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L’Europe des mémoires |
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L’Angleterre est sortie victorieuse de la deuxième guerre mondiale. Elle se résigne difficilement à rentrer dans le rang des vaincus.
Les vaincus, à l’Ouest, ont été libérés par les Américains puis soumis à leur douce tutelle ; les autres, à l’Est, ont été libérés par les Russes puis soumis à leur terrible joug. Deux attitudes distinctes ont découlé de cet état de fait. A l’Ouest, l’Amérique, d’abord admirée et copiée par une génération de « Young Leaders » a été ensuite enviée et critiquée par des contempteurs de l’hégémonie. A l’Est, l’Union Soviétique a été détestée, la Russie actuelle suscite la méfiance et les Etats-Unis font office de rempart. Parmi tous les dirigeants Européens, seule Angela Merkel est apte à réconcilier les mémoires. Elle a vécu à l’Est. Elle a vécu à l’Ouest. Elle incarne une Allemagne réunifiée, héritière de deux destins. Reste à savoir si cette Allemagne nouvelle se sentira investie d’une responsabilité européenne ou si elle sera tentée de « jouer perso ». Le rôle de la France est, à cet égard, capital. Vaincue avec Pétain, victorieuse avec De Gaulle, elle a pris la tête des éclopés de l’Ouest pour forger une Union. De cette union, le couple franco-allemand a été l’ossature. Et cette ossature, aujourd’hui, a besoin de calcium.
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Une Europe de rêve |
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Le 7 juin, les électeurs iront aux urnes en traînant les pieds. L’Europe ne les fait pas rêver. Au mieux, ils sont pour, approuvent un « mariage de raison » mais ne voient pas très bien ce que cette Union apporte. Alors, pourquoi se soucieraient-ils de la couleur politique du Parlement Européen ?
La réponse se situe à plusieurs niveaux : l’Europe agit ; elle agira de plus en plus ; elle devra agir mieux ; le rôle du Parlement sera décisif. Ø L’Europe agit : Malgré la piètre idée que les Européens se font de l’UE, celle-ci existe aux yeux des habitants de Shanghai, d’Osaka ou de Sao Polo. C’est particulièrement vrai dans le domaine des normes qui, chez nous, passe presque inaperçu. L’UE est le plus grand marché du monde et quiconque veut y exporter doit se conformer aux prescriptions imposées. Or, celles-ci, du fait même qu’elles sont valables sur tout le territoire de l’UE, acquièrent une réputation de standard quasi universel. Ø L’Europe agira de plus en plus : La crise a fait ressortir les bienfaits de la mondialisation et le besoin d’en corriger les abus. Les Européens vont devoir se protéger davantage sans tomber dans les excès du protectionnisme qui conduit aux nationalismes puis aux guerres. L’Europe, de ce point de vue, est bien placée puisqu’elle peut s’ériger en faiseuse de normes. Elle l’a déjà fait dans le domaine de la santé. Elle peut le faire dans le domaine social. Elle peut même le faire en matière d’environnement où le juste milieu sera dur à trouver : les Chinois n’ont pas tort lorsqu’ils disent que l’Occident a pollué avant eux ; ce n’est cependant pas une raison pour les laisser polluer sans limites. Ø L’Europe devra agir mieux : Malgré les méfaits de la colonisation et les horreurs de deux guerres mondiales, l’Europe peut encore offrir au monde un modèle d’harmonie. La rapide ascension économique de la Chine fait rêver beaucoup de peuples mais, précisément à cause de la rapidité de ses changements, elle ne donne pas le spectacle d’une société douce. Les Etats-Unis disposent d’incontestables atouts mais Obama aura besoin de plusieurs années pour redonner souffle au « rêve américain ». C’est le moment de l’Europe. L’ancien continent peut émerger, sinon comme une sorte de modèle, du moins comme une tentative originale et enviable de recherche du bonheur. De toutes les zones géographiques, l’Europe est la mieux à même d’exercer « la douce sympathie de son exemple ». Ø Le rôle du Parlement sera décisif : Il l’est déjà dans la mesure où les députés européens votent quantité de textes que les parlements nationaux ont l’obligation de transformer en lois dans leurs pays respectifs. Son importance augmentera forcément puisque le poids de l’Europe sera déterminant dans l’élaboration de règlementations mondiales. Selon que la majorité du Parlement Européen sera de telle ou telle couleur, l’inflexion des politiques européennes mettra plus ou moins l’accent sur telles ou telles orientations. C’est l’essence même de la politique. Une politique que les abstentionnistes du 7 juin auront le tort de négliger.
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Europe : une amitié de raison |
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Les élections européennes vont se dérouler en juin. Pour l’instant, elles ne passionnent pas les foules. Tout se passe comme si l’Union Européenne concernait les gouvernements plutôt que les peuples.
Ce manque d’« affectio » semble relever davantage de la culture que de la politique : les Allemands et les Français ne rient pas aux mêmes blagues ; les Suédois voient l’Espagne d’un point de vue touristique ; les Anglais regardent avec suspicion les bonimenteurs du Continent. Et alors ! Est-il prouvé que les mariages d’amour sont plus durables que les autres ? Est-il évident que l’intérêt commun ne finit pas par créer des inclinaisons communes ? Est-on sûr que des succès, remportés ensemble, ne tissent pas de liens ? Le destin de l’Euro peut se révéler capital. Si les tensions de la crise viennent à bout de la monnaie commune, l’Union risque de se disloquer. Si, au contraire, l’Euro tient bon, les pays membres sortiront mieux que les autres de la crise et le vent soufflera à nouveau dans les voiles européennes. Dans l’immédiat, il appartient aux politiques (notamment français !) de ne pas considérer les élections européennes comme un simple sous produit des rivalités entre partis nationaux. Il ne s’agit pas de faire du prêchi-prêcha en faveur de l’Europe. Il s’agit d’évoquer les bouleversements qui affectent le monde et de montrer en quoi l’Europe peut en infléchir l’issue.
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Un pont entre Londres et Prague |
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Quand le G20 se réunira à Londres le 2 avril, définir une politique financière commune pour répondre à la crise sera en tête des préoccupations. Mais les appels deviennent de plus en plus nombreux pour que ces 20 pays avancés et émergeants évoquent aussi le commerce international et en particulier la nécessité de faire tout pour éviter une grande dépression version 2.0.
Or, selon la Banque mondiale, pas moins de 17 des membres du G20 ont déjà violé leur engagement solennel, pris en novembre dernier à Washington, de ne pas "élever de nouveaux obstacles à l'investissement ou le commerce de biens et de services, en imposant de nouvelles restrictions à l'exportation, ou la mise en place de mesures contraires à l’Organisation mondiale du commerce visant à stimuler les exportations." Malgré la crise – ou à cause d’elle - tarifs douaniers, mesures anti-dumping, subventions et autres actions destinées à fermer les marchés restent à la mode.
Les Américains et les Européens ne sont pas innocents à cet égard (voir fromage de Roquefort ou biodiesel). On peut néanmoins estimer que sans leadership transatlantique le G20 et autres pays ne pourront pas résister à la tentation protectionniste. Or, malgré les nouveaux centres de pouvoir économiques tels la Chine ou l’Inde, les États-Unis et l'Union européenne restent l'épine dorsale du système commercial mondial. Ils maintiennent la plus importante relation commerciale du monde, et c'est leur poids combiné qui a permis le succès des négociations au sein de l'OMC.
Le sommet entre Barack Obama et ses 27 homologues européens à Prague le 5 avril offre une occasion unique. Ils devraient proclamer un refus catégorique d’imposer toutes nouvelles mesures protectionnistes et initier deux actions supplémentaires : redoubler d’efforts pour réconcilier leurs positions respectives dans les actuelles négociations de Doha au sein de l’OMC (qui sont dans le marasme) ; et, en cas d’échec de Doha, annoncer le lancement d’une zone de libre échange transatlantique à laquelle d’autres pays du G20 pourraient se joindre au moment opportun.
Tout cela ne serait ni le Printemps de Prague ni la Révolution de Velours, mais, en temps de crise, un "Pacte de Prague" transatlantique pour favoriser le commerce international serait le bienvenu.
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Areva - Siemens : "Le choc des arrogances" |
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Jean-Claude Leny a présidé Framatome jusqu’en 1996. Pendant 10 ans*, il a œuvré pour mettre sur pied une association efficace avec Siemens. Mieux que personne, il est à même de juger les conséquences de la rupture entre Areva et Siemens et de la nouvelle alliance conclue par Siemens avec l’entreprise publique russe Rosatom. En tant que membre du Club des Vigilants, il a bien voulu répondre aux questions de Marc Ullmann, journaliste, fondateur du Club.
Marc Ullmann : La décision prise par Siemens équivaut à un renversement des alliances. Quel sentiment cela vous inspire-t-il ? Jean-Claude Leny : Une immense tristesse. M. U. : Pourquoi ? J-C L. : Le couple Areva/Siemens était un géant. Sa place de n°1 mondial et de fleuron de l’industrie européenne était assurée pour de longues années. L’avenir, maintenant, paraît plus incertain bien qu’Areva reste, évidemment, une superbe entreprise. M. U. : Comment expliquez-vous la rupture ? J-C L. : Par des raisons à la fois psychologiques et industrielles. M. U. : La psychologie a-t-elle vraiment joué un rôle ? J-C L. : A mon avis, oui. J’irai jusqu’à parler de choc des arrogances. Les Français, vous le savez, sont souvent arrogants. Les Allemands aussi mais d’une autre façon. Les Français, vous le savez, sont souvent arrogants. Les Allemands aussi mais d’une autre façon. Il n’est pas facile de souder une équipe. En 10 ans de Framatome, je me suis donné beaucoup de mal. Cela a plutôt bien marché. J’ai maintenant l’impression que cet aspect coopératif de l’œuvre de ma vie a été mis à mal. M. U. : Vous connaissez bien les gens de Siemens. Comment fonctionnent-ils ? J-C L. : Contrairement à l’idée qu’on peut en avoir en France, le fonctionnement de Siemens est démocratique. Certes le Directoire propose mais le Conseil de surveillance délibère fréquemment et beaucoup et décide. Ensuite, le Directoire met en œuvre. Dans une telle organisation, il était très difficile au Conseil de surveillance d’accepter de voir réduit le rôle contractuel qu’il avait entériné. Pour faire court, « de ne plus avoir voix au chapitre » (voir en encadré ci-dessous, l’historique des relations entre Siemens et ses partenaires français). En plus, une sorte de procès d’intention a été fait par les Français à propos du désengagement allemand du nucléaire. Mais Siemens n’y est pour rien. Il a toujours regretté que la politique en Allemagne empêche la construction de centrales et a continué à s’intéresser de très prés au nucléaire. M. U. : Est-ce la faute d’Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva si les malentendus se sont multipliés ? J-C L. : Madame Lauvergeon tient parfois des propos assez rudes mais je crois que, sur le fond, elle ne voulait pas réduire le rôle de Siemens mais lui donner, au contraire, plus de visibilité. M. U. : Comment ? J-C L. : En transformant la participation de Siemens dans Areva NP en une participation dans Areva, la maison mère. M. U. : Des tractations ont-elles eu lieu ? J-C L : Ayant quitté la vie professionnelle, je n’ai participé à rien du tout. J’ai seulement entendu dire qu’il avait été question d’une participation de Siemens dans Areva à hauteur de 20 %. Le blocage, je crois, s’est situé en France au niveau politique. M. U. : Vous voulez dire au niveau de Sarkozy ? J-C L. : C’est ce qu’on dit. M. U. : D’où, pour Siemens, la tentation russe ? J-C L. : Les performances techniques de Rosatom sont moindres que celle d’Areva mais Rosatom, comme Areva, contrôle toute la filière : mines, enrichissement, etc. Pour Siemens c’est d’autant plus intéressant que sa participation ne sera pas de 20 % mais de 49 % et même un peu plus : exactement 50 % moins une action. M. U. : Pourquoi Rosatom a-t-elle accepté d’aller aussi loin ? J-C L. : Parce que la technologie et l’expérience de Siemens restent excellentes et que sa position mondiale confère à cette entreprise allemande une grande force de vente à l’international. Les Russes, qui garderont l’exclusivité de leur marché national, ont tout à y gagner. M. U. : Sergueï Kirienko, directeur général de Rosatom, affiche l’ambition de conquérir, à terme, jusqu’à un tiers du marché mondial. Cela vous semble-t-il réaliste ? J-C L. : Cela revient à dire qu’il veut devenir leader mondial et que la concurrence avec Areva sera âpre. M. U. : Les centrales fabriquées en Russie n’ont pourtant pas bonne réputation. J-C L. : Elles ont fait des progrès depuis Tchernobyl. Ce sont maintenant des centrales à eau légère. Certes, elles ont moins évolué que l’EPR mais elles coûtent moins cher et peuvent tenter certains clients. De toute façon, le marché est immense et Areva va devoir, comme le dit fort justement Mme Lauvergeon, accroître ses investissements pour répondre à une demande croissante. M. U. : Avec quel argent ? J-C L. : C’est tout le problème. Mme Lauvergeon plaidait, à juste titre à mon avis, pour une entrée en Bourse. Les conditions actuelles n’y sont probablement pas favorables. Mais il faut éviter à tout prix de casser l’entreprise qui réunit toute la chaîne de l’industrie nucléaire au prétexte d’un mécano dénué de signification industrielle et qui n’apporterait même pas de réponse à la question financière.
* Encadré :
A partir de 1986, au lendemain de Tchernobyl qui avait traumatisé les populations et les gouvernements, je n’ai pas cessé d’œuvrer, avec mon collègue et ami Dominique Dégot, Directeur international de Framatome, et nombre de très bons ingénieurs de la Société, à la mise sur pied d’une association opérationnelle étroite avec Siemens. Elle avait pour but de préparer un nouveau réacteur commun à l’Allemagne et à la France (avec vue sur les autres pays européens) qui serait en progrès par rapport aux réalisations précédentes de Siemens et Framatome. Tout particulièrement, ce nouveau réacteur devait être conforme aux exigences des autorités de sûreté nucléaires françaises et allemandes et constituer ainsi le noyau d’un standard européen. Il est également nécessaire de préciser que tout ceci se faisait avec l’approbation des gouvernements allemand et français de l’époque. Ce « Projet commun », comme nous l’avions d’abord appelé a été développé dans le cadre d’une filiale commune, à 50/50, NPI, dirigée par Dominique Vignon qui m’a succédé en 1996 à la Présidence de Framatome. Ce « Projet commun » a évolué avec succès, attirant l’intérêt des électriciens, Allemands et EDF et il est devenu l’EPR que tout le monde connaît maintenant et qui se construit en Finlande à Olkiluoto, en France à Flamanville et bientôt à Penly. Sans oublier la Chine et probablement d’autres pays. Finalement, NPI a été réintégré dans ses maisons mères et, en 2001, un accord a été signé entre Framatome et Siemens par lequel Siemens prenait 34% du capital de Framatome, ceci accompagné d’un protocole d’actionnaires précisant les modes de fonctionnement. Dans le même temps, Alcatel, actionnaire à plus de 40% de Framatome, vendait ses actions à l’Etat qui décidait de regrouper Cogema et Framatome dans une holding appelée ultérieurement AREVA. Ce mouvement qui était logique du point de vue de l’Etat avait cependant pour conséquence de modifier profondément la position de Siemens. Cette Société devenait minoritaire dans une filiale d’AREVA, Areva NP qui n’était plus du tout la Société de plein exercice avec laquelle Siemens avait contracté. Cette situation nouvelle pour Siemens aurait dû être prise en considération et traitée en temps utile. J-C L.
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Question de timing |
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« Si j’avais de l’argent, j’achèterais des actions ». Par ces simples paroles, prononcées au moment opportun, Nixon a contribué à la remontée des bourses et à la reprise des investissements. On voit mal Obama prendre aujourd’hui un risque similaire. L’endettement planétaire n’est pas suffisamment résorbé pour qu’un déclic psychologique suffise à inverser la tendance.
Il arrivera, cependant, un moment où l’évocation de la reprise deviendra crédible. Et ce moment peut advenir aux Etats-Unis plus rapidement qu’ailleurs. C’est peut-être injuste mais c’est ainsi : les Etats-Unis sont à l’origine de la crise mais les autres risquent d’en souffrir plus durablement qu’eux.
Primo, quand les riches se rationnent, les pauvres souffrent. Les consommateurs américains ont tellement consommé que la baisse de leurs achats frappe en premier lieu les ouvriers d’Asie. Secundo, l’économie américaine est résiliente. Son écosystème favorise l’innovation. Elle n’est pas bâtie sur le sable de la ressource unique (en particulier pétrolière). Tertio, l’économie américaine est particulièrement réactive. En Europe, les systèmes sociaux servent d’amortisseur mais les réflexes sont lents. Ainsi, le Nouveau Continent détruit les emplois plus rapidement que l’Ancien mais est plus prompt à en recréer.
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Euro : le frein statutaire |
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Les Etats-Unis, après l’adoption d’un plan de sauvetage massif de leurs banques et d’un plan de relance non moins massif de leur économie par la dépense publique, n’ont-ils plus désormais qu’à « attendre et voir », espérer, la sortie de crise, ayant épuisé tous remèdes ? Que non. Il est de plus en plus question Outre-Atlantique de solutions pudiquement dites "non-conventionnelles", si les précédentes ne suffisaient pas !
Ainsi, en matière monétaire, les Etats-Unis pourraient décider – comme la Fed, après avoir ramené à presque zéro ses taux courts, y a fait allusion en indiquant qu’elle pourrait acheter des titres du Trésor US pour abaisser aussi les taux longs – de relancer la "planche à billets". Certes ils en paieraient sans doute tôt ou tard le prix par une défiance internationale à l’égard de leur monnaie. La Chine ne s’y est pas trompée. Récemment devenue, devant même le Japon – l’a-t-on assez relevé… ? – premier détenteur mondial de titres du Trésor US, elle aurait fait savoir à la nouvelle Administration américaine qu’elle riposterait à toute politique de relance ayant pour effet de dévaloriser son portefeuille dollars. Cependant, à la fin des fins, les Etats-Unis peuvent retrouver leur attitude classique d’indifférence ("benign neglect") quant à la valeur externe de leur devise. Ils pallieraient ainsi une insuffisance de la demande internationale de dollars par une demande… de leur propre banque centrale, choisissant alors entre deux maux le moindre, le risque d’inflation, future, plutôt que de déflation durable. L’Europe, elle, n’a pas a priori ce luxe, faute d’une souplesse analogue dans la zone euro. Au sein même de cette zone, et entre partenaires très proches, la "dépensière" France doit payer environ 50 points de base (0,5%) de plus que la "vertueuse" Allemagne sur ses emprunts publics, l’Italie 100 de plus, l’Irlande 300 (sans parler de la Grèce, pour qui le "robinet" s’est quasiment fermé). Ces écarts pourraient s’accentuer. Il est à craindre que les Etats, confrontés à une même crise, mais partant de situations financières très différentes faute de convergence préalable de leurs politiques économiques, n’en sortent de manière très asymétrique. Des pays, comme l’Islande ou la Hongrie - déjà en cessation de paiements hors zone euro -, totalement dépendants de l’aide étrangère risqueraient de plonger encore plus bas. L’Allemagne, de son côté, dont la Chancelière et le Ministre des Finances s’inquiètent de la « course aux milliards » dans les dépenses de relance… des autres, apparaîtrait comme une valeur refuge. Si l’on s’en tient à la lettre des textes, les statuts de la zone euro ne permettent pas à la BCE de se substituer au marché en se portant acquéreur des titres de dette de tel ou tel de ses Etats membres. De sorte que certains économistes évoquent déjà des tensions centrifuges au sein du club euro, par manque de solidarité et de mutualisation, avec à terme un risque de sortie de tel ou tel membre, voire par effet domino, d’éclatement de la zone. Le seul fait que le Président de la BCE ait dû à diverses reprises contester l’existence d’un tel risque montre bien… qu’il existe ! Et, crise ou pas, les arbitragistes sont déjà à l’œuvre dans les salles des marchés pour jouer telle signature souveraine contre telle autre dans le même euro. Reste une échappatoire, qui émanerait d’une volonté politique commune : contourner les statuts de la zone euro pour pouvoir agir comme les Etats-Unis. Est-ce impossible ? Après tout, face à la crise, les critères supposés intangibles de Maastricht viennent bien d’être mis aux oubliettes ! Mais en pratique, là comme ici, c’est essentiellement la puissante Allemagne qui détient la clé de la décision. Jouera-t-elle l’euro… ou solo ?
