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Le 20 mai 2009
La quadrature du salaire
090520-Salaire.jpgHenry Ford recommandait de bien payer les salariés afin qu’ils puissent acheter ses voitures. Ses descendants compressent les coûts salariaux  de peur que leurs voitures soient trop chères. Certains industriels, du moins jusqu’à maintenant, ont trouvé la parade. En Suède, par exemple, les salariés d’Ikea sont bien payés mais la qualité de leur travail donne du prix à la marque. Ce contrat tacite relève du « patriotisme d’entreprise ». Un patriotisme que la crise rend fragile.
Posté par Marc Lanval, le 20/05/09 dans Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 mars 2009
Areva - Siemens : "Le choc des arrogances"
090317-Areva-Siemens.jpgJean-Claude Leny a présidé Framatome jusqu’en 1996. Pendant 10 ans*, il a œuvré pour mettre sur pied une association efficace avec Siemens. Mieux que personne, il est à même de juger les conséquences de la rupture entre Areva et Siemens et de la nouvelle alliance conclue par Siemens avec l’entreprise publique russe Rosatom. En tant que membre du Club des Vigilants, il a bien voulu répondre aux questions de Marc Ullmann, journaliste, fondateur du Club.

Marc Ullmann : La décision prise par Siemens équivaut à un renversement des alliances. Quel sentiment cela vous inspire-t-il ? 

Jean-Claude Leny : Une immense tristesse. 

M. U. : Pourquoi ? 

J-C L. : Le couple Areva/Siemens était un géant. Sa place de n°1 mondial et de fleuron de l’industrie européenne était assurée pour de longues années. L’avenir, maintenant, paraît plus incertain bien qu’Areva reste, évidemment, une superbe entreprise. 

M. U. : Comment expliquez-vous la rupture ? 

J-C L. : Par des raisons à la fois psychologiques et industrielles. 

M. U. : La psychologie a-t-elle vraiment joué un rôle 

J-C L. : A mon avis, oui. J’irai jusqu’à parler de choc des arrogances. Les Français, vous le savez, sont souvent arrogants. Les Allemands aussi mais d’une autre façon. Les Français, vous le savez, sont souvent arrogants. Les Allemands aussi mais d’une autre façon. Il n’est pas facile de souder une équipe. En 10 ans de Framatome, je me suis donné beaucoup de mal. Cela a plutôt bien marché. J’ai maintenant l’impression que cet aspect coopératif de l’œuvre de ma vie a été mis à mal. 

M. U. : Vous connaissez bien les gens de Siemens. Comment fonctionnent-ils ? 

J-C L. : Contrairement à l’idée qu’on peut en avoir en France, le fonctionnement de Siemens est démocratique. Certes le Directoire propose mais le Conseil de surveillance délibère fréquemment et beaucoup et décide. Ensuite, le Directoire met en œuvre.
Dans une telle organisation, il était très difficile au Conseil de surveillance d’accepter de voir réduit le rôle contractuel qu’il avait entériné. Pour faire court, « de ne plus avoir voix au chapitre » (voir en encadré ci-dessous, l’historique des relations entre Siemens et ses partenaires français). En plus, une sorte de procès d’intention a été fait par les Français à propos du désengagement allemand du nucléaire. Mais Siemens n’y est pour rien. Il a toujours regretté que la politique en Allemagne empêche la construction de centrales et a continué à s’intéresser de très prés au nucléaire. 

M. U. : Est-ce la faute d’Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva si les malentendus se sont multipliés ? 

J-C L. : Madame Lauvergeon tient parfois des propos assez rudes mais je crois que, sur le fond, elle ne voulait pas réduire le rôle de Siemens mais lui donner, au contraire, plus de visibilité. 

M. U. : Comment 

J-C L. : En transformant la participation de Siemens dans Areva NP en une participation dans Areva, la maison mère. 

M. U. : Des tractations ont-elles eu lieu ?  

J-C L  : Ayant quitté la vie professionnelle, je n’ai participé à rien du tout. J’ai seulement entendu dire qu’il avait été question d’une participation de Siemens dans Areva à hauteur de 20 %. Le blocage, je crois, s’est situé en France au niveau politique.  

M. U. : Vous voulez dire au niveau de Sarkozy ? 

J-C L. : C’est ce qu’on dit.  

M. U. : D’où, pour Siemens, la tentation russe ? 

J-C L. : Les performances techniques de Rosatom sont moindres que celle d’Areva mais Rosatom, comme Areva, contrôle toute la filière : mines, enrichissement, etc. Pour Siemens c’est d’autant plus intéressant que sa participation ne sera pas de 20 % mais de 49 %  et même un peu plus : exactement 50 % moins une action.  

M. U. : Pourquoi Rosatom a-t-elle accepté d’aller aussi loin  ? 

J-C L. : Parce que la technologie et l’expérience de Siemens restent excellentes et que sa position mondiale confère à cette entreprise allemande une grande force de vente à l’international. Les Russes, qui garderont l’exclusivité de leur marché national, ont tout à y gagner. 

M. U. : Sergueï Kirienko, directeur général de Rosatom, affiche l’ambition de conquérir, à terme, jusqu’à un tiers du marché mondial. Cela vous semble-t-il réaliste ? 

J-C L. : Cela revient à dire qu’il veut devenir leader mondial et que la concurrence avec Areva sera âpre. 

M. U. : Les centrales fabriquées en Russie n’ont pourtant pas bonne réputation. 

J-C L. : Elles ont fait des progrès depuis Tchernobyl. Ce sont maintenant des  centrales à eau légère. Certes, elles ont moins évolué que l’EPR mais elles coûtent moins cher et peuvent tenter certains clients. De toute façon, le marché est immense et Areva va devoir, comme le dit fort justement Mme Lauvergeon, accroître ses investissements pour répondre à une demande croissante.   

M. U. : Avec quel argent ? 

J-C L. : C’est tout le problème. Mme Lauvergeon plaidait, à juste titre à mon avis, pour une entrée en Bourse. Les conditions actuelles n’y sont probablement pas favorables. Mais il faut éviter à tout prix de casser l’entreprise qui réunit toute la chaîne de l’industrie nucléaire au prétexte d’un mécano dénué de signification industrielle et qui n’apporterait même pas de réponse à la question financière.

* Encadré :

A partir de 1986, au lendemain de Tchernobyl qui avait traumatisé les populations et les gouvernements, je n’ai pas cessé d’œuvrer, avec mon collègue et ami Dominique Dégot, Directeur international de Framatome, et nombre de très bons ingénieurs de la Société, à la mise sur pied d’une association opérationnelle étroite avec Siemens. 

Elle avait pour but de préparer un nouveau réacteur commun à l’Allemagne et à la France (avec vue sur les autres pays européens) qui serait en progrès par rapport aux réalisations précédentes de Siemens et Framatome. Tout particulièrement, ce nouveau réacteur devait être conforme aux exigences des autorités de sûreté nucléaires françaises et allemandes et constituer ainsi le noyau d’un standard européen. Il est également nécessaire de préciser que tout ceci se faisait avec l’approbation des gouvernements allemand et français de l’époque. 

Ce « Projet commun », comme nous l’avions d’abord appelé a été développé dans le cadre d’une filiale commune, à 50/50, NPI, dirigée par Dominique Vignon qui m’a succédé en 1996 à la Présidence de Framatome.

Ce « Projet commun » a évolué avec succès, attirant l’intérêt des électriciens, Allemands et EDF et il est devenu l’EPR que tout le monde connaît maintenant et qui se construit en Finlande à Olkiluoto, en France à Flamanville et bientôt à Penly. Sans oublier la Chine et probablement d’autres pays.

Finalement, NPI a été réintégré dans ses maisons mères et, en 2001, un accord a été signé entre Framatome et Siemens par lequel Siemens prenait 34% du capital de Framatome, ceci accompagné d’un protocole d’actionnaires précisant les modes de fonctionnement. 

Dans le même temps, Alcatel, actionnaire à plus de 40% de Framatome, vendait ses actions à l’Etat qui décidait de regrouper Cogema et Framatome dans une holding appelée ultérieurement AREVA.

Ce mouvement qui était logique du point de vue de l’Etat avait cependant pour conséquence de modifier profondément la position de Siemens. Cette Société devenait minoritaire dans une filiale d’AREVA, Areva NP qui n’était plus du tout la Société de plein exercice avec laquelle Siemens avait contracté.

Cette situation nouvelle pour Siemens aurait dû être prise en considération et traitée en temps utile. 

J-C L. 

Posté par Marc Ullmann, le 17/03/09 dans Entreprises - Europe - France | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 janvier 2009
Ce seront encore les jeunes qui vont trinquer
090119-Jeunes.jpgLe chômage est fortement reparti à la hausse dans le monde entier et notamment en France. Les perspectives 2009 en la matière sont sombres. En France, des entreprises semblent se séparer en priorité des salariés précaires (intérim, CDD) qui sont particulièrement nombreux parmi les jeunes.

Si rien n’est fait pour enrayer ce mouvement naturel ou en atténuer les conséquences, ce sont, une fois de plus, les jeunes qui vont être sacrifiés. Raison de plus pour eux de se désolidariser de cette société qui refuse de façon persistante de leur accorder la place qu’ils méritent. Comment vont-ils chercher à se venger ? Quelles parades correctrices imaginer ? Attention danger !

Posté par Alain de Vulpian, le 19/01/09 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 janvier 2009
La fin du « ghosnisme »
090116-Ghosn.jpgIl n’y a pas si longtemps, Carlos Ghosn, patron de Renault et de Nissan, était donné en exemple. « Ghosnisme » était en passe de devenir un nom commun, synonyme d’efficacité. Aujourd’hui, la fascination s’est muée en réprobation. Ghosn « le sauveur » est devenu Ghosn « le sauvage ».

La perte d’adhésion et d’implication du personnel et des cadres est patente. Le « soft capital » dont bénéficiait Renault a été, en grande partie, dilapidé. Pourquoi ? Parce que le maintien ou l’accroissement de la rentabilité à court terme semble avoir été le seul guide des prises d’orientation du tout puissant patron :

Ø       il sert les boulons au maximum, il fait régner la pression ; la presse se fait l’écho de suicides parmi les cadres. 

Ø       il bichonne le cours de bourse en donnant priorité à l’actionnaire sur les autres parties prenantes (la vitalité durable de l’entreprise, sa cohésion, le maintien de l’emploi, la préservation des climats, etc.) 

Ø       la réduction des effectifs est la première réponse à la  baisse des commandes. Les autres mesures paraissent secondaires. 

Ø      la politique de choix de modèles est à l’affût d’opportunités immédiates (la concurrence gagne de l’argent avec les 4x4 ; on décide d’être présent sur ce marché sans tenir compte de la tendance lourde perceptible depuis plusieurs années qui menace ce type de modèle).

Le fait que ces travers sautent maintenant aux yeux est (si l’on peut dire !) un bienfait de la crise. Un intéressant champ de développement pour les intervenants en entreprises s’ouvre ainsi. Il s’agit d’aider des entreprises immergées dans le capitalisme hyper-financier à réveiller une culture du long terme et à adopter des stratégies avisées.
Posté par Marc Ullmann, le 16/01/09 dans Entreprises - France | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 janvier 2009
Effets d’annonce et temps de latence
090105-EffetsAnnonce.jpgComment faire pour que les plans de relance soient efficaces alors que les deux impératifs principaux semblent être contradictoires ?

Il faut, d’une part, que l’argent dépensé soit utile à long terme et il faut, d’autre part, agir aussi vite que possible.

 

Pour le premier impératif, l’environnement et les infrastructures sont des cibles privilégiées. Pour le second, il faut, en priorité, sauver ce qui existe en relançant l’activité des entreprises et, plus particulièrement, des PME, actuellement menacées de faillite.

Chaque pays va devoir effectuer son propre dosage. Sans oublier que les projets pharaoniques sont ceux qui prennent le plus de temps et qu’il vaudrait mieux parfois se montrer humbles que voir grand. 

Posté par Marc Ullmann, le 05/01/09 dans Economie - Entreprises - Environnement | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 décembre 2008
Et si !
081230-Interrogation.jpgEt si la déflagration financière était derrière nous : environ 1.000 milliards de pertes sur les subprimes, les crédits personnels, certains prêts au PME américaines ; 900 milliards de dollars provisionnés, à ce jour, par le secteur bancaire et financier au niveau mondial.

Et si les difficultés des banques avaient été largement anticipées : entre 1.200 et 1.500 milliards de dollars de garantie des Etats pour faire refonctionner le marché interbancaire, plusieurs centaines de milliards de dollars pour alimenter en fonds propres les banques à secourir.

 

Et si la déprime économique provoquée par la crise financière devait être conjurée par les plans de relance mis en place par les principaux Etats touchés (y compris la Chine) : 100 à 150 milliards de dollars d’aides de toutes natures (Chine non comprise). 

 

Et si, en conséquence de tout cela, la confiance renaissait et comblait le trop plein de mauvaises nouvelles qui nous ont assaillis.

 

Et si la remontée de la courbe en « V » s’avérait symétrique de la chute, c’est-à-dire rapide grâce à la très forte et permanente mobilisation des Etats, des Banques centrales, de la Banque Mondiale et du FMI. 

 

Et si cette crise n’était qu’un banal avatar de toutes celles que la brutalité du libéralisme engendre régulièrement  avec, en moyenne, une explosion tous les dix ans et une détonation tous les cinq ans. 

 

Et si la récession actuelle s’avérait moins profonde que celles causées par les crises pétrolières de 1973 et 1980 qui ont entraîné deux années de croissance significativement négative.

 

Et si l’humanité avait fait quelques progrès depuis 1929, 1973, 1980, 1990, 1993 et 2001.

 

Et si nous avions joué à nous faire peur avec la complicité de médias simultanément observateurs et acteurs.

 

Et si Barack Obama, conscient de ses immenses responsabilités, parvenait à faire redémarrer la machine économique américaine. En premier comme d’habitude !

 

Et si notre pays en profitait pour se positionner sur les métiers en forte croissance sur le long terme pour gagner un point de productivité supplémentaire. Cela lui permettrait de sortir de la croissance médiocre de 2% qu’il a connu au cours de ces vingt dernières années.

Et si le vrai problème allait être, une fois de plus, éludé : le libéralisme est un formidable moyen qui doit être doté de solides gardes fous. Seul un code éthique universellement accepté serait capable de l’humaniser, d’en réduire la brutalité et d’éviter les courts-circuits qu’il déclenche.

Posté par Bernard Esambert, le 30/12/08 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 décembre 2008
Mauvaises pratiques
081223-Entreprise.jpg Certaines entreprises réussissent là où d’autres échouent. Les raisons ? Elles tiennent souvent à des erreurs que les uns arrivent à éviter et les autres pas. D’où l’idée de ces 16 Commandements.   Les 16 Commandements pour planter à coup sûr une Entreprise
  1. Penser d'abord à soi.
  2. Raisonner pour économiser des impôts
  3. Pratiquer le Népotisme ou sa variante, « la gouvernance des copains ».
  4. Faire toute confiance aux Experts.
  5. Suivre à la lettre la Bourse et les conseils des Analystes  Financiers.
  6. Préférer le développement, même sans marge, pour obtenir plus tard une position forte.
  7. Développer le chiffre d’affaire  et négliger la valeur ajoutée.
  8. Raisonner en coût marginal.
  9. Ne suivre les coûts salariaux qu’en BBS.
  10. Fixer des Bonus Maximum.
  11. Pratiquer des augmentations de salaires non individualisées.
  12. Rechercher ou même accepter des subventions publiques.
  13. Raisonner en BFR (Besoin de Fonds de Roulement).
  14. Parler de « Partenaires sociaux ».
  15. Négliger l'Honnêteté intellectuelle et pratiquer la magouille (parfois appelée « creative accounting » ou en en Français  « comptabilité flatteuse »).
  16. Considérer la trésorerie comme une variable subalterne. 
Posté par Gérard Philippot, le 23/12/08 dans Développement - Economie - Entreprises | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 décembre 2008
Oui mais quand ?
081205-European_UnionBis.jpgSuite au post précédent... Tout le monde n’a pas le cran de Warren Buffett … ni sa patience … ni sa fortune. Des millions de gens n’ont donc pas envie de jouer la hausse tant que la baisse continue ou risque de reprendre d’un jour à l’autre. La question du quand est cruciale. Deux raisonnements s’affrontent.

Pour les uns, une hausse durable interviendrait sûrement si la confiance revenait. Comme cette approche est de nature psychologique, l’action (et  le verbe) politique pourrait être efficace.

  

Pour les autres, le problème n’est pas psychologique mais statistique. Les institutions surendettées sont prêtes à vendre n’importe quoi à n’importe quel prix. Tant que l’ardoise ne sera pas complètement épongée, le pessimisme restera justifié.

Comme il y a sans doute du vrai dans les deux raisonnements des accès de confiance provoquant des hausses et des accès de désendettement provoquant des baisses risquent d’alterner pendant assez longtemps. Conclusion : les placements à court terme restent dangereux mais le « Buy European » (voir ci-dessous) est valable pour quiconque est raisonnablement sûr que son placement peut rester immobilisé pendant plusieurs années.
Posté par Marc Ullmann, le 07/12/08 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 décembre 2008
Buy European
081205-European_Union.jpgWarren Buffett, l’homme le plus riche du monde, a accumulé sa fortune en agissant à contre mode et en se méfiant des grandioses théories. C’est pour cela, sans doute, qu’on l’appelle « l’oracle ».

Que dit « l’oracle » ? Il dit qu’il ne sait pas si les cours de bourse vont monter ou baisser dans le proche avenir mais qu’il est certain qu’à long terme les actions, aujourd’hui dépréciées, vaudront beaucoup plus cher. « Les mauvaises nouvelles, écrit-il, sont les meilleures amies de l’investisseur. Elles lui permettent d’acheter au rabais une tranche d’avenir ». Et de préciser qu’il investissait maintenant en actions d’entreprises américaines l’argent qu’il avait mis en bons du Trésor.

Le raisonnement semble impeccable mais s’il est valable pour les Etats-Unis pourquoi ne le serait-il pas pour l’Europe ? La chute des indices boursiers est comparable. A taille égale, les profits des entreprises sont comparables. On pourrait même ajouter que l’Europe n’a pas des millions de gens qui ont perdu leur maison ou vu leur retraite amputée. Et donc qu’à crise bancaire égale, la charge y est moins lourde.
Posté par Marc Ullmann, le 05/12/08 dans Economie - Entreprises - Europe - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 décembre 2008
Natif Vs. immigrant de la Toile
081201-GoogleMicrosoft.jpgAlors que Microsoft peine à définir une stratégie "gagnante" sur Internet, le leadership de Google est toujours incontestable. Quand la première tente, après l’échec du rachat de Yahoo !, de prendre pied sur la toile, elle acquiert JellyFish, un comparateur de prix !

Pendant ce temps, son navigateur Chrome est à peine sorti, que Google lance son nouveau projet  « O3b Networks » dont l’objectif est d’offrir un accès Internet par satellite pour les pays émergents soit une population de 3 milliards de personnes. Coût du projet ? 700 millions de dollars, soit à peine plus d’1/100ème de ce que Microsoft était prêt à débourser pour racheter Yahoo. 

Pure philanthropie du géant de la Silicon Valley ? Loin de là. Pour Google, le calcul est simple : plus d’internautes = plus de recettes publicitaires.  

Google agit comme un natif de l’Internet alors que Microsoft, venu du pays des logiciels, apparaît encore comme un immigrant sur la toile.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 01/12/08 dans Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 novembre 2008
Le défi allemand
081120-DefiAllemand.jpg« Le défi américain » écrit par Jean-Jacques Servan-Schreiber a été, en 1967, un immense best seller. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il reposait partiellement sur une idée fausse. Selon J.-J. S.-S., les Etats-Unis, grâce à leurs investissements à l’étranger, étaient en passe de conquérir le monde. Il négligeait le fait que cette conquête avait son envers. Les entreprises américaines créaient des emplois ailleurs que dans leur pays d’origine où des pans entiers de l’industrie tendaient à disparaître.

A l’époque, la Grande Bretagne suivait la mode américaine tandis que la France avait l’insigne bonheur d’avoir des chefs d’entreprise qui, à l’échelle du monde, étaient des provinciaux. Ces « gagne petits » ne voyaient pas où ils pourraient investir hormis dans leurs propres usines. Du coup, la croissance économique française était presque le double de la croissance économique anglaise 

Depuis la fin des années 70, les « grands patrons » français, issus, pour la plupart, des « grandes écoles » françaises, ont cru bon de « voir grand » : ils consacrent l’essentiel des profits de leurs entreprises à des investissements à l’étranger 

Seuls les Allemands ont résisté à la mode. Leurs entreprises industrielles exportent des produits plutôt que des capitaux. Ils privilégient les délocalisations, notamment en Europe Centrale qui, pour l’essentiel, n’affectent pas leur cœur de métier.  

Les raisons du décalage sont multiples mais l’une d’entre elles – et sans doute pas la moins importante – tient au recrutement des dirigeants d’entreprises. En Allemagne, ce sont des techniciens plutôt que des financiers. Ils viennent « de l’intérieur de la boîte » au lieu d’être parachutés.

