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Le 23 avril 2008
Secrets mal gardés
080423-Ordinateur.jpgL’information a été rendue publique le 15 avril : Petrobras a bien découvert au large des côtes brésiliennes, à hauteur de Santos, dans le champ Jupiter, une réserve pétrolière immense, nom de code « Carioca » considérée comme étant la 3ème plus importante jamais découverte depuis l’origine de l’exploitation pétrolière Cette information hautement stratégique en raison de tout ce qu’elle implique pour le Brésil et son indépendance énergétique, comme pour ses rapports avec les grandes compagnies pétrolières mondiales désireuses d’obtenir des permis d’exploitation, était détenue, sans qu’ils le sachent, par des petits voleurs ordinaires. En dérobant pour les revendre quatre ordinateurs portables et leurs disques durs à l’arrivée d’un container destiné à Petrobras le 25 janvier dernier au port de Rio de Janeiro, ces « larrons » sans envergure ont réalisé au grand jour ce que des puissants auraient rêvé de faire en sous-main. Il ne s’agit pas de susciter des vocations, mais plutôt d’inciter à prendre plus de précautions que celles prises par Petrobras pour protéger des biens dont la propriété le dépasse.
Posté par Robert Guillaumot, le 23/04/08 dans Amérique Latine - Energie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 avril 2008
Esprit d’œuvre
080408-Capitalisme1.jpgLa vulnérabilité d’un capitalisme centré sur la finance et le court terme éclate au grand jour. La crise risque d’être grave mais aura du bon si, dans le cadre de l’économie de marché, elle incite à repenser la notion d’entreprise, à réhabiliter le concept de « communauté de personnes ». Il s’agit de transformer une « main d’œuvre » démotivée en équipes animées d’esprit d’œuvre. Dans la mesure de ses moyens, le Club s’efforcera de contribuer au nécessaire débat.
Posté par Bernard Esambert, le 08/04/08 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 mars 2008
L'humanité ne mange que des plantes malades
080306-Knock.jpgCe titre, qui fait froid dans le dos, est une citation de Claude et Lydia Bourguignon, dont Le Monde, daté du 27 février, publie un portrait passionnant.

Ces deux chercheurs ne cessent d’analyser la terre, sur tous les continents, et leurs diagnostics sont de plus en plus alarmistes. Si le titre de ce billet donne un reflet évocateur de leurs positions, ces deux francs-tireurs dressent un tableau sévère de toute la profession. A commencer par l’INRA, leur précédent employeur. Ils ont proposé à l’Institut National de la Recherche Agronomique une méthode de mesure de l’activité microbienne des sols (étalon de la mesure de la « fertilité » d’une terre). L’institut a refusé. Ce qui leur a fait dire « les microbes, contrairement aux engrais, travaillent gratuitement ».

Pour eux la filière agricole est loin du travail de la terre, mais est devenu la science « de la gestion des pathologies végétales ».

Quand ils évoquent les jeunes générations, c’est pour dire qu’ils n’auront pas la chance de manger soin, et parlent d’une perte de « capital ».

Visiblement, ils ont dans le collimateur les industriels de la terre, qui font de manière intégrée, les analyses des sols, vendent les engrais, les pesticides puis les médicaments …

Je ne sais pas pourquoi, cela m’a fait penser à Knock de Jules Romain. Je me suis dit que c’est comme si Knock avait réussi dans le business et faisait les diagnostics de ses clients (n’oublions pas que « Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent »), et administrait les médicaments produits par « Knock et Companies ». Médicaments qui rendraient réellement malade le client (au départ bien portant), … induisant le recours à ses services devenus … incontournables.

Bien évidemment, il ne peut en être ainsi. Il existe nécessairement des garde-fous que je ne connais pas. Mais le fait même que je formule cette comparaison est révélateur d’une perte de confiance !

Posté par Jérôme Bondu, le 06/03/08 dans Agriculture - Entreprises - Santé | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 février 2008
Le goût d’entreprendre

080229-Entrepreneur.jpgBill Gates, qui a créé son entreprise à l’âge de 20 ans, va prendre sa retraite. Il a 52 ans. 95 % de sa colossale fortune - 59 milliards de dollars (Forbes, septembre 2007) ! – vont à sa fondation de lutte contre le sida. Il s’est gardé, pour sa part, 5 % et va léguer 50 millions à ses enfants. Suffisamment  pour qu’ils puissent réaliser tout ce qu’ils veulent faire, mais pas assez pour ne rien faire.

