer le Sud Liban au risque de donner aux télévisions arabes la possibilité de célébrer une prétendue victoire ? Fallait-il, ensuite, considérer l’évacuation de la Bande de Gaza comme un bon débarras ?

En tout cas, la prétention du gouvernement Olmert de fixer arbitrairement les frontières définitives de l’Etat hébreu n’est plus prise au sérieux. Une « révision déchirante » est en gestation ... démocratique.

Posté par Marc Ullmann, le 11/09/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - Politique - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 septembre 2006
"L'Iran a droit au nucléaire civil"

060906-BombeIranienne.jpgCette phrase, rapportée par Libération du 4 septembre, a été prononcée par Jack Lang de retour de Téhéran. Personne ne conteste à qui que ce soit le droit d'avoir accès au nucléaire civil, tout au moins en restant dans le cadre des règle de l'AIEA, le super gendarme onusien en matière nucléaire.

Malheureusement une information récente mais passée pratiquement inaperçue, balaie les derniers a priori positifs que l'on pouvait avoir quant au programme nucléaire iranien. Le 26 août 2006 le Président Ahmadinejad a inauguré une unité de production d'eau lourde à proximité du réacteur IR-40 en construction à Arak. Ce réacteur de design iranien est officiellement un "réacteur de recherche" du type uranium naturel/eau lourde. Sa puissance sera faible : de l'ordre de 40 mégawatts alors que les réacteurs électrogènes ont des puissances de 1000 à 1500 MW.

L'intérêt de ce type de réacteur est que c'est une superbe machine pour fabriquer le meilleur plutonium de qualité militaire. IR-40 devrait entrer en service en 2009 et pourra fournir du plutonium pour 1 ou 2 bombes par an. Tout cela signifie que l'Iran, pour se doter de l'armement nucléaire, suit en parallèle, la voie de l'uranium 235 et celle du plutonium. Les États-Unis avaient procédé ainsi avec le projet Manhattan qui déboucha sur "Little Boy", engin à uranium 235 (64 kgs de matière fissile) qui rasa Hiroshima, et "Fat Man", bombe au plutonium (6 kgs) qui anéantit Nagasaki. La France procéda de même.

Que peut-on faire pour contrecarrer ces projets ? La réponse est malheureusement : rien. Comme Jacques Andréani l'a exposé devant Les Vigilants, une intervention militaire des USA donnerait peu de résultats à part de mettre cette partie du Monde (sinon le Monde entier) dans une situation apocalyptique. L'expérience, entre autres, du Pakistan a montré que lorsqu'un pays a décidé d'acquérir une capacité nucléaire, rien ne peut l'en empêcher. Kofi Annan s'est déclaré sceptique quant à l'efficacité de sanctions économiques contre l'Iran. Reste, comme l'a souligné J. Andréani, la diplomatie... On ne peut qu'appeler de nos vœux une évolution à l'Argentine : ce pays avait lancé un programme nucléaire militaire mais, après le changement de régime, le nouveau pouvoir abandonna cet objectif.

Posté par Michel Chevet, le 06/09/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 31 août 2006
Nasrallah nouvelle star

060831-Nasrallah.jpgHassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah (« Parti de Dieu »), est devenu, à 46 ans, le héros des foules du Moyen Orient tout entier. Il est libanais, musulman chiite, leader politique et chef de guerre. Subtil, il se montre parfaitement apte à tenir plusieurs rôles : religieux, il sait enflammer ses auditoires par des prêches éloquents ; organisateur, il s’exprime de façon moderne et claire ; Libanais, il se pose en patriote désireux de défendre son pays face à Israël ; Musulman, il se sert d’Israël comme d’un repoussoir afin d’œuvrer à la réconciliation entre chiites et sunnites et de contribuer ainsi à la reconstruction d’une « Communauté des Croyants ».

Sa stratégie plait à l’Iran qui, en tant que grande puissance régionale, aurait toute chance de prendre la tête de cette « Oumma » d’un nouveau type. C’est largement pour cela que, depuis la première guerre du Liban en 1982, il arme et finance le Hezbollah. Les armes viennent de permettre à Nasrallah et à ses hommes de tenir tête à Olmert et à son armée ; l’argent sert à récompenser les fidèles et à financer des œuvres sociales. En ces temps de reconstruction libanaise, le Hezbollah parvient même à se montrer plus généreux que le gouvernement de Beyrouth. Ce n’est pas demain que la population aidera à son désarmement.