Posté par Marc Ullmann, le 20/11/08 dans Economie - Entreprises | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 novembre 2008
Où ira l’argent du Moyen Orient ?
081104-Argent.jpgLes pays producteurs de pétrole au Moyen Orient ont bâti des « fonds souverains » qui disposent d’immenses avoirs. On calcule, par exemple, que les sommes accumulées par celui d’Abou Dhabi (environ 1.200 milliards de dollars) suffiraient, aux cours actuels, à acheter de trois à quatre fois l’ensemble des entreprises du CAC40. Faut-il craindre un tel cataclysme ?

Probablement pas car les fonds souverains sont entre les mains de dirigeants locaux qui n’ont aucune envie de se brouiller avec les gouvernements des grands pays industriels. On peut donc imaginer qu’ils n’investiront que dans des entreprises qui, avec l’accord de leurs gouvernements nationaux, solliciteront leur concours. Encore faudra-t-il que ces entreprises paraissent suffisamment attrayantes. C’est, semble-t-il, le cas de General Electric aux Etats-Unis mais les perspectives restent limitées.

En Asie, c’est différent, les Moyen Orientaux ont, historiquement, moins peur d’être mal reçus et les Asiatiques ont un immense marché intérieur à développer. Cela préfigure à long terme un rapprochement entre les principales puissances d’Asie et du Moyen Orient. La Chine, dont la soif de pétrole est inextinguible, n’attend que cela !
Posté par Marc Ullmann, le 04/11/08 dans Entreprises - France - Moyen Orient | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 31 octobre 2008
Travail et bonheur
081031-TravailetBonheur.jpgBeaucoup de gens en ont marre d’être considérés comme des pions dans beaucoup d’entreprises et cherchent leur bonheur en dehors. Il n’en reste pas moins que d’autres gens aimeraient bien que l’entreprise leur serve de seconde famille. Comment opérer la réconciliation dans la diversité ?
Posté par Marc Ullmann, le 31/10/08 dans Entreprises - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 octobre 2008
Un monde différent pourrait s’ouvrir à nous
081029-Mondediff%E9rent.jpgLa crise est beaucoup plus que financière. De puissantes dynamiques de changement que le Club des Vigilants a repérées de longue date en constituent le soubassement. L’impératif de régler rapidement la crise financière et de tenter de limiter son impact économique va donner à ces dynamiques l’occasion de peser sur le cours des choses.

Le modèle actuellement dominant du capitalisme hyper-financier, centré sur le court terme et la recherche d’immenses profits pour les actionnaires, pourrait basculer vers des formes radicalement différentes. De nouveaux modes de gouvernance de la société, de l’économie et de l’entreprise peuvent émerger. L’auto-organisation d’un développement durable et celle de nouvelles formes de régulation mondiale vont sans doute s’accélérer. C’est dire qu’un monde différent pourrait s’ouvrir à nous. 

L’effondrement d’un système financier hyper-libéral et cancéreux ébranle les consensus de l’establishment politico-économique. On nationalise ici et là. On parle d’un retour de l’Etat. Il ne faut pas voir cela comme une nouvelle phase de l’affrontement entre fondamentalistes libéraux et idéologues du dirigisme ni comme une revanche de ces derniers. Une tendance s’affirme depuis plusieurs décennies qui favorise l’émergence (dans les familles, les associations, certaines entreprises, des municipalités) de nouvelles formes de gouvernance plus avisées. Elles intègrent une prise de conscience de la complexité et des effets de système. Elles cherchent à combiner un maximum d’auto-organisation et d’autorégulation (de marché) avec ce qu’il faut d’interventions régulantes, pointues et avisées. Depuis quelques semaines, tout l’establishment a le mot « système » à la bouche : il prend ses distances avec une causalité simpliste. 

La dimension morale prend une importance croissante dans l’intelligence collective des populations du monde. A l’intérieur de chaque pays et sur la planète, les riches paraissent trop riches et les pauvres trop pauvres. Les inégalités sont trop visibles. Les gains exagérés et injustifiés provoquent un sursaut moral. Il pèse déjà sur le cours des choses. 

Depuis des décennies, la préoccupation écologique restait cantonnée dans des milieux de militants. Puis tout a changé. L’intelligence collective des populations de la terre a pris  conscience (au cours des trois ou quatre dernières années) de la gravité de la menace écologique et climatique : les comportements de consommation et de vie ont commencé à bouger ; et les sondages montrent que les menaces environnementales sont devenues la préoccupation dominante de 45 à 66% des Européens de l’Ouest et de 70% des Chinois. La proportion des Américains qui partagent cette opinion a plus que doublé en cinq ans et approche 40% (Pew Research). Cet énorme mouvement va nous faire basculer d'un capitalisme qui exploite la nature vers un capitalisme qui invente une nouvelle alliance avec elle. 

Depuis plus de dix ans, les sociologues nous alertent sur le fossé qui se creuse entre, d’une part, de grandes entreprises (voraces, hiérarchiques, bureaucratiques et stressantes) et, de l’autre, leurs personnels, leurs cadres et plus généralement la société des gens. Les personnels d’entreprises en proportion croissante (notamment parmi les jeunes) supportent de plus en plus difficilement ces formes de management. Les dirigeants se multiplient qui sentent la menace de désenchantement voire de clash et sont à la recherche d’une nouvelle efficacité managériale et stratégique par l’épanouissement humain. 

Depuis le début de ce siècle, le statut politique et moral mondial des Etats-Unis n’a cessé de décliner. Le modèle occidental de gouvernance perd de son prestige. La domination de l’Occident sur le monde touche à sa fin. L’effondrement de la finance américaine accélère ces mouvements. Les instances de régulation qui vont émerger ne pourront pas exclure de nouveaux participants.

Les enquêtes auprès d’entreprises et de dirigeants que mènent actuellement le Club mettent en lumière une tendance plus récente qui pourrait peser fortement en direction d’un capitalisme moins centré sur le profit à court terme. Des dirigeants d’entreprises prennent conscience que leur champ stratégique de concurrence subit un bouleversement radical et qu’il va falloir se réinventer pour répondre à ce défi. D’autres s’aperçoivent que le développement durable recèle des opportunités majeures de vitalité à terme. Les uns et les autres réalisent que leur défi majeur, dans le contexte actuel, devient de faire en sorte que leur entreprise soit dans dix ans pleine de vitalité.

Posté par Alain de Vulpian, le 29/10/08 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 septembre 2008
Rémunération des patrons : le logiciel est implacable
080901-SalairesdesPatrons.jpgIl y longtemps que l’on n’a pas parlé des altitudes atteintes par les responsables du CAC 40. Que l’on se rassure, cela reviendra et l’on constatera que hors Stock options, Golden parachutes,... de nouveaux sommets seront franchis de façon inéluctable. Pourquoi ?

Le phénomène est d’une grande simplicité. Un nouveau patron est nommé à la tête d’un grand groupe.  Le Comité des rémunérations (ou des mandataires) s’adresse à un cabinet de Conseil (il y en a cinq  ou six dans ce domaine) qui comme des confrères tiennent à jour la grille des salaires des responsables du CAC 40. Le nouveau patron, prometteur par définition, ne peut entrer dans le bas du tableau. On le situera dans le "first tier" du haut. Mais ce faisant il va décaler toute la grille vers le haut : point moyen, médiane, centre du first tier, du last tier (peu fréquenté) ce qui, lors du prochain examen annuel de la rémunération des autres dirigeants, va entraîner une augmentation générale des salaires jusqu’au moment où un nouvel arrivant va à son tour provoquer l’ascension de la grille. Et ceci quelle que soit la santé de ces grandes entreprises, les fondamentaux, la conjoncture mondiale...

Et c’est ainsi que votre fille est muette...

Posté par Bernard Esambert, le 01/09/08 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 août 2008
France frileuse
080819-FranceFrileuse.jpgDe nombreuses entreprises françaises ont adhéré au concept de l’Intelligence Economique mais la plupart d’entre elles privilégient l’aspect sécuritaire de cette discipline au détriment de son aspect offensif.

Il est, certes, important de protéger ses actifs, et plus particulièrement son patrimoine de connaissances et de compétences mais il est tout aussi important (et peut-être plus) d’accroître ses capacités concurrentielles afin de gagner des parts de marché au niveau mondial.  

Les spécialistes en I.E savent comment des entreprises américaines et asiatiques se servent de l’outil pour améliorer leurs performances. Ils regrettent que beaucoup d’entreprises européennes, et spécialement françaises, fassent preuve de frilosité.

Posté par Robert Guillaumot, le 19/08/08 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 août 2008
"Mismanagement" à la française
080713-Mismanagement.jpg« Dès mon jour d’embauche, j’aurais dû me méfier. Dans le hall, un énorme tableau avec un non moins gigantesque sourire. Devant, trois hôtesses d’accueil qui faisaient la gueule. Un premier signe.

S’ensuit le traditionnel parcours du nouvel embauché. Jusqu’à la remise du badge qui ouvre les portes et la cantine. Et là, deuxième choc : inscrit dessus les trois commandements de la filiale française de cette grande entreprise américaine : Tu n’es pas arrogant ; tu n’es pas le nombril du monde ; tu dois sourire en permanence. Un autre signe. 

Premier client. Rendez-vous à 10h. J’arrive un quart d’heure en avance. Mes collègues, plus anciens, trois quarts d’heure après. Règle n°1 : toujours arriver en retard. Explication de texte : quand on est leader, on ne doit surtout pas montrer au client que l’on a besoin de lui.

Premier marché conclu : champagne, petits fours, félicitations du chef. Le paradis.

Règle n° 2 : le paradis est un mirage ; l’enfer une réalité. Insidieusement, tout commence à dériver. Les marchés remportés se fêtent moins. On vous fait comprendre qu’on aurait pu obtenir plus. Lors des déplacements, les hôtels se font moins agréables et les chambres individuelles passent à la trappe. En raison du décalage horaire, on organise, de plus en plus, des conférences téléphoniques à 1 h du matin et, preuve d’abnégation, le travail doit se poursuivre le week-end... 

Arrive un drame personnel : le décès de ma mère. Le jour des obsèques, je suis appelée 17 fois pour des détails. Je craque. Démission. »

Cette jeune "ingénieure d’affaires" exerce, depuis, ses compétences ailleurs. Quelque temps plus tard, un grand groupe du CAC 40, las de l’arrogance de cette filiale française d’un groupe américain, exige de traiter directement avec la maison mère et obtient gain de cause. Cette perte de confiance n’a pas échappé au siège aux Etats-Unis. Et la sanction de tomber : c’est le management qui a du plier bagage pour cause de "mismanagement".

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 01/08/08 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 mai 2008
Microsoft et le complexe Internet
080523-Microsoft-Yahoo.jpgMicrosoft a toujours eu un complexe vis-à-vis d’Internet  De supériorité d’abord en pensant ni plus ni moins créer un réseau concurrent (MSN) totalement propriétaire. Jusqu’à ce que Bill Gates décide, en 1996, de prendre le virage en intégrant Internet dans tous ses produits.

Depuis, Microsoft semble subir un complexe d’infériorité. Depuis 12 ans, il cherche à devenir le leader d’Internet et n’y parvient pas. MSN est devenu un portail Internet particulièrement prisé par les adolescents du monde entier pour ses fonctions de messagerie instantanée. Mais rien n’y fait : il reste en 3ème position derrière Yahoo! et l’indétrônable Google.

D’où l’idée, (pour l’instant ?) abandonnée, de racheter Yahoo! afin de cumuler les audiences et de passer en tête. Sauf qu’en 12 ans, les start-up sont devenues hors de prix. Au point de se demander si mettre près de 50 Milliards de dollars dans un portail qui ressemble furieusement à une – belle - coquille vide est bien raisonnable. D’autant que quelques signes semblent montrer que l’avenir de l’Internet ne passera pas nécessairement par des sites portail (le chiffre d’affaire de Google généré par les recettes publicitaires est par exemple en baisse pour la première fois de sa courte histoire). 

Qui sera le leader d’Internet dans les prochaines années et avec quel service ? C’est peut-être "La question" que devrait se poser Microsoft. Sans complexe.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 23/05/08 dans Entreprises - Innovation - Technologie - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 mai 2008
Court et long terme des entreprises
080521-CTetLT.jpgLa vie des entreprises traverse une mue significative tant elle est désormais influencée par les fonds d’investissements anciens (Pensions Funds, Mutual Funds, …) et nouveaux (innombrables fonds qui se sont créés au cours de ces dernières années en raison de l’afflux de liquidités, fonds souverains …). Les managers, de plus en plus soumis à ces actionnaires inédits et prédominants se focalisent sur le serrage de boulons et la profitabilité à court terme. Certains dirigeants d’entreprises du CAC 40 ont toute la journée les yeux fixés sur un écran qui leur donne l’écume de leur cours de bourse.

Les opérations financières susceptibles de donner de plus belles couleurs à leurs titres (rachat d’actions, effets d’annonce, etc.) deviennent coutumières. La sphère financière, que plus personne ne contrôle réellement, s’emballe périodiquement au rythme de bulles et de crises de plus en plus fréquentes. Celle des subprimes n’est probablement pas la dernière. 

Parallèlement de nouvelles préoccupations apparaissent au travers de vagues d’intelligence collective, la plus structurante étant, bien entendu, la déferlante écologique et climatique. Les recherches de terrain, menées notamment par Alain de Vulpian, indiquent aussi un changement d’orientation de certaines entreprises vers une gouvernance plus participative et vivante, utilisant mieux les énergies latentes. Enfin, le besoin d’une moralisation du libéralisme économique, formidable moyen qui ne peut s’affranchir de garde-fous, se fait sentir un peu partout dans le monde avec un sursaut moral à l’encontre des enrichissements indus et des écarts de connaissance et de richesse. 

Rien de nouveau sous le soleil si l’on se souvient que l’Eglise, avec le recul d’un siècle de pensée sociale, reconnaît le profit à condition qu’il soit la récompense d’un service rendu aux travailleurs ainsi qu’à la communauté dont l’entreprise satisfait les besoins. L’Ancien Testament, se démarquant de l’Egypte ancienne, nous dit également que si la volonté de Dieu permet aux hommes d’asservir la nature, c’est à condition de ne pas traiter leurs semblables comme de simples outils, comme des esclaves. Chaque être humain doit pouvoir acquérir tout le savoir dont il est capable, sans domaine réservé à des élites. Bref, responsabilité et dignité sont les compagnons plus ou moins virtuels de l’Homme depuis près de trois millénaires. 

Aujourd’hui, on oublie trop souvent que, derrière les objectifs économiques et financiers des entreprises, il y a des êtres humains avec leurs ambitions, leurs rêves et leurs problèmes. Comment donc faire en sorte qu’un capitalisme plus humain et une gouvernance plus avisée se mettent en place par confrontation positive des forces et des impératifs en présence ?  

La réponse est simple : il faut impérativement changer d’horizon et passer du court au long terme. C’est à cette condition que la Recherche-développement et l’innovation, essentielles au développement des affaires, retrouveront leurs lettres de noblesse ; que l’on pourra réserver des espaces de liberté au talent et à l’imagination, alimenter la réflexion sur des pilotages plus subtils, créer de la flexibilité et du ressort collectif. 

Le Club des Vigilants est prêt à ouvrir un chantier sur ce thème. N’hésitez pas à nous rejoindre si vous partagez, au moins partiellement, ce schéma de pensée et aidez-nous à faire en sorte qu’un jour les personnes morales que sont les entreprises méritent davantage ce titre.

Posté par Bernard Esambert, le 21/05/08 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 avril 2008
Secrets mal gardés
080423-Ordinateur.jpgL’information a été rendue publique le 15 avril : Petrobras a bien découvert au large des côtes brésiliennes, à hauteur de Santos, dans le champ Jupiter, une réserve pétrolière immense, nom de code « Carioca » considérée comme étant la 3ème plus importante jamais découverte depuis l’origine de l’exploitation pétrolière Cette information hautement stratégique en raison de tout ce qu’elle implique pour le Brésil et son indépendance énergétique, comme pour ses rapports avec les grandes compagnies pétrolières mondiales désireuses d’obtenir des permis d’exploitation, était détenue, sans qu’ils le sachent, par des petits voleurs ordinaires. En dérobant pour les revendre quatre ordinateurs portables et leurs disques durs à l’arrivée d’un container destiné à Petrobras le 25 janvier dernier au port de Rio de Janeiro, ces « larrons » sans envergure ont réalisé au grand jour ce que des puissants auraient rêvé de faire en sous-main. Il ne s’agit pas de susciter des vocations, mais plutôt d’inciter à prendre plus de précautions que celles prises par Petrobras pour protéger des biens dont la propriété le dépasse.
Posté par Robert Guillaumot, le 23/04/08 dans Amérique Latine - Energie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 avril 2008
Esprit d’œuvre
080408-Capitalisme1.jpgLa vulnérabilité d’un capitalisme centré sur la finance et le court terme éclate au grand jour. La crise risque d’être grave mais aura du bon si, dans le cadre de l’économie de marché, elle incite à repenser la notion d’entreprise, à réhabiliter le concept de « communauté de personnes ». Il s’agit de transformer une « main d’œuvre » démotivée en équipes animées d’esprit d’œuvre. Dans la mesure de ses moyens, le Club s’efforcera de contribuer au nécessaire débat.
Posté par Bernard Esambert, le 08/04/08 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 mars 2008
L'humanité ne mange que des plantes malades
080306-Knock.jpgCe titre, qui fait froid dans le dos, est une citation de Claude et Lydia Bourguignon, dont Le Monde, daté du 27 février, publie un portrait passionnant.

Ces deux chercheurs ne cessent d’analyser la terre, sur tous les continents, et leurs diagnostics sont de plus en plus alarmistes. Si le titre de ce billet donne un reflet évocateur de leurs positions, ces deux francs-tireurs dressent un tableau sévère de toute la profession. A commencer par l’INRA, leur précédent employeur. Ils ont proposé à l’Institut National de la Recherche Agronomique une méthode de mesure de l’activité microbienne des sols (étalon de la mesure de la « fertilité » d’une terre). L’institut a refusé. Ce qui leur a fait dire « les microbes, contrairement aux engrais, travaillent gratuitement ».

Pour eux la filière agricole est loin du travail de la terre, mais est devenu la science « de la gestion des pathologies végétales ».

Quand ils évoquent les jeunes générations, c’est pour dire qu’ils n’auront pas la chance de manger soin, et parlent d’une perte de « capital ».

Visiblement, ils ont dans le collimateur les industriels de la terre, qui font de manière intégrée, les analyses des sols, vendent les engrais, les pesticides puis les médicaments …

Je ne sais pas pourquoi, cela m’a fait penser à Knock de Jules Romain. Je me suis dit que c’est comme si Knock avait réussi dans le business et faisait les diagnostics de ses clients (n’oublions pas que « Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent »), et administrait les médicaments produits par « Knock et Companies ». Médicaments qui rendraient réellement malade le client (au départ bien portant), … induisant le recours à ses services devenus … incontournables.

Bien évidemment, il ne peut en être ainsi. Il existe nécessairement des garde-fous que je ne connais pas. Mais le fait même que je formule cette comparaison est révélateur d’une perte de confiance !

Posté par Jérôme Bondu, le 06/03/08 dans Agriculture - Entreprises - Santé | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 février 2008
Le goût d’entreprendre

080229-Entrepreneur.jpgBill Gates, qui a créé son entreprise à l’âge de 20 ans, va prendre sa retraite. Il a 52 ans. 95 % de sa colossale fortune - 59 milliards de dollars (Forbes, septembre 2007) ! – vont à sa fondation de lutte contre le sida. Il s’est gardé, pour sa part, 5 % et va léguer 50 millions à ses enfants. Suffisamment  pour qu’ils puissent réaliser tout ce qu’ils veulent faire, mais pas assez pour ne rien faire.

En cela, il marche sur les pas de Warren Buffet pour qui le capitalisme d’héritiers est le plus sûr fossoyeur du goût d’entreprendre. La capacité de ses entrepreneurs à rebattre les cartes patrimoniales et à favoriser la création au détriment de la rente constitue, sans aucun doute, la grande force de l’Amérique.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/02/08 dans Entreprises - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 février 2008
Le nucléaire ne peut relever que de l’Etat
080207-Nucleaire-Blog.jpgLe nucléaire, tant civil que militaire est au cœur de l’actualité. Et il n’a pas fallu longtemps au Président de la République pour constater que le nucléaire joue, dans le monde, un rôle particulier et qu’en détenir les clés constitue un argument politique de première importance.

La France est présente et crédible dans tout le nucléaire, aussi bien civil que militaire.Je ne dirai rien du nucléaire militaire. De par la Constitution, le Président de la République, chef des armées, est le seul à pouvoir en disposer.Mon propos ne concerne que le nucléaire civil. 

Dans ce domaine, la France occupe une position exceptionnelle grâce à l’existence de trois organismes qui, depuis 50 ans et plus, accumulent une expérience et des réalisations sans équivalent. Ces trois organismes sont le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Electricité de France (EDF) et Areva, lui-même résultant de l’intégration de Cogéma (Areva NC) et Framatome (Areva NP). 