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Mystères turcs |
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M. Erdogan et son gouvernement s’efforcent d’adapter la laïcité garantie par la Constitution à un islamisme relativement modéré. Ils s’efforcent aussi de concilier une éventuelle entrée au sein de l’Union Européenne avec une implication croissante dans la politique régionale. Comme s’ils voulaient être héritiers à la fois d’Atatürk et de l’empire Ottoman.
L’avenir, cependant, dépendra moins de ce qu’ils souhaitent que de l’évolution spontanée de la société. Comment les Turcs vivent-ils leur présent ? Comment se modifient leurs comportements ? A quel type de modernité aspirent-ils ? Voilà les facteurs essentiels dont les politiques devront finalement s’inspirer. Après avoir, en 2007, étudié l’évolution (sur bien des points positive) de la société iranienne (Devenirs Iraniens est consultable sur le site : http://www.clubdesvigilants.com/mt-static/pdf/070913-Iran.pdf) ainsi que les Conséquences d’une intervention militaire américaine en Iran. Risques du statu quo (http://www.clubdesvigilants.com/mt-static/pdf/080630-Iran.pdf), le Club est sur le point de rendre publique une étude sur les devenirs marocains. Ainsi, amorçons-nous une sociologie comparée de plusieurs terres d’Islam dont le destin pèsera sur celui de l’Europe. Il suffit de regarder une carte et de dénombrer les pays dont la Turquie est limitrophe pour comprendre que nous souhaiterions pouvoir contribuer rapidement au décryptage des mystères turcs.
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Concours de sortie |
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« La guerre, a dit Mussolini, est l’examen de passage des nations ». Plus modeste et moins grandiloquent, Braudel a évoqué en historien les crises économiques et financières. « La crise, a-t-il écrit, est une épreuve, les forts la traversent, les faibles y succombent ». Ainsi, est-ce consécutivement à des crises que les « centres du monde » se sont déplacés. Venise, par exemple, a « succombé » tandis qu’Amsterdam a « traversé » plusieurs épreuves avant d’être supplanté par Londres.
A l’issue de la crise actuelle, les Etats-Unis resteront-ils N°1 malgré l’accumulation de leurs déficits et la décrépitude de leur industrie ? Les paris sont ouverts. Personnellement, je crois qu’ils conserveront leur prééminence. La Chine n’est, sans doute, pas encore apte à devenir N°1. Peut-être même est-il trop tôt pour dire quelles nations d’Asie sortiront renforcées de la crise et quelles autres en sortiront affaiblies. En revanche, il est presque certain que, globalement, l’Asie accroîtra son poids relatif dans les affaires du monde et que la coopération régionale sera accentuée. La Chine, le Japon et Taiwan ont besoin de débouchés ; leurs réserves financières sont immenses ; ils ne laisseront pas tomber leurs clients les plus proches. En Amérique Latine, pas de suspens : le Brésil y est roi. Ni le Mexique, ni l’Argentine, ni le Chili, ni le Venezuela n’ont, comme lui, la capacité de surfer sur la crise. Cependant, même s’il parvient à catalyser la coopération régionale, la baisse brutale du cours des matières premières le privera des moyens de renflouer tous les éclopés du continent. Les plus démunis, comme la plupart des pays d’Afrique (et comme les Etats qui, tel l’Ukraine, sont assis entre deux zones) n’auront que le FMI pour pleurer. En Europe, on se sera aperçu que l’endettement des ménages plombe les nations encore plus sûrement que l’endettement des Etats. La Grande Bretagne qui, de surcroît, a beaucoup misé sur la City, perdra en importance tandis que l’Allemagne accentuera son avance et que la France consolidera sa place de N°2 européen. Place plus ou moins enviable selon que l’Europe, dans son ensemble, pèsera plus ou moins lourd ! Pour l’Europe, la crise est bel et bien un examen de passage. Dans le pire des cas, la monnaie unique volera en éclat et l’Union donnera le triste spectacle de la désunion. Dans le meilleur des cas, les institutions européennes gagneront en efficacité et feront germer une solidarité mondiale. L’enjeu est capital car, s’il fallait résumer en une seule phrase le pourquoi de la crise actuelle, on pourrait arguer que la cause profonde réside dans le déséquilibre entre pouvoirs politiques nationaux et structures économiques mondialisées. En ce sens, l’Europe a le devoir de mériter la première place au concours de sortie de crise. Non seulement les pays membres en tireraient bénéfice mais toutes les nations pourraient s’inspirer d’un exemple pour encadrer leur interdépendance de fait dans une interdépendance de droit.
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Attention : Russie faible |
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C’est dans une Allemagne rongée par l’inflation que le nazisme a pris corps. Bien sot qui se réjouirait aujourd’hui d’une Russie affaiblie. La tentation existe. Le Rouble plonge, les capitaux fuient, les mécontentements s’accumulent. Pourquoi ne pas en profiter pour se venger de la morgue poutinienne ?
Ce serait oublier que la Russie est assise sur plus cinq mille armes nucléaires et que des nationalistes humiliés peuvent se révéler plus dangereux que des communistes installés. Poutine, pour l’instant, plaide la coopération. Au récent Forum de Davos, il était tout miel. Après avoir risqué la confrontation sur les livraisons de gaz, il s’est mis à prôner le partenariat. Mme Merkel lui a souri et l’Union Européenne a maintenant le loisir de voir de quelles garanties ces bonnes paroles pourraient être assorties. Quant à Obama, il a opportunément sauté sur l’occasion pour proposer la reprise des négociations américano-russes sur la réduction et le contrôle des armements nucléaires. L’affaissement de l’économie russe offre une opportunité. Ne pas la saisir fermement et l’exploiter durablement serait courir un risque.
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Le test ukrainien |
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L’Ukraine n’est pas un pays ordinaire. Une partie de sa population louche vers l’Ouest, une autre louche vers l’Est, une troisième, en Crimée, est à peine ukrainienne. Le tout finira par éclater si l’Union Européenne et la Russie ne créent pas un partenariat paneuropéen permettant à l’Ukraine de servir de passerelle au lieu d’alimenter la discorde. Le conflit du gaz ne fait que souligner l’urgence du problème.
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Qui piège qui ? Pourquoi ? |
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L’attaque israélienne sur Gaza ne peut être considéré comme un évènement isolé : l’escalade est au coin du minaret. Israël est-il tombé dans un piège ou pratique-t-il volontairement la surenchère ?
A l’appui de la première hypothèse, soulignons que c’est le Hamas qui a rompu la trêve et que derrière le Hamas se tiennent le Hezbollah, la Syrie et l’Iran. Soulignons aussi qu’en Iran coexistent plusieurs factions. Des Mollahs réformateurs, associés aux négociants du Bazar, souhaitent un changement de présidence à Téhéran. Ils affûtent leurs arguments en vue de la campagne électorale qui se terminera en juin par la victoire ou la défaite d’Ahmadinedjad. Dans de telles conditions, celui-ci peut avoir intérêt à susciter une crise internationale qui provoquerait en Iran un sursaut islamo-nationaliste. Ses partisans, en incitant le Hamas à rompre la trêve, auraient anticipé la réplique israélienne, joué sur l’impact qu’elle aurait dans le monde arabe et misé sur une escalade. D’abord entre le Hezbollah et Israël puis, possiblement, avec des raids israéliens sur la Syrie voire même sur des sites nucléaires en Iran. Ce faisant, ils auraient accepté de courir le risque de voir les Etats-Unis emboîter le pas à Israël mais auraient estimé que Bush n’aurait pas le temps de le faire et qu’Obama n’en n’aurait pas envie. A l’appui de la deuxième hypothèse, peuvent se combiner des considérations géopolitiques et des calculs électoraux israéliens. Une démonstration de force pourrait être de nature à gêner le Likoud qui attaque le gouvernement sur sa droite et l’accuse de faiblesse. Quant au fond, certains stratèges estiment que l’embrasement du Moyen Orient se révèlerait moins pernicieux pour Israël que la lente montée d’Intifadas de mieux en mieux armées. De plus, l’idée d’en découdre avec l’Iran avant que celui-ci dispose d’un arsenal atomique ne serait pas pour déplaire à certains responsables qui continuent de croire à la possibilité d’un soutien américain. Que l’on retienne la première hypothèse ou la seconde, deux certitudes méritent d’être notées : Ø Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, va devenir le protagoniste central de la suite des évènements. S’il déclenche des tirs meurtriers sur Israël, l’embrasement est quasi certain. S’il joue la prudence, la bataille se livrera sur le plan de l’opinion mondiale et, plus particulièrement, de celle des pays arabes dont les gouvernements (Egypte, etc.) sont supposés être trop indulgents à l’égard d’Israël. Ø Dans tous les cas de figure, l’Europe sera perdante. La ferveur anti-israélienne se mue facilement en colère anti-occidentale et la géographie est ainsi faite que l’Europe est plus proche des terres d’Islam que ne le sont les Etats-Unis. Des attentats sont à craindre.
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Buy European |
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Warren Buffett, l’homme le plus riche du monde, a accumulé sa fortune en agissant à contre mode et en se méfiant des grandioses théories. C’est pour cela, sans doute, qu’on l’appelle « l’oracle ».
Que dit « l’oracle » ? Il dit qu’il ne sait pas si les cours de bourse vont monter ou baisser dans le proche avenir mais qu’il est certain qu’à long terme les actions, aujourd’hui dépréciées, vaudront beaucoup plus cher. « Les mauvaises nouvelles, écrit-il, sont les meilleures amies de l’investisseur. Elles lui permettent d’acheter au rabais une tranche d’avenir ». Et de préciser qu’il investissait maintenant en actions d’entreprises américaines l’argent qu’il avait mis en bons du Trésor.
Le raisonnement semble impeccable mais s’il est valable pour les Etats-Unis pourquoi ne le serait-il pas pour l’Europe ? La chute des indices boursiers est comparable. A taille égale, les profits des entreprises sont comparables. On pourrait même ajouter que l’Europe n’a pas des millions de gens qui ont perdu leur maison ou vu leur retraite amputée. Et donc qu’à crise bancaire égale, la charge y est moins lourde.
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La grâce et les tests |
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Chacun sait maintenant qu’Obama est à la fois un homme symbole et un homme rusé. Que nous réserve cette combinaison pour l’après 20 janvier ?
L’homme symbole incarne le rêve américain à l’heure de la mondialité. Les "Pères Fondateurs" ont fait des Etats-Unis le rêve d’Européens épris de liberté. Deux siècles plus tard, Obama se pose en "Fils Fondateur" : il s’adresse à tous les Terriens et, à l’intérieur des Etats-Unis, donne fierté aux descendants d’esclaves. L’homme rusé incarne le savoir faire des initiateurs du "bottom up". Pendant la campagne, des centaines de milliers de volontaires n’ont pas seulement été mobilisés, ils ont été impliqués. L’action, tant sur le web que sur le terrain, a été créative. Dans l’exercice du pouvoir, rêve et savoir faire vont être mis à l’épreuve. Ø Aux Etats-Unis, le parti Républicain risque de se crisper. Ses militants n’ont pas tous l’élégance de Mc Cain qui, le soir de sa défaite, a tenté, avec panache et sincérité, d’adoucir les rancœurs. Le "Great Old Party", qui a été battu au centre, peut glisser vers l’extrême droite. D’aucuns s’efforceront de transformer Sarah Palin en une sorte de Le Pen américain. La crise économique rendra la tâche d’Obama particulièrement difficile. L’initiateur du "bottom up" devra agir en thérapeute. Ø Dans le monde, Obama, fils de partout et patriote transnational, soulève un immense espoir. Son prédécesseur, encore en fonction, fait figure de Père Fouettard qui avive les conflits. Lui, par contraste, peut devenir le Père Dialogue qui facilite les négociations. Encore faudra-t-il que son doux leadership ne soit pas vu comme un signe de faiblesse. Le futur Vice Président, Joe Biden, ne s’y est pas trompé. "Il y aura des tests" a-t-il prévenu. Ø L’Europe qui partage avec l’Amérique des valeurs universelles sera mise à contribution. Plus elle sera "écoutée", moins elle aura à se plaindre d’unilatéralisme, plus il lui sera difficile de s’opposer.Le "partnership" se paiera en termes de "répartition des charges" financières et militaires. Si l’Union Européenne manque de souffle politique, si elle n’a ni vision spirituelle ni objectifs concrets, elle ne sera rien d’autre que le – plus ou moins – brillant second d’une Amérique rajeunie par un président visionnaire. C’est maintenant que se joue l’avenir. Obama n’a pas encore fixé tous ses caps et choisi toutes ses routes. Son équipe est encore en formation et va être en rodage. L’Europe a quelques mois pour se faire vraiment entendre ... si elle sait ce qu’elle veut.
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La valeur de l'euro |
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Peu importe si l'euro monte ou baisse vis-à-vis du dollar, il y a toujours ceux qui y voient un inconvénient. Euro faible - signe d'une Europe impuissante. Euro fort - perte de compétitivité des industries européennes.
Dans le contexte de la crise financière actuelle, le moment est venu de prendre un peu de distance et enfin de saluer la monnaie unique si peu aimée. Car sans l'euro, le monde ferait face non seulement à une crise bancaire, mais au chaos monétaire à l'échelle continentale. Il suffit de regarder la situation en Hongrie pour se convaincre de l'utilité de l'euro. Le déficit croissant du compte courant, un défi gérable en temps normal, se transformait en véritable crise monétaire à cause des événements dans les marchés des crédits. Résultat : la banque centrale hongroise a du relever en urgence les taux d'intérêt de 3 pourcent pour endiguer la chute du Forint, la monnaie nationale. Or, dans la zone euro, le calme règne. Portugal, Italie, Grèce maintiennent un taux d'endettement élevé, mais leur statut de membre de l'euro les met à l'abri de la tempête qui touche la Hongrie. Déjà occupés à trouver une solution à la crise financière, les gouvernements et banques centrales n'ont pas besoin d'ajouter une crise monétaire à travers l'Europe à leur calendrier de travail. Alors, bravo l'euro ou... presque. Quand l'Irlande a décidé de garantir les dépôts bancaires sans coordination avec ses partenaires européens, les autres pays ont craint que leurs clients déplacent leur argent vers l’Irlande. Le message est clair : l'unité dans le domaine monétaire a besoin d'un complément dans le domaine de la politique financière. Cela aurait aussi le mérite de faciliter la coopération internationale de la zone euro - par exemple pour éviter une future crise financière.
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Découplage ou recouplage ? |
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A première vue, l’Europe et les Etats-Unis sont dans une situation différente :
Ø L’Europe avait une crise bancaire et l’a, plus ou moins, résolue. Elle n’a pas des millions de gens qui ont perdu leur maison ou vu leur retraite amputée. Cela devrait faciliter un découplage et ipso facto favoriser certaines entreprises européennes. Ø L’Amérique a un double problème : celui des banques et celui des gens. Le premier va sans doute être, comme en Europe, plus ou moins résolu mais le second reste entier et sa solution va prendre beaucoup de temps. En principe, la situation européenne est meilleure mais compte tenu du poids des Etats-Unis, l’embourbement risque d’être contagieux et l’Europe, au lieu d’être découplée subirait un recouplage. Si tel est le cas, la crise sera longue pour le monde entier.
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Eviter le café de commerce |
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Il est urgentissime que plusieurs de ceux de nos hommes politiques écoutés, parce que généralement raisonnables, Woerth, Bertrand, Darcos entre autres, s'expriment, même si c'est en dehors de leur champ de compétences, pour marteler et expliquer aux français que l'on ne va pas leur prendre 360 milliards d'euros dans la poche en augmentant les impôts ou, d'une manière énorme, la dette, déjà bien importante.
J’entends, un peu, et peux surtout imaginer le Français moyen au café du commerce vitupérant nos dirigeants pour les mesures prises ou annoncées (privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes, vol au secours des banquiers voleurs (resic) etc. La Grande Bretagne, l'Allemagne et la France ont, séparément, fait savoir qu'ils mettaient des sommes au secours de la situation actuelle. Ces sommes cumulées correspondent à environ 2100 milliards de dollars, soit trois fois le montant décidé par les USA alors que la population des USA est 50 % plus grande que celle de l'agrégat des trois autres pays. Sommes-nous dans une situation bien pire que celle des USA ou nos gouvernements sont-ils plus enclins à ouvrir bien plus grand les parapluies ???
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Leçon de crise |
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La crise semble connaître un répit. Pour combien de temps ? Nul ne peut le dire mais une première leçon peut, d’ores et déjà, être tirée : les USA n’ont plus les moyens de leurs ambitions. Ils s’efforcent donc de faire supporter les coûts de leur stratégie, souvent fort contestable, en utilisant les privilèges exorbitants du dollar, qui constituent un paramètre très fort de leur domination et qui leur permet de jouer y compris d’une relation ambigüe avec la Chine.
Nous sommes donc bien dans une queue de comète où ce pays, s’appuyant sur des outils hérités des circonstances passées, notamment l’émergence de leur monopole grâce aux deux guerres mondiales, et sur l’absence de challenger depuis 1992 (URSS), s’efforcent de prolonger leur domination. Certes ils détiennent encore une partie des leviers indispensables à la puissance : économie, finances, démographie et la force. Mais des concurrents apparaissent. Leur temps est compté. De nouveaux dominants vont émerger : Chine, Inde, Russie … Dans combien de temps seront-ils à leur tour en mesure de détenir la palette complète des leviers de la puissance ? Il est difficile de faire des pronostics, mais cela semble inéluctable. Dans cet intervalle, il serait souhaitable que l’UE trouve une place et constitue un acteur crédible non seulement pour freiner une stratégie américaine parfois destructrice et dangereuse, mais aussi pour contribuer à réduire le monopole américain aux yeux des puissances émergentes et ainsi, peut être, éviter que ceux-ci confrontés à la seule brutalité US ne précipitent dangereusement leur volonté d’accéder à un rôle de challenger. Malheureusement, il est à redouter que ce souhait reste un vœu pieux car l’UE n’est pas suffisamment cohérente, unie et solidaire pour se doter des leviers précités. L’absence d’existence politique de l’UE, son absence de volonté, les égoïsmes nationaux, la carence de stratégie à moyen terme … sont finalement très dommageables à l’UE mais aussi probablement au reste de la planète.
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Réveil ottoman |
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La géographie et l’Histoire font de la Turquie un acteur indispensable à la résolution de plusieurs crises sur plusieurs continents. Malgré des freins de politique intérieure, l’équipe au pouvoir avance des pions.
Ø L’empire ottoman a beau avoir laissé son empreinte sur le Caucase, la Turquie ne pouvait s’impliquer efficacement tant qu’elle restait l’ennemie déclarée de l’Arménie. D’où l’amorce d’une réconciliation, symbolisée par la présence, le 6 septembre à Erevan, du président Abdullah Gül, à l’occasion du match de foot qui opposait les équipes nationales. La proposition turque d’un « Protocole Caucasien de Stabilité et de Coopération » peut ainsi être relancée. Un tel pacte, s’il était crée avec l’assentiment de la Russie, pourrait servir de cadre pour l’arbitrage et le règlement de conflits locaux. Ø La Turquie sert d’intermédiaire à des pourparlers entre Israël et la Syrie. C’est important et pourrait, de surcroît, servir de précédent à d’autres rencontres puisque la Turquie a des intérêts communs avec l’Iran, entretient de bonnes relations avec le gouvernement irakien et reste l’alliée des Etats-Unis.
Ø La Turquie qui achemine déjà vers l’Europe du pétrole caspien, pourra servir de route aux hydrocarbures en provenance de deux de ses voisins, l’Irak et Iran. Indispensable carrefour.
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Urgences de paix |
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La crise financière mondiale propage la misère et rend les peuples nerveux. N’importe quel conflit peut s’envenimer. Si les grandes puissances n’apaisent pas leurs querelles, elles sèmeront la guerre.
L’affrontement Inde/Pakistan, aiguisé par les conflits entre Pakistanais, est une première urgence. Ces deux puissances nucléaires risquent d’en découdre. Leur rivalité exacerbe, en outre, les tensions en Afghanistan. L’opposition Etats-Unis/Iran est une seconde urgence. Une intervention américaine aurait des conséquences tragiques (voir le document du Club émanant du groupe de travail piloté par Jacques Andréani et paru en juin 2008). A l’inverse, l’amorce d’un rapprochement Washington/Téhéran contribuerait à pacifier l’Irak et à calmer certaines ardeurs israélo-palestiniennes.
