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Un succès écologiste à tempérer |
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Martine Aubry, secrétaire générale du parti socialiste, fille du très respecté Jacques Delors, n’a pas pu empêcher que les socialistes subissent un revers et une défaite cinglante lors des élections pour le Parlement Européen.
Depuis, leur seul argument est d'asséner que les 28% de l'UMP ne représentent que 11 % du corps électoral, laissant penser que pas une voix des 60% d'abstentionnistes ne se serait portée sur l'UMP, s'ils avaient voté !!! Une supposition à laquelle on peut opposer un fait réel : 93.5 % du corps électoral n'a PAS VOTE pour les candidats du parti socialiste. Daniel Cohn Bendit a fait une excellente campagne, saluée par plus de 16% des votants. Il a réussi à déstabiliser Bayrou, qui n'attendait d'ailleurs qu'une pichenette pour couler.
Tempérons beaucoup cela en précisant que certains des électeurs qui ont voté pour sa liste ont certes voté en faveur de l’écologie, mais que certains ont voté pour madame Eva Joly et d'autres pour José Bové. Seule l'addition des voix de ces trois candidats a abouti aux 16 %.
Si d'autres candidats, Bayrou, Besancenot par exemple, avaient rejoint cette liste, qui aurait alors largement dépassé les 25%, aurait-on également dit que "les écologistes" ont réussi ce score ???
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Areva - Siemens : "Le choc des arrogances" |
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Jean-Claude Leny a présidé Framatome jusqu’en 1996. Pendant 10 ans*, il a œuvré pour mettre sur pied une association efficace avec Siemens. Mieux que personne, il est à même de juger les conséquences de la rupture entre Areva et Siemens et de la nouvelle alliance conclue par Siemens avec l’entreprise publique russe Rosatom. En tant que membre du Club des Vigilants, il a bien voulu répondre aux questions de Marc Ullmann, journaliste, fondateur du Club.
Marc Ullmann : La décision prise par Siemens équivaut à un renversement des alliances. Quel sentiment cela vous inspire-t-il ? Jean-Claude Leny : Une immense tristesse. M. U. : Pourquoi ? J-C L. : Le couple Areva/Siemens était un géant. Sa place de n°1 mondial et de fleuron de l’industrie européenne était assurée pour de longues années. L’avenir, maintenant, paraît plus incertain bien qu’Areva reste, évidemment, une superbe entreprise. M. U. : Comment expliquez-vous la rupture ? J-C L. : Par des raisons à la fois psychologiques et industrielles. M. U. : La psychologie a-t-elle vraiment joué un rôle ? J-C L. : A mon avis, oui. J’irai jusqu’à parler de choc des arrogances. Les Français, vous le savez, sont souvent arrogants. Les Allemands aussi mais d’une autre façon. Les Français, vous le savez, sont souvent arrogants. Les Allemands aussi mais d’une autre façon. Il n’est pas facile de souder une équipe. En 10 ans de Framatome, je me suis donné beaucoup de mal. Cela a plutôt bien marché. J’ai maintenant l’impression que cet aspect coopératif de l’œuvre de ma vie a été mis à mal. M. U. : Vous connaissez bien les gens de Siemens. Comment fonctionnent-ils ? J-C L. : Contrairement à l’idée qu’on peut en avoir en France, le fonctionnement de Siemens est démocratique. Certes le Directoire propose mais le Conseil de surveillance délibère fréquemment et beaucoup et décide. Ensuite, le Directoire met en œuvre. Dans une telle organisation, il était très difficile au Conseil de surveillance d’accepter de voir réduit le rôle contractuel qu’il avait entériné. Pour faire court, « de ne plus avoir voix au chapitre » (voir en encadré ci-dessous, l’historique des relations entre Siemens et ses partenaires français). En plus, une sorte de procès d’intention a été fait par les Français à propos du désengagement allemand du nucléaire. Mais Siemens n’y est pour rien. Il a toujours regretté que la politique en Allemagne empêche la construction de centrales et a continué à s’intéresser de très prés au nucléaire. M. U. : Est-ce la faute d’Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva si les malentendus se sont multipliés ? J-C L. : Madame Lauvergeon tient parfois des propos assez rudes mais je crois que, sur le fond, elle ne voulait pas réduire le rôle de Siemens mais lui donner, au contraire, plus de visibilité. M. U. : Comment ? J-C L. : En transformant la participation de Siemens dans Areva NP en une participation dans Areva, la maison mère. M. U. : Des tractations ont-elles eu lieu ? J-C L : Ayant quitté la vie professionnelle, je n’ai participé à rien du tout. J’ai seulement entendu dire qu’il avait été question d’une participation de Siemens dans Areva à hauteur de 20 %. Le blocage, je crois, s’est situé en France au niveau politique. M. U. : Vous voulez dire au niveau de Sarkozy ? J-C L. : C’est ce qu’on dit. M. U. : D’où, pour Siemens, la tentation russe ? J-C L. : Les performances techniques de Rosatom sont moindres que celle d’Areva mais Rosatom, comme Areva, contrôle toute la filière : mines, enrichissement, etc. Pour Siemens c’est d’autant plus intéressant que sa participation ne sera pas de 20 % mais de 49 % et même un peu plus : exactement 50 % moins une action. M. U. : Pourquoi Rosatom a-t-elle accepté d’aller aussi loin ? J-C L. : Parce que la technologie et l’expérience de Siemens restent excellentes et que sa position mondiale confère à cette entreprise allemande une grande force de vente à l’international. Les Russes, qui garderont l’exclusivité de leur marché national, ont tout à y gagner. M. U. : Sergueï Kirienko, directeur général de Rosatom, affiche l’ambition de conquérir, à terme, jusqu’à un tiers du marché mondial. Cela vous semble-t-il réaliste ? J-C L. : Cela revient à dire qu’il veut devenir leader mondial et que la concurrence avec Areva sera âpre. M. U. : Les centrales fabriquées en Russie n’ont pourtant pas bonne réputation. J-C L. : Elles ont fait des progrès depuis Tchernobyl. Ce sont maintenant des centrales à eau légère. Certes, elles ont moins évolué que l’EPR mais elles coûtent moins cher et peuvent tenter certains clients. De toute façon, le marché est immense et Areva va devoir, comme le dit fort justement Mme Lauvergeon, accroître ses investissements pour répondre à une demande croissante. M. U. : Avec quel argent ? J-C L. : C’est tout le problème. Mme Lauvergeon plaidait, à juste titre à mon avis, pour une entrée en Bourse. Les conditions actuelles n’y sont probablement pas favorables. Mais il faut éviter à tout prix de casser l’entreprise qui réunit toute la chaîne de l’industrie nucléaire au prétexte d’un mécano dénué de signification industrielle et qui n’apporterait même pas de réponse à la question financière.
* Encadré :
A partir de 1986, au lendemain de Tchernobyl qui avait traumatisé les populations et les gouvernements, je n’ai pas cessé d’œuvrer, avec mon collègue et ami Dominique Dégot, Directeur international de Framatome, et nombre de très bons ingénieurs de la Société, à la mise sur pied d’une association opérationnelle étroite avec Siemens. Elle avait pour but de préparer un nouveau réacteur commun à l’Allemagne et à la France (avec vue sur les autres pays européens) qui serait en progrès par rapport aux réalisations précédentes de Siemens et Framatome. Tout particulièrement, ce nouveau réacteur devait être conforme aux exigences des autorités de sûreté nucléaires françaises et allemandes et constituer ainsi le noyau d’un standard européen. Il est également nécessaire de préciser que tout ceci se faisait avec l’approbation des gouvernements allemand et français de l’époque. Ce « Projet commun », comme nous l’avions d’abord appelé a été développé dans le cadre d’une filiale commune, à 50/50, NPI, dirigée par Dominique Vignon qui m’a succédé en 1996 à la Présidence de Framatome. Ce « Projet commun » a évolué avec succès, attirant l’intérêt des électriciens, Allemands et EDF et il est devenu l’EPR que tout le monde connaît maintenant et qui se construit en Finlande à Olkiluoto, en France à Flamanville et bientôt à Penly. Sans oublier la Chine et probablement d’autres pays. Finalement, NPI a été réintégré dans ses maisons mères et, en 2001, un accord a été signé entre Framatome et Siemens par lequel Siemens prenait 34% du capital de Framatome, ceci accompagné d’un protocole d’actionnaires précisant les modes de fonctionnement. Dans le même temps, Alcatel, actionnaire à plus de 40% de Framatome, vendait ses actions à l’Etat qui décidait de regrouper Cogema et Framatome dans une holding appelée ultérieurement AREVA. Ce mouvement qui était logique du point de vue de l’Etat avait cependant pour conséquence de modifier profondément la position de Siemens. Cette Société devenait minoritaire dans une filiale d’AREVA, Areva NP qui n’était plus du tout la Société de plein exercice avec laquelle Siemens avait contracté. Cette situation nouvelle pour Siemens aurait dû être prise en considération et traitée en temps utile. J-C L.
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From Gettysburg to Normandy : Nicolas tu vas avoir du boulot … |
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Le récent discours d’investiture de Barack Obama a immédiatement donné matière à moult commentaires sur sa forme ou sur son contenu dans les Media ou sur le Net. Parmi les sujets de prédilection : le lapsus du serment, la mise au placard des années Bush, la référence aux Pères Fondateurs, la défense du mode de vie américain, Obama européen ou américain …
Une phrase, parmi d’autres, semble être passée totalement inaperçue, or je pense qu’elle pèsera beaucoup dans nos relations futures avec nos amis américains : « For us, they fought and died, in places like Concord and Gettysburg; Normandy and Khê Sanh. » Car dans ce discours, ô combien préparé, ô combien réfléchi et ô combien important, aucun mot n’était dit au hasard. En associant les Pères Fondateurs à 4 grandes batailles clés, Barack Obama s’adressait à ses compatriotes dans ce qu’ils ont de plus fort, de plus profond. Il leur disait qu’ils sont en guerre (et pas en croisade), qu’il faut combattre et qu’il faut se souvenir. Concord, c’est Washington qui défait les Anglais ; Gettysburg, c’est la bataille qui va changer le cours de la Guerre Civile ; Normandy, c’est l’Amérique qui sauve le Monde Libre et Khê Sanh, c’est le traumatisme de la guerre du Viet Nam, » encore frais dans les mémoires, que chante Springsteen dans son mythique tube Born in the USA : « I had a brother in Khê Sanh ». « Normandy » fait partie du Panthéon américain. «Normandy » fait partie des mythes fondateurs de l’Amérique. « Normandy », ce n’est pas bien loin de chez nous, c’est même chez nous. Et nos amis américains, sans ne nous l’avoir jamais trop réclamé, ont toujours pensé que nous avions contracté une petite dette envers eux au passage. Il y a quelques années, au début de l’obscurantisme des années Bush, « notre vieux pays, d’un vieux continent, qui a connu tant de guerres » n’a pas voulu s’associer à la deuxième guerre en Irak. Nous sommes alors passés pour des ingrats, des traîtres, des lâches et de faux alliés, malgré les états de service de la division Daguet lors de la première. Sans doute avions-nous raison au regard de l’Histoire, mais certainement n’avons-nous pas su trouver les mots pour le dire, ni vraisemblablement n’avons-nous perçu que Normandy rimait avec Khê Sanh, Gettysburg et Concord pour un Américain. Demain, Barack Obama va demander des renforts à ses alliés en Afghanistan. Et très certainement il commencera par nous. Il va être difficile de dire « Non » à nos amis Américains. Tout autant que d’expliquer à nos concitoyens pourquoi il faut dire « Oui ». Mais peut-être notre Président aura-t-il là une occasion historique de nous réconcilier avec notre premier Allié … qu’il ne faudra pas rater.
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La fin du « ghosnisme » |
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Il n’y a pas si longtemps, Carlos Ghosn, patron de Renault et de Nissan, était donné en exemple. « Ghosnisme » était en passe de devenir un nom commun, synonyme d’efficacité. Aujourd’hui, la fascination s’est muée en réprobation. Ghosn « le sauveur » est devenu Ghosn « le sauvage ».
La perte d’adhésion et d’implication du personnel et des cadres est patente. Le « soft capital » dont bénéficiait Renault a été, en grande partie, dilapidé. Pourquoi ? Parce que le maintien ou l’accroissement de la rentabilité à court terme semble avoir été le seul guide des prises d’orientation du tout puissant patron :
Ø il sert les boulons au maximum, il fait régner la pression ; la presse se fait l’écho de suicides parmi les cadres. Ø il bichonne le cours de bourse en donnant priorité à l’actionnaire sur les autres parties prenantes (la vitalité durable de l’entreprise, sa cohésion, le maintien de l’emploi, la préservation des climats, etc.) Ø la réduction des effectifs est la première réponse à la baisse des commandes. Les autres mesures paraissent secondaires. Ø la politique de choix de modèles est à l’affût d’opportunités immédiates (la concurrence gagne de l’argent avec les 4x4 ; on décide d’être présent sur ce marché sans tenir compte de la tendance lourde perceptible depuis plusieurs années qui menace ce type de modèle). Le fait que ces travers sautent maintenant aux yeux est (si l’on peut dire !) un bienfait de la crise. Un intéressant champ de développement pour les intervenants en entreprises s’ouvre ainsi. Il s’agit d’aider des entreprises immergées dans le capitalisme hyper-financier à réveiller une culture du long terme et à adopter des stratégies avisées.
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Leaders plus ou moins en prise sur la société telle qu’elle devient |
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De la discussion se dégage l’idée que Barack Obama est remarquablement en phase avec la société telle qu’elle devient, que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal le sont plus ou moins et que Martine Aubry ne l’est pas.
Voici une première sélection de dimensions qu’on pourrait considérer comme caractéristiques d’un accord ou d’un désaccord avec la société telle qu’elle devient. Merci à ceux qui voudront bien réagir, contester, compléter.
- Harmonie, versus, combat, passage en force. Barack Obama est très bien situé sur cette dimension. Nicolas Sarkozy plutôt neutre. Ségolène Royal et Martine Aubry sont plutôt positionnées négativement.
- Hétérarchie, participation, collectif, écoute, dialogue, conversation versus, hiérarchie, commandement, leadership, négociation. Barack Obama est plutôt positif, Nicolas Sarkozy, plutôt négatif, Ségolène Royal a du positif et du négatif : elle est intellectuellement favorable à la participation ; elle semble avoir compris que la société moderne appelle la participation mais elle est de tempérament franchement autoritaire et semble se comporter en patron autoritaire.
- Système, versus, causalité. Barack Obama est très positif sur cette dimension. Il voit loin, semble capable de pouvoir jouer plusieurs coups d’avance. Je me demande quel score donner à Sarkozy qui semble assez doué sur le plan de la manœuvre systémique mais affiche un volontarisme de type « n’yak ». Le positionnement de Ségolène Royal est également ambigu. Celui de Martine Aubry me paraît nettement négatif.
- Pragmatique, versus, idéologie principielle. Obama est très pragmatique, Martine Aubry très idéologique
- Réunir, versus, opposer ou diviser. La modernité appelle de l’intelligence collective ; l’ancien appelle du militantisme. Obama semble très moderne, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal assez modernes. Martine Aubry colle plutôt à l’ancienne société.
- Utilisation du Web. Obama est un champion toutes catégorie ; Ségolène Royal, une élève appliquée.
- Ecologie : positionnement positif de Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Je manque d’informations concernant Martine Aubry.
- Biodégradable, versus, stable, pérenne. Martine Aubry semble attachée au principe et au mot « ancien » et très résistante au biodégradable.
- Métissage diversité, versus, pureté. Barack Obama est le symbole même du métissage. Nicolas Sarkozy, un bon apprenti.
- Féminin, versus, masculin. Martine et Ségolène sont des femmes. Ségolène affiche des valeurs féminines (enfants, école, soins, etc.). Obama est probablement porteur de valeurs féminines.
- Ouverture au changement. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal proclament leur ouverture au changement. La plus authentique et la plus complète me semble, pour l’instant, celle d’Obama.
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Une indignation sélective |
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Je ne sais pas si l'on doit s'en réjouir ou s'en attrister, mais je constate que Madame Angela Merkel, Messieurs Bush, Brown, et tant d'autres dirigeants ont reçu le Dalai Lama, dans leur propres pays, et ne se sont attirés que de molles remontrances de la part de la Chine.
Pourquoi, alors que Nicolas Sarkozy n’a pas reçu le Dalai Lama en France mais a passé une demi-heure avec lui en Pologne, la France serait-elle singularisée par la Chine qui la menace de toutes sortes de mesures de rétorsion ???? Parce que nous sommes plus forts ou parceque nous sommes plus vulnérables que les autres ???
Parce que nous nous agitons plus et sommes plus visibles car nous nous sentons investis, plus que d'autres, d'une mission sacrée ???
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L’exemple américain |
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Une entreprise spécialisée dans le placement d’hôtesses pour des salons ou autres événements vient d’être condamnée pour fichage ethnique. Pour sa défense, elle rejette toute motivation de discrimination et invoque les desiderata de ses clients qui, pour certains, préciseraient ne pas vouloir de noires ou d’arabes. Nous sommes en France
Barack Obama, un noir, vient d’être élu président. Nous sommes aux Etats-Unis. La différence ? Dans ce dernier pays, on assume et on corrige. Dans le premier, on préfère jouer à l’autruche. Il est vrai qu’en France Affirmative Action est traduit par discrimination positive. Ce qui est entendu, ressenti, considéré comme une discrimination à l’envers où le mérite aurait peu de place. Il est temps de dépasser la querelle des mots et de mettre en œuvre une véritable "Action de promotion de la diversité" où ce serait le mot action qui compte.
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Où ira l’argent du Moyen Orient ? |
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Les pays producteurs de pétrole au Moyen Orient ont bâti des « fonds souverains » qui disposent d’immenses avoirs. On calcule, par exemple, que les sommes accumulées par celui d’Abou Dhabi (environ 1.200 milliards de dollars) suffiraient, aux cours actuels, à acheter de trois à quatre fois l’ensemble des entreprises du CAC40. Faut-il craindre un tel cataclysme ?
Probablement pas car les fonds souverains sont entre les mains de dirigeants locaux qui n’ont aucune envie de se brouiller avec les gouvernements des grands pays industriels. On peut donc imaginer qu’ils n’investiront que dans des entreprises qui, avec l’accord de leurs gouvernements nationaux, solliciteront leur concours. Encore faudra-t-il que ces entreprises paraissent suffisamment attrayantes. C’est, semble-t-il, le cas de General Electric aux Etats-Unis mais les perspectives restent limitées.
En Asie, c’est différent, les Moyen Orientaux ont, historiquement, moins peur d’être mal reçus et les Asiatiques ont un immense marché intérieur à développer. Cela préfigure à long terme un rapprochement entre les principales puissances d’Asie et du Moyen Orient. La Chine, dont la soif de pétrole est inextinguible, n’attend que cela !
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Eviter le café de commerce |
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Il est urgentissime que plusieurs de ceux de nos hommes politiques écoutés, parce que généralement raisonnables, Woerth, Bertrand, Darcos entre autres, s'expriment, même si c'est en dehors de leur champ de compétences, pour marteler et expliquer aux français que l'on ne va pas leur prendre 360 milliards d'euros dans la poche en augmentant les impôts ou, d'une manière énorme, la dette, déjà bien importante.
J’entends, un peu, et peux surtout imaginer le Français moyen au café du commerce vitupérant nos dirigeants pour les mesures prises ou annoncées (privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes, vol au secours des banquiers voleurs (resic) etc. La Grande Bretagne, l'Allemagne et la France ont, séparément, fait savoir qu'ils mettaient des sommes au secours de la situation actuelle. Ces sommes cumulées correspondent à environ 2100 milliards de dollars, soit trois fois le montant décidé par les USA alors que la population des USA est 50 % plus grande que celle de l'agrégat des trois autres pays. Sommes-nous dans une situation bien pire que celle des USA ou nos gouvernements sont-ils plus enclins à ouvrir bien plus grand les parapluies ???
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Le temps des consignes |
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La deuxième vague de campagne de sensibilisation au geste du tri, lancée par l’Association des maires de France et Eco-Emballage, est à saluer. « Trier, c’est préserver » enfonce le clou sur l’utilité du tri et la nécessaire sauvegarde de notre environnement. « 5000 bouteilles en plastique = 1 baril de pétrole et 40 bouteilles en verre recyclées = 12 kg de sable = 1 m3 de gaz naturel économisés ».
Cela rappelle le bon vieux temps des « bouteilles consignées ». Pourquoi ne pas mettre en place une structure dédiée, récupératrice des « déchets verts », qui calculerait le poids des déchets recyclables collectés et pourrait reverser aux écocitoyens le fruit de leur labeur écologique quotidien. Les impôts locaux pourraient ainsi, en partie, baisser. L’élan pourrait se poursuivre en sensibilisant les électeurs sur l’utilité du fleurissement des murs, terrasses, balconnets ou « jardinains » dans les villes de plus de 20.000 habitants où le vert manque cruellement. Récompenser les « mains vertes » par une « prime à l’embellissement floral » (comme on alloue, par exemple, des « primes à l’emploi »), encouragerait d’une jolie façon la Révolution Verte qui est en marche.
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Le mistigri de la relance |
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Dans un monde aux frontières ouvertes, la croissance des uns favorise les exportations des autres. Cette année, les pays d’Europe subissent une panne de croissance. Les gouvernements sont donc tentés d’appliquer une politique de relance. Compte tenu des règles édictées au sein de l’Union Européenne, seuls les pays qui sont dans les clous des règles budgétaires auront droit de le faire.