A eux trois, EDF, CEA, Areva couvrent la panoplie complète du nucléaire civil, depuis la R§D effectuée largement au CEA jusqu’à la production d’électricité effectuée dans des conditions excellentes par EDF. Le maillon Areva se situe entre les deux, intervenant depuis l’extraction du minerai d’uranium jusqu’au retraitement des combustibles brûlés dans les réacteurs, en passant par toutes les étapes de l’enrichissement, de la fabrication des combustibles des réacteurs, de la conception des réacteurs, de la fabrication de leurs composants et de leur construction. Sans oublier, naturellement, les aspects commerciaux, financiers, etc. 

Tout ceci représente une énorme industrie qui, il faut le souligner, a été montée intégralement sur les fonds de l’Etat. Personne autre que l’Etat n’aurait été capable de prendre les risques qu’impliquent tout ce qui a été fait. L’Etat dispose donc là d’un capital intellectuel et matériel impossible à évaluer par les méthodes capitalistiques courantes et, en tout cas, hors de portée pour n’importe quelle entreprise privée, sauf à le recevoir en cadeau ! 

Dans la situation qui prévaut actuellement, le Président de la République est le responsable suprême de tout cet ensemble. L’Etat est en effet propriétaire du CEA et il détient une large majorité dans EDF et Areva. 

Lorsque le Président de la République parcourt le monde et offre les réalisations du nucléaire français à différents pays, il agit comme le chef de l’entreprise nucléaire et l’Etat assume naturellement les risques éventuels, techniques, financiers et politiques des opérations. 

Il ne faut pas oublier que l’industrie nucléaire a un statut particulier dans tous les pays du monde. La construction et l’exploitation d’installations nucléaires ne se font pas sur de simples initiatives privées, comme cela peut être le cas pour des centrales à gaz, au fioul ou au charbon. En nucléaire, les autorités de sûreté, toujours liées à l’Etat, autorisent, surveillent, interviennent souverainement tout au long de la construction et de la vie des installations. J

J’en conclus que l’organisation actuelle du nucléaire français, fruit d’un long passé et d’une grande expérience, est parfaitement adaptée à la demande mondiale.

Dans ces conditions, il serait bien difficile de comprendre les raisons pour lesquelles le Président, qui dispose d’un outil incomparable, si chèrement acquis aux frais du contribuable et si bien adapté aux projets politiques qu’il met en œuvre, déciderait de le démanteler pour y faire intervenir des entreprises privées hautement honorables mais qui n’ont pas de vocation particulière pour intervenir dans ce domaine si complexe, si spécialisé et si bardé de contraintes étatiques auxquelles il faut être rompu par une longue expérience. 

Rappelons comment se commande une installation nucléaire, une centrale électrique par exemple.L’électricien autorisé par son gouvernement lance un appel d’offres pour la partie nucléaire car c’est elle qui gouverne tout. Une fois ce choix effectué, l’électricien attend les spécifications qu’établit le constructeur nucléaire retenu pour pouvoir lancer les appels d’offres des sous ensembles : génie civil, centrale de secours, groupe turboalternateur, traitements des effluents, etc. L’électricien est le maître de son plan de cantonnement des lots de la centrale et il y tient beaucoup. 

Pour chacun des lots retenus par l’électricien, un appel d’offres a lieu qui met en concurrence plusieurs sociétés du même métier. Plusieurs sociétés de génie civil sont aptes à réaliser les bâtiments des installations nucléaires. Il en est de même pour les groupes turboalternateurs.Dans ce domaine précis, parler de « turbine nucléaire » est un abus de langage. Il n’y a rien de nucléaire dans une turbine de centrale nucléaire. Elle doit simplement être adaptée le mieux possible aux caractéristiques de la vapeur produite par le réacteur. 

Lorsque tout ceci est fait, l’électricien coordonne avec l’aide du constructeur nucléaire la réalisation de la centrale. On voit bien que les deux acteurs essentiels et incontournables sont le client et le constructeur nucléaire. Toute intervention d’un tiers ne peut que polluer le système et brouiller les cartes. 

Pour compléter ce point de vue, je reviens sur un point très particulier et très important, déjà mentionné précédemment. C’est le fait que l’acteur principal de ces dossiers est le Président de la République lui-même.

Qui peut se croire capable de limiter ou d’encadrer son action, lorsqu’il est par exemple en tête à tête avec un chef d’Etat étranger ? Ou le faire revenir sur une position prise sous prétexte que le risque encouru serait trop grand ? 

Non, je suis vraiment convaincu que le schéma français actuel est le mieux adapté possible à la situation. Et si Areva a des besoins de financement pour faire face aux programmes importants qui s’annoncent, il faut étudier et mettre en œuvre des procédures qui ne portent pas atteinte à la propriété et à la direction majoritaire de l’Etat dans ce domaine.

Jean-Claude Leny est ancien président de Framatome

Posté par Jean-Claude Leny, le 07/02/08 dans Energie - Entreprises - France | Commentaires (9) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 janvier 2008
La prochaine plus belle avenue du Net
080119-ChampsElysees.jpgChaque capitale dans le monde a sa plus belle avenue. Comme il se doit, c’est là qu’il y le plus de passage ; que les plus belles boutiques, alléchées par les retombées commerciales, s’installent à prix d’or. A Paris, ce sont les Champs Elysées,  à New York, la 5ème avenue, à Londres, Oxford Street... Une stratégie payante – les chiffres d’affaire en attestent.

Internet aussi a ses plus belles avenues et les grands acteurs du secteur sont sur la brèche. C’est à celui qui, à coup de millions sinon milliards de dollars, met la main sur l’avenue du moment. En octobre 2006, c’était Google qui a déboursé 1,65 milliards de dollars pour acquérir YouTube, 14ème  site le plus visité au monde et créé en février 2005. En octobre 2007, c’est Microsoft qui a acquis, à la barbe de l’ogre Google, 1,6 % de Facebook, site de socialisation, pour 240 millions de dollars, ce qui valorise la Start Up à près de 15 milliards de dollars ! Son trombinoscope numérique a connu une croissance hallucinante : en 6 mois, plus de 50 millions d’internautes se sont inscrits en y précisant pêle-mêle leur nom, sexe, âge, préférences politiques et religieuses, cursus scolaire, adresse email... le tout agrémenté d’une jolie photo. Or, l'enjeu principal des sites de socialisation est de capter les recettes publicitaires, avec des bandeaux sur mesure pour chaque internaute. Ce qui constitue le graal pour tout annonceur !

Du coup les appétits s’aiguisent. Aujourd’hui, rien ne permet de dire que le prochain site de socialisation "Hype" n’est pas déjà en gestation. Parions qu’une nouvelle bataille de titans opposera Google et Microsoft pour le contrôle la prochaine plus belle avenue du Net.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 19/01/08 dans Entreprises - Société - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 novembre 2007
iPhone : à peine commercialisé, déjà piraté
071129-iPhone.jpgLe dernier téléphone portable à la mode, l’iPhone d’Apple, était à peine sorti aux Etats-Unis qu’il était piraté. C’est un étudiant de 17 ans, George Hotz, qui, avec quelques potes, a mis 3 semaines pour faire sauter les deux verrous posés par le constructeur : l’obligation de s’enregistrer auprès d’Apple et de ne pourvoir utiliser son iPhone que sur le réseau sélectionné par le constructeur. Car Apple a innové en limitant pour chaque pays la vente de son fleuron à un seul opérateur.

Aux USA, c’est ATT a emporté le morceau. En France, Orange en lance la commercialisation aujourd'hui. En théorie, si vous n’êtes pas client d’Orange, vous aurez le choix entre quitter votre opérateur actuel ou vous passer d’iPhone. A moins qu’un George Hotz français émerge. Auquel cas, la juteuse opération qu’escomptait Orange pourrait se transformer en eau de boudin.

Apple, de son côté, pourra bien crier au voleur. Mais la pratique commerciale basée sur la raréfaction organisée d’un produit afin d’en augmenter artificiellement la valeur est un véritable pousse-au-crime. D'autant que c'est la première fois qu'un opérateur est tenu de céder une partie - tenue secrète - du prix d'un appareil à son constucteur.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/11/07 dans Entreprises - France - Technologie | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 novembre 2007
Le capitalisme à l’épreuve
071111-Capitalisme.jpgA la fin des années 60, le philosophe Raymond Ruyer a écrit un « éloge de la société de consommation ». Selon lui, une fracture nouvelle avait remplacé la traditionnelle lutte des classes. D’un côté, disait-il, sont rassemblés tous ceux qui, par leur travail, sont liés aux processus de fabrication et de vente : ouvriers, patrons et employés sont ici du même bord. De l’autre, il y a ceux, fonctionnaires, professeurs, juges, journalistes et observateurs en tout genre dont les activités se déploient dans un secteur que Ruyer qualifiait de « tertiaire non économique ».

L’énoncé de cette dichotomie séparant les « productifs » des « critiques » ne manquait pas de pertinence puisqu’à l’époque des « majorités silencieuses » on rejetait les valeurs de la « contre-culture ». Richard Nixon, aux Etats-Unis, a été porté par cette vague et tous les candidats aux législatives américaines de 1970 ont eu l’œil rivé sur la fameuse « Dame de Dayton » dont l’avantage était d’être moyenne en tout. Connaître la Dame de Dayton (Ohio) équivalait à un certificat de sagesse politique permettant de ne pas glisser sur la pente des idées brillantes mais électoralement vouées à l’échec. Que disait donc l’oracle ? Elle disait simplement qu’elle en avait assez de voir les intellectuels cracher sur ce qu’elle affectionnait. Pour reprendre le langage de Ruyer, elle assimilait les gens du « Tertiaire non économique » à ceux que Proudhon décrivait comme occupant les « charges et sinécures ». Les entrepreneurs, selon Proudhon, contribuaient à la création de richesses alors que la bourgeoisie de robe se contentait d’en vivre.  

Un tiers de siècle est passé et la « majorité silencieuse » ne voit plus les entrepreneurs d’un œil aussi bienveillant. La financiarisation de l’économie, la rapidité des bouleversements technologiques, la peur des délocalisations, le spectre des OPA, l’individualisation des carrières, le stress du travail contraint ont brisé ce qui pouvait faire l’unité des « productifs ». En France, près des trois quarts des salariés pensent que leur intérêt propre et celui de l’entreprise divergent. Aux Etats-Unis, des enquêtes sur l’ « Involvement » des salariés dans un certain nombre de grandes entreprises aboutissent à des résultats moins désastreux mais néanmoins alarmants.  

Dans les circonstances actuelles, est-il possible de recoudre le tissu social ? Les optimistes diront que la montée en puissance des préoccupations écologiques remet à la mode certaines valeurs prônées jadis par les tenants de la « contre-culture » dont les dirigeants d’entreprise devront tôt ou tard tenir compte. Les pessimistes répliqueront que l’hyper concurrence mondialisée ne permet pas aux dirigeants d’entreprise d’accomplir des efforts suffisants pour tirer parti des réservoirs d’énergie de leur personnel. Pourtant, faute d’esprit d’équipe et d’objectifs partagés, les grandes entreprises risquent de perdre toute légitimité. Le défi est grand pour le capitalisme. Sa capacité d’adaptation va être mise à l’épreuve.

Posté par Marc Ullmann, le 11/11/07 dans Economie - Entreprises - Environnement - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 novembre 2007
Sauras-tu garder un secret ?...
071101-Google-CapGemini.jpgL'annonce du partenariat entre le géant de l'information Google et Cap Gemini pour proposer à toute entreprise de bénéficier d'outils bureautiques et de messagerie collaborative pour 50 dollars par utilisateur et par an a surpris. Avec les solutions classiques, le coût informatique par poste utilisateur est généralement de 6 à 10 fois plus élevé, car il est nécessaire d'acquérir des outils antivirus et antispam, des licences bureautiques, des solutions de sauvegarde et de couvrir des coûts annexes.

Attention ! Toutes les données de l'entreprise transitent et sont stockées sur les serveurs de Google, hors du territoire. Le géant de l'information a une politique incertaine concernant sa capacité à analyser les données qui lui sont confiées, et une durée de rétention des informations (même après effacement officiel) indéfinie. Ce qui est plutôt inquiétant lorsque l’on traite des informations sensibles.

Les cabinets d'analyse tels que Gartner sont formels : d'ici à une dizaine d'années, la notion de vie privée et de secret sera très atténuée. En cause ? L’existence de gigantesques bases d'informations personnelles et sensibles que l’on peut croiser entre elles. L'introduction massive de traceurs radio (RFID) dans nos biens de consommation courante, vêtements et cartes de fidélité ou bancaires est d'ores et déjà effective, souvent à l'insu du consommateur. La centralisation de toutes ces données est préoccupante notamment en cas de vol et d’utilisation malveillante des données.

Il ne se passe pas de semaine sans qu’un tel fait advienne.

Compte tenu des enjeux et de la forte valeur ajoutée de toutes ces informations, l'attrait du gain augmente et les attaques sont désormais effectuées par des professionnels organisés. Il convient donc d'être extrêmement prudent lorsque l'on accepte de confier ses données personnelles ou d'entreprise à un tiers. Une fois qu'elles ont été dérobées ou divulguées, le mal est fait.

Posté par Bruno Kerouanton, le 01/11/07 dans Economie - Entreprises - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 octobre 2007
Les incorruptibles n’existent pas
071025-Corruption.jpgSelon la dernière enquête de PwC, parue dans la Tribune du 17 octobre,  43% des 5400 entreprises interrogées dans 40 pays se disent victime de fraude. Au total, la criminalité économique déclarée aurait engendré 3,1 milliards d’euros de pertes. Le coût moyen de la fraude par entreprise est de 1,6 millions d’euros. La perte est sèche dans 62% des cas. La fraude est constituée de détournement d’actifs (33%), contrefaçon (15%), et corruption (13%).


La France est mauvais élève. Pour l'ONG Transparency International, notre pays stagne dans sa lutte contre la corruption, et siège à la 19ème place sur 90 pays dans son classement de perception de la corruption. Ainsi, selon Roger Lenglet (1), auteur de « Profession Corrupteur », la corruption coûterait 30 milliards d’euros à la France, soit ¾ du déficit annuel de l’Etat.

Qui en sont les auteurs ?


Parmi les métiers qui usent sans vergogne de ces pratiques illégales, il place au premier rang le lobbying - « le lobbying sans la corruption, ce n’est plus rien » affirme-t-il -, les agences de renseignements ou de sécurité privées.

Respecté et admis aux Etats-Unis, le lobbying n’a cessé de renvoyer une image pour le moins sulfureuse en particulier en France.  L’activisme des cabinets de lobbying, dans les années 80 et 90, pour minimiser des scandales sanitaires comme celui de l’amiante n’y est sans aucun doute pas étranger. Mais les dérives de certains ne doivent en aucun cas occulter l’importance d’un lobbying plus "positif" notamment à Bruxelles où la France est nettement sous représentée. Car la corruption ne plonge pas ses racines dans une profession (lobbying ou autre) mais bien dans un état d’esprit. Et c’est cet état d’esprit qui doit être modifié avec des moyens appropriés.

Que faire contre la corruption ?


Roger Lenglet explore quelques pistes :


- Promouvoir le rôle des militants associatifs qui mettent leur nez partout et fouillent avec opiniâtreté jusqu’à dénicher des « affaires ».
- Renforcer la loi, avec par exemple la proposition de l’association Anticor (2) consistant à rendre inéligible à vie tout décideur politique qui aurait été jugé coupable de corruption, et d’interdire, pendant une certaine durée, tout marché public à toute entreprise corruptrice.
- Accélérer l’adoption par la France de la Convention de Mérida (2005) qui s’attaque à la corruption des agents publics étrangers et comporte tout un arsenal préventif et répressif à l’échelle internationale.

Ces solutions, concrètes et raisonnables,  sont entre les mains des législateurs ! Sans doute ceux-là mêmes qui sont la cible des corrupteurs !

Mais ce n’est pas si simple.


Eva Joly, ancien juge d’instruction au pôle financier, rappelle, dans Télérama du 26 octobre 2007, les liaisons dangereuses que la France entretient avec certains pays africains dont elle soutient les dirigeants corrompus au nom des intérêts économiques de ses entreprises. Elle déplore plus généralement la complaisance "française" avec les malversations financières.

Rue89 confirme et renchérit : « les moyens consacrés à la grande délinquance financière n'ont cessé de diminuer. Baisse d'effectifs dans les brigades spécialisées, pressions diverses sur les juges du pôle financier et enfin cette déclaration étonnante du président de la République devant les patrons du Medef, le 30 août dernier: "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme". »

Comme le dit Roger Lenglet « les incorruptibles seraient exceptionnels » !


Sources :

(1) On pourra lire avec intérêt la biographie de Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation. Son parcours est très intéressant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Lenglet

(2) Anticor, association à laquelle appartient Roger Lenglet et le juge Eric Halphen, et présidé par Séverine Tessier http://anticor.wordpress.com/

Posté par Jérôme Bondu, le 25/10/07 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2007
Improductif malaise

070920-Malaise.jpgLes Français aiment le travail. Toutes les enquêtes internationales le montrent. Il compte même plus dans leur vie que dans la plupart des autres pays développés. Paradoxalement, c’est en France que le taux de satisfaction au travail est le plus faible. Plus alarmant encore, à la question des entreprises où il est agréable de travailler, dans la plupart des pays, les premières places sont largement occupées par des firmes nationales.

Pas en France, où le haut du tableau du "bon vivre" affiche surtout des filiales d'entreprises étrangères. Pourtant, le lien entre satisfaction au travail, productivité et innovation est avéré. A contrario, l’insatisfaction débouche sur une moindre implication au travail, un manque d’initiative, un déficit d’innovation et... in fine un faible dynamisme économique et une croissance en berne.

Pour Edmund Phelps, professeur d'économie à l'université Columbia, Prix Nobel d'économie en 2006, la performance économique ne se résume pas à la productivité. Elle s'apprécie aussi et peut-être même surtout, à ses yeux, par les taux de participation et d'emploi et la satisfaction au travail ainsi que par le degré d'engagement des salariés dans leur emploi. Or, le marasme économique européen, français en particulier, proviendrait, selon lui, d'une relation déplorable au travail et à l'innovation.

Aux Etats-Unis, le bien-être au travail est devenu une des préoccupations centrales des entreprises. Certes, la peur des procès pour harcèlement moral tout autant que le coût du mal être – ce sont les entreprises qui payent la couverture santé de leurs employés – y est pour quelque chose. Mais pas seulement. La reconnaissance de la satisfaction au travail comme facteur de productivité, d’innovation et d'attachement à l'entreprise est maintenant largement admise. Il en est de même au Canada et dans les pays nordiques. Mais rien de tel ne semble s’esquisser en France. En cause ? Un management d’entreprise marqué par des hiérarchies pesantes qui musèlent l’initiative, entravent la coopération, brident l’innovation et qui... lorsque le malaise devient trop fort fait appel à un sous-traitant : la sécurité sociale.

Posté par Evelyne Bertin, le 20/09/07 dans Economie - Entreprises - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 septembre 2007
Une nationalisation rampante

070905-GDFSUEZ.jpgLa fusion annoncée entre GDF et Suez attire les foudres des syndicats et de certains partis politiques au motif que cette fusion ne serait que la privatisation de GDF.
La réalité économique est tout autre et il s'agit en fait d'une nationalisation rampante de Suez. M. Fillon lui même a déclaré sur les ondes que le pourcentage consolidé de l'Etat dans le nouvel ensemble sera de 40 %, bien supérieur à la minorité de blocage.

Tout le monde sait bien qu'en détenant 40 % du capital d'une entreprise, le reste étant très dilué, on y fait la loi. Il est, dès lors, peu probable que les autorités belges voient d'un bon œil leurs centrales nucléaires passer sous contrôle d'un Etat étranger. Heureusement pour la France, il n'y a actuellement plus de gouvernement belge. Mais si, comme cela est fort possible, les Flamands l'emportent outre-Quiévain, les lendemains risquent d'être difficiles.

Quoi qu'il en soit, cette affaire aura vu se renier autant M. Sarkozy que M. Mestrallet, le premier oubliant qu'il s'était engagé à ce que l'Etat ne descende jamais en dessous de 70 % dans GDF, le second ayant déclaré très récemment qu'il n'accepterait pas une cession des activités environnement de Suez. Et de nous expliquer qu'un "spin off" n'est pas une cession stricto sensu ; soyons sérieux...Tout cela ne renforce pas la crédibilité dans les élites politiques et économiques et c'est bien dommage en ces temps dits de "rupture".

Posté par Michel Chevet, le 05/09/07 dans Energie - Entreprises - Environnement - Europe - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 juillet 2007
Bush n’a pas toujours tort

070730-Bush.jpgLe monde a accumulé tellement de raisons de se méfier de Bush que, même lorsqu’il dit des choses sensées, on doute de sa bonne foi. Cela vaut pour son refus de s’engager sur des « objectifs » de réduction d’émission de Co2. Il a soutenu – et qui pourrait, sur ce point, lui donner tort ? – que les objectifs ne signifient rien si l’on ne se donne pas les moyens de les atteindre.