L’absence d’un vrai partenariat entre l’Union Européenne et la Russie constitue une troisième urgence. L’inexistence de toute structure paneuropéenne place l’Otan en première ligne face à la Russie. Or l’Otan a été créé pour contrer la Russie lorsqu’elle s’appelait l’URSS. La confrontation est dans ses gènes. Les Russes, en tout cas, le croient et la présence de militaires américains en Ukraine serait considérée à Moscou comme une provocation. L’Ukraine peut et doit servir de pont. Si, dans le contexte actuel, elle rejoignait l’Otan, elle deviendrait un enjeu. Ces divisions ethniques, religieuses et linguistiques la déchireraient. Toute l’Europe en subirait les conséquences.
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Défi caucasien |
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Au lieu de s’en plaindre, il faudrait se féliciter que la Russie s’enrichisse grâce au pétrole, au gaz, aux métaux et bientôt aux céréales. Ce pays a vécu la descente aux enfers de l’ex-URSS comme une défaite suivie d’humiliations. L’Allemagne des années 30 nous a montré comment un grand peuple peut réagir lorsqu’il se sent humilié et qu’il est appauvri.
Poutine est coriace mais pas fou. Ses moyens sont contestables, son cynisme évident mais, dans sa Russie, il n’y a plus de goulags et il ne viendrait à l’idée de personne d’y créer des camps d’extermination. Il est normal que cette Russie là joue un rôle éminent sur la scène internationale. Ce n’est pas de la lâcheté de le reconnaître. Ce n’est pas « munichois » de l’accepter. Les bons ne sont pas tous d’un côté et les méchants de l’autre. Au Caucase, d’ailleurs, tout le monde se comporte méchamment. Les Ossètes et les Abkhazes, soutenus par les Russes, ont persécuté les Georgiens tandis que ceux-ci, soutenus par les Américains, ont tenté d’asservir ces récalcitrants sujets de leur nation désunie. Poutine voulait la peau de Saakashvili qu’il considère comme un ennemi. Il est légitime et même indispensable que les Etats-Unis et l’Europe l’en empêchent. Le fort ne doit pas écraser le faible même si le faible n’est pas irréprochable. Ami et protégé des néo conservateurs américains, Saakashvili n’est ni un saint, ni un pur démocrate. La difficulté va consister maintenant à créer les conditions d’un bon voisinage. Saakashvili qui, pendant des années, a injurié les Russes et la Russie doit rester en place puisqu’il a été élu. Il importe, cependant, que la Géorgie, tout comme l’Ukraine, cesse d’être un enjeu pour devenir un lien. C’est, pour l’Europe entière, un véritable défi.
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L’impuissance et la gloire |
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Dans le monde d’aujourd’hui, les médailles d’or pèsent plus lourd que les prix Nobel. Pour devenir n°1 aux Jeux Olympiques de Pékin, la Chine n’a pas lésiné. 400.000 jeunes ont été testés. 200.000 entraînés pour devenir des athlètes professionnels, plusieurs centaines de millions d’euros dépensés. Il fallait à tout prix que l’Empire du milieu retrouve son rang et affiche sa supériorité.
La machine a été implacable. Nombre de sportifs ont craqué mais le résultat a été conforme aux espoirs : 51 médailles d’or contre 36 pour les Etats-Unis. La puissance et la gloire. Dis-moi qui tu applaudis, je te dirai qui tu es. De ce point de vue, si la Chine est unie, l’Europe ne l’est pas. Les Français n’ont applaudi que les Français, les Anglais n’ont applaudi que les Anglais, etc., etc. … Il suffisait d’observer des téléspectateurs pour s’apercevoir que lorsqu’un compatriote n’était pas en lice, ils ne reportaient pas leurs espoirs sur un autre Européen. Pourtant, si l’on additionne les médailles obtenues par les 27 pays de l’Union Européenne, on arrive à un total de 287 ; soit davantage que la Chine et les Etats-Unis réunis (210). Pour les médailles d’or, le résultat est moins époustouflant mais quand même éblouissant (88 pour l’UE contre 87 pour la Chine et les Etats-Unis). Certes, les chiffres de l’UE sont, en partie, fictifs. Si la sélection des athlètes avait été européenne, certains, qui ont obtenu une médaille, auraient sans doute été écartés. Il n’empêche que, sur le plan sportif comme sur les autres, l’Europe pourrait être fière d’elle-même au lieu de se complaire dans l’impuissance et de se résigner à l’absence de gloire.
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Europe schizophrène |
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Les Russes traînent les pieds pour quitter la Géorgie en attendant que leurs propres agissements de "purification" ethnique soient complétés par le départ volontaire, de désespoir, de tous les Géorgiens de l’Ossétie et de l'Abkhazie, microscopiques entités qui ne vont pas tarder à exiger un jour ou l'autre que la communauté internationale reconnaisse leur "indépendance".
Pauvre Europe dans ce cas précis ! La reconnaissance du Kosovo était à l'évidence la porte ouverte aux événements de Géorgie. D'autre part comment être schizophrène en ayant simultanément deux grands principes antagonistes à moins d'admettre l'oxymore ? 1) le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes 2) l'intangibilité des frontières nées de la fin de la deuxième guerre mondiale ??? Ces mystères nous échappent etc ......
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Europe-Méditerranée-Monde : sortir de l’impasse, servir de modèle |
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L’Union Méditerranéenne, telle que l’avait rêvée Nicolas Sarkosy, n’existera pas : les pays de l’Union Européenne non riverains s’y sont opposés. « L’Union pour la Méditerranée » que, faute de mieux, Nicolas Sarkosy lance avec solennité, risque de souffrir à la fois de gigantisme et de paralysie.
Le Président de la République française, pourtant, veut du concret. Au départ, il avait fait référence à ce qu’il avait appelé la « méthode Monnet ». Il avait même explicitement cité la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier qui, en guise de première étape, avait seulement réuni six pays sur un projet commun portant sur seulement deux produits. Pour la Méditerranée, il y a tellement de choses à faire que plusieurs projets communs peuvent être nécessaires. Il faut cependant reconnaître que tous les projets n’intéressent pas forcément tous les pays en même temps. Il serait donc souhaitable de prévoir plusieurs « coopérations renforcées » au sein de l’Union Européenne. Le même principe s’appliquerait aux pays de l’autre rive et, selon les secteurs, les premiers participants ne seraient pas forcément les mêmes. Ainsi, les pays qui, au Nord comme au Sud se mettraient sur la ligne de départ pourraient fixer entre eux les règles du jeu étant entendu que les autres membres des deux rives seraient invités à adhérer ultérieurement. Un tel cheminement permettrait d’écarter un risque et de saisir deux chances : Ø Le risque écarté serait celui de l’enlisement dans un « machin » dont les structures seraient lourdes et dont les réalisations dépendraient de financements compassionnels. Ø La première chance viendrait de l’égalité entre partenaires. Dans les années 1950, la CECA aurait été un échec si l’Allemagne (vaincue) n’avait pas eu les mêmes droits et les mêmes devoirs que la France. En ce qui concerne l’Europe-Méditerranée, l’égalité doit être assurée entre « riches » et « pauvres ». D’où la nécessité que, dans chaque secteur, les ressources financières découlent d’un critère précis et acceptable par tous. Ce critère devrait, bien entendu, être choisi de telle sorte que les riches payent bien davantage que les pauvres. Ø La seconde chance serait l’exemplarité. L’Europe a été pionnière de la construction communautaire. Si l’Europe-Méditerranée pouvait, à partir d’une institution nouvelle, devenir un modèle à vocation mondiale, elle gagnerait ses lettres de noblesse car les institutions internationales, conçues pour la plupart à la fin des années 40, sont nécessaires mais insuffisantes. Il devient urgent de planter une nouvelle graine en choisissant, pour commencer, un secteur restreint. L’eau serait un vecteur symbolique : des populations migrent pour fuir la sécheresse ; l’eau polluée tue 15.000 personnes par jour (plus que le sida). Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. Guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout. Quelques pays du Nord et du Sud de la Méditerranée pourraient, sur ce terrain, planter une graine d’où sortirait une institution mondiale d’un genre nouveau.L’institution, dont les contours seraient définis par les premiers partants, serait dotée de réels pouvoirs et disposerait de moyens financiers. Le Club des Vigilants a travaillé la question depuis presque deux ans et les contacts qu’il a déjà pris montrent que des pays situés très au Sud de la Méditerranée pourraient être intéressés. Les fils du désert connaissent la valeur de l’eau. Et certains ont à se faire pardonner la valeur du pétrole.
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Pour une Europe participative |
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Il est faux de dire que le million d’Irlandais qui a voté « non » le 12 juin a imposé sa volonté à 500 millions d’Européens. Si des référendums avaient eu lieu dans tous les pays concernés, nul ne sait quel eut été le résultat.
La crise n’en est que plus profonde. Les gouvernements devront faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour sauver l’essentiel du Traité, à commencer par la légitimation des « coopérations renforcées », permettant aux pays qui le souhaitent de former des avant-gardes.
A supposer qu’ils y parviennent, un long chemin restera à parcourir pour que l’Europe devienne chère au cœur des Européens. Certains reprochent aux Irlandais, jusqu’ici principaux bénéficiaires des fonds communautaires, de n’avoir pas voulu renvoyer l’ascenseur en Europe de l’Est. Le reproche est fondé mais le problème se serait-il posé si les partisans du « oui » avaient capté l’imaginaire au lieu d’être simplement raisonnables ? En Irlande ce mois-ci, comme en France et aux Pays Bas il y a trois ans, les « élites » ont pris le peuple de haut. Elles se sont crues dépositaires de la vérité. Quelle vérité ? Les élites ne sont pas plus conscientes que le peuple de ce qui fait ou de ce qui ne fait pas l’identité européenne.
Prenons l’exemple de l’euro. Les politiques et les experts ont sans doute eu raison de refuser que les billets soient à l’effigie des Pères fondateurs de l’Union : il leur était difficile de choisir entre De Gaulle et Monnet ; s’il y avait eu à la fois Adenauer et de Gasperi cela aurait sans doute fait trop « démocrate chrétien » ; on comprend leur embarras. Mais pourquoi se réfugier dans des abstractions ? Pourquoi ne pas essayer de toucher l’âme des peuples ? Pourquoi ne pas chercher à savoir quelles étaient les icônes de notre culture ? Pas besoin de référendum pour cela. Débats et discussions se seraient multipliés. Les télévisions auraient pris le train en marche. Mozart et Léonard de Vinci seraient peut-être arrivés en tête. Peut-être pas. De toute façon, nos billets auraient une autre allure.
L’identité européenne aurait aussi pu (et peut encore) s’incarner dans le sport. Un match de foot entre l’Europe et l’Amérique Latine serait un évènement. Une compétition de judo entre l’Europe et l’Asie en serait un autre. Les disciplines ne manquent pas. Les supporters auraient un sentiment d’appartenance.
Sur un socle identitaire se bâtirait l’Europe des citoyens. Le recours au référendum peut se révéler utile en certaines occasions. Là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est qu’à tous les niveaux - communes, régions, Etats, Europe – la démocratie s’appuie sur la participation. Y a-t-il un pourcentage des dépenses publiques, qui puisse être décidé par les usagers ? Y a-t-il un règlement, un formulaire, une directive qui puisse être élaborés ou modifiés ou supprimés après consultation directe des intéressés ? Voilà des questions qui n’appellent pas une réponse générale mais des efforts constants. Des efforts qu’il est urgent d’entreprendre si l’on veut intéresser les peuples au sauvetage d’institutions désormais menacées. Si l’on veut les impliquer dans la conception d’un projet, c’est–à-dire dans le partage d’un rêve.
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La politique du mieux |
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Quelle politique adopter à l’égard de Dmitri Medvedev ? A en croire la plupart des commentateurs occidentaux, le nouveau Président de la Russie ne serait qu’un pantin dont son prédécesseur tirerait les ficelles. Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, ne voit pas les choses ainsi et a tenu à être le premier à rendre visite au jeune occupant du Kremlin.
Il n’ignore, certes pas, que si Poutine le voulait, il pourrait empêcher Medvedev d’agir. Mais pourquoi le voudrait-il ? Avec ses amis Kgbistes, il a mis de l’ordre en Russie et doit maintenant aider Medvedev à ouvrir un second chapitre en s’entourant de juristes et d’ingénieurs. Premier ministre et président du parti majoritaire « Nouvelle Russie », il peut faire en sorte que les deux équipes se complètent (c'est-à-dire que les Kgbistes soient suffisamment rassurés pour ne pas vouloir nuire aux nouvelles élites). Si cette voie vers la modernisation peut effectivement être suivie, les craintes éprouvées par la Pologne et les pays baltes pourront être atténuées et le partenariat entre la Russie et l’Europe pourra devenir plus confiant. Aux yeux de M. Steinmeier, cela vaut la peine de tenter la politique du mieux au lieu de se complaire dans celle du pire.
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Vieille Europe |
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Les uns après les autres, les pays d’Amérique Latine votent à gauche. Les uns après les autres, les pays d’Europe votent à droite. C’est peut-être avant tout une question de démographie : les jeunes vivent le changement comme un espoir ; les vieux craignent de perdre au changement. Comment vont donc voter les Américains du Nord ? Sont-ils, en majorité, encore jeunes ou sont-ils déjà vieux ?
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La tectonique des plaques, nouvelle version |
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117 députés, de droite comme de gauche, ont manifesté à l’Assemblée nationale pour réclamer le maintien du système actuel d’immatriculation des véhicules qui doit changer au 1er janvier 2009 et être remplacé par le système européen (en vigueur depuis déjà 2 ans en Italie conformément à une directive européenne). Les numéros des départements disparaîtront et c’est ce qui motive la grogne de nos élus.
Cette « révolte » peut être qualifiée, au choix, d’anodine, de puérile ou d’insignifiante mais à l’heure où le Parlement est face à des changements profonds qui concernent les institutions, la vie sociale et l’activité économique et alors que le pays risque d’être paralysé à cause de la hausse des prix des carburants, cette manifestation d’un nombre non négligeable de représentants du Peuple est une parfaite illustration du conservatisme gaulois. A moins que ce ne soit un exercice de défoulement collectif mais les 117 n’ont pas fait particulièrement preuve d’humour. Que se serait-il passé si le Président de la République avait avalisé la suppression des départements, demandée par le rapport Attali ! ? Ou, pire encore, le non-cumul des mandats ? Pourtant ces deux réformes seraient des étapes essentielles dans la modernisation de la vie politique. Le Parlement et l’Exécutif se « frottent » de plus en plus. A quand le séisme majeur ?
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Caisses vides et porte-monnaie plats |
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Quand les économistes parlent de l’endettement d’un pays, ils font toujours référence à l’endettement de l’Etat et ignorent superbement l’endettement des particuliers. Or quels sont, parmi les grands pays européens, ceux qui, actuellement, résistent le mieux à la crise ?
N°1 l’Allemagne, N°2 la France. Et quels sont les pays qui souffrent le plus ? N°1 l’Espagne, N°2 l’Angleterre. Ce n’est peut-être pas un hasard si, dans ces deux pays, les ménages sont endettés à hauteur de 120 ou 130 % de leurs revenus annuels disponibles. Soit plus du double qu’en Allemagne et en France. Des porte-monnaie plats peuvent être plus dangereux que des caisses vides.
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Des Flamands vénitiens |
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Silvio Berlusconi a gagné les élections législatives italiennes. Ce n’est pas une surprise bien que la victoire ait été plus large que prévue. La vraie surprise vient d’une formation régionaliste qui fait partie de sa coalition : la Ligue du Nord. Menée par le "Senatur" Umberto Bossi, la Ligue obtient trois millions de voix (le double de son score de 2001) et sera représentée par 60 députés et 26 sénateurs. Avec quel programme ?
D’abord faire en sorte que les gens du Nord cessent de payer pour ceux du Sud. A sa naissance, la Ligue ne recrutait que les éléments les plus droitiers des classes moyennes. Maintenant, beaucoup d’ouvriers ont rejoint les rangs. Comme si une grande partie des électeurs nordistes considéraient leurs compatriotes sudistes comme des sortes d’immigrés. Et, constat aggravant, ces régionalistes ne croient pas que l’Union européenne puisse servir de lien. Berlusconi n’a jamais été un "fan" de l’Europe. Avec Bossi comme numéro 2, ce sera pire !
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Bienvenue chez les pessimistes |
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L’optimisme était une vertu américaine : demain, par définition, devait être meilleur qu’aujourd’hui. Depuis 2003, l’impression se répand que le pays est « on the wrong track ». Selon un sondage effectué annuellement par le New York Times et CBS, ils étaient à l’époque 35 % à le penser ; en 2007, ils étaient déjà 69 % ; aux dernières nouvelles, ils sont 81 % !
Même en France et en Italie, lanternes rouges de l’Europe, le sentiment que « les choses ont tendance à aller plus mal » a rarement dépassé les 80 %. En Europe, la moyenne semble être aujourd’hui de l’ordre des deux tiers. C’est sans doute la première fois que le vent mauvais souffle d’Ouest en Est plutôt que l’inverse.
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La guerre des Trois n’aura pas lieu |
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« Quel est, aujourd’hui, le pays leader de l’Europe ? ». A cette question, les deux tiers des Américains répondent l’Angleterre et les deux tiers des Européens répondent l’Allemagne. La France vient en troisième position. Les autres sont loin derrière.
Ce sondage, effectué par Harris Interactive pour le compte de l’International Herald Tribune et de France 24, n’apporte rien de surprenant mais met en relief des évidences qu’il serait stupide d’oublier : - Les Anglais jouissent d’une suprématie linguistique. L’Europe ne pourra avoir une ambition mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Anglais. - Les Allemands jouissent d’une suprématie économique. L’Europe ne pourra avoir de politique mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Allemands. - Les Français jouissent d’un « je ne sais quoi » qui tient à leur identité, à leur Histoire, à leur quête d’équilibre entre les contraintes du présent et valeurs de l’avenir. L’Europe ne pourra pas avoir de vocation mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Français. En un mot, il ne peut y avoir d’Europe authentique et efficace sans accord entre Allemands, Anglais et Français. Accord qui, allant au-delà des mots, réconcilie les arrières pensées, tienne compte des traditions, efface les préjugés. On en est loin. Hubert Védrine, dans "Géopolitique et volonté", montre comment, de son point de vue, il faudrait progresser. C’est une étape.
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Devoir de prévention |
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Les « responsables » tant politiques qu’économiques sont peu enclins à la prévention puisqu’il est difficile de prouver que l’on a évité une crise alors que le public est, en général, reconnaissant si l’on en a résolu une. Et pourtant ! Des millions de vies humaines auraient pu être sauvées et des centaines de milliards d’euros économisés si certains conflits, évitables, avaient effectivement été évités.
La toute récente création d’un Kosovo indépendant fournit une démonstration éclatante. Dans les circonstances actuelles, cette indépendance semble « juste » dans la mesure où la majeure partie de la population a été longtemps martyrisée. Il n’en reste pas moins que cette indépendance, fondée sur une base ethnique, crée un précédent dangereux et que le minuscule territoire, dépourvu de ressources économiques, est difficilement viable. Le Club compte élaborer prochainement un document sur la tragédie yougoslave qui a débuté en 1986, précisément au Kosovo, et sur l’inconséquence de l’Union Européenne qui, de 1980 (année de la mort de Tito) à 1986, aurait eu tout le temps de prévenir une crise qui a dégénéré en massacres et autres atrocités. De ces six ans d’inaction, l’Europe n’a pas fini de payer le prix.
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Russie : humiliation et goût de revanche |
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« Quels sont les pires ennemis de la Russie ? ». Selon un sondage réalisé par le « Centre Levada » en août 2007, les cinq pays cités en premier sont l’Estonie, la Géorgie, la Lettonie, les Etats-Unis et la Lituanie. Selon ce même sondage, les cinq « meilleurs amis » sont le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Allemagne, la Chine et l’Arménie.
De toute évidence, le démantèlement de l’URSS est au cœur du problème. Deux enseignements, au moins, peuvent être tirés : - Le démantèlement de l’URSS a été vécu comme une humiliation. Les ex républiques soviétiques qui ont tourné le dos à l’ex mère patrie sont vouées aux gémonies ; celles qui se comportent en alliées sont portées aux nues. - Le démantèlement de l’URSS a été vécu comme une « défaite » administrée à la Russie par les Etats-Unis. Les sévices infligés par l’Allemagne au cours de la seconde Guerre mondiale passent au second plan puisque l’URSS a été victorieuse et qu’ainsi, l’honneur a été sauf. La vigueur du sentiment national explique, en partie, la popularité de Vladimir Poutine et a, pour l’Union Européenne, des conséquences pratiques : - Les pays baltes ont de bonnes raisons de s’alarmer de leur dépendance gazière. Il est d’autant plus vital pour eux d’être assurés de la solidarité européenne que le gazoduc Nord Stream, en construction sous la Mer Baltique, permettrait de les contourner. - Les liens traditionnels entre la Russie et l’Allemagne (troisième « meilleure amie ») se renouent. Il en va de même pour la France (huitième « meilleure amie »). Cela peut devenir un atout pour l’Union Européenne tout entière.