En cela, il marche sur les pas de Warren Buffet pour qui le capitalisme d’héritiers est le plus sûr fossoyeur du goût d’entreprendre. La capacité de ses entrepreneurs à rebattre les cartes patrimoniales et à favoriser la création au détriment de la rente constitue, sans aucun doute, la grande force de l’Amérique.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/02/08 dans Entreprises - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 février 2008
Le nucléaire ne peut relever que de l’Etat
080207-Nucleaire-Blog.jpgLe nucléaire, tant civil que militaire est au cœur de l’actualité. Et il n’a pas fallu longtemps au Président de la République pour constater que le nucléaire joue, dans le monde, un rôle particulier et qu’en détenir les clés constitue un argument politique de première importance.

La France est présente et crédible dans tout le nucléaire, aussi bien civil que militaire.Je ne dirai rien du nucléaire militaire. De par la Constitution, le Président de la République, chef des armées, est le seul à pouvoir en disposer.Mon propos ne concerne que le nucléaire civil. 

Dans ce domaine, la France occupe une position exceptionnelle grâce à l’existence de trois organismes qui, depuis 50 ans et plus, accumulent une expérience et des réalisations sans équivalent. Ces trois organismes sont le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Electricité de France (EDF) et Areva, lui-même résultant de l’intégration de Cogéma (Areva NC) et Framatome (Areva NP). 

A eux trois, EDF, CEA, Areva couvrent la panoplie complète du nucléaire civil, depuis la R§D effectuée largement au CEA jusqu’à la production d’électricité effectuée dans des conditions excellentes par EDF. Le maillon Areva se situe entre les deux, intervenant depuis l’extraction du minerai d’uranium jusqu’au retraitement des combustibles brûlés dans les réacteurs, en passant par toutes les étapes de l’enrichissement, de la fabrication des combustibles des réacteurs, de la conception des réacteurs, de la fabrication de leurs composants et de leur construction. Sans oublier, naturellement, les aspects commerciaux, financiers, etc. 

Tout ceci représente une énorme industrie qui, il faut le souligner, a été montée intégralement sur les fonds de l’Etat. Personne autre que l’Etat n’aurait été capable de prendre les risques qu’impliquent tout ce qui a été fait. L’Etat dispose donc là d’un capital intellectuel et matériel impossible à évaluer par les méthodes capitalistiques courantes et, en tout cas, hors de portée pour n’importe quelle entreprise privée, sauf à le recevoir en cadeau ! 

Dans la situation qui prévaut actuellement, le Président de la République est le responsable suprême de tout cet ensemble. L’Etat est en effet propriétaire du CEA et il détient une large majorité dans EDF et Areva. 

Lorsque le Président de la République parcourt le monde et offre les réalisations du nucléaire français à différents pays, il agit comme le chef de l’entreprise nucléaire et l’Etat assume naturellement les risques éventuels, techniques, financiers et politiques des opérations. 

Il ne faut pas oublier que l’industrie nucléaire a un statut particulier dans tous les pays du monde. La construction et l’exploitation d’installations nucléaires ne se font pas sur de simples initiatives privées, comme cela peut être le cas pour des centrales à gaz, au fioul ou au charbon. En nucléaire, les autorités de sûreté, toujours liées à l’Etat, autorisent, surveillent, interviennent souverainement tout au long de la construction et de la vie des installations. J

J’en conclus que l’organisation actuelle du nucléaire français, fruit d’un long passé et d’une grande expérience, est parfaitement adaptée à la demande mondiale.

Dans ces conditions, il serait bien difficile de comprendre les raisons pour lesquelles le Président, qui dispose d’un outil incomparable, si chèrement acquis aux frais du contribuable et si bien adapté aux projets politiques qu’il met en œuvre, déciderait de le démanteler pour y faire intervenir des entreprises privées hautement honorables mais qui n’ont pas de vocation particulière pour intervenir dans ce domaine si complexe, si spécialisé et si bardé de contraintes étatiques auxquelles il faut être rompu par une longue expérience. 

