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Le 5 janvier 2009
Effets d’annonce et temps de latence
090105-EffetsAnnonce.jpgComment faire pour que les plans de relance soient efficaces alors que les deux impératifs principaux semblent être contradictoires ?

Il faut, d’une part, que l’argent dépensé soit utile à long terme et il faut, d’autre part, agir aussi vite que possible.

 

Pour le premier impératif, l’environnement et les infrastructures sont des cibles privilégiées. Pour le second, il faut, en priorité, sauver ce qui existe en relançant l’activité des entreprises et, plus particulièrement, des PME, actuellement menacées de faillite.

Chaque pays va devoir effectuer son propre dosage. Sans oublier que les projets pharaoniques sont ceux qui prennent le plus de temps et qu’il vaudrait mieux parfois se montrer humbles que voir grand. 

Posté par Marc Ullmann, le 05/01/09 dans Economie - Entreprises - Environnement | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 janvier 2009
La crise est aussi sociétale
090102-CriseSocietale.jpgFace à la crise, certains sont aujourd’hui partisans de faire le gros dos ; ils anticipent le « business as usual » dans le meilleur des mondes. D’autres songent avec ravissement au retour d’une économie d’Etat bureaucratique et rêvent par exemple de rétablir l’autorisation administrative de licenciement. Ces deux postures sont dangereuses.

En fait, quatre crises se superposent et risquent si l’on n’y prend garde de s’exacerber mutuellement. La crise financière a déclenché une crise économique. L’une et l’autre se déroulent sur la toile de fond de la crise écologique (notamment énergétique et climatique).

La quatrième dimension de la crise est sociétale. Le modèle particulier de capitalisme qui a influencé les pratiques politiques et économiques de tout l’Occident au cours des trois dernières décennies est ultralibéral et hyper-financier. Il est inspiré par la conviction que le marché s’il est laissé totalement libre résout tous les problèmes dans l’intérêt général. Il installe une primauté du laisser faire sur le volontarisme, du court terme sur le long terme et de la finance sur l’industriel ou le métier. Les acteurs de ce système, plus ou moins obnubilés par la course au profit maximum à court terme, se sont coupés de la société en profonde mutation et, désadaptés, ont suscité des turbulences et un rejet croissant qui pourrait devenir violent.

La sortie de crise ne sera harmonieuse et paisible que si elle débouche sur un capitalisme qui entre en synergie avec l’écologie et la société.

Posté par Alain de Vulpian, le 02/01/09 dans Economie - Environnement - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 novembre 2008
Urgence à double face
081124-Urgence.jpgA notre connaissance – mais tant mieux si nous nous trompons – aucune institution publique ou privée ne réfléchit globalement à l’ensemble des modifications de mode de vie que nous devrions accomplir à l’orée d’un changement climatique. Ces modifications seront nombreuses et devront être profondes. Nous n’y sommes pas préparés. On peut craindre, de surcroît, que la crise économique, au lieu d’aviver notre conscience, nous fasse régresser (on a d’autres chats à fouetter compte tenu des urgences). Comment faire pour qu’il en aille autrement ? C’est précisément une … urgence.
Posté par Maxime Schwartz, le 24/11/08 dans Environnement - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 octobre 2008
Le temps des consignes
081003-Consignes.jpgLa deuxième vague de campagne de sensibilisation au geste du tri, lancée par l’Association des maires de France et Eco-Emballage, est à saluer. « Trier, c’est préserver » enfonce le clou sur l’utilité du tri et la nécessaire sauvegarde de notre environnement. «  5000 bouteilles en plastique = 1 baril de pétrole et 40 bouteilles en verre recyclées = 12 kg de sable = 1 m3 de gaz naturel économisés ».

Cela rappelle le bon vieux temps des « bouteilles consignées ». Pourquoi ne pas mettre en place une structure dédiée, récupératrice des « déchets verts », qui calculerait le poids des déchets recyclables collectés et pourrait reverser aux écocitoyens le fruit de leur labeur écologique quotidien. Les impôts locaux pourraient ainsi, en partie, baisser. 

L’élan pourrait se poursuivre en sensibilisant les électeurs sur l’utilité du fleurissement des murs, terrasses, balconnets ou « jardinains » dans les villes de plus de 20.000 habitants où le vert manque cruellement. Récompenser les « mains vertes » par une « prime à l’embellissement floral » (comme on alloue, par exemple, des « primes à l’emploi »), encouragerait d’une jolie façon la Révolution Verte qui est en marche.

Posté par Déborah Secrétin, le 03/10/08 dans Environnement - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 septembre 2008
Pétrole : à la recherche du juste prix
080929-Petrole.jpgQuand le pétrole monte, l’économie des pays acheteurs souffre mais les transports, les industries et les particuliers s’engagent sur la voie des économies. Quand le pétrole baisse, la croissance retrouve quelque chance mais les bonnes habitudes se perdent. Que faut-il donc espérer ?

Les tenants de l’écologie voudraient que les Etats importateurs ajustent leurs taxes sur les produits pétroliers de telle sorte que les mouvements à la baisse soient limités. Certains proposent un prix plancher correspondant à 100 $ le baril. C’est sans doute excessif mais le raisonnement a du bon. 

Si l’on tient compte de l’état réel du marché (en faisant abstraction d’une attaque américaine sur l’Iran qui créerait la pénurie), on peut estimer que le prix d’équilibre se situe aux environs de 60 $ le baril. Est-il souhaitable qu’il descende plus bas ? Sans doute pas. Mieux vaudrait que les ajustements amorcés en période de « surprix » ne soient pas remis en cause par des excès de « sous prix ».

Posté par Marc Lanval, le 29/09/08 dans Economie - Environnement | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 juillet 2008
Avant les signaux faibles, les savoirs principaux
080704-Embouteillages.jpg L’Intelligence Economique (IE) doit être capable de sélectionner et de valoriser pour les promouvoir et les faire accepter, des savoirs principaux que certains ont tort de confondre avec des lapalissades. 

Un bon exemple nous est fourni actuellement à propos de l’automobile et des réponses à faire au choc pétrolier. Ainsi une étude réalisée il y a quelques mois par les experts du Fonds Monétaire International (FMI) indique qu’en 2050 le parc mondial de voitures particulières aura grossi de 5 fois par rapport à ce qu’il est aujourd’hui (on passerait de 600 millions de véhicules à 3 milliards au milieu du siècle !).  

Le but de cette étude était d’évaluer les conséquences de cet énorme accroissement sur le changement climatique. Mais le savoir principal sur lequel cette prévision repose provient d’un constat simple « l’histoire économique suggère qu’au fur et à mesure que les gens s’enrichissent, ils recourent de plus en plus à des transports privés ». Et, de fait, on peut constater que dans les pays émergents, en particulier chez les 4 champions (Chine, Inde, Russie, Brésil), les particuliers décident dans leur majorité d’acquérir une voiture à partir du moment où leur revenu annuel atteint et dépasse 5000 US dollars. 

S’il est avéré, la seule la prise en compte de ce principe et de ses conséquences suffit à modifier la pertinence de stratégies établies. Par exemple, à défaut d’appauvrissement des populations (y compris de celles des pays développés), l’option « plus de transports collectifs » ne s’imposera pas naturellement avec le soutien des individus. 

Une façon d’ « appauvrir les populations » serait d’accroître la fiscalité. Des pays taxent déjà fortement l’essence à la pompe – c’est le cas des pays producteurs de l’Europe du Nord qui se constituent avec cet argent des réserves financières pour les générations futures ; d’autres, au contraire, bradent le carburant en le vendant au consommateur à des prix subventionnés inférieurs au coût du pétrole lui-même (Venezuela, Arabie Saoudite, Iran) On avance que l’Iran pourrait réduire de 50% ses émissions de CO² en supprimant ses subventions ! 

Mais même un accroissement de la fiscalité ne suffirait pas à faire oublier ce savoir principal, cette loi de l’enrichissement des populations : si les pays émergents s’enrichissent comme prévu, il y aura 3 milliards de véhicules et non plus 600 millions. Cela signifie que le CO² produit par ces pots d’échappement, qui représente aujourd’hui 6,1% des émissions polluant l’atmosphère, grimperait alors à 8,1% du total en 2050, contribuant pour une bonne part au doublement des émissions de toutes origines.  

Pour résoudre le problème de la pollution automobile, il va donc falloir garder à l’esprit que le nombre de véhicules privés est condamné à croître, puis arbitrer entre plusieurs orientations politiques d’ores et déjà bien identifiées : quel type de véhicule privé favoriser (vélo, moto, hybride…), comment stimuler l’innovation dans les technologies « propres », comment rendre les automobilistes « économes » notamment par un relèvement progressif de la fiscalité, etc. 