Posté par Marc Ullmann, le 31/08/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - Politique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juillet 2006
Irak : un plan B ?

Irak-guerre.jpgQuand on veut savoir comment va un pays, le plus simple est de regarder si les gens ont envie d’y aller ou s’ils ont envie d’en partir. De ce point de vue, le cas de l’Irak est désespérant, pour ne pas dire désespéré. Tous les Irakiens qui ont les moyens de s’en aller s’en vont.

Ce n’est pas qu’ils aimaient Saddam Hussein. Ce n’est même pas qu’ils détestent les Américains. C’est, tout simplement, parce que la vie est devenue impossible. Rien ne marche, la violence est partout, rares sont les écoles qui ouvrent car rares sont les professeurs qui osent s’y rendre.

La notion de guerre civile semble elle-même dépassée : la société est disloquée, des groupuscules et des gangs font la loi. La désespérance est si forte qu’une rumeur, venant apparemment de Beyrouth, se répand dans les bazars. Selon cette rumeur, l’offensive américaine n’aurait pas eu pour but d’établir la démocratie en Irak mais de détruire le pays afin que le chaos s’installe au Moyen Orient et qu’aucune puissance ne puisse prétendre y faire la loi. C’est, certainement, prêter trop de machiavélisme à Bush et son équipe mais le fait est là : aujourd’hui, il n’y plus d’Irak et une reconstruction pacifique n’est pas pour demain !

Posté par Marc Ullmann, le 12/07/06 dans Moyen Orient - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 juillet 2006
Géopolitique : brouillard et lignes de force

Des intérêts s’opposent, d’autres se conjuguent. Des rivalités s’estompent, d’autres s’exacerbent. Des alliances se nouent, d’autres se délitent. Difficile de s’y retrouver dans un monde devenu si vaste et si confus. Pourtant, quelques constats s’imposent :

- Les Etats-Unis n’ont sans doute pas cherché à acquérir une suprématie mondiale mais, maintenant qu’ils l’ont, ils cherchent à la maintenir.

- A long terme, leur rival est la Chine. D’où leur volonté de resserrer les liens avec le Japon et d’en créer avec l’Inde. D’où aussi, par contrecoup, une propension de la Chine à se réconcilier avec la Russie.

- Dans l’immédiat, l’Islamisme révolutionnaire représente un défi. Mais le danger ne deviendrait grave pour les Etats-Unis que si les Fous de Dieu mettaient la main sur le pétrole. D’où leur volonté de contrôler le Moyen Orient et de s’opposer aux ambitions iraniennes. D’où aussi, par contrecoup, une probable tension dans l’Alliance atlantique. L’Europe, bordée par la Méditerranée, sera amenée à mobiliser toutes ses énergies pour ne pas se trouver prise en tenaille entre un Islamisme agressif et une Amérique impériale. Dans cette optique, l’Iran, aujourd’hui considéré comme un ennemi, pourrait, s’il évolue, devenir un allié.

Posté par Marc Lanval, le 03/07/06 dans Europe - Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 juin 2006
Le désert de Copel

Une attaque américaine sur l’Iran comporterait de tels risques et ces risques ont été tellement soulignés (y compris aux Etats-Unis) que cette éventualité parait peu probable dans les circonstances actuelles. Rien, cependant, n’est sûr : avec Bush, l’improbable peut arriver !

Mieux vaut, dans ces conditions, se prémunir contre un possible « terrorisme de représailles » qui frapperait non seulement au Moyen Orient mais partout où cela s’avèrerait praticable en Occident. Des sites sensibles ont certainement déjà été repérés par des adversaires potentiels. Une protection adéquate, dont les détails ont été étudiés par le Général Etienne Copel et dont le Club s’est maintes fois fait l’écho, devient urgente.

Posté par Marc Ullmann, le 15/06/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - Terrorisme - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 mai 2006
Péninsule arabique : entre rêves et cauchemar

L’Arabie Saoudite et les Emirats regorgent d’argent. Ils cherchent à moderniser leur territoire, à diversifier leur économie, à passer directement du passé au futur. Rien n’est trop beau. Infrastructures, télécommunications et même culture et sport sont au rendez-vous. Universités, musées et stades sortent de terre. Pourtant, l’optimisme ne règne pas.