Rappelons comment se commande une installation nucléaire, une centrale électrique par exemple.L’électricien autorisé par son gouvernement lance un appel d’offres pour la partie nucléaire car c’est elle qui gouverne tout. Une fois ce choix effectué, l’électricien attend les spécifications qu’établit le constructeur nucléaire retenu pour pouvoir lancer les appels d’offres des sous ensembles : génie civil, centrale de secours, groupe turboalternateur, traitements des effluents, etc. L’électricien est le maître de son plan de cantonnement des lots de la centrale et il y tient beaucoup. 

Pour chacun des lots retenus par l’électricien, un appel d’offres a lieu qui met en concurrence plusieurs sociétés du même métier. Plusieurs sociétés de génie civil sont aptes à réaliser les bâtiments des installations nucléaires. Il en est de même pour les groupes turboalternateurs.Dans ce domaine précis, parler de « turbine nucléaire » est un abus de langage. Il n’y a rien de nucléaire dans une turbine de centrale nucléaire. Elle doit simplement être adaptée le mieux possible aux caractéristiques de la vapeur produite par le réacteur. 

Lorsque tout ceci est fait, l’électricien coordonne avec l’aide du constructeur nucléaire la réalisation de la centrale. On voit bien que les deux acteurs essentiels et incontournables sont le client et le constructeur nucléaire. Toute intervention d’un tiers ne peut que polluer le système et brouiller les cartes. 

Pour compléter ce point de vue, je reviens sur un point très particulier et très important, déjà mentionné précédemment. C’est le fait que l’acteur principal de ces dossiers est le Président de la République lui-même.

Qui peut se croire capable de limiter ou d’encadrer son action, lorsqu’il est par exemple en tête à tête avec un chef d’Etat étranger ? Ou le faire revenir sur une position prise sous prétexte que le risque encouru serait trop grand ? 

Non, je suis vraiment convaincu que le schéma français actuel est le mieux adapté possible à la situation. Et si Areva a des besoins de financement pour faire face aux programmes importants qui s’annoncent, il faut étudier et mettre en œuvre des procédures qui ne portent pas atteinte à la propriété et à la direction majoritaire de l’Etat dans ce domaine.

Jean-Claude Leny est ancien président de Framatome

Posté par Jean-Claude Leny, le 07/02/08 dans Energie - Entreprises - France | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 janvier 2008
La prochaine plus belle avenue du Net
080119-ChampsElysees.jpgChaque capitale dans le monde a sa plus belle avenue. Comme il se doit, c’est là qu’il y le plus de passage ; que les plus belles boutiques, alléchées par les retombées commerciales, s’installent à prix d’or. A Paris, ce sont les Champs Elysées,  à New York, la 5ème avenue, à Londres, Oxford Street... Une stratégie payante – les chiffres d’affaire en attestent.

Internet aussi a ses plus belles avenues et les grands acteurs du secteur sont sur la brèche. C’est à celui qui, à coup de millions sinon milliards de dollars, met la main sur l’avenue du moment. En octobre 2006, c’était Google qui a déboursé 1,65 milliards de dollars pour acquérir YouTube, 14ème  site le plus visité au monde et créé en février 2005. En octobre 2007, c’est Microsoft qui a acquis, à la barbe de l’ogre Google, 1,6 % de Facebook, site de socialisation, pour 240 millions de dollars, ce qui valorise la Start Up à près de 15 milliards de dollars ! Son trombinoscope numérique a connu une croissance hallucinante : en 6 mois, plus de 50 millions d’internautes se sont inscrits en y précisant pêle-mêle leur nom, sexe, âge, préférences politiques et religieuses, cursus scolaire, adresse email... le tout agrémenté d’une jolie photo. Or, l'enjeu principal des sites de socialisation est de capter les recettes publicitaires, avec des bandeaux sur mesure pour chaque internaute. Ce qui constitue le graal pour tout annonceur !

Du coup les appétits s’aiguisent. Aujourd’hui, rien ne permet de dire que le prochain site de socialisation "Hype" n’est pas déjà en gestation. Parions qu’une nouvelle bataille de titans opposera Google et Microsoft pour le contrôle la prochaine plus belle avenue du Net.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 19/01/08 dans Entreprises - Société - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 novembre 2007
iPhone : à peine commercialisé, déjà piraté
071129-iPhone.jpgLe dernier téléphone portable à la mode, l’iPhone d’Apple, était à peine sorti aux Etats-Unis qu’il était piraté. C’est un étudiant de 17 ans, George Hotz, qui, avec quelques potes, a mis 3 semaines pour faire sauter les deux verrous posés par le constructeur : l’obligation de s’enregistrer auprès d’Apple et de ne pourvoir utiliser son iPhone que sur le réseau sélectionné par le constructeur. Car Apple a innové en limitant pour chaque pays la vente de son fleuron à un seul opérateur.