Ces choix découlent d’un savoir principal qui peut apparaître comme une évidence. Mais s’exprimerait-elle avec la même clarté s’il n’y avait pas de temps à autre le rappel d’une donnée qui s’impose ? On parle souvent de signaux faibles, il y a des tendances lourdes à ne pas oublier.

Posté par Robert Guillaumot, le 04/07/08 dans Economie - Environnement - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 novembre 2007
Le capitalisme à l’épreuve
071111-Capitalisme.jpgA la fin des années 60, le philosophe Raymond Ruyer a écrit un « éloge de la société de consommation ». Selon lui, une fracture nouvelle avait remplacé la traditionnelle lutte des classes. D’un côté, disait-il, sont rassemblés tous ceux qui, par leur travail, sont liés aux processus de fabrication et de vente : ouvriers, patrons et employés sont ici du même bord. De l’autre, il y a ceux, fonctionnaires, professeurs, juges, journalistes et observateurs en tout genre dont les activités se déploient dans un secteur que Ruyer qualifiait de « tertiaire non économique ».

L’énoncé de cette dichotomie séparant les « productifs » des « critiques » ne manquait pas de pertinence puisqu’à l’époque des « majorités silencieuses » on rejetait les valeurs de la « contre-culture ». Richard Nixon, aux Etats-Unis, a été porté par cette vague et tous les candidats aux législatives américaines de 1970 ont eu l’œil rivé sur la fameuse « Dame de Dayton » dont l’avantage était d’être moyenne en tout. Connaître la Dame de Dayton (Ohio) équivalait à un certificat de sagesse politique permettant de ne pas glisser sur la pente des idées brillantes mais électoralement vouées à l’échec. Que disait donc l’oracle ? Elle disait simplement qu’elle en avait assez de voir les intellectuels cracher sur ce qu’elle affectionnait. Pour reprendre le langage de Ruyer, elle assimilait les gens du « Tertiaire non économique » à ceux que Proudhon décrivait comme occupant les « charges et sinécures ». Les entrepreneurs, selon Proudhon, contribuaient à la création de richesses alors que la bourgeoisie de robe se contentait d’en vivre.  

Un tiers de siècle est passé et la « majorité silencieuse » ne voit plus les entrepreneurs d’un œil aussi bienveillant. La financiarisation de l’économie, la rapidité des bouleversements technologiques, la peur des délocalisations, le spectre des OPA, l’individualisation des carrières, le stress du travail contraint ont brisé ce qui pouvait faire l’unité des « productifs ». En France, près des trois quarts des salariés pensent que leur intérêt propre et celui de l’entreprise divergent. Aux Etats-Unis, des enquêtes sur l’ « Involvement » des salariés dans un certain nombre de grandes entreprises aboutissent à des résultats moins désastreux mais néanmoins alarmants.  

Dans les circonstances actuelles, est-il possible de recoudre le tissu social ? Les optimistes diront que la montée en puissance des préoccupations écologiques remet à la mode certaines valeurs prônées jadis par les tenants de la « contre-culture » dont les dirigeants d’entreprise devront tôt ou tard tenir compte. Les pessimistes répliqueront que l’hyper concurrence mondialisée ne permet pas aux dirigeants d’entreprise d’accomplir des efforts suffisants pour tirer parti des réservoirs d’énergie de leur personnel. Pourtant, faute d’esprit d’équipe et d’objectifs partagés, les grandes entreprises risquent de perdre toute légitimité. Le défi est grand pour le capitalisme. Sa capacité d’adaptation va être mise à l’épreuve.

Posté par Marc Ullmann, le 11/11/07 dans Economie - Entreprises - Environnement - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 octobre 2007
Les beaux jours d’Areva
071029-Areva.jpgHier décriée par les écologistes et boudée par les capitalistes, l’énergie nucléaire est en train de gagner sur les deux tableaux.  Côté écolos, les oppositions persistent mais ne font plus l’unanimité : la crainte du réchauffement climatique joue en faveur des centrales qui ne rejettent pas de Co².

Côté investisseurs, la hausse des prix du pétrole et du gaz rend le nucléaire attractif. La construction des centrales coûte cher (et coûtera encore plus cher si l’on veut accroître les protections contre le risque terroriste) mais l’exploitation est si bon marché que la rentabilité s’annonce bonne.

Areva, leader mondial, a de beaux jours en perspective. L’EPR se vend sur tous les continents. Le marché ne cesse de croître. Pas étonnant que l’entreprise allemande Siemens tienne à sa participation et qu’Alsthom, Bouygues et Total aient un strabisme convergent.
Posté par Marc Ullmann, le 29/10/07 dans Energie - Environnement - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 septembre 2007
Les biclous de Bébert 1er

070908-Velib.jpgCertains vous diront que l’opération Vélib c’est bien mais que l’engin est lourd à manipuler, qu’il reste inaccessible à beaucoup et que l’on se déplace plus vite en métro ou en voiture. Vue restreinte d’une partie de la population qui ne voit pas comment tirer avantage de la belle et victorieuse initiative de « Bébert 1er ».

Surfant sur la vague verte, Delanoë a pourtant marqué un panier d’avance pour une éventuelle réélection à la mairie de Paris. Plus de coulées vertes dans les rues de Paname = moins de pollution, plus de gens sportifs et donc une santé publique qui s’améliore, déjà deux points d’avance pour « Bébert 1er » sur les adversaires potentiels. L’initiative lyonnaise a fait des émules et la capitale est désormais jalousée par ses voisins limitrophes : 2008 va peut-être devenir l’année du Vert sur l’Ile de France.

Posté par Déborah Secrétin, le 08/09/07 dans Environnement - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 septembre 2007
Une nationalisation rampante

070905-GDFSUEZ.jpgLa fusion annoncée entre GDF et Suez attire les foudres des syndicats et de certains partis politiques au motif que cette fusion ne serait que la privatisation de GDF.
La réalité économique est tout autre et il s'agit en fait d'une nationalisation rampante de Suez. M. Fillon lui même a déclaré sur les ondes que le pourcentage consolidé de l'Etat dans le nouvel ensemble sera de 40 %, bien supérieur à la minorité de blocage.

Tout le monde sait bien qu'en détenant 40 % du capital d'une entreprise, le reste étant très dilué, on y fait la loi. Il est, dès lors, peu probable que les autorités belges voient d'un bon œil leurs centrales nucléaires passer sous contrôle d'un Etat étranger. Heureusement pour la France, il n'y a actuellement plus de gouvernement belge. Mais si, comme cela est fort possible, les Flamands l'emportent outre-Quiévain, les lendemains risquent d'être difficiles.

Quoi qu'il en soit, cette affaire aura vu se renier autant M. Sarkozy que M. Mestrallet, le premier oubliant qu'il s'était engagé à ce que l'Etat ne descende jamais en dessous de 70 % dans GDF, le second ayant déclaré très récemment qu'il n'accepterait pas une cession des activités environnement de Suez. Et de nous expliquer qu'un "spin off" n'est pas une cession stricto sensu ; soyons sérieux...Tout cela ne renforce pas la crédibilité dans les élites politiques et économiques et c'est bien dommage en ces temps dits de "rupture".

Posté par Michel Chevet, le 05/09/07 dans Energie - Entreprises - Environnement - Europe - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 août 2007
L’Or bleu : enjeu de rivalités

070830-Eau.jpgL’Or bleu - l’eau - a de tout tempe été l’enjeu de rivalités, luttes, guerres. Le monde d’aujourd’hui ne fait pas exception, avec les dérives que l’on peut imaginer :
- L’eau est essentiel à la vie. Or les ressources en eau sont très inégalement réparties. Et l’augmentation de la population mondiale allant de pair avec une augmentation de la consommation (la consommation de l’eau a été multipliée par 10 depuis 1900) va exacerber cette inégalité.

- L’eau a de tout temps servi d’arme, et ce quelles que soient les époques et les régions du monde. Or la période à venir semble se caractériser par une certaine instabilité.

- Et les guerres conventionnelles (deux armées face à face) sont révolues. Nous allons donc vers des confrontations asymétriques, avec une utilisation d’armes non conventionnelles. La confiscation, privation, pollution d’eau, à des fins de pression contre l’adversaire est donc évident.

Deux réflexions :

- On peut se demander si des tentatives de donner à l’eau un statut particulier, qui la place en dehors des confrontations, ne seraient pas vouées à un échec. Ou du moins, ne tiendrait pas en cas de conflit.

- En matière de politique extérieure, il y a là un chantier que la France ne doit pas laisser en friche.

Posté par Jérôme Bondu, le 30/08/07 dans Environnement - Géopolitique - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 juillet 2007
Bush n’a pas toujours tort

070730-Bush.jpgLe monde a accumulé tellement de raisons de se méfier de Bush que, même lorsqu’il dit des choses sensées, on doute de sa bonne foi. Cela vaut pour son refus de s’engager sur des « objectifs » de réduction d’émission de Co2. Il a soutenu – et qui pourrait, sur ce point, lui donner tort ? – que les objectifs ne signifient rien si l’on ne se donne pas les moyens de les atteindre.