Son insistance à mettre l’accent sur les moyens n’a rien d’illégitime et les Européens ne devraient pas sous estimer la capacité américaine à promouvoir le changement.
D’ores et déjà, les entreprises, qui s’efforçaient d’éviter que le gouvernement fixe des règles contraignantes, ont changé de stratégie. A force de voir des Etats et des villes prendre des dispositions de plus en plus disparates, elles en arrivent à souhaiter qu’un prix unique soit fixé au niveau national. Les choses peuvent aller vite : si, en Amérique les pollueurs craignent de payer trop cher, les investissements dans la recherche augmenteront fortement. Et, si la recherche débouchait sur d’importantes innovations, les Etats-Unis seraient les premiers à vouloir fixer des « objectifs ».

Posté par Marc Ullmann, le 28/07/07 dans Entreprises - Environnement - Technologie - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 juillet 2007
La crise Galileo

070726-Galileo.jpgL’UE a décidé en 2002 d’entreprendre le projet de localisation par satellite Galileo pour assurer son indépendance dans un domaine sensible. Elle a, cependant, eu l’idée absurde de prévoir le financement par un consortium privé dépourvu de maître d’oeuvre. Il était impossible que cela fonctionne.

La Commission, ayant finalement compris où réside le fond des choses, a proposé que l’U.E, en tant que telle, finance l’affaire dont la facture est estimée à 3,5 milliards d’euros pour 5 ans. L’Agence spatiale européenne agirait alors en tant que maître d’œuvre. Le Conseil européen des ministres des transports du 7 juin 2007 a accepté le principe mais décidé de reporter la décision en octobre. En réalité, il existe deux obstacles :

- Certains Etats qui, au fond, sont opposés au projet, comme le Royaume-Uni, rejettent le financement communautaire.

- D’autres, comme l’Allemagne, ne veulent pas du mode de financement habituel à l’U.E reposant sur le choix du moins-disant, mais exigent une clé de répartition dite « juste retour » où chaque Etat reçoit exactement pour ses contrats industriels la somme qu’il a versée au programme (par exemple, proportionnelle au PIB).

Sous ces apparences financières se cache un fait majeur : l’Europe n’a pas de gouvernement digne de ce nom et les nations tirent à hue et à dia.
Les personnes qui s’occupent du dossier sont néanmoins assez optimistes pour espérer une décision d’ici la fin de l’année.

Posté par Jacques Blamont, le 26/07/07 dans Economie - Entreprises - Europe - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 juillet 2007
Botnets : guerre virtuelle, risque réel

070723-botnet.jpgIl n'y a pas que le monde réel à subir des conflits armés. L'attaque de grande ampleur, en mai dernier, visant à perturber et à paralyser une importante proportion des sites Internet gouvernementaux et privés estoniens en apporte la preuve. Cela sonnait comme une mise en garde. Cela ressemblait à des grandes manœuvres. L'OTAN et la Commission Européenne s'en sont inquiétés.

Les armes de destruction presque massive, utilisées dans ces nouveaux conflits, sont appelées « botnets », ce qui signifie réseaux de robots. La prise de contrôle furtive de centaines de milliers de PC reliés à Internet à l'insu de leurs utilisateurs (particuliers, entreprises, voire parfois gouvernements !) permet alors aux attaquants de mener à bien leurs actions, chaque ordinateur sous contrôle (le « bot ») étant alors programmé pour lancer l'attaque vers une cible précise à un moment donné. L'analogie avec le monde réel pourrait être celle de batteries de centaines de milliers de missiles répartis dans le monde et télécommandées vers des cibles précises.

Ces armées de PC appartiennent souvent à des particuliers qui ignorent que leur ordinateur est sous contrôle de cybercriminels, pour l'envoi de spams ou la préparation d'attaques. Or, il est très difficile de responsabiliser l'ensemble des internautes à ce sujet. Ce qui laisse le champ libre aux terroristes informatiques. Des parades existent. Des actions coordonnées entre les polices de différents pays peuvent s’avérer efficaces dans la traque des réseaux de robots sous contrôle. L'opération Rot Boast du FBI, la semaine dernière, a ainsi permis la découverte d'un réseau d'un million de PC sous contrôle : http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel07/botnet061307.htm.

La cybercriminalité se nourrit, la plupart du temps, de l’"insécurité" des ordinateurs de particuliers et de l'"inexpertise" de leurs utilisateurs. Face à ce risque, les gouvernements sont alors impuissants. Sans aller jusqu'à imaginer un « permis à points » de l'internaute, l'utilisateur doit être sensibilisé. Le Passeport Internet et Multimédia proposé par le gouvernement : http://delegation.internet.gouv.fr/pim/index.htm est, en ce sens, une bonne initiative. Il faut aller plus loin. Ce qui permettra à la France de perdre sa place de numéro 1 mondial de PCs sous contrôle.

Posté par Bruno Kerouanton, le 23/07/07 dans Communication - Entreprises - France - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juillet 2007
Des fonds de pension conquérants

070712-Bell.jpgEn ce début du mois de Juillet, quelques entrefilets dans la presse canadienne sur un événement qui, ici, ne surprend pas outre mesure. Il s’agit de la prise de contrôle amicale de l’opérateur historique des télécoms BELL pour un montant de l’ordre de 52 milliards de $c.

Les acquéreurs ont pour chef de file et leader de l’opération la Caisse de retraite des professeurs de l’Ontario. Quand on entend sur les ondes françaises les hommes politiques de tout bord délirer sentencieusement sur les possibles vertus de fonds de pension à la française, comme on dit en québécois à Venise, on se gondole ... sachant qu’il faudrait au moins 3/4 de siècle pour approcher le niveau actuel des modestes fonds canadiens.

Posté par Philippe Nahon, le 12/07/07 dans Amérique du Nord - Economie - Entreprises | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 juillet 2007
Peurs utiles et exigences compétentes

070703-Cri.jpg Le rétablissement de la « valeur travail » ne pourra être mené à bien sans que soient rapprochées, conciliées et cultivées les peurs utiles des dirigeants et les exigences compétentes des jeunes entrants dans le monde de l’entreprise.

Tel qu’il fonctionne aujourd’hui, le monde de l’entreprise sépare et souvent oppose les générations de travailleurs. D’un côté les dirigeants qui font face aux risques de la mondialisation et sont contraints au génie visionnaire pour préserver le fonctionnement de leurs groupes, départements, services. De l’autre, de jeunes entrants pour qui le travail est devenu un fragment de la vie qui doit leur apporter épanouissement personnel, ressources financières et si possible plaisir intellectuel. D’un côté une peur qui paralyse, de l’autre une exigence envahissante.

Trois questions se posent au vigilant : Comment les peurs peuvent-elles devenir utiles ? Comment les exigences peuvent-elles devenir compétentes ? Quelle solution-clé pourrait rendre ces deux attitudes conciliables et productives ?

Une peur devient utile lorsque l’on trouve les moyens de la rendre partageable. Si ce n’est pas le cas, elle reste une angoisse individuelle qui masque la difficulté et ne trouve pas de voies de solution hors de celles que peut apporter le dirigeant. Partager une peur, c’est l’intégrer à la vision que l’on a d’une situation. Stratégiquement, cela consiste à la transformer en objectif. Par exemple : la peur de voir le service public de transport en commun démantelé et privatisé devrait aboutir à la définition et au développement d’un service à valeur humaine ajoutée, que seuls les établissements publics pourraient développer étant donné l’importance, la qualification et l’exigence de leur main d’œuvre.

Une exigence devient compétente à partir du moment où ses critères sont formulés, conscients et qu’ils participent à une réussite professionnelle. Les jeunes entrants dans l’entreprise arrivent avec plus de moyens d’attendre des choses que de moyens pour réussir à les obtenir. Il manque à leurs attentes un degré de vision suffisant de ce que peut produire leur travail au sein de l’entreprise. Rendre une exigence compétente, c’est l’intégrer visiblement comme une contribution positive à la vision de l’entreprise. Stratégiquement, cela consiste à la transformer en ressource. Par exemple, l’exigence des jeunes à s’épanouir dans l’exercice quotidien de leur métier devrait aboutir à la définition et au développement de parcours professionnels qui valorisent la réussite personnelle dans le travail : comme un serveur de fast-food qui s’impliquerait dans le rôle de médiateur naturel du restaurant dans lequel il travaille au sein d’une cité difficile.

Une solution-clé (key-solution) repose dans la manière dont sont vécus les rapports d’autorité. Comme l’évoquait H. Serieyx lors de son intervention au Club des Vigilants, l’autorité d’un manager est reconnue par les jeunes à condition qu’il soit crédible sur trois points au moins : a) sa compétence professionnelle, b) sa capacité à reconnaître ceux qui travaillent avec lui, c) sa capacité à transmettre son savoir, ses inquiétudes, ses intuitions. En un mot, le manager se doit d’exceller dans l’art d’asseoir sa fonction sur un partage efficace de sa vision, des moyens et des rôles. Cela consiste à transformer l’autorité en méthode.

Il s’agirait donc de donner les moyens aux jeunes d’avoir une vision, même fragmentaire de ce que produit leur travail. Ceci leur permettant d’acquérir peu à peu la conviction et la motivation de travailler sur un projet partagé, d’obtenir au quotidien une reconnaissance suffisamment circonstanciée pour être perçue, et enfin d’accéder à sa compétence personnelle plus rapidement par un exercice moins systématique et plus systémique.

Transformer les peurs en objectifs, les exigences en ressources et l’autorité en méthode, c’est préparer le monde de l’entreprise à développer la « valeur travail » à partir de ce qu’elle doit aujourd’hui produire le plus : une valeur humaine ajoutée faite de vécus enrichis et enrichissants.

Posté par Guillaume Demuth, le 03/07/07 dans Emploi - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 juin 2007
Résilience américaine

070623-wall-street.jpgLe marché américain est vaste. L’économie est diversifiée et les fusibles y sont nombreux. Les crises ont donc tendance à se diluer au lieu de s’additionner. On le constate actuellement avec l’immobilier. La baisse des prix se répercute sur la construction mais le secteur du BTP, qui représente 18 % d’une économie espagnole devenue subitement fragile, ne compte que pour moins de 10 % de l’économie américaine.

Côté hypothèques, le système financier américain procède à une répartition des risques. Sa sophistication est telle que les créances passent de main en main. Le marché procède ainsi à une segmentation des crédits qui limite le nombre de ceux qui, en bout de chaîne, seront poussés à la faillite. Cela explique sans doute le fait que, malgré le malheur de quelques uns, la confiance des consommateurs considérés dans leur ensemble, ne flanche pas.

Il est vrai qu’il peut exister des effets de seuil et qu’à partir d’un certain niveau, les fusibles ne fonctionnent plus. Mais attention ! Le jour où les fusibles ne fonctionneraient plus aux Etats-Unis, c’est le monde entier qui entrerait en crise.

Posté par Marc Ullmann, le 23/06/07 dans Economie - Entreprises - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 juin 2007
Voir loin mais agir vite

070618-CO2.jpgPour réduire les émissions de CO2, l’idéal serait d’inventer des énergies qui ne seraient pas polluantes. Au mieux, ce sera pour après demain.
Pour demain, les recherches semblent prometteuses en ce qui concerne la captation de ce fichu CO2. Au Japon, aux Etats-Unis, en France et sans doute ailleurs, on teste des cristaux qui, avec des compositions diverses, pourraient absorber toutes sortes de polluants.

Pour aujourd’hui, cependant, rien de tel que les économies. C’est du ressort de chacun d’entre nous. C’est aussi, et peut-être surtout, du ressort des entreprises. Le dernier rapport du « groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat » souligne tout particulièrement l’importance de l’habitat. Si, entre maintenant et 2030, le parc immobilier était renouvelé de façon cohérente, « 30 % des émissions pourraient être évitées avec un bénéfice économique ». Pour Bouygues et bien d’autres entreprises du BTP, le chantier est immense.

Posté par Marc Ullmann, le 18/06/07 dans Entreprises - Environnement - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 juin 2007
De Pouchkine à Poutine

070601-Poutine.jpg« Tout est à moi a dit l’Or.
Tout est à moi a dit l’Acier.
J’achète tout a dit l’Or.
Je prends tout a dit l’Acier ».

Sous Eltsine, l’Or avait tout acheté, les ministres étaient aux ordres des oligarques.

Sous Poutine, des anciens du KGB ont voulu tout reprendre mais le président a fixé des règles : l’Or ne serait pas confisqué ; il serait mis au service de l’Acier. La plupart des oligarques ont compris. Khodorkovsky, lui, a voulu « faire le malin »*. Inculpé pour fraude fiscale, il croupit maintenant dans un bagne. Son empire pétrolier, vendu aux enchères, est progressivement racheté par des entreprises d’Etat, lesquelles sont dirigées … par les maîtres de l’Acier.

* "On raconte qu’à l’époque où il dirigeait encore Ioukos, Khodorkovsky, lors d’une réunion au Kremlin, aurait eu l’audace de dire à Poutine que ses ministres étaient corrompus. Le Président, d’une voix glaciale, lui aurait répondu : « Qui les achète ? ». "

Posté par Marc Ullmann, le 01/06/07 dans Economie - Entreprises - Russie - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 mai 2007
Les jeunes et l’entreprise : inadéquations et remèdes

Serieyx.jpgHervé Serieyx qui tient les deux bouts de la chaîne en tant qu’entrepreneur et ancien délégué interministériel à l’insertion des jeunes, est intervenu mardi 12 juin, sur le thème : « Les jeunes et l’entreprise : inadéquations et remèdes ».

En plus de quarante ans d’un parcours professionnel qui aurait nécessité, à certains plusieurs vies, Hervé Serieyx a été, tour à tour, responsable d'entreprises grandes, moyennes et petites, dans l'Administration, l'Université, le monde associatif, les collectivités locales et les organisations politiques. Plus de quarante années qu’il sillonne aussi les cinq continents, dans la diversité des cultures de la planète.

De cette immense expérience, il tire un constat qu’il qualifie lui-même de « gigantesque » lieu commun mais qu’il revendique fortement : les véritables performances - intellectuelles, économiques, sociales, politiques… - d'une société dépendent de la qualité des personnes, de leur engagement, de leur capacités collectives et donc, finalement, de la force du projet qui les réunit.

Secrétaire Général d'un département de Thomson-Houston (1962-1965), il devient, de 1965 à 1981, consultant du Cabinet Eurequip puis, de 1982 à 1985, Directeur Général Adjoint du Groupe LESIEUR. En 1986, il est nommé Président Directeur Général d'EUREQUIP et de GMV Conseil.

En 1991, c’est l’enseignement qui l’attire. Professeur associé à Paris VIII (1991-1994), Hervé Serieyx est, simultanément et jusqu’en 1997, Vice Président de l'Institut Européen du Leadership. Enseignant à l'Institut Européen des Affaires (Président du Conseil Pédagogique de l'I.E.A.), au collège des Ingénieurs (Professeur depuis 1986), à l'Ecole des Mines, il a été aussi maître de conférences à l'Ecole Nationale d'Administration (E.N.A.) de 1996 à 1999. Il a en outre présidé, de 1987 à 1996, le Conseil d'Administration de l'Institut Régional d'Administration de Lille.
Conseiller du Commerce Extérieur de 1978 à 1998, Hervé Serieyx a été également Délégué Interministériel à l'Insertion des Jeunes (1997-1998).

En 1999, retour au métier de consultant. Président Directeur Général du Groupe Quaternaire et de GMV Conseil (1999-2003), Hervé Serieyx devient membre de la section "Activités productives" du Conseil Economique et Social (2004-2005) et, de 2005 à 2007, Président de la Fédération Française des Groupements d'Employeurs.

Sa vie a tout autant été jalonnée par les livres. Il en a écrit vingt dont Mobiliser l'intelligence de l'entreprise (Entreprise Moderne Edition, 1982), L'entreprise du troisième type (avec G. Archier, Editions du Seuil, 1984), Prix Harvard - l'Expansion et Prix de la Fondation HEC (1984), Changer le travail pour gagner son temps (avec G. Rolland, La Documentation Française, 1996), Quand la Chine va au marché (avec P. Le Corre, Editions Maxima, 1998), Reprenons la Bastille - le modèle de société au cœur de l'emploi (avec A. Renaud-Coulon, Editions Village Mondial, 1999), Est-ce que le Manage…ment ? (Les éditions d'organisation, 2001), Les jeunes et l'entreprise, noces ambiguës (Eyrolles société, 2002) ou encore Coup de gueule en urgence - alerte sur notre contrat social (Eyrolles, 2004).

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 26/05/07 dans Emploi - Entreprises - France - L'invité du mois - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 avril 2007
Réseaux sans fil (encore) en danger

070413-wifi-logo.jpgL'article scientifique publié le 1er avril dernier par trois chercheurs de l'université de Darmstadt aurait pu passer pour une mauvaise plaisanterie avec son intitulé percutant : "Breaking 104 bit WEP in less than 60 seconds", si la communauté des experts en Sécurité des Systèmes d'Information n'avait pas ensuite confirmé que cette nouvelle n'était pas un canular, mais bel et bien une trouvaille mettant en péril la majorité des réseaux dotés d'un accès sans fil Wi-Fi.

Depuis près de 6 ans maintenant, les nombreuses failles de sécurité qui ont été mises en évidence autour de la technologie d'accès aux réseaux sans-fils Wi-Fi avaient inquiété les spécialistes, mais l'essor du nomadisme informatique tout comme son succès à grande échelle avaient fait oublier ces craintes.

Les liaisons Wi-Fi possèdent différents mécanismes de sécurité permettant de chiffrer les données, cependant le mécanisme par défaut - baptisé WEP - n'offre qu'une sécurité illusoire. Jusqu'à présent, quelques heures suffisaient pour qu'une personne malveillante ne casse le mécanisme de chiffrement WEP pour s'introduire sur les réseaux Wi-Fi à sa portée. Pour ceux et celles qui s'estimaient encore en sécurité avec WEP, cette étude scientifique démontre le contraire car il est désormais possible de s'introduire illégalement sur un réseau Wi-Fi utilisant n'importe quelle version de WEP (même la plus "sécurisée", soit 128 bits) en environ une minute, avec les conséquences que l'on est en mesure d'imaginer.

Heureusement, les révélations des experts ont amené depuis quelques années les industriels à améliorer leurs gammes de produits sans-fil Wi-Fi, en y intégrant un nouveau système sécurisé baptisé "WPA " qui corrige la majorité des défauts de son prédécesseur. La solution permettant un accès en Wi-Fi sécurisé existe donc bel et bien de nos jours, encore faut-il la mettre en oeuvre ! Aujourd'hui, la quasi-totalité des réseaux Wi-Fi en fonctionnement est vulnérable à ce type d'attaque.

D'une part, peu d'utilisateurs sont au courant du problème, et ne savent pas comment effectuer la correction. D'autre part, un certain nombre de constructeurs n'ont pas encore corrigé leurs produits et continuent à vendre des équipements Wi-Fi non équipés de ce nouveau mécanisme "WPA". Enfin, le rôle d'information des vendeurs et professionnels des réseaux est encore insignifiant, et l'on trouve par exemple encore des centaines de milliers d'équipements Wi-Fi vendus ou prêtés (dans le cas des boitiers d'accès Internet) aux entreprises et particuliers sans que les mécanismes de sécurité WPA ne soient actifs.

Ceci est un bel exemple démontrant que l'évolution rapide des nouvelles technologies ainsi que leur mise à disposition auprès du public en hâte (pour répondre à une démande légitime) n'est pas toujours sans risque et engendre des problèmes qui doivent ensuite être corrigés tant bien que mal.

Document disponible sur : http://eprint.iacr.org/2007/120

Posté par Bruno Kerouanton, le 13/04/07 dans Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 avril 2007
Quand l’admiration s’en va …

070406-DrapeauUS.jpgLes Etats-Unis ont assis leur puissance en jouant sur deux registres : ils étaient à la fois forts et admirés. Aujourd’hui, la force subsiste mais l’admiration s’en va. Faute de modèle à admirer ailleurs, le monde se trouve déboussolé.

La science tourne encore à l’heure américaine mais, dans les autres domaines, adieu le soft power ! L’unilatéralisme a fait tellement de ravages à l’international que « l’Oncle Sam » a acquis la réputation d’être sourd, aveugle, quasiment autiste, incapable de comprendre et d’apprécier les ressorts et les motivations de ceux qui ont été nourris par d’autres cultures.

Même les pays amis de l’Amérique se mettent à critiquer ce que jusqu’alors ils se plaisaient à copier. La gouvernance des entreprises ne fait pas exception et le code moral, qui aux Etats-Unis régit les marchés financiers (Sarbanes – Oxley Act, etc.), semble plus lourd que nécessaire et moins efficace que prévu. Les conséquences sont lourdes : en 2000, 50% des introductions en bourse se faisaient en Amérique. Le chiffre est aujourd’hui de l’ordre de 5%.
Il n’y a pas de quoi se réjouir. Le monde a besoin de règles. Pour l’instant, aucune institution n’est à même d’en édicter. Quant à l’Europe, qui devrait être un phare, elle semble, aujourd’hui, en veilleuse.