Il s’en est fallu de peu pour qu’Al Quaïda réussisse son attentat contre le principal complexe pétrolier d’Arabie. Surtout, l’Iran est de l’autre côté du détroit et si, d’aventure, les Etats-Unis et/ou Israël décidaient d’en découdre, les monarchies pétrolières seraient les premières à subir des représailles, les plus exposés aux dommages collatéraux.

Un membre du Club qui revient de Dubaï fait part d’une impression étrange, les hommes d’affaires locaux lui ont paru nerveux. Comme si des rêves futuristes peints en rose risquaient d’être couverts par des nuages très noirs.

Posté par Marc Lanval, le 24/05/06 dans Développement - Moyen Orient - Terrorisme | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 31 mars 2006
Iran : l’effet Le Pen

Un ami français qui séjourne régulièrement en Iran est revenu récemment. Selon lui, de très nombreux Iraniens ont voté pour Ahmadinejad sans croire qu’il pouvait vraiment être élu. C’était un vote de protestation, vaguement comparable à celui de certains Français qui ne pensaient pas, en 2002, que Le Pen pouvait distancer Jospin.

Maintenant, l’ambiance est mitigée. Tous les Iraniens soutiennent Ahmadinejad lorsqu’il place l’affaire nucléaire sur le terrain de la fierté nationale. En revanche, le nouveau président agace par son rigorisme. Les jeunes (et pas seulement ceux des quartiers huppés) supportent mal les excès de zèle du « Ministère de la Vertu ».

Des mesures telles la mise à l’index des musiques considérées comme décadentes ou les consignes données pour que le voile soit porté « correctement », sont vécues comme des brimades et font figure de régression. Conclusion de cet observateur : Ahmadinejad a peu de chances d’être porté par une massive adhésion populaire si l’envie lui prenait d’accaparer le pouvoir.

Khamenei, le « guide suprême », peut facilement jouer des rivalités internes pour préserver les équilibres subtils de la République Islamique. Déjà, Rafsandjani manoeuvre en coulisse, Khatami distille des critiques et Larijani gagne en influence.

Posté par Marc Lanval, le 31/03/06 dans Moyen Orient - Politique | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 mars 2006
« You will regret Vietnam »

Guerre-Irak.jpgEinstein disait des théories scientifiques qu’elles devaient être « aussi simples que possible mais pas plus simples ». De même les analyses politiques doivent se garder de chercher une seule cause à une situation complexe.

En Irak, un attentat a été commis contre un lieu saint chiite, cet attentat a entraîné des représailles qui, elles-mêmes, en ont entraîné d’autres. Du coup, certains ne voient dans la situation irakienne qu’un affrontement entre deux confessions. C’est oublier un peu vite que le régime de Saddam Hussein ne se caractérisait pas par une domination des sunnites sur les chiites.

Le dictateur, bien sûr, avait promu des gens de sa famille, de son village, de son clan qui effectivement étaient de tradition sunnite. Mais le parti Baas était laïc et, à la plupart des échelons, l’équilibre était savamment entretenu. D’ailleurs, pendant la longue guerre contre l’Iran, les chiites irakiens n’ont pas soutenu leurs frères en religion. Quant à la répression menée par Saddam en 1991, elle tendait à mater une révolte dirigée non contre des sunnites mais contre le régime.

Aujourd’hui, les communautés s’affrontent mais les responsables religieux des deux camps s’efforcent d’atténuer les tensions et corrélativement, de raviver le sentiment nationaliste. Bientôt, risque de venir le temps où « la haine et la fureur » des Irakiens se retournera contre les « occupants ».

Dès les premiers jours du conflit, un spécialiste de la région avait tristement dit à des amis américains « you will regret Vietnam ». Terrible prédiction ! Qui a intérêt à ce qu’elle se réalise ? En tout cas, pas l’Europe.

Posté par Marc Ullmann, le 21/03/06 dans Moyen Orient - Religions - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 février 2006
Pour un « espionnage » sociologique

Deux visions d’ Ahmadinejad s’affrontent parmi les spécialistes de l’Iran. Pour certains, il est un Hitler en herbe qui monopolisera tous les pouvoirs et transformera l’Ayatollah Khamenei en simple figurant. Pour la plupart, Ahmadinejad n’est qu’un Président à la mode iranienne, ses pouvoirs sont limités par la Constitution très spéciale de la République Islamique, laquelle est beaucoup plus solide que ne l’était la République de Weimar.