La France, ayant un déficit budgétaire supérieur à 3% du PNB et une dette cumulée supérieure à 60 %, sera priée de s’abstenir. Elle devra se contenter de bénéficier de la relance des pays supposés vertueux, notamment l’Allemagne, l’Espagne et la Grande Bretagne. L’amalgame est pour le moins étrange car si l’économie allemande peut effectivement être considérée comme vertueuse, il n’en va pas de même des économies anglaise et espagnole où l’endettement des ménages est de l’ordre de 130 % du PNB, c’est-à-dire plus du double du ratio français. Peut-être faudra-t-il un jour tirer la leçon que suggèrent les chiffres et se défaire du préjugé que seuls les déficits publics sont condamnables. La vertu, si vertu il y a, devrait être appréciée de toute autre manière. D'abord globalement, en cumulant la dette publique des états et de leurs collectivités territoriales avec l'endettement privé des ménages et des entreprises (même si, pour ces dernières, l'exercice peut apparaître plus complexe compte tenu de leur internationalisation). Ensuite, en faisant la nécessaire distinction entre l'endettement destiné à l'investissement productif et celui qui sert à couvrir des frais de fonctionnement. A cet égard, il est utile de rappeler que les collectivités territoriales ont l'obligation de voter des budgets en équilibre (discipline que ne s'impose pas l'Etat !). En attendant, les Français pourraient dire merci aux Anglais et aux Espagnols. Grâce à leur vertu supposée (et probablement provisoire) la situation économique de la France se dégradera, peut-être, un peu moins que prévu.
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Rémunération des patrons : le logiciel est implacable |
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Il y longtemps que l’on n’a pas parlé des altitudes atteintes par les responsables du CAC 40. Que l’on se rassure, cela reviendra et l’on constatera que hors Stock options, Golden parachutes,... de nouveaux sommets seront franchis de façon inéluctable. Pourquoi ?
Le phénomène est d’une grande simplicité. Un nouveau patron est nommé à la tête d’un grand groupe. Le Comité des rémunérations (ou des mandataires) s’adresse à un cabinet de Conseil (il y en a cinq ou six dans ce domaine) qui comme des confrères tiennent à jour la grille des salaires des responsables du CAC 40. Le nouveau patron, prometteur par définition, ne peut entrer dans le bas du tableau. On le situera dans le "first tier" du haut. Mais ce faisant il va décaler toute la grille vers le haut : point moyen, médiane, centre du first tier, du last tier (peu fréquenté) ce qui, lors du prochain examen annuel de la rémunération des autres dirigeants, va entraîner une augmentation générale des salaires jusqu’au moment où un nouvel arrivant va à son tour provoquer l’ascension de la grille. Et ceci quelle que soit la santé de ces grandes entreprises, les fondamentaux, la conjoncture mondiale... Et c’est ainsi que votre fille est muette...
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France frileuse |
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De nombreuses entreprises françaises ont adhéré au concept de l’Intelligence Economique mais la plupart d’entre elles privilégient l’aspect sécuritaire de cette discipline au détriment de son aspect offensif.
Il est, certes, important de protéger ses actifs, et plus particulièrement son patrimoine de connaissances et de compétences mais il est tout aussi important (et peut-être plus) d’accroître ses capacités concurrentielles afin de gagner des parts de marché au niveau mondial. Les spécialistes en I.E savent comment des entreprises américaines et asiatiques se servent de l’outil pour améliorer leurs performances. Ils regrettent que beaucoup d’entreprises européennes, et spécialement françaises, fassent preuve de frilosité.
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"Mismanagement" à la française |
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« Dès mon jour d’embauche, j’aurais dû me méfier. Dans le hall, un énorme tableau avec un non moins gigantesque sourire. Devant, trois hôtesses d’accueil qui faisaient la gueule. Un premier signe.
S’ensuit le traditionnel parcours du nouvel embauché. Jusqu’à la remise du badge qui ouvre les portes et la cantine. Et là, deuxième choc : inscrit dessus les trois commandements de la filiale française de cette grande entreprise américaine : Tu n’es pas arrogant ; tu n’es pas le nombril du monde ; tu dois sourire en permanence. Un autre signe. Premier client. Rendez-vous à 10h. J’arrive un quart d’heure en avance. Mes collègues, plus anciens, trois quarts d’heure après. Règle n°1 : toujours arriver en retard. Explication de texte : quand on est leader, on ne doit surtout pas montrer au client que l’on a besoin de lui. Premier marché conclu : champagne, petits fours, félicitations du chef. Le paradis. Règle n° 2 : le paradis est un mirage ; l’enfer une réalité. Insidieusement, tout commence à dériver. Les marchés remportés se fêtent moins. On vous fait comprendre qu’on aurait pu obtenir plus. Lors des déplacements, les hôtels se font moins agréables et les chambres individuelles passent à la trappe. En raison du décalage horaire, on organise, de plus en plus, des conférences téléphoniques à 1 h du matin et, preuve d’abnégation, le travail doit se poursuivre le week-end... Arrive un drame personnel : le décès de ma mère. Le jour des obsèques, je suis appelée 17 fois pour des détails. Je craque. Démission. » Cette jeune "ingénieure d’affaires" exerce, depuis, ses compétences ailleurs. Quelque temps plus tard, un grand groupe du CAC 40, las de l’arrogance de cette filiale française d’un groupe américain, exige de traiter directement avec la maison mère et obtient gain de cause. Cette perte de confiance n’a pas échappé au siège aux Etats-Unis. Et la sanction de tomber : c’est le management qui a du plier bagage pour cause de "mismanagement".
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Vers le prochain cyber-conflit |
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Certaines puissances majeures l'avaient annoncé plus ou moins officiellement : leurs armées se préparent à la guerre informatique. La Chine, on le sait, a mené avec succès un certain nombre d'offensives et d'intrusions à l'encontre de systèmes gouvernementaux.
Le mois dernier, le centre de cyber-commandement de l'armée américaine a lancé plusieurs appels d'offres relatifs à la conception d'un terrain de simulation de batailles numériques sur Internet, et à la mise au point d'un botnet militaire, arme capable de prendre le contrôle de centaines de milliers d'ordinateurs pour lancer des attaques ou pour dérober de l'information, selon le principe annoncé des « 5 D » : deceive, deny, disrupt, degrade, destroy. La France prend conscience du problème. Le récent Livre Blanc de la Défense exprime la volonté de doter le pays de capacités défensives et offensives pour faire face aux attaques informatiques. Le terrain virtuel que représente Internet n'est désormais plus seulement l'apanage des organisations publiques ou privées, des internautes et des adolescents férus de téléchargements et de discussions en ligne. Les mafias en ont fait leur zone de non-droit. Surtout, de plus en plus d'États commencent à y percevoir des enjeux réellement stratégiques. Les différents scénarios catastrophe imaginés par certains réalisateurs de films hollywoodiens à grande audience ne font plus seulement sourire les incrédules, mais interpellent les états-majors et dirigeants des différentes nations. Reste à savoir ce qui se passerait en cas de conflit Internet majeur. Quel serait l'impact sur la multitude d'entreprises et d'organismes utilisant Internet sans se douter une seule seconde que cette menace pourrait bien se réaliser ? Il y a fort à parier que la grande majorité de ces entités ne seraient pas en mesure de réagir de manière adéquate en temps voulu.
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La goutte de pétrole qui ... |
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« La guerre, disait Mussolini, est l’examen de passage des nations ». L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ont été recalées. Deux tiers de siècle plus tard, d’autres défis surgissent. La cohésion sociale de nombreuses nations est mise à l’épreuve. De nouveaux « examens » obscurcissent l’horizon.
La croissance a masqué les difficultés. C’est une potion magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Maintenant qu’elle ralentit, des tensions peuvent surgir. La crise des subprimes, née en Amérique, a brisé l’élan. La vertigineuse montée des cours du pétrole réduit le pouvoir d’achat dans les pays importateurs et donne un coup de frein supplémentaire.
C’est en ce sens que l’on peut parler d’« examen des nations ». Là où les tensions sociales sont les plus vives, la diminution de la croissance sera la plus douloureuse. A cet égard, la Chine sera peut-être plus vulnérable que l’Inde car l’industrialisation y a été plus rapide et les migrations plus massives. De même, l’Allemagne et la France sont peut-être moins vulnérables que l’Angleterre, l’Espagne ou les Etats-Unis car plus l’endettement des ménages est élevé, plus les pertes de pouvoir d’achat paraissent insupportables.
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Jeunesse cherche héros |
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Serge Ravanel, compagnon de la Libération, a été un héros de la résistance française contre l’occupation nazie. Il a aujourd’hui 88 ans, peut à peine marcher mais se rend volontiers dans des lycées et collèges de banlieue réputés « difficiles » pour raconter la guerre à des adolescents en révolte contre la société.
Sa voix est frêle mais les jeunes « durs » se taisent, prêtent l’oreille et viennent à la sortie lui poser des questions et lui demander de rester encore un peu. Ce fait m’inspire quelques remarques : Ø notre époque manque de vrais héros. Les adolescents sont en quête. Ø les « professeurs » ont été formés pour « enseigner ». Cela ne suffit pas toujours pour devenir un « maître ». Ø il faudra bien un jour que les médias donnent la parole à ceux qui éclairent la cité, résistants, scientifiques, grands honnêtes hommes des temps modernes,... tout autant qu’aux "people" dont tous ne sont d’ailleurs pas à jeter aux orties.
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Armées & Défense : vers la fin de la confusion |
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Depuis des lustres, les Français ont pris l’habitude de voir se succéder des Livres blancs sur la Défense ne présentant, au mieux, que peu d’intérêt. En schématisant à peine, ils ne servaient qu’à justifier des décisions déjà prises depuis longtemps.
Ils servaient même souvent à démontrer les vertus de l’immobilisme. De quoi faire se retourner dans sa tombe le général de Gaulle qui a toujours prôné « la seule doctrine qui vaille : celle des circonstances ». On peut faire des reproches aux inflexions préconisées par le récent Livre blanc. De nombreux militaires ne s’en privent pas et ont raison de s’exprimer. Ils devraient cependant reconnaître qu’un virage a été pris : dans le cadre d’une stratégie globale, il n’y a plus confusion entre les défenses militaire et civile, entre les armées et la protection des populations. Le danger terroriste est clairement pris en compte. Il s’agit maintenant de passer de la théorie à la pratique en diminuant les vulnérabilités de nos infrastructures et en minimisant les risques de catastrophes susceptibles d’être déclenchées par des amis de M. Ben Laden.
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Sarkozy et le foot |
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« Les Français m’ont élu pour marquer des buts, pas pour être arbitre » aime à répondre Nicolas Sarkosy à ceux qui lui reprochent d’être un « Omni-Président ». L’argument est habile mais la plupart des Français se demandent si des buts seront vraiment marqués. Pour rester dans le langage du foot, ils se demandent si Sarko ne « joue pas trop perso », s’il a les qualités requises pour endosser le maillot de chef d’équipe.
C’est une vraie question car la situation dans la France d’aujourd’hui peut se résumer en deux phrases : Ø Sous l’impulsion du Président, de nombreuses réformes sont lancées. Ø L’exécution laisse d’autant plus à désirer qu’une certaine pagaille règne au gouvernement. Un lobbyiste va jusqu’à dire : « Les ministres se tirent ouvertement dans les pattes. En vingt ans de carrière, j’ai rarement vu cela ».
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Europe-Méditerranée-Monde : sortir de l’impasse, servir de modèle |
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L’Union Méditerranéenne, telle que l’avait rêvée Nicolas Sarkosy, n’existera pas : les pays de l’Union Européenne non riverains s’y sont opposés. « L’Union pour la Méditerranée » que, faute de mieux, Nicolas Sarkosy lance avec solennité, risque de souffrir à la fois de gigantisme et de paralysie.
Le Président de la République française, pourtant, veut du concret. Au départ, il avait fait référence à ce qu’il avait appelé la « méthode Monnet ». Il avait même explicitement cité la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier qui, en guise de première étape, avait seulement réuni six pays sur un projet commun portant sur seulement deux produits. Pour la Méditerranée, il y a tellement de choses à faire que plusieurs projets communs peuvent être nécessaires. Il faut cependant reconnaître que tous les projets n’intéressent pas forcément tous les pays en même temps. Il serait donc souhaitable de prévoir plusieurs « coopérations renforcées » au sein de l’Union Européenne. Le même principe s’appliquerait aux pays de l’autre rive et, selon les secteurs, les premiers participants ne seraient pas forcément les mêmes. Ainsi, les pays qui, au Nord comme au Sud se mettraient sur la ligne de départ pourraient fixer entre eux les règles du jeu étant entendu que les autres membres des deux rives seraient invités à adhérer ultérieurement. Un tel cheminement permettrait d’écarter un risque et de saisir deux chances : Ø Le risque écarté serait celui de l’enlisement dans un « machin » dont les structures seraient lourdes et dont les réalisations dépendraient de financements compassionnels. Ø La première chance viendrait de l’égalité entre partenaires. Dans les années 1950, la CECA aurait été un échec si l’Allemagne (vaincue) n’avait pas eu les mêmes droits et les mêmes devoirs que la France. En ce qui concerne l’Europe-Méditerranée, l’égalité doit être assurée entre « riches » et « pauvres ». D’où la nécessité que, dans chaque secteur, les ressources financières découlent d’un critère précis et acceptable par tous. Ce critère devrait, bien entendu, être choisi de telle sorte que les riches payent bien davantage que les pauvres. Ø La seconde chance serait l’exemplarité. L’Europe a été pionnière de la construction communautaire. Si l’Europe-Méditerranée pouvait, à partir d’une institution nouvelle, devenir un modèle à vocation mondiale, elle gagnerait ses lettres de noblesse car les institutions internationales, conçues pour la plupart à la fin des années 40, sont nécessaires mais insuffisantes. Il devient urgent de planter une nouvelle graine en choisissant, pour commencer, un secteur restreint. L’eau serait un vecteur symbolique : des populations migrent pour fuir la sécheresse ; l’eau polluée tue 15.000 personnes par jour (plus que le sida). Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. Guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout. Quelques pays du Nord et du Sud de la Méditerranée pourraient, sur ce terrain, planter une graine d’où sortirait une institution mondiale d’un genre nouveau.L’institution, dont les contours seraient définis par les premiers partants, serait dotée de réels pouvoirs et disposerait de moyens financiers. Le Club des Vigilants a travaillé la question depuis presque deux ans et les contacts qu’il a déjà pris montrent que des pays situés très au Sud de la Méditerranée pourraient être intéressés. Les fils du désert connaissent la valeur de l’eau. Et certains ont à se faire pardonner la valeur du pétrole.
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Biologie et mathématique |
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Les mathématiques ont depuis longtemps flirté avec la biologie mais, aujourd’hui, elles dépassent le statut d’outil statistique pour participer à la théorisation du vivant. On ne va plus chercher des mathématiques souveraines prêtes à l’emploi mais il y a enrichissement mutuel et la mathématique embrasse la biologie.
Car c’est une chose d’utiliser les outils mathématiques les plus évolués et c’en est une autre de faire participer pleinement des mathématiciens à des équipes de biologistes, de neurologues, de neuropharmacologues en les incitant à féconder leurs thèmes de recherche en concepts nouveaux. Ainsi une équipe de cette nature a-t-elle permis à la Pitié Salpêtrière de prévoir certaines crises d’épilepsie avec une avance de quelques minutes en découvrant un attracteur dans des milliers d’électro-encéphalogrammes traités par ordinateur. Un mathématicien des théories du chaos utilisé en sous-traitant aurait-il permis une telle découverte ? Il s’agit désormais, dans de nombreux cas, de fédérer des équipes relevant de la biologie et des mathématiques. Ce concept fécond de multidisciplinarité − qui vaut également pour la chimie (c’est déjà largement le cas) et la physique où beaucoup reste à faire − est pratiqué dans certains centres de recherche. Il justifie des enseignements joints de biologie et de mathématiques.
Jumeler complexité et simplicité en conjuguant l’intuition et la rationalité souvent prémonitoire de deux « big sciences » comme disent les anglo-saxons, quelle belle espérance.
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Libérer la croissance |
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Jacques Attali, qui est intervenu, le 11 juin 2008, lors du petit-déjeuner débat du Club des Vigilants, n’a pas manié la langue de bois. Satisfait que le rapport de la Commission pour la libération de la croissance qu’il préside n’a pas été remisé dans un tiroir, il n’en reconnaît pas moins qu’un certain nombre de propositions est loin d’emporter l’adhésion.
Toutes les propositions ont été, assure-t-il, prises à l'unanimité des membres de la Commission. Ce qui révèle, à sons sens, que tous les membres, pourtant de sensibilité très diverse, ont admis la gravité de la situation et pesé, en conscience, les remèdes les mieux appropriés. Jacques Attali reconnait que les propositions ont une cohérence qui, si elle est mise à mal, peut déboucher sur des solutions bancales. Mais il nie fermement les propos - tout le rapport ou rien - qui lui ont été attribués. Aujourd'hui, 180 des 316 propositions sont soit déjà mises en oeuvre soit sur le point de l'être, affirme-t-il. Certaines sont reprises telles que préconisées par la Commission. Il cite, à cet égard, tout le volet concernant l'industrie du savoir comme la modernisation de gestion des universités, les conditions d'organisation des stages, les réformes des échanges universitaires... D'autres, déplore-t-il, ont été modifiées. Ainsi en est-il de la proposition visant à instaurer une plus grande concurrence dans la grande distribution. Le maintien de la loi Raffarin et la suppression de la loi Galland, loin d'amplifier la concurrence et de faire baisser les prix pour les consommateurs, risquent, selon lui, de déboucher sur le transfert des profits aux actionnaires des quatre grands groupes de distribution en France. Autre motif de déception : tout ce qui a trait à la gouvernance. Des propositions très fermes et très précises ont été faites notamment pour la réduction des niches fiscales et des échelons administratifs - sept en tout entre la commune et l'Etat. Or, reconnaît-il, elles rencontrent une grande réticence. Comme si, estime-t-il, l'Etat était capable de tout réformer sauf lui-même. Il conclut que, de toute évidence, ce qui ne sera pas lancé avant le 1er juillet 2008, date à laquelle la France prend, la présidence de l'Union européenne, aura du mal à l'être plus tard. La présidence de l'Europe, très prenante, sera en effet suivie, en 2009, par les élections européennes. A croire que les réformes, même nécessaires, sont incompatibles avec une année d'élections.
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La sagesse de l’argent |
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La recherche est le moteur de tout progrès scientifique, technologique, économique et social. Pourtant, certaines recherches, surtout lorsqu’on touche au domaine du vivant, suscitent des peurs, déclenchent des angoisses et provoquent des préventions durables dans l’opinion publique, en particulier des pays développés.
Ces peurs, qu’on les considère comme raisonnées ou pas, ne sont pas sans conséquence dans le domaine scientifique et économique. On le voit avec les OGM qui, 10 ans après leur lancement, peinent encore à s’imposer dans de nombreux pays. Non seulement les gains économiques escomptés par les entreprises qui ont misé sur ces innovations sont lents à venir mais, plus grave encore, la recherche se trouve entravée. Comment éviter ces crispations ? En anticipant et en prenant en compte ces peurs. Aux Etats-Unis, l’industrie de la convergence des NBIC (Nanotechnology, Biotechnology, Information technology and Cognitive science) l’a, selon Jean-Pierre Dupuy, professeur de philosophie sociale et politique à l’Ecole Polytechnique et à Stanford University, très bien compris. 1 % des 1,5 milliards de dollars investis dans les NBIC vont à des recherches de type sociologiques. Philosophes, sociologues, anthropologues planchent sur l’"acceptabilité" des innovations potentielles. Jean-Pierre Dupuy parle de la "sagesse" de l’argent. Les investisseurs étant, pour l’essentiel, privés répugnent à ne pas recouvrer leur mise en cas de rejet massif de la part de la population. En Europe, l’investissement est sensiblement le même, la "sagesse" de l’argent en moins. En France, où la recherche est essentiellement publique, non plus. L’Etat apparaît comme le garant de l’intérêt public. Juge et partie, la présence du Tiers de "sagesse" lui semble superflue.
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Sans commentaire |
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La garde des sceaux, les medias, les hommes politiques, les anonymes ne cessent de donner leur opinion sur le jugement en annulation du divorce pour cause de "mensonge". Que les anonymes l'ignorent, bien que nul ne soit censé ignorer la loi, d'accord.
Mais que tous les autres, en commençant par une ex. magistrate, fassent fi de la loi qui interdit de commenter la chose jugée, démontre d'une part que la prétendue séparation des pouvoirs, en ce qui concerne les propos de Rachida Dati, n'est qu'un vœu pieux, et en ce qui concerne les autres démontrent qu'ils se moquent totalement de la loi. D'autant plus regrettable lorsque parmi ces hommes politiques il y a des députés chargés de voter des lois.
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La tectonique des plaques, nouvelle version |
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117 députés, de droite comme de gauche, ont manifesté à l’Assemblée nationale pour réclamer le maintien du système actuel d’immatriculation des véhicules qui doit changer au 1er janvier 2009 et être remplacé par le système européen (en vigueur depuis déjà 2 ans en Italie conformément à une directive européenne). Les numéros des départements disparaîtront et c’est ce qui motive la grogne de nos élus.