Posté par Marc Ullmann, le 06/04/07 dans Entreprises - Europe - Géopolitique - Sciences - USA | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 mars 2007
Chinois gourmands mais pas pressés

070330--ChinaBank.jpgDeux chiffres méritent d’être rapprochés. En 2006, l’ensemble des fusions et acquisitions en Europe a mobilisé environ 1.500 milliards de dollars. A la même époque, les réserves de change accumulées par la Banque Nationale de Chine ont franchi le seuil des 1.000 milliards de dollars. Si elle l’avait voulu, la Banque de Chine aurait donc pu acheter les 2/3 de toutes les entreprises qui ont été vendues en Europe.

On calcule de la même façon, que le montant des réserves chinoises correspond à peu près à la capitalisation boursière des trois principales firmes américaines : Exxon Mobil, General Electric et Microsoft. De là à redouter une offensive sur les joyaux de couronne occidentale, il n’y a qu’un pas. A ne pas franchir.

Les Chinois nourrissent des rêves de revanche mais ne peuvent avoir envie d’asséner des coups qui, dans l’état actuel des choses, provoqueraient de sévères représailles. Leur puissance doit avancer masquée et leur emprise s’imposer pas à pas. Pas question, pour l’instant, d’attaquer, en Amérique et en Europe, les plus grosses entreprises. Mieux vaut conquérir des parts de marché en leur achetant des filiales. Mieux vaut surtout, avaler des entreprises moyennes à fort contenu technologique. En économie, comme à table, l’appétit vient en mangeant. Inutile d’être glouton.

Posté par Isabelle Pernot du Breuil, le 30/03/07 dans Asie - Chine - Economie - Entreprises | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 mars 2007
Guerre économique

070312-avocat.jpgLes cabinets d’avocats américains ont essaimé dans le monde entier et connaissent parfaitement les systèmes juridiques des pays où ils sont installés. Dans la conduite de leurs affaires, c’est un atout mais quand les rivalités deviennent nationales, cela peut être une arme.

Ainsi, les entreprises françaises les plus en vue au Moyen Orient (Total en première ligne mais aussi BNP, Peugeot, Renault et quelques autres) sont en bute à des attaques dont le bien-fondé ou le mal fondé éclatera après que la justice ait suivi son cours. C'est-à-dire quand les rumeurs et les vagues auront déjà fait mal.

Posté par Marc Lanval, le 12/03/07 dans Economie - Entreprises - France - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 mars 2007
Naissance d'un métier du futur ?

070306-M%E9tier%E0tisser.jpgLes dirigeants politiques de nos vieilles sociétés occidentales sont à la recherche d'idées pour utiliser la main d'œuvre dite "peu qualifiée" dans nos économies du futur à "haute valeur ajoutée". En France, par exemple, les experts du C.E.S. ont identifié que l'avenir appartiendra aux emplois de "totale proximité" car peu intéressants à délocaliser.

Nos économies développées n'ont plus besoin, en réalité, de l'énorme quantité de main-d'œuvre dont disposent nos sociétés post-industrielles. Les emplois à forte valeur ajoutée, à l'instar des emplois de pure production, sont eux aussi entrés dans une ère d'industrialisation et de mondialisation…

L'avenir, nous dit-on, est à s'occuper des gens, de leur bien-être, de leur petit bonheur et de leur petite santé ou de leurs vastes périodes de temps disponible, de leurs "distractions". Ce n'est pas vraiment le retour du "personnel de maison" mais plutôt l'arrivée du "service sur mesure à la personne".

Pourtant, la mondialisation actuelle a fait naître depuis quelques dizaines d'années, un nouveau secteur économique profitable et déjà largement investi par des entreprises multinationales. Ce secteur bénéficie largement de l'ouverture des frontières et de cette libéralisation des services qui a fait couler beaucoup d'encre en Europe, grâce aux propositions de Monsieur Bolkenstein.

Le "business model" de ce secteur est parfaitement au point et le savoir-faire requis est vieux comme le monde… Ce qui est favorable à son essor c'est précisément ce qui fait la spécificité de la mondialisation libérale actuelle : la suppression de l'éthique du champ de l'économie marchande, la liberté totale de penser et de faire au mépris de toute forme de règle commune, la résurgence d'un très ancien principe de réalité du monde qui sépare les humains entre les "loups" et les "agneaux", l'existence de moyens techniques incroyables aux yeux de nos pères qui font que nous ne sommes pas loin d'atteindre à l'ubiquité, du fait de la facilité et de la modicité du coût des transports ainsi que de l'explosion des moyens audiovisuels et de télécommunications à notre disposition.

Le secteur d'avenir qui pourra employer beaucoup de personnes, femmes, hommes et enfants indifféremment, et pour lequel le "marché potentiel" est immense et loin d'être saturé ?

C'est celui de la "traite des êtres humains" !

Nous croyons tous que l'esclavage est mort, aboli depuis longtemps. De temps en temps l'actualité nous plonge dans des faits divers que notre vieille morale occidentale, encore imprégnée de respect de l'être humain, a tendance, pour quelques temps encore, à réprouver.

Nos sociétés, qui se disent évoluées en terme de civilisation, ont mis des freins à l'avidité et à la cupidité naturelle des hommes en introduisant de "beaux concepts" comme le principe de l'existence de droits naturels de la personne humaine ou le mécanisme d'encadrement des relations du travail qui est un contrat entre un employeur (celui qui propose quelque chose à faire) et un employé (celui qui est prêt à faire et, souvent, sait faire)….

Asseyons-nous par la pensée et par commodité sur ces deux "beaux concepts" et pensons uniquement à gagner de l'argent. Il suffira de monter une "affaire" dans le secteur de la traite des êtres humains, le must étant le marché du sexe !

Ce secteur économique, dont les mécanismes assez secrets ne sont pas très connus du grand public ni des politiques, est en pleine expansion et utilise déjà toutes les ficelles que rend possibles l'économie mondialisée, libérale et "débridée".

Le processus international d'acceptation et de normalisation de cette activité est bien décrit dans l'ouvrage de Claudine Legardinier (Les trafics du sexe - Femmes et enfants marchandises) :

- 1995 : La conférence de Pékin sur les femmes introduit dans un texte international la notion acceptée de "prostitution forcée". Elle ouvre la voie à la libéralisation du système prostitutionnel, légitime le proxénétisme qui devient l'expression du "droit de vivre de ce commerce".

- 1998 : L'Organisation Internationale du Travail (O.I.T. ), instance de l'O.N.U., appelle à la reconnaissance de" l'industrie du sexe" et à l'élargissement du "bouclier fiscal" de cette activité au nom de la création d'emplois, du fait que ce "métier" est des plus lucratifs pour ceux qui le pratiquent ainsi que pour les gouvernements qui y trouvent un moyen facile d'accroître leur P.N.B. et de faciliter le respect de leurs engagements F.M.I. et Banque Mondiale,

- 2000 : La Commission des Droits de l'Homme de l'O.N.U. à Genève précise que la définition internationale du trafic des êtres humains doit exclure les "femmes professionnelles du sexe migrantes illégales", les mettant ainsi hors du champ d'application de tout droit international possible,

- 2001 : La Cour européenne de Justice accorde aux femmes originaires de l'Europe de l'Est le droit de "migrer pour travailler aux Pays-Bas dans "le métier de la prostitution" pour rejoindre "le secteur économique du sexe".

- 2002 : Une Chambre de Commerce en Allemagne autorise l'immigration d'une prostituée colombienne pour la seule raison de la "pénurie de main d'œuvre" dans ce secteur, instaurant une forme nouvelle d'immigration choisie.

Les institutions internationales ont fait ainsi le nid de ce business plein d'avenir.

Il existe d'ailleurs des preuves incontestables du succès financier des entreprises qui investissent dans ce secteur :

- En 2003, le Daily Planet, société de bordel de Melbourne en Australie, entre en bourse de manière éclatante.

- En 2005, l'Artémis, complexe commercial en grande surface équipé d'un bordel à "prix cassés", ouvre à Berlin. Nouvelle forme de "Mac Do" où les femmes sont les nouvelles marchandises en rayon acquises par des acheteurs spécialisés,

- Etc.…

Dans ce contexte, on peut penser que la Convention de 1949 pour " la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation commerciale de la prostitution d'autrui " qui considérait que " la traite organisée des êtres humains en vue de leur prostitution est incompatible avec la dignité et la valeur de la personne humaine " est passée aux oubliettes !

La France, dont la position officielle est clairement abolitionniste ne cherche pas vraiment à se faire entendre au niveau international. Les efforts "à la base" sont pourtant là mais les politiques pensent sans doute qu'il faut "laisser faire, laisser aller", qu'il faut être libéral, donc large d'esprit, et que, puisque cela est bon pour l'économie, cela est bon pour la société des gens.

Pourtant, un couple d'industriels français a voulu semer une graine de réflexion en créant la Fondation Scelles qui cherche à initier et piloter un processus européen et mondial de prise de conscience en nouant, en France, des liens avec les responsables de la Justice, de la Police, de l'Action Sociale et de l'Office des Migrations.

Le plus vieux métier du monde, passé de l'artisanat traditionnel à l'industrie capitaliste, deviendra-t-il l'un des métiers du futur et sera-t-il l'un de ceux qui auront un avenir florissant dans nos sociétés post-industrielles ?

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 07/03/07 dans Economie - Entreprises - Mondialisation - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 mars 2007
Emploi : passer de la confection au sur-mesure

En France, accéder à un Contrat à Durée Indéterminée (CDI) relève de l’exploit. Le parcours du combattant commence généralement par des stages qui ne sont que des succédanés d’emplois. Les élus enchaînent ensuite des Contrats à Durée Déterminée (CDD) qui ne correspondent ni à leurs désirs personnels, ni aux besoins des entreprises.

Les entreprises, chacun le sait, dépendent de leurs clients. Dans la plupart des secteurs, les clients passent des commandes. Ces commandes doivent être satisfaites. Il est probable mais pas certain que d’autres commandes suivront. Conclusion : il faut rendre légaux des Contrats de Mission dont la durée puisse correspondre concrètement à l’exécution d’un travail. Tout le monde y gagnerait. L’entreprise n’aurait pas à jongler avec des législations rigides ; elle pourrait faire du « sur-mesure ». Le salarié saurait à quoi il sert, il aurait « l’esprit d’œuvre » et toutes chances de rester dans l’entreprise puisque, dans la plupart des cas, des nouvelles commandes viennent prendre le relais des anciennes.

Une disposition allant dans ce sens permettrait d’éviter des mesures faussement novatrices comme le Contrat de Première Embauche (CPE) qui n’a pas vu le jour.

Posté par Jean-Pierre Legendre, le 02/03/07 dans Emploi - Entreprises - France - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 février 2007
PME de tous les pays, unissez-vous

070226-PME.jpgLe décalage est de plus en plus frappant entre les grandes entreprises multinationales et les PME qui constituent le tissu économique du pays. Les premières atteignent des taux de profits record et les secondes des taux de rentabilité extrêmement bas.

Ce décalage tient, pour une part, à l’écrasement des marges imposé par les premières aux secondes. Ainsi le profit remonte-t-il dans la sphère financière tandis que les patrons des PME et le personnel sont soumis à des contraintes de plus en plus fortes.

Cette coupure et cette opposition au sein du patronat est de plus en plus sensible et de plus en plus ressentie. A quand le nouveau syndicalisme patronal qui dirigera en priorité son action contre le capitalisme financier et non plus contre les syndicats de salariés.

Posté par François de Closets, le 26/02/07 dans Economie - Entreprises - France - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 février 2007
Jusqu’au ciel ?

070224-bourse_hausse.jpgQuand tous les spécialistes, tant en Europe qu’au Etats-Unis, estiment que la Bourse va continuer à monter en 2007, il faut peut-être commencer à se méfier.

Pour l’instant, les banquiers et autres gestionnaires de fortunes « surpondèrent » les actions dans l’éventail des placements. Leurs arguments ne manquent pas de poids : la croissance mondiale est au rendez-vous, les liquidités sont abondantes et les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés. Dans de nombreux secteurs, les carnets de commandes sont pleins et, à en croire un sondage réalisé dans 50 pays, 93 % des responsables de grandes entreprises tablent sur un accroissement du chiffre d’affaires.

L’opinion des experts résiste à la plupart des objections. La crise de l’immobilier américain ? Elle semble maîtrisable puisque les taux d’intérêt devraient rester relativement bas en raison des gains de productivité qui limitent l’inflation. Le déficit extérieur américain ? Ce n’est pas demain que les Asiatiques voudront pousser les Etats-Unis à devenir protectionnistes. Et puis, si le dollar baisse ce ne sera pas un drame pour les Américains vu que leurs actifs à l’étranger sont exprimés dans d’autres monnaies. La possibilité d’un embrasement au Moyen Orient ? La résilience de l’économie mondiale a fait ses preuves en ce qui concerne le prix du pétrole. Quant aux attentats terroristes, ils n’ont eu sur les Bourses aucun effet durable.

Tout cela est vrai mais nous vivons à une époque où l’émotivité publique peut se retourner brusquement. Bien malin celui qui peut prétendre savoir quand une peur en déclenchera d’autres.

Posté par Marc Lanval, le 24/02/07 dans Economie - Entreprises - Europe - Mondialisation - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 février 2007
Il reste d'importantes réserves de profitabilité…

070216-Profitabilit%E9.jpgEn France, depuis la seconde guerre mondiale, l'effort des entreprises a tout d'abord été axé sur la rationalisation des activités et sur la professionnalisation des employés. C'était l'époque où l'accent a été mis sur la manière de travailler et sur la manière de faire monter en compétences tous les acteurs. Des associations loi 1901, comme la Cégos, par exemple, on participé à cet effort national.

C'était l'époque triomphante des directions de l'organisation toutes puissantes.

Puis l'accent a été mis, sur l'apport de l'informatisation de ces nouvelles organisations optimisées en particulier pour toutes les tâches répétitives demandant un personnel affecté nombreux. Cela a nécessité de forts investissements en capital pour développer les grands systèmes informatiques comprenant une partie dure (le hardware ou matériel) et une partie molle (le software ou logiciel). Le R.O. I. ou taux de rentabilité interne de ces investissements était assez peu souvent calculé dans les faits étant donné l'évidence de l'économie de frais généraux que ces investissements apportaient.

Ce fut aussi l'époque du début de ce que les statisticiens appellent le chômage touchant des employés organisationellement optimisés mais structurellement trop nombreux. La vérité oblige à dire que l'efficacité en terme de dégraissage pour cette époque n'a pas été aussi grande que prévu car bien souvent les postes analysés comme étant à supprimer ne l'ont pas été en réalité, du fait de convenances particulières et de résistances syndicales voire politiques. Les entreprises, encore en période de croissance structurelle assez forte, pouvaient alors dégager des marges d'exploitation suffisamment confortables pour supporter cette "surcharge pondérale" dont l'automatisation leur auraient normalement permis de s'affranchir. Ceci est, par exemple, précisément le cas des administrations centrales de l'Etat dans lesquelles les investissements de rationalisation et de productivité réalisés depuis de nombreuses années n'ont pas encore permis une diminution observée du nombre réel des fonctionnaires.

C'était l'époque triomphante des directions de l'informatique toutes puissantes.

Depuis cette époque, l'accent a été mis, en particulier par l'ascension du pouvoir des bourses de valeur, sur la capacité des entreprises, en période de croissance molle et donc de faible évolution positive et naturelle de leur valorisation, à augmenter leur bénéfice net par unité de chiffre d'affaires réalisé. On constatait pour la première fois, en l'absence de période de crise économique avérée, la recherche de gisements de productivité dans les très grandes entreprises en impulsant des "cures d'amaigrissement" rendues possibles par les investissements de rationalisation effectués les années précédentes. Le deuxième levier de la montée du chômage s'est donc enclenché sur fond de saturation des marchés domestiques. La limite trouvée à cet exercice dans un pays à tradition sociale forte a été l'importance de la réglementation du droit du travail et des licenciements car le coût direct de ceux-ci étaient bien trop élevé par rapport à l'augmentation attendue de la profitabilité.

C'était l'époque triomphante des directions financières toutes puissantes.

Enfin, la mondialisation, non pas seulement des flux ou échanges marchands mais bien des "fonctions internes" des entreprises ainsi que le développement de la pratique des externalisations de certaines d'entre elles, a introduit la nécessité, pour continuer à faire progresser la profitabilité des entreprises cotées, de s'attaquer au socle de leurs fournisseurs traditionnels : les fournisseurs de biens et services et les salariés.

C'est l'époque triomphante, actuelle, des directions des achats toutes puissantes.

Leur action consiste maintenant à considérer que la part de valeur ajoutée qui est encore accordée aux ressources et aux produits ou services acquis définitivement ou momentanément par les entreprises doit diminuer pour se transformer en bénéfice net ou "bottom line". Pour atteindre cet objectif, le levier puissant d'une mise en concurrence nouvelle et agressive de tous les fournisseurs et sous-traitants des grandes entreprises a été actionné :

• définition d'un nouveau rapport de force affiché entre la grande entreprise donneuse d'ordre et ses sous-traitants habituels,
diminution drastique du nombre des fournisseurs petits et moyens, parfois dans un rapport de un à cent,
standardisation et banalisation des achats cherchant à éliminer toute originalité des offres naturelles des fournisseurs au profit d'un gabarit commun obligatoire plus propice à faire jouer une concurrence dure uniquement basée sur les coûts,
• protocoles de consultation par appel d'offres, des seuls fournisseurs agréés par les acheteurs, rédigés à la manière de la grande distribution,
• volonté de pratiquer à large échelle la technique dite des "enchères inversées " dont l'usage était historiquement limité, en France, à la seule vente des produits maraîchers de base dans le monde agricole…

On ne peut que remarquer, à cette occasion, que le tissu historique des P.M.E. françaises, jadis si abondant et varié, a commencé à se flétrir par diminution mécanique du nombre des acteurs. Quant aux acteurs restants, la diminution drastique de leurs marges disponibles qui est la conséquence obligée de ces nouvelles pratiques d'achat, ne peut les conduire qu'à un appauvrissement de leurs offres, à terme, par disparition lente mais inexorable de leur capacité à affecter une part significative de ces marges au budget de Recherche-Développement.

Au-delà de toutes ces actions déjà engagées dans les faits, il reste encore d'importantes réserves de profitabilité pour les entreprises qui sont liées aux statuts et contrats des personnels. Comme cette contrainte ne peut être levée que par une décision politique acceptée sans tumulte par les populations, en attendant, les entreprises se tournent vers" l'achat de salariés" à l'extérieur des territoires des pays historiquement développés sous forme de délocalisation dans des zones à très bas salaires. Même si le "coût complet" d'utilisation de telles externalisations reste parfois élevé, leur "coût direct" est si bas qu'il constitue un excellent moyen pour un acheteur de négocier non plus un contrat de travail avec une personne mais un achat de prestation de service avec un fournisseur, ce qui entre non plus dans la sphère de responsabilités des directions de ressources humaines mais dans celle des directions des achats. De plus en plus, le nombre des entreprises constituées d'une seule personne (EURL) qui vend ainsi son travail à une direction des achats dans un cadre contractuel qui relève du Code de Commerce et non plus du Code du Travail, augmente régulièrement. Ce phénomène donne souvent l'illusion statistique que l'économie crée beaucoup d'entreprises nouvelles alors que la réalité, les spécialistes de l'aide et du financement des entreprises nouvelles (Anvar, Venture Capital, etc.) se désespèrent toujours de trouver "de vrais dossiers d'entreprises nouvelles" à financer et ne savent que faire de sérieux avec les fonds qui leurs sont confiés, par exemple au titre des FCPI de défiscalisation.

Malgré ce panorama de situation, il est dans l'ordre des choses et du progrès des pratiques de l'économie moderne que, dès que ces contraintes réglementaires auront été levées ou fortement assouplies, on assiste à un nouvel essor de la profitabilité des grandes entreprises.

Les investissements passés et les nouvelles pratiques de productivité n'ont pas encore donné tout leur jus.

On peut parier que les bourses d'actions ne manqueront pas de saluer d'un coup de chapeau exceptionnel ces nouvelles opportunités.

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 16/02/07 dans Entreprises - Mondialisation - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 février 2007
Europe : la société de la connaissance s’éloigne

070209-Recherche.jpgFaire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010. C’était une des ambitions proclamées à Lisbonne en 2000. En 2002, des objectifs précis étaient fixés dont l’augmentation des dépenses en R&D à 3% du PIB communautaire et la formation de 700 000 chercheurs supplémentaires. Aujourd’hui, de l’avis même de la Commission européenne, on en est encore loin.

Au rythme actuel, l’Europe ratera, à coup sûr, l’objectif des 3 % et atteindrait, au mieux, 2,2 %. Soit la même part que la Chine qui n’en était qu’à 1,3 % en 2003 ! Et toujours bien loin des Etats-Unis. L’avenir en termes d’effectifs dans la recherche semble aussi sombre. 40 % à 55 % des universitaires ont, comme en France, en Autriche ou en Suède, plus de 55 ans. Il faut les remplacer. Aujourd’hui, deux phénomènes se conjuguent pour saper la compétitivité et l’attractivité de la maison Europe : le manque d’appétence des jeunes pour les filières scientifiques et l’incapacité de cette même Europe à offrir des carrières attractives aux jeunes chercheurs qui alimente la fuite des cerveaux.