Aux USA, c’est ATT a emporté le morceau. En France, Orange en lance la commercialisation aujourd'hui. En théorie, si vous n’êtes pas client d’Orange, vous aurez le choix entre quitter votre opérateur actuel ou vous passer d’iPhone. A moins qu’un George Hotz français émerge. Auquel cas, la juteuse opération qu’escomptait Orange pourrait se transformer en eau de boudin.

Apple, de son côté, pourra bien crier au voleur. Mais la pratique commerciale basée sur la raréfaction organisée d’un produit afin d’en augmenter artificiellement la valeur est un véritable pousse-au-crime. D'autant que c'est la première fois qu'un opérateur est tenu de céder une partie - tenue secrète - du prix d'un appareil à son constucteur.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/11/07 dans Entreprises - France - Technologie | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 novembre 2007
Le capitalisme à l’épreuve
071111-Capitalisme.jpgA la fin des années 60, le philosophe Raymond Ruyer a écrit un « éloge de la société de consommation ». Selon lui, une fracture nouvelle avait remplacé la traditionnelle lutte des classes. D’un côté, disait-il, sont rassemblés tous ceux qui, par leur travail, sont liés aux processus de fabrication et de vente : ouvriers, patrons et employés sont ici du même bord. De l’autre, il y a ceux, fonctionnaires, professeurs, juges, journalistes et observateurs en tout genre dont les activités se déploient dans un secteur que Ruyer qualifiait de « tertiaire non économique ».

L’énoncé de cette dichotomie séparant les « productifs » des « critiques » ne manquait pas de pertinence puisqu’à l’époque des « majorités silencieuses » on rejetait les valeurs de la « contre-culture ». Richard Nixon, aux Etats-Unis, a été porté par cette vague et tous les candidats aux législatives américaines de 1970 ont eu l’œil rivé sur la fameuse « Dame de Dayton » dont l’avantage était d’être moyenne en tout. Connaître la Dame de Dayton (Ohio) équivalait à un certificat de sagesse politique permettant de ne pas glisser sur la pente des idées brillantes mais électoralement vouées à l’échec. Que disait donc l’oracle ? Elle disait simplement qu’elle en avait assez de voir les intellectuels cracher sur ce qu’elle affectionnait. Pour reprendre le langage de Ruyer, elle assimilait les gens du « Tertiaire non économique » à ceux que Proudhon décrivait comme occupant les « charges et sinécures ». Les entrepreneurs, selon Proudhon, contribuaient à la création de richesses alors que la bourgeoisie de robe se contentait d’en vivre.  

Un tiers de siècle est passé et la « majorité silencieuse » ne voit plus les entrepreneurs d’un œil aussi bienveillant. La financiarisation de l’économie, la rapidité des bouleversements technologiques, la peur des délocalisations, le spectre des OPA, l’individualisation des carrières, le stress du travail contraint ont brisé ce qui pouvait faire l’unité des « productifs ». En France, près des trois quarts des salariés pensent que leur intérêt propre et celui de l’entreprise divergent. Aux Etats-Unis, des enquêtes sur l’ « Involvement » des salariés dans un certain nombre de grandes entreprises aboutissent à des résultats moins désastreux mais néanmoins alarmants.  

Dans les circonstances actuelles, est-il possible de recoudre le tissu social ? Les optimistes diront que la montée en puissance des préoccupations écologiques remet à la mode certaines valeurs prônées jadis par les tenants de la « contre-culture » dont les dirigeants d’entreprise devront tôt ou tard tenir compte. Les pessimistes répliqueront que l’hyper concurrence mondialisée ne permet pas aux dirigeants d’entreprise d’accomplir des efforts suffisants pour tirer parti des réservoirs d’énergie de leur personnel. Pourtant, faute d’esprit d’équipe et d’objectifs partagés, les grandes entreprises risquent de perdre toute légitimité. Le défi est grand pour le capitalisme. Sa capacité d’adaptation va être mise à l’épreuve.