Son insistance à mettre l’accent sur les moyens n’a rien d’illégitime et les Européens ne devraient pas sous estimer la capacité américaine à promouvoir le changement.
D’ores et déjà, les entreprises, qui s’efforçaient d’éviter que le gouvernement fixe des règles contraignantes, ont changé de stratégie. A force de voir des Etats et des villes prendre des dispositions de plus en plus disparates, elles en arrivent à souhaiter qu’un prix unique soit fixé au niveau national. Les choses peuvent aller vite : si, en Amérique les pollueurs craignent de payer trop cher, les investissements dans la recherche augmenteront fortement. Et, si la recherche débouchait sur d’importantes innovations, les Etats-Unis seraient les premiers à vouloir fixer des « objectifs ».

Posté par Marc Ullmann, le 28/07/07 dans Entreprises - Environnement - Technologie - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 juin 2007
La Prius : écolo mais pas trop

070625-Prius.jpgUne enquête menée par le bureau d’études américain CNW Marketing Research remet en cause des idées convenues sur la hiérarchie des voitures les plus polluantes.
Optant pour une démarche originale, les chercheurs ont tenu compte des conséquences en termes d’environnement non seulement lors de l’usage du véhicule mais également aux deux bouts de la chaîne : lors de sa conception et de son recyclage en fin de vie. Le tout est rapporté à un indice comptant le coût en dollars de chaque véhicule par mile parcouru.

Et là, Ô surprise ! La Toyota Prius qui arrivait systématiquement en tête de ce type d’enquête grâce à sa motorisation hybride se retrouve en milieu de peloton. A contrario, un énorme 4x4 américain, le Hummer fait beaucoup mieux qu’elle ! En cause ? La très grande difficulté à recycler proprement les nombreuses batteries électriques.
Parmi les bons élèves se retrouvent tout de même la petite et classique Yaris de Toyota, Saab, mais surtout les Allemands, champions des matériaux recyclables, BMW et Mercedes. Peu présents sur le marché américain, les constructeurs français ne figurent pas au classement.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 25/06/07 dans Energie - Environnement - Innovation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 juin 2007
L’atome dans 50 ans

Rebut.jpgPhysicien, membre correspondant de l’Académie des Sciences, pionnier de la recherche sur la fusion nucléaire, Paul-Henri Rebut est intervenu mercredi 11 juillet, sur le thème : « L’atome dans 50 ans ». Prenant au sérieux le réchauffement climatique - il y a, dit-il, une course de vitesse - il en recense tous les paramètres.

Paul-Henri Rebut a débuté sa carrière en 1978 comme chercheur au Commissariat à l'énergie Atomique. Ses recherches dès cette époque portaient sur la physique des plasmas et la fusion contrôlée thermonucléaire.

Après la construction du Tokamak de Fontenay aux Rosés, il a dirigé l'équipe européenne JET (Joint European Torus) à Abingdon en Grande Bretagne.

Inaugurée par la reine d'Angleterre et le président François Mitterand en 1984, cette machine JET a montré pour la première fois au monde que l'on pouvait contrôler un plasma jusqu'à des températures de plus de 300.000.000 de degrés et produire des réactions thermonucléaires au niveau de la dizaine de Mégawatts.

Elu membre correspondant de l'Académie des sciences en 1986, Paul-Henri Rebut est nommé, en 1992, Directeur d'ITER (International Thermonuclear Expérimental Reactor) et chargé de sa conception. Projet mondial avec pour partenaires l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, ITER devrait produire plusieurs centaines de Mégawatts pendant des temps supérieurs à 5 minutes.

De retour en France, il a été, de 1998 à 2004, conseiller du Haut Commissaire au Commissariat à l'énergie atomique.

Paul-Henri Rebut reçoit, en 2005, le prix Hannes Alfven de la Société Européenne de Physique.

En 2007, il crée sa société de Conseil en fusion contrôlée thermonucléaire, Rebut Consultant et travaille pour le projet ITER et GENERAL ATOMICS.

Paul-Henri Rebut a publié de nombreux articles scientifiques et, en 1999, l’ouvrage l'énergie des étoiles, la fusion contrôlée aux éditions Odile Jacob.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 20/06/07 dans Energie - Environnement - L'invité du mois | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 juin 2007
Voir loin mais agir vite

070618-CO2.jpgPour réduire les émissions de CO2, l’idéal serait d’inventer des énergies qui ne seraient pas polluantes. Au mieux, ce sera pour après demain.
Pour demain, les recherches semblent prometteuses en ce qui concerne la captation de ce fichu CO2. Au Japon, aux Etats-Unis, en France et sans doute ailleurs, on teste des cristaux qui, avec des compositions diverses, pourraient absorber toutes sortes de polluants.

Pour aujourd’hui, cependant, rien de tel que les économies. C’est du ressort de chacun d’entre nous. C’est aussi, et peut-être surtout, du ressort des entreprises. Le dernier rapport du « groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat » souligne tout particulièrement l’importance de l’habitat. Si, entre maintenant et 2030, le parc immobilier était renouvelé de façon cohérente, « 30 % des émissions pourraient être évitées avec un bénéfice économique ». Pour Bouygues et bien d’autres entreprises du BTP, le chantier est immense.

Posté par Marc Ullmann, le 18/06/07 dans Entreprises - Environnement - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 juin 2007
De l’idole à l’icône …

070607-Icone.jpgLa cathédrale du Christ Sauveur, détruite sous Staline mais pieusement restaurée est maintenant en pleine gloire. A quelques jours d’intervalle, les services funèbres du président Eltsine et du musicien Rostropovitch s’y sont déroulés avec tous le faste et les rites de l’église orthodoxe. Est-ce à dire que les religions chrétiennes connaissent un renouveau et incarnent l’avenir ? Ce n’est pas sûr. En revanche, il est certain que le communisme, malgré son dogme et son culte, n’a pu se hisser que très temporairement au rang des religions.

Il y a une quarantaine d’années, les fervents se faisaient déjà rares. Un journaliste du Figaro qui avait obtenu l’autorisation de visiter le cardinal Primat de Pologne, Stefan Wyszynski, alors en résidence surveillée sur ordre du régime, avait jugé utile de lui demander ce qu’il pensait du communisme. La question était saugrenue mais la réponse (citée de mémoire) fût lumineuse : « C’est très difficile de porter un jugement … le communisme est si jeune ! ». Si jeune et déjà sur le déclin.

… et de l’icône à quoi ?

Toutes les religions ont vocation universelle mais aucune, pour le moment, ne s’étend sur le monde. Certains fanatiques de l’Islam affublent leurs attentats du nom de guerre sainte et rêvent d’une « Oumma » planétaire. Aux Etats-Unis, plusieurs Eglises, fidèles à la loi du marché, se font concurrence à coup de shows télévisés et envoient leurs missionnaires aux antipodes pour propager leur foi. Pendant ce temps, les NTIC sont à l’œuvre et les Hommes prennent conscience de leur destin commun.

Les temps ont changé depuis qu’a été écrite la Genèse. Alors, les lions étaient plus nombreux que les humains et ceux-ci devaient asseoir leur suprématie. Maintenant, les humains se comptent par milliards et les lions par milliers. Le sauvetage de la Terre est sur le point de devenir une quasi religion. Son « Espérance » donnera, peut-être, naissance à un syncrétisme nouveau. Puisse-t-il advenir avant plutôt qu’après une catastrophe !

Posté par Marc Ullmann, le 08/06/07 dans Environnement - Religions - Russie - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 mai 2007
Repentance : non ; Humilité : oui

070523-Repentance.jpgDepuis la révolution industrielle, l’Occident a accaparé toutes les richesses du monde. Aujourd’hui, les pays en développement estiment avoir le droit moral et politique de dire : « c’est bien notre tour ! ». C’est compréhensible mais intenable. Comment donc donner envie aux pays en développement de ne pas copier notre modèle ?

Repentance et autocritique ne servent à rien. Si l’on veut que les autres cultures cherchent et trouvent des voies qui leur soient propres, il faut commencer par leur montrer que nous sommes capables de les admirer.

Il y a moins d’une génération, certains Indiens de Bolivie adoraient encore les arbres. Les « Blancs » trouvaient cela idiot. C’est pourtant l’exemple même d’une croyance passée dont il faudrait s’inspirer pour construire l’avenir.

Posté par Marc Ullmann, le 23/05/07 dans Développement - Environnement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 mai 2007
Progrès, où es-tu ?