Cette « révolte » peut être qualifiée, au choix, d’anodine, de puérile ou d’insignifiante mais à l’heure où le Parlement est face à des changements profonds qui concernent les institutions, la vie sociale et l’activité économique et alors que le pays risque d’être paralysé à cause de la hausse des prix des carburants, cette manifestation d’un nombre non négligeable de représentants du Peuple est une parfaite illustration du conservatisme gaulois. A moins que ce ne soit un exercice de défoulement collectif mais les 117 n’ont pas fait particulièrement preuve d’humour. Que se serait-il passé si le Président de la République avait avalisé la suppression des départements, demandée par le rapport Attali ! ? Ou, pire encore, le non-cumul des mandats ? Pourtant ces deux réformes seraient des étapes essentielles dans la modernisation de la vie politique. Le Parlement et l’Exécutif se « frottent » de plus en plus. A quand le séisme majeur ?
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Caisses vides et porte-monnaie plats |
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Quand les économistes parlent de l’endettement d’un pays, ils font toujours référence à l’endettement de l’Etat et ignorent superbement l’endettement des particuliers. Or quels sont, parmi les grands pays européens, ceux qui, actuellement, résistent le mieux à la crise ?
N°1 l’Allemagne, N°2 la France. Et quels sont les pays qui souffrent le plus ? N°1 l’Espagne, N°2 l’Angleterre. Ce n’est peut-être pas un hasard si, dans ces deux pays, les ménages sont endettés à hauteur de 120 ou 130 % de leurs revenus annuels disponibles. Soit plus du double qu’en Allemagne et en France. Des porte-monnaie plats peuvent être plus dangereux que des caisses vides.
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La prétendue double peine |
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L’institution judiciaire s’est toujours méfiée des autorités administratives ayant un pouvoir de sanction comme l’A.M.F. (Autorité des Marchés Financiers) et la Commission de la Concurrence. Ainsi, de nombreuses sanctions de la COB (Commission des Opérations de Bourse) ont été cassées en appel, d’ailleurs souvent pour de bonnes raisons : le « contradictoire » (par lequel tout mis en cause a droit à une procédure transparente qui lui permet, dès le début, de se défendre face à un système qui instruit ni à charge, ni à décharge) n’était pas toujours respecté.
La COB sur le tard puis l’A.M.F y ont mis bon ordre et les décisions sont désormais le plus souvent confirmées par les cours d’appel. Reste qu’en théorie le justiciable de l’A.M.F. encourt un risque de double peine, le procureur pouvant d’autant plus déclencher une procédure judiciaire que le secrétaire général de l’A.M.F. lui adresse copie de son dossier.
Le rapport Coulon, du nom de l’ancien Premier Président de la cour d’appel, remis récemment à la garde des Sceaux, stigmatise ce danger. Qu’en est-il en réalité ? Dans la plupart des cas, le juge d’instruction saisi par le procureur s’en remet aux conclusions de l’A.M.F. Et, dans les rares dossiers où tel n’est pas le cas, le montant de la sanction de l’A.M.F. peut s’imputer et s’impute, en réalité, sur le contenu financier de la décision judiciaire.
Bref, la pratique de la double peine paraît sagement encadrée.
Tirer prétexte de cette locution fortement connotée pour faire rentrer dans le rang une A.M.F. réduite à la portion congrue serait, une fois de plus, céder à ce penchant français qui consiste à faire battre le pendule jusqu’à son extrémité plutôt que d’en saisir le point moyen.
Que les services d’enquête de l’A.M.F, plus étoffés et professionnels que ceux des tribunaux, soient mis à leur disposition, que les deux procédures se conjuguent plus étroitement, voilà ce que l’on peut souhaiter. Aller plus loin ferait de la France l’un des rares pays développés à ne bénéficier que d’une régulation des marchés financiers au rabais à une époque où ces marchés financiers n’ont jamais tant mérités d’être régulés.
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La guerre des Trois n’aura pas lieu |
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« Quel est, aujourd’hui, le pays leader de l’Europe ? ». A cette question, les deux tiers des Américains répondent l’Angleterre et les deux tiers des Européens répondent l’Allemagne. La France vient en troisième position. Les autres sont loin derrière.
Ce sondage, effectué par Harris Interactive pour le compte de l’International Herald Tribune et de France 24, n’apporte rien de surprenant mais met en relief des évidences qu’il serait stupide d’oublier : - Les Anglais jouissent d’une suprématie linguistique. L’Europe ne pourra avoir une ambition mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Anglais. - Les Allemands jouissent d’une suprématie économique. L’Europe ne pourra avoir de politique mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Allemands. - Les Français jouissent d’un « je ne sais quoi » qui tient à leur identité, à leur Histoire, à leur quête d’équilibre entre les contraintes du présent et valeurs de l’avenir. L’Europe ne pourra pas avoir de vocation mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Français. En un mot, il ne peut y avoir d’Europe authentique et efficace sans accord entre Allemands, Anglais et Français. Accord qui, allant au-delà des mots, réconcilie les arrières pensées, tienne compte des traditions, efface les préjugés. On en est loin. Hubert Védrine, dans "Géopolitique et volonté", montre comment, de son point de vue, il faudrait progresser. C’est une étape.
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Carrefour, un bouc émissaire temporaire |
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Au-delà des manifestations contre Carrefour, les conséquences sociales d’un ralentissement de l’expansion économique inquiète les autorités chinoises qui considèrent que le pays doit créer dix millions d’emplois nouveaux par an pour répondre à l’augmentation constante de la population urbaine.
Or, pendant les cinq dernières années, chaque point de croissance du PIB a entraîné une création de l’ordre de 850 000 emplois nouveaux. Dès lors, une croissance inférieure à 11% pèse sur le chômage et une croissance de 8% est qualifiée de récession. Alors qu’un ralentissement sensible était attendu pour le premier trimestre, l’économie chinoise a encore étonné. Elle a bondi de 10,6% pendant cette période. Certes, cette performance est en retrait par rapport au chiffre – récemment révisé à la hausse – de 11,9% d’augmentation du PIB pour l’année 2007, mais encore bien supérieure au taux de croissance de 9,3% prévu par le FMI pour l’année en cours.
Cependant, le problème le plus urgent pour les autorités chinoises demeure le contrôle de l’inflation qui s’est maintenue à 8,3% en mars après une poussée à 8,7% le mois précédent. Les manifestations anti-françaises accommodent le pouvoir central car elles détournent les préoccupations de l’opinion publique de l’augmentation des prix des carburants ainsi que de la chute de la bourse de Shanghai de 50% depuis octobre dernier. Si la réalité économique devait s’aggraver, il est peu probable que la paix sociale puisse se satisfaire longtemps de ce genre de pansements, même de Carrefour.
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Bienvenue chez les Chtis : une société rêvée |
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Le film de Dany Boon fait courir les foules. Dans le Nord comme dans toute la France. Après 4 semaines de projection, il avoisine 12 millions d'entrées. Selon la presse professionnelle, il doit attirer 20 millions de spectateurs, faisant jeu égal avec Titanic ...
Et les sondages font état d’un taux exceptionnellement élevé de satisfaction : les spectateurs ont ri et s’en félicitent. Un phénomène de société dont même la presse étrangère se fait l’écho. Les Français vivent dans ce film une des versions de la société dont ils rêvent, aux antipodes de la société qui les stresse. Ils y prennent un bain de petits bonheurs. C’est une société accueillante, affectueuse et tendre. Elle est joyeuse. L’entreprise (la Poste), dure dans ses superstructures hiérarchiques, est fraternelle et accueillante dans son vécu à la base. Le Nord et le Sud fraternisent. La maréchaussée est compatissante. Les couples qui se déglinguent se recollent dans un amour durable. Si, dans la réalité, les Puissants nous aident à construire cette société, nous serons plus heureux, plus inventifs et nous travaillerons mieux.
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Emploi versus violence |
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« Des études américaines sur les poussées de violence aux Etats-Unis montrent que l’on ne se révolte pas parce qu’on est pauvre mais parce qu’on n’a pas de travail. » Pour Hervé Azoulay, président d’Invest Banlieues et vice-président de l’Observatoire Economique des Banlieues qui s’exprimait lors d’un récent colloque au Sénat, la question de l’emploi est primordiale.
Loin des velléités politiques, les acteurs économiques semblent avoir reçu le message. Des grands patrons accompagnent et conseillent de jeunes créateurs d’entreprises dans les quartiers. Des fonds d’investissement en direction des territoires enclavés, en ville comme à la campagne, soutiennent des entreprises en quête de développement mais qui trouvent portes closes dans les banques. Le Medef, dans le cadre de Nos quartiers ont des talents, parraine 1 500 jeunes diplômés des cités difficiles en Ile de France et compte généraliser l’expérience à toute la France...
De l’altruisme ? Non une nécessité économique, soutiennent-ils. A l’heure où la pénurie de talents guette la France, il devient urgent de vaincre les "a priori" et de puiser dans le vivier que constituent les jeunes des cités.
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Etats-Unis / Iran : la France entre deux chaises |
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Le géopoliticien Gary Sick est l’un des meilleurs observateurs américains du Moyen Orient. Selon lui, les Etats-Unis et l’Iran devront finir par s’entendre et, pour y parvenir, auraient intérêt à recruter un « intermédiaire ». Celui-ci s’adresserait séparément à chacune des parties afin de redéfinir les bases du « grand bargain » qui avait été conçu en 2003 mais qui, finalement, n’a pas abouti.
Logiquement, la France aurait pu être cet intermédiaire mais le fait de s’être mise à l’avant-garde des sanctions contre l’Iran réduit sa marge de manœuvre. La diplomatie française se trouve en position inconfortable. Car de deux choses l’une : ou bien le conflit américano-iranien, loin de se calmer, s’envenime et la France se retrouve en première ligne ; ou bien le « grand bargain » prend corps sans que la France (ou un autre pays membre de l’Union Européenne) y soit pour quelque chose et les entreprises américaines rafleront tous les contrats. Dans l’immédiat, trois intermédiaires semblent offrir discrètement leurs services : l’Algérie, le Canada et la Suisse.
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Gordon Brown et la Bombe |
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Gordon Brown, Premier Ministre britannique, a déclaré le 21 janvier à New Delhi que la Grande-Bretagne était prête à prendre la tête d'un processus de vérification et de démantèlement des arsenaux nucléaires destiné à aboutir à un monde sans armes atomiques.
Les propos qui suivent peuvent être retrouvés à l'adresse : « Laissez-moi vous dire que la Grande-Bretagne est prête à mettre en oeuvre son expertise en vue d'aider à déterminer les moyens nécessaires pour éliminer de façon vérifiable les ogives nucléaires. Et je m'engage à ce que dans le processus de préparation de la conférence d'examen du Traité de non-prolifération de 2010, nous soyons en première ligne de la campagne internationale visant à accélérer le désarmement parmi les Etats possesseurs de l'arme nucléaire, à prévenir la prolifération de la part de nouveaux Etats, et à atteindre en définitive un monde débarrassé d'armes nucléaires ».
Déjà, une semaine auparavant, un groupe d'anciens dirigeants américains, conduits par Henry Kissinger et Georges Schultz, avait pris position dans le Wall Street Journal en faveur de la disparition programmée des arsenaux atomiques. Leur analyse se fondait sur la constatation pragmatique que la présence et le risque de dissémination d'arsenaux nucléaires conduiraient tôt ou tard à un monde finalement moins contrôlable et plus dangereux qu'un monde sans armes atomiques. La perspective de disparition des arsenaux nucléaires, si lointaine qu'elle paraisse encore, voit donc s'ouvrir une chance de quitter le monde de l'utopie. L'engagement d'un chef de gouvernement en exercice, à la tête d'un Etat doté de l'arme nucléaire, est évidemment décisif à cet égard. Il serait important que la France ne soit pas absente du mouvement : pour la simple raison que s'il était lancé et commençait à prendre corps, nous n'aurions pas d'autre choix que de le rejoindre. Autant donc nous y associer le plus en amont possible.
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Contradictions européennes |
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Notre président de la République , que cela soit vrai ou faux , nous a affirmé qu'il avait été le moteur principal du traité de Lisbonne ; j'observe que les présidents successifs ont fait deux erreurs :
La première, quand Jacques Chirac, se fondant sur les sondages, a décidé de demander par référendum aux Français leur point de vue sur le traité de Constitution. Il espérait transformer l'essai en plébiscite ; à l'évidence l'on posait une excellente question à 30 millions de Français tout à fait incapables de juger sainement et d'avoir une opinion éclairée.
La deuxième, quand Nicolas Sarkozy, craignant, s'il demandait aux Français de voter à nouveau, d'obtenir la même réponse, en passant par les sénateurs et les députés, a bafoué la décision du peuple qui s'était prononcé. J'observe que les votes ont eu lieu en catimini, que les médias en ont très très peu parlé, et que comme beaucoup je suis bien en peine de trouver le texte que le parlement a approuvé.
500 millions d'européens dépendent maintenant du vote des Irlandais, citoyens d'un pays peuplé d'environ 4. 500. 000 habitants donc peut être 3 millions de votants !!!!!
Mon propos en réalité est le suivant : Sarkozy devait-il être un activiste du Traité de Lisbonne alors que simultanément : 1° Le déficit public devait selon les règles de l'union Européenne être ramené à zéro en 2010. Il est en % LE PLUS ÉLEVÉ de la zone euro et Sarkozy a unilatéralement décidé de reporter le retour à l'équilibre à 2012 (cela sera d'ailleurs à voir). 2° La France, à très juste titre, se plaint de l'attitude de Trichet mais ces plaintes ne peuvent être formulées car contraires à l'indépendance totale de la BCE, indépendance garantie par les Traités.
3° Que dire de la manière cavalière, juridiquement indéfendable, qu'adopte la France quand il s'agit de défendre ses pêcheurs ?
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Grand Paris |
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Le projet du « Grand Paris » est maintenant d’actualité. C’est un immense projet qui engloberait le Paris actuel et 78 communes avoisinantes. Cette zone regrouperait près de la moitié de la population de l’Ile de France et plus de la moitié de ses emplois.
On comprend que le président de la République, le maire de Paris et le président de Région aient chacun quelques idées derrière la tête. Il semble donc utile de rappeler ici quelques données essentielles telles que les avaient énoncées Benoît Peaucelle, vice Président de la Société Française des Architectes, à l’occasion d’un débat qu’il avait introduit au Club des Vigilants le 24 avril 2007. L’intervention de M. Peaucelle a été résumée dans un dossier intitulé "Urbanisme et crise des banlieues", réalisé en collaboration avec Meriem Sidhoum Delahaye, publié dans le numéro 52 de Vigilances, daté de mai 2007. Nous nous contenterons ici de quelques extraits.
« La banlieue est, historiquement en France, l’endroit où l’on était mis au ban, à une lieue de la ville … Aujourd’hui, la réalité rejoint le sens étymologique du terme … la plupart des banlieues apparaissent, aux yeux de leurs habitants, surtout les plus jeunes, comme des lieux de bannissement »… « Vivre à Bobigny ou à La Courneuve n’est pas habiter Paris. En Angleterre ou en Italie, Bobigny et La Courneuve seraient des quartiers de la capitale. Au lieu d’agrandir les villes, nous les avons protégées par des boulevards périphériques ». « La relégation dans les cités occupées par les minorités ethniques correspond à la mondialisation par le bas. A l’autre extrémité on peut placer certains quartiers des grandes villes où domine la classe émergente de la mondialisation. Entre les deux, s’étend l’espace du périurbain pavillonnaire … Comment "faire société" dans une ville qui se défait selon trois directions aussi divergentes ? ». « Quelle est la grande différence entre un collège de centre ville et un collège de ZEP ? Dans le premier, il est plutôt valorisant d’être premier de la classe, alors que, dans le second, c’est dangereux : celui qui réussit devient la cible de la violence de ses camarades. Je connais tant d’adolescents qui pourraient réussir, mais ne se l’autorisent pas par souci de maintenir leurs liens de camaraderie … La carte scolaire, qui était une excellente mesure lorsqu’il y avait une mixité sociale sur le territoire, est devenue une terrible mesure dans les quartiers où une telle mixité n’existe plus ». Questions : Ne sommes-nous pas arrivés au point où des systèmes de bus devraient conduire certains enfants d’une « périphérie » actuellement ghettoïsée jusqu’à des collèges situés au « centre » ? Et, si tel est le cas, à qui devra appartenir la décision ? « Sans volonté politique et consensus des citoyens pour construire et habiter la ville, la polis, la cita, il ne peut y avoir offrande et expression du sens. L’architecture peut donner du sens, mais elle ne peut seule l’inventer sans consensus de la société. Et en l’absence du sens, l’exercice architectural ne sera, au mieux, qu’un exercice de style glacial et désespérant ». D’où l’intérêt d’étudier le projet d’une façon aussi pluridisciplinaire que possible … et avec la participation de citoyens ordinaires.
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Le nucléaire ne peut relever que de l’Etat |
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Le nucléaire, tant civil que militaire est au cœur de l’actualité. Et il n’a pas fallu longtemps au Président de la République pour constater que le nucléaire joue, dans le monde, un rôle particulier et qu’en détenir les clés constitue un argument politique de première importance.
La France est présente et crédible dans tout le nucléaire, aussi bien civil que militaire.Je ne dirai rien du nucléaire militaire. De par la Constitution, le Président de la République, chef des armées, est le seul à pouvoir en disposer.Mon propos ne concerne que le nucléaire civil. Dans ce domaine, la France occupe une position exceptionnelle grâce à l’existence de trois organismes qui, depuis 50 ans et plus, accumulent une expérience et des réalisations sans équivalent. Ces trois organismes sont le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Electricité de France (EDF) et Areva, lui-même résultant de l’intégration de Cogéma (Areva NC) et Framatome (Areva NP). A eux trois, EDF, CEA, Areva couvrent la panoplie complète du nucléaire civil, depuis la R§D effectuée largement au CEA jusqu’à la production d’électricité effectuée dans des conditions excellentes par EDF. Le maillon Areva se situe entre les deux, intervenant depuis l’extraction du minerai d’uranium jusqu’au retraitement des combustibles brûlés dans les réacteurs, en passant par toutes les étapes de l’enrichissement, de la fabrication des combustibles des réacteurs, de la conception des réacteurs, de la fabrication de leurs composants et de leur construction. Sans oublier, naturellement, les aspects commerciaux, financiers, etc. Tout ceci représente une énorme industrie qui, il faut le souligner, a été montée intégralement sur les fonds de l’Etat. Personne autre que l’Etat n’aurait été capable de prendre les risques qu’impliquent tout ce qui a été fait. L’Etat dispose donc là d’un capital intellectuel et matériel impossible à évaluer par les méthodes capitalistiques courantes et, en tout cas, hors de portée pour n’importe quelle entreprise privée, sauf à le recevoir en cadeau ! Dans la situation qui prévaut actuellement, le Président de la République est le responsable suprême de tout cet ensemble. L’Etat est en effet propriétaire du CEA et il détient une large majorité dans EDF et Areva. Lorsque le Président de la République parcourt le monde et offre les réalisations du nucléaire français à différents pays, il agit comme le chef de l’entreprise nucléaire et l’Etat assume naturellement les risques éventuels, techniques, financiers et politiques des opérations. Il ne faut pas oublier que l’industrie nucléaire a un statut particulier dans tous les pays du monde. La construction et l’exploitation d’installations nucléaires ne se font pas sur de simples initiatives privées, comme cela peut être le cas pour des centrales à gaz, au fioul ou au charbon. En nucléaire, les autorités de sûreté, toujours liées à l’Etat, autorisent, surveillent, interviennent souverainement tout au long de la construction et de la vie des installations. J J’en conclus que l’organisation actuelle du nucléaire français, fruit d’un long passé et d’une grande expérience, est parfaitement adaptée à la demande mondiale. Dans ces conditions, il serait bien difficile de comprendre les raisons pour lesquelles le Président, qui dispose d’un outil incomparable, si chèrement acquis aux frais du contribuable et si bien adapté aux projets politiques qu’il met en œuvre, déciderait de le démanteler pour y faire intervenir des entreprises privées hautement honorables mais qui n’ont pas de vocation particulière pour intervenir dans ce domaine si complexe, si spécialisé et si bardé de contraintes étatiques auxquelles il faut être rompu par une longue expérience. Rappelons comment se commande une installation nucléaire, une centrale électrique par exemple.L’électricien autorisé par son gouvernement lance un appel d’offres pour la partie nucléaire car c’est elle qui gouverne tout. Une fois ce choix effectué, l’électricien attend les spécifications qu’établit le constructeur nucléaire retenu pour pouvoir lancer les appels d’offres des sous ensembles : génie civil, centrale de secours, groupe turboalternateur, traitements des effluents, etc. L’électricien est le maître de son plan de cantonnement des lots de la centrale et il y tient beaucoup. Pour chacun des lots retenus par l’électricien, un appel d’offres a lieu qui met en concurrence plusieurs sociétés du même métier. Plusieurs sociétés de génie civil sont aptes à réaliser les bâtiments des installations nucléaires. Il en est de même pour les groupes turboalternateurs.Dans ce domaine précis, parler de « turbine nucléaire » est un abus de langage. Il n’y a rien de nucléaire dans une turbine de centrale nucléaire. Elle doit simplement être adaptée le mieux possible aux caractéristiques de la vapeur produite par le réacteur. Lorsque tout ceci est fait, l’électricien coordonne avec l’aide du constructeur nucléaire la réalisation de la centrale. On voit bien que les deux acteurs essentiels et incontournables sont le client et le constructeur nucléaire. Toute intervention d’un tiers ne peut que polluer le système et brouiller les cartes. Pour compléter ce point de vue, je reviens sur un point très particulier et très important, déjà mentionné précédemment. C’est le fait que l’acteur principal de ces dossiers est le Président de la République lui-même. Qui peut se croire capable de limiter ou d’encadrer son action, lorsqu’il est par exemple en tête à tête avec un chef d’Etat étranger ? Ou le faire revenir sur une position prise sous prétexte que le risque encouru serait trop grand ? Non, je suis vraiment convaincu que le schéma français actuel est le mieux adapté possible à la situation. Et si Areva a des besoins de financement pour faire face aux programmes importants qui s’annoncent, il faut étudier et mettre en œuvre des procédures qui ne portent pas atteinte à la propriété et à la direction majoritaire de l’Etat dans ce domaine. Jean-Claude Leny est ancien président de Framatome
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J. Attali, D. Pujadas, J.C. Bourret et les autres... |
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Le petit-déjeuner du Club en date du 16 janvier 2008 avait donné lieu à un débat fort intéressant sur le rôle des media. Jean-Claude Bourret déclara que ces derniers disaient tous la même chose, c’est-à-dire rien, et que, pour s’informer de ce qui se passe vraiment dans le monde, il se retournait vers les sites Bakchich ou Rue 89.