Posté par Marc Ullmann, le 11/11/07 dans Economie - Entreprises - Environnement - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 novembre 2007
Sauras-tu garder un secret ?...
071101-Google-CapGemini.jpgL'annonce du partenariat entre le géant de l'information Google et Cap Gemini pour proposer à toute entreprise de bénéficier d'outils bureautiques et de messagerie collaborative pour 50 dollars par utilisateur et par an a surpris. Avec les solutions classiques, le coût informatique par poste utilisateur est généralement de 6 à 10 fois plus élevé, car il est nécessaire d'acquérir des outils antivirus et antispam, des licences bureautiques, des solutions de sauvegarde et de couvrir des coûts annexes.

Attention ! Toutes les données de l'entreprise transitent et sont stockées sur les serveurs de Google, hors du territoire. Le géant de l'information a une politique incertaine concernant sa capacité à analyser les données qui lui sont confiées, et une durée de rétention des informations (même après effacement officiel) indéfinie. Ce qui est plutôt inquiétant lorsque l’on traite des informations sensibles.

Les cabinets d'analyse tels que Gartner sont formels : d'ici à une dizaine d'années, la notion de vie privée et de secret sera très atténuée. En cause ? L’existence de gigantesques bases d'informations personnelles et sensibles que l’on peut croiser entre elles. L'introduction massive de traceurs radio (RFID) dans nos biens de consommation courante, vêtements et cartes de fidélité ou bancaires est d'ores et déjà effective, souvent à l'insu du consommateur. La centralisation de toutes ces données est préoccupante notamment en cas de vol et d’utilisation malveillante des données.

Il ne se passe pas de semaine sans qu’un tel fait advienne.

Compte tenu des enjeux et de la forte valeur ajoutée de toutes ces informations, l'attrait du gain augmente et les attaques sont désormais effectuées par des professionnels organisés. Il convient donc d'être extrêmement prudent lorsque l'on accepte de confier ses données personnelles ou d'entreprise à un tiers. Une fois qu'elles ont été dérobées ou divulguées, le mal est fait.

Posté par Bruno Kerouanton, le 01/11/07 dans Economie - Entreprises - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 octobre 2007
Les incorruptibles n’existent pas
071025-Corruption.jpgSelon la dernière enquête de PwC, parue dans la Tribune du 17 octobre,  43% des 5400 entreprises interrogées dans 40 pays se disent victime de fraude. Au total, la criminalité économique déclarée aurait engendré 3,1 milliards d’euros de pertes. Le coût moyen de la fraude par entreprise est de 1,6 millions d’euros. La perte est sèche dans 62% des cas. La fraude est constituée de détournement d’actifs (33%), contrefaçon (15%), et corruption (13%).


La France est mauvais élève. Pour l'ONG Transparency International, notre pays stagne dans sa lutte contre la corruption, et siège à la 19ème place sur 90 pays dans son classement de perception de la corruption. Ainsi, selon Roger Lenglet (1), auteur de « Profession Corrupteur », la corruption coûterait 30 milliards d’euros à la France, soit ¾ du déficit annuel de l’Etat.

Qui en sont les auteurs ?


Parmi les métiers qui usent sans vergogne de ces pratiques illégales, il place au premier rang le lobbying - « le lobbying sans la corruption, ce n’est plus rien » affirme-t-il -, les agences de renseignements ou de sécurité privées.

Respecté et admis aux Etats-Unis, le lobbying n’a cessé de renvoyer une image pour le moins sulfureuse en particulier en France.  L’activisme des cabinets de lobbying, dans les années 80 et 90, pour minimiser des scandales sanitaires comme celui de l’amiante n’y est sans aucun doute pas étranger. Mais les dérives de certains ne doivent en aucun cas occulter l’importance d’un lobbying plus "positif" notamment à Bruxelles où la France est nettement sous représentée. Car la corruption ne plonge pas ses racines dans une profession (lobbying ou autre) mais bien dans un état d’esprit. Et c’est cet état d’esprit qui doit être modifié avec des moyens appropriés.

Que faire contre la corruption ?