070521-Progr%E8s.jpgL’automobile, dans sa conception, son évolution et ses usages, est un très bon exemple des déviances qui découlent d’une certaine conception du progrès. L’Ademe vient de publier discrètement une étude qui met à mal le mythe du diesel. Alors même que la croissance faramineuse du parc de voitures équipées de moteurs diesel a été la conséquence d’une politique fiscale aberrante et de campagnes médiatiques pseudo écologiques.

Que dit, si prudemment, l’Ademe ? Que le coût d’entretien des moteurs diesel est nettement supérieur à celui des moteurs à essence et que, de ce fait, le bilan global n’est pas en faveur du gazole. Que le prix de vente de ce dernier est, en France, artificiellement, plus bas que celui de l’essence. Ce qui est une aberration.

Fabriquer les quantités de gazole demandées par le marché est devenu, de ce fait, un cauchemar pour les raffineurs qui se voient contraints de recourir à des procédés de conversion des coupes lourdes de raffinage de plus en plus sophistiquées, coûteuses et énergétivores. La conséquence directe, et sans appel, est que le prix ex-raffinerie (c.a.d. hors taxes) du gazole est supérieur au prix de l’essence ! Le gouvernement français s’était engagé à aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence. Qu’en pensent MM. Fillon et Juppé ?

La lutte contre la pollution atmosphérique est une nécessité de santé publique et de préservation de l’environnement mais elle sert, le plus souvent, de prétexte à se lancer de façon irréfléchie dans de soi-disant solutions d’avenir. Le bioéthanol (E85) en est une très belle illustration. Ce merveilleux « carburant vert » permet peut être de lutter contre l’effet de serre mais on vient de découvrir qu’il libère dans l’atmosphère des produits chimiques destructeurs de la couche d’ozone (chut, il ne faut pas le dire). La grande chance du bioéthanol ? C’est d’avoir derrière lui le lobby agricole. D’un lobby, l’autre…

Quant à l’automobile elle-même, son évolution a été, ces vingt dernières années, en parfaite contradiction avec les objectifs déclarés d’économie d’énergie et de lutte anti-pollution. Une automobile de classe moyenne/supérieure pèse aujourd’hui entre 200 et 300 kgs de plus qu’il y a 20 ans. Cela tient à des tailles plus importantes (pour répondre au désir de confort), à l’ajout des ABS, des airbags, des matériels anti- pollution, d’innombrables dispositifs électroniques (qui ne servent jamais et sont source de pannes coûteuses) et d’une pléthore de gadgets.

A cet effet poids se rajoute le fait que les pots catalytiques et leurs accessoires absorbent près de 10 % de la puissance du moteur. Que s’est-il donc passé ? Pour éviter que les voitures se transforment en « veaux » et conservent les mêmes performances, la puissance des moteurs a fortement augmenté. Conséquence ? Une voiture de 2007, globalement (en incluant son cycle de fabrication et celui de son carburant), pollue plus que sa sœur de 1987.

Que faut-il en conclure ? Certainement pas une négation du progrès mais une grande défiance vis-à-vis des mirages collectifs comme Michel Godet l’a brillamment exposé devant les Vigilants. A défaut d’analyses calmes, réfléchies, approfondies, faisant appel de façon contradictoire à toutes les ressources scientifiques, les politiques menées risquent de plus en plus de marquer l’histoire par leurs effets pervers.

Posté par Michel Chevet, le 21/05/07 dans Energie - Environnement - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 mai 2007
Il est l’or, mon senior !

070519-OrBleu.jpgL’or noir est, depuis longtemps, un enjeu planétaire qui s’arrache au prix de la guerre. L’or bleu, le plus précieux, sera demain la ressource naturelle la plus convoitée.
A une époque où tout se négocie au prix fort la vision d’un monde équitable fait figure d’utopie. Et pourtant ! L’humanité, si elle veut perdurer, devra, bon gré mal gré, faire de cette utopie la réalité de demain, considérer la protection du vivant comme sa priorité absolue. Puisse la mutation se produire volontairement avant qu’une catastrophe majeure ne décide pour nous.

Posté par Déborah Secrétin, le 19/05/07 dans Développement - Environnement - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 mai 2007
Chine : le vert et le noir

070502-YinYang.jpgPrise de conscience ou hypocrisie ? Voilà, dit un correspondant chinois, une façon bien occidentale de s’interroger. Au pays du yin et du yang, la vie se charge d’harmoniser les contraires, le mouvement se prouve en marchant. Mieux vaudrait pourtant savoir vers quoi marche la Chine, vers quoi elle entraîne le monde.

Yin, le programme économique défini par le Premier ministre Wen Jiabao qui souligne la nécessité du développement durable et les dangers d’une croissance effrénée. Yang, le rythme continu de cette même croissance.

Yin, la ville nouvelle qui, aux environs de Pékin, sera montrée aux étrangers qui viendront l’année prochaine pour les jeux olympiques. Yang, les grattes ciel qui continuent d’être construits avec air conditionné à tous les étages.

Yin, les immenses projets de liquéfaction du charbon qui devraient permettre de limiter les émissions de Co2. Yang, le maintien en service (et même l’extension) d’anciennes centrales qui sont les plus polluantes du monde.

Entre ces Yin et ces Yang s’engage une course de vitesse. Tous les pays partenaires de la Chine, à l’OMC ou ailleurs, sont concernés.

Posté par Marc Ullmann, le 02/05/07 dans Chine - Développement - Economie - Environnement | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 avril 2007
Pour une communauté mondiale de la vapeur d’eau

070430-VapeurEau.jpgJe vois déjà des sourires. Non, ne prenez pas cet article pour un canular. C’est très sérieux.
Marc Ullmann propose une communauté mondiale de l’eau. Oui, l’eau est rare et inégalement partagée. L’eau potable manque et viendra encore plus à manquer. Mais je ne vous parle pas ici de manque d’eau, mais du réchauffement climatique.

Quel rapport, me direz-vous, entre réchauffement climatique (une nouvelle grande peur pour nos esprits vigilants) et la vapeur d’eau ? Eh bien il y a un rapport direct.

Quel est le principal agent du réchauffement climatique ? La quantité de chaleur produite par l’activité humaine. Les experts sont unanimes là dessus. Où ils ne sont pas encore d’accord, c’est sur l’importance du phénomène, et surtout sur les moyens de l’enrayer.

Or la chaleur produite par l’activité humaine n’est pas près de diminuer : en fait, elle ne fait qu’augmenter, en vertu du troisième principe de la thermodynamique. Toute utilisation d’énergie par l’humanité se transforme au bout du compte en chaleur qui contribue donc au réchauffement climatique, inexorablement.

Regardons les magnifiques images de la terre vue de l’espace. On reconnaît les continents et les océans, quand les nuages ne les recouvrent pas. Ah, ces nuages ! Combien d’excursions gâchées, combien de voyages d’agrément ternis par la nébulosité !
Ces nuages, vus de l’espace, sont blancs.
Quelle est la principale propriété du blanc ? D’absorber très peu le rayonnement, et donc de le réfléchir. Dans la grande quantité de rayonnement qui arrive en continu de notre soleil, et qui donc chauffe notre terre, une partie non négligeable est renvoyée immédiatement par la couche nuageuse blanche. Cette couche blanche, c’est de la vapeur « saturée », par opposition à la vapeur « sèche » qui est présente partout dans l’atmosphère, mais invisible. Invisible, donc transparente pour le rayonnement solaire.

Si vous regardez, un jour de bon vent, comment se forment et se déforment les nuages, vous verrez que la vapeur « saturée » apparaît à partir de rien, subitement dans le ciel. En fait, elle apparaît à partir de la vapeur « sèche » proche de la saturation, grâce à une variation locale des conditions atmosphériques. Et quand le nuage cache le soleil, ça chauffe moins en dessous. « Ôte toi de mon soleil » disait Diogène à un interlocuteur qui lui faisait de l’ombre…

Les nuages apparaissent et disparaissent spontanément dans notre ciel. Nous n’y pouvons rien. Rien ? Pas si sûr…

A entendre nos experts du réchauffement climatique, la température va augmenter de un ou deux degrés dans le prochain siècle. Et si, au lieu d’essayer de réduire l’échauffement dû à l’activité humaine, on va essayer d’augmenter la couverture nuageuse, de quelques pour cent ? On diminuerait la quantité de chaleur reçue du soleil, ce qui pourrait compenser pour partie celle produite par l’humanité. Je ne serais pas étonné que les calculs à faire montrent que cela coûterait moins cher…

Comment donc augmenter la couverture nuageuse ? Eh bien là où c’est possible, augmenter le taux de vapeur sèche dans l’atmosphère. En créant de nouveaux lacs d’eau douce, en particulier dans les zones désertiques.
Revenons à notre terre vue de l’espace. Les trois quarts de sa surface, ce sont les océans. Sur le quart restant, un dixième est constitué par une grande bande quasi désertique, entre la Mauritanie et la Péninsule Arabique. Cette grande zone fut, il n’y a pas si longtemps, une belle région où paissaient des vaches : les peintures rupestres du Sahara en attestent.
Remettre une quantité significative d’eau dans des lacs au milieu de cette région pourrait changer le climat non seulement de cette région, mais aussi de toute la terre.
Non seulement ces lacs réduiraient l’échauffement direct du sol (la surface de l’eau fait pour une grande part miroir) mais l’eau quand même chauffée s’évaporerait, augmenterait la teneur en vapeur d’eau dans le Sahara, et accroîtrait ainsi la formation de nuages dans la zone. Les climatologues savent bien que les étendues d’eau artificielles créées par l’homme changent un peu les conditions climatiques locales.