Hitler, en tout cas, ne serait pas devenu Hitler si le peuple allemand n’avait pas été subjugué au point de le vouloir pour maître. En ce qui concerne l’Iran d’aujourd’hui, suivre au jour le jour les intrigues de palais et les luttes fractionnelles ne mène pas à grand-chose. Il serait plus intéressant de savoir si la société aspire ou non à la dictature d’un seul homme. Pour cela, l’idéal serait de pouvoir recueillir, dans différents milieux, des « histoires de vie » montrant ce que les uns et les autres ont considéré comme des instants de bonheur ou de malheur. De cette perception naît une aspiration. Cette aspiration forgera l’avenir.

Posté par Marc Ullmann, le 24/02/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - Politique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 janvier 2006
La vraie menace iranienne

Bombe-Iran.jpgLes chasseurs d’actualité courent après l’évènement. Les passionnés de politique se penchent sur les luttes fractionnelles. Les uns comme les autres omettent de regarder le rétroviseur de l’Histoire, le périscope des courants sociétaux, le télescope des rêves. Ceux qui ne voient dans Ahmadinejad qu’un illuminé et misent sur la dislocation imminente du régime, se trompent de registre. L’arbre planté par Khomeini il y a un quart de siècle porte encore quelques fruits. Il s’agit d’Histoire avec un « H » et non de petites histoires.

J’ai aperçu Khomeiny en 1978, lorsqu’il était réfugié à Neauphle-le-Château. Il résidait dans un petit pavillon de banlieue à l’allure minable, il était assis sur un petit tapis au coin d’une pièce minable mais une grande force émanait de sa personne. La profondeur de son regard, la droiture de son maintien, l’économie de son propos étaient impressionnantes. Cet homme, héritier d’un long passé, semblait capable de mener un combat dans le présent tout en nourrissant une vision d’avenir.

Pour s’en convaincre, mieux vaut tourner les yeux vers le « Centre de la Grande Encyclopédie Islamique » que vers les ministères. Dans un immense bâtiment situé aux environs de Téhéran, 50.000 !!!! érudits poursuivent la rédaction d’un ouvrage de référence écrit d’abord en persan, puis en arabe, puis en anglais. Dans l’esprit des théocrates révolutionnaires qui détiennent le pouvoir d’Etat, ces bataillons de scribes constituent l’avant-garde d’une guerre d’un nouveau type. Leur mission, édictée par Khomeiny lui-même peu après son triomphe, est de nature panislamique. Articles et définitions ne doivent en aucun cas s’inspirer d’un chiisme sectaire ; rien ne doit choquer les fidèles sunnites ; tout doit contribuer à la reconstruction d’une « Communauté des Croyants ».

Les diatribes anti-israéliennes d’Ahmadinejad découlent de cette stratégie. Elles n’ont pas été proférées par hasard ni même par simple tactique. En tentant une sorte d’OPA sur la cause palestinienne, chère au cœur des Arabes sunnites, elles visent à dresser des peuples contre des dirigeants qui, bien que musulmans, sont susceptibles de reconnaître la légitimité de l’Etat hébreu.

Déjà, certains résultats ont été atteints. Le guide spirituel de la Confrérie des Frères Musulmans égyptiens ainsi que le chef du Mouvement islamiste palestinien Hamas ont applaudi. Les efforts saoudiens pour isoler l’Iran s’avèrent illusoires. Le Golfe, tardivement nommé arabique, commence à redevenir persique.

La deuxième manche est en train de se jouer en Irak où l’ayatollah Sistani, principal guide des chiites irakiens, tend la main à la minorité sunnite et se dit prêt à bénir un gouvernement de coalition. Dans l’immédiat, c’est commode pour les Américains mais le but, fixé en accord avec Téhéran, n’est pas de leur faciliter la tâche. Il s’agit, au contraire, d’inciter les « résistants » sunnites à réorienter leur « haine » et leur « fureur ». Ceux-ci, pour le moment, n’hésitent pas à massacrer des compatriotes or, il faudrait qu’à l’avenir, ils s’en prennent seulement aux troupes étrangères. La Syrie fait fonction de joker dans ce double jeu : l’Iran lui fournit de l’argent et des armes, elle se chargera d’approvisionner la « résistance ».