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Hard, soft or bargaining power? |
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Les Américains jugent John Mc Cain, Hillary Clinton et Barack Obama en fonction de multiples critères. Pour les Européens, c’est plus simple : la répartition des impôts et des dépenses sociales aux Etats-Unis ne les concerne guère ; leur unique souci tient à la façon dont le prochain Président pèsera sur les affaires du monde. La catégorisation, dès lors, devient assez facile.
John Mc Cain, le vétéran, incarne le « hard power », la volonté de faire respecter l’Amérique, d’exercer un « leadership » sur des alliés consentants. Barack Obama, l’universaliste, personnalise le « soft power ». Il veut réconcilier l’Amérique et le monde, rendre enviables des « partnerships » avec elle. Hillary Clinton, l’avocate, est experte en « bargaining power ». Elle est apte à préparer des “deals” afin de servir les intérêts de son pays. Echaudés par George W. Bush, la plupart des Européens verraient d’un assez mauvais œil l’élection de John Mc Cain. Entre Barack Obama et Hillary Clinton leur cœur balance mais, au total, ils préfèrent Obama. Ce n’est pas seulement une question de style. C’est aussi parce qu’un « bargaining power », privilégiant les intérêts de l’Amérique, ne servirait pas toujours les intérêts de l’Europe. Notamment parce que la géographie a fait de l’Ancien continent le voisin du monde musulman.
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Gordon Brown et la Bombe |
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Gordon Brown, Premier Ministre britannique, a déclaré le 21 janvier à New Delhi que la Grande-Bretagne était prête à prendre la tête d'un processus de vérification et de démantèlement des arsenaux nucléaires destiné à aboutir à un monde sans armes atomiques.
Les propos qui suivent peuvent être retrouvés à l'adresse : « Laissez-moi vous dire que la Grande-Bretagne est prête à mettre en oeuvre son expertise en vue d'aider à déterminer les moyens nécessaires pour éliminer de façon vérifiable les ogives nucléaires. Et je m'engage à ce que dans le processus de préparation de la conférence d'examen du Traité de non-prolifération de 2010, nous soyons en première ligne de la campagne internationale visant à accélérer le désarmement parmi les Etats possesseurs de l'arme nucléaire, à prévenir la prolifération de la part de nouveaux Etats, et à atteindre en définitive un monde débarrassé d'armes nucléaires ».
Déjà, une semaine auparavant, un groupe d'anciens dirigeants américains, conduits par Henry Kissinger et Georges Schultz, avait pris position dans le Wall Street Journal en faveur de la disparition programmée des arsenaux atomiques. Leur analyse se fondait sur la constatation pragmatique que la présence et le risque de dissémination d'arsenaux nucléaires conduiraient tôt ou tard à un monde finalement moins contrôlable et plus dangereux qu'un monde sans armes atomiques. La perspective de disparition des arsenaux nucléaires, si lointaine qu'elle paraisse encore, voit donc s'ouvrir une chance de quitter le monde de l'utopie. L'engagement d'un chef de gouvernement en exercice, à la tête d'un Etat doté de l'arme nucléaire, est évidemment décisif à cet égard. Il serait important que la France ne soit pas absente du mouvement : pour la simple raison que s'il était lancé et commençait à prendre corps, nous n'aurions pas d'autre choix que de le rejoindre. Autant donc nous y associer le plus en amont possible.
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Contradictions européennes |
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Notre président de la République , que cela soit vrai ou faux , nous a affirmé qu'il avait été le moteur principal du traité de Lisbonne ; j'observe que les présidents successifs ont fait deux erreurs :
La première, quand Jacques Chirac, se fondant sur les sondages, a décidé de demander par référendum aux Français leur point de vue sur le traité de Constitution. Il espérait transformer l'essai en plébiscite ; à l'évidence l'on posait une excellente question à 30 millions de Français tout à fait incapables de juger sainement et d'avoir une opinion éclairée.
La deuxième, quand Nicolas Sarkozy, craignant, s'il demandait aux Français de voter à nouveau, d'obtenir la même réponse, en passant par les sénateurs et les députés, a bafoué la décision du peuple qui s'était prononcé. J'observe que les votes ont eu lieu en catimini, que les médias en ont très très peu parlé, et que comme beaucoup je suis bien en peine de trouver le texte que le parlement a approuvé.
500 millions d'européens dépendent maintenant du vote des Irlandais, citoyens d'un pays peuplé d'environ 4. 500. 000 habitants donc peut être 3 millions de votants !!!!!
Mon propos en réalité est le suivant : Sarkozy devait-il être un activiste du Traité de Lisbonne alors que simultanément : 1° Le déficit public devait selon les règles de l'union Européenne être ramené à zéro en 2010. Il est en % LE PLUS ÉLEVÉ de la zone euro et Sarkozy a unilatéralement décidé de reporter le retour à l'équilibre à 2012 (cela sera d'ailleurs à voir). 2° La France, à très juste titre, se plaint de l'attitude de Trichet mais ces plaintes ne peuvent être formulées car contraires à l'indépendance totale de la BCE, indépendance garantie par les Traités.
3° Que dire de la manière cavalière, juridiquement indéfendable, qu'adopte la France quand il s'agit de défendre ses pêcheurs ?
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Remake de la vache folle |
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Invoquant la flambée actuelle des cours des céréales et du soja, les éleveurs de porcs et de poulets réclament le retour des farines de viande et d’os (FOV) rebaptisées protéines animales transformées (PAT). Un tour de passe-passe pour ne pas effrayer le consommateur. Oubliés la crise de la vache folle, la montée de la défiance, la chute des cours qui a suivi la désaffection des consommateurs inquiets...
En juin dernier, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et l’Inra ont, dans un rapport consacré à la vache folle, mis en garde « sur le risque de réémergence de la maladie en cas de réintroduction des farines animales dans l’alimentation des espèces monogastriques ».
Pourtant, notre ministre de l’agriculture s’est empressé de saisir les instances de Bruxelles qui ont débloqué, sans coup férir, 1,7 millions d’euros et chargé l’Autorité européenne de sécurité des aliments de plancher sur le sujet. On voudrait faire passer les intérêts économiques avant les enjeux de santé publique tout en se réfugiant derrière une décision qui serait prise par les méchants de Bruxelles que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
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Medvedev et la monoculture |
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Parmi tous les proches de Vladimir Poutine, Dimitri Medvedev était l’un des rares à ne pas être issu du KGB. Le fait qu’il ait été adoubé est loin d’être anodin : c’est la fin d’une étape et le début d’une autre.
Dans un premier temps, Poutine a voulu mettre de l’ordre et choisi, pour ce faire, des gens formés dans le même moule que lui. Il a maintenant compris qu’il faut de la diversité. Le prochain Président y pourvoiera en nommant, à son tour, des hommes à son image. Rappelons que Dimitri Anatolevitch a 42 ans et qu’il a commencé sa carrière comme professeur de Droit. En désignant un successeur capable de briser la monoculture d’une caste dirigeante qu’il a lui-même créée, Poutine agit en véritable stratège. Quel que soit le poste qu’il choisira d’occuper après les présidentielles de mars, il continuera d’étonner.
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De Bruxelles à Rangoun |
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Le Canada n’a pas éclaté. Le Québec n’a pas fait sécession. De référendum en référendum, anglophones et francophones finissent par se réconcilier. Sans doute en ira-t-il de même en Belgique bien que les francophones répugnent à apprendre le néerlandais.
Le maintien d’une identité nationale commune à des ethnies, des langues ou des religions diverses ne va pas de soi. C’est un test vital pour la démocratie. On s’en apercevra bientôt en Ukraine car l’Ukraine comme la Belgique est coupée en deux avec une capitale, Kiev, qui, comme Bruxelles, fait le lien entre deux communautés. Qui dit démocratie dit compromis et chacun sait que les compromis, comme la bonne cuisine, se mitonnent lentement. Plus un pays est divisé, plus la démocratie met du temps à s’installer. L’exemple de l’Irak est frappant : Saddam Hussein était un dictateur épouvantable mais la société se modernisant, le régime aurait été contraint d’évoluer. L’intervention américaine n’a pas accéléré le processus ; elle a, au contraire, ravivé les antagonismes dormants si bien que le pays finira, sans doute, par éclater. Et la Birmanie ? Il est facile de s’indigner de la répression sanglante exercée par des militaires sans scrupules. Mais si ces brutes étaient éliminées demain, il est vraisemblable que l’état d’appauvrissement dans lequel ils ont mis le pays se révèlerait impropre à toute réconciliation nationale. Les diverses minorités qui peuplent la Birmanie risqueraient même de s’entre-égorger. Dans des cas aussi extrêmes, le plus efficace est de semer des graines de modernité et de s’efforcer discrètement de favoriser l’éclosion de compromis durables.
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Voitures et portefeuille |
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En Europe comme aux Etats-Unis, les statistiques montrent que les inégalités se creusent. Inutile de les lire : il suffit se promener dans la rue et de regarder les voitures. Les berlines moyennes se font de moins en moins nombreuses. Les modèles haut de gamme et les modèles bas de gamme progressent. Ainsi déclinent les classes moyennes.
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Une nationalisation rampante |
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La fusion annoncée entre GDF et Suez attire les foudres des syndicats et de certains partis politiques au motif que cette fusion ne serait que la privatisation de GDF.
La réalité économique est tout autre et il s'agit en fait d'une nationalisation rampante de Suez. M. Fillon lui même a déclaré sur les ondes que le pourcentage consolidé de l'Etat dans le nouvel ensemble sera de 40 %, bien supérieur à la minorité de blocage.
Tout le monde sait bien qu'en détenant 40 % du capital d'une entreprise, le reste étant très dilué, on y fait la loi. Il est, dès lors, peu probable que les autorités belges voient d'un bon œil leurs centrales nucléaires passer sous contrôle d'un Etat étranger. Heureusement pour la France, il n'y a actuellement plus de gouvernement belge. Mais si, comme cela est fort possible, les Flamands l'emportent outre-Quiévain, les lendemains risquent d'être difficiles.
Quoi qu'il en soit, cette affaire aura vu se renier autant M. Sarkozy que M. Mestrallet, le premier oubliant qu'il s'était engagé à ce que l'Etat ne descende jamais en dessous de 70 % dans GDF, le second ayant déclaré très récemment qu'il n'accepterait pas une cession des activités environnement de Suez. Et de nous expliquer qu'un "spin off" n'est pas une cession stricto sensu ; soyons sérieux...Tout cela ne renforce pas la crédibilité dans les élites politiques et économiques et c'est bien dommage en ces temps dits de "rupture".
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La crise Galileo |
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L’UE a décidé en 2002 d’entreprendre le projet de localisation par satellite Galileo pour assurer son indépendance dans un domaine sensible. Elle a, cependant, eu l’idée absurde de prévoir le financement par un consortium privé dépourvu de maître d’oeuvre. Il était impossible que cela fonctionne.
La Commission, ayant finalement compris où réside le fond des choses, a proposé que l’U.E, en tant que telle, finance l’affaire dont la facture est estimée à 3,5 milliards d’euros pour 5 ans. L’Agence spatiale européenne agirait alors en tant que maître d’œuvre.
Le Conseil européen des ministres des transports du 7 juin 2007 a accepté le principe mais décidé de reporter la décision en octobre. En réalité, il existe deux obstacles :
- Certains Etats qui, au fond, sont opposés au projet, comme le Royaume-Uni, rejettent le financement communautaire.
- D’autres, comme l’Allemagne, ne veulent pas du mode de financement habituel à l’U.E reposant sur le choix du moins-disant, mais exigent une clé de répartition dite « juste retour » où chaque Etat reçoit exactement pour ses contrats industriels la somme qu’il a versée au programme (par exemple, proportionnelle au PIB).
Sous ces apparences financières se cache un fait majeur : l’Europe n’a pas de gouvernement digne de ce nom et les nations tirent à hue et à dia.
Les personnes qui s’occupent du dossier sont néanmoins assez optimistes pour espérer une décision d’ici la fin de l’année.
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Un traité canada dry |
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Bien entendu, comme je l'affirmais alors, il n'y avait pas de Plan B il y a deux ans. Cependant, le traité Canada Dry, dont j'ai entendu les grandes lignes ces derniers jours est la preuve que 27 pays ne pouvaient pas, en 2007, vivre comme jadis au Far West .
Un minimum de "lois", "règlements", "obligations" devaient être rédigés.
Le "traité de constitution" avait été soumis au peuple français... et avait donc été refusé.
Il est évident que l'accord de ce jour sera entériné par le Parlement.
Qu'en est il des pouvoirs "souverains" des peuples de France et des Pays Bas, "traités" par dessus la jambe ????
Que vont penser les quelque 18 pays qui avaient décidé d'accepter, eux, le précédent texte ????
Autant de réflexions qui me laissent dubitatif.
P. S. le vote démocratique, je le rappelle avait été jugé par Benjamin Franklin comme un vote par deux loups et un agneau sur le choix à faire pour le déjeuner !!!!!
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Encore des dépenses |
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Le vote, négatif, des français était certainement, quelque qu'aient été mes idées sur le sujet, un mauvais coup porté à l'Europe politique.
La décision, assez surprenante, de Nicolas Sarkozy de laisser filer les dépenses, un peu au mépris des règles du club Europe, n'est elle pas un nouveau danger, sur le plan de la monnaie cette fois pour l'Union Européenne ?????
Le monde en général et plus égoïstement l'Europe en particulier ne manquent pas de me préoccuper, pas tant pour notre génération mais pour celles qui nous succèderont.
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Europe : violence juvénile |
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Les Berlinois ont découvert que la délinquance juvénile en réunion a augmenté dans la capitale allemande de plus de 5% en 2006. Plus grave, le recours à des armes a fait un bond de 31%. De leur côté, les Britanniques savent qu'une bonne partie des terroristes impliqués dans les attentats de Londres sont de jeunes citoyens anglais nés en Grande Bretagne mais issus de l'immigration. Et la récente explosion de violence à la gare du nord à Paris rappelle aux Français les émeutes de 2005.
Les politiques de l'immigration en Allemagne, en Angleterre et en France sont inspirées par des paradigmes différents et conduisent à des actions et à des styles juridiques ou policiers parfois opposés. Ici, on encourage le communautarisme, là l'intégration. Ici, on identifie les ethnies, là on interdit de les inclure dans les statistiques. Ici on pratique le droit du sang et là celui du sol. Mais, dans les trois pays, l'échec est patent.
Il semble, dans ces conditions, qu'il faudrait tout reprendre à la base et concevoir une analyse :
- qui serait plurinationale, européenne : repousser la tentation de chaque pays à ne regarder que son cas ; tirer parti des succès et des échecs de chacun des pays européens confrontés à l'immigration.
- qui tenterait de comprendre les microprocessus interpersonnels, sociétaux et économiques qui conduisent à la révolte et au passage à l'acte,
- qui ne limiterait pas son champ d'investigation aux jeunes issus de l'immigration car, en dehors même des « ghettos », nous sommes peut-être en train de fabriquer une jeunesse en révolte contre le système dominant.
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Quand l’admiration s’en va … |
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Les Etats-Unis ont assis leur puissance en jouant sur deux registres : ils étaient à la fois forts et admirés. Aujourd’hui, la force subsiste mais l’admiration s’en va. Faute de modèle à admirer ailleurs, le monde se trouve déboussolé.
La science tourne encore à l’heure américaine mais, dans les autres domaines, adieu le soft power ! L’unilatéralisme a fait tellement de ravages à l’international que « l’Oncle Sam » a acquis la réputation d’être sourd, aveugle, quasiment autiste, incapable de comprendre et d’apprécier les ressorts et les motivations de ceux qui ont été nourris par d’autres cultures.
Même les pays amis de l’Amérique se mettent à critiquer ce que jusqu’alors ils se plaisaient à copier. La gouvernance des entreprises ne fait pas exception et le code moral, qui aux Etats-Unis régit les marchés financiers (Sarbanes – Oxley Act, etc.), semble plus lourd que nécessaire et moins efficace que prévu. Les conséquences sont lourdes : en 2000, 50% des introductions en bourse se faisaient en Amérique. Le chiffre est aujourd’hui de l’ordre de 5%.
Il n’y a pas de quoi se réjouir. Le monde a besoin de règles. Pour l’instant, aucune institution n’est à même d’en édicter. Quant à l’Europe, qui devrait être un phare, elle semble, aujourd’hui, en veilleuse.
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L’Histoire passe, la Géographie reste |
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Stratèges et économistes d’aujourd’hui découvrent que l’Allemagne est au centre de l’Europe. Quelle découverte ! Elle l’était déjà en 1913. Des ambitions démesurées, deux guerres mondiales et des millions de morts n’ont pas, fondamentalement, changé la géographie.
L’Allemagne retrouve ses marques. Comme avant 1914, elle construit des pipelines en Russie et investit en Tchéquie. La Deutsche Bahn fait rayonner ses trains à l’Ouest comme à l’Est. L’Union Européenne ressemble à un « zollverein » élargi.
De même pour la Chine. On redécouvre aujourd’hui que « l’Empire du Milieu » est au centre le l’Asie. Pendant la colonisation, on avait l’oublié. Pendant le maoïsme, on préférait ne pas y penser. Puis, avec la mondialisation, on a cru que la conquête des marchés américains et européens était l’unique obsession de la nouvelle Chine. On s’aperçoit, enfin, que son pouvoir d’attraction s’exerce (ou, en tout cas veut s’exercer) prioritairement sur les pays qui, naguère, étaient les protégés de l’empire.
Et l’Iran ? Certains ont fait fi de sa position stratégique qui, pourtant, est immuable. La nation perse a connu des éclipses mais le pays a toujours rebondi. Si, demain, le gouvernement américain décidait de détruire son potentiel économique, l’Iran retrouverait, tôt ou tard, son rang de puissance régionale.
Pour comprendre le monde, le plus simple est de dessiner plusieurs cartes avec, pour chacune, un centre différent. Le monde « vu de », voilà la clef de toutes les politiques étrangères.
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Vrais « sans papiers » et faux charters |
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Contrairement à une idée acceptée par ceux qui ont envie d’y croire, le renvoi par charters des immigrés sans papiers est une pure illusion. Les sans papiers, s’ils veulent rester en France ou dans tout autre pays européen, prennent soin d’être vraiment sans papiers, c'est-à-dire de ne pas en avoir. Ils se trouvent ainsi originaires de nulle part, ce qui ne constitue pas une destination.
Les expulsés ne peuvent donc appartenir qu’à deux catégories : il y a certains nigauds qui, sans avoir tous les justificatifs nécessaires, ont cru bon d’accomplir des démarches de régularisation ; et peut-être aussi quelques individus pour lesquels des autorités consulaires de tel ou tel pays d’Afrique, acceptent, en échange de contreparties accordées par la France, de faire des vrais faux papiers attestant une nationalité réelle ou supposée. Au total, cela ne peut pas faire grand monde !
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Jusqu’au ciel ? |
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Quand tous les spécialistes, tant en Europe qu’au Etats-Unis, estiment que la Bourse va continuer à monter en 2007, il faut peut-être commencer à se méfier.
Pour l’instant, les banquiers et autres gestionnaires de fortunes « surpondèrent » les actions dans l’éventail des placements. Leurs arguments ne manquent pas de poids : la croissance mondiale est au rendez-vous, les liquidités sont abondantes et les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés. Dans de nombreux secteurs, les carnets de commandes sont pleins et, à en croire un sondage réalisé dans 50 pays, 93 % des responsables de grandes entreprises tablent sur un accroissement du chiffre d’affaires.
L’opinion des experts résiste à la plupart des objections. La crise de l’immobilier américain ? Elle semble maîtrisable puisque les taux d’intérêt devraient rester relativement bas en raison des gains de productivité qui limitent l’inflation. Le déficit extérieur américain ? Ce n’est pas demain que les Asiatiques voudront pousser les Etats-Unis à devenir protectionnistes. Et puis, si le dollar baisse ce ne sera pas un drame pour les Américains vu que leurs actifs à l’étranger sont exprimés dans d’autres monnaies. La possibilité d’un embrasement au Moyen Orient ? La résilience de l’économie mondiale a fait ses preuves en ce qui concerne le prix du pétrole. Quant aux attentats terroristes, ils n’ont eu sur les Bourses aucun effet durable.