Mais où prendre l’eau douce ? Eh bien par exemple détourner une partie du fleuve Zaïre ou de ses affluents, lui faire passer le seuil peu élevé qui sépare le bassin équatorial du Zaïre du grand bassin du Tchad. Par un canal creusé, ou par pompage. L’énergie nécessaire ? Grâce à des barrages hydroélectriques installés justement en aval du fleuve Zaïre : ces énormes possibilités hydroélectriques n’ont jamais été exploitées, car on ne sait pas quoi faire de cette électricité qu’on ne peut pas transporter sur plus de deux mille kilomètres !

Voilà donc le projet de grand lacs intérieurs dans le Sahara.

En regardant une carte en relief de cette région, on voit qu’il y a quatre endroits où il serait relativement facile de créer un grand lac dans une grande cuvette naturelle :

1) au sud de la Mauritanie : l’Aoukar, en prenant de l’eau du fleuve Sénégal pendant son passage à travers le Mali.

2) Au Tchad : la cuvette du Bodélé. L’eau de l’Oubangui serait prélevée à travers un canal à creuser du sud vers le nord, pour rejoindre le cours du Chari jusqu’au lac Tchad. De là on creuserait un canal vers le nord jusqu’à la cuvette.

3) En Egypte occidentale : la dépression du Mukhafad el Qattarah, en creusant un canal depuis la méditerrannée.

4) En Arabie, la cuvette de Al Muruk al Mutaridah, en pompant depuis le golfe persique.

Une première phase de ce projet « super pharaonique » pourrait concerner ces quatre zones, avec une surface d’eau totale de l’ordre d’un demi million de km2.
Les gens qu’il faudra convaincre ne seront pas faciles à convaincre. Mais surtout, ces projets concernent plusieurs Etats, et l’on peut imaginer les difficultés résultant d’intérêts locaux contradictoires. Il faudrait donc dépasser le jeu des intérêts locaux et marchands en créant une communauté. Comme la valeur partagée de ce projet, c’est l’augmentation de taux de vapeur d’eau dans l’atmosphère, avec toutes ses conséquences sur l’ensemble du climat sur terre, la communauté pourrait prendre le nom de « Communauté de la Vapeur d’Eau », CVE.

Ensuite le projet pourrait s’étendre avec une deuxième phase, qui pourrait quadrupler la surface d’eau créée, mais avec des investissements dix fois plus élevés que pour la première phase. La surface d’eau créée pourrait alors atteindre plus de deux millions de km2. De quoi augmenter la couverture nuageuse moyenne de la terre d’une valeur que nos climatologues sauront évaluer aussi bien que l’effet de l’augmentation de CO2…Et pourquoi pas, plus tard, une troisième phase, encore plus ambitieuse ?

On peut rêver. Mais quelquefois le miracle s’accomplit, le rêve se réalise…par la volonté initiale de quelques visionnaires.

Posté par Philippe Tixier, le 30/04/07 dans Développement - Environnement - Sciences | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 avril 2007
Hésitations nucléaires

070419-CentraleNucl%E9aire.jpgLes partisans de l’énergie nucléaire soulignent que plus on aura recours à elle moins l’atmosphère sera encombrée de Co2. Ces adeptes de l’atome ont du mal à admettre que certains écolos fassent de la résistance. A leurs yeux, c’est de l’obscurantisme. Un accident de type Tchernobyl ne devrait pas se reproduire pour la bonne raison qu’il n’aurait pas eu lieu si les consignes minimales avaient été un tant soit peu respectées.

L’argument est fort mais ne convainc pas tout le monde. D’abord, des erreurs humaines restent possibles quelles que soient les précautions prises. Ensuite, la protection contre la malveillance ne peut être parfaite surtout en temps de guerre ou de terrorisme exacerbé. Pour bien faire, les centrales devraient être enterrées mais quel serait le prix de cet enfouissement ? Les adversaires du nucléaire ajoutent que 43 pays postulent à des mises en service et estiment qu’ils ne sont pas tous capables d’assurer la maintenance ou disposés à accepter l’aide des fournisseurs.

Malgré l’urgence, le débat n’est pas près d’être clos.

Posté par Marc Lanval, le 27/04/07 dans Energie - Environnement - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 avril 2007
Réconcilier Christian Blanc et Nicolas Hulot

070423-RoyalSarko9.jpgQuand ils doivent répondre à des sondages, certains Français disent volontiers qu’ils regardent Arte plutôt que la une. De même, ils proclament que les responsables politiques ne s’intéressent pas assez à l’écologie alors qu’eux-mêmes, quand ils participent à des débats, parlent d’abord d’emploi et de niveau de vie.

Cela ne signifie pas que ces Français soient menteurs. Cela traduit simplement la distance entre le monde tel qu’il est et tel que l’on voudrait qu’il soit.

Ainsi en va-t-il de la croissance, cette clef magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Tous les gouvernements en veulent. On les comprend. Hélas ! La consommation humaine de ressources naturelles excède la capacité de la nature à se régénérer et certains procédés industriels ont déclenché le tic tac de l’horloge à cataclysmes climatiques. Comment donc réconcilier le besoin de croissance pour panser les plaies du présent et l’impératif écologique pour ne pas compromettre l’avenir de nos enfants ? Comment réconcilier Christian Blanc (« La croissance ou le chaos » chez Odile Jacob) et Nicolas Hulot (« Pour un pacte écologique » chez Calmann Lévy). Comment œuvrer pour modifier le contenu de la croissance, pour faire en sorte qu’elle devienne « verte » ?

Voilà, me semble-t-il, ce qui pourrait (devrait ?) constituer l’essentiel d’un plan d’action global et cohérent pour les années qui viennent. Voilà ce que j’aurais souhaité comme « projet présidentiel ».

Posté par Marc Ullmann, le 25/04/07 dans Environnement - France - Politique - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 janvier 2007
Inde : effets pervers de la révolution verte

070126-Inde.jpgLa « révolution verte » mise en œuvre en Inde à partir des années 1960 a permis, grâce à l’introduction de pratiques culturales modernes, incluant entre autres un puissant développement de l’irrigation, parallèle à l’emploi généralisé d’engrais chimiques et de pesticides, une croissance de la production agricole comblant les besoins d’une population doublée en quarante ans.

Cette politique a augmenté les rendements mais généré – hélas ! – des effets pervers dont on commence à percevoir l’ampleur. Lors d’une récente mission à Bangalore, mes amis, responsables de l’Agence Indienne de l’Espace (ISRO), m’ont fait part de leurs inquiétudes nourries par les excellentes mesures de leurs satellites de télédétection, analysées à leur puissant Centre spécialisé à Hyderabad et que je résume.

La surface des terrains irrigués avant la révolution verte ne dépassait pas 5 millions d’hectares et le taux de salinité y était partout négligeable. La surface irriguée aujourd’hui est de 55 millions d’hectares sur un total de terres cultivées de 140 millions, 85 se contentant d’eau de pluie et ne produisant alors qu’une seule récolte. La productivité dans les zones irriguées atteint 2,7 tonnes de riz à l’hectare, à comparer avec la productivité moyenne sur tout l’ensemble de 1,7 tonnes à l’hectare.

Un phénomène est apparu récemment et progresse rapidement, la salinification des terres irriguées due au lessivage des surfaces. Il frappe déjà 20 millions d’hectares sur 55, d’après les mesures spatiales. La détérioration irréversible des sols fait baisser le rendement. Pour la première fois depuis le début de la révolution verte, l’Inde a du importer du riz l’année dernière.

Posté par Jacques Blamont, le 26/01/07 dans Asie - Développement - Environnement | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 décembre 2006
Du miracle au mirage

Bernard Cazes rappelle, dans le dernier numéro de la revue Futuribles, qu’à la fin du XIX ème siècle, sir William Crookes, futur prix Nobel de physique, prédisait une famine sans précédent pour l’humanité. Sir William anticipait, sur une période d’environ 50 ans, une augmentation de la demande de blé et un épuisement de l’azote fixé dans l’atmosphère (indispensable à la culture des céréales).