Roger Lenglet explore quelques pistes :


- Promouvoir le rôle des militants associatifs qui mettent leur nez partout et fouillent avec opiniâtreté jusqu’à dénicher des « affaires ».
- Renforcer la loi, avec par exemple la proposition de l’association Anticor (2) consistant à rendre inéligible à vie tout décideur politique qui aurait été jugé coupable de corruption, et d’interdire, pendant une certaine durée, tout marché public à toute entreprise corruptrice.
- Accélérer l’adoption par la France de la Convention de Mérida (2005) qui s’attaque à la corruption des agents publics étrangers et comporte tout un arsenal préventif et répressif à l’échelle internationale.

Ces solutions, concrètes et raisonnables,  sont entre les mains des législateurs ! Sans doute ceux-là mêmes qui sont la cible des corrupteurs !

Mais ce n’est pas si simple.


Eva Joly, ancien juge d’instruction au pôle financier, rappelle, dans Télérama du 26 octobre 2007, les liaisons dangereuses que la France entretient avec certains pays africains dont elle soutient les dirigeants corrompus au nom des intérêts économiques de ses entreprises. Elle déplore plus généralement la complaisance "française" avec les malversations financières.

Rue89 confirme et renchérit : « les moyens consacrés à la grande délinquance financière n'ont cessé de diminuer. Baisse d'effectifs dans les brigades spécialisées, pressions diverses sur les juges du pôle financier et enfin cette déclaration étonnante du président de la République devant les patrons du Medef, le 30 août dernier: "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme". »

Comme le dit Roger Lenglet « les incorruptibles seraient exceptionnels » !


Sources :

(1) On pourra lire avec intérêt la biographie de Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation. Son parcours est très intéressant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Lenglet

(2) Anticor, association à laquelle appartient Roger Lenglet et le juge Eric Halphen, et présidé par Séverine Tessier http://anticor.wordpress.com/

Posté par Jérôme Bondu, le 25/10/07 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2007
Improductif malaise

070920-Malaise.jpgLes Français aiment le travail. Toutes les enquêtes internationales le montrent. Il compte même plus dans leur vie que dans la plupart des autres pays développés. Paradoxalement, c’est en France que le taux de satisfaction au travail est le plus faible. Plus alarmant encore, à la question des entreprises où il est agréable de travailler, dans la plupart des pays, les premières places sont largement occupées par des firmes nationales.

Pas en France, où le haut du tableau du "bon vivre" affiche surtout des filiales d'entreprises étrangères. Pourtant, le lien entre satisfaction au travail, productivité et innovation est avéré. A contrario, l’insatisfaction débouche sur une moindre implication au travail, un manque d’initiative, un déficit d’innovation et... in fine un faible dynamisme économique et une croissance en berne.

Pour Edmund Phelps, professeur d'économie à l'université Columbia, Prix Nobel d'économie en 2006, la performance économique ne se résume pas à la productivité. Elle s'apprécie aussi et peut-être même surtout, à ses yeux, par les taux de participation et d'emploi et la satisfaction au travail ainsi que par le degré d'engagement des salariés dans leur emploi. Or, le marasme économique européen, français en particulier, proviendrait, selon lui, d'une relation déplorable au travail et à l'innovation.

Aux Etats-Unis, le bien-être au travail est devenu une des préoccupations centrales des entreprises. Certes, la peur des procès pour harcèlement moral tout autant que le coût du mal être – ce sont les entreprises qui payent la couverture santé de leurs employés – y est pour quelque chose. Mais pas seulement. La reconnaissance de la satisfaction au travail comme facteur de productivité, d’innovation et d'attachement à l'entreprise est maintenant largement admise. Il en est de même au Canada et dans les pays nordiques. Mais rien de tel ne semble s’esquisser en France. En cause ? Un management d’entreprise marqué par des hiérarchies pesantes qui musèlent l’initiative, entravent la coopération, brident l’innovation et qui... lorsque le malaise devient trop fort fait appel à un sous-traitant : la sécurité sociale.

Posté par Evelyne Bertin, le 20/09/07 dans Economie - Entreprises - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 septembre 2007
Une nationalisation rampante

070905-GDFSUEZ.jpgLa fusion annoncée entre GDF et Suez attire les foudres des syndicats et de certains partis politiques au motif que cette fusion ne serait que la privatisation de GDF.
La réalité économique est tout autre et il s'agit en fait d'une nationalisation rampante de Suez. M. Fillon lui même a déclaré sur les ondes que le pourcentage consolidé de l'Etat dans le nouvel ensemble sera de 40 %, bien supérieur à la minorité de blocage.