Tout cela est vrai mais nous vivons à une époque où l’émotivité publique peut se retourner brusquement. Bien malin celui qui peut prétendre savoir quand une peur en déclenchera d’autres.
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Europe : la société de la connaissance s’éloigne |
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Faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010. C’était une des ambitions proclamées à Lisbonne en 2000. En 2002, des objectifs précis étaient fixés dont l’augmentation des dépenses en R&D à 3% du PIB communautaire et la formation de 700 000 chercheurs supplémentaires. Aujourd’hui, de l’avis même de la Commission européenne, on en est encore loin.
Au rythme actuel, l’Europe ratera, à coup sûr, l’objectif des 3 % et atteindrait, au mieux, 2,2 %. Soit la même part que la Chine qui n’en était qu’à 1,3 % en 2003 ! Et toujours bien loin des Etats-Unis.
L’avenir en termes d’effectifs dans la recherche semble aussi sombre. 40 % à 55 % des universitaires ont, comme en France, en Autriche ou en Suède, plus de 55 ans. Il faut les remplacer. Aujourd’hui, deux phénomènes se conjuguent pour saper la compétitivité et l’attractivité de la maison Europe : le manque d’appétence des jeunes pour les filières scientifiques et l’incapacité de cette même Europe à offrir des carrières attractives aux jeunes chercheurs qui alimente la fuite des cerveaux.
D’ores et déjà, l'attractivité de l’Europe pour les activités de recherche fléchit. Entre 1997 et 2005, les dépenses de R&D effectuées par les entreprises de l’UE aux Etats-Unis ont augmenté beaucoup plus rapidement que celles effectuées par les entreprises américaines en Europe (54 % contre 38 %). La concurrence de la Chine et de l’Inde pour l’établissement de centres de recherche risque d’amplifier le mouvement. Et la société de la connaissance de s’éloigner encore... à moins d'un sursaut salutaire.
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Sans industrie, pas d’avenir |
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Le « made in Germany » (hergestelt in Deutschland) se vend de mieux en mieux. En 2006, l’Allemagne a regagné ses galons de premier exportateur mondial et l’excédent de son commerce extérieur a dépassé 180 milliards d’euros. Par comparaison, la France fait pâle figure. Les pleurnicheries sur la baisse du dollar et la hausse de l’euro donnent à sourire.
Le décalage entre ces deux grandes économies européennes ne peut s’expliquer uniquement par des raisons conjoncturelles et par une inégale volonté de réforme. La vigueur de l’économie allemande s’inscrit dans la durée. Au lieu de suivre les modes et de changer constamment de priorités, l’Allemagne n’a jamais cessé de privilégier l’industrie ; elle a choisi de s’appuyer sur ses points forts et d’améliorer ce qu’elle savait déjà très bien faire.
Je me souviens, sans pouvoir en préciser exactement la date, d’une réunion au Club Jean Moulin où l’un des esprits les plus brillants de la haute administration française prétendait que la France allait très rapidement surpasser l’Allemagne parce qu’elle était en train de se spécialiser dans les « secteurs d’avenir » alors que l’industrie allemande restait engluée dans ses « activités traditionnelles ». L’homme était très savant mais son raisonnement sonnait faux. N’importe quel profane (même moi !) pouvait pressentir que les industries les plus classiques, si elles investissaient suffisamment en R&D, seraient en mesure de se moderniser et de bénéficier des apports des nouvelles technologies. De fait, les produits allemands, en particulier les biens d’équipements, n’ont jamais cessé de s’améliorer.
En France, les « grands projets » ont parfois été des grandes réussites mais l’argent dépensé a surtout profité aux grandes entreprises. Dans un rapport rédigé en 1993, l’association « Entreprise et progrès » notait que, de 1950 à 1991, « l’Allemagne a fait deux fois plus que la France pour ses petites et moyennes entreprises industrielles ». Logique que celles-ci se soient développées deux fois plus vite, qu’elles aient innové davantage et exporté en conséquence. En dépit de nombreux discours, la tendance, depuis 1993, ne s’est que légèrement infléchie. Encore heureux que les « activités traditionnelles », dans lesquelles la France excelle (par exemple les industries du luxe), n’aient pas été abandonnées. Merci Bernard Arnault. Tant mieux s’il a fait fortune.
Le progrès, en économie se fait rarement par saut. Lorsqu’un pays sous développé veut brûler les étapes, il y laisse généralement des plumes. Comme le disait un Japonais très sage : « Avant de s’acheter un chapeau haut de forme, il faut avoir des souliers ». La Chine, de ce point de vue, peut servir de modèle. Son socle industriel est solide, des étages successifs peuvent s’ajouter à ceux déjà posés. L’Inde, en revanche, commence à s’apercevoir qu’elle a trop misé sur les services et est en train d’infléchir sa politique en investissant massivement dans l’industrie.
Les pays riches où le coût du travail est élevé ne peuvent évidemment négliger les emplois « face à face » non délocalisables. L’industrie est, cependant, seule à même de relever certains défis d’avenir. C’est, par exemple, avec du matériel, et pas seulement du « software », qu’on pourra dépolluer.
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L’Europe surmontera son indigestion |
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L’Europe, paraît-il, est malade : elle n’a pas digéré « l’élargissement » faute d’avoir procédé à temps à son « approfondissement ». Certes, c’eut été idéal mais y a-t-il vraiment de quoi dramatiser ? Les nouveaux pays membres jouent le jeu. Même en Pologne, le gouvernement nationalo-populiste des jumeaux Kaczynski ne peut pas aller loin dans ses rodomontades puisque plus de 80 % de la population se déclare heureuse de faire partie de l’Union.
Quoi qu’on dise, l’Europe reste une formidable machine à favoriser l’homogénéisation tout en tolérant les différences. Son arme secrète est juridique. Avant d’adhérer, chaque aspirant pays membre doit ajuster sa législation et absorber près de 100.000 pages de textes communautaires. Un ordre international inédit se construit. Il est encore permis de s’en réjouir même si les « non » au référendum sur le traité constitutionnel font perdre du temps à l’« approfondissement ».
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Europe : le grand jeu du ni oui, ni non |
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Le « non » au référendum européen aurait été utile si le « oui » l’avait emporté. L’expression du mécontentement aurait alors poussé à la réforme au lieu de consacrer l’immobilisme. Aujourd’hui, les institutions sont bloquées. A 27, depuis le début de l'année, il devient impossible de prendre des décisions et même d’échanger des idées au lieu de tenir des discours. Cela en est arrivé au point où beaucoup de ministres s’abstiennent de venir aux réunions du Conseil. En attendant une nouvelle « Constitution », l’Europe a besoin d’un accord minimal pour un nouveau fonctionnement.
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L’Allemagne au cœur de l’Europe |
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Dans les Mémoires qu’il vient de publier, l’ancien chancelier Gerhard Schröder met l’accent sur l’aspect européen de la politique étrangère allemande. Ses prédécesseurs, lui-même (ainsi d’ailleurs que l’actuelle chancelière), n’ont jamais mené de politique exclusivement nationale. Tant mieux mais pourvu que ça dure !
Si la France n’affichait pas rapidement sa volonté de relancer l’Europe ou si L’U.E, sous pression américaine, voulait adopter une attitude intransigeante à l’égard de la Russie (considérée par Schröder comme une alliée naturelle), l’Allemagne pourrait être tentée de jouer en solo. Sa puissance industrielle, sa position de premier exportateur mondial et surtout la place qu’elle a reconquise dans tous les pays d’Europe Centrale et Orientale lui permettrait de jouer dans la cour des grands.
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R&D : Européens, encore un effort ! |
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Industrie des logiciels très active en Europe mais le différentiel s'élargit avec les Etats-Unis, efforts de R&D substantiels mais loin derrière les Américains... Dans une excellente interview au JournalduNet, Jean Mounet, Président de Syntec Informatique, met en cause la dispersion des moyens, les investissements en R&D insuffisants et ... l'absence d'une politique industrielle.
A écouter
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Normes et standards : quand l’Asie s’éveillera |
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Imposer une norme, revient, dans un contexte mondialisé, à s’assurer un bénéfice immédiat en terme économique et stratégique. L’Europe, malgré quelques beaux succès industriels, à l’instar du GSM qui a su s’imposer sur tous les continents, est à la traîne. Dans ce domaine, ce sont les Etats-Unis qui, grâce à leur suprématie en termes d'innovation et de maîtrise de l'information, tiennent le haut du pavé. Ils sont à même de proposer leurs propres normes ou bien d'en créer de nouvelles et de les rendre indispensables aux yeux de tous. Cela va-t-il durer ? Rien n’est moins sûr.
Le réveil de l’Inde et de la Chine risque d’être brutal. Avec une population locale se dénombrant en milliards d'individus, ces deux pays n'auront aucun mal à définir et à appliquer leurs propres normes. Cela a déjà commencé en Chine notamment avec la norme TD-SCDMA, équivalent de l’UMTS européen. On peut de ce fait parier que, globalisation et essor des nouvelles technologies de communication et de l'information aidant, ces pays, à forte croissance, ne tarderont pas à proposer leurs propres normes à l'ensemble de la planète, au grand dam des Américains et Européens.
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Opération Mamba : source de rayonnement européen pour la France |
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La fin de la Françafrique décrétée solennellement lors du sommet de la Baule en 1990 cachait mal un désengagement et un désintérêt croissant pour un continent considéré comme « inutile ». Le terrain déserté, le rôle de gendarme fut endossé par une kyrielle d’Etats africains ou de groupes armés dont les ingérences antagonistes n’ont fait qu’amplifier les conflits régionaux et les crises infra étatiques. Aujourd’hui, la France est de retour et ce sont les missions de projection de l’Europe qui lui redonnent de l’influence et jouent le rôle de « multiplicateur de rayonnement » pour la France.
C’est l'engagement des Britanniques - connus pour leurs conceptions nettement plus atlantistes - en Sierra Leone en 1998 qui a servi de déclic. Il a démontré non seulement que l'interventionnisme en Afrique pouvait être source d’influence en Europe, mais encore que la France, qui venait de s’interdire ce recours par sa doctrine de « ni-ingérence, ni-indifférence », n’était plus la seule à pouvoir jouer le rôle de nation-cadre d’une intervention européenne en Afrique.
Or, la volonté française de participer au renforcement du pilier PESC de l'UE destiné à doter l'Europe d'une consistance politique, diplomatique et militaire propre - dans la lignée de la conception particulière dont la France a fait preuve en se retirant de l'OTAN en 1966 - n'a pas cessé.
Ainsi, l’opération « Mamba noir » - opération militaro-humanitaire en Ituri en juin 2003 -, menée par des commandos-marine du COS - commandement non subordonné à celui d’ « Artémis », européen -, poursuivait un autre objectif. Politique celui là. Par cette opération, la France souhaitait rééquilibrer sa position dans une Union européenne où la perspective d’élargissement à 25 laissait entrevoir la marginalisation des conceptions françaises au profit de celles de son partenaire britannique. Répondant à une demande de Kofi Annan, la France a assigné à l’UE une mission à même de susciter chez ses membres la volonté politique d’exiger que soit reconnue à l’Europe plus d’importance dans les relations internationales (pour preuve, la très neutre Suède déploiera ses forces spéciales tandis que l’Allemagne évoquera l’envoi de soldats de la Bundeswehr) ; elle a, par là même, contredit Robert Kagan pour qui « c’est la faiblesse de l’Europe qui la pousse à s’opposer à la puissance ». De l’Amérique bien sûr.
« Mamba noir » a par ailleurs démontré la nécessité pour l’Europe de se doter d’un outil militaire lui assurant une autonomie d’action à même d’épauler son action politique et économique au service de la communauté internationale. La création d’un « quartier général européen », rejeté par les Américains car concurrençant l’Alliance atlantique et, surtout, le ralliement de Tony Blair à ce projet ont constitué les résultantes d’« Artémis ».
En effet, de leur participation à la première intervention de l’UE en toute autonomie hors d’Europe et malgré quelques réserves initiales, les Britanniques n’ont pu manquer de tirer des enseignements. On notera que le ralliement anglais à la Capacité de planification et de conduite d’opérations européenne, est l’aboutissement d’une réflexion française qui doit elle aussi sa part à l’intervention en Ituri. Cette convergence anglo-française est intervenue alors que ne cessait de se creuser le fossé entre les capacités militaires britanniques et françaises et que certains experts donnaient la Grande-Bretagne comme le nouveau champion de l’Europe de la défense en raison de la maîtrise opérationnelle dont cette dernière avait fait preuve lors de l’offensive en Irak.
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L’Europe du sport |
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Le golf est un sport moins populaire que le foot mais, pour le bien de l’Europe, la Ryder Cup pourrait servir d’exemple. En Irlande, deux équipes se sont affrontées récemment ; l’une représentait les Etats-Unis, l’autre l’Europe. L’Europe a gagné, elle aurait pu perdre, là n’est pas le sujet. L’important est qu’il y avait une équipe européenne qui incluait des champions de diverses nationalités. Pourquoi pas, pour le foot, une confrontation Europe/Amérique Latine ou Europe/Amérique Latine/Afrique ? De même pour d’autres sports. Un patriotisme sportif européen reste à construire.
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Prodi = retour de l’Europe |
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Le Président du Conseil italien a, en quatre mois, mené un parcours sans faute. Dans un premier temps, il a pris les mesures économiques que la situation imposait et son effort a été reconnu par les investisseurs du monde entier puisqu’aujourd’hui le gouvernement italien peut émettre des bons du Trésor dans de meilleures conditions qu’à l’époque de Berlusconi.
Dans un deuxième temps, M. Prodi a renforcé la position internationale de son pays en proposant que l’Italie envoie 3.000 hommes au Liban et prenne la tête de la Finul. Dans un troisième temps, il a fait en sorte que cette initiative ne porte pas ombrage à la France (le commandement de la Finul s’effectuera par rotation).
Surtout, l’ancien président de la Commission de Bruxelles s’affirme comme l’homme d’Etat le plus attaché à la cohésion de l’Europe. Il veut, selon ses propres termes, contribuer au « retour de l’Europe unie en tant qu’acteur politique à part entière, capable d’avoir une politique étrangère et une action commune ». « Il professore » mérite un bravo !
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Fuyards et conquérants |
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Cocorico ! Selon l’OCDE, la France, devançant les Etats-Unis, est championne du monde en investissements directs à l’étranger. En 2005, ses grandes entreprises ont dépensé 116 milliards de dollars pour s’implanter ou prendre des contrôles. Il n’y aurait rien à redire si, parallèlement, ces « champions » multipliaient leurs investissements en France. Mais tel n’est pas le cas.
Que ce soit pour des raisons sociales, fiscales ou autre, la plupart se désintéressent de ce marché considéré comme « local » et difficile. Souvent, elles domicilient leur siège à Amsterdam, leur centre de recherche à Boston et leur service financier à Londres. Ainsi, le « mal français » se met-il à ressembler au « british malaise » des années 60. A l’époque, les entreprises britanniques investissaient massivement à l’étranger et laissaient vieillir leurs usines anglaises. A l’inverse, les industriels français se flattaient d’être de bons « provinciaux ». Ils investissaient chez eux avant d’investir ailleurs. A long time ago !
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La tête et les bombes |
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Si Hitler avait fait l’objet d’un « attentat ciblé », le régime nazi se serait effondré, l’Allemagne aurait renoncé à la guerre et des millions de vies auraient été sauvées. Mais Bassaev n’est pas Hitler, Zarkaoui non plus et les petits chefs de groupes armés palestiniens encore moins. Si l’un est tué, un autre arrive. Aucun n’est à la tête d’un Etat ou d’une administration. Ils n’ont ni adresse, ni territoire. Face à eux, les forts sont faibles … comme des ours attaqués par des mouches.
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EADS : querelles hier, problèmes demain |
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Noël Forgeard doit se mordre les doigts. Par soif de pouvoir, il a persuadé Jacques Chirac de l’aider à détrôner Philippe Camus. Après, il a marché sur les pieds des associés allemands. Pas étonnant que lorsque Airbus a connu des déboires, cela lui soit retombé sur le coin du nez. Chirac, bien entendu, était aux abonnés absents. L’infidélité est un devoir du Prince.
L’homme Forgeard est passé, les problèmes restent. Seul l’avenir dira si le pari de l’A380 est meilleur ou aussi funeste que celui du Concorde. A l’époque, la Caravelle avait connu un grand succès et la logique aurait voulu de construire vite une Super Caravelle. Au lieu de cela, on a englouti des milliards dans un avion mirifique, prestigieux mais non rentable.
Aujourd’hui, la simple logique de montée en gamme aurait conduit à investir suffisamment pour que l’A350 soit autre chose qu’un A330 légèrement amélioré. Mais le choix a été différent et l’essentiel des ressources a été concentré sur l’A380, un avion de conception nouvelle à très grande capacité. Si le choix s’avère malheureux, EADS perdra sur les deux tableaux. L’A350 ne pourra pas concurrencer le Dreamliner de Boeing et l’A380 sera un gouffre à finances. Dans le cas contraire, les quelques retards de fabrication, que l’on déplore actuellement, seront vite oubliés. Espérons !
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Toboggan |
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Quand les taux d’intérêts montent, le prix des actifs a tendance à baisser. La bourse peut s’en ressentir bien que l’ampleur des profits et donc des dividendes distribués soit de nature à soutenir le moral des actionnaires. L’immobilier, du coup, se trouve en première ligne.
S’il se mettait à baisser alors que les taux d’intérêt seraient déjà hauts, les gens qui ont acheté des logements à crédit seraient coincés. Très vite, ils seraient obligés de réduire leur consommation et la récession risquerait de devenir plus menaçante que l’inflation.
Comment réagiraient alors les banques centrales d’Amérique et d’Europe ? Assez vite ? Assez fort ? Un toboggan n’est jamais facile à remonter.
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Défense européenne post-29 mai 2005 : plus de coopération et…moins d’intégration ? |
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L’a-t-on assez remarqué ? A l’unanimité de ses pairs en Europe, le Chef d’Etat-major des Armées françaises vient d’être élu Président du Comité Militaire de l’Union Européenne. Ainsi, des pays qui ont pourtant connu des lignes de fracture aussi marquées que la participation ou non à l’expédition militaire en Irak récemment et, il y a plus longtemps, au commandement intégré de l’OTAN, ont su réunir leurs voix sur la France, qui s’est pourtant la plus singularisée sur ces deux registres….
Et l’on reparle alors des beaux concepts de coopération et de coordination renforcées des moyens de défense européens : Euro-corps franco-allemand en développement, forces européennes bientôt sous commandement allemand en Afrique (une première), etc…Tout cela est bel et bon, mieux que rien, diront certains, mais qu’on ne s’y trompe pas. S’estompent du même coup les ambitions de la déclaration franco-britannique de Saint-Malo, les enjeux d’une véritable politique commune de défense, d’une autonomie volontariste par rapport au « bouclier » américain, d’une intégration qui rejoindrait les avancées anciennes de l’Europe en matière commerciale, économique et monétaire.
Mais est-ce une surprise ? Alors que dans la foulée du « non » français et néerlandais au projet de constitution européenne, les perspectives d’une Europe politique s’obscurcissent et les tentations d’un repli sur soi reviennent – remontée des nationalismes, thématique de patriotisme industriel – il n’est pas étonnant que le plus régalien des domaines marque lui aussi le pas en matière d’ambition intégrationniste…
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Géopolitique : brouillard et lignes de force |
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Des intérêts s’opposent, d’autres se conjuguent. Des rivalités s’estompent, d’autres s’exacerbent. Des alliances se nouent, d’autres se délitent. Difficile de s’y retrouver dans un monde devenu si vaste et si confus. Pourtant, quelques constats s’imposent :
- Les Etats-Unis n’ont sans doute pas cherché à acquérir une suprématie mondiale mais, maintenant qu’ils l’ont, ils cherchent à la maintenir.
- A long terme, leur rival est la Chine. D’où leur volonté de resserrer les liens avec le Japon et d’en créer avec l’Inde. D’où aussi, par contrecoup, une propension de la Chine à se réconcilier avec la Russie.
- Dans l’immédiat, l’Islamisme révolutionnaire représente un défi. Mais le danger ne deviendrait grave pour les Etats-Unis que si les Fous de Dieu mettaient la main sur le pétrole. D’où leur volonté de contrôler le Moyen Orient et de s’opposer aux ambitions iraniennes. D’où aussi, par contrecoup, une probable tension dans l’Alliance atlantique. L’Europe, bordée par la Méditerranée, sera amenée à mobiliser toutes ses énergies pour ne pas se trouver prise en tenaille entre un Islamisme agressif et une Amérique impériale. Dans cette optique, l’Iran, aujourd’hui considéré comme un ennemi, pourrait, s’il évolue, devenir un allié.