L’angoisse, précise Bernard Cazes, a fait long feu car, avant l’échéance redoutée, un système de fabrication d’engrais azotés avait été inventé.

Doit-on conclure de ce précédent que les progrès technologiques nous tireront toujours d’affaire ? Non ! A supposer même que des sources d’énergie inépuisables aient été trouvées avant la disparition des combustibles fossiles, cela ne contribuerait que partiellement à résoudre les problèmes de l’eau, des sols arables et autres ressources naturelles que l’humanité a tendance à surconsommer. Circonstance aggravante : avec le réchauffement climatique, l’écosystème terrestre est menacé.

Au total, les défis sont si grands que l’innovation technologique, pour nécessaire qu’elle soit, ne peut être suffisante. Il va falloir tenter du nouveau, se lancer sur un terrain quasi vierge à la fois technique, civique et spirituel.

Posté par Marc Lanval, le 18/12/06 dans Energie - Environnement - Société - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 novembre 2006
Non-pollueur mais payeur quand même

La SAGEP qui a en charge la gestion de l’eau à Paris vient d’annoncer une hausse de 9% du prix de l’eau. Jusque là, rien de plus classique. Le plus surprenant est le motif de la hausse : les Parisiens ne consomment plus assez d’eau !

En effet, depuis quelques années, la consommation d’eau a chuté de 20% du fait que les Parisiens, particuliers et entreprises, font davantage attention en s’équipant notamment de dispositifs réduisant la consommation et les fuites. Or, les frais d’infrastructure de la SAGEP restent constants. Et pour équilibrer les comptes, pas d’autres moyens, apparemment, que d’augmenter le prix du m3.

Ainsi, par extension, si nous diminuons notre consommation d’électricité, celle-ci sera plus chère car il faudra continuer à payer l’entretien des centrales nucléaires. Si nous sommes plus nombreux à utiliser les transports en commun, le prix de la carte orange va malgré tout augmenter car, nous expliquera-t-on, il faudra bien acheter plus de bus, métro ou train. Et ainsi de suite.

A l’heure où les défis de l’environnement - pollution, préservation de l’eau,...- sont au centre de toutes les préoccupations, il est quand même choquant d’envoyer un signal que l’on pourrait résumer ainsi : pollueur payeur, non-pollueur… payeur quand même !

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 30/11/06 dans Entreprises - Environnement - France | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 novembre 2006
La fin d’un monde sans fin(alité)

061107-Religions.jpgLa leçon théologique de Benoît XVI comportait un passage sur l’Islam qui, comme on l’a vu, a suscité de violentes réactions. Du coup, d’autres passages ont été occultés dont la phrase suivante qui aurait pu donner matière à réflexion à tout un chacun (croyant ou pas). Selon le Pape, « une raison qui est sourde face au divin et repousse la religion au niveau des sous cultures est incapable de s’insérer dans le dialogue des cultures ». Loin d’être ringarde, une telle phrase colle à l’actualité puisque l’on constate, de toutes parts, un renouveau de l’aspiration au religieux.

Ce renouveau a un aspect positif car « l’homme ne vit pas que de pain » mais peut égarer des êtres faibles (cf. foisonnement des sectes) et nourrir le fanatisme de ceux qui instrumentalisent la foi pour justifier leur ressentiment (cf. attentats terroristes).

Dans l’univers confortable des démocraties occidentales, c’est surtout la déstructuration de la société qui crée un sentiment de vide. Chacun se demande où est sa place. Les « chefs » ne se sentent plus le droit de commander. Les « subalternes » ne se sentent plus le devoir d’obéir. D’ailleurs, qui est vraiment chef et qui est subalterne ? Les forces sont anonymes, les règles sont abstraites et les grandes entreprises, soumises à l’imperium de la finance, n’ont pas d’autre choix que de délocaliser tout ce qui peut l’être. Ainsi, finissent-elles par considérer leurs salariés comme de simples variables d’ajustement tandis que ceux-ci, réduits à l’état de mercenaires, cherchent à trouver ailleurs une raison d’espérer.

Le phénomène ne touche pas que les actifs : la vie professionnelle est courte ; les jeunes peinent à y entrer ; les vieux en sortent vite et souffrent de solitude ; très nombreux sont ceux qui aspirent à trouver refuge dans une « communauté ». Ainsi, même dans les pays riches, se profile la menace de replis identitaires débouchant sur des antagonismes. D’où le besoin urgent d’un dialogue des cultures et des religions.

La difficulté est immense car comment pourrait-il y avoir dialogue des religions si chacune reste assise sur ses dogmes et refuse toute contextualisation de ses préceptes ? Certains intellectuels comme Mahmoud Hussein ont beau être musulmans, ils reconnaissent volontiers que, si certains versets du Coran ont une portée générale, d’autres se rapportent à des problèmes propres aux Arabes du VII ème siècle. De même, parmi les multiples interdits alimentaires que comporte la Loi juive, beaucoup semblent relever de soucis d’hygiène dus à l’époque et au climat.

Qu’il soit donc permis à un profane de pousser l’irrespect jusqu’à contextualiser la Genèse. Ce texte, particulièrement sacré dans les religions monothéistes, fait de l’Homme le maître de l’univers. A lui de domestiquer les animaux. A lui de dompter la nature. Cette mission, si mission il y avait, est maintenant accomplie et sa logique apparaît dépassée. Le gaspillage et l’épuisement de certaines ressources telles que l’eau, les combustibles fossiles et la biodiversité sont tels que l’Homme fait figure de prédateur.

Au risque de déplaire à de nombreux adeptes de plusieurs religions mais en espérant qu’ils reconnaîtront ma bonne volonté, j’en arrive à formuler un vœu : le vœu que le dialogue des religions (y compris des quasi religions que sont les philosophies orientales) s’accompagne de l’acceptation d’un devoir commun à tous les Hommes. La survie de l’espèce et la sauvegarde de la Terre sont en jeu. Elles peuvent servir de liens. Avant qu’il soit trop tard.

Posté par Marc Ullmann, le 07/11/06 dans Citoyenneté - Edito - Environnement - Religions | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 octobre 2006
Quand l’or vert chasse l’or noir au prix de... l’or bleu ?

De nombreux espoirs semblent se porter sur le biocarburant, en particulier issu du maïs, comme alternative à l’essence. Moins polluant que le pétrole, il participerait à la réduction des gaz à effet de serre. Mais sa production de masse nécessite des surfaces agricoles extrêmement importantes, un facteur limitant pour de nombreux pays.

. Facteur en passe d’être « résolu ». Michael Raab, un chimiste américain a eu l’idée d’ « optimiser » génétiquement un plan de maïs afin d’en tirer le maximum de bioéthanol, augmentant ainsi le rendement à l’hectare de 50%.

Pourtant, un autre facteur limitant est oublié : l’eau. Ainsi, 70% de l’eau consommée en France l’est par l’agriculture. Notre soif inextinguible d’or noir croit, aujourd’hui, trouver un substitut dans l’or vert, lui-même grand consommateur d’une ressource autrement plus vitale : l’or bleu. A moins que les progrès du génie génétique finissent par nous offrir un maïs aussi économe en eau qu’un cactus...

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 25/10/06 dans Energie - Environnement - Génie Génétique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 août 2006
Histoire d'une époque où la météo n'existait pas…

060824-banquise.jpgUne revue de vulgarisation scientifique (*) faisait récemment le point de nos connaissances sur la dernière grande variation climatique que notre Terre ait connue : la période pléniglaciaire ou grande glaciation.

L'étude portait principalement sur l'impact pour la faune et la flore connues. Rien de bien nouveau sur ce plan si ce n'est celui de nous rappeler que la Nature, sous sa forme climatique, a toujours fait des caprices et des colères et qu'à cette époque reculée, l'industrie humaine n'était pas en cause. Depuis cet âge antédiluvien (en gros - 20 000 ans) la tendance lourde de notre atmosphère a été celle d'un réchauffement général faisant succéder les zones de déserts secs et torrides aux anciennes zones de déserts glacés et, bien entendu, apparaître une fonte colossale des banquises et des glaciers. La question qui se pose évidemment est de comparer ces phénomènes "normaux" à des phénomènes "anormaux" que l'on attribue à une augmentation du taux de gaz à effet de serre uniquement imputable à l'activité humaine actuelle.

Le doute nous prend soudain sur le rôle que l'être humain prétend se donner aujourd'hui face à la Nature !