Tout le monde sait bien qu'en détenant 40 % du capital d'une entreprise, le reste étant très dilué, on y fait la loi. Il est, dès lors, peu probable que les autorités belges voient d'un bon œil leurs centrales nucléaires passer sous contrôle d'un Etat étranger. Heureusement pour la France, il n'y a actuellement plus de gouvernement belge. Mais si, comme cela est fort possible, les Flamands l'emportent outre-Quiévain, les lendemains risquent d'être difficiles.

Quoi qu'il en soit, cette affaire aura vu se renier autant M. Sarkozy que M. Mestrallet, le premier oubliant qu'il s'était engagé à ce que l'Etat ne descende jamais en dessous de 70 % dans GDF, le second ayant déclaré très récemment qu'il n'accepterait pas une cession des activités environnement de Suez. Et de nous expliquer qu'un "spin off" n'est pas une cession stricto sensu ; soyons sérieux...Tout cela ne renforce pas la crédibilité dans les élites politiques et économiques et c'est bien dommage en ces temps dits de "rupture".

Posté par Michel Chevet, le 05/09/07 dans Energie - Entreprises - Environnement - Europe - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 juillet 2007
Bush n’a pas toujours tort

070730-Bush.jpgLe monde a accumulé tellement de raisons de se méfier de Bush que, même lorsqu’il dit des choses sensées, on doute de sa bonne foi. Cela vaut pour son refus de s’engager sur des « objectifs » de réduction d’émission de Co2. Il a soutenu – et qui pourrait, sur ce point, lui donner tort ? – que les objectifs ne signifient rien si l’on ne se donne pas les moyens de les atteindre.

Son insistance à mettre l’accent sur les moyens n’a rien d’illégitime et les Européens ne devraient pas sous estimer la capacité américaine à promouvoir le changement.
D’ores et déjà, les entreprises, qui s’efforçaient d’éviter que le gouvernement fixe des règles contraignantes, ont changé de stratégie. A force de voir des Etats et des villes prendre des dispositions de plus en plus disparates, elles en arrivent à souhaiter qu’un prix unique soit fixé au niveau national. Les choses peuvent aller vite : si, en Amérique les pollueurs craignent de payer trop cher, les investissements dans la recherche augmenteront fortement. Et, si la recherche débouchait sur d’importantes innovations, les Etats-Unis seraient les premiers à vouloir fixer des « objectifs ».

Posté par Marc Ullmann, le 28/07/07 dans Entreprises - Environnement - Technologie - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 juillet 2007
La crise Galileo

070726-Galileo.jpgL’UE a décidé en 2002 d’entreprendre le projet de localisation par satellite Galileo pour assurer son indépendance dans un domaine sensible. Elle a, cependant, eu l’idée absurde de prévoir le financement par un consortium privé dépourvu de maître d’oeuvre. Il était impossible que cela fonctionne.

La Commission, ayant finalement compris où réside le fond des choses, a proposé que l’U.E, en tant que telle, finance l’affaire dont la facture est estimée à 3,5 milliards d’euros pour 5 ans. L’Agence spatiale européenne agirait alors en tant que maître d’œuvre. Le Conseil européen des ministres des transports du 7 juin 2007 a accepté le principe mais décidé de reporter la décision en octobre. En réalité, il existe deux obstacles :

- Certains Etats qui, au fond, sont opposés au projet, comme le Royaume-Uni, rejettent le financement communautaire.

- D’autres, comme l’Allemagne, ne veulent pas du mode de financement habituel à l’U.E reposant sur le choix du moins-disant, mais exigent une clé de répartition dite « juste retour » où chaque Etat reçoit exactement pour ses contrats industriels la somme qu’il a versée au programme (par exemple, proportionnelle au PIB).

Sous ces apparences financières se cache un fait majeur : l’Europe n’a pas de gouvernement digne de ce nom et les nations tirent à hue et à dia.
Les personnes qui s’occupent du dossier sont néanmoins assez optimistes pour espérer une décision d’ici la fin de l’année.

Posté par Jacques Blamont, le 26/07/07 dans Economie - Entreprises - Europe - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 juillet 2007
Botnets : guerre virtuelle, risque réel

070723-botnet.jpgIl n'y a pas que le monde réel à subir des conflits armés. L'attaque de grande ampleur, en mai dernier, visant à perturber et à paralyser une importante proportion des sites Internet gouvernementaux et privés estoniens en apporte la preuve. Cela sonnait comme une mise en garde. Cela ressemblait à des grandes manœuvres. L'OTAN et la Commission Européenne s'en sont inquiétés.