Ces propos, dans la bouche d’un ancien présentateur du 20 Heures, sont assez stupéfiants et en disent long sur l’état de déliquescence des grands media. Une illustration flagrante fut apportée par le 20 Heures de France 2 du 23 janvier. Présent sur le plateau, Jacques Attali assiste à un court reportage consacré au rapport qu’il venait de remettre au Président de la République. A la fin, il est invité par David Pujadas à commenter des images constituées, essentiellement, d'interviews de chauffeurs de taxis en furie. D. Pujadas se fit alors proprement « remonter les bretelles » par J. Attali qui, dans une colère froide, dénonça les mensonges (sic) de France 2 et des autres media, qui ont effectivement ramené les 314 propositions du rapport au problème « marginal » des taxis parisiens. Les regards affolés que Pujadas lançait à sa régie font, à eux seuls, un grand moment de télévision. Une bien belle illustration de la démagogie sinon du populisme d'un certain nombre de média ! On nous cite presque tous les jours l’exemple de la B.B.C., non pour son objectivité et sa rigueur, mais pour son absence de publicité. Comme l’avait bien illustré J.C. Bourret le succès d’Internet tient en partie à la recherche d’informations en dehors des circuits traditionnels conformistes et assujettis aux mesures d’audience. Télévision et presse sont toutefois nécessaires (J.C.B. n’a-t-il pas dit qu’il consulte le site de Backchich mais, en plus, est abonné à la version papier). Soyons vigilants et exigeants pour que la qualité et l’honnêteté intellectuelle soient à nouveau la première préoccupation de nos journalistes.
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Remake de la vache folle |
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Invoquant la flambée actuelle des cours des céréales et du soja, les éleveurs de porcs et de poulets réclament le retour des farines de viande et d’os (FOV) rebaptisées protéines animales transformées (PAT). Un tour de passe-passe pour ne pas effrayer le consommateur. Oubliés la crise de la vache folle, la montée de la défiance, la chute des cours qui a suivi la désaffection des consommateurs inquiets...
En juin dernier, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et l’Inra ont, dans un rapport consacré à la vache folle, mis en garde « sur le risque de réémergence de la maladie en cas de réintroduction des farines animales dans l’alimentation des espèces monogastriques ».
Pourtant, notre ministre de l’agriculture s’est empressé de saisir les instances de Bruxelles qui ont débloqué, sans coup férir, 1,7 millions d’euros et chargé l’Autorité européenne de sécurité des aliments de plancher sur le sujet. On voudrait faire passer les intérêts économiques avant les enjeux de santé publique tout en se réfugiant derrière une décision qui serait prise par les méchants de Bruxelles que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
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iPhone : à peine commercialisé, déjà piraté |
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Le dernier téléphone portable à la mode, l’iPhone d’Apple, était à peine sorti aux Etats-Unis qu’il était piraté. C’est un étudiant de 17 ans, George Hotz, qui, avec quelques potes, a mis 3 semaines pour faire sauter les deux verrous posés par le constructeur : l’obligation de s’enregistrer auprès d’Apple et de ne pourvoir utiliser son iPhone que sur le réseau sélectionné par le constructeur. Car Apple a innové en limitant pour chaque pays la vente de son fleuron à un seul opérateur.
Aux USA, c’est ATT a emporté le morceau. En France, Orange en lance la commercialisation aujourd'hui. En théorie, si vous n’êtes pas client d’Orange, vous aurez le choix entre quitter votre opérateur actuel ou vous passer d’iPhone. A moins qu’un George Hotz français émerge. Auquel cas, la juteuse opération qu’escomptait Orange pourrait se transformer en eau de boudin. Apple, de son côté, pourra bien crier au voleur. Mais la pratique commerciale basée sur la raréfaction organisée d’un produit afin d’en augmenter artificiellement la valeur est un véritable pousse-au-crime. D'autant que c'est la première fois qu'un opérateur est tenu de céder une partie - tenue secrète - du prix d'un appareil à son constucteur.
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De la prévention à la sélection |
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Conçu au départ pour les couples non stériles, confrontés au risque de maladies graves pour l’enfant, d'obtenir après fécondation in vitro, l'implantation d'un embryon certifié exempt de la maladie redoutée, le diagnostic préimplantatoire (DPI) a constitué, sans aucun doute, un progrès remarquable.
En France, il est encore très réglementé. Une extension au "bébé médicament" qui pourrait grâce a une moelle compatible sauver un enfant malade a toutefois été introduite. Partout ailleurs, une tendance inquiétante à la banalisation se dessine. Certains pays, dont la Grande Bretagne et les USA, ont décidé d’étendre le DPI au dépistage des gènes responsables de certains cancers tels le cancer du sein, de l’utérus et du côlon. Ceux pour qui l’horreur absolue serait de voir, plus tard, leur fils ou leur fille mourir d’un cancer du sein ou du côlon souscriront à la mesure. D’autres considéreront qu’être porteur de tel ou tel gène de tel cancer ne veut pas dire automatiquement développer la maladie ; que le cancer ne tue pas à tous les coups ; que s’il tue, c’est souvent à un âge relativement avancé ; et que les années ainsi vécues n’ont pas de prix. Ces deux attitudes posent le problème de l’extension du champ d’application du DPI : jusqu’où et sur quels critères ? Selon le Centre de Politique publique et Génétique (GPPC) à Washington, plus de 40 % des cliniques spécialisées américaines reconnaissent, d’ores et déjà, autoriser leurs patients à choisir notamment le sexe de leur enfant. En Chine, nouveau pays de l’argent roi, le DPI est libre pour celui qui peut payer. La liste des gènes et caractéristiques (sexe, couleur des yeux...) dépistés sont laissés à l’appréciation du client. En réduisant la personne à une caractéristique donnée, le DPI devient l’instrument d’une sélection qui est le premier pas vers l’eugénisme.
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La France vaut tout juste « 1 euro symbolique » |
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Il est frustrant de voir la place des pays mesurée à l’unique aune de leurs performances économiques. Selon ces critères, et notamment celui de la croissance du PIB, on peut avoir l’impression que la France fait du surplace voir recule. Or, à l’image des actions dans le monde de la finance, quelque soit la valeur intrinsèque d’une entreprise, quand il n’y a pas de progression, on a envie de vendre. Parfois de vendre à tout prix. La France ne vaudra-elle plus bientôt qu’« 1 euro symbolique » ?
Souvenons nous que sur des critères purement comptables, Alain Juppé voulait il y a 11 ans se défaire du fardeau de Thomson, alors entreprise publique, «pour 1 franc symbolique». L’opération n’a pas réussie, notamment grâce au travail de valorisation du capital immatériel de Thomson. Thomson c’était une histoire, des brevets, des savoir-faire, des experts et des ingénieurs, des capacités d’innovation, … Depuis, Thomson est devenu Thales, un acteur majeur de la Défense, de l'Aéronautique et de la Sécurité. N'oublions pas que Thales est le dieu de la guerre chez le Grecs anciens. La France ne serait-elle pas aujourd’hui, comme Thomson à l’époque, complètement sous valorisée ? Et ne suffirait-il pas d'un sursaut de « valorisation », pour rappeler que son histoire, sa culture, ses élites, son position géographique, la qualité de vie que l’on y trouve, … sont inestimables ! Ce qui n’empêche pas de réformer ce qui doit l’être ! Il y aurait là, pour la France, une bataille importante à mener.
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Mutations et crises des marchés financiers |
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La maîtrise de la globalisation et la recherche d'une gouvernance mondiale sont des sujets brûlants. Michel Prada, président de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), est intervenu mercredi 21 novembre, sur le thème : « Mutations et crises des marchés financiers » tentera d’ouvrir des perspectives.
Diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Bordeaux, énarque et Inspecteur Général des Finances, Michel Prada a le profil du parfait haut fonctionnaire. Diplômé de l’ENA (promotion Montesquieu), il gravit tous les échelons. Inspecteur adjoint des Finances (1966), il est nommé Chargé de mission au Service de l'Inspection Générale des Finances (1968), puis chargé de mission à la Direction de la Comptabilité Publique (Service des Etudes et de la Coordination (1970) et Chef de Service, adjoint au Directeur de la Comptabilité Publique (1978). La même année, il en prend la direction. En 1985, il est nommé Directeur du Budget puis, en 1988, Président du Crédit d'Equipement des Petites et Moyennes Entreprises. Membre du Conseil Economique et Social et du Conseil National du Crédit (1994-1995), Michel Prada devient, en 1995, président de la Commission des Opérations de Bourse (COB). En novembre 2003, il prend les rênes de la toute nouvelle Autorité des marchés financiers qui a remplacé la COB. Président du Conseil d'Administration de l'Orchestre de Paris (1989 - 2001) et du Comité Exécutif de l'Organisation Internationale des Commissions de Valeurs Mobilières (OICV) (1996 - 1998), Michel Prada a aussi présidé le Comité Technique de l’Organisation Internationale des Commissions de Valeurs Mobilières (OICV). D’abord de 1998 à 2000 et, de nouveau, depuis le 2 octobre 2005. Michel Prada a reçu diverses décorations dont celles de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (20 avril 1995), de Commandeur de la Légion d'Honneur (29 mars 2002) et de Grand Officier de l’Ordre National du Mérite (14 novembre 2005).
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La méthode Sarko |
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Nicolas Sarkosy parle fort, fait de la rupture une sorte de finalité mais, dans la pratique, agit avec une extrême précaution. Le cas des régimes spéciaux est illustratif : dans un premier temps, des chevaux légers de l’UMP émettent l’idée de tout aligner sur le privé ; dans un deuxième temps, il s’agit encore de tout aligner mais, cette fois, sur la fonction publique ; enfin, dans un troisième temps, l’alignement est maintenu mais susceptible d’être aménagé au cas par cas par des négociations dans chaque entreprises.
Au final, le tabou aura été brisé – c’est la rupture ! – mais (même si le problème des "fins de carrière" s’annonce délicat à régler) la médecine aura été douce. Les récalcitrants protestent en masse mais auront d’autant plus de mal à jouer la montre que Sarko, à la différence de Juppé et de Villepin, a pris soin de l’opinion. La méthode est habile. Reste à savoir si, conformément au proverbe, le fait de « ménager sa monture » permettra vraiment de « voyager loin ».
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Les beaux jours d’Areva |
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Hier décriée par les écologistes et boudée par les capitalistes, l’énergie nucléaire est en train de gagner sur les deux tableaux. Côté écolos, les oppositions persistent mais ne font plus l’unanimité : la crainte du réchauffement climatique joue en faveur des centrales qui ne rejettent pas de Co².
Côté investisseurs, la hausse des prix du pétrole et du gaz rend le nucléaire attractif. La construction des centrales coûte cher (et coûtera encore plus cher si l’on veut accroître les protections contre le risque terroriste) mais l’exploitation est si bon marché que la rentabilité s’annonce bonne. Areva, leader mondial, a de beaux jours en perspective. L’EPR se vend sur tous les continents. Le marché ne cesse de croître. Pas étonnant que l’entreprise allemande Siemens tienne à sa participation et qu’Alsthom, Bouygues et Total aient un strabisme convergent.
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Les incorruptibles n’existent pas |
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Selon la dernière enquête de PwC, parue dans la Tribune du 17 octobre, 43% des 5400 entreprises interrogées dans 40 pays se disent victime de fraude. Au total, la criminalité économique déclarée aurait engendré 3,1 milliards d’euros de pertes. Le coût moyen de la fraude par entreprise est de 1,6 millions d’euros. La perte est sèche dans 62% des cas. La fraude est constituée de détournement d’actifs (33%), contrefaçon (15%), et corruption (13%).
La France est mauvais élève. Pour l'ONG Transparency International, notre pays stagne dans sa lutte contre la corruption, et siège à la 19ème place sur 90 pays dans son classement de perception de la corruption. Ainsi, selon Roger Lenglet (1), auteur de « Profession Corrupteur », la corruption coûterait 30 milliards d’euros à la France, soit ¾ du déficit annuel de l’Etat.
Qui en sont les auteurs ? Parmi les métiers qui usent sans vergogne de ces pratiques illégales, il place au premier rang le lobbying - « le lobbying sans la corruption, ce n’est plus rien » affirme-t-il -, les agences de renseignements ou de sécurité privées.
Respecté et admis aux Etats-Unis, le lobbying n’a cessé de renvoyer une image pour le moins sulfureuse en particulier en France. L’activisme des cabinets de lobbying, dans les années 80 et 90, pour minimiser des scandales sanitaires comme celui de l’amiante n’y est sans aucun doute pas étranger. Mais les dérives de certains ne doivent en aucun cas occulter l’importance d’un lobbying plus "positif" notamment à Bruxelles où la France est nettement sous représentée. Car la corruption ne plonge pas ses racines dans une profession (lobbying ou autre) mais bien dans un état d’esprit. Et c’est cet état d’esprit qui doit être modifié avec des moyens appropriés.
Que faire contre la corruption ? Roger Lenglet explore quelques pistes :
- Promouvoir le rôle des militants associatifs qui mettent leur nez partout et fouillent avec opiniâtreté jusqu’à dénicher des « affaires ». - Renforcer la loi, avec par exemple la proposition de l’association Anticor (2) consistant à rendre inéligible à vie tout décideur politique qui aurait été jugé coupable de corruption, et d’interdire, pendant une certaine durée, tout marché public à toute entreprise corruptrice. - Accélérer l’adoption par la France de la Convention de Mérida (2005) qui s’attaque à la corruption des agents publics étrangers et comporte tout un arsenal préventif et répressif à l’échelle internationale.
Ces solutions, concrètes et raisonnables, sont entre les mains des législateurs ! Sans doute ceux-là mêmes qui sont la cible des corrupteurs !
Mais ce n’est pas si simple. Eva Joly, ancien juge d’instruction au pôle financier, rappelle, dans Télérama du 26 octobre 2007, les liaisons dangereuses que la France entretient avec certains pays africains dont elle soutient les dirigeants corrompus au nom des intérêts économiques de ses entreprises. Elle déplore plus généralement la complaisance "française" avec les malversations financières.
Rue89 confirme et renchérit : « les moyens consacrés à la grande délinquance financière n'ont cessé de diminuer. Baisse d'effectifs dans les brigades spécialisées, pressions diverses sur les juges du pôle financier et enfin cette déclaration étonnante du président de la République devant les patrons du Medef, le 30 août dernier: "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme". »
Comme le dit Roger Lenglet « les incorruptibles seraient exceptionnels » !
Sources :
(1) On pourra lire avec intérêt la biographie de Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation. Son parcours est très intéressant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Lenglet
(2) Anticor, association à laquelle appartient Roger Lenglet et le juge Eric Halphen, et présidé par Séverine Tessier http://anticor.wordpress.com/
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Nous sommes assis sur un tas d’or |
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Voici quelques extraits de l'interview d’un ministre. A vous de découvrir de quel secteur il s’agit :
« La priorité absolue est de préserver l’indépendance nationale et européenne en matière de recherche … » « Là encore, l’Europe doit faire attention à sa capacité de recherche pour ne pas être totalement dépendante des Américains ou des Chinois .»
On pense naturellement à la Recherche.
« Il faut en même temps créer des mécanismes de stabilisation, de gestion de crise. »
On s’oriente vers la politique étrangère.
« Pour une fois, ayons un débat politique avant le débat budgétaire. »
S’agit-il de la Sécu, de l’Education nationale ?
« Une volonté clairement exprimée d’appliquer aux produits entrants dans l’Union le même niveau d’exigence sanitaire environnementale voir sociétale que nous demandons à nos propres produits. »
La santé, l’industrie ?
« Une grande politique de souveraineté alimentaire permettant à l’Europe d’être autosuffisante et d’exporter. »
Vous avez trouvé ? Il s’agit du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, par la voix de son ministre Michel Barnier. L’interview fait deux pages et est diffusée dans La Tribune du lundi 1er octobre.
Pourquoi extraire ces citations de son discours ? Pour mettre en avant la vision stratégique de ce ministre sur son secteur. L’agriculture sera demain, encore plus qu’aujourd’hui, au centre de grands enjeux. Michel Barnier le rappelle en début d’interview « Avec 9 milliards d’habitants en 2050, la monde va avoir faim ». Tout est dit. Quelques conséquences :
- Si aujourd’hui la richesse d’un Etat est en partie corrélée à sa richesse énergétique (pétrole, gaz, …) il se peut que demain ce soit corrélée à sa … richesse agricole ! Car si on peut vivre sans pétrole, on ne peut pas vivre sans manger. La France, actuel second exportateur mondial de produits agricoles aura alors une carte formidable à jouer !
- A ce premier enjeu se calque un second. Il ne suffira pas de produire. Il faudra produire sain, et même bio. Car à quoi servira de grands cheptels s’ils sont contaminés, et doivent être abattus ? A quoi serviront de vastes étendues arables, si les nappes phréatiques pour les arroser son contaminées ?
- Dernier point, la carte géopolitique mondiale s’en trouvera certainement modifiée. Certains Etats, aujourd’hui très riches de leur sous-sol mais composé de terres totalement improductives, se préparent certainement dès maintenant à ce retournement de situation. Mais que faire quand on ne possède ni bonnes terres ni eau ? La technique peut offrir un palliatif (ex : dessalement de l’eau de mer). Acheter ou prendre les terres de son voisin peut en être un autre.
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Immigration sans tabous |
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Depuis plus de 40 ans, le discours sur l’immigration en France n’a pas varié d’un iota. Le flou maintenu entre immigration légale et illégale non plus. Une loi chasse l’autre – on en est à la 72ème depuis 1945. Et depuis la fin des années 70, elles vont toujours dans le même sens : durcissement, verrouillage, exclusion.
Depuis près de 20 ans, le discours dominant sur la mondialisation "heureuse" prône toujours plus d’ouverture, de concurrence, de dérégulation. Les capitaux, les marchandises et même les usines jouent à saute-frontière sans freins, ni limites. Un jour en Savoie, le lendemain à Timisoara et le surlendemain à Chengdu. Les hommes, quant à eux, sont sommés de "pourrir sur pied". Mais les humains ne sont pas des plantes. Ils ont des jambes. Ils marcheront toujours vers un ailleurs qu’ils espèrent meilleur.
C’est le cas de tous les "illégaux" du monde. En France, ils seraient entre 300 000 et 500 000. Le 20 août dernier le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale s’inquiétait de ne pas atteindre les 25 000 reconduites prévues pour 2007. Rythme qui, s’il était tenu et à condition que le stock de sans papiers n’augmente pas, permettrait à la France d’être "libérée" de ses illégaux au mieux en 2020, sinon en 2028. Pendant ce temps, la plupart travaille, consomme, aime, fait des enfants... N’est-il pas temps de remettre tout à plat sans a priori ni démagogie ? Des secteurs entiers – BTP, hôtellerie-restauration, agriculture... – souffrent de pénurie de main d’œuvre. Le vieillissement de la population ne va pas arranger les choses. Régulariser tous ceux qui peuvent bénéficier d’un contrat de travail, quitte à définir une période plancher (par exemple 5 ans) de travail effectif avant l’octroi d’une carte de 10 ans, serait un gage d’efficacité économique – des impôts et des cotisations sociales en hausse – et de cohésion sociale par une meilleure intégration.
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Improductif malaise |
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Les Français aiment le travail. Toutes les enquêtes internationales le montrent. Il compte même plus dans leur vie que dans la plupart des autres pays développés. Paradoxalement, c’est en France que le taux de satisfaction au travail est le plus faible. Plus alarmant encore, à la question des entreprises où il est agréable de travailler, dans la plupart des pays, les premières places sont largement occupées par des firmes nationales.
Pas en France, où le haut du tableau du "bon vivre" affiche surtout des filiales d'entreprises étrangères. Pourtant, le lien entre satisfaction au travail, productivité et innovation est avéré. A contrario, l’insatisfaction débouche sur une moindre implication au travail, un manque d’initiative, un déficit d’innovation et... in fine un faible dynamisme économique et une croissance en berne.
Pour Edmund Phelps, professeur d'économie à l'université Columbia, Prix Nobel d'économie en 2006, la performance économique ne se résume pas à la productivité. Elle s'apprécie aussi et peut-être même surtout, à ses yeux, par les taux de participation et d'emploi et la satisfaction au travail ainsi que par le degré d'engagement des salariés dans leur emploi. Or, le marasme économique européen, français en particulier, proviendrait, selon lui, d'une relation déplorable au travail et à l'innovation.