D’ores et déjà, l'attractivité de l’Europe pour les activités de recherche fléchit. Entre 1997 et 2005, les dépenses de R&D effectuées par les entreprises de l’UE aux Etats-Unis ont augmenté beaucoup plus rapidement que celles effectuées par les entreprises américaines en Europe (54 % contre 38 %). La concurrence de la Chine et de l’Inde pour l’établissement de centres de recherche risque d’amplifier le mouvement. Et la société de la connaissance de s’éloigner encore... à moins d'un sursaut salutaire.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 09/02/07 dans Entreprises - Europe - Sciences - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 février 2007
Le monde selon Welch

Jack Welch a dirigé avec grand succès General Electric et a acquis une réputation de super manager. Maintenant, parmi les multiples occupations qui meublent sa retraite, il distille quelques conseils dans une chronique publiée dans Business Week. Selon lui, le personnel d’une entreprise peut être classé en trois catégories.

20 % ont de l’avenir, il faut les chouchouter, veiller à leur avancement, tout faire pour qu’ils restent. 10 % sont des poids morts, il faut essayer de les persuader gentiment qu’ils seraient plus à leur place ailleurs. Le reste, c'est-à-dire 70 % doivent être coachés, formés, filtrés afin de déceler ceux qui, finalement, rejoindront le top 20 ou tomberont dans le bottom 10.

Welch assure qu’il a toujours pratiqué cette évaluation sur une base annuelle et que cela a toujours donné des résultats concluants. Reste à savoir si cela marcherait en France et plus généralement en Europe où la mobilité est moins grande qu’au Etats-Unis. Là-bas, il n’y a pratiquement pas de formalités pour les licenciements. Les gens le savent et se mettent à chercher ailleurs dès qu’ils se sentent menacés. Ici, le risque existerait que ceux du bottom 10 s’accrochent et que ceux du top 20 soient les plus tentés par le grand large.

Posté par Marc Lanval, le 06/02/07 dans Emploi - Entreprises - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 février 2007
Sans industrie, pas d’avenir

070203-industrie.jpgLe « made in Germany » (hergestelt in Deutschland) se vend de mieux en mieux. En 2006, l’Allemagne a regagné ses galons de premier exportateur mondial et l’excédent de son commerce extérieur a dépassé 180 milliards d’euros. Par comparaison, la France fait pâle figure. Les pleurnicheries sur la baisse du dollar et la hausse de l’euro donnent à sourire.

Le décalage entre ces deux grandes économies européennes ne peut s’expliquer uniquement par des raisons conjoncturelles et par une inégale volonté de réforme. La vigueur de l’économie allemande s’inscrit dans la durée. Au lieu de suivre les modes et de changer constamment de priorités, l’Allemagne n’a jamais cessé de privilégier l’industrie ; elle a choisi de s’appuyer sur ses points forts et d’améliorer ce qu’elle savait déjà très bien faire.

Je me souviens, sans pouvoir en préciser exactement la date, d’une réunion au Club Jean Moulin où l’un des esprits les plus brillants de la haute administration française prétendait que la France allait très rapidement surpasser l’Allemagne parce qu’elle était en train de se spécialiser dans les « secteurs d’avenir » alors que l’industrie allemande restait engluée dans ses « activités traditionnelles ». L’homme était très savant mais son raisonnement sonnait faux. N’importe quel profane (même moi !) pouvait pressentir que les industries les plus classiques, si elles investissaient suffisamment en R&D, seraient en mesure de se moderniser et de bénéficier des apports des nouvelles technologies. De fait, les produits allemands, en particulier les biens d’équipements, n’ont jamais cessé de s’améliorer.

En France, les « grands projets » ont parfois été des grandes réussites mais l’argent dépensé a surtout profité aux grandes entreprises. Dans un rapport rédigé en 1993, l’association « Entreprise et progrès » notait que, de 1950 à 1991, « l’Allemagne a fait deux fois plus que la France pour ses petites et moyennes entreprises industrielles ». Logique que celles-ci se soient développées deux fois plus vite, qu’elles aient innové davantage et exporté en conséquence. En dépit de nombreux discours, la tendance, depuis 1993, ne s’est que légèrement infléchie. Encore heureux que les « activités traditionnelles », dans lesquelles la France excelle (par exemple les industries du luxe), n’aient pas été abandonnées. Merci Bernard Arnault. Tant mieux s’il a fait fortune.

Le progrès, en économie se fait rarement par saut. Lorsqu’un pays sous développé veut brûler les étapes, il y laisse généralement des plumes. Comme le disait un Japonais très sage : « Avant de s’acheter un chapeau haut de forme, il faut avoir des souliers ». La Chine, de ce point de vue, peut servir de modèle. Son socle industriel est solide, des étages successifs peuvent s’ajouter à ceux déjà posés. L’Inde, en revanche, commence à s’apercevoir qu’elle a trop misé sur les services et est en train d’infléchir sa politique en investissant massivement dans l’industrie.

Les pays riches où le coût du travail est élevé ne peuvent évidemment négliger les emplois « face à face » non délocalisables. L’industrie est, cependant, seule à même de relever certains défis d’avenir. C’est, par exemple, avec du matériel, et pas seulement du « software », qu’on pourra dépolluer.

Posté par Marc Ullmann, le 03/02/07 dans Economie - Entreprises - Europe - France | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 janvier 2007
Manipulations génétiques et horizons boursiers

070129-HausseBourse.jpgLes recherches sur les cellules souches s’intensifient. Les enjeux économiques sont énormes et l’équipe qui réussira à produire des cellules souches « éthiques », c’est-à-dire développées sans destruction d’embryons, gagnera, à coup sûr, le gros lot. Du coup les bidouillages à la Enron se multiplient.

Certes, il n’est pas question ici de manipulations comptables mais de tripatouillages de résultats scientifiques. L’objectif, cependant, reste le même : l’afflux des investisseurs et donc l’augmentation de la valeur des actions. Ce fut cet été le cas d’Advanced Cell Technology (ACT) dont l’action a quadruplé la veille de la publication dans Nature d’une avancée, annoncée comme majeure dans la production de cellules souches éthiques et démentie, depuis. ACT n'est pas à son premier coup d'essai. Déjà en 2001, une expérience "capitale" qui n'a jamais pu être reproduite, cinq ans plus tard, a été présentée par la même équipe. A multiplier les annonces bidons, les investisseurs dupés risquent de bouder, pour longtemps, un secteur dont les besoins en financement vont croissant.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/01/07 dans Economie - Entreprises - Génie Génétique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 janvier 2007
Normes respectées, sécurité mieux assurée

070118-Normes.jpgEn souhaitant se recentrer sur leurs métiers respectifs, les entreprises confient, de plus en plus, leur gestion et leur exploitation quotidienne à des prestataires extérieurs. Ceux-ci deviennent pour ainsi dire une extension des entreprises qui n'hésitent alors pas à leur confier leurs informations internes voire sensibles, nécessaires à l'exécution des contrats passés.

Le cadre juridique lors de l'établissement du partenariat met en place un certain nombre de garde-fous afin que le prestataire effectue au mieux le service demandé. Procédures qualité, indicateurs de qualité et de niveau de services, et autres clauses de confidentialité sont actées afin de rassurer le client quant au déroulement futur de la prestation.

Mais qu’en est-il dans la réalité ? Très souvent, ce sont le traitement et le stockage des informations sensibles et internes à l'entreprise qui posent un défi majeur. La criticité des données manipulées est rarement prise en compte. Du coup, un client peut retrouver ses données confidentielles dévoilées, par mégarde ou malveillance, sur Internet ou chez des concurrents. C’est la mésaventure qui est arrivée à la RATP. Des dizaines de milliers de fiches d'identité d'utilisateurs Navigo, se sont retrouvées, consultables librement, sur le Web.

Que faire ? Si l'adoption de procédures qualité est une habitude bien ancrée chez les fournisseurs, celle consistant à protéger les données de leurs clients ne semble pas, hélas, très répandue. Sensibilisation et conseils en ce sens seraient souhaitables. Des normes et des recommandations existent. Encore faut-il les mettre en application.

Posté par Bruno Kerouanton, le 18/01/07 dans Entreprises - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 décembre 2006
Ecologie et entreprises : du duel au duo

Lepage.jpgAvocate, ancien Ministre de l'environnement dans le gouvernement Juppé, Corinne Lepage est intervenue, mardi 09 janvier, sur le thème : "Ecologie et entreprises : du duel au duo". Pour les entreprises, externaliser les internalités coûtera, selon elle, de plus en plus cher. Produire « vert » rapportera de plus en plus gros. Les attentes sont grandes. Les opportunités aussi.

Avocate depuis 1975, Corinne Lepage s’est associée, dès 1978, à Christian Huglo. Ils fondent alors la SCP Huglo Lepage et associés en 1991. Membre du Barreau de Paris et de Bruxelles, elle a développé une activité de conseil et de contentieux auprès de collectivités publiques, d’entreprises et d’associations. L’environnement et le droit public sont ses domaines de prédilection. En matière d’environnement, elle privilégie le conseil en Écomanagement, audit d’environnement, études d’impact et de sûreté, sites pollués ; elle participe à de nombreuses opérations dans le domaine de l’eau, l’assainissement, les déchets, l’air, les sols, le nucléaire, l’urbanisme, les transports et l’aménagement urbain ; elle conçoit et réalise des procès internationaux (Amoco Cadiz, pollution du Rhin, pollution de la Méditerranée). Quant au droit public, Corinne Lepage privilégie les montages d’opérations d’économie mixte et de conseil aux collectivités locales comme aux entreprises (marchés publics, délégations de services publics). Depuis son retour en 1997, elle privilégie l’aspect communautaire du droit et s’investit dans des domaines nouveaux comme l’effet de serre ou les biotechnologies. Elle est avocate d’une association dans l’affaire du maïs transgénique et des communes et particuliers victimes de la marée noire dans l’Erika.

Ministre de l’environnement de mai 1995 à juin 1997, Corinne Lepage a souhaité mettre la politique d’environnement au cœur des politiques publiques. A ce titre, une stratégie du développement durable au niveau national a été établie. En tant que ministre, elle a participé et organisé de nombreuses réunions internationales (G7 environnement, préparation de la session spéciale de la CSD, élaboration de la stratégie nationale du développement durable présentée à New York en avril 1997).

Elle a développé l’écomanagement et une politique d’accords volontaires avec le monde industriel et mené une politique active de lutte contre les pollutions et les nuisances. Dans ce cadre, la lutte contre la pollution de l’air a été un des axes majeurs de sa politique.

Corinne Lepage enseigne dans de nombreuses écoles et universités et assure notamment un cours à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris sur le développement durable. Engagée dans l'action citoyenne, elle est présidente de CAP 21, du Cercle du Droit, de l’ANDD (Association Nationale des Docteurs en Droit) et vice-présidente d’Environnement sans frontières.

Elle a publié de nombreux ouvrages dont “ On ne peut rien faire, Madame le ministre ” (Albin Michel, 1997), “ Bien gérer l’environnement, une chance pour l’entreprise ” (Editions du Moniteur, 1999), “ les élections municipales en 1000 questions ” (Litec, 2000), “ La Politique de Précaution ” (PUF, 2001), “ Oser l’espérance ” (Editions Robert JAUZE, 2001) , « De l’écologie hors de l’imposture et de l’opportunisme » (Editions Raphaël, 2003)et « Et si c’était elle ? » (Editions Michalon, 2006)...

Corinne LEPAGE a également apporté sa contribution à de nombreux ouvrages tels que « Vers un espace maritime européen unique », (Bernard POIGNANT, Agora Europe, 2003) « Stop », (Laurent de Bartillat, Simon Retallack, Editions du Seuil, 2003) « Science et éthique », (XXVII ème colloque de Brive la Gaillarde du 15 et 16 Novembre 2002, les compagnons de la fraternité Edmond Michelet, Centre d’Edmond Michelet) et « Terrorisme, victimes et responsabilité pénale internationale », ouvrage collectif réalisé par SOS ATTENTATS, Editions Calmann Levy 2004.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 30/12/06 dans Entreprises - France - L'invité du mois - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 décembre 2006
R&D : Européens, encore un effort !

061223-JeanMounet.jpegIndustrie des logiciels très active en Europe mais le différentiel s'élargit avec les Etats-Unis, efforts de R&D substantiels mais loin derrière les Américains... Dans une excellente interview au JournalduNet, Jean Mounet, Président de Syntec Informatique, met en cause la dispersion des moyens, les investissements en R&D insuffisants et ... l'absence d'une politique industrielle.
A écouter

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 23/12/06 dans Economie - Entreprises - Europe - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 décembre 2006
Chine : après Westinghouse viendra Areva

061219-Areva.jpgLa commande chinoise de 4 réacteurs APWR 1000 à Westinghouse ne constitue pas, à mes yeux, un échec technique et/ou commercial pour Areva. La décision, essentiellement politique, doit être vue dans le contexte d’un marchandage sino-américain dont nous ne connaissons pas les arcanes.

Comment expliquer autrement le choix d’un type de réacteur de conception ancienne (plus de 10 ans), dont la puissance est limitée à 1000 MWe pour des raisons techniques et qui n’a jamais été commandé ni réalisé par qui que ce soit ?

Les très grands besoins en énergie de la Chine, associés à la relative difficulté de trouver des sites de préférence côtiers ou sur les grands fleuves, militent pour installer sur chaque site la puissance la plus élevée possible. Avec ses 1 600 MW par tranche, l’EPR est le mieux adapté aux besoins chinois.

Les difficultés rencontrées actuellement par Areva en Finlande pour la construction du premier EPR n’ont, à mon avis, joué aucun rôle dans la décision chinoise. Au contraire, il est préférable et rassurant de construire sur les traces d’une première réalisation qui règle pas à pas les problèmes inhérents à un premier de série.

Et je ne crois pas davantage à une sorte de rétorsion exercée par les Chinois à l’égard d’Areva qui n’a pas accepté de mettre la technologie de l’EPR à leur totale dispositon. Aucune société au monde ne donne gratuitement sa technologie la plus récente et je pense qu’Areva à eu raison d’agir de la sorte. Ceci d’autant plus que les Chinois peuvent disposer librement de la technologie des réacteurs de 1000 MWe que nous leur avons vendu à Daya-Bay et Ling-Ao.

Au total, je serais surpris que les Chinois ne lancent pas à Areva une corde de rappel à une échéance plus ou moins rapprochée. Ils sont trop avisés pour se priver d’un concept aussi moderne et avancé que l’est l’EPR et répondant aussi bien à leurs besoins.

J.-C. Leny, Ancien Président de Framatome

Posté par Jean-Claude Leny, le 19/12/06 dans Asie - Chine - Energie - Entreprises - France | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 décembre 2006
Hyderâbâd mise sur les femmes de ménage

061215-FemmesdeMenage.jpgLorsqu’une femme travaille et que son mari n’a pas d’emploi, celui-ci est bien obligé de la respecter. De plus, les femmes sont plus enclines que les hommes à mettre de l’argent de côté pour l’éducation des enfants. C’est en tout cas ce que pensent les entreprises High Tech installées à Hyderâbâd. Toutes ensemble, et avec l’accord des autorités locales, elles ont décidé que le personnel d’entretien serait exclusivement féminin et qu’un complément de salaire serait alloué pour l’éducation des enfants.

Il faut dire qu’Hyderâbâd est, avec Bangalore, la capitale indienne des hautes technologies. Microsoft, IBM, Alcatel et plus de 300 autres entreprises s’y sont installées. Les techniciens affluent de toutes parts mais comme partout en Inde, la majeure partie de la population croupit dans la misère.
D’où l’idée de miser sur les femmes de ménage dont quelques enfants, peut-être, créeront des logiciels et assureront aux générations futures un sort meilleur que celui connu par leurs parents.

Posté par Louise Jasmin, le 15/12/06 dans Asie - Développement - Entreprises - Pauvreté | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 décembre 2006
Geopolitics will catch you !

En Europe comme aux Etats-Unis, la plupart des dirigeants de grandes entreprises ont été choisis à une époque où il fallait prioritairement serrer les boulons et maximiser les profits. Ils ont bien travaillé, les cours de bourse en témoignent. Mais les temps changent et les chemins tracés manquent de panneaux indicateurs d’avenir.

La signalisation semble avoir été conçue pour répondre à des préoccupations essentiellement professionnelles et traite de l’économie comme s’il s’agissait d’un domaine isolé. Est-ce suffisant à une époque où les conflits internationaux s’exacerbent et où non seulement les technologies mais aussi les mentalités évoluent rapidement ?

Depuis sa création, le Club des Vigilants s’efforce de croiser des préoccupations dans l’espoir d’aider ses membres, et en particulier les entreprises, à accroître leur capacité d’anticipation et de riposte à des risques venant d’horizons différents. Géopolitique, environnement, technologie bouleverseront bien des donnes. Les risques sociétaux s’amplifieront. Il devient urgent de mieux comprendre pour mieux agir.

Posté par Marc Ullmann, le 04/12/06 dans Economie - Entreprises - Géopolitique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 novembre 2006
Non-pollueur mais payeur quand même

La SAGEP qui a en charge la gestion de l’eau à Paris vient d’annoncer une hausse de 9% du prix de l’eau. Jusque là, rien de plus classique. Le plus surprenant est le motif de la hausse : les Parisiens ne consomment plus assez d’eau !

En effet, depuis quelques années, la consommation d’eau a chuté de 20% du fait que les Parisiens, particuliers et entreprises, font davantage attention en s’équipant notamment de dispositifs réduisant la consommation et les fuites. Or, les frais d’infrastructure de la SAGEP restent constants. Et pour équilibrer les comptes, pas d’autres moyens, apparemment, que d’augmenter le prix du m3.

Ainsi, par extension, si nous diminuons notre consommation d’électricité, celle-ci sera plus chère car il faudra continuer à payer l’entretien des centrales nucléaires. Si nous sommes plus nombreux à utiliser les transports en commun, le prix de la carte orange va malgré tout augmenter car, nous expliquera-t-on, il faudra bien acheter plus de bus, métro ou train. Et ainsi de suite.

A l’heure où les défis de l’environnement - pollution, préservation de l’eau,...- sont au centre de toutes les préoccupations, il est quand même choquant d’envoyer un signal que l’on pourrait résumer ainsi : pollueur payeur, non-pollueur… payeur quand même !

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 30/11/06 dans Entreprises - Environnement - France | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 novembre 2006
Du vendeur conseil au vendeur consultant

061127-FaceaFace.jpgActuellement dans le domaine des TIC, informatique, téléphonie, multimédia, les clients n’utilisent que 20% des possibilités des équipements qu’ils achètent.
Cela n’est pas étonnant : les TIC sont des marchés «techno-conquérants» exclusivement centrés sur l’offre et l’obsolescence. Cela aboutit au suréquipement. Le suréquipement est une nuisance car sa crainte peut être dissuasive de l’achat ou des compléments d’achats.

Ce phénomène est probablement très accentué chez les seniors (à fort pouvoir d’achat). Cela représente un manque à gagner pour les fabricants, les opérateurs, les distributeurs.

Les réputés vendeurs-conseil ne sont au mieux que des répétiteurs à peine inventifs des catalogues et modes d’emplois Ce n’est pas par insuffisance professionnelle c’est parce que le métier d’interface entre les nouvelles technologies et la vie de chacun n’a pas encore été inventé. Il s’agit de développer un métier qualifié qui va bien au-delà des techniques de formation à « l’écoute client ».

Ces vendeurs-coach seraient consultables en face à face, dans les grandes surfaces, mais sur RDV. La rétribution se ferait soit par les clients soit par les fabricants ou les distributeurs.

Ce type d’interface pourrait également être mis en place pour un grand nombre d’autres produits techniques : voiture, domotique, électroménager, outillage, bricolage, jardinage.

Posté par Gérard Demuth, le 27/11/06 dans Entreprises - Société - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 novembre 2006
C’est Business Week qui le dit !

La financiarisation de l’économie est, le plus souvent, dénoncée par des gens qui se situent « à gauche ». Il est donc intéressant de noter que l’hebdomadaire américain le plus respecté des milieux d’affaires reprend, dans son numéro daté du 13 novembre, les conclusions d’une étude menée par deux professeurs d’université selon lesquels le rôle joué par les analystes financiers conduit à des excès.

Dans les premiers neuf mois de cette année, 1112 Chief Executive Officers auraient été contraints de quitter leur poste. Dans près de la moitié des cas, les décisions des Conseils d’Administration auraient résulté de considérations essentiellement boursières. Or, précise Business Week, il suffit qu’une majorité d’analystes recommandent de « vendre » ou même de « conserver » plutôt que d’ « acheter » pour que les cours de la bourse plongent. … même si les perspectives à long terme sont favorables.

Posté par Marc Ullmann, le 23/11/06 dans Economie - Entreprises - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 novembre 2006
WiMax et UMTS : la convergence ?

061113-Wimax.jpgDepuis environ 10 ans, les observateurs s’attendent à voir converger (comprendre : fusionner) les technologies des télécommunications et de l’informatique. Une nouvelle étape vient d’être franchie avec le WiMax. Issu du monde de l’informatique et présenté assez improprement comme une évolution du désormais célèbre WiFi, le WiMax propose des débits de plusieurs dizaines de mégabits/seconde sur des rayons de couverture de quelques dizaines de kilomètres.