Les armes de destruction presque massive, utilisées dans ces nouveaux conflits, sont appelées « botnets », ce qui signifie réseaux de robots. La prise de contrôle furtive de centaines de milliers de PC reliés à Internet à l'insu de leurs utilisateurs (particuliers, entreprises, voire parfois gouvernements !) permet alors aux attaquants de mener à bien leurs actions, chaque ordinateur sous contrôle (le « bot ») étant alors programmé pour lancer l'attaque vers une cible précise à un moment donné. L'analogie avec le monde réel pourrait être celle de batteries de centaines de milliers de missiles répartis dans le monde et télécommandées vers des cibles précises.

Ces armées de PC appartiennent souvent à des particuliers qui ignorent que leur ordinateur est sous contrôle de cybercriminels, pour l'envoi de spams ou la préparation d'attaques. Or, il est très difficile de responsabiliser l'ensemble des internautes à ce sujet. Ce qui laisse le champ libre aux terroristes informatiques. Des parades existent. Des actions coordonnées entre les polices de différents pays peuvent s’avérer efficaces dans la traque des réseaux de robots sous contrôle. L'opération Rot Boast du FBI, la semaine dernière, a ainsi permis la découverte d'un réseau d'un million de PC sous contrôle : http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel07/botnet061307.htm.

La cybercriminalité se nourrit, la plupart du temps, de l’"insécurité" des ordinateurs de particuliers et de l'"inexpertise" de leurs utilisateurs. Face à ce risque, les gouvernements sont alors impuissants. Sans aller jusqu'à imaginer un « permis à points » de l'internaute, l'utilisateur doit être sensibilisé. Le Passeport Internet et Multimédia proposé par le gouvernement : http://delegation.internet.gouv.fr/pim/index.htm est, en ce sens, une bonne initiative. Il faut aller plus loin. Ce qui permettra à la France de perdre sa place de numéro 1 mondial de PCs sous contrôle.

Posté par Bruno Kerouanton, le 23/07/07 dans Communication - Entreprises - France - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juillet 2007
Des fonds de pension conquérants

070712-Bell.jpgEn ce début du mois de Juillet, quelques entrefilets dans la presse canadienne sur un événement qui, ici, ne surprend pas outre mesure. Il s’agit de la prise de contrôle amicale de l’opérateur historique des télécoms BELL pour un montant de l’ordre de 52 milliards de $c.

Les acquéreurs ont pour chef de file et leader de l’opération la Caisse de retraite des professeurs de l’Ontario. Quand on entend sur les ondes françaises les hommes politiques de tout bord délirer sentencieusement sur les possibles vertus de fonds de pension à la française, comme on dit en québécois à Venise, on se gondole ... sachant qu’il faudrait au moins 3/4 de siècle pour approcher le niveau actuel des modestes fonds canadiens.

Posté par Philippe Nahon, le 12/07/07 dans Amérique du Nord - Economie - Entreprises | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 juillet 2007
Peurs utiles et exigences compétentes

070703-Cri.jpg Le rétablissement de la « valeur travail » ne pourra être mené à bien sans que soient rapprochées, conciliées et cultivées les peurs utiles des dirigeants et les exigences compétentes des jeunes entrants dans le monde de l’entreprise.

Tel qu’il fonctionne aujourd’hui, le monde de l’entreprise sépare et souvent oppose les générations de travailleurs. D’un côté les dirigeants qui font face aux risques de la mondialisation et sont contraints au génie visionnaire pour préserver le fonctionnement de leurs groupes, départements, services. De l’autre, de jeunes entrants pour qui le travail est devenu un fragment de la vie qui doit leur apporter épanouissement personnel, ressources financières et si possible plaisir intellectuel. D’un côté une peur qui paralyse, de l’autre une exigence envahissante.

Trois questions se posent au vigilant : Comment les peurs peuvent-elles devenir utiles ? Comment les exigences peuvent-elles devenir compétentes ? Quelle solution-clé pourrait rendre ces deux attitudes conciliables et productives ?

Une peur devient utile lorsque l’on trouve les moyens de la rendre partageable. Si ce n’est pas le cas, elle reste une