L’alliance entre le Hezbollah (chiite libanais) et le Hamas (sunnite palestinien) est la troisième pièce du dispositif. Quand Téhéran jugera l’heure venue, une nouvelle Intifada pourrai être déclenchée contre Israël au nom de la « Communauté des Croyants ». Khamenei, le successeur de Khomeiny a entériné le diagnostic d’Ahmadinejad : Israël est bien, à ses yeux, une « tumeur » dans le corps islamique, tumeur qui, tôt ou tard, devra disparaître.

La conduite graduée de ces différents combats devrait, selon ses concepteurs, pouvoir être étalée sur la durée. Ce n’est pas en huit jours que des peuples arabes viendront à bout de leurs gouvernements, que les Américains se résigneront à voir l’Irak se transformer en « république islamique » et qu’Israël, en tant qu’Etat, sera rayé de la carte. Mais les révolutionnaires théocrates n’en doutent pas : à terme, ils deviendront seuls maîtres du pétrole et des âmes.

Cette vision a sa logique et cette logique induit une pensée nucléaire à deux niveaux. Quand Khamenei proclame : « Notre seule arme atomique est notre bien aimée jeunesse et notre nation de croyants », il faut le prendre au sérieux. Ce « saint homme » veut étrangler lentement ses ennemis et non leur asséner un coup qui provoquerait des représailles massives. Il n’ignore pas cependant que, si ses plans se déroulaient conformément à ses espoirs, un jour viendrait où ses ennemis seraient tentés d’agir. D’où la nécessité de disposer à temps d’une dissuasion crédible, c'est-à-dire de missiles à têtes nucléaires. A cette fin, des trésors d’hypocrisie sont déployés tant pour la fabrication de matière fissile que pour la mise au point de fusées balistiques à longue portée.

Tout cela est cohérent et relève d’une stratégie qui ne peut être combattue à l’aveuglette. D’abord qui est vraiment l’adversaire ? L’adversaire n’est ni l’Iran, ni l’Islam mais le panislamisme révolutionnaire. L’Iran, à terme, peut être une grande puissance stabilisatrice au Moyen Orient et en Asie Centrale. L’Islam peut servir de ressort moral à des populations en quête de dignité. Le panislamisme révolutionnaire, adossé à l’Etat iranien, peut, en revanche, être un danger mortel. Il s’agit donc de dissocier l’Iran de cette idéologie. Cela n’est pas impossible : ni le stalinisme, ni le maoïsme n’ont été éternels ; le khomeynisme ne le sera pas non plus. Il y a une période difficile à gérer pendant laquelle il faut se garder de sous estimer la force de l’adversaire tout en s’efforçant d’accentuer ses faiblesses.

Ne pas sous estimer l’adversaire implique d’abord de ne pas trop écouter les émigrés qui prédisent tous les matins l’effondrement d’un système prétendument à bout de souffle. Ce régime a résisté à l’invasion irakienne et survécu à une guerre qui, toutes proportions gardées, a été aussi meurtrière pour l’Iran que la guerre de 1914 l’a été pour la France. Après quoi, ce même système a su créer des équilibres subtils - et mouvants - entre ses différentes factions. Le régime n’est pas démocratique mais a su se doter de soupapes et même de recours. En gros, il y a une sorte de parti unique dont les différentes tendances peuvent entrer en compétition électorale. Les scrutins ont lieu à l’échelon local, législatif et présidentiel. Sous la houlette du théocrate en chef, un « Conseil du Discernement » s’efforce d’aplanir les conflits. De plus, les nominations aux postes les plus élevés sont soumises à des règles assez strictes avec, à chaque fois, des niveaux de décision clairement définis.

Dans ce contexte, l’élection d’Ahmadinejad aurait dû nous faire réfléchir. Rafsandjani, son principal rival, d’abord héritier d’une fortune construite sur la production et le commerce de la pistache puis grand manipulateur de la manne pétrolière, incarnait la ruse et l’habileté. Ahmadinejad, par contraste, se présentait un balai à la main et affichait son dévouement pour les mal lotis. Il ne plaisait ni aux habitants de la riche banlieue nord de Téhéran ni aux étudiants branchés sur Internet et friands de culture occidentale.

Mais il a plu aux pauvres des grandes villes et surtout aux habitants des campagnes reculées dont les conditions de vie n’ont guère évolué depuis l’époque du Shah. Je me souviens être allé en 1973 dans un village situé à une centaine de kilomètres de Téhéran où les maisons étaient en torchis et les femmes vêtues de noir. Venait d’y être édifiée une école de style moderne où les institutrices, sans doute émules de la Princesse Ashraf Pahlavi, étaient habillées à la dernière mode. Ce contraste m’a frappé, il m’a même convaincu de la fragilité du régime impérial.