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L'ère de l'Etat-Entreprise est engagée… |
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Le vent libéral souffle dans le monde et l'esprit libéral gagne au sein de l'Etat. L'idée à la mode chez nos dirigeants de tous horizons est que le vrai modèle pour l'homme politique est celui de chef d'entreprise. L'Etat régalien devient la portion congrue de la nation, l'entité collective, dont le concept même est en déshérence au profit de la notion d'entreprise de service rendu au citoyen. L'Etat-Entreprise doit donc avoir un comportement adapté à son nouveau rôle.
Finie la planification stratégique de nos pères, celle qui matérialisait la volonté d'une collectivité de prendre en main son destin, de matérialiser une sorte de communauté de destin de nos concitoyens.
Vive l'adaptation stratégique en temps réel dont le seul but est d'assurer à l'Etat-Entreprise un "avantage concurrentiel durable" sur le marché des régions du monde. La disparition brutale et inopinée du Plan n'en est-elle pas le signe le plus évident ?
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Le patron des patrons européens inquiet sur la construction européenne... |
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Le président de la Confédération des entreprises européennes, Ernest-Antoine Seillière, a récemment estimé qu'à l'idée que ce sont les Américains qui vont devenir les maîtres des marchés financiers européens, il y a un sentiment d'échec pour la construction européenne…
Il faisait bien sûr allusion au rachat d'Euronext par le Nyse.
Est-il un aveu plus cinglant sur l'état de délabrement et de désagrégation de l'esprit européen original des "pères fondateurs" ? On peut alors se demander si ce n'est pas un sentiment confus mais fort de la réalité des choses qui a fait surgir la réponse Non au projet de TCE ou si c'est plutôt le contraire.
Quoi qu'il en soit, si l'Europe ne sait pas avoir rapidement l'attitude d'une entreprise responsable confrontée à une situation de grand péril qui doit se recentrer sur ses points forts et se regrouper autour d'un véritable "Projet", fédérateur et partagé, on peut s'inquiéter du pire.
A la réflexion, je me souviens maintenant d'une soirée débat à laquelle j'ai assisté au Cercle républicain, dont l'invité était le Haut Fonctionnaire allemand en charge des affaires européennes à l'ambassade d'Allemagne à Paris. Elle eut lieu deux mois environ avant le référendum. A la question posée par l'un des participants sur ce que pourrait être le nouveau projet de l'Europe et en particulier du couple franco-allemand après que le projet initial ait été mené à terme, la réponse du responsable européen avait été… un très long silence, suivi d'une phrase péremptoire : " Toujours le même : éviter la guerre entre les nations européennes ! ".
On est en droit de se demander s'il n'y avait pas là, dans sa réponse même, un "signal faible" pouvant à l'époque laisser penser que "l'idée européenne" chez ceux qui en étaient les gardiens et les promoteurs naturels n'avait pas déjà renoncé à se donner une descendance…
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De l’URSS à l’URPG |
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En Russie, Gazprom est plus qu’un Etat dans l’Etat, c’est le bras armé de l’Etat pour reconquérir une partie du terrain perdu par l’URSS. Il s’agit de bâtir une sorte d’Union des Républiques Pétro Gazières en devenant non seulement l’indispensable fournisseur mais aussi le principal distributeur de pétrole et de gaz dans celles des anciennes républiques soviétiques qui en sont dépourvues. L’Arménie a déjà cédé l’essentiel de ses actifs énergétiques. La Biélorussie va bientôt faire de même et l’Ukraine ne pourra pas rester longtemps insensible aux pressions de son puissant voisin.
Pour l’Europe Occidentale, le problème de l’indépendance énergétique se pose aussi, bien que différemment. D’une part, l’Union Européenne ne peut plus se passer du gaz russe mais, d’autre part, ses achats représentent l’essentiel des revenus de Gazprom. Du coup, une sorte d’alliance industrielle historique se renoue. L’Allemagne est au centre de ce « partenariat stratégique ». L’ex chancelier Gerhard Schröder préside la société mixte qui va construire un gazoduc direct sous la baltique. Normal ! Un de ses prédécesseurs, Helmut Schmidt avait prévenu Ronald Reagan lorsque celui-ci tentait de s’opposer à la construction d’un autre gazoduc à l’époque de l’URSS : « Cela fait plus de cent ans que nous travaillons en Russie ; c’est nous qui avons construit son premier pipeline ; il est souhaitable que nous recommencions ».
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L'Europe des ondes est à la peine… |
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La question souvent occultée, car elle peut sembler très technique et rébarbative, est celle de la problématique générale de la Gestion Harmonisée des Fréquences sur l'espace européen.
Les structures administratives qui en ont la charge agissent en ordre dispersé, sans véritable concertation. La ressource naturelle "fréquence disponible" devient un enjeu vital pour le développement de nos économies numériques.
Quelles sont les questions ?
D'abord l'IUT. C’est un organe, dépendant des Nations Unies, qui est chargé d’harmoniser le fonctionnement des télécommunications au niveau mondial à partir de l’établissement de règles communes et de la diffusion d’information (fichier des références internationales des fréquences par exemple).
Ensuite, le CEPT : C’est un organe international constitué par 46 pays (dont ceux constituant l'Europe) qui ne traite que de problèmes techniques.
Au niveau de la Communauté européenne, il n’existe pas d’institution susceptible de définir une politique européenne, une stratégie commune en matière d’utilisation du spectre des fréquences radioélectriques en association avec des choix spécifiques propres à chacun des pays constitutifs. De plus, la répartition des compétences et les procédures administratives à l’intérieur de chaque pays peuvent être différentes.
Compte tenu que "le spectre est une denrée rare" et que la tendance en matière de demande de transmission d’information est en forte croissance, nous serons contraints à plus ou moins brève échéance de rechercher des axes d’harmonisation permettant d’engager une démarche prospective (et non plus curative) afin d’optimiser l’utilisation du spectre.
Quelques exemples :
- la TNT qui nécessiterait l’élaboration d’un calendrier permettant de déterminer la date de suppression de la transmission analogique et d’analyser les retombées industrielles potentielles,
- l’UMTS qui se développe sans qu’un minimum de lignes directrices n’aient été élaboré,
- GALILEO dont on connaît mal l’impact stratégique et les retombées économiques mais dont on sait que sa réalisation en termes de fréquences nécessaires est loin d'être assurée… On peut se demander, en effet, si les autorisations d'exploiter les fréquences qui lui sont nécessaires seront reconduites compte tenu de l'importante maîtrise de l'espace et du ciel électromagnétiques que sont en train de s'assurer, très discrètement, certains pays "dominants" au plan mondial.
Au plan international, il serait souhaitable que la Communauté européenne se dote de moyens permettant d’harmoniser ses positions, de les affirmer et de rechercher des consensus face à une certaine forme de dictat américain. Que se passerait-il si, demain, pour communiquer librement en utilisant les ondes électromagnétiques, il devenait nécessaire de choisir entre payer un impôt américain ou s'abstenir de le faire ?
Convaincu des aspects bénéfiques de la construction européenne amenant à une modernisation globale de tous les secteurs, il a été constaté a contrario la fragmentation des organisations et donc des processus de décision conduisant à un déficit de « vision commune ».
Ce déficit conduit inéluctablement à une désorientation des politiques industrielles nationales des différents pays membres. Il n'a pas encore été débattu des conséquences de cette désorientation tellement les impacts socio-économiques étaient forts.
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La tentation de Blair |
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David Cameron, le nouveau leader du Parti Conservateur britannique, est aussi jeune que Tony Blair l’était lorsqu’il a pris en main le « New Labour ». Il a aussi fréquenté les mêmes écoles et animé le même club dans la même université. De là à dire que Blair peut avoir plus de sympathie pour cet adversaire qu’il n’en a pour son successeur désigné, il n’y a pas loin. Gordon Brown, l’actuel ministre des finances a toujours été son rival et attend avec une impatience (trop) visible de prendre la relève. Il est un peu pour Blair ce que Rocard était pour Mitterrand. Le Premier ministre éprouverait sans doute un malin plaisir à voir tomber cet encombrant héritier !
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Viva Espaňa |
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Juan qui pleure souligne le déficit record du commerce extérieur espagnol. Juan qui rit note que le chômage est en baisse et que, parmi tous les pays d’Europe, l’Espagne est, après l’Irlande, celui qui affiche le meilleur taux de croissance. Pour le public, c’est cela qui compte. Le moral est bon.
Les Espagnols, à la différence des Français, ont confiance dans l’avenir. Sans doute avec raison car les finances publiques sont saines, le budget est même en excédent et, l’euro servant de rempart sur le plan extérieur, on ne voit pas pourquoi le pays devrait sacrifier son développement sur l’autel de la balance des comptes. D’ailleurs, l’investissement repart et la consommation n’est plus le seul moteur de la croissance. Le vrai danger tient au prix de l’immobilier qui, en Espagne plus encore qu’ailleurs, a atteint des sommets difficilement tenables.
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Prévenir les dictatures ou convertir les dictateurs |
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Milosevic est mort avant que le Tribunal Pénal International ait pu condamner le dictateur qui a supervisé « l’épuration ethnique ». Sa culpabilité ne fait pas de doute mais le drame aurait peut-être pu être évité si l’Europe, en amont, s’était montrée plus vigilante.
A la mort de Tito, en 1980, les dirigeants européens craignaient l’embrasement de la Yougoslavie. Pas encore aveugles, ils ont huilé les rouages de la succession en accordant quelques aides économiques. Les choses, en apparence, se passaient bien : une présidence tournante semblait fonctionner et, en 1984, Sarajevo accueillait dans la joie les Jeux Olympiques d’hiver. Nos « responsables » cessèrent alors d’être préoccupés. Quiconque leur rappelait la fragilité balkanique était un importun. Pourtant, le drame se nouait.
En 1985, le communisme était en déliquescence et ses chefs étaient discrédités. Pour se maintenir, ils devaient ou bien se montrer capables d’apporter un peu de prospérité ou bien se rendre populaires en ravivant des passions nationales. Le dirigeant serbe, Milosevic, essaya d’abord la première solution. Il se dit favorable à l’économie de marché et se déplaça dans toute l’Europe pour quémander de l’argent et attirer des investissements. Personne ne daigna l’écouter. Dépité, Milosevic se mit à flatter l’orgueil serbe et a supprimé, en 1986, l’autonomie dont jouissait le Kosovo à l’intérieur de la République. C’était le commencement de la fin. Peu à peu, le pire a succédé au mal et le pire a conduit à l’enfer.
Quel enseignement tirer de cette tragédie ? Non pas que tous les dictateurs ou apprentis dictateurs peuvent être achetés mais que la carotte est parfois aussi utile que le bâton. Dans le cas de l’Irak, il n’était pas question d’argent. La menace américaine était si forte et le bâton si gros que le « Rais », aurait sans doute été prêt à saisir n’importe quelle carotte. Le Staline qu’il était aurait eu intérêt à se muer en Gorbatchev !
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L’Europe vue d’ailleurs |
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Les artistes se plaisent à ressembler à la photo d’eux-mêmes que le public préfère. De même les hommes politiques se regardent dans le miroir électoral. Dommage que les étrangers ne votent pas. Si les dirigeants des pays européens se voyaient avec les yeux des Chinois, des Japonais ou des Brésiliens, ils auraient pour principal objectif de renforcer l’Union.
Pour les habitants de Shanghai, d’Osaka ou de Sao Paolo, la force de l’Europe réside dans les rares domaines où elle fait preuve d’unité. Le plus important est celui des normes qui, chez nous, passe presque inaperçu. L’Union Européenne est le plus grand marché du monde et quiconque veut y exporter doit se conformer aux prescriptions imposées. Or, celles-ci, du fait même qu’elles sont valables sur tout le territoire de l’U.E, acquièrent une réputation de standard quasiment universel.
Le second facteur de respect tient à l’euro. Environ 25 % des réserves de change détenues par les banques centrales asiatiques le sont, aujourd’hui, en monnaie européenne. Ce n’est pas énorme mais quand même beaucoup plus que ce qui était détenu en monnaies nationales (essentiellement en marks avant la création de l’euro). Moralité : il ne faut pas s’obstiner à vouloir faire tout seul ce que l’on peut faire mieux quand on est plusieurs.
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Assèchement de la créativité politique |
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Aux Etats-Unis, le « New Deal » de la fin des années 30 a été créatif. La préparation et la conduite de la guerre l’ont été également. Le « Plan Marshall » et l’appui donné à la construction de l’Europe ont marqué une profonde novation de la pensée politique. Par la suite, la « guerre froide » a gelé les cerveaux et Eisenhower s’est inquiété, à juste titre, de l’influence croissante du « complexe militaro industriel ». L’amour de la technologie s’est emparé des esprits et l’idée s’est répandue qu’une suprématie militaro technologique pouvait suffire à venir à bout de toutes les crises. De « La guerre des étoiles » (faux bouclier), à l’invasion de l’Irak (illusoire épée), la gestion des crises a privilégié l’action technomilitaire en réduisant à l’extrême l’aspect politique des situations.
En Europe, la création de la CECA, puis celle du Marché Commun, ont concrétisé une nouvelle façon de vivre ensemble. Les « Pères de l’Europe » ont eu suffisamment de créativité pour procéder par tâtonnements, bricoler des institutions, inventer des procédures. Grâce à eux, la notion d’interdépendance a pris corps. Maintenant, elle s’étiole. Non seulement « l’élargissement » a été mal préparé mais l’introduction de l’euro n’a pas été suivie par un minimum d’harmonisation budgétaire et fiscale. Des réactions de défense nationaliste sont adoptées par certains gouvernements (surtout français et c’est grave puisque le moteur de l’idée européenne a longtemps été logé à Paris). La volonté européenne patine, peut-être même régresse-t-elle. En tout cas, l’Europe semble prise de court face à la mondialisation. Sa créativité politique est en panne.
Les systèmes de sécurité collective (ONU, UE, OTAN, TNP, OMC) sont affaiblis, méprisés ou attaqués. Il faut persuader tous les acteurs de la scène politique que la priorité doit être de les renforcer à chaque instant et en toutes circonstances.
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Une France sans industrie |
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Un billet paru sur le blog du journal Les Echos, m'a paru digne d'intérêt,en particulier parce qu'il pose la question de la "collaboration entre les pays les plus riches et les pays les moins riches" au sein de la Nouvelle Europe. Mais pourquoi limiter cette idée "volontariste et constructive" à la seule Europe ?
Extrait du site Les Echos (Blog Erik Israelewicz ) La démarche d’Intelligence Economique conduit à être attentifs à ce qui se passe dans son environnement proche et lointain. Par exemple, très récemment un correspondant en Amérique du Sud nous informait que des tractations avancées ont lieu entre le gouvernement chinois et certains gouvernements d’Amérique du Sud en vue de "racheter leur dette". Voilà une bonne manière de s’attacher et de fidéliser des marchés de demain qui sont, évidemment, riches de croissance potentielle "par nature" donc intéressants pour les produits chinois produits en Chine avec les travailleurs chinois. Voilà une autre manière d’avoir un "facteur différenciant" qui ne soit pas seulement sur le produit ou sur le prix... Un exemple parmi d’autre d’une approche de "partenariat bilatéral" gagnant-gagnant entre deux pays qui ont tout à gagner d’une "collaboration renforcée et préférentielle". Une autre manière d’engranger rapidement de gros volume de devises de référence telles que le Dollar, utilisable encore pour financer le déficit américain du Nord... ou pour racheter de l’Euro demain matin ! A méditer, non ? On peut se demander pourquoi notre gouvernement français, qui se veut si original et en avance sur son temps, n’a pas encore pris de telles initiatives, au sein de l’Europe par exemple. Feu le T.C.E. conservait la notion de telles collaborations renforcées qui n’ont pas à se limiter à des domaines fiscaux, monétaires ou juridiques. Faire l'Europe par l'exemple et entraîner les autres pays européens par mimétisme naturel ou, comme le dit Marc Ullmann du Club des Vigilants, par "la douce contagion de l’exemple"... GM Rédigé par GILMAS | mercredi 11 janvier 2006
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L’Europe des gens |
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Quelle tristesse ! L’Europe est de plus en plus perçue comme un champ de bataille entre égoïsmes nationaux. L’arbre des mesquines querelles sur les taux de TVA cache la forêt des politiques communes. Celles-ci, de surcroît, sont moins jugées sur leur contenu positif que sur leur présentation technocratique. Exemple : quiconque a, entre les mains, des euros en billets ne peut qu’être furieux à la vue des dessins impersonnels qui y figurent. Comme si Breughel, Cervantes, Dante, Einstein, Erasme, Goethe, Hugo, Pasteur, Shakespeare, etc., n’avaient pas existé.
Comme s’il avait était impossible de consulter les citoyens d’Europe dans une ambiance ludique. Autre exemple : comment se fait-il qu’il n’existe aucune décoration européenne pour honorer des citoyens ayant accompli quelque chose de concret sur une base transnationale ? Si une telle médaille existait, peut-être une chaîne de télé aurait-elle l’idée de présenter un bulletin météo à l’échelle de l’Europe, un bulletin où les nuages ne s’arrêteraient pas aux frontières !
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Grippe aviaire : les risques d’épidémie |
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Alors que plusieurs cas de grippe aviaire ont été détectés dans plusieurs pays d’Europe, il est bon, je crois d’attirer l’attention sur quelques faits majeurs :
- Les virus n’arrêtent pas de muter mais la plupart des mutants ne sont pas viables. Il est donc impossible de dire quand le H5N1 pourra, sous une forme nouvelle, s’attaquer à l’homme. Il est cependant probable que cela arrivera.
- Trois zones doivent être considérées comme particulièrement dangereuses : i) le Sud Est asiatique où le H5N1 s’est massivement répandu ; ii) l’Afrique où il est en train de se répandre ; iii) la Scandinavie dont on parle peu mais où les oiseaux migrateurs vont revenir au printemps.
- L’Afrique et la Scandinavie ne présentent, évidemment, pas les mêmes types de risques. En Afrique, les moyens manquent pour lutter contre l’épizootie et les populations humaines, déjà fragilisées (sida, etc.), sont particulièrement vulnérables. En Scandinavie, les moyens abondent mais la multitude des petits lacs, propices à la nidification, rend le repérage des oiseaux pratiquement impossible.
- Conclusion : le confinement des volailles sur le territoire de l’U.E est indispensable mais ne garantit pas l’avenir. Le jour (espérons lointain !) où le virus aura muté, les voyageurs risquent d’être aussi dangereux que les oiseaux !
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Grandeur et gaspillage |
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Pierre-Gilles de Gennes a beau être prix Nobel, il peut se tromper. Espérons le car, s’il ne se trompe pas, le réacteur expérimental ITER, censé ouvrir la voie de la fusion nucléaire, ne serait rien d’autre qu’un immense gaspillage. Dans une interview au journal Les Echos (12 janvier 2006), Pierre-Gilles de Gennes met en cause aussi bien la méthode que la finalité du projet.
La méthode : « Avant de construire un réacteur chimique de cinq tonnes, on doit avoir entièrement compris le fonctionnement d’un réacteur de 500 litres et avoir évalué tous les risques qu’il recèle. Or, … on n’est pas capable d’expliquer complètement l’instabilité des plasmas ni les fuites thermiques des systèmes actuels. On se lance dans quelque chose qui, du point de vue d’un ingénieur en génie chimique, est une hérésie. Et puis … croire que des bobinages supraconducteurs, servant à confiner le plasma, soumis à des flux de neutrons rapides comparables à une bombe H, auront la capacité de résister, pendant toute la durée de vie d’un tel réacteur (10 à 20 ans) me paraît fou ».
La finalité paraît tout aussi absurde à Pierre-Gilles de Gennes : « Un réacteur de fusion c’est à la fois Super Phénix et La Hague au même endroit. Si, avec Super Phénix on a réussi à gérer un réacteur à neutrons rapides, ce serait difficile à reproduire sur 100 réacteurs en France – ce qu’exigeraient les besoins électriques nationaux – car ces installations réclament les meilleurs techniciens pour obtenir un résultat très raffiné dans des conditions de sécurité optimale. Et ce serait littéralement impossible dans le Tiers Monde ... Sans compter qu’il faudrait construire une usine du type de La Hague pour pouvoir traiter sur site les matières fissibles extrêmement chaudes qu’on n’a pas le droit de transporter par voie routière ou ferroviaire. Vous rendez-vous compte ! ».
Le gouvernement français était à la pointe du combat en faveur du projet. L’Union Européenne a suivi avec beaucoup plus d’enthousiasme que les Etats-Unis et autres participants. Les pays membres et, plus particulièrement la France vont, pendant 30 ans, consacrer à ITER au moins 10 % des fonds alloués à la Recherche.