Au point que dans de nombreuses applications, le WiMax peut en théorie concurrencer l’UMTS (le haut débit proposé par les opérateurs téléphoniques pour accéder, par exemple, à Internet depuis un téléphone mobile).

Il est clair que les coûts de mise en œuvre de ces technologies vont obliger les différents acteurs à se poser la question suivante : pourquoi continuer à déployer, gérer et entretenir deux infrastructures concurrentes et incompatibles qui répondent pour l’essentiel au même besoin ?

Entre les opérateurs endettés mais ayant une longue expérience des technologies nomades et de leur infrastructure et les sociétés informatiques prêtes à investir un secteur en pleine croissance, la convergence risque de ressembler à une violente bataille économique.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 13/11/06 dans Communication - Entreprises - Technologie | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 novembre 2006
Investir en Russie

Le développement économique potentiel de la Russie est immense mais des retards ont été pris. Les entreprises européennes, y compris les moyennes, pourraient en profiter. Une des raisons du retard est que les Russes n’ont pas eu, comme les Chinois, la chance de disposer d’une diaspora prête à investir dans son pays d’origine. Circonstance aggravante : les oligarques avaient tendance à placer à l’étranger un argent vite gagné. Maintenant, tout a changé.

. Non seulement, des capitaux reviennent mais surtout, la hausse des prix du pétrole et du gaz a si bien rempli les caisses que la Russie a pu à la fois rembourser ses dettes extérieures et commencer à moderniser quelques secteurs vitaux de son économie. Dans ces secteurs là, en particulier dans l’énergie, la place laissée aux étrangers sera sans doute modeste et en tout cas minoritaire.

Mais dans la plupart des nouvelles technologies, dans la grande distribution, l’agro-alimentaire, la finance, les cosmétiques, la pharmacologie, le BTP, etc, la porte est d’autant plus ouverte aux investisseurs européens que le Kremlin souhaite privilégier la zone Europe au détriment des Etats-Unis. Beaucoup d’entreprises allemandes ont compris le message et beaucoup d’autres s’y préparent. La France est en retard malgré quelques réussites spectaculaires comme celle d’Auchan qui a équilibré son exploitation dès la première année.

Posté par Francis Dal Farra, le 10/11/06 dans Développement - Economie - Energie - Entreprises - Russie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 octobre 2006
Normes et standards : quand l’Asie s’éveillera

Imposer une norme, revient, dans un contexte mondialisé, à s’assurer un bénéfice immédiat en terme économique et stratégique. L’Europe, malgré quelques beaux succès industriels, à l’instar du GSM qui a su s’imposer sur tous les continents, est à la traîne. Dans ce domaine, ce sont les Etats-Unis qui, grâce à leur suprématie en termes d'innovation et de maîtrise de l'information, tiennent le haut du pavé. Ils sont à même de proposer leurs propres normes ou bien d'en créer de nouvelles et de les rendre indispensables aux yeux de tous. Cela va-t-il durer ? Rien n’est moins sûr.

Le réveil de l’Inde et de la Chine risque d’être brutal. Avec une population locale se dénombrant en milliards d'individus, ces deux pays n'auront aucun mal à définir et à appliquer leurs propres normes. Cela a déjà commencé en Chine notamment avec la norme TD-SCDMA, équivalent de l’UMTS européen. On peut de ce fait parier que, globalisation et essor des nouvelles technologies de communication et de l'information aidant, ces pays, à forte croissance, ne tarderont pas à proposer leurs propres normes à l'ensemble de la planète, au grand dam des Américains et Européens.

Posté par Bruno Kerouanton, le 30/10/06 dans Asie - Entreprises - Europe - Technologie - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 octobre 2006
Prospective et Psychanalyse : des espaces de transition pour bâtir le futur

061012-Anticipation.jpgAujourd’hui, sans doute plus qu’hier, le déficit de prise en compte des sciences humaines et de la psychanalyse en particulier parait préjudiciable à la pertinence de toute démarche prospective.

Comme Kurt Lewin, l’inventeur de la théorie du but , Saphia Richou et Evelyne Bertin pensent que « l’espace de vie d’un individu, loin d’être limité à ce qu’il considère être la situation présente, inclut le futur, le présent et aussi le passé. Les actions, les émotions et certainement le moral d’un individu à chaque instant dépendent de sa perspective temporelle totale ».

Anticiper, en effet, demande à l’individu d’engager une réflexion personnelle située au cœur de la psychologie de la motivation, un mouvement de la pensée, de l’affect et de l’imaginaire intégrant nécessairement l’inconscient dans l’élaboration des futurs possibles.

Lire l'intégralité de l'article

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 12/10/06 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 septembre 2006
La génération des chefs d'orchestre

060925-ChefOrchestre.jpgNous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins... et, en dépit de la somme de connaissances dont nous disposons individuellement et collectivement, des informations auxquelles nous avons accès quasi en temps réel, nous savons de moins en moins de quoi demain sera fait et où nous serons.

De ce fait, l'individu, l'entreprise, les nations, ... disposant de moins en temps pour analyser, agir, réagir, prévoir, se doivent d'être à l'écoute des multiples signaux, souvent faibles et diffus émis par leur environnement pour être à même d'accompagner voire si possible de précéder les changements.

Pour une entreprise, il s'agit de manœuvrer un paquebot aussi rapidement qu'une vedette rapide : ceci implique d'être capable simultanément de satisfaire ses parties prenantes (actionnaires, collaborateurs et clients) et d'améliorer en permanence ses performances et ses produits. Chaque collaborateur (au premier rang desquels les managers) doit donc être à la fois garant de ses performances individuelles et des performances collectives présentes et futures, faute de quoi il "disparaîtra", comme disparaîtra son entreprise !

Comment survivre et se développer dans un monde où des géants (La Chine aujourd'hui, l'Inde demain) remettent en cause le partage des rôles, où les technologies permettent aux clients d'obtenir ce à quoi ils ne rêvaient pas hier (la "boîte communicante multimédia") ?

Est-ce une évolution, une mutation profonde ou une totale révolution ?

La réponse est différente selon que l'on soit papillon, grenouille ou cheval ... Le temps n'est pas le même pour tout le monde mais il est le facteur essentiel pour tous !

A nous, à nos entreprises, de faire en sorte que nos délais d'adaptation et de réaction soient les plus courts possibles.

Cela passe obligatoirement par une responsabilisation de chacun, non seulement sur ce qu'il doit faire mais aussi sur ce à quoi il participe (les processus), un partage du pouvoir permettant, chaque fois que nécessaire, de privilégier l'intérêt collectif à la somme des intérêts individuels et la désignation d'un chef d'orchestre (le pilote de processus ) pour faire que chacun joue parfaitement la partition qui est la sienne.

Posté par Dominique Houé, le 25/09/06 dans Communication - Entreprises - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 septembre 2006
Le travail et l’égo

Le luxe le plus « moderne » est d’avoir un travail qui passionne. Ceux qui s’ennuient au boulot cherchent leur plaisir ailleurs et ceux qui n’ont pas de boulot risquent la déprime. D’où, en Occident, une sorte de paradoxe : les riches travaillent plus que les pauvres ! C’est un phénomène nouveau, peut-être unique dans les annales du monde.

Adieu les aristocrates qui méprisaient le labeur. La valeur travail a grimpé l’échelle sociale ; les valeurs famille, loisirs, culture imprègnent la classe moyenne. Le glissement a du bon mais le « Bonjour Paresse » menace et le balancier est allé trop loin. L’entreprise, toujours à l’affût de gains de productivité, a cessé d’être un lieu de vie où les gens se plaisent à travailler. Quant aux détenteurs de pouvoir ou de savoir, ils flattent leur ego en faisant montre d’hyperactivité.

Dans les deux cas, les gosses risquent de trinquer. Les enfants de désœuvrés admirent rarement leurs parents et le regrettent souvent tandis que les gosses de riches, enfants de débordés, souffrent souvent de se croire ignorés.

Posté par Marc Ullmann, le 22/09/06 dans Emploi - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2006
Microsoft trop fort ou... monde libre trop faible

060920-Labo1.jpgDepuis quelques années, les logiciels libres font partie intégrante des offres des grands groupes informatiques. Ils devaient permettre aux entreprises et institutions, soucieuses de leur « dépendance », une alternative à l’hégémonie de Microsoft. Quel bilan peut-on en tirer aujourd’hui ?

Selon une étude du cabinet OneStat.com, 97% des micro-ordinateurs dans le monde sont équipés d’un système d’exploitation de Microsoft Windows. Les Linux sont passés, entre 2003 et 2006, de 0,51% à… 0,36% !

Pour les logiciels de navigation sur Internet, Internet Explorer de Microsoft a certes perdu, dans la même période, près de 10% de parts de marché. Il n’en reste pas moins qu’il continue, avec 85 % du marché, à caracoler en tête... loin devant les trois principaux navigateurs « libres » qui cumulent à peine 15%.

Seul le segment des serveurs échappe à cette hégémonie puisque les Linux, avec près de 20% de parts de marché, ont su s’imposer comme le second système d’exploitation. Le bilan reste donc assez mitigé. Mais au-delà des chiffres, l’attentisme reste de mise. Si choisir Linux pour des applications modestes est devenu un réflexe, Microsoft reste une référence incontournable pour les PC et les applications bureautiques.

En cause ? La multiplicité d’offres rarement compatibles entre elles et la difficulté à garantir un fonctionnement stable sur des solutions appelées, par principe, à évoluer rapidement.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 20/09/06 dans Entreprises - Technologie | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 juillet 2006
Nouveau taylorisme

temps modernes.jpgCharlot a immortalisé le travail à la chaîne dans "Les temps modernes". Depuis, beaucoup d’usines ont changé mais le taylorisme, qui avait épargné les bureaux, y est entré. Dans de nombreuses entreprises de services, la plupart des cadres doivent donner un compte rendu détaillé de leurs activités dans des « Time Sheets » de plus en plus précises.

Surtout, l’ordinateur est omniprésent et quiconque loupe un mail est quasiment accusé de faute professionnelle. En France, les 35 heures n’ont rien arrangé car la chasse aux « temps morts » est ouverte. En Angleterre même, le fameux « Tea Time » a disparu. Partout le stress est contagieux. La financiarisation de l’économie qui pousse à une productivité maximale y est pour beaucoup. Mais la propagation des NTIC est un facteur aggravant : au départ, les gens étaient heureux de pouvoir appeler de n’importe où ; maintenant, ils regrettent d’être joignables à tous moments.

Posté par Louise Jasmin, le 24/07/06 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 juillet 2006
Fuyards et conquérants

OCDE.jpgCocorico ! Selon l’OCDE, la France, devançant les Etats-Unis, est championne du monde en investissements directs à l’étranger. En 2005, ses grandes entreprises ont dépensé 116 milliards de dollars pour s’implanter ou prendre des contrôles. Il n’y aurait rien à redire si, parallèlement, ces « champions » multipliaient leurs investissements en France. Mais tel n’est pas le cas.

Que ce soit pour des raisons sociales, fiscales ou autre, la plupart se désintéressent de ce marché considéré comme « local » et difficile. Souvent, elles domicilient leur siège à Amsterdam, leur centre de recherche à Boston et leur service financier à Londres. Ainsi, le « mal français » se met-il à ressembler au « british malaise » des années 60. A l’époque, les entreprises britanniques investissaient massivement à l’étranger et laissaient vieillir leurs usines anglaises. A l’inverse, les industriels français se flattaient d’être de bons « provinciaux ». Ils investissaient chez eux avant d’investir ailleurs. A long time ago !

Posté par Marc Lanval, le 20/07/06 dans Economie - Entreprises - Europe - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 juillet 2006
EADS : querelles hier, problèmes demain

Noël Forgeard doit se mordre les doigts. Par soif de pouvoir, il a persuadé Jacques Chirac de l’aider à détrôner Philippe Camus. Après, il a marché sur les pieds des associés allemands. Pas étonnant que lorsque Airbus a connu des déboires, cela lui soit retombé sur le coin du nez. Chirac, bien entendu, était aux abonnés absents. L’infidélité est un devoir du Prince.

L’homme Forgeard est passé, les problèmes restent. Seul l’avenir dira si le pari de l’A380 est meilleur ou aussi funeste que celui du Concorde. A l’époque, la Caravelle avait connu un grand succès et la logique aurait voulu de construire vite une Super Caravelle. Au lieu de cela, on a englouti des milliards dans un avion mirifique, prestigieux mais non rentable.

Aujourd’hui, la simple logique de montée en gamme aurait conduit à investir suffisamment pour que l’A350 soit autre chose qu’un A330 légèrement amélioré. Mais le choix a été différent et l’essentiel des ressources a été concentré sur l’A380, un avion de conception nouvelle à très grande capacité. Si le choix s’avère malheureux, EADS perdra sur les deux tableaux. L’A350 ne pourra pas concurrencer le Dreamliner de Boeing et l’A380 sera un gouffre à finances. Dans le cas contraire, les quelques retards de fabrication, que l’on déplore actuellement, seront vite oubliés. Espérons !

Posté par Marc Lanval, le 15/07/06 dans Entreprises - Europe - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 juin 2006
Le prix du service

FAI.jpgLes plaintes des consommateurs auprès des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) ont explosé ces dernières années. Au-delà de l’engouement des Français pour le haut débit ADSL qui explique en partie ce fait, la principale raison vient du faible niveau de service offert par les assistances téléphoniques (les fameuses hot lines).

Quiconque a eu affaire avec ces hot lines s’en souvient et rarement en termes élogieux : attente interminable, interlocuteur maîtrisant mal le français, incompétence technique, refus d’escalader le problème à une équipe de spécialistes et au final un coût généralement prohibitif, en particulier si vous avez eu la bonne idée de confier vos appels téléphoniques à votre FAI ce qui vous oblige à "exploser" votre forfait de GSM pour leur signaler que votre ligne téléphonique fixe ne marche pas. A ce petit jeu du "qui gagne perd", Free est devenu le champion de sa catégorie : moins de 20% de part de marché, plus de 50% des plaintes enregistrées. Comme par hasard, il s’agit également du FAI le moins cher. Et c’est bien là le vrai problème : quel est le coût réel d’un service de qualité ?

La France fait partie des pays où la connexion ADSL est la moins chère. Or, la qualité, quand le service est opérationnel, est équivalente à ce l’on rencontre à l’étranger. Ce n’est donc pas sur les infrastructures mais clairement sur les services annexes, et en premier lieu la hotline, que les coûts sont compressés. Du coup, tout incident devient problème.

A quel moment la "valeur du point de vue du client" deviendra-t-elle aussi importante que la "valeur du point de vue de l'entreprise" ? Lorsque les opérateurs auront compris que leurs clients sont un "capital" qui mérite attention et respect et que leur fidélité se sera transformée en intérêt… financier !

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 30/06/06 dans Entreprises - France - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 juin 2006
Service public versus entreprises privées

Selon toute vraisemblance, M. de Villepin va devoir repousser aux calendes grecques, c'est à dire enterrer, le projet de privatisation de Gaz de France, première étape indispensable avant la fusion avec Suez. Ce n'est pas l'opposition parlementaire (le PS est bien trop occupé à contrer Ségolène) qui a mis notre Premier ministre dans cette position inconfortable mais son propre parti.

Le député UMP "de base" est terrorisé par les futures élections et est convaincu que le refus de tout changement, de toute réforme, lui vaudra sa réélection. Tout d'abord cette conduite est bien la preuve que dans le monde politique français l'intérêt individuel passe avant l'intérêt général. Que peut-on alors reprocher à Zaccharias ? Ce qui est encore plus grave est que par pure soi-disant idéologie pro-service public, on apporte Suez sur un plateau d'argent à l'ENEL qui la démantèlera pour ne conserver qu'Electrabel. Le pôle Environnement finira selon toute probabilité entre des mains anglo-saxonnes. Nous allons donc assister au maintien du "service public GDF" et à la disparition d'un des fleurons de notre industrie. Bravo pour le patriotisme économique !

Il n'est pas inutile de rappeler, en outre, qu'Electrabel, filiale de Suez, est propriétaire de plusieurs centrales électriques nucléaires en Belgique qu'elle opère dans les meilleures conditions et sur lesquelles lorgne ENEL. Certains nous expliquent qu'en France les centrales nucléaires ne peuvent être opérées, pour des raisons de sécurité et de sûreté, que par le secteur public et prônent donc le retour à 100% d’EDF dans le giron de l'Etat. En Belgique, en Suède, en Finlande, en Allemagne, en Suisse, au Japon, la majorité des centrales nucléaires est propriété de sociétés privées. Le record du Monde de fiabilité des réacteurs nucléaires est détenu par une centrale finlandaise, propriété privée, de concept soviétique…Qui a rappelé ces faits lord du débat sur l'ouverture du capital d'EDF ? Ni les politiques, ni les medias.

Aujourd'hui M.Chérèque, malgré les fortes turbulences qu'il a traversées, tient des propos autrement plus courageux et modernes que ceux de nos hommes et femmes politiques dont le maître mot semble être : démagogie.

Posté par Michel Chevet, le 19/06/06 dans Entreprises - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Service public versus entreprises privées

Selon toute vraisemblance, M. de Villepin va devoir repousser aux calendes grecques, c'est à dire enterrer, le projet de privatisation de Gaz de France, première étape indispensable avant la fusion avec Suez. Ce n'est pas l'opposition parlementaire (le PS est bien trop occupé à contrer Ségolène) qui a mis notre Premier ministre dans cette position inconfortable mais son propre parti.

Le député UMP "de base" est terrorisé par les futures élections et est convaincu que le refus de tout changement, de toute réforme, lui vaudra sa réélection. Tout d'abord cette conduite est bien la preuve que dans le monde politique français l'intérêt individuel passe avant l'intérêt général. Que peut-on alors reprocher à Zaccharias ? Ce qui est encore plus grave est que par pure soi-disant idéologie pro-service public, on apporte Suez sur un plateau d'argent à l'ENEL qui la démantèlera pour ne conserver qu'Electrabel. Le pôle Environnement finira selon toute probabilité entre des mains anglo-saxonnes. Nous allons donc assister au maintien du "service public GDF" et à la disparition d'un des fleurons de notre industrie. Bravo pour le patriotisme économique !

Il n'est pas inutile de rappeler, en outre, qu'Electrabel, filiale de Suez, est propriétaire de plusieurs centrales électriques nucléaires en Belgique qu'elle opère dans les meilleures conditions et sur lesquelles lorgne ENEL. Certains nous expliquent qu'en France les centrales nucléaires ne peuvent être opérées, pour des raisons de sécurité et de sûreté, que par le secteur public et prônent donc le retour à 100% d’EDF dans le giron de l'Etat. En Belgique, en Suède, en Finlande, en Allemagne, en Suisse, au Japon, la majorité des centrales nucléaires est propriété de sociétés privées. Le record du Monde de fiabilité des réacteurs nucléaires est détenu par une centrale finlandaise, propriété privée, de concept soviétique…Qui a rappelé ces faits lord du débat sur l'ouverture du capital d'EDF ? Ni les politiques, ni les medias.

Aujourd'hui M.Chérèque, malgré les fortes turbulences qu'il a traversées, tient des propos autrement plus courageux et modernes que ceux de nos hommes et femmes politiques dont le maître mot semble être : démagogie.

Posté par Michel Chevet, le 19/06/06 dans Entreprises - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 juin 2006
L'Armée loue et n’achète plus...

helicoptere.jpgDans le secteur défense comme ailleurs, les moyens financiers publics manquent à la France : faute d’avoir de quoi acheter, elle loue des biens et consomme des services. Ainsi le Ministère de la Défense vient, entre autres, de lancer un appel d’offres pour de nouveaux hélicoptères de formation à mettre à disposition de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), sur sa base de Dax.

Point intéressant : la partie équipements – chère à la vision française de l’«ingénieur » (qui il est vrai a inventé et produit des merveilles technologiques, notamment aéronautiques et spatiales…) – y est très minoritaire, et la valeur des contrats de services – maintenance, réparation…sur 20 ans ! – largement majoritaire (d’autant que l’Etat n’exclut pas de choisir des hélicoptères d’occasion remis à niveau, pour minimiser encore le coût d’équipement !).

Cette approche dite de Contrat de Partenariat Public-Privé et rendue possible par une Ordonnance de juin 2004, est inspirée des expériences britanniques de « Private Finance Initiative » (PFI) et « Public-Private Partnerships » (PPP) menées depuis 15 ans, toutes couleurs politiques confondues, successivement par les Cabinets Thatcher, Major et Blair, dans la défense comme en bien d’autres secteurs (hôpitaux, infrastructures, prisons…).

Une vision pessimiste et réductrice de ces opérations est d’y voir exclusivement un pis-aller dicté par les contraintes budgétaires : louer lorsqu’on n’a plus les moyens d’acheter.
Mais l’expérience britannique, qui répond à une autre démarche – les Anglais n’ayant pas connu les déficits publics français, et n’étant pas astreints aux contraintes du Pacte de Stabilité de la zone Euro – montre qu’il y a d’autres enjeux, plus optimistes et volontaristes, résumés sous le slogan de « Value for Money » : en faisant davantage appel au privé pour les programmes publics, l’Etat ne se borne pas à trouver de nouvelles ressources financières, mais trace une voie d’externalisations sur des missions et activités non spécifiquement régaliennes où les entreprises peuvent apporter une spécialisation efficiente – et dont la mise en concurrence systématique par voie d’appels d’offres assure en outre l’obtention au moindre coût.