Aux Etats-Unis, le bien-être au travail est devenu une des préoccupations centrales des entreprises. Certes, la peur des procès pour harcèlement moral tout autant que le coût du mal être – ce sont les entreprises qui payent la couverture santé de leurs employés – y est pour quelque chose. Mais pas seulement. La reconnaissance de la satisfaction au travail comme facteur de productivité, d’innovation et d'attachement à l'entreprise est maintenant largement admise. Il en est de même au Canada et dans les pays nordiques. Mais rien de tel ne semble s’esquisser en France. En cause ? Un management d’entreprise marqué par des hiérarchies pesantes qui musèlent l’initiative, entravent la coopération, brident l’innovation et qui... lorsque le malaise devient trop fort fait appel à un sous-traitant : la sécurité sociale.
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Sarko catalyseur d’attention |
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Beaucoup d’observateurs se demandent si Nicolas Sarkozy, à force de jouer à Zorro et d’être en permanence dans les médias, ne risque pas de se brûler les ailes. Peut-être ont-ils raison car la surexposition comporte d’incontestables dangers.
Cependant, notre époque est ainsi faite que le rêve de tout un chacun est de passer à la télé. Les idoles sont des « people ». Le temps n’est plus où les chefs, pour être admirés, devaient se montrer peu. La discrétion semble d’autant moins indispensable que les gens s’identifient volontiers à des vedettes coutumières de frasques. En ce sens, il n’est même pas certain que les incongruités de « Cécilia » portent véritablement ombrage à son président de mari. Dans un monde fugace, l’essentiel est peut-être de retenir l’attention … avant d’être jugé sur les résultats.
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Les biclous de Bébert 1er |
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Certains vous diront que l’opération Vélib c’est bien mais que l’engin est lourd à manipuler, qu’il reste inaccessible à beaucoup et que l’on se déplace plus vite en métro ou en voiture. Vue restreinte d’une partie de la population qui ne voit pas comment tirer avantage de la belle et victorieuse initiative de « Bébert 1er ».
Surfant sur la vague verte, Delanoë a pourtant marqué un panier d’avance pour une éventuelle réélection à la mairie de Paris. Plus de coulées vertes dans les rues de Paname = moins de pollution, plus de gens sportifs et donc une santé publique qui s’améliore, déjà deux points d’avance pour « Bébert 1er » sur les adversaires potentiels. L’initiative lyonnaise a fait des émules et la capitale est désormais jalousée par ses voisins limitrophes : 2008 va peut-être devenir l’année du Vert sur l’Ile de France.
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Une nationalisation rampante |
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La fusion annoncée entre GDF et Suez attire les foudres des syndicats et de certains partis politiques au motif que cette fusion ne serait que la privatisation de GDF.
La réalité économique est tout autre et il s'agit en fait d'une nationalisation rampante de Suez. M. Fillon lui même a déclaré sur les ondes que le pourcentage consolidé de l'Etat dans le nouvel ensemble sera de 40 %, bien supérieur à la minorité de blocage.
Tout le monde sait bien qu'en détenant 40 % du capital d'une entreprise, le reste étant très dilué, on y fait la loi. Il est, dès lors, peu probable que les autorités belges voient d'un bon œil leurs centrales nucléaires passer sous contrôle d'un Etat étranger. Heureusement pour la France, il n'y a actuellement plus de gouvernement belge. Mais si, comme cela est fort possible, les Flamands l'emportent outre-Quiévain, les lendemains risquent d'être difficiles.
Quoi qu'il en soit, cette affaire aura vu se renier autant M. Sarkozy que M. Mestrallet, le premier oubliant qu'il s'était engagé à ce que l'Etat ne descende jamais en dessous de 70 % dans GDF, le second ayant déclaré très récemment qu'il n'accepterait pas une cession des activités environnement de Suez. Et de nous expliquer qu'un "spin off" n'est pas une cession stricto sensu ; soyons sérieux...Tout cela ne renforce pas la crédibilité dans les élites politiques et économiques et c'est bien dommage en ces temps dits de "rupture".
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De la démocratie |
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Malgré leurs errements, les États Unis restent une vraie démocratie. Outre l'incroyable mouvement de balancier qui s'opère en ce moment sur la question des libertés publiques, la totale indifférence que manifeste le pouvoir judiciaire aux pressions du microcosme est une grande leçon alors que la justice française frémit encore d'avoir osé poser des questions à Jacques Chirac.
Je ne souhaite pas particulièrement que l'ancien président aille en prison (je ne le souhaite à personne) mais l'impunité française est parfois difficile à accepter. L'arrogante prestation d'Alain Juppé à Bordeaux suite à son échec aux législatives montre à quel point les fautifs ont chez nous tendance à estimer qu'ils n'ont de compte à rendre à personne et que leur en demander relève du crime de lèse majesté ! Et tous ces élus condamnés et réélus montrent également qu'ils auraient sans doute tort de raisonner autrement.
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Maléfices agricoles |
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La France, premier producteur européen de denrées agricoles est importatrice nette de produits bio. Si l’on recherche l’origine du mal, on tombe, semble-t-il, sur deux causes principales. D’une part, les prix garantis par la PAC ont longtemps permis aux plus grands exploitants de gagner beaucoup d’argent avec des cultures de base. D’autre part, les fermages traditionnels sont trop petits pour inciter leurs cultivateurs à se lancer dans de nouvelles aventures.
Ainsi, les produits bio se sont-ils développés sur relativement peu d’espace. Le lobbying exercé par la FNSEA en faveur de l’éthanol, risque encore d’aggraver les choses. La France a beau être grande à l’échelle européenne, elle ne dispose pas de superficies comparables à celles du Brésil ou des Etats-Unis. Les cultures de niche et de haute qualité lui conviendraient mieux que la production de masse.
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Botnets : guerre virtuelle, risque réel |
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Il n'y a pas que le monde réel à subir des conflits armés. L'attaque de grande ampleur, en mai dernier, visant à perturber et à paralyser une importante proportion des sites Internet gouvernementaux et privés estoniens en apporte la preuve. Cela sonnait comme une mise en garde. Cela ressemblait à des grandes manœuvres. L'OTAN et la Commission Européenne s'en sont inquiétés.
Les armes de destruction presque massive, utilisées dans ces nouveaux conflits, sont appelées « botnets », ce qui signifie réseaux de robots. La prise de contrôle furtive de centaines de milliers de PC reliés à Internet à l'insu de leurs utilisateurs (particuliers, entreprises, voire parfois gouvernements !) permet alors aux attaquants de mener à bien leurs actions, chaque ordinateur sous contrôle (le « bot ») étant alors programmé pour lancer l'attaque vers une cible précise à un moment donné. L'analogie avec le monde réel pourrait être celle de batteries de centaines de milliers de missiles répartis dans le monde et télécommandées vers des cibles précises.
Ces armées de PC appartiennent souvent à des particuliers qui ignorent que leur ordinateur est sous contrôle de cybercriminels, pour l'envoi de spams ou la préparation d'attaques. Or, il est très difficile de responsabiliser l'ensemble des internautes à ce sujet. Ce qui laisse le champ libre aux terroristes informatiques. Des parades existent. Des actions coordonnées entre les polices de différents pays peuvent s’avérer efficaces dans la traque des réseaux de robots sous contrôle. L'opération Rot Boast du FBI, la semaine dernière, a ainsi permis la découverte d'un réseau d'un million de PC sous contrôle : http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel07/botnet061307.htm.
La cybercriminalité se nourrit, la plupart du temps, de l’"insécurité" des ordinateurs de particuliers et de l'"inexpertise" de leurs utilisateurs. Face à ce risque, les gouvernements sont alors impuissants. Sans aller jusqu'à imaginer un « permis à points » de l'internaute, l'utilisateur doit être sensibilisé. Le Passeport Internet et Multimédia proposé par le gouvernement : http://delegation.internet.gouv.fr/pim/index.htm est, en ce sens, une bonne initiative. Il faut aller plus loin. Ce qui permettra à la France de perdre sa place de numéro 1 mondial de PCs sous contrôle.
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Parlez-moi d’amour ! |
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Comme la plupart des citoyens dans la plupart des démocraties, les Français ont envie « d’autre chose ». Avec Sarkozy, ils ont choisi de rompre avec l’immobilisme. C’est un premier pas, un passage obligé. S’il est bien franchi, on ne pourra que s’en réjouir. Restera à définir « l’autre chose ». Le Parti Socialiste en est aujourd’hui incapable mais ses échecs l’obligent à une remise en cause et la quête française d’un « socialisme nouveau » méritera d’être observée.
La première manche va se jouer, dans les mois qui viennent, entre les tenants de la « social démocratie » (qui savent ce qu’ils veulent) et ceux qui cherchent encore. Le problème avec les socio démocrates est qu’en dépit de leur intelligence et de leur sincérité ils demeurent prisonniers d’un idéal passé. Leur référence de prédilection est le Congrès de Bad Godesberg par lequel le parti socialiste allemand, le SPD, a bien voulu reconnaître la réalité de l’économie de marché. C’était en 1959 !
L’ambition, comme le montrent les discours de l’époque, consistait à distribuer plus équitablement les fruits de la croissance, à mettre sur pied une variante efficace de «l’Etat providence », bref, à traduire en termes politiques les analyses économiques du professeur Keynes. C’était un processus fécond quand chaque pays était plus ou moins autonome et que la mondialisation servait seulement de thème à de savantes réflexions.
Depuis Bad Godesberg, 48 ans ont passé et, pendant ce quasi demi siècle, le communisme s’est effondré, le libéralisme a triomphé, la société a profondément évolué. Les jeunes d’aujourd’hui ne rêvent plus de « lendemains qui chantent » mais sont à nouveau capables de chanter des lendemains. Ils ont soif d’idéal, besoin d’écoute, de participation. De ce point de vue, n’en déplaise à Dominique Strauss Kahn ses propos font « vieux jeu ». Certes, il ne va pas aussi loin qu’Alain Juppé, disant, au début des années 90, que la participation était « un truc utilisé par les gouvernements pour faire passer leurs réformes ». Il n’en considère pas moins – et nous sommes en 2007 ! - que c’est « un moyen et non une fin ».
Dans le monde d’aujourd’hui, pourtant, la connexion est partout. Si l’on veut qu’un progrès puisse éclore, il faut que la société se l’approprie. Au lieu de découler d’une loi (que la complexité va bientôt transformer en usine à gaz) il devra résulter d’une multitude d’initiatives qui, formant réseau, s’enrichiront l’une l’autre tant à l’intérieur des frontières que par le cosmopolite mélange de cultures diverses.
Qu’on le souhaite ou qu’on le regrette, l’aspiration à « autre chose » ne pourra être satisfaite que si, grâce à une croissance plus verte et à une fraternité moins abstraite, émerge une mondialité nouvelle. Les enjeux écologiques et le cumul des menaces sont tels que la nouvelle gauche sera connective ou ne sera pas.
S’il fallait inventer un nouveau slogan, le plus simple serait de reprendre le titre d’une vieille chanson : « Parlez-moi d’amour ! ».
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Le pouvoir de la presse |
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Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les interrogations sur les relations entre « le pouvoir » et « les médias » vont bon train. La proximité supposée et ces implications sont difficiles à mesurer. Par contre, un exemple récent prouve - encore une fois - l’influence énorme des « médias » sur « l’opinion ». Et donc des enjeux de maitrise des médias.
Lors de l’élection présidentielle, la société Lexis Nexis a mesuré la visibilité des candidats dans la presse la semaine qui précédait le scrutin du 22 avril. Il en ressort un chiffre stupéfiant : le coefficient de corrélation entre le pourcentage de visibilité dans la presse et le pourcentage de vote est de 0,99 !
Voyez plutôt (chiffres en %) :
Pour M. Le Pen, score au premier tour 10,44 / visibilité dans la presse 10,74
M. Bayrou, score 18,57 / visibilité dans la presse 18,86
Mme Royal, score 25,87 / visibilité dans la presse 21,29
M. Sarkozy, score 31,18 / visibilité dans la presse 29,24
Et il en va de même pour tous les candidats. Nous sommes au delà de la simple coïncidence.
De quoi laisser songeur … et incliner à la vigilance.
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LOLF : Un paradis pavé d’embûches |
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Entrée en vigueur au 1er janvier 2006, la LOLF (loi organique relative aux lois de Finances) prévoit de structurer le budget de l’Etat selon une logique métier. Mais attention le diable se niche dans les détails. En effet, si l’idée est séduisante, sa réalisation se heurte à de nombreux écueils.
Depuis quelques mois, le secteur public bruisse d’un étrange acronyme : LOLF. Ce sigle onomatopéique désigne une discrète révolution en matière de gestion publique. Sans insister sur ce qui caractérise une loi prise en la forme organique, il s’agit tout simplement de définir les règles selon lesquelles est maintenant voté le budget de l’Etat.
A l’initiative de deux parlementaires, un socialiste et un UMP, et inspirée de l’exemple canadien, la loi part d’un constat : la dépense publique, depuis l’ordonnance de 1959, faisait l’objet d’un budget voté annuellement… mais dont la quasi-totalité était reconduite à l’identique de l’année écoulée (modulo une indexation), le débat contradictoire portant uniquement sur les dépenses inédites. C’est de là que découlaient les supposées consommations forcées de lignes budgétaires en fin d’année (« les camions qui tournent dans la cour de la caserne pour brûler le carburant ! ») pour légitimer leur reconduction d’une année sur l’autre.
Entrée en vigueur au 1er janvier 2006, la LOLF prévoit de structurer le budget de l’Etat non pas selon la traditionnelle nomenclature formelle en chapitres, articles, etc. mais, selon une logique métier, en identifiant les missions du service public, subdivisées en programmes affectés à chaque Ministère, puis en actions et sous-actions. Et ces différents niveaux d’agrégation budgétaire se voient attribuer, dans chaque projet de loi de finances (PLF), un jeu d’indicateurs de performance. Chacun de ces indicateurs est assorti d’un objectif négocié avec Bercy de manière ascendante aux différents niveaux où s’élabore la performance dans les administrations centrales et leurs services déconcentrés.
En effet, à l’organisation par directions, sous-directions, bureaux, services, etc. des administrations se superpose désormais une structure LOLF en programmes, subdivisés en budgets opérationnels de programme (BOP) puis en unités opérationnelles (UO). Un processus itératif de dialogue de gestion avec chacun de ces niveaux permet d’élaborer par agrégation, pour chaque Ministère, un projet annuel de performance (PAP), qui l’engage pour l’année, au vu de ses priorités politiques, de ses moyens financiers et humains, sur ces fameux objectifs pour chaque indicateur du PLF. En fin d’année, un rapport annuel de performance (RAP) décrit et explique le niveau d’atteinte de ces objectifs. C’est sur cette base que sera allouée la dotation budgétaire de l’année suivante.
Autrement dit, les moyens sont mis à disposition non plus à mesure de la dépense constatée, mais de la performance mesurée. Naturellement, cette performance ne traduit pas une rentabilité économique, les administrations n’étant pas des centres de profit, mais une efficacité (est-ce que je remplis effectivement ma mission de service public ?) et une efficience (est-ce que j’accomplis mon action publique au moindre coût financier et humain ?). Les responsables de programmes, de BOP ou d’UO performants peuvent légitimement se fixer des objectifs plus ambitieux et, partant, réclamer des moyens accrus en proportion.
Outre cette ambition d’objectiver l’utilité de l’action publique et de la corréler à une rationalisation de la dépense publique, ce dont nous autres contribuables et usagers ne pouvons que nous féliciter, la LOLF décale mécaniquement le terrain de jeu des responsables au sein des administrations. Le niveau de jeu de ceux qui se sont vus bombarder responsables d’un échelon LOLF s’en est trouvé haussé ; les relations de direction ont pris un caractère de relations de gouvernance. Les secrétariats généraux, qui ont fleuri ces dernières années, et les cellules de contrôle de gestion, deviennent des acteurs-clés, promoteurs de la modernisation de l’Etat au sein de leurs structures.
Un monde idéal, donc ? Bien sûr que non. L’idée est séduisante, sans ambiguïté ; qu’en est-il de sa réalisation ? Deux pierres d’achoppement compliquent la mise en œuvre de la démarche : l’organisation LOLF des Ministères et la jeu d’indicateurs de performance.
En effet, et notamment pour les administrations qui présentent un tissu déconcentré important (Défense, Intérieur, Education…) voire autonome (Justice…), identifier les bons niveaux où s’élabore et se consolide la performance et les traduire dans la chaîne UO/ BOP est délicat. Bien souvent, l’enjeu de pouvoir, d’autonomie et de visibilité qui sous-tend le fait d’être res-ponsable de BOP supplante, dans les choix en matière de structure LOLF, la pertinence au vu des réalités du métier et des missions de service public. Le nombre volontairement limité de niveaux et leur articulation pyramidale ne permettent pas toujours de refléter fidèlement les réalités de l’élaboration de la performance sur le terrain, masquant des processus spécifiques.
Quant aux indicateurs, leur logique même suppose que toute activité en matière de service public peut se transcrire de façon univoque par un jeu de valeurs chiffrées, au degré d’agrégation nécessaire et suffisant (des indicateurs trop détaillés donnent une vision parcellisée du fonctionnement ; des indicateurs trop agrégés masquent la complexité des phénomènes et empêchent d’identifier des mesures correctives appropriées), que l’on sait effectivement mesurer avec un degré de fiabilité et un rythme appropriés. Si la capacité de déploiement des troupes semble répondre à ce cahier des charges, la réduction du chômage des jeunes est déjà plus ambiguë (comment distinguer les effets du contexte économique, des évolutions sociologiques, des initiatives privées, du système éducatif, etc. de ceux du Ministère de l’emploi ?) ; quant au rayonnement culturel de la France à l’étranger, il semble pour le moins hasardeux de le réduire à un modèle numérique.
Enfin, puisque cette mesure de performance ambitionne de piloter l’opportunité et le coût de l’action publique, il importe que les valeurs particulièrement bonnes ou mauvaises des indicateurs déclenchent non pas de simples constats, excuses, félicitations ou recherche de responsables, mais des actions : détection des difficultés, identification des causes, décision, proposition de mesures correctives.
Ajoutons que le choix des indicateurs ne saurait être neutre : on sait tous que toute variable observée s’améliore ; à ce titre, le jeu d’indicateurs retenu oriente les sujets sur lesquels un effort particulier est attendu par l’échelon politique. A l’inverse, il est tentant de proposer des indicateurs dont, du fait de leur définition, une valeur satisfaisante est quasiment garantie, ce qui court-circuite la notion d’objectif ambitieux qui sous-tend la démarche. De même, ce qui n’est pas un indicateur devient vide d’enjeu et se trouve souvent négligé. Effet pervers : l’obtention d’une « bonne » valeur d’indicateur peut devenir une fin en soi en oubliant la mission de fond : j’échoue objectivement, mais le système dit le contraire, donc je suis réputé remporter un succès.
Ne nous leurrons donc pas : la mise en place de la LOLF n’est pas en soi un progrès décisif. C’est une étape d’une démarche plus vaste et nécessairement progressive. La complexité du jeu d’acteurs entre les parties prenantes est, comme tout environnement qui oscille entre coopération et concurrence, intrinsèquement fertile en matière de réflexion, d’émergence d’idées innovantes et de sélection naturelle des pratiques les plus fructueuses. A petits pas, en identifiant lucidement les fausses bonnes idées et en promouvant les bonnes avec courage, les structures LOLF et les jeux d’indicateurs vont s’affiner au fil du temps et devenir de plus en plus pertinents.
On est encore aujourd’hui en phase d’exploration des éclairages que ce nouveau prisme peut apporter sur le fonctionnement de la dépense publique (on mesure les dégâts). A mesure que l’outil d’observation s’affinera, s’opérera spontanément en parallèle l’émergence d’un processus vertueux de boucles de rétroaction sur l’action publique (on adapte l’action aux besoins de l’usager). Nous sommes peut-être à l’aube d’un mouvement de fond qui fera passer insensiblement du contrôle de la dépense au pilotage du service.
Acceptons-en l’augure…
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Un traité canada dry |
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Bien entendu, comme je l'affirmais alors, il n'y avait pas de Plan B il y a deux ans. Cependant, le traité Canada Dry, dont j'ai entendu les grandes lignes ces derniers jours est la preuve que 27 pays ne pouvaient pas, en 2007, vivre comme jadis au Far West .
Un minimum de "lois", "règlements", "obligations" devaient être rédigés.
Le "traité de constitution" avait été soumis au peuple français... et avait donc été refusé.
Il est évident que l'accord de ce jour sera entériné par le Parlement.
Qu'en est il des pouvoirs "souverains" des peuples de France et des Pays Bas, "traités" par dessus la jambe ????
Que vont penser les quelque 18 pays qui avaient décidé d'accepter, eux, le précédent texte ????
Autant de réflexions qui me laissent dubitatif.
P. S. le vote démocratique, je le rappelle avait été jugé par Benjamin Franklin comme un vote par deux loups et un agneau sur le choix à faire pour le déjeuner !!!!!
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Lettre ouverte à Madame la Ministre de l’Intérieur |
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Dans une autre vie, plus précisément en l’année 1962, je fus le commissaire de police d’Oullins, dans la banlieue de Lyon, ville considérée comme difficile à l’époque et qui l’est peut-être toujours aujourd’hui.