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Galileo, un succès de l’Europe ? |
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Galileo, système de radionavigation européen, dont le premier satellite a été mis sur orbite le 28 décembre dernier, nous a été présenté comme « l’Europe qui gagne », expression à peine appuyée pour sous-entendre « pas comme le 29 mai », date du non français au référendum sur la constitution européenne. En effet, on peut facilement se flatter que l’Europe soit capable, dans un domaine de haute technologie et stratégiquement capital, de concurrencer les USA et leur système GPS, en proposant un système bien meilleur notamment en terme de précision. Ce serait toutefois oublier plusieurs détails.
Tout d’abord, le retard accumulé par les européens sera difficile à combler : les premiers concepts du GPS datent des années soixante et leur première application opérationnelle civile débutent dès 1993. Douze ans après, l’Europe lance seulement le premier des 30 satellites prévus, pour lesquels aucune date n’est avancé. Et pour cause, le financement n’est pas encore totalement assuré. Il faudra vraisemblablement attendre la fin des tests prévus au mieux en 2008 pour qu’un calendrier définitif soit avancé. A l’image d’ITER, ce projet est budgétivore. Un certain nombre de domaines de recherche innovants pourraient en faire les frais. Pendant ce temps, les américains travaillent déjà à une nouvelle génération de GPS afin de corriger les défauts du système actuel. Elle est annoncée pour 2013.
Et en attendant, dans le monde entier le terme « GPS » restera le synonyme de radionavigation. En cela, l’Europe a déjà perdu la bataille des mots.
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La Chine ou la soif d'énergie |
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La Chine est d'ores et déjà un acteur majeur de l'économie mondiale. Ses besoins énergétiques vont aller croissant. Il en est de même pour les pays occidentaux. Leurs chemins vont donc se croiser sur la route de l'or noir, en particulier au Moyen Orient, région symbole de l'instabilité politique.
La croissance économique, à des taux à deux chiffres ou presque (toute statistique chinoise est à considérer avec la plus grande prudence), d’un pays de plus d’un milliard d’habitants ne peut se faire qu’accompagnée par un développement non moins spectaculaire de la demande en énergie. J’emploie à dessein le terme de développement et non de croissance. En effet les années 90 ont connu une croissance extraordinaire du PNB chinois et, fait extraordinaire, des chiffres de demande énergétique qui furent en baisse à la fin de la décennie.
Cette baisse, en termes absolus, que l’on ne peut nier, cachait des phénomènes paradoxaux qui ne sont que la traduction de la coexistence de secteurs économiques séparés en fait par des siècles de développement économique.
D’un côté le 21ème siècle symbolisé par la centrale nucléaire de Daya Bay, les satellites, les plates-formes pétrolières offshore de Nanhai ou le rachat de la division ordinateurs d'IBM, de l’autre une industrie charbonnière souvent digne de l’iconographie du Far West .et qui connaît des accidents majeurs à répétition que l'on ne peut plus cacher, progrès de l'information aidant. Les autorités chinoises se sont enfin décidées à lutter contre cette image calamiteuse de la Chine.
N’oublions pas que le charbon a été l’énergie de la révolution chinoise et qu’il reste de très loin prépondérant dans l’économie énergétique de la RPC. La Chine a les plus grosses réserves mondiales de charbon et le recours à ce combustible se justifiait parfaitement.
Jusqu’à la fin du 2Oeme siècle la production charbonnière chinoise a été le fait, pour une énorme part, d’exploitations minuscules, à flanc de montagnes d’où l’on voyait sortir des wagonnets poussés par des hommes. Les logements individuels étaient (et sont toujours) chauffés grâce à des briquettes de charbon, servant aussi à la cuisine.
Les autorités chinoises, dont le nouveau credo était le développement économique, se trouvèrent face à un gigantesque réservoir d’économies d’énergie potentielles. Naturellement dans un tel contexte les premiers efforts donnent les résultats les plus spectaculaires et c’est ce qui se produisit en Chine grâce à la rationalisation de la production du charbon, à la fermeture d’innombrables petites mines, au développement des GPL et du gaz etc., conduisant au paradoxe apparent cité précédemment.
Si l’on compare la Chine aux économies européennes, il reste pour l’Empire du milieu un très long chemin à parcourir avant d’atteindre les taux d’efficacité énergétique que nous connaissons. Ce long chemin trouvera sa traduction pendant encore plusieurs décennies par des statistiques énergétiques qui pourront paraître surprenantes en première analyse.
Si le charbon a joué un rôle fondamental en Chine et s’il continuera à tenir, dans le court terme, la première place dans le mix énergétique, il n’en reste pas moins vrai que tout modèle de développement économique est actuellement basé sur le recours aux hydrocarbures. Cela tient pour une grande part au développement des transports routiers dont la source d’énergie est soit l’essence soit le gazole.
Qui plus est, le charbon chinois est, en général, de mauvaise qualité, à faible pouvoir calorifique et à forte teneur en soufre donc fortement polluant, ce qui obère considérablement son utilisation directe ou indirecte (transformation en hydrocarbures liquides, voie suivie en leur temps par l’Allemagne et l’Afrique du sud). En outre les gisements sont géographiquement dispersés, loin des centres de consommation et l’infrastructure ferroviaire est dramatiquement insuffisante.
La Chine se voit donc contrainte d’épauler son économie par un recours accru aux hydrocarbures considérés désormais comme un des nerfs du développement économique.
La politique pétrolière chinoise s’est d’abord caractérisée par son caractère autarcique et sa grande concentration géographique. Elle connut lors de son essor de grands succès (en particulier la mise en production de l’énorme gisement de Daqing en Mandchourie), puis des succès plus mitigés (en particulier exploration offshore) et des déceptions non avouées (échec de l’exploration au Tarim, du moins si l’on rapporte les résultats obtenus aux espoirs longtemps clamés comme de quasi certitudes géologiques).
Au début des années 90 est intervenu un fait économique alors peu relevé en Occident : la Chine est devenue importateur net de pétrole. Cette situation va aller en s’accélérant rapidement. En 2005 la Chine importera de l'ordre de 2,8 millions barils/jour (soit 140 millions de tonnes) correspondant à 43% de sa consommation. On estime que les importations chinoises de pétrole pourraient monter à plus de huit millions de b/j en 2015 (équivalent à la production actuelle de l’Arabie Saoudite).
La Chine a longtemps refusé d’admettre que le développement économique risquait de la faire dépendre de l’étranger. Elle a tout d’abord cru et fait croire que sa production intérieure suffirait à approvisionner le pays en pétrole. Il a bien fallu admettre que les réserves de Daqing baissaient de façon inexorable et que les découvertes de nouveaux gisements ne compensaient aucunement le déclin des champs existants. On soutint alors que le salut viendrait de l’Ouest, c’est à dire des réserves "fabuleuses" qu’on allait mettre en évidence au Xinjiang (bassin du Tarim).
S’il y eut quelques découvertes, elles ne furent que de taille modeste. Il est intéressant de noter que cette « ruée » vers l’ouest coïncida avec l’ouverture aux compagnies occidentales. Les différents « rounds » d’offres furent des échecs, les compagnies occidentales s’étant déjà faites leur opinion sur le Tarim. Si du temps des Ming le Xinjiang faisait partie des territoires des barbares, aujourd’hui il rappèle à Pékin qu’une partie de la République Populaire de Chine est en Asie Centrale et dans la sphère d’influence du fondamentalisme musulman. Il est plus que probable que les autorités de Pékin sont satisfaites qu’une partie importante de leur approvisionnement énergétique ne vienne pas de cette région, considérée comme un glacis stratégique et non comme un hinterland ou un lebensraum. On parle désormais d’importer du gaz d’Extrême Orient russe…mais les derniers incidents entre la Russie et l'Ukraine ont certainement refroidi ces ardeurs.
D’où viendra donc le pétrole importé par la Chine ?
Pour l’instant les tonnages en cause sont relativement faibles à l'échelle du commerce international de pétrole mais ils croissent très vite et ont déjà contribué à déstabiliser le marché, où tout se joue à la marge.
Pour des raisons évidentes de sécurité la Chine cherche à diversifier au maximum ses fournisseurs. Cette diversification a des limites : les réserves pétrolières (hydrocarbures liquides) de l’Indonésie, qui fut longtemps un fournisseur régulier de la Chine, sont en chute libre. L’Amérique latine est sous influence américaine et Pékin ne cherchera pas une confrontation directe avec Washington dans cette partie du monde. Quant à l’Afrique de l'Ouest, elle est instable et la Chine n’y a pas de véritable attache.
En ce qui concerne la logistique les importations chinoises se font par des navires de 100.000 tonnes maximum, ou par des 200.000 tonnes en charge partielle, qui conviennent pour des trajets « régionaux » mais sont loin de l’optimum économique sur de très longs trajets (la Chine a pris du retard dans la construction de terminaux capables de recevoir des Very Large Crude Carriers (VLCC) de 300.000 tonnes). Cette situation peut répondre à la situation présente mais ne peut répondre à un niveau d’importations de 8 millions b/j envisagé pour 2010/2020. Aucune province pétrolière de la zone Asie Pacifique ne peut satisfaire une telle demande. Il faudra donc importer du brut à partir d'autres zones pétrolifères.
Reste donc le Moyen Orient.
La politique de pénétration de Pékin au Moyen Orient est réelle et pragmatique mais discrète et quelque fois maladroite. On peut citer comme exemple l’arrivée des chinois sur la scène pétrolière iraquienne. Malgré l’embargo imposé par l’ONU, la Chine, après avoir été un des principaux fournisseurs d'armements de Saddam Hussein, fut (avec la Russie) le seul pays à signer un contrat pour la mise en développement d’un champ de pétrole déjà découvert mais non exploité (al-Ahdab). Pékin, redécouvrant brutalement (un certain nombre de capitales l'y aidèrent…) l’existence de l’embargo, n’entreprit aucun travail réel sur le champ de pétrole, ce qui lui valut les foudres de Bagdad. Actuellement Pékin fait plutôt "les yeux doux" à Téhéran tant par opportunisme pétrolier que par anti-américanisme mais cela ne l'empêche pas de cultiver des contacts discrets avec les nouvelles autorités de Bagdad et de leur faire de nouvelles offres de service.
De façon plus habile, les Chinois avaient mis le pied très sérieusement au Soudan, jeune nation pétrolière. Le Soudan n’est pas géographiquement au Moyen Orient mais en matière de géopolitique pétrolière, il relève de cette sphère d’intérêts. L'intervention chinoise fut discrète mais fort efficace, jouant de façon très maoïste avec la situation de guerre civile de ce pays. Très récemment, mettant de côté toute idéologie et par pur pragmatisme la société chinoise CNPC (China National Petroleum Corporation), vient de s'allier au frère ennemi indien ONGC (Oil and Natural Gas Corp.) pour racheter ensemble le plus grand producteur syrien de pétrole. Dans le même temps la Chine multiplie les contacts avec l'OPEC qui lui fournit déjà plus de 40 % de son pétrole tout en essayant de racheter des sociétés américaines, déclenchant des réactions de nationalisme économique.
Pour importer du pétrole du Moyen Orient il faut sécuriser les sources d’approvisionnement et les voies de communication. Les détroits indonésiens, bien connus pour leurs pirates, deviendront vitaux pour Pékin, ce qui ne simplifiera certainement pas les relations entre la Chine et l’Indonésie. Il faut aussi disposer de la logistique nécessaire : flotte pétrolière et terminaux d’importation. Force est de constater qu’actuellement les Chinois sont très en retard pour se doter d’une logistique pétrolière moderne. Le premier projet de construction d’un terminal capable de recevoir des super-pétroliers (VLCC) avait été transformé en projet d’importation de minerai de fer !
Les Chinois peuvent donner aujourd’hui l’impression qu’ils hésitent (ou rechignent) à se doter d’une véritable industrie pétrolière puissante et moderne. La récente réorganisation de l’industrie a laissé perplexes les observateurs mais force est de constater que les nouvelles entités crées ou réorganisées sont bien parties à la conquête du Monde.
Pékin considère vraisemblablement que sa dépendance en matière de pétrole ne sera que dans la partie basse de la fourchette des estimations, suite à des succès espérés en matière d'exploration de gaz naturel (gros espoirs sur la région de l’Ordos, dans la boucle du Fleuve Jaune), à une relance du nucléaire civil dont on parle de plus en plus et qui donne déjà lieu à une compétition franco américaine et, fait nouveau, à une politique de développement des énergies renouvelables (éolien en particulier) et d'économies d'énergie.
Une telle politique aurait des chances de réussite si les autorités chinoises arrivaient à limiter le développement de l’automobile individuelle et des transports routiers au bénéfice des transports collectifs et ferroviaires. L’économie chinoise ne semble pas aller particulièrement dans cette direction plus collectiviste et qui relèverait plutôt des heures de gloire du maoïsme.
Seule la protection de l’environnement peut donner des arguments réalistes pour contrer le développement des transports routiers mais seront-ils utilisés ? Jusqu’à ce jour la lutte pour la préservation de l’environnement concerne surtout la qualité de l’air, devenue exécrable dans les grandes villes (l’approche des Jeux Olympiques n'est pas étrangère à cette prise de conscience). Il s’agit alors de restaurer un cadre de vie, non d’instaurer un mode de vie "sans voitures" manifestement non désiré par une population qui, tout au moins pour ses conditions d'existence matérielle, fait son credo de l’individualisme calqué sur l'Occident.
Paradoxes, contradictions. Le chemin n’est jamais simple en Chine pour un esprit occidental. Pour la Chine le temps ne compte pas alors que nous sommes les inventeurs du concept d'"actualisation économique" qui ramène le futur au contexte du jour présent. Il y a les gratte-ciel du Pudong mais la Chine reste éternelle de Confucius à Mao Zedong. A cet égard la lecture du livre de Jean Leclerc du Sablon, qui passa trente ans en Chine et y fut correspondant du Figaro, "L'empire de la poudre aux yeux", est fort instructive et bouscule pas mal d'idées actuellement à la mode.
Quoi qu'il en soit force est de constater que les intérêts énergétiques de l'Empire du Milieu et ceux de l'Occident se croiseront de plus en plus dans une région du Monde, le Moyen Orient, devenue un symbole de l'instabilité politique. La concurrence pour l'accès au pétrole est porteuse de tous les dangers. Cette course à l'énergie aura des conséquences autrement plus graves que celles des importations de textiles ou de jouets chinois.
Le gros avantage de la République Populaire de Chine par rapport à nos démocraties occidentales est qu'elle peut jouer simultanément sur deux registres : le marxiste et le capitaliste. Ce n'est que la mise en application de la fameuse maxime de Deng Xiaoping : "peut importe la couleur du chat pourvu qu'il attrape les souris".
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La France face à son histoire |
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En ces temps de mémoire troublée, un membre du Club des Vigilants, rapelle que l'histoire des nations ne se limite pas à une face noire. Une face lumineuse existe aussi. Il est bon, estime-t-il, de le rappeler. Vous trouverez ci-après son témoignage.
Notre pays a toujours eu beaucoup de difficultés, du moins depuis la Révolution, à se regarder en face. L'évocation de la guerre d'Algérie en est une démonstration flagrante. Récemment la démonstration en fut poussée jusqu'à l'absurde lorsque nous assistâmes à l'écriture de l'Histoire par voie législative. La célébration d'Austerlitz fut pratiquement occultée alors que les Britanniques venaient de célébrer Trafalgar avec faste (avec la participation du Charles de Gaulle…). On nous explique maintenant que nous devons avoir honte de Napoléon, l'esclavagiste, honte de notre politique coloniale, honte de notre passé.
Le politique a en France des relations tendues avec le passé historique même récent. Distorsion, omissions et oublis y sont règle courante.
Une illustration en fut donnée lors des cérémonies, grandioses, de commémoration du 60eme anniversaire du Débarquement en Normandie. et j'y fus d'autant plus sensible que je suis normand, ai connu (bien que très jeune) les bombardements qui précédèrent le Débarquement et suis familier de la Scandinavie.
Quel contraste en effet, le 6 juin 2004, entre Arromanches et Ouistreham !
A Arromanches, après la fort belle cérémonie qui réunissait 17 chefs d'Etats, plus d'un millier de vétérans britanniques, couverts de médailles, bombaient le torse pour défiler impeccablement devant leur souveraine, majestueuse et émue.
Dans le même temps, ? quelques kilomètres d'Arromanches, le Président français s'entretenait familièrement sur la plage de Ouistreham avec la douzaine de survivants du commando Kieffer après avoir inauguré le monument rappelant l’action d’éclat de ces hommes.
Hommage était enfin rendu aux seuls 177 participants français au Débarquement qui s'illustrèrent ? Sword Beach en s'emparant des points fortifiés du littoral, en particulier le casino de Ouistreham.
Pendant soixante ans la République ignora ces soldats français qui, seuls au sein de l’armada anglo-américaine, affirmèrent une présence française lors de la libération du territoire national.
Seuls les habitants de la région de Ouistreham, les visiteurs du musée du pont de Bénouville (" Pegasus Bridge ") et les spectateurs du film "Le jour le plus long " connaissaient le nom de Philippe Kieffer et de son commando dont les survivants durent attendre plus d’un demi-siècle pour recevoir de la République française ne serait-ce qu’une médaille de reconnaissance.
La seule faute de ces hommes fut d’avoir débarqué en Normandie au sein d’une unité britannique. Le commando crée par le commandant Kieffer avait, pour des raisons pratiques, été rattaché ? la Première Brigade Spéciale de Lord Lovat qui deviendra célèbre pour avoir avancé au combat le 6 juin en chandail blanc, accompagné par son joueur de cornemuse s'époumonant sous la mitraille. Quant aux hommes de Kieffer ils avaient troqué leurs casques lourds britanniques pour les bérets verts des commandos.
Aux yeux du général de Gaulle, dont les rapports avec Churchill étaient pour le moins difficiles ( une série télévisée récente l'a remarquablement montré), avoir combattu au sein d'une unité britannique constituait en soi une raison suffisante d’oubli qui fut par la suite perpétué par tous les gouvernements français successifs. Les membres du commando Kieffer en furent les premières victimes, ignorés par la Nation.
Lors de cette journée du 6 juin 2004, hommage fut rendu par le Président français, pour la première fois, aux souffrances subies par les populations civiles de Basse-Normandie qui en juin 1944 endurèrent ce qu’aujourd’hui on qualifie pudiquement de " dommages collatéraux ". Les frappes dites chirurgicales n’existaient pas alors et seuls les tapis de bombes pouvaient neutraliser les moyens ennemis tout en broyant les civils encore présents.
A aucun moment lors de ces journées de commémoration, dans aucun media, ne furent évoqués les événements qui, quatre ans avant le Débarquement, dans la période la plus noire de l’histoire de la France, conduisirent ? la seule victoire de l’armée française contre les nazis : la prise de Narvik. Même la remarquable série télévisée "De Nuremberg ? Nuremberg" n'y fait qu'une très brève allusion alors qu'il s'agit d'une page de gloire de l'armée française. On nous dit que la France d'aujourd'hui déprime, en partie par nostalgie de sa grandeur disparue mais rien n'est fait pour rappeler les pages de gloire.
Fin 1939 Winston Churchill, alors Premier Lord de l’Amirauté britannique, avait eu l’idée géniale en concertation avec certains éléments de l'état-major français, de couper la " route du fer" pour bloquer les avancées de Hitler,. L’Allemagne importait alors 90% de la production de minerai de fer de la mine de Kiruna en Laponie suédoise via le port norvégien de Narvik, ? 200 kilomètres au nord du Cercle polaire. Ce minerai était transformé dans les aciéries de la Ruhr en bon acier pour canons, chars, sous-marins et autres moyens de guerre. Le Premier ministre britannique, Chamberlain, était contre ce plan alors que Daladier, Président du Conseil français le soutenait.
En février 1940 le Conseil Supérieur Interallié autorisa une intervention en Finlande qui était attaquée par l'Union Soviétique alors alliée de l'Allemagne. Toutefois le 13 mars 1940 la guerre finno-soviétique était terminée et la nouvelle tâche fixée au corps expéditionnaire fut le contrôle de Narvik conformément au plan initial de Churchill.
Le 9 avril l'Allemagne envahit la Norvège. Le 14 avril le corps expéditionnaire anglo-français auquel se sont joint des troupes polonaises et norvégiennes commence ? débarquer prés de Narvik et au centre de la Norvège.
Les troupes françaises sont constituées par la Iere division de Chasseurs (qui comprend une unité de la Légion étrangère) commandée par le Général Béthouart, responsable de la phase terrestre de l'opération alliée.