Le régime khomeyniste, version Ahmadinejad, n’est pas forcément plus solide. Le Président a été élu non pour partir en guerre contre Israël mais parce qu’il promettait du mieux être. Or rien n’indique que le chômage baisse et que le niveau de vie augmente. De plus, le « retour aux sources » ne plait pas à tout le monde : la fréquentation des mosquées était une façon de s’opposer au Shah, elle est aujourd’hui un signe de conformisme qui répugne à beaucoup. Déjà, des blagues circulent sur Ahmadinejad (exemple cité par Navid Kermani : « pourquoi se coiffe-t-il avec la raie au milieu ? Pour séparer les puces mâles des puces femelles ! »). Cela ne fait peut-être rire qu’une minorité d’Iraniens mais exprime un désamour qui, logiquement, devrait aller croissant.

L’Iran n’est pas une île. Internet, la téléphonie mobile, la télévision numérique s’y développent rapidement et le gouvernement n’y peut pas grand-chose bien que le pays reste relativement protégé par sa barrière linguistique. Si l’Occident devait choisir une arme et une seule pour déstabiliser le régime, le mieux serait de créer des stations qui émettent en persan. Plus il y en aurait et plus les programmes seraient variés, plus efficace ce serait. Dans un univers qu’un régime totalitaire cherche à uniformiser, la diversité est, par nature, attrayante.

Les adversaires du panislamisme révolutionnaire ont sans doute intérêt à jouer en équipe dans certains cas et à tirer parti de leurs différences dans certains autres. Dans le domaine nucléaire, il semble évident que les Américains, les Européens et même les Russes devraient agir de concert et tenter de persuader les Chinois de ne pas contrecarrer leurs manœuvres. Les Iraniens essayent de gagner du temps, leurs adversaires doivent leur en faire perdre le plus possible. Lorsque la Perse se sera muée en grande puissance pacifique, elle pourra légitimement réclamer un droit à la parité atomique. On n’en est pas là !

Pour le moment, il s’agit de contrer un fanatisme qui risque de se révéler infiniment plus dangereux que celui, somme toute artisanal, d’Al Quaïda. L’Europe est en première ligne. Le problème de l’Islam est, pour elle, beaucoup plus concret, beaucoup plus charnel qu’il ne l’est pour l’Amérique. Si nous voulons que notre continent soit un creuset de civilisation plutôt qu’un champ de bataille, nous devrons apprivoiser l’Islam. Il serait criminel de baisser les bras puisque, malgré le fanatisme de quelques uns, la majorité des Musulmans vivant sur le sol européen rêve d’un bonheur sur Terre plutôt que d’un paradis au Ciel. D’où l’urgence de mobiliser leur bonne volonté en leur donnant espoir, en brisant les ghettos des murs et des esprits, en jouant la carte de la fraternité.

C’est partiellement en Europe que peut, dans les dix ou les vingt prochaines années, se forger une refondation de l’Islam susceptible de réconcilier les Croyants et la modernité. En Europe mais aussi en Iran où une société actuellement en travail (comme on dit d’une femme qui accouche), devrait finir par inventer un système inédit. A partir de cet Islam nouveau, mais seulement à partir de là, les pays musulmans pourront se libérer du passé tout en restant eux-mêmes.

Posté par Marc Ullmann, le 24/01/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - Politique | Commentaires (9) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 décembre 2005
Pour un bon usage du pétrole irakien

Irak.jpgEn dépit des élections législatives, tous les discours sur la démocratisation de l’Irak resteront lettre morte si la rente pétrolière n’est pas utilisée pour améliorer réellement le niveau de vie du peuple et étouffer la guerre civile sous le poids de l’intérêt commun. Pour l’instant, on en est loin. Très loin.

Tout se passe comme si les Sunnites irakiens ne considéraient plus les Chiites et les Kurdes comme leurs compatriotes. Les chiens de la haine ont été lâchés. Nul ne sait s’il est encore temps de les remettre en laisse mais une chose est sûre : si les bénéfices du pétrole vont exclusivement dans les caisses des provinces productrices et donc profitent seulement aux Chiites et aux Kurdes, rien, absolument rien, ne pourra atténuer la colère des Sunnites. Les partis politiques issus des élections ne pourront, en aucun cas, faire l’impasse sur ce problème majeur. Le dosage entre fédéralisme et centralisme n’a rien d’abstrait. Les milliards du pétrole sont en jeu.