Or, à l’occasion de la dernière campagne présidentielle ont ressurgi ces notions de prévention et de police de proximité que nos politiques ressortent pour cacher leur impuissance à rétablir la République dans les quelques quartiers qu’ils ont laissé se transformer en ghettos religieux ou communautaires.
Pire, un rapport décrivant une situation d’antagonisme violent entre la police et la population de la Seine-Saint-Denis, inciterait peut-être à donner l’indépendance à ce département.
Certes, nous avons la police la plus nombreuse d’Europe, mais avec des policiers recrutés à des niveaux tels que le concours de gardien de la paix interdit maintenant aux populations peu instruites d’avoir accès, comme à la Libération, à l’ascenseur social qu’était alors la police.
Comment dialoguer et apaiser des conflits quand les protagonistes ne parlent pas le même langage ou n’ont pas eu un vécu commun ?
Vous voulez rendre la police plus proche de nous et faire respecter la République sans coûts ni recrutements supplémentaires ?
Prenez donc en compte ce qui suit :
1 – L’Omerta dans les quartiers :
Qui parle, ou qui a été vu parlant à un policier est « socialement mort ».
Les seuls visiteurs des Commissariats des quartiers dits sensibles sont les seuls plaignants, et encore, la peur est également présente dans ces cas de figure. Le seul avantage de cet absentéisme est de faire baisser les statistiques de la délinquance.
Alors comment rétablir le contact des citoyens avec la Police ?
Madame la Ministre de l’Intérieur devra négocier avec les syndicats de police le retour dans les commissariats des citoyens qui viendront retirer leurs cartes d’identité ou passeports, leurs convocations que les différentes administrations (finances, sécurité sociale, etc…) auront demandé au Commissariat de faire parvenir à leurs destinataires.
Bien sûr ce sont des tâches qui ont été déclarées « indues » en leur temps, mais comment renouer un dialogue avec la population des exclus sans leur faire courir le risque d’être considérés comme des « balances » ?
2 – La présence visible des policiers pour la prévention :
Il suffit de remettre les gardiens en uniforme sur leurs trajets domicile - commissariat (la plus grande difficulté actuelle dans la construction des locaux de police étant de prévoir de grandes surfaces pour accueillir les vestiaires des policiers).
A la Libération, les agents pouvaient justifier leur dénomination de gardiens de la paix car ils sillonnaient les rues en uniforme pour rentrer chez eux à pied ou dans les transports en commun.
3 – Police de proximité vraiment ?
A condition que les Maires et les bailleurs sociaux acceptent de favoriser l’attribution de logements, éventuellement en co-location, pour les policiers célibataires, auprès ou dans les cités considérées à risques, et pour les autres, des logements pour leur famille, dans la circonscription même de leur affectation.
4 – Et la répression ?
Elle ne peut s’exercer, utilement que grâce à l’adhésion d’une population rassurée, ramenée dans les sentiers de la République et qui pourra désigner sans risques ceux qui la maintienne actuellement dans l’acceptation d’une loi qui n’est pas la nôtre ni la leur.
La répression pourra alors s’appliquer exactement là, où et quand il le faut, par des enquêteurs spécialisés et discrets, évitant ainsi des déploiements de force aussi spectaculaires qu’inefficaces.
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Espoir et vigilance |
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Depuis plusieurs dizaines d’années, la France se gouverne de travers. Elle reste sans réactions correctrices efficaces devant un niveau de chômage insupportable, le sacrifice d’une partie de sa jeunesse, un effondrement de son potentiel de recherche et d’innovation, l’installation durable de poches de souffrances, la formation de ghettos, le dépérissement de sa mission de co-organisateur d’une Europe de paix, etc. Elle est incapable de tirer parti de la vitalité et de la modernité de son peuple.
De façon schématique, trois obstacles majeurs combinent leurs effets pour barrer la route à l’émergence d’un système de gouvernance sage.
- La classe politique a théâtralisé et transformé en combat l’opposition des tempéraments de Droite et de Gauche et l’a figé sur des contenus de style 1950. Nos dirigeants politiques et nos influents regardent le monde avec les œillères de leur parti. Nos médias de masse incitent les gens ordinaires à en faire autant. Dans ce contexte il est difficile pour tous de se faire une représentation correcte de l’environnement et du cours des choses qui les aiderait à en tirer le meilleur parti.
- La classe politique vit en circuit fermé entre politiciens, journalistes spécialisés et militants ce qui l’empêche de sentir les mouvements et les évolutions de la société des gens ordinaires. Celle-ci ne se sent plus représentée par ses politiciens, ne comprend plus leur langue de bois et les rejette. Il n’y a plus de régulation des politiciens par les gens ni des gens par les politiciens. Une telle absence de feed-backs rend la France incapable de voir venir et de s’orienter de façon avisée.
- Au cours des cinquante dernières années, la société des gens s’est extrêmement complexifiée ; elle est devenue de plain-pied, hétérarchique, plus spontanée qu’organisée ou commandée d’en haut. Mais le pouvoir et l’administration sont restés compartimentés, hiérarchiques, bureaucratiques, réglementés et réglementant ; ils ont perdu prise sur elle. Peut-être y a-t-il trop d’Etat mais il y a surtout un Etat qui n’a pas su s’adapter à la société vivante.
Nous avons vécu ce printemps les prémices d’une ouverture. Le rejet de la clase politique par les Français et leur demande de rupture avec le passé de la politique ont atteint des niveaux record. Trois leaders politiques ont senti l’opportunité de répondre à cette situation. François Bayrou a joué sur l’idée partagée par 75% des électeurs que le combat Droite/Gauche tel qu’il était pratiqué n’était plus qu’une comédie. Ségolène Royal a spectaculairement réussi, au cours de sa campagne, à déstabiliser les éléphants du parti socialiste et à amorcer une démonétisation des anciens dogmes. Elle nous a fait rêver à la possibilité d’une véritable participation du peuple à la politique. Elle a ainsi ouvert la possibilité d’une métamorphose du vieux PS. Mais l’actualité la plus récente montre qu’un retour aux anciennes mœurs socialistes reste possible. Nicolas Sarkosy a mis sur la touche la « maison Chirac » et la droite figée et sans idées. Il est apparu comme en rupture avec le passé. Il a peut-être la personnalité qu’il faut pour piloter une réelle modernisation des idées de la droite en les ouvrant partiellement sur la gauche. Mais, saura-t-il écouter vraiment la société vivante et discipliner son penchant autoritaire pour y parvenir ? Saura-t-il lâcher prise lorsque c’est nécessaire ?
Je suggère à tous les Think Tanks soucieux de rénover le système de gouvernance de la France de centrer leurs efforts de réflexion et d’innovation sur les leviers qui permettraient d’amplifier l’amorce d’ouverture que ce printemps nous offre.
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Encore des dépenses |
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Le vote, négatif, des français était certainement, quelque qu'aient été mes idées sur le sujet, un mauvais coup porté à l'Europe politique.
La décision, assez surprenante, de Nicolas Sarkozy de laisser filer les dépenses, un peu au mépris des règles du club Europe, n'est elle pas un nouveau danger, sur le plan de la monnaie cette fois pour l'Union Européenne ?????
Le monde en général et plus égoïstement l'Europe en particulier ne manquent pas de me préoccuper, pas tant pour notre génération mais pour celles qui nous succèderont.
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Banlieues : crise de la cité |
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La banlieue est, historiquement en France, l’endroit où l’on était mis au ban, à une lieue de la ville. Or, ce qui fait l’esprit de la ville, selon Jacques Donzelot, spécialiste reconnu de la ville contemporaine, c’est le lien entre l’ouvert et le fermé. Ce qui le ruine, c’est le déséquilibre entre les flux et les lieux : quand les flux s’imposent au détriment des lieux comme avec la périurbanisation ; quand les lieux s’imposent au détriment des flux comme avec la relégation.
Qu’en est-il de nos banlieues ? Aujourd’hui, hélas, la réalité rejoint le sens étymologique du terme, dans notre pays, et la plupart des banlieues apparaissent, aux yeux de leurs habitants, surtout les plus jeunes, comme des lieux de bannissement. Pour trois raisons.
D’abord, on a choisi d’aménager du territoire au-delà de la ville, au lieu d’agrandir la ville. Cette spécificité française se traduit par le nombre très important – 36 000 - de communes et la petite taille de nos villes. Paris compte moins d’habitants que Rome (mais la densité y est plus grande ; Rome compte 2 547 000 habitants sur 1 285 km2 et Paris 2 150 000 habitants sur 105 km2) et quatre fois moins que Londres. Aujourd’hui, vivre à Bobigny ou à La Courneuve n’est pas habiter Paris. En Angleterre ou en Italie, Bobigny et La Courneuve seraient des quartiers de Paris. Au lieu d’agrandir les villes, nous les avons protégées par des boulevards périphériques et autres voies de contournement. Avec pour conséquence : un double enfermement. Celui de Paris derrière ces "portes" et celui des cités où les murs sont dans les têtes. Ainsi, lorsqu’un journaliste suisse de l’Hebdo de Lausanne, à l’origine du Bondy Blog, donne rendez-vous à un jeune dans un café au Quartier Latin, celui-ci l’interroge : « c’est quelle porte ? Je suis un banlieusard, moi. A Paris, c’est d’après les portes que je m’oriente !».
Ensuite, on n’a pas su non plus créer de vraies villes. Des quartiers de quatre mille logements, comme les 4 000 à La Courneuve, soit de douze à seize mille habitants, auraient pu former une ville. Au lieu de cela, par une politique de zonage irréfléchie, des friches ont été transformées en autant de « cités » d’où le moindre esprit de « cité » au sens de la « polis » grecque ou de la cité romaine est banni. « Qu’est-ce donc qu’une cité, sinon une société de citoyens ayant les mêmes droits ? » écrivait déjà Cicéron (De Republica, I, XXXII, 49). Certes, dans les années 60, il fallait parer au plus pressé : loger les milliers de rapatriés d’Algérie, éradiquer les bidonvilles... Les tours se construisaient à toute vitesse et les cités HLM connaissaient même une part de mixité, favorisée par le relatif confort des logements en comparaison des habitations de centre ville, sans hygiène ni commodités. Depuis, désertées par les derniers « blancs », elles sont devenues le lieu de relégation des minorités ethniques. Les émeutes de l’automne 2005 ont, à cet égard, mis à nu l’aberration "urbanistique" de ces cités. La crise de l’"urbain" dans ces banlieues est telle que l’on peut trouver plus d’urbanité dans certains camps de réfugiés à Gaza. Peut-on, d’ailleurs, parler d’urbain dans le cas de ces quartiers fermés mais non clos, dépourvus de toute image symbolique, où l’espace dit urbain, loin de former un espace interne à la cité, n’est plus que le vide extérieur aux barres ? Comment rêver le monde dans ces conditions ? Quand le lieu où l’on vit n’est pas habitable parce qu’il ne dit rien du monde ?
Enfin, l’aménagement du territoire a été conçu, non pour desservir ces quartiers mais pour les contourner. Ainsi, même si physiquement l’autoroute et le RER desservent Bobigny, ces voies contournent symboliquement les cités de Bobigny. C’est le cas à la périphérie de la plupart de nos villes. On assiste à une véritable logique de séparation. Vaincre cette logique de séparation est, à cet égard, un enjeu social majeur. N’oublions pas que les Romains firent de même aux 2eme et 3eme siècles en enfermant hors des villes les armées de mercenaires dans des camps : ils apprirent à leurs dépens que les mercenaires barbares pouvaient descendre sur Rome et renverser les empereurs. Les murailles d’Aurélien n’y firent rien.
Benoît Peaucelle, Vice président de la Société Française des Architectes
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Les jeunes et l’entreprise : inadéquations et remèdes |
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Hervé Serieyx qui tient les deux bouts de la chaîne en tant qu’entrepreneur et ancien délégué interministériel à l’insertion des jeunes, est intervenu mardi 12 juin, sur le thème : « Les jeunes et l’entreprise : inadéquations et remèdes ».
En plus de quarante ans d’un parcours professionnel qui aurait nécessité, à certains plusieurs vies, Hervé Serieyx a été, tour à tour, responsable d'entreprises grandes, moyennes et petites, dans l'Administration, l'Université, le monde associatif, les collectivités locales et les organisations politiques. Plus de quarante années qu’il sillonne aussi les cinq continents, dans la diversité des cultures de la planète.
De cette immense expérience, il tire un constat qu’il qualifie lui-même de « gigantesque » lieu commun mais qu’il revendique fortement : les véritables performances - intellectuelles, économiques, sociales, politiques… - d'une société dépendent de la qualité des personnes, de leur engagement, de leur capacités collectives et donc, finalement, de la force du projet qui les réunit.
Secrétaire Général d'un département de Thomson-Houston (1962-1965), il devient, de 1965 à 1981, consultant du Cabinet Eurequip puis, de 1982 à 1985, Directeur Général Adjoint du Groupe LESIEUR. En 1986, il est nommé Président Directeur Général d'EUREQUIP et de GMV Conseil.
En 1991, c’est l’enseignement qui l’attire. Professeur associé à Paris VIII (1991-1994), Hervé Serieyx est, simultanément et jusqu’en 1997, Vice Président de l'Institut Européen du Leadership. Enseignant à l'Institut Européen des Affaires (Président du Conseil Pédagogique de l'I.E.A.), au collège des Ingénieurs (Professeur depuis 1986), à l'Ecole des Mines, il a été aussi maître de conférences à l'Ecole Nationale d'Administration (E.N.A.) de 1996 à 1999. Il a en outre présidé, de 1987 à 1996, le Conseil d'Administration de l'Institut Régional d'Administration de Lille.
Conseiller du Commerce Extérieur de 1978 à 1998, Hervé Serieyx a été également Délégué Interministériel à l'Insertion des Jeunes (1997-1998).
En 1999, retour au métier de consultant. Président Directeur Général du Groupe Quaternaire et de GMV Conseil (1999-2003), Hervé Serieyx devient membre de la section "Activités productives" du Conseil Economique et Social (2004-2005) et, de 2005 à 2007, Président de la Fédération Française des Groupements d'Employeurs.
Sa vie a tout autant été jalonnée par les livres. Il en a écrit vingt dont Mobiliser l'intelligence de l'entreprise (Entreprise Moderne Edition, 1982), L'entreprise du troisième type (avec G. Archier, Editions du Seuil, 1984), Prix Harvard - l'Expansion et Prix de la Fondation HEC (1984), Changer le travail pour gagner son temps (avec G. Rolland, La Documentation Française, 1996), Quand la Chine va au marché (avec P. Le Corre, Editions Maxima, 1998), Reprenons la Bastille - le modèle de société au cœur de l'emploi (avec A. Renaud-Coulon, Editions Village Mondial, 1999), Est-ce que le Manage…ment ? (Les éditions d'organisation, 2001), Les jeunes et l'entreprise, noces ambiguës (Eyrolles société, 2002) ou encore Coup de gueule en urgence - alerte sur notre contrat social (Eyrolles, 2004).
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Déni de jeunesse |
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Il était une fois un maître de ballet qui, à 70 ans, s’obstinait à interpréter Roméo. Un impudent ose le lui reprocher. Il rétorque : « Cela fait cinquante ans, Monsieur, que je perfectionne ma jeunesse ! ».
Pierre Bellanger, fondateur et PDG de Skyrock, pense que les bobos d’aujourd’hui, souvent ex soixante-huitards, ressemblent à ce maître de ballet. Ils s’arrogent le monopole de la jeunesse. A leurs oreilles, le rock est « la musique de la jeunesse éternelle ». Ils ne se rendent pas compte qu’une nouvelle jeunesse est en train d’éclore et que le rock peut devenir « la musique des rhumatismes ».
Pierre Bellanger s’exprimait ainsi dans le cadre d’un colloque organisé par Laser au théâtre du Rond Point à Paris. De toute évidence, il sait de quoi il parle. Avec 4 millions d’auditeurs par jour, sa radio est la première radio de France pour les 13-14 ans. Sur Internet, elle pèse trois milliards de pages vues par mois, elle est la première plateforme de blogs et la première plateforme de conversation en Europe. Le fossé entre génération y est chaque jour mis en lumière. Aussi bien sous l’angle du sexe que sur ceux de la politique et du travail.
Rappelons qu’un enfant qui avait 10 ans en 1995 en a aujourd’hui 22. Il a grandi avec Internet, s’est émancipé grâce au téléphone mobile. Comme le dit M. Bellanger : « Nous sommes les émigrés de l’analogique, ils sont des natifs du numérique». Mieux vaut donc comprendre leurs préoccupations et leur musique que s’enfermer dans nos certitudes et dans nos rythmes. L’écoute est d’autant plus essentielle que nous vivons « à une époque où la planète se met en réseau et où les premiers acteurs de cette mise en réseau sont les jeunes de la génération numérique ».
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Une opportunité de renouveau pour la gouvernance de la France |
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Depuis plusieurs dizaines d’années, la France se gouverne de travers. Elle reste sans réactions correctrices efficaces devant un niveau de chômage insupportable, le sacrifice d’une partie de sa jeunesse, un effondrement de son potentiel de recherche et d’innovation, l’installation durable de poches de souffrances au sein d’une société où le bonheur personnel et familial devient la valeur suprême, la formation de ghettos, le dépérissement de sa mission de co-organisateur d’une Europe de paix, etc
De façon très schématique, deux obstacles majeurs me semblent barrer la route à l’émergence d’une gouvernance en prise sur les événements et un tant soit peu adaptée à l’époque.
- La classe politique a théâtralisé et transformé en combat une opposition Droite/Gauche restée figée sur un contenu de style 1950. Nos dirigeants politiques et nos influents regardent le monde avec des œillères soit de droite soit de gauche. Nos médias de masse incitent les gens ordinaires à en faire autant. Dans ce contexte il est difficile de se faire une représentation de l’environnement et du cours des choses qui corresponde un tant soit peu à la réalité et nous aide à en tirer le meilleur parti.
- La classe politique vit en circuit fermé entre politiciens, journalistes spécialisés et militants et ses œillères l’empêchent de sentir les mouvements et les évolutions de la société des gens ordinaires. Celle-ci, embarquée dans des changements historiques profonds, ne se sent plus représentée par ses politiciens, ne comprend plus leur langue de bois et les rejette. Il n’y a plus de régulation des politiciens par les gens ni des gens par les politiciens. Une telle absence de feed-backs rend la France incapable de voir venir et de s’orienter de façon avisée.
Il y a plusieurs dizaines d’années que le système de gouvernance de la France est bloqué et que ce blocage résiste à toutes les tentatives de réanimation. Chaban-Delmas et Rocard s’y sont cassé les dents.
Mais, depuis quelques mois, les choses bougent. Il me semble qu’un processus systémique s’est mis en mouvement. Il émane de la société des gens mais a éveillé la complicité consciente ou semi-consciente de plusieurs leaders. Rien n’est gagné. Mais, si ce processus devient plus conscient, si des citoyens et des associatifs plus nombreux se mobilisent pour l’alimenter, il pourrait déboucher rapidement sur une rénovation du système de gouvernance de la France.
Quelques manifestations du processus d’ouverture
La société des gens ordinaires appelle un changement radical. La recherche de terrain qu’a conduit L’Ami Public sur la « société rêvée » avait révélé que des Français modernes de toutes tendances politiques rêvaient de l’émergence d’une même société moins mercantile, centrée sur le bonheur, l’épanouissement de la personne, la paix et l’alliance avec la nature.
Les enquêtes en profondeur et les sondages d’opinion de ces derniers mois nous ont montré que le ras-le-bol, le rejet des politiciens et le rêve de rupture étaient plus forts que jamais et devenus dominants. Les électeurs, lassés du jeu artificiel de la classe politique, sont maintenant près des ¾ à refuser de se classer clairement à droite ou à gauche.
Des leaders politiques ont senti cette désaffection et ont perçu l’opportunité de rompre avec un système vermoulu. Ils ont su jouer une complicité avec les gens ordinaires. Et ceux-ci les ont remerciés en leur apportant des résultats de sondages qui les ont propulsés sur l’avant-scène dans leur parti et dans l’ensemble du public.
Tout au long de la campagne, le nombre d’indécis a surpris les sondeurs. C’est que les électeurs devenaient plus nombreux à penser par eux-mêmes. Ils n’avaient pas une opinion prédéfinie sur un échiquier politique imposé par l’habitude ou les dirigeants. Leur choix n’était plus idéologiquement préorganisé. Ils hésitaient et cherchaient leur bon choix personnel pour qu’en France le cours des choses en devenir ait plus de chances de prendre une orientation qui leur convienne.
Ségolène Royal a spectaculairement réussi, au cours de sa campagne, à mettre sur la touche les éléphants du parti socialiste et à amorcer une démonétisation des anciens dogmes. Elle a ainsi donné un nouvel élan à une reconception sur laquelle d’anciens leaders tels Rocard avaient buté. Il se pourrait qu’elle annonce une métamorphose ou un éclatement du vieux PS qui fût un des principaux obstacles à la modernisation de la France. Mais une reprise du manche par les anciens est également possible.
Nicolas Sarkosy a mis sur la touche la « maison Chirac » et la droite figée et sans idées. Il est apparu comme en rupture avec le passé. Il a peut-être la personnalité qu’il faut pour piloter une réelle modernisation des idées de la droite en les ouvrant partiellement sur la gauche. Mais, écoutera-t-il suffisamment la société vivante pour le faire ?