L'approche de Narvik est difficile tant ? cause du terrain montagneux enneigé que de la résistance allemande. Des batailles navales violentes opposent la Royal Navy (accompagnée de quelques bâtiments français dont le contre torpilleur Bison qui sera coulé) ? la marine allemande dans le fjord de Narvik dont aujourd'hui encore les eaux claires ne peuvent cacher les épaves des navires envoyés par le fond.
Finalement le 27 mai ? minuit la Légion étrangère part ? l'assaut de Narvik fortement défendue. Arrivés aux premières maisons, les légionnaires, grands seigneurs, laissent passer devant eux leurs collègues norvégiens, ? la stupéfaction des britanniques. Le 28 mai ? 22 heures Narvik est tombée et les Allemands fuient vers la frontière suédoise qui n'est qu'? quelques dizaines de kilomètres. La Légion peut entreprendre la destruction de ce qu'il reste des installations portuaires au terminus de la ligne de chemin de fer qui amène le minerai de fer de Kiruna.
Malheureusement la campagne de France tourne ? la déroute. Le jour même de la prise de Narvik les forces belges se rendent et les Britanniques commencent le rembarquement de Dunkerque. Devenu Premier Ministre, Churchill avait déclaré le 13 mai : "je n'ai ? offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur".
Alors que les troupes allemandes qui défendaient Narvik détruisent leur matériel avant de passer en Suède (où elles seraient immédiatement internées), le Corps expéditionnaire allié reçoit le 31 mai 1940 l'ordre d'abandonner Narvik et de rembarquer. Le 8 juin plus aucune troupe alliée n'est sur le sol norvégien. Les Allemands, sidérés, reviennent dans Narvik devenue une ville fantôme. Ils n'y rencontrent que des mannequins armés de fusils de bois que les Légionnaires ont laissé derrière eux dans une dernière moquerie tragique.
Les Français prendront la direction de Brest d'où ils étaient venus.
Bientôt la France sera le seul pays envahi ? signer un armistice avec les nazis, ce que les Britanniques et les Américains ne lui pardonneront jamais. Le général Béthouart sera envoyé par Vichy servir au Maroc sous les ordres du général Juin, avant de rejoindre en 1942 les Forces Françaises Libres. Le général de Gaulle s'enfermera dans une politique quasiment anti-anglo-saxonne. L'expédition de Norvège avait été une opération franco-britannique. L? encore tous les gouvernements français "oublièrent".
De cette épopée extraordinaire au-del? du cercle polaire ne reste qu'un petit cimetière où reposent quelques soldats et marins français. Leurs tombes dominent le fjord de Narvik au milieu du silence du Grand Nord illuminé l'hiver par le feu d'artifice des aurores boréales.
Ironie de l'Histoire : la ligne de chemin de fer suédo-norvégienne, par laquelle transite toujours le minerai de fer de Kiruna, est désormais exploitée par la société Connex, filiale du groupe français Veolia. La Suède, paradis socialiste, a, sans état d'âme, concédé l'exploitation d'une ligne de chemin de fer hautement stratégique ? une société privée étrangère…Cela nous ramène aux débats franco-français d'aujourd'hui mais c'est une autre histoire.
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Fini l' ANPE ? Vive l' ANSE ! |
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Ayant passé la majeure partie de mon activité professionnelle dans le service aux entreprises au sein d'une grande SSII, j'ai souvent eu l'impression que le" business model" de ce secteur avait quelque chose de nouveau, voire en anticipation des besoins futurs de nos sociétés post-industrielles.
En effet, il permet aux entreprises de répartir leur risque d'emploi par l'appel ? des compétences particulières voire ? des équipes de professionnels qui prennent en charge tout ou partie d'un projet voire d'une fonction d'entreprise. Cela n'a rien ? voir avec de l'intérim, car les salariés des entreprises de service sont des salariés ? temps complet, qui ont des contrats ? durée indéterminée( CDI ) et souvent pendant de nombreuses années au sein de l'entreprise de service. Leur employeur est donc bien la société de service. Le client de la société devient leur client personnel pour la mission qu'ils ont ? assurer. Les collaborateurs changent d'environnement, de clients, régulièrement en tenant compte des souhaits exprimés et des contraintes réelles observées. Ils sont formés de manière complémentaire par la société de service pour être en mesure de s'adapter ? l'évolution rapide des besoins des entreprises, ils commencent par une phase d'apprentissage auprès de collaborateurs plus anciens et plus expérimentés. Chaque collaborateur, en début de mission chez un client, est assisté voire "coaché" par un manager qui a pour objectif de l'aider ? prendre rapidement en charge et seul toute la mesure du poste prévu.
Que se passe-t-il lorsque la mission se termine ?
Soit le "manager" qui suit leur mission régulièrement a prévu de leur procurer une autre mission qui est immédiatement et directement en rapport avec leurs capacités et leurs savoir-faire. Soit, si un période dite d'inter chantier ou d'inter contrat s'annonce, leur manager se sent personnellement et financièrement responsable de leur trouver un nouveau "job".
Si l'évolution du marché ou de la conjoncture ne permet pas de trouver rapidement un contrat adéquat, la personne n'est évidemment pas licenciée. Elle continue ? être payée et ? être employée par la société de service : Rupture de contrat ne signifie donc pas chômage !
En fonction des prévisions de charge et de l'évolution de la demande des entreprises clientes, le collaborateur concerné est injecté dans un processus interne de formation plus ou moins lourd. Pendant ce temps, son manager est payé pour lui trouver un "job" qui tienne compte non seulement de son passé mais aussi de sa capacité personnelle. C'est lui qui se porte personnellement garant de la qualité du collaborateur qu'il détache donc de la société de service vers l'entreprise cliente ; collaborateur qu'il doit donc "supporter" et qu'il doit remplacer dans le cas où une difficulté, technique ou comportementale par exemple, pourrait rendre la mission impossible !
Tout ceci est-il financé dans le modèle ? Oui. Tous les risques normaux et prévisibles, y compris le chômage technique qu'est l'inter chantier sont provisionnés dans les prix de vente. Donc, le prix de la prestation assurée par un collaborateur auprès de l'entreprise client est nettement supérieur au salaire de la personne qui l'assure, bien entendu. Le prix du service n'a qu'un lointain rapport avec la fiche de paie du salarié. C'est donc en fait le "client entreprise" lui-même qui finance la totalité du service qu'il reçoit et non pas la collectivité nationale ou celle des autres entreprises. Dans le cas où la mission comprend de plus un engagement de résultat, la prime de risque pour la société de service, associée ? cette contrainte supplémentaire, majore encore le prix de vente.
Le système est donc économiquement bien équilibré et le chômage technique qui est nécessairement lié ? la variabilité de l'activité économique n'existe donc pas. En fait, il est rémunéré par un péréquation au sein du fond de roulement dégagé par la facturation des services.
M'est ainsi venue l'idée que ce même modèle, qui a semble-t-il bien fonctionné en France puisque, uniquement dans le secteur de l'informatique, il concerne plusieurs centaines de milliers de personnes, pourrait être étendu ? d'autres secteurs de services. Certes cela existe pour certains, mais pas pour la majeure partie car l'intérim en a pris la place et ne correspond pas toujours ? la même finalité et le processus n'est pas le même.
On peut donc faire appel ? l'initiative privée pour faire de nouvelles sociétés de services en tous genres mais hélas, tous les secteurs économiques ne sont pas aussi dynamiques et demandeurs de ressources humaines.
Alors pourquoi ne pas étudier l'intérêt de transformer notre vénérable ANPE en une ANSE ?
La différence étant qu'au lieu d'agir en "placier" pur et simple et comme simple agent de transaction, de broker, sur le marché du travail, elle pourrait alors "salarier tous les chômeurs de France", leur donner un statut avec une convention collective ad hoc et proposer ? toutes nos belles entreprises de France, de Navarre et d'ailleurs, des prestations de service sous forme de contrat de détachement analogue.
Comme le prix facturé des personnes en recherche d'emploi serait nettement supérieur au salaire que la personne gagnerait, l'entreprise cliente, aurait, souvent intérêt ? embaucher en CDI pour le long terme ledit "chômeur salarié" sauf, si elle pense que le jeu économique n'en vaut pas la chandelle. Financièrement, pour le salarié, les choses seraient au pire transparentes financièrement, au mieux momentanément avantageuses.
On voit quelles seraient les charges d'une telle ANSE. Les salaires ? temps complet des chômeurs, leurs charges sociales de salariés, les coûts direct des formations et, bien sûr, les charges fixes dites de structure telles que le personnel de l'Agence (managers et administratifs, formateurs, ..) et les coûts de fonctionnement immobilier, de bureaux et d'informatique.
Du côté des recettes, l'Agence pourrait disposer de la facturation de ses services aux entreprises ( voire au particuliers ) et de l'équivalent des paiements de droits d'ASSEDIC qui ne seraient donc plus versés directement aux personnes mais directement ? l'ANSE de laquelle ils deviendraient automatiquement salariés ? temps complets. Mais des salariés "encadrés" par des responsables de l'ANSE et non plus des "électrons libres" en désérance promis ? toutes les tentations "malsaines".
Un des avantages de cette solution pour le chômeur et non des moindres serait qu'il ne serait plus seul pour trouver son "job" et "se vendre" mais il aurait un "commercial" de l'ANSE, rémunéré sur objectifs pour défendre son dossier auprès de l'entreprise cliente de l'Agence.
On serait certains, de cette manière, que le coût du chômage serait objectivé, rationalisé, contrôlé, et piloté et que les clients de l'ANSE paieraient un prix complet et réel du travail fourni…
Autre avantage non négligeable : ce " business model ", celui "business du retour ? l'emploi" pourrait rapidement dégager une certaine marge bénéficiaire. Le but de l'Agence publique ne serait pas de rémunérer des actionnaires privés indépendants mais plutôt les contribuables et les entreprises elles-mêmes qui participeraient ? son financement, au travers des cotisations sociales abondant le budget de l'Agence.
Il serait alors possible de rêver : on pourrait avec l'excédent dégagé par ce modèle entrer dans un cercle vertueux et, enfin, diminuer les charges sociales qui pèsent sur les entreprises et, peut-être aussi, les impôts !
Au-del? du rêve, il y a les réalités. Il ne s'agit pas d'être naïf au point d'en ignorer tous les obstacles.
Encore faudrait-il en discuter…
Pour information : Le texte ci-dessus est paru dans le journal LES ECHOS en rubrique IDEES le 29 décembre 2005. Il est possible de le voir ICI
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Patriotisme(s) économiques(s) |
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Le gouvernement anglais est-il économiquement moins « patriote » que le gouvernement français ? On peut le croire puisque, les unes après les autres, les grandes entreprises britanniques sont absorbées par des entreprises étrangères sans que Tony Blair s’en offusque. Etrange contraste avec l’émoi suscité en France par la simple rumeur d’une OPA sur Danone dont les yaourts faisaient alors quasiment figure de matériel stratégique. Y a-t-il de la naïveté de la part des Anglais et du cocorico de la part des Français ?
Pas seulement car, en caricaturant ? peine, on peut soutenir que les situations sont très différentes. En France, on craint que, compte tenu des impôts, des charges et des lourdeurs administratives, une mainmise étrangère finisse par se traduire par des délocalisations non seulement de telle ou telle usine mais même, in fine, du siège social et des centres de recherche. En Angleterre, de telles craintes sont peu répandues et l’opinion prévaut que les entreprises étrangères apportent du savoir-faire qui, tous comptes faits, enrichit le pays. Vivement que l’Europe harmonise les points de vue. Vivement qu’elle permette de faire le tri entre les bons et les mauvais aspects de la mondialisation.
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L’alibi de l’impuissance publique |
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Plus ça va mal, plus il devient urgent de réagir. De ce point de vue la France, hélas !, est en avance puisqu’elle ne dispose pas de beaucoup de temps. Sa trop longue malgouvernance peut servir de repère : même si le dysfonctionnement est moindre dans d’autres démocraties, aucune n’est totalement indemne.
Depuis des décennies, les gouvernements français se sentent impuissants. Des ministres se plaignent. Le mieux qu’ils puissent espérer est d’accoler leur nom ? une loi qui, de décrets d’application en règlements et circulaires, se perdra dans les sables de la complexité. Dans ce parcours décourageant, le moment le plus gratifiant sera celui où « l’effet d’annonce » permettra de « communiquer ». La suite sera, le plus souvent, décevante. Les ministres le savent et dissertent sans fin de « l’impuissance publique ».
Certains mettent en cause la mondialisation. « Comment, disent-ils, les gouvernements nationaux pourraient-ils agir alors que les principaux leviers de l’économie leur échappent ? » D’autres mettent l’accent sur « l’égoïsme, le corporatisme, la frilosité de citoyens qui refusent de faire passer l’intérêt général avant leurs intérêts particuliers ». Triste mais irréelle complainte ! Nostalgie d’un temps où les chefs de gouvernements pouvaient se permettre de tout organiser d’en haut.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’imposer des « solutions » mais de mettre en œuvre des forces qui annuleront le problème. Il s’agit d’intégrer le fait que la démocratie ne peut plus se contenter d’élections périodiques alors qu’en économie, le marché évolue ? chaque instant et que la communication est instantanée. Il s’agit, d’ouvrir des fenêtres, de desserrer des freins, de donner ? chaque citoyen des marges d’initiatives qui lui permettent d’exercer des choix et de s’impliquer dans leur réalisation.
Au lieu de pleurer sur le déclin des pouvoirs publics, les leaders de demain devront mener combat pour que les citoyens s’approprient une certaine maîtrise de leur propre destin. L’essentiel ne tiendra pas au succès ou ? l’échec de chaque réforme considérée séparément. Il tiendra ? la perception d’une volonté d’ensemble, ? la cohérence d’un dessein. Les gouvernements trébucheront sur des obstacles. Mais le besoin est si grand, les gens sont tellement en attente d’un « autrement » que l’espérance peut naître.
Nous vivons une époque charnière de l’Histoire, un de ces rares moments où, ? partir d’une nouvelle donne technologique, peut s’inventer un nouvel humanisme. L’alternative est tragiquement simple. Ou bien nos démocraties s’étioleront ; ou bien elles deviendront vivantes, participatives et génératrices de ce qui manque le plus dans notre monde actuel : la dignité.
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Pédale douce sur les antidépresseurs |
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Pendant des décennies, le nombre de tués sur les routes de France était scotché ? plus de 8000 morts par an. Plus du double de morts par rapport ? des pays, comme la grande Bretagne ou l’Allemagne, comparables par la population. Idem pour la consommation d’antibiotiques et, jusqu’? récemment, l’utilisation des génériques était minime comparée ? nos voisins.
Aujourd’hui, le nombre de morts devrait passer sous la barre des 5000 ; la baisse de consommation d’antibiotiques est, en deux ans, significative ; le pourcentage de génériques prescrits est en hausse. En cause ? Une volonté politique forte associée ? une concertation réelle avec tous les acteurs concernés. N’est-il pas temps d’en faire de même pour la consommation d’antidépresseurs dont nous sommes les champions du monde ?
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Blair Tout Seul |
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A la fin de la présidence britannique de l’Union européenne, le Premier Ministre Tony Blair doit se sentir seul dans son projet de relancer la Stratégie de Lisbonne sur la réforme économique. En Allemagne, la plus grande économie de l’Union des 15, Angela Merkel, une libérale dont les idées ont été forgées dans l’opposition au communisme est-allemand, a du se contenter d’une Grande Coalition entre ses propres Démocrates chrétiens et le Parti social-démocrate, ce qui parait la condamner ? poursuivre une politique du plus bas dénominateur commun.
En Pologne, le plus grand des 10 nouveaux membres de l’Union, tout paraissait prêt pour que Donald Tusk, leader du parti libéral Plateforme Civique (PO) gagne la présidence et que son parti soit ? la tête d’une coalition avec les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS). En fait, le PiS a surpris les observateurs non seulement en gagnant la présidence mais aussi en ramassant le plus grand nombre de votes lors des élections parlementaires. Le PiS a ensuite décidé de former un gouvernement minoritaire avec le soutien de deux partis populistes, l’un de droite et l’autre de gauche, qui vont bloquer toute tentative de libéralisation économique. Maintenant que l’héritage de réforme qu’il voulait léguer aux européens est mort avant de naître, ce n’est peut-être pas étonnant que Blair joue le trouble-fête quant au budget européen. Avec la déception provoquée par les nouveaux gouvernements en Allemagne et en Pologne, Blair doit au moins préserver sa popularité parmi les électeurs britanniques – quitte ? ne pas ceder sur le fameux “UK rebate.”
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Illusions sur la chaîne d’Information Internationale |
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La composition du capital, comme la répartition du pouvoir au sein du Conseil de surveillance de la Chaîne d’Information Internationale (CII) sont discutées au plus haut niveau de l’Etat. Pourtant elles ne sont pas, et de loin, les question essentielles que posent cette chaîne. L’ensemble l’audiovisuel français souffre d’un sous financement qui est, désormais, reconnu par tous.
Si le Président de la République estime que la création de cette chaîne d’information est prioritaire, pourquoi créer une nouvelle chaîne, alors qu’existent déj? deux chaînes publiques internationales, Euronews et TV5 ? La première a le format idéal, tout en image, pour être diffusée dans toutes les langues (il n’y a que le commentaire et les sous-titres ? adapter) partout dans le monde. La seconde véhicule, en plus de l’information, des contenus diversifiés (fictions, documentaires, magazines, etc.) produits dans la francophonie. Une fraction du budget prévu par la CII aurait pu améliorer sensiblement les performances et la pénétration de ces deux chaînes.
Or, l’une et l’autre sont dirigées par des équipes françaises, sont installées et fabriquées en France, et, de ce fait, véhiculent un point de vue français, ce qui est justement l’objectif proclamé de la CII. Certes : ni l’une ni l’autre, de par leur format même, ne peut être instantanément sur le coup ? chaque événement qui a lieu dans le monde. Mais, face ? BBC world version anglaise et version arabe, face ? CNN ou même Al-Jazirah, que pourra faire la CII avec son budget ? Rappelons que l’on propose au Parlement de voter 60 millions E, auxquels s’ajouteront éventuellement les 30 millions E votés par le budget précédent et non utilisés.
Pourtant les professionnels de l’information télévisuels estiment que le budget minimum pour une chaîne de cette nature est 100 millions E. Un chiffre ? comparer aux 500 millions de BBC world et aux 360 millions E dégagés pour la nouvelle chaîne de BBC World en arabe. Les Britanniques savent que, pour avoir une chance d’être regardée, une chaîne « étrangère » doit avoir un correspondant et des images dans les minutes qui suivent n’importe quel événement qui se passe sur la planète. Donc un réseau de journalistes et de techniciens très coûteux ? entretenir, bien au-del? des moyens prévus pour la CII. Si le volume de notre fiction est le tiers de celui du Royaume-Uni, les moyens de la CII seront le sixième de ceux de BBC World. Qui donc aura le réflexe de regarder la CII ?
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Prisons fourre-tout |
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Envoyer en prison des brûleurs de voitures est une solution de facilité. Ces « racailles » rencontreront d’autres racailles et sortiront endurcis. Mais que faire ? La société a non seulement le droit mais le devoir de se défendre et les « peines de substitution » apparaissent comme insuffisamment dissuasives. Le fait même que l’on parle de peine de substitution tend ? accréditer l’idée que la sanction normale est la prison, tout le reste n’étant que substitut, c’est-? -dire succédané.
D’où la nécessité de passer des parlotes aux actes et de se donner enfin les moyens de mettre en œuvre des peines de réparation qui soient des vraies peines, ? l’exécution effective et contrôlée. Pour mieux se protéger, la société a intérêt ? promouvoir des sanctions différenciées minimisant les risques de récidive. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, il s’agit de sortir de l’uniformité, de préférer le sur mesure ? la confection.
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A partir de Juillet 2006, je vole de Londres |
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Le Président Chirac persiste et signe. A compter de Juillet prochain, une taxe de €40 sera prélevée sur tous les vols
Internationaux en classe affaires. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour prévoir les conséquences d'une telle mesure: favoriser Londres, au détriment de Paris, et BA ou Cathay, aux dépens d'Air France.
Au moment où notre compagnie dite nationale annonce des résultats convenables pour avoir « hedge » (pris des positions ? long terme) le fuel et le dollar ? des niveaux raisonnables.
Pathétique!
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Si les CRS avaient une autre tête... |
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Les incendies étant provisoirement éteints, ne laissons pas le débat retomber...
Je lisais, hier, dans la presse que le Président de la R
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