On peut s'en sortir, évidemment, en considérant que ce rôle est celui d'un "accélérateur" de ce processus naturel de réchauffement qui rend donc "sensible et conscient" à l'échelle de temps de la vie humaine les conséquences incontournables du réchauffement "normal" en cours qui, lui, se déroule imperturbablement à une échelle de temps "géologique"…

Le débat reste donc ouvert de savoir à quelle vitesse notre humanité va être capable de s'adapter à un tel réchauffement climatique. Si le rythme de modification inéluctable car "naturel" de son biotope est trop fort à cause des conséquences polluantes de son "hyperactivité économique", l'Homme est libre de "lever le pied de l'accélérateur". Ce que semble dire la Nature c'est que la tendance générale n'est pas le fait de l'Homme et qu'elle constitue en fait une limite à sa liberté.

Autre version possible de l'histoire qui attend les générations futures : le cycle de réchauffement en cours depuis 20 000 ans pourrait passer par un maximum (comme beaucoup de phénomènes physiques) puis s'inverser en faisant retourner la Terre tranquillement et très lentement vers un nouvel âge glaciaire…

Ce que nous montre cette étude c'est que l'Homme n'a pas accès au moteur fondamental de l'évolution climatique et que cela continue… à le dépasser !

( *) Sciences et Avenir ( mai 2006 )

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 24/08/06 dans Environnement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 août 2006
Histoire de déluge…

DelugeL'idée que des êtres humains, il y a très longtemps, aient pu être les témoins d'un des plus impressionnants épisodes climatiques de notre Terre fait son chemin petit à petit. Le mythe correspondant est celui du Déluge. Des études scientifiques récentes ont reconstitué l'apparence de notre continent européen il y a moins de 20 000 ans (grande période glaciaire).

Le niveau de la mer, notre "altitude zéro" se trouvait à 130 mètres au-dessous de ce qu'il est aujourd'hui ! Evidemment les terres émergées étaient différentes :

- Notre Bretagne française, la Grande Bretagne, le Nord de la France, la Hollande et le Danemark ne faisaient qu'une seule terre.
- L'Espagne et le Maroc aussi, car le détroit de Gibraltar n'existait pas. La mer Méditerranée, beaucoup plus petite, était vraisemblablement un gigantesque lac.
- Quant à la Turquie, elle était totalement unie à la Grèce car le détroit du Bosphore se traversait à pied sec et la Mer Noire n'était qu'un lac, beaucoup plus petit que l'espace maritime actuel, au milieu d'une vaste plaine.

L'idée qui se fait jour est que les mythes anciens tels que celui de l'anéantissement de l'Atlantide (que les auteurs anciens localisaient au large des Colonnes d´Hercule proches de Gibraltar) ou bien celui du Déluge seraient, en réalité, les résultats de l'histoire d'un désastre naturel colossal, colporté oralement de génération en génération.

Le réchauffement climatique qui commença à ces époques antédiluviennes fit monter le niveau de l'océan principal, l'Atlantique, alimenté par la fonte des gigantesques banquises. Lorsque que le niveau fut suffisamment haut, l'océan Atlantique se déversa dans le "lac Méditerranée" et les calculs montrent que ces gigantesques cataractes firent rage pendant plus d'un siècle accompagnées par des pluies… diluviennes.
Bien entendu, avec un peu de retard, le "lac Méditerranée", qui contenait donc de l'eau de mer, vit son niveau monter fortement et il finit par déborder au niveau du Bosphore pour se déverser, lui aussi, en gigantesques cataractes dans la "plaine Mer Noire" accompagnées également de pluies… diluviennes.

Nos mythes et légendes les plus répandues ne seraient-elles donc qu'une manifestation du réchauffement de la planète qui nous inquiète tant de nos jours ?

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 17/08/06 dans Environnement - Sciences | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 juillet 2006
Elle sera verte ma croissance

La croissance est une clef magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Tous les gouvernements en veulent. On les comprend. Hélas, la consommation humaine de ressources naturelles excède la capacité de la nature à se régénérer et certains procédés industriels ont déclenché le tic-tac de l’horloge à cataclysme climatique. On frémit à l’idée que des centaines de millions de Chinois qui circulaient à vélo ambitionnent de circuler en voiture et que Shanghai a été construit en copiant New York avec air conditionné à tous les étages d’immenses gratte-ciels.

Donc de trois choses l’une :

- Ou bien on continue comme cela et une catastrophe s’abattra sur la génération suivante (fort possible);

- Ou bien l’humanité adoptera une nouvelle mystique qui, prônant le partage, permettra de se passer de la croissance (improbable avant une catastrophe) ;

- Ou bien le contenu de la croissance sera radicalement modifié dans des délais relativement brefs. Ce qui implique une mobilisation générale pour une croissance verte (immense et salutaire défi).

Posté par Marc Lanval, le 30/07/06 dans Développement - Environnement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 juillet 2006
Des 4x4 dans la ville

4X4.jpgLa part des automobiles tout-terrain 4x4 connaît pour la première fois depuis de nombreuses années un léger fléchissement des ventes. Est-ce le résultat des campagnes anti 4x4 dans les villes ? Ou encore d’un sursaut écologique – le transport étant le premier contributeur tant en terme d’émissions de gaz à effet de serre que d’oxyde d’azote et de soufre ? Que nenni. En y regardant de plus près, on constate que la proportion des « vrais » tout-terrains (à savoir ceux qui sont utilisés essentiellement hors des sentiers battus) chute au profit des 4x4 urbains chics et chers.

Ces derniers remplacent, de plus en plus, dans la vitrine des spécialistes de véhicules « haut de gamme » les grosses limousines qui, il y a peu, étaient l’apanage des gens bien nantis. Mais si les grosses voitures ont vu leur consommation, donc leur capacité « polluante », chuter de près de 50% en quelques années pour atteindre des niveaux à peine plus élevés que les véhicules standards, les 4x4, voraces en carburant, polluent près de trois fois plus.

Avec l’augmentation prévisible du transport routier, ce sont les engagements de la France dans le cadre du Protocole de Kyoto – stabilisation au niveau de 1990 de ses émissions à effet de serre à l’horizon 2008-2012 alors que l’UE préconisait une diminution de 8% – qui risquent de faire les frais de cet engouement. Ce qui est loin d’être une bonne nouvelle pour nos poumons.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 28/07/06 dans Environnement - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 juin 2006
Pour une Communauté Mondiale de l’Eau

eau.jpgDans ma jeunesse, j’ai travaillé à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et me souviens de la genèse de cette première institution européenne. Jean Monnet est parti de la conviction que l’Europe ne se ferait pas d’un coup mais pas à pas.

Voulant commencer par créer une « solidarité de fait », il a pensé que le charbon et l’acier, qui avaient été utilisés pour faire la guerre, pouvaient être un symbole de reconstruction pacifique et servir de base tant à la réconciliation franco-allemande qu’à l’unité de l’Europe. Il a persuadé Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, de lancer l’idée et s’est assuré qu’elle serait bien reçue par Konrad Adenauer, le chancelier allemand, et fortement appuyée par l’Administration américaine.

L’Europe d’aujourd’hui ne ressemble pas à celle dont rêvait Monnet mais la CECA a néanmoins servi de socle à une prise de conscience européenne. Maintenant, les menaces visent l’humanité entière et il s’agit de faire émerger une conscience planétaire. D’où la question : existe-t-il un domaine qui aiderait à cristalliser une « solidarité de fait » à l’échelle mondiale, un domaine où l’urgence et la gravité des problèmes justifieraient la mise en commun de certains pouvoirs et de certaines ressources ?

Après avoir beaucoup consulté et beaucoup réfléchi, je suis arrivé à la conclusion que la création d’une Communauté Mondiale de l’eau (CME) serait la plus prometteuse des initiatives possibles. Les hommes, après tout, peuvent vivre sans pétrole, ils ne peuvent pas vivre sans eau. Des guerres peuvent éclater pour le contrôle des ressources. Des populations peuvent migrer pour fuir la sécheresse. L’insalubrité peut provoquer des épidémies. Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. De plus, le problème de l’eau est au cœur des préoccupations mondiales. Le forum qui a réuni récemment à Mexico près de 5.000 représentants d’Etats, d’institutions internationales, d’experts et de professionnels l’a amplement démontré : guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout.

Le chemin à parcourir avant qu’une CME fonctionne est si périlleux, les problèmes à traiter sont si complexes et les parties prenantes si nombreuses, que l’initiative ne peut être lancée dans le cadre modeste du Club des Vigilants. Nous pouvons seulement réfléchir aux processus qu’il conviendrait d’enclencher. Concrètement, il s’agirait surtout de :

- trouver la ou les personnalités les plus aptes à prendre l’initiative et chercher les moyens de les convaincre ;

- dresser la liste des pays qui accepteraient de se placer sur la ligne de départ et négocieraient un éventuel traité ;

- définir les points qui, dans cet éventuel futur traité, devraient être considérés comme primordiaux.

Une réflexion préliminaire est en route sur ces trois points. Ceux qui voudraient contribuer à cette étude de faisabilité seraient les bienvenus.