Posté par Marc Ullmann, le 21/12/05 dans Développement - Economie - Energie - Moyen Orient - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 novembre 2005
Iran : OPA sur la Palestine

Pdt-Iranien.jpgRien ne serait plus dangereux que de prendre les dirigeants iraniens pour des illuminés. Ils sont intelligents, calculateurs et, lorsqu’ils prennent des risques, c’est qu’ils espèrent et croient possible d’en tirer avantage. Les propos du président Ahmadinejad selon lesquels « Israël doit être rayé de la carte », ne sont ni le fruit du hasard, ni la manifestation d’une phobie. Il s’agit d’une manœuvre tendant, d’abord et avant tout, à faire de la Perse le leader du monde arabe.

Les Iraniens, chacun le sait, sont des musulmans chiites. En tentant une sorte d’OPA sur la cause palestinienne, chère au cœur de tous les sunnites, ils visent à dresser les peuples des Etats arabes contre leurs dirigeants. Des dirigeants qui, bien que sunnites, sont en retrait plutôt qu’à la pointe du combat. A tous ces rois, princes et présidents, Ahmadinejad va jusqu’à promettre « le feu et la fureur de la communauté des Croyants ».

L’enjeu de cette immense partie n’est rien moins que l’avenir du Moyen Orient et la maîtrise de son pétrole. Déjà , les Mollahs ont réussi un coup de maître en contribuant à faire approuver par les chiites irakiens une constitution qui, bien que voulue par les Américains, peut se retourner contre eux. L’Etat, en principe fédéral, n’aura que des pouvoirs illusoires. La partie la plus importante du pays sera aux mains des chiites qui, à terme, s’entendront avec leurs frères iraniens.

Maintenant, l’Iran double la mise. L’Arabie Saoudite, les Emirats et autres pays, hostiles à Israël mais désireux de ne pas trop déplaire aux Américains, se trouvent débordés. Al Quaïda n’est rien comparé à la menace que représenterait pour eux un régime iranien devenu populaire auprès des foules sunnites.

Si, en bout de course, tout le golfe arabique devenait persique, Téhéran deviendrait l’un des centres du monde. Ce serait exactement l’inverse de ce que souhaitait Bush lorsqu’il est intervenu en Irak. Les conséquences géopolitiques et économiques seraient beaucoup plus lourdes que celles entraînées par la guerre du Vietnam. Le président américain éprouve donc la tentation d’en finir avec le régime des Mollahs. Des projets militaires ressortent des cartons. Des frappes ciblées sur des installations nucléaires et autres points névralgiques sont sérieusement envisagées.

Les dirigeants iraniens sont évidemment conscients du risque mais l’ont pris en toute connaissance de cause. Ils agissent comme s’ils étaient certains que, tôt ou tard, un président américain se rendra à Téhéran comme Nixon s’est rendu à Pékin. Israël, alors, n’aurait pas été physiquement « rayé de la carte » mais les pays arabes auraient un nouveau suzerain.

Posté par Marc Ullmann, le 01/11/05 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (1)

Le 17 octobre 2005
Du « Grand Israël » à Israël agrandi

sharon.jpgAriel Sharon est un des derniers survivants de l’épopée sioniste. Il est laïque plutôt que religieux. La référence biblique à la Judée et à la Samarie ne lui a jamais servi de boussole. Mais, de même que les Sionistes n’ont pas hésité, en 1947, à expulser des Palestiniens pour fonder un Etat aussi étendu que possible, Sharon cherche maintenant à arrondir, autour de Jérusalem, les frontières héritées de 1947. L’Intifada va donc continuer. Or les Sionistes sont morts et les jeunes Israéliens les plus motivés pour rester, combattre et affronter le danger risquent d’être les religieux. Ceux là même qui, aujourd’hui, s’opposent à Sharon.

Posté par Marc Ullmann, le 17/10/05 dans Géopolitique - Moyen Orient - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Luc Ferry
 
Président délégué du Conseil d'Analyse de la Société, Luc Ferry est intervenu, mercredi 1er juillet, sur le thème : « La France de demain doit se réfléchir aujourd’hui ».  
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