François Bayrou, sur l’idée qu’il faut faire coopérer des tempéraments de droite et de gauche pour inventer la société de demain, a fait un très bon score dans les sondages et dans les urnes. Pourra-t-il constituer un centre radical capable de peser sur les équilibres à venir ?
Les inscriptions sur les listes électorales et le taux de participation au premier puis au second tour ont montré que la politique avait déjà suffisamment changé pour que les électeurs, notamment les jeunes, s’impliquent à nouveau. Les groupes extrémistes, à droite comme à gauche, qui se complaisent dans des idéologies d’un autre temps, ont été laminés. Les trois candidats arrivés en tête au premier tour se réclament tous d’un changement qui replacerait le pays dans la mouvance de son époque.
Quelques idées décisives me semblent en train de faire leur chemin dans l’intuition collective. Bon nombre d’électeurs et de militants socialistes ont compris que pour gagner le parti devait reconstruire sa théorie de la réalité, son programme d’action et ses alliances. De nombreux Français sentent qu’il est primordial de trouver le moyen de ne pas opposer croissance et écologie afin d’inventer une croissance verte. Ils intuitent de même que le combat entre partisans du dynamisme économique et de l’épanouissement humain est une voie sans issue et qu’il faut apprendre à piloter une croissance de la vitalité économique qui s’appuie sur l’épanouissement humain notamment au travail. Les mêmes ou d’autres prennent conscience que le choix entre plus ou moins d’Etat est une querelle dépassée et que le défi réel est d’inventer un nouveau pouvoir et un nouvel Etat qui soient ouverts au dialogue, intelligents et thérapeutes.
Avons-nous envie de peser sur le cours des choses ?
Chacun dans son domaine d’action peut contribuer à l’accouchement d’une meilleure gouvernance. Think tanks et associations citoyennes peuvent s’attacher à découvrir les leviers sur lesquels prendre appui pour contribuer à l’émergence d’une bonne gouvernance et d’une bonne société. Pour nourrir les prises de conscience que je viens d’évoquer. Pour conforter notre nouveau Président dans son désir affiché d’ouverture et d’écoute de tous les Français. Pour aider le parti socialiste à ne pas retomber dans ses anciennes ornières et à ne pas s’engager sur une piste social-démocrate déjà dépassée mais à entreprendre l’effort créatif indispensable pour donner vie à une gauche moderne. Pour aider Bayrou à installer un centre qui soit vraiment radical.
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Les impacts du débat Royal Sarkozy sur l’affectivité publique et l’opinion publique |
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Le débat d'entre les deux tours entre Ségolène Royal et iest passé. Quel en a été le ton et l’impact possible sur les mentalités des Français ? Quels ont été les thèmes abordés et leur impact possible sur l’opinion des Français ?
1- Le ton et l’impact possible sur les mentalités des français
Les deux candidats se sont clairement positionnés sur les axes dominants des mentalités des Français. Nicolas Sarkozy sur le registre de l’effort et de l’autorité, correspondant à des sensibilités plus conservatrices, Ségolène Royal sur le registre de l’émotion et du partage, correspondant à des sensibilités plutôt progressistes. Toutefois dans sa conclusion Sarkozy a impacté sur deux aspirations montantes. Le besoin d’utilité « Tous les Français ont le droit de se sentir utile par leur travail ». Le besoin de pouvoir donner et recevoir « La France m’a tout donné, je veux tout lui rendre » Conforme à son propos Royal a conclut sur une France « paisible, sans brutalité » misant sur l’harmonie des énergies des territoires et des familles et sur les valeurs de la créativité et de l’imagination.
De façon naturelle l’approche de Mme Royal a été plus féminine, à base d’argumentation plus affective et « systémique ». Cela a déstabilisé son concurrent « vous mélangez tous les sujets » mais cette approche a été performante par exemple dans la mise en connexion du problème du Darfour et de l’attitude de la Chine. L’approche de Mr Sarkozy a été plus masculine à base d’argumentation rationnelle et méthodique. Cela a déstabilisé sa concurrente par exemple sur le problème de non transversalité des administrations dans la fonction publique. Royal a revendiqué le droit à la colère légitime, Sarkosy a mis l’accent sur le devoir de pondération.
Ce débat avait été présenté comme le remake des débats Giscard-Mitterrand. On note que Sarkosy a nettement repris l’argument du type « vous n’avez pas le monopole du cœur » alors que Royal n'a que très peu utilisé l’argument du type « vous êtres l’homme du passif ».
2 - Les thèmes et l’impact possible sur l’opinion des français
Chacun des candidats est resté clairement dans son rôle et cohérent avec ses idées. Cependant, au- delà de la vivacité des échanges, une analyse approfondie rend compte d’un débat plus consensuel que frontalement opposé.
En dépit des apparences, on ne peut que remarquer de nombreux points de « préconsensus ». Sur le fonctionnement des institutions, les idées ont été voisines ou identiques mis à part la thématique cinquième ou sixième République. Le fort clivage annoncé sur les 35 heures se réduit à l’alternative : on les garde comme plancher mais on peut travailler plus versus on revient sur les modalités de sa deuxième vague d’application. Sur la pomme de discorde concernant les retraites l’alternative se réduit à : on conserve la loi Fillon telle quelle versus on l’aménage et à cette autre alternative on supprime tout de suite les régimes spéciaux versus on les réduit progressivement. Sur l’école, il s’agit plutôt de nuances que de positions radicalement différentes. Sur le nucléaire les divergences portent davantage sur les chiffres, des distinguos entre centrales de troisième ou quatrième génération et les calendriers qu’ils ne portent sur des options fondamentalement différents. Sur l’écologie les positions sont proches et sur la « valeur travail » il y a unisson. En revanche les clivages sont nettement affirmés sur la fiscalité, les effectifs de la fonction publique, la politique du logement et l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.
Le 6 mai, l’intelligence citoyenne des électeurs pourrait mobiliser davantage leur cerveau affectif que leur cerveau rationnel. A priori cela ne devrait pas profiter davantage à l’un(e) ou l’autre car il y a une affectivité de droite comme de gauche. Mais cela fournirait une indication à la Présidente ou au Président sur la manière d’exercer son rôle à la tête de l’Etat.
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Two 'reformers' vie for France |
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Who can best reform France? That is the question French voters will answer Sunday when they elect a new president, either front-runner Nicolas Sarkozy of the ruling, center-right UMP party, or Ségolène Royal from the left-of-center Socialist Party.
For once, there is a consensus across three-quarters of the French electorate that something must be done to reinvigorate France's sluggish economy and change the way its aloof and bloated bureaucracy serves its citizens.
Because France is one of Europe's "Big Three" (along with Germany and the United Kingdom), the outcome of this election will help determine whether the United States will have a united and thriving European partnership across the Atlantic.
So what are the two candidates offering the French people, and which of them is more fit to ease social tensions and lift France out of its economic underperformance?
In some ways, what France is facing is a choice between Gallic versions of Margaret Thatcher and Tony Blair, the U.K.'s two most successful postwar prime ministers. Sarkozy, although he has been both finance and interior minister under current President Jacques Chirac, portrays himself as an outsider who will finally enact the break with the status quo that France needs.
Like Thatcher, he openly admires the American can-do spirit and its less regulated economy. He is the radical reformer on the right who says he thinks France needs more of the U.S. work ethic to succeed. But he also has gotten into trouble with the rough language he used to describe youths who rioted in protest against the hopelessness found in many of Paris' suburbs.
Royal, governor of a state in western France and a product of France's finest professional schools, is France's first female presidential candidate. She speaks a new political language, one that emphasizes reconciling French society's differences by improving the way local schools, police, day-care centers and other state agencies interact with French families.
Although she is cautious about doing away with too many of France's cherished - but expensive and probably unsustainable - welfare-state benefits, she has pushed (as Blair did with the Labor Party) for her old-fashioned Socialist Party to move toward the political middle ground.
She has hinted, for example, that as president she would offer cabinet positions to members of the new, centrist Democratic Party led by François Bayrou, the former education minister and horse farmer who came in third during the election's first round two weeks ago.
Both candidacies entail certain risks. Sarkozy has endorsed a number of protectionist trade policies, and Royal has warned about Anglo-American-style capitalism.
One could also ask why Sarkozy will be effective in reforming France's economy when two different prime ministers in 12 years of conservative rule were unsuccessful in their attempts. Another issue is whether Royal's emphasis on broad social change would provide the right kind of spark to create a more dynamic and entrepreneurial economy.
In the foreign policy domain, the bitter aftertaste left by the U.S. decision to go to war in Iraq, despite the deep skepticism of its allies, continues to affect how the French view the United States. While neither Royal nor Sarkozy is likely to antagonize the United States in the way Chirac did in the run-up to the war, they will be independent-minded and at times critical friends.
Royal shies away from the kind of open admiration of the United States that Sarkozy voices, but she has taken a tougher stance on Iran than her opponent by arguing that Tehran should have neither civil nor military nuclear capabilities.
Sarkozy, on the other hand, probably would bring French foreign policy in the Middle East more in line with U.S. policy, and he has taken a more positive approach to Israel, a close U.S. ally, than has been the case in recent years.
Whoever wins Sunday, the United States will find a France that acts more like a friend and that will be headed toward some form of economic and social reform. The crucial factors will be whether France's next president will be able to avoid gridlock at home; work with the leaders of the U.K., Germany and other key countries to improve the European Union's capacity to build a common approach to global challenges; and develop a pragmatic relationship with this and - perhaps more important - the next U.S. administration.
BY DONALD BANDLER AND PETER RASHISH
Donald Bandler, former chargé d'affaires to France, is senior director and Peter Rashish, member of the Club des Vigilants, is senior adviser for Europe at Kissinger McLarty Associates, an international strategic advisory.
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L’avenir d’une élection |
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L’avenir d’une élection est toujours prévisible… à posteriori. Le choc de 2002, comme la participation record au premier tour de 2007 peuvent s’expliquer par le fait que les Français sont de plus en plus motivés à se prononcer sur la gestion politique… de leurs vies et enjeux quotidiens. Ce phénomène qu’on pourrait taxer un peu rapidement de montée de l’individualisme est en train de définir la clé de la nouvelle citoyenneté.
Une étude sur l’évolution des mentalités des Français datant de 2005 montrait que ceux-ci appréhendent de la même manière ce qu’ils vivent dans leur quartier, dans leur ville, en France et en Europe. A chacun de ces niveaux, c’est le besoin que les choses bougent pour s’agencer ou se « réagencer » autrement qui réunit les Français. La nouvelle citoyenneté trouve probablement ses racines plus dans le quotidien que dans les convictions.
Nos vies ont changé, nous avons intégré l’incertitude dans nos quotidiens. Individuellement, nous savons que nous devons changer, nous adapter. Collectivement, nous comprenons que nous devrons être français différemment pour trouver notre place dans la mondialisation. Nous ne pourrons plus nous appuyer seulement sur nos statuts et nos voleurs phares. C’est difficile mais nous avons fait sur nous-même le travail personnel qui permet de vivre avec, nous avons agencé différemment nos priorités individuelles et nous sommes en train de le faire pour nos priorités collectives.
Dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, chacun d’entre nous comme personne, comme citoyen, comme consommateur doit réagir à plus d’informations, de sollicitations, de difficultés et de voies de solutions. De ce fait nous devenons tous à la fois plus vigilants et plus angoissés face à l’avenir. Cela parce que nous avons de plus en plus de moyens et d’occasions de l’être. Plus nous sommes incertains, plus nous sommes impliqués, plus nous sommes exigeants.
Face à ce mouvement qui n’est pas spécifique à la France mais touche progressivement l’ensemble du monde, les deux candidats à la Présidence proposent de rompre avec le passé et de remettre en ordre la société. Toutefois, quel que soit le résultat du second tour, une moitié de la France sera déçue et inquiète, parce que le Président élu n’incarnera pas la posture face à l’avenir dans laquelle ils avaient placé leur espoir. Mais à bien y regarder l’un et l’autre s’attacheront – comme ils l’ont promis - à répondre à la même question : comment faire partager à la France entière le sentiment et la réussite d’une rupture avec ce qui nous empêchait de trouver une place dans l’Europe, dans le Monde et dans l’avenir.
Lors des présidentielles 2007 l’exigence collective s’est manifestée pour la première fois de manière aussi forte et claire. Mais ni les Français dans leur ensemble, ni les dirigeants politiques ne sont encore en mesure de dire vers quelles orientations cette exigence doit être dirigée. Sans répondre à cette question, on peut tout de même dire qu’il nous faudra composer un avenir entre les trois côtés d’un triangle : la France, le Monde, l’Incertitude.
Ce qui frappe dans la vie moderne, c’est que l’avenir apparaît moins lointain qu’auparavant. De l’accélération des changements naissent des inquiétudes plus stressantes et plus complexes, mais naissent aussi des envies de participer différemment. Dans les cent jours qui suivront l’élection nous aurons l’occasion de voir si la rupture souhaitée par les candidats saura répondre à la rupture que nous vivons avec notre futur devenu si incertain.
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Réconcilier Christian Blanc et Nicolas Hulot |
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Quand ils doivent répondre à des sondages, certains Français disent volontiers qu’ils regardent Arte plutôt que la une. De même, ils proclament que les responsables politiques ne s’intéressent pas assez à l’écologie alors qu’eux-mêmes, quand ils participent à des débats, parlent d’abord d’emploi et de niveau de vie.
Cela ne signifie pas que ces Français soient menteurs. Cela traduit simplement la distance entre le monde tel qu’il est et tel que l’on voudrait qu’il soit.
Ainsi en va-t-il de la croissance, cette clef magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Tous les gouvernements en veulent. On les comprend. Hélas ! La consommation humaine de ressources naturelles excède la capacité de la nature à se régénérer et certains procédés industriels ont déclenché le tic tac de l’horloge à cataclysmes climatiques. Comment donc réconcilier le besoin de croissance pour panser les plaies du présent et l’impératif écologique pour ne pas compromettre l’avenir de nos enfants ? Comment réconcilier Christian Blanc (« La croissance ou le chaos » chez Odile Jacob) et Nicolas Hulot (« Pour un pacte écologique » chez Calmann Lévy). Comment œuvrer pour modifier le contenu de la croissance, pour faire en sorte qu’elle devienne « verte » ?
Voilà, me semble-t-il, ce qui pourrait (devrait ?) constituer l’essentiel d’un plan d’action global et cohérent pour les années qui viennent. Voilà ce que j’aurais souhaité comme « projet présidentiel ».
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Des promesses qui empêchent de gouverner |
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La France qui vote à 85 %, la France qui réduit à 10 % l’extrême droite comme l’extrême gauche, un véritable regain démocratique bonne nouvelle !
Et la suite ? Elle va surtout se jouer sur le plan économique et social. De ce point de vue, la campagne a révélé l’inquiétude financière des Français. C’est le candidat de la rigueur, François Bayrou qui a fait le plus beau parcours. Problème : il n’est pas au second tour.
Les deux vainqueurs ont fait des campagnes à l’ancienne en accumulant les mesures compassionnelles et clientélaires. Résultat : 50 milliards des deux côtés. Or la France a tant accumulé dettes et déficit qu’elle n’a plus d’argent pour financer une nouvelle politique. De fait, ces programmes-catalogues, ne sont absolument pas financés.
D’un côté comme de l’autre, on mise sur un miraculeux effet de relance. Mais les deux plans de relance de 75 et 81 n’ont pas marché et les deux croissances des ministères Rocard et Jospin n’ont été précédé d’aucune relance. Avis aux keynésiens ! En vérité, la France va renoncer - temporairement bien sûr- à respecter le pacte de stabilité. Elle le fait depuis cinq ans, pourquoi ne pas continuer ? Parce que l’Europe a changé.
Tous les pays, Allemagne en tête, vivent sur un consensus économique, effectuent des efforts dont ils commencent à tirer les fruits en termes de croissances, d’emploi, de finances etc. La France seule réussit à souffrir sans se soigner et veut toujours croire à l’économie sans peine. Les autorités européennes ont porté un regard très sévère sur cette campagne, sur les attaques contre la BCE, l’Euro fort etc. Les rendez-vous post électoraux avec nos partenaires risquent d’être orageux. Peu probable que la France puisse continuer sur cette humeur dépensière. Ce sera le troisième tour après les présidentielles et les législatives. Le rendez-vous de 1983 après celui de 1981. Comment fera-t-on admettre aux Français que les promesses sont reportées aux calendes. Qu’elles ne servaient qu’à gagner le pouvoir et pas à gouverner ?
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Invention du gouvernail ! |
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Voilà la France presque revenue au modèle traditionnel bipartisan, disons à l'anglo-saxonne, en route vers le modèle du Nouveau Monde que certains appellent de leurs vœux. Nous ne sommes donc pas dans la "rupture" mais toujours dans la "fracture".
Un camp contre l'autre dans une bataille bien ordonnée, à l'antique. Il en sortira un vainqueur et un vaincu. Un Français sur deux sera content d'avoir écrasé un Français sur deux. Malheur au vaincu ! Le vaincu ne bénéficiera pas d'une Constitution et d'une organisation des pouvoirs semblable à celle de l'Amérique qui équilibre celui du Président et de sa majorité. Il n'aura que très peu de ces contre-pouvoirs préconisés par les pères du système démocratique. Autrement dit, nous serons toujours embarqués sur un sampan, une pirogue, un coup à droite, un coup à gauche en espérant qu'en moyenne l'esquif France suivra une trajectoire "au centre".
Mais François Bayrou s'est mis aujourd'hui dans le rôle du gouvernail... Serions-nous passés en politique de l'ère de la pagaie fonctionnant à l'alternat à celle du couple propulsion-gouvernail qui fut l'une des plus grandes innovations en matière de transport et de gouvernance ?
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Qui arrêtera le déclin économique ? |
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Dans son édition d'aujourd'hui le New York Times commente les résultats de l'élection présidentielle et fait remarquer que, depuis 25 ans, la France, dans le classement mondial du PNB par habitant, est passée de la 7ème à la 17ème place.
Malgré ces faits, que pratiquement personne ne rapporte, nos candidats continuent inlassablement à parler de la France "grande nation".
Qui arrêtera ce déclin qui est la véritable cause du chômage et de la stagnation du pouvoir d'achat ?
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La maman et le grand frère |
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Un président n’a pas à détailler les réformes qu’il souhaite entreprendre. Il doit être, comme l’a écrit Marcel Gauchet, « une tête, une âme, un esprit, une inspiration, une direction ». Son efficacité tiendra moins à ce qu’il fera lui-même qu’à l’envie qu’il donnera aux citoyens d’agir par eux-mêmes.
Ségo veut régler les conflits entre Français comme on règle les querelles entre enfants d’une même famille. Elle est suffisamment socialiste pour récuser le paternalisme mais invente une sorte de maternalisme : les enfants doivent respecter des règles (l’ordre juste) mais savoir se débrouiller (« Il faut conduire sa vie pour la réussir » ; « La solidarité n’est pas l’assistanat » ; etc.). Elle a suffisamment de flair pour sentir les douleurs qui frappent les uns et les autres dans la vie quotidienne. Son action, comme dirait Alain de Vulpian, peut avoir une vertu « thérapeutique ».
Sarko, a tellement la pêche que chacun aimerait être capable d’être aussi performant que lui. C’est comme un grand frère qui peut vous apprendre à jouer au foot à grand renfort de « petit t’as qu’à faire comme moi ! ». De plus, il est suffisamment intelligent pour savoir que tout le monde n’a pas son ardeur et qu’un grand frère ne doit pas abandonner sur le bord de la route les plus vulnérables et les plus fragiles. Son rêve est de donner confiance pour vaincre les peurs.
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Intelligence collective |
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Le peuple a voté en masse. La politique parvient enfin à se retrouver en phase avec lui. Les franges extrémistes idéologiques, vestiges du passé, sont laminées. Faut-il y voir un feu d’artifice provisoire ou le signe de l’entrée dans une nouvelle ère de la politique ?
Notre pays est confronté à quelques défis majeurs : relancer l’économie, mais une économie humaniste et verte ; contribuer à la construction de l’Europe pour un meilleur équilibre du monde ; inventer le nouveau contrat social qui réponde à ce que devient la société des gens ; concilier l’élargissement de l’éventail des libertés personnelles et la garantie de sécurité. Faire émerger les réponses à de tels défis implique une intense participation de tous et la recherche authentique de consensus créatifs. Pour surmonter ces défis, la France a besoin de se débarrasser de deux de ses handicaps culturels majeurs : la tendance à construire des camps qui ne savent que se battre, et la tendance à solidifier des frontières qui ont été réelles mais ne le sont plus. Si elle y parvient, elle pourra réinventer le style et le contenu de l’opposition Droite/Gauche.
L’intelligence collective du corps électoral, qui perçoit notre déficit de coopération, a dû peser en ce sens. Au premier tour de ces élections présidentielles, il donne des scores remarquables à des porteurs de rupture. Nicolas Sarkosy a durci son image droitière au cours des dernières semaines mais beaucoup se souviennent qu’il peut prendre des mesures habituellement préconisées par la gauche. Ségolène Royal a secoué le cocotier du parti socialiste et est intervenue hier soir en se présentant comme extrêmement pugnace mais pas diviseuse. Et François Bayrou préconise ouvertement la collaboration des camps et pourrait être l’arbitre du second tour.
Il est possible que la campagne du second tour et les élections législatives qui vont suivre nous conduisent vers un gouvernement d’alliance et de consensus qui rapprocherait soit les amis de Sarkosy et de Bayrou soit ceux de Royal et de Bayrou. Ce serait une bonne nouvelle pour la France et l’Europe.