Posté par Marc Ullmann, le 22/06/06 dans Développement - Environnement - Géopolitique - Mondialisation | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 mai 2006
Faim, OGM et bonne conscience

OGM.jpgLes adversaires des OGM, en particulier en Europe, mettent en doute leur innocuité sur la santé humaine et animale, s’inquiètent de la contamination des cultures sans OGM et, s’alarment des atteintes qu’elles porteraient à la biodiversité. Ils s’insurgent aussi contre le sort qui sera réservé aux paysans dans le monde, en particulier dans les pays pauvres. Les OGM étant protégés par des brevets, les petits paysans, assurent-ils, n’auront plus le droit de garder des semences d’une récolte pour les replanter l’année suivante, comme ils l’ont toujours fait. Ce qui constituerait un surcoût insupportable pour la plupart d’entre eux.

De leur côté, les pro-OGM, et au premier chef les grands groupes d’agrochimie, tels les américains Monsanto et DuPont ou le suisse Syngenta, rejettent tous ces « anathèmes » par des arguments inverses. Ils insistent sur le caractère inoffensif des OGM que ce soit sur la santé ou les cultures, sur les bienfaits pour l’environnement – moins de pesticides utilisés pour des plantes devenus résistantes à tel ou tel insecte etc. Ils vont jusqu’à taxer les anti-OGM du Nord d’ « égoïsme ». Ils seraient, à leurs yeux, insensibles à la faim qui sévit dans certaines parties du monde alors que les OGM, grâce à des rendements importants, pourraient venir à bout de ce fléau.

Mais las ! Et c’est la FAO qui le souligne dans un rapport sur les biotechnologies agricoles : « Les recherches sur les cultures transgéniques sont, pour la majorité, le fait de sociétés privées transnationales. (...) Les plantes et les caractéristiques présentant un intérêt pour les pays pauvres sont dédaignées. »

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 18/05/06 dans Agriculture - Biologie - Développement - Environnement | Commentaires (12) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 avril 2006
Réduction des gaspillages d’énergie

En Angleterre, en Californie, en Suède, et sans doute aussi ailleurs, des groupes de maisons ou d’immeubles ont été construits avec des matériaux qui permettent de diminuer une partie des gaspillages d’énergie. De plus, l’énergie consommée par ces « environnementalistes pratiquants » est produite par des panneaux solaires ou par des mini éoliennes. Avec quelques années de recul, le résultat semble prometteur : au prix actuel du kilowatt/h, les surcoûts de construction s’amortissent en quelques années.

Cela tend à montrer que le système de production centralisé peut être concurrencé même si aujourd’hui le prix de l’électricité produite à partir de sources renouvelables (éolien, solaire, courants maritimes, etc.) est encore généralement supérieur à celui des centrales thermiques ou nucléaires. La technologie avance et la production décentralisée devrait bientôt permettre à des producteurs locaux de former des réseaux de « coopératives énergétiques » capables de dépasser le cadre de l’autoproduction.

Posté par Déborah Secrétin, le 07/04/06 dans Citoyenneté - Energie - Environnement | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 mars 2006
Développement durable : des discours à l’action

L’eau va devenir de plus en plus rare. Tout geste et toute action permettant d’en faire un usage raisonnable devraient être encouragés. Pour inciter les particuliers qui construisent leur maison à installer des récupérateurs d’eau de pluie, le gouvernement met en place un dispositif de crédit d’impôt. Mais pourquoi seulement les particuliers ? N'est-il pas temps d'imposer dans le cahier des charges des constructions collectives, à caractère social ou privé, la même obligation ? L’eau ainsi récupérée pourrait servir à l’arrosage des espaces verts, s’il y en a, comme au nettoyage des parties communes. Et le surcoût éventuel de l’installation serait rapidement amorti par l’économie d’eau potable réalisée.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 09/03/06 dans Environnement - France - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 mars 2006
Le tic tac de l’horloge à réchauffement

Réchauffement.jpg5 ° d’écart de température seulement nous séparent de la fin de la dernière période glacière. 10 ° d’écart de température seulement nous séparent des périodes glacières les plus intenses. C’est dire que le réchauffement climatique en cours (au moins 1,5 ° et peut-être 3 d’ici à la fin du siècle) est tel qu’il enclenchera presque sûrement le tic-tac de l’horloge à catastrophes.

Est-il déjà trop tard pour agir, pour faire en sorte que l’horloge n’aille pas jusqu’à sonner la fin de l’espèce humaine ?

Chaque tonne de charbon brûlé, chaque litre d’essence gaspillé nous rapproche du cataclysme. Le fonctionnement normal du marché, en vertu duquel la rareté engendre une hausse des prix qui conduit naturellement à économiser des biens devenus rares, a un effet réel mais trop lent pour être efficace. Des avancées technologiques peuvent réserver des bonnes surprises mais personne n’en est sûr. Bref, le monde ne s’en tirera pas sans un changement de paradigme. La société industrielle dans laquelle nous évoluons risque de ne pas être viable. Ce n’est pas seulement une question de pétrole. C’est une question de survie.

Posté par Déborah Secrétin, le 01/03/06 dans Energie - Environnement - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 octobre 2005
Affreuse promiscuité

Selon certaines informations, le premier foyer de grippe aviaire a éclaté dans un élevage industriel situé en Thaïlande. Les animaux y souffraient de deux handicaps cumulés. D’une part, comme dans tous les élevages industriels de par le monde, ils étaient entassés ? plus de vingt au m², d’autre part, ils ne recevaient pas systématiquement, comme en Europe et ailleurs, des antibiotiques ? titre préventif.

Si cette information est confirmée, on pourra conclure :

i) non seulement l’affreuse promiscuité des élevages industriels fragilise les animaux mais

ii) des foyers de nouvelles maladies finiront par apparaître dans les pays « avancés » puisque les antibiotiques, ? force d’être (sur)utilisés, deviennent moins efficaces.

Posté par Marc Ullmann, le 26/10/05 dans Agriculture - Economie - Environnement - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2005
Après Katrina : l’Amérique réversible

usflag.jpgLa société américaine est vibrante. Après de grandes émotions, elle est capable de grands retournements. Aujourd’hui, dominée par l’intégrisme de quelques millions d’Evangélistes qui se prennent pour des missionnaires, le choc de Katrina peut les faire changer de cap.

Quiconque a été régulièrement aux Etats-Unis depuis les années 60 a vu se succéder les émeutes dans les ghettos noirs, la révolte des jeunes, la mise en cause de l’industrie par les mouvements écologiques, le déferlement de la drogue, les campagnes pour la libération de la femme, les protestations massives contre la guerre du Vietnam, l’attaque victorieuse contre un président compromis par le scandale du Watergate, la révolte contre les précédentes révoltes, la remontée du patriotisme, la hantise du sida, le retour ? la morale, traditionnelle, les offensives contre l’avortement, etc.
Rien ne permet d’affirmer que Katrina ne va pas conduire les Américains ? approfondir les valeurs de fraternité, d’harmonie et d’écologie. Peut-être même passeront-ils de la boulimie de consommation ? l’éloge de la frugalité. Ils sont adeptes du changement.

Posté par Marc Ullmann, le 20/09/05 dans Environnement - Risques Naturels - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Géothermie : une énergie d’avenir

  Géothermie - Pilote Soultz sous ForêtsLe

     Le respect, par les pays signataires, du protocole de Kyoto implique la baisse des émissions de gaz ? effet de serre, essentiellement le CO2. Cela suppose une moindre utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz, etc.). Or, le modèle économique qui est le nôtre est gros consommateur d’énergie et, pour tenir les objectifs de Kyoto, des solutions alternatives doivent être trouvées.

A court terme, le nucléaire, énergie propre mais dont la gestion des déchets n’est pas sans problème, peut servir de relais. Le développement des énergies dites renouvelables (marée, vent, solaire, etc.) en est un autre. Cependant, à plus long terme, une voie a été jusqu’ici peu exploitée : la géothermie.

 Sous nos pieds, quel que soit le lieu au monde, se trouve une énorme quantité de chaleur qui appartient à tous et à chaque pays si on utilise l'ancien droit du "tréfonds" : c'est l'énergie thermique du sous-sol et du magma !

 

Convertir en électricité l'énergie thermique contenue dans notre bonne vieille terre ! Quel beau programme !

 

L'étude de cette voie intéressante demandera sans doute des recherches importantes au niveau national ou européen.

Chercheurs et industriels, à vos laboratoires et vos bureaux d'études !

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 20/09/05 dans Développement - Economie - Energie - Environnement - Innovation - Sciences | Commentaires (17) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Luc Ferry
 
Président délégué du Conseil d'Analyse de la Société, Luc Ferry est intervenu, mercredi 1er juillet, sur le thème : « La France de demain doit se réfléchir aujourd’hui ».  
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