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Quel rêve français ? |
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François Bayrou a réalisé un score plus qu’honorable mais sa performance n’a pas été à la hauteur de son ambition. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il a voulu faire d’une condition nécessaire (le rassemblement des bonnes volontés de droite et de gauche) une condition suffisante.
“The more we’re together, the happier we shall be”, c’est très joli mais encore faut-il savoir pour quoi faire, avoir une vision de ce que doit être l’avenir. Reste à savoir si les deux finalistes ont plus de vision.
Ségo a repris une phrase que Mitterrand avait utilisée pendant sa campagne de 1974 : « Mon projet n’est pas de prendre le pouvoir mais de vous le rendre ». Il faut espérer que, si elle est élue, elle donnera plus de suite à ce propos que ne l’a fait son illustre mentor. Sans doute est-elle, sur ce point, très sincère. A ses yeux, la participation n’est pas un simple moyen mais une véritable fin. Ce n’est pas un artifice pédagogique destiné à faire accepter « en bas » les idées « d’en haut » mais une source de renouveau, une sorte d’idéal démocratique qui permet à une nation de retrouver son âme. Est-ce suffisant en tant que vision ? Pas complètement mais quand même un peu si, dans l’ensemble des mesures proposées, l’idée de participation est suffisamment prégnante pour être un nœud de cohérence. On verra pendant la campagne de l’entre deux tours si tel est le cas.
Sarko, c’est encore autre chose. Quand il parle de « France fraternelle », on se demande si c’est une véritable vision ou une simple façon de se positionner après une campagne de premier tour suffisamment droitière pour avoir privé Le Pen d’une bonne partie de son électorat. Au fond, peu importe : l’art consommé de la tactique finit par avoir une valeur stratégique. Si les Français élisent Sarko, ce ne sera pas tant parce qu’ils seront convaincus de l’authenticité de ses proclamations que parce qu’ils croient aux vertus de son énergie.
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Graines d’avenir |
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Le premier tour des élections présidentielles a deux significations. D’abord et c’est le point le plus abondamment commenté, il indique des choix à un moment donné. Ensuite et c’est un aspect beaucoup moins perçu il indique des aspirations qui devraient orienter le futur travail démocratique.
Le premier enseignement est la forte participation qui n’a eu d’égale que la consultation de 1974. La différence est cependant de taille. Il y a 33 ans, la dominante était un affrontement gauche-droite, aujourd’hui on se trouve devant une situation plus nuancée Cette différence est porteuse d’une nouvelle dynamique dont le moteur n’est plus l’affrontement. Le score de François Bayrou en est un symptôme. Toutefois les suffrages qui se sont portés sur le troisième candidat demeurent peu structurés. Il manifeste un ni-ni plutôt qu’un choix. Le premier travail à faire est de donner forme à une masse de nouvelle citoyenneté encore confuse.
Le score de Nicolas Sarkozy marque l’émergence d’une nouvelle problématique d’identité nationale. Ce thème relativement épuré de l’extrémisme frontiste touche une réalité majeure. En phase de mondialisation, il faut se sentir de quelque part pour pouvoir s’ouvrir à des horizons plus vastes. Le travail à faire après les discours électoralistes est de donner un essor à une citoyenneté nationale assez assurée d’elle-même pour embrasser une citoyenneté mondiale.
La composition des suffrages qui se sont portés sur Ségolène Royal pose le problème de la rénovation de la gauche de gouvernement. Le Parti socialiste est pris entre l’érosion de son audience populaire et le trouble provoqué par le côté « gauche caviar ». A cela s’ajoute le paradoxe d’une campagne misant sur la proximité sans projet à véritable contenu humaniste. Déchargée du poids des extrémismes naïfs ou désuets, il lui reste a trouver un nouveau souffle conciliant l’émotion et la vision.
Mis à part la prestation personnelle d’Olivier Besancenot, il ne se dessine pas de fracture des âges entre les jeunes et les autres. Les votes des nouveaux inscrits se répartissent grosso modo comme ceux de leurs aînés. Cela devrait conduire, dans l’avenir, à éviter les amalgames trop fréquents autour des problèmes « des jeunes ».
Les sondages d’intention de vote ont une nette valeur prédictive. Alors que leur capacité à donner contenu aux aspirations demeure à peu près inexistante. On pourrait souhaiter que la fiabilité de cet outil démocratique joue dans l’avenir un rôle moins réduit.
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Quelle belle campagne ! |
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La France vient de vivre sa révolution de printemps. Les citoyens ont parlé de la campagne électorale sans se déchirer idéologiquement. Ils en ont parlé tranquillement à table, en famille, au travail et ailleurs. A l’issue de la première étape, ils sont allés voter. En masse. Il s’agit maintenant de ne pas polluer cette bouffée d’air frais.
Les Français aiment la politique, ils souhaiteraient être fiers de leurs politiciens et ils en voulaient à la plupart d’entre eux de les priver de ce plaisir. Ségo et Sarko ont un atout commun. Ils ont beau être des professionnels de la politique, ils incarnent une nouvelle génération. Cela incite les Français à espérer qu’on va enfin passer de la politique nuisance à la politique utile. S’ils étaient - une fois de plus ! - déçus, cela risquerait d’être grave.
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Présidentielle : quel projet pour la France ? |
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Les deux finalistes sont connus. Chacun est porteur d'un projet. Quelles en seront les conséquences et quelle France émergera selon que ce soit l'un ou l'autre qui l'emportera au second tour ? La parole est donnée à nos membres qui, sans aucun doute, seront nombreux à s'exprimer. Le même logo accompagnera toutes les contributions relatives à cet événement.
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Le Pen et son poster |
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Les professions de foi que chaque électeur reçoit par courrier avant l’élection présidentielle n’ont plus l’importance qu’elles avaient avant la télévision, Internet, etc. Heureusement car la plus réussie est celle de Le Pen, du moins en ce qui concerne la forme.
Le prospectus est recto verso au lieu d’être plié pour faire quatre pages bourrées de texte. C’est comme un poster avec d’un côté une bonne photo, de l’autre un « Appel à la France » mis en page de telle sorte qu’il fait penser à celui de De Gaulle en juin 40. Le Pen ne mérite certainement pas d’être président mais le directeur artistique de sa campagne mérite, lui, un premier prix.
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Le progrès à quoi bon ? |
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Deux informations a priori sans rapport ont ouvert les journaux télévisés du 4 mars 2007 : le record de vitesse du TGV à près de 575 km/h et, par ailleurs, les 9 enfants de maternelle qui ont eu droit à de l’eau et du pain en guise de repas à leur cantine. Deux images de la France d’aujourd’hui qui auraient pu finalement se dérouler dans la plupart des pays développés.
Que retiendront les historiens dans quelques siècles de notre civilisation ? Probablement que toutes les technologies y auront vu le jour, du moins dans leur forme basique. En un siècle, nous avons créé l’automobile, l’avion, le train, les fusées, la radio, la télévision, l’informatique, Internet et je passe sur tous les progrès médicaux. Ceci nous a permis d’atteindre des taux de croissance jamais rencontrés dans toute l’histoire de l’humanité. Et pour en faire quoi ?
La misère concerne un habitant de notre planète sur deux, la pauvreté s’installe dans les pays les plus riches et le léger mieux que l'on nous promet (Cf. les objectifs du millénaire pour le développement) est toujours renvoyé aux calendes grecques. C’est bel et bien là le plus grand échec des politiques du monde entier : n’avoir pas su profité d’une période particulièrement favorable pour mettre en place un système équitable où tout le monde a sa chance et sa place.
Nous savons faire des trains rapides ? Tant mieux, cela nous permet de ne pas voir la misère qui reste à quai.
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Europe : violence juvénile |
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Les Berlinois ont découvert que la délinquance juvénile en réunion a augmenté dans la capitale allemande de plus de 5% en 2006. Plus grave, le recours à des armes a fait un bond de 31%. De leur côté, les Britanniques savent qu'une bonne partie des terroristes impliqués dans les attentats de Londres sont de jeunes citoyens anglais nés en Grande Bretagne mais issus de l'immigration. Et la récente explosion de violence à la gare du nord à Paris rappelle aux Français les émeutes de 2005.
Les politiques de l'immigration en Allemagne, en Angleterre et en France sont inspirées par des paradigmes différents et conduisent à des actions et à des styles juridiques ou policiers parfois opposés. Ici, on encourage le communautarisme, là l'intégration. Ici, on identifie les ethnies, là on interdit de les inclure dans les statistiques. Ici on pratique le droit du sang et là celui du sol. Mais, dans les trois pays, l'échec est patent.
Il semble, dans ces conditions, qu'il faudrait tout reprendre à la base et concevoir une analyse :
- qui serait plurinationale, européenne : repousser la tentation de chaque pays à ne regarder que son cas ; tirer parti des succès et des échecs de chacun des pays européens confrontés à l'immigration.
- qui tenterait de comprendre les microprocessus interpersonnels, sociétaux et économiques qui conduisent à la révolte et au passage à l'acte,
- qui ne limiterait pas son champ d'investigation aux jeunes issus de l'immigration car, en dehors même des « ghettos », nous sommes peut-être en train de fabriquer une jeunesse en révolte contre le système dominant.
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Pour un budget participatif |
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Je ne suis pas un fan de Mme Royal mais suis quand même effaré par le manque d’imagination de certains « Messieurs je sais tout » pour qui les gens ordinaires n’ont pas à s’occuper des choses sérieuses.
Eric Besson, l’un des principaux contempteurs de « Ségo », retrace (page 140 du livre « Qui connaît Madame Royal ? ») un dialogue qu’il a eu avec Claude Askolovitch, son interviewer :
- Vous allez me raconter une nouvelle bourde de Ségolène Royal ?
Nous sommes en 2006 dans la préparation du projet socialiste. Ce sont des réunions lourdes. On parle de fiscalité, de réforme fiscale, du budget de la France. Autour de la table, tous nos leaders. Strauss Kahn, Hollande, Lang, Aubry, Fabius, Emmanuelli et Royal. Chacun s’exprime. A un moment, on se tourne vers elle...
- Et elle dit une bêtise ?
Elle dit : « Ce qui m’importe c’est que le budget de la Nation soit participatif ».
- Ce qui signifie ?
Comment voulez-vous que je le sache ? Dans un quartier, un budget participatif, j’arrive à concevoir même si je n’aime pas trop… Mais au niveau de l’état du budget de la cinquième puissance, je ne sais pas.
- Quelqu’un la relance, l’interroge ?
Non. Tout le monde est atterré. Personne ne réplique. Un ange passe, tout le monde se regarde. François fait une boutade. Il fait rire et ça met fin au flottement… Plus tard, quand je résume les différentes interventions … je saute celle de Ségolène Royal. Délibérément. Je ne vois pas ce que je pourrais dire sur un non sens pareil.
Sorry, M. Besson, je ne vois pas où est le non sens. Il serait certes plus facile de commencer par les budgets locaux mais Mme Royal n’a pas dit que l’ensemble du budget de la Nation devait être voté par l’ensemble du peuple. Ces Messieurs auraient pu lui demander de préciser sa pensée. Je ne sais pas ce qu’elle aurait répondu mais voici, à titre d’exemple, une réponse possible :
D’abord, l’orientation du budget pourrait, dans ses grandes lignes, faire l’objet de débats indicatifs préalables à l’élaboration gouvernementale.
Ensuite et surtout, les citoyens pourraient être associés à l’affectation d’une petite partie de leurs contributions fiscales. On pourrait imaginer que ce mécanisme ne concerne, pour commencer, que 5 % du produit de l’impôt sur le revenu. Soit à peine plus de 1 % des recettes de l’Etat. Concrètement, le gouvernement proposerait et le parlement voterait, comme d’habitude, les dépenses correspondant à 99 % du budget mais, pour le 1 % restant, il se contenterait de dresser la liste de certains investissements publics considérés comme souhaitables pour améliorer la vie quotidienne des Français. Les contribuables choisiraient sur cette liste en décidant eux-mêmes l’affectation de l’équivalent de 5 % de l’impôt sur le revenu. Ainsi, auraient-ils la satisfaction de savoir que cet argent sera utilisé à quelque chose qu’ils jugent nécessaire. De plus, les administrations pourraient être mises en concurrence et autorisées à faire de leur mieux pour séduire les assujettis transformés en donateurs.
Est-ce utopique, irréalisable ? Plaçons-nous du point de vue du citoyen-contribuable. Aucun n’accepterait que l’Etat lui ordonne d’acheter une voiture, plutôt qu’un téléviseur. Or, pour ces autres produits de consommation courante que sont les autoroutes, les crèches ou les adductions d’eau, tout se passe comme si rien n’avait changé depuis que les Anglais, au XVIIème siècle, ont inventé la démocratie parlementaire. Aujourd’hui, pourtant, les dépenses de l’Etat ne couvrent plus seulement le fonctionnement de l’armée, de la police et de quelques administrations : elle touche à tous les besoins collectifs lesquels, dès lors, souffrent d’un handicap grave par rapport à la consommation privée.
Tous les jours, la publicité nous pousse à acheter ceci ou cela. A l’inverse, les services publics ne se donnent pas la peine de faire savoir précisément comment ils comptent utiliser notre argent. C’est là un vice profond de nos sociétés occidentales : elles n’ont pas encore réussi à mettre les mécanismes du Marché au service des besoins collectifs. Il faudrait – comme le disait Pierre Massé, un ancien commissaire au Plan – trouver une idée neuve qui permette au contribuable d’exercer des choix, une idée qui les mobilise au lieu de les faire râler. Hélas, Eric Besson n’est pas Pierre Massé. Ce n’est pas sur lui qu’il faudra compter pour trouver une idée neuve.
Marc Ullmann est membre fondateur du club des vigilants
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Presque 1 Million d’expulsables ! |
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Notre pays, selon l’Insee, compte aujourd’hui 722.500 personnes en situation de loyers impayés depuis plus de deux mois. Comme chaque année, la « trêve hivernale" qui court du 1er novembre au 15 mars a expiré. Si les expulsions locatives, qui ont repris depuis, se poursuivent à leur rythme, cette douloureuse « facture sociale » à la française risque de se saler.
Dans la capitale, certains propriétaires fonciers du XX arrondissement n’hésitent pas à réclamer des augmentations de loyer de près de 300 euros. Ils ne sont pas les seuls. Ces augmentations subites étranglent les locataires du secteur privé des quartiers populaires. Ils se retrouvent, d’un coup, à ne plus pouvoir payer leur loyer et peuvent facilement tomber dans la spirale infernale des « mal-logés », voire des « sans-logement ».
En attendant la mise en oeuvre, le 1er décembre 2008, de la loi adoptée en début d’année sur le droit au logement opposable, plusieurs associations récalment "un moratoire sur les expulsions" des personnes les plus démunies. Pour tous les autres « mal-logés », il faudra patienter jusqu’au 1er janvier 2012 – si le cap est tenu par le gouvernement … - afin que la loi soit appliquée. Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation de l’éminent Abbé qui vient de nous quitter, demande un moratoire pour les personnes les plus démunies et le paiement des indemnités de loyers par la Solidarité Nationale.
Les « sans-logement » devront, quant à eux, attendre encore davantage, jusqu’à quand ? 2020 ? 2030 ?
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La face cachée des 35 heures |
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Aucun homme politique, aucun chef d’entreprise, aucun écrivain, aucun artiste n’accepterait l’idée de ne travailler que 35 heures. Ce qu’ils font les passionne. Le travail est leur plaisir.
Tout le monde n’a pas cette chance mais il est anormal d’empêcher les salariés de vouloir y accéder. C’est un aveu d’échec. C’est faire comme si, dans le monde actuel, les salariés étaient anonymes et interchangeables. Tout devrait, au contraire, être tenté pour leur donner envie de s’impliquer, pour encourager l’esprit d’œuvre.
Il est vrai que certaines tâches peuvent être rébarbatives et que beaucoup de gens travaillent surtout pour gagner leur vie. Mais pourquoi alimenter le stress en serrant les horaires ? Les salariés qui sont pressés de rentrer chez eux doivent pouvoir le faire mais ceux qui ont su transformer les collègues en amis et considèrent que le temps perdu avec eux est du temps gagné ne doivent pas être obligés de quitter les lieux à heure dite. Dans ce domaine aussi, le « bon choix » est d’avoir le choix.
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Pour améliorer la gouvernance collective… |
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L'Etat et les collectivités locales dans leur ensemble, ayant chacun une part de la gouvernance de la nation, devraient s'inspirer, pour s'adapter aux nouvelles réalités de manière harmonieuse, une démarche analogue à celle que commencent à engager les grandes entreprises du monde : le management par les processus stratégiques.
Ce management nouveau dans les entreprises, les rend performantes "globalement" et non "morceaux par morceaux" en liant leurs véritables axes et objectifs stratégiques (qui peuvent être évolutifs) avec leur réalité opérationnelle de tous les jours.
La réalité des organisations humaines (entreprises, états, communauté globale de niveau mondial) est d'être "complexe", c'est à dire d'être pluri-factorielle dans ses causes et à finalités multiples dans ses raisons d'être…
Pour cela on peut bien sûr identifier au sein de ces organisations "les fonctions pérennes" (certains diraient régaliennes) qui sont nécessaires et qui doivent être le plus "efficientes" possible. Pour que ces organisations fonctionnent et participent à la production d'une réelle "valeur" pour ceux qu'elles servent, elles doivent intégrer divers acteurs, divers contributeurs qui, chacun pour son compte, cherche à maximiser ses intérêts particuliers (on parle d'organisation en silos de spécialité ou d'expertise ou de pouvoir ) au détriment de l'intérêt général du "corps organisé" que constitue soit l'entreprise soit la collectivité, la région, la nation ou toute forme d'organisation d'un niveau supérieur d'agrégation cohérente.
Pour étudier cette production de valeur, c'est-à-dire la recherche de ces objectifs ou la proximité de ces axes stratégiques pour la collectivité, il faudrait faire se révéler (comme on le dit du développement d'une photographie argentique) ces "fils rouges" qui lient entre elles les actions et les décisions de chacun des acteurs au sein de leur espace d'autonomie, souvent sans qu'ils en aient réellement conscience.
Ces fils rouges sont des "processus". Ils se comportent comme des ponts entre les gens. Pour que l'ensemble de la collectivité puisse avoir réellement une "communauté de destin ou d'intérêt" ces processus doivent être incarnés et pilotés !
Ces fils rouges traversent horizontalement des zones d'autorité, d'autonomie, de hiérarchie, de pouvoir. Ils ne s'intéressent qu'aux finalités collectives de l'ensemble et au rôle de chacun dans leur atteinte. Ce type de management nouveau permet d'adapter les "articulations d'action et de décision" entre les structures, les "organes" qui constituent la réalité de la collectivité.
Des entités structurelles telles qu'un gouvernement, une fédération, un département ministériel, une collectivité locale, un organisme public ou privé voire international, sont traversées simultanément par ces "fils rouges" car toutes, peu ou prou, sont des "parties prenantes" au processus qui servent les finalités d'intérêt général.
Alimenter les populations en eau potable suffisante, peut être une telle finalité… Assurer le bon niveau d'intégration humaine et culturelle des nouveaux venus dans les collectivités nationales, peut en être une autre…
Cette démarche relève d'un triple travail de réforme, de transformation : managérial, organisationnel et instrumental.
On peut craindre que, dans le domaine de la gouvernance des pays, on ne sache pas toujours bien distinguer :
- ce qui relève des "fonctions pérennes", donc des structures, à efficacité et expertise locale, de type hiérarchiques et
- ce qui relève des "processus", donc d'un pilotage d'actions et d'activités transversal à l'ensemble de ces mêmes structures.
Autrement dit, chercher à distinguer dans la gouvernance d'ensemble, ce qui relève prioritairement de la question Comment ?, traitée par une organisation hiérarchique verticale, de ce qui relève prioritairement de la question Pourquoi ?, traitée par une organisation processus horizontale…
Peut-être y a t il là un sujet de réflexion pour aider nos institutions, souvent organisées à l'antique, à se moderniser…
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Où sont les visionnaires-négociateurs ? |
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Nous faisons tous comme si l’échéance présidentielle était capitale pour notre avenir et en même temps nous sommes certains que la politique a de moins en moins de prise sur nos destinées personnelles. Comment expliquer ce paradoxe si l’on veut dépasser les explications faciles de la schizophrénie française ou de l’intoxication médiatique ?
Il me semble que ce qui nous pousse à tant investir dans l’élection présidentielle, c’est notre espoir (jusqu’ici toujours déçu) qu’un(e) président(e) peut inverser le cours des choses et rendre sa force à la politique. Nous avons encore en mémoire les mots forts (hélas sans suites) que Jacques Chirac prononçait au soir de son élection de 2002 « pour que la république vive, pour que la nation se rassemble, pour que la politique change ».
Tous les principaux candidats ont compris ce désir des Français de changer d’ère politique et ne cessent de marteler qu’ils veulent rompre avec les pratiques antérieures. Fort bien, mais ont-ils compris quelle rupture était nécessaire ? Leur volontarisme est-il adapté à la réalité de la société française ? Plus je les écoute et plus je suis inquiet car, sous les discours, la façon d’envisager la politique ne change pas. On entend beaucoup de « je veux » mais bien peu d’explications sur la manière de faire. Alexandre Jardin avait raison l’autre jour d’insister sur l’importance du « comment ». Il a créé le site :
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