D’où l’idée de « Value for Money » : à l’heure de la globalisation et de la compétition entre Etats pour l’attractivité, du Royaume Uni à la France, en passant par de grands pays émergents qui adoptent aussi les PPP (Brésil…), le contribuable d’aujourd’hui en veut pour son argent !

Posté par Marc Bradford, le 13/06/06 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juin 2006
La part des hommes

Mondialisation restructurations, fusions-acquisitions pour les entreprises, mobilité, flexibilité, adaptation, valorisation des compétences pour les collaborateurs… tels sont les qualitatifs qui reviennent souvent dans la vie des organisations économiques aujourd’hui.

Les mutations technologiques, l’augmentation de la vitesse de circulation de l’information, la place prise par le virtuel ne sont pas sans influence sur le rapport que les différents acteurs économiques ont avec le travail.

Ces expressions reflètent les problématiques les plus courantes des mutations auxquelles sont confrontées les entreprises d’aujourd’hui et les collaborateurs qui y travaillent.

Ces termes, relatifs à la sphère économique, ont des implications pour les collaborateurs. L’entreprise a à la fois une dimension économique et une dimension sociale. C’est un lieu de production de biens et un lieu de production de liens. Aucun de ces deux lieux n’est exclusif. Production de biens et production de liens sont indissociables. Classiquement toute organisation, pour fonctionner, a besoin de cinq ressources : financières, humaines, techniques, productives et commerciales. De la parole et du lien sont nécessaires pour assurer un fonctionnement économique optimal de ces richesses.

La part des hommes dans l’économie et la technologie

Ce que l’on appelle « la ressource humaine », ou plus spécifiquement la part de l’engagement et de vécu de l’homme, dans les organisations est en pleine mutation et pourrait s‘appeler la « part des hommes ». Cette part des hommes consiste en ce plus d’humanité et de sens que l’être au travail peut chercher, trouver ou ne pas trouver dans le travail.

La part des hommes va bien au-delà de la « ressource humaine ». Elle est cet ensemble de mesurable et de non- mesurable qui a des effets sur la qualité des biens produits et sur la qualité des liens dans l’entreprise.

L’homme au travail vient chercher une rémunération mais il cherche aussi du lien social. Le travail est l’un des espaces où la rencontre avec l’autre, avec la tâche à effectuer peut aider à la construction et la réalisation de soi.

Trouver du sens dans une rationalité instrumentale grandissante

Le primat de la rationalité instrumentale (l’homme comme ressource, la confusion entre le réel et le virtuel, la vision de l’être humain comme un ordinateur hyper-sophistiqué) nous conduit à nier une partie essentielle de nous même et des organisations.

Le travail remplit une grande partie de nos vies. Si pour assez peu d’individus, le travail fait œuvre, pour tous il devrait néanmoins faire sens. Pour cela il faut analyser les organisations comme des institutions sociales dont la finalité est la création de valeur dans une conception anthropologique, c’est à dire au sens de service de l’Autre, de la société et dans la recherche du bien commun.

L’entreprise ne peut être pensée indépendamment de la société.

L’ordre symbolique et les valeurs psychiques sont à relier aux valeurs économiques et managériales. Pour ce faire, la psychanalyse, liée aux dernières découvertes des sciences cognitives et aux nouveaux travaux sur le cerveau a beaucoup à apporter aux décideurs et aux organisations.

Posté par Evelyne Bertin, le 12/06/06 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 juin 2006
ZACCHARIAS : VENI VIDI VINCI !!!!!

Monsieur Zaccharias perçoit un salaire, un bonus et reçoit des stock-options pour diriger la société VINCI. Dans le cadre de ses activités, il acquiert pour le compte de Vinci une société propriétaire d'autoroutes.

Bravo. Mais contrairement à votre femme de ménage qui, lorsque dans l'exercice de ses fonctions accomplit une tâche pour laquelle elle est payée, ne vient pas vous demander un complément de salaire, Monsieur Z, lui, demande une prime spéciale de 8 millions d'euros !!!!

Le comité de rémunération de Vinci, dont je puis d'autant plus parler librement que j'ignore sa composition, lui a accordé, probablement au fil des ans, des stocks options desquelles l'on dit qu'elles représentent pour Monsieur Z une plus value se situant entre 200 et 250 millions d'euros !!!!!

Ce comité était il constitué uniquement d'affidés de Monsieur Z ? Ou étaient-ils tous sourds, aveugles et ignorants ? Avaient-ils eux mêmes des intérêts directs ou indirects les poussant à allouer ces stocks options ????

Le législateur a conçu une loi fourre-tout, l'abus de biens sociaux, loi qui n'existe qu'en France je pense, et dont je suis sûr que de tels agissements en tomberaient sous le coup.

Y aura t-il une autorité judiciaire qui s'auto- saisira ??

Des actionnaires lésés par cette création gigantesque de nouvelles actions vendues par la société quand les options sont levées à une fraction de leur valeur réelle émouvront-ils au point de déposer une plainte ???

C'est par décence que je n'aborde pas la prime de départ, les droits pendant sa retraite et "le logement de fonction" de Monsieur Z dont j'ai lu ici ou là qu'il avait coûté 50 millions d'euros (il doit y avoir un zéro de trop ou une confusion dans la devise (s’agirait-il peut être de francs ???)

Posté par Serge Fradkoff, le 07/06/06 dans Economie - Entreprises - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 mai 2006
Inventer et construire le lien social du futur

travail.jpgDu fait de la mondialisation, des changements économiques, des exigences des actionnaires et des clients, les Dirigeants doivent renouveler leur vision pour le futur pour répondre à une impérieuse nécessité d’innovation et de création de valeur. Cette démarche, avec en toile de fond, une société française, qui globalement ne mesure pas ce qu’apportent les entreprises, et un discours assez désenchanté sur le travail.

Or le travail est un des lieux essentiels de la construction de soi et de la réalisation de son être au monde.

Les évolutions tant sociétales, économiques que démographiques des 15 prochaines années vont obliger les dirigeants à renouveler leur vision des enjeux futurs, notamment sur les thèmes suivants : la place que les collaborateurs donneront au travail, l’exigence de R&D corrélée au marché, la mise en place de la notion de « durable » tant sur le plan économique qu’humain.

De nombreuses entreprises réalisent une part conséquente de leurs résultats sur leurs seules opérations financières et non seulement sur les activités définies dans leur objet social. Il y a actuellement une mutation de la notion d’objet social.
Du fait de ces changements économiques majeurs, un dirigeant c’est quelqu’un qui a changé, mais c’est toujours un homme qui a une volonté de faire, une obligation de résultat, un désir de durer. Diriger c’est décider. Pour diriger il s’appuie sur des collaborateurs. Ces mêmes collaborateurs ont besoin de l’entreprise. Les pressions économiques ont accentué la « dépersonnalisation » du travail et le doute des collaborateurs.

Aucune de nos organisations de travail ne pourrait se développer et surtout durer si autre chose que le travail ne liait les hommes entre eux. Lorsque l’on parle d’esprit d’équipe, de conscience professionnelle, d’attention à apporter aux outils de production, de désir de faire et d’aspiration à une vie professionnelle signifiante, on parle d’intelligence et de projet collectif.

C’est la qualité de la structure mentale du dirigeant et la façon dont il la déploie dans l’entreprise (et donc sur ses collaborateurs) qui est stratégique. C’est la vision d’un homme, sa traduction dans une réalité économique, dans une organisation et face à des clients qui fait que le travail des hommes va être possible, nécessaire et peut-être porteur de sens.

Le pouvoir est rarement absolu, un être humain quelle que soit sa place au travail peut être acteur de sa vie. L’autorité peut être créatrice de possibles pour ceux qui ont à exécuter des tâches.
La dissymétrie des places, inhérente à la structure de l’entreprise peut permettre un jeu des acteurs où chacun peut trouver du sens et tenter de se réaliser. Si l’entreprise ne pourra jamais « tout » pour les collaborateurs qui y travaillent, elle n’est jamais « rien », non plus, pour ces mêmes collaborateurs.
Le travail peut être un lieu de réalisation de soi, pour soi et pour les autres. Entre Les lendemains qui chantent et L’horreur économique, des intelligences collectives sont à créer, en alliant toutes les parties prenantes, pour trouver un faire-du résultat et un vivre-ensemble qui soit humainement tenable.

C’est un des défis de l’avenir. Cette construction nécessite un véritable travail qui ne pourra se faire sans la prise en compte de la « part des hommes ». Ce que nous entendons par la part des hommes, c’est ce plus d'humanité et cette quête de sens que l'être au travail peut chercher, trouver ou ne pas trouver. Cela va bien au-delà de la simple notion de « ressource humaine », c'est cet ensemble de mesurable et de non-mesurable, qui a des effets sur la qualité des biens produits et sur la qualité des liens dans l'entreprise.

Posté par Evelyne Bertin, le 15/05/06 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (1)

Le 12 avril 2006
(In)sécurité informatique

securite-informatique.jpgAinsi Skype serait une véritable passoire en terme de sécurité informatique permettant d’écouter les conversation téléphoniques entre scientifiques, BlackBerry une société dont la vocation première serait de lire les mails échangés par les VIP et les FireWalls CheckPoint un outil israélien dont tous les échanges finiraient sur le bureau du Mossad. Dans le monde informatique, et particulièrement depuis l’émergence d’Internet, se faire peur est devenu un tel business que tout risque potentiel devient un risque réel.

Pourtant, à bien y réfléchir, s’il y a un incontestable danger dans les échanges sur Internet, il provient, outre de l’utilisateur lui-même, de son fournisseur d’accès. En effet, qui est mieux placé pour savoir qui vous êtes (à travers le contrat que vous signez avec lui), la volumétrie échangée, les protocoles utilisés (autrement dit à quoi sert l’accès), les sites les plus fréquentés (vos centres d’intérêt), etc. ? D’autant que tout bon fournisseur d’accès se débrouille pour blinder ses contrats en se mettant hors jeu en cas de problème de confidentialité.

Avant de se demander si BlackBerry est capable de casser une clef de chiffrement 3DES, peut-être devrions nous commencer par repérer et réparer les principales faiblesses de nos systèmes d’information.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 12/04/06 dans Entreprises - Société - Technologie | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 avril 2006
Vigilances

La France peut-elle combler son retard économique tout en oeuvrant pour une société plus humaine où les salariés ne soient pas de simples variables d’ajustement ? Voilà une des questions posées dans le N°42 de Vigilances (la lettre mensuelle du Club des Vigilants, page 1) à propos de la révolte anti-CPE dont certains aspects apparaissent rétrogrades et certains autres visionnaires.

Marc Ullmann esquisse un premier élément de réponse et demande à tous les « Vigilants » de contribuer par leurs réflexions au contenu du Blog et des prochaines Vigilances.
Roger Fauroux, pour sa part, met l’accent sur les difficultés de l’intégration. Il rappelle que lorsque, en 1998, il a succédé à Simone Veil à la tête du Haut Conseil de L’Intégration, celle-ci lui dit en guise de bienvenue : « Je n’ai jamais pu intéresser un gouvernement de droite à ces questions. Alors bonne chance ! » ; et il ajoute : « Je n’ai pas pu, non plus, y intéresser un gouvernement de gauche ». Fauroux n’est pas, pour autant, désabusé et, partant de la prise de conscience actuelle, détaille nombre de mesures concernant le logement, l’école et l’emploi qui, selon lui, pourraient soigner le « cancer » des discriminations (pages 6 à 9).

Dans ce même numéro, Jean-Claude Leny, ancien PDG de Framatome, explique pourquoi, en matière de transfert de technologie, Areva ne peut pas, en Chine, jouer sur le même registre que Westinghouse. Son EPR est un modèle ultra moderne de 1.600 MWe alors que le modèle AP1000 de Westinghouse n’est que l’extrapolation d’un ancien prototype qui n’a jamais trouvé acquéreur (page 3).
Bernard Esambert, président du Club des Vigilants, s’attaque aux problèmes monétaires et souhaite que la « relative, et très probablement précaire, stabilité de la parité euro/dollar » soit mise à profit pour stabiliser le système international. Il propose l’établissement de « marges de fluctuation entre lesquelles les principales monnaies devraient évoluer, marges qui se réduiraient grâce aux convergences des grandes économies sous-jacentes » (page 2). Enfin, comme d’habitude, Vigilances s’efforce, dans une douzaine d’« Alertes », de traiter l’actualité avec le souci d’apprivoiser l’avenir.

Sommaire

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 05/04/06 dans Citoyenneté - Communication - Economie - Entreprises - Vie du Club | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 mars 2006
Les 4 scenarii de développement d’une start-up

Dans le monde des nouvelles technologie mieux vaut être gros mais pas trop ou alors beaucoup. Explications : Toute nouvelle technologie est portée par quelques sociétés, le plus souvent de petite taille. Leur avenir dépendra de 2 paramètres : l’intérêt des utilisateurs et la possibilité de se faire racheter.

Premier scénario : une technologie qui ne décolle pas. Direction le cimetière déjà bien garni des produits qui ont – presque – révolutionné le monde.

Second scénario : la technologie répond à un besoin. L’espoir de tout entrepreneur est alors de faire racheter par un gros du secteur genre IBM, Microsoft, Cisco selon la nature de la solution. Dernier exemple en date : Skype qui se fait racheter par eBay pour quelques 5 milliards de dollars. Toutefois, la fenêtre de rachat est limitée et si on attend trop on passe à l’étape suivante.

Troisième scénario : la technologie devient un standard de fait. Et là, les problèmes commencent car la société est trop grosse pour être rachetée et pas assez pour contrer l’offensive des gros du secteur qui préfèrent lancer leur technologie. En général, c’est le gros du secteur qui gagne (par exemple le PocketPC de Microsoft sur le PalmPilot). Sinon…

Quatrième scénario : la start-up a triomphé de toutes les embûches. Elle entre dans le clan très fermé des gros du secteur (Google est le dernier entré). Et elle s’apprête, à son tour, à racheter tout ce qui semble prometteur.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/03/06 dans Economie - Entreprises - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 mars 2006
Trop parler nuit

Il n’est pas interdit d’agir intelligemment mais il n’est pas intelligent de s’en vanter. Dans un pays où la plupart des grandes entreprises sont à la merci d’un actionnariat international, volatile et infidèle, il est compréhensible que le gouvernement essaye de contrecarrer certaines OPA jugées intempestives. Mais pourquoi brandir l’étendard du « patriotisme économique » ? Si c’est pour séduire l’opinion française, c’est un mauvais calcul puéril. Si c’est pour se faire respecter à l’étranger, c’est un mauvais calcul arrogant.

Depuis juillet 2005, plusieurs mesures défensives ont été concoctées. A l’exception de l’opération « Suez/GDF », toutes auraient pu être étudiées puis mises en oeuvre dans la discrétion. Aucune n’avait besoin d’être assortie de postures de bravade susceptibles de provoquer des chocs en retour. D’ores et déjà, certaines entreprises françaises, désireuses de s’agrandir à l’étranger, risquent d’être mal reçues.

Dominique de Villepin est évidemment sincère lorsqu’il établit une distinction entre patriotisme et nationalisme. L’expérience montre, hélas !, que le patriotisme de l’un peut être considéré par l’autre comme du nationalisme … et que le nationalisme est une maladie contagieuse.

Posté par Marc Ullmann, le 27/03/06 dans Economie - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 mars 2006
Problème N°1 : la croissance

On parle beaucoup du CPE mais la dynamique de croissance est le problème premier à régler pour l’Europe et surtout pour la France. La vigilance doit, me semble-t-il, consister à le rappeler, presque comme un leitmotiv.

- Le marché de l’emploi est hautement concurrentiel, du fait de la mondialisation, certes, mais aussi de l’architecture des entreprises : schématiquement, en haut celles du CAC 40, peu créatrices d’emplois mais admirées pour leurs performances (représentation de la France à l’étranger) et même pour leurs profits ! (cf sondage de cette semaine) ; en bas, un tissu de P.M.E et T.P.E, peu valorisées, dans tous les sens du terme. Celles qui recruteront appartiennent plutôt à la deuxième catégorie, il faut également le rappeler.

- Certains secteurs accueillent beaucoup plus que d’autres des candidats issus de l’émigration, et à des postes de bon niveau mais pas forcément très visibles (ex. production audio-visuelle, chaînes de télévision, informatique…). Compte tenu des enjeux à venir pour nos sociétés, ce n’est sans doute pas une catastrophe de ne pas intégrer le service de l’Etat.

- Créer son entreprise est, pour certains, un vrai rêve, comme cela a été dit lors de l'intervention de Roger Fauroux sur "l'éveil des talents". Il faut aider à construire ce rêve, en termes de représentations collectives. Mais pour ce faire, il faut pratiquer un exercice savant et inattendu, qui consiste à déconstruire tout notre édifice de certitudes, sur bon nombre de sujets, comme celui de l’intégration.

Posté par Elizabeth Scheer, le 25/03/06 dans Economie - Emploi - Entreprises - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 mars 2006
Les dessous du duel Areva Westinghouse

Areva.jpgLa nouvelle de l'échec probable d'Areva en Chine ne me surprend pas. Il existait à Pékin depuis quelque temps des rumeurs allant dans ce sens. Il faut le regretter mais il faut également préciser que la concurrence entre Areva et Westinghouse ne se situait pas sur le même registre.

Le modèle proposé par Westinghouse, l'AP 1000, date de plus de quinze ans. C'est l'extrapolation à 1000 MWe d'un modèle de 600 MWe jamais construit, n'ayant jamais trouvé d'acquéreur pour de nombreuses raisons. On ne peut pas dire que le modèle 1000 MWe soit beaucoup plus séduisant, ne serait ce que parce sa puissance est trop faible. Je ne m'étonne donc pas que Westinghouse ait accepté de vendre cette technologie aux Chinois. Si le chiffre de 400 millions de $ est exact, c'est une bonne affaire car c'est un gain net sans risque. Cela ressemble à la vente, en 1988, par Combustion Engineering (déjà mal en point) à Kepco, l'électricien sud-Coréen, de son système 80. A l'époque, déjà, cela avait contrecarré nos projets en Corée du sud. L'EPR conçu par Framatome ANP (Framatome et Siemens) proposé par Areva est un modèle de 1600 MWe ultra moderne, agréé par les autorités de sûreté européennes, dont un premier exemplaire est en cours de construction en Finlande. Un deuxième sera entrepris par EDF sur le site de Flamanville. C'est ce modèle qui sera proposé pour les nouveaux programmes nucléaires en Europe et à l'étranger (Inde, Brésil, USA etc).

Son développement, qui s'est étalé sur plus de 10 ans, a été extrèmement coûteux. On peut comprendre que, dans ces conditions, Areva et Siemens n'aient pas voulu jouer le même jeu que Westinghouse.

Posté par Jean-Claude Leny, le 20/03/06 dans Economie - Energie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 mars 2006
Par-delà Arcelor

Arcelor.jpgLa liste des « Banques Conseil », recrutées par Arcelor d’un côté et par Mittal de l’autre, est impressionnante. Quelle que soit l’issue du combat, leurs honoraires seront faramineux. Mais qui, au bout du compte, vaincra ? Selon plusieurs experts indépendants interrogés par le Club, la balance qui, au départ, penchait du côté de Mittal, semble maintenant pencher du côté d’Arcelor.

Les analystes des « Fonds » (essentiellement américains) qui détiennent la majorité des actions Arcelor ont étudié la valeur des actions Mittal (proposées en échange) et n’ont pas été éblouis : le conglomérat indien a beaucoup de dettes ; ses profits sont en baisse ; et sa structure capitalistique, caractérisée par une cascade de holdings, laisse peu de pouvoir aux actionnaires qui ne sont pas de la famille. L’OPA lancée Mittal peut donc échouer. Cependant, même dans cette hypothèse, une double leçon devra être retenue.
Primo : le « patriotisme économique » n’aura guère contribué aux prises de décision.
Secundo : la plupart des grandes sociétés, dites françaises, sont vulnérables et le resteront longtemps. En effet, même si des fonds de pension (« à la française ») étaient vraiment créés, il leur faudrait beaucoup de temps avant d’avoir une capitalisation suffisante pour que leur volonté ait une influence réelle sur le Marché.

Posté par Marc Ullmann, le 08/03/06 dans Economie - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 mars 2006
Le micmac de la Société Générale

L’affaire Arcelor/Mittal appelle de ma part un certain nombre de commentaires, tant sur cette OPE/OPA proprement dite que sur le rôle joué par la Société Générale :

Le président de la société cible a évoqué à maintes reprises " l’Indien Mittal" : c'est une qualification inacceptable, à la limite du racisme. Il se trouve que monsieur Mittal est sujet britannique d'origine indienne. Viendrait-il à l'idée de qui que ce soit de parler du Polonais Maarek Halter ????

Le même président a mentionné le fait de refuser d'être payé en monnaie de singe : sans commentaires.

L'on tente de faire croire qu'une société "indienne" chercherait à acquérir une société française : en réalité, une société de droit néerlandais, '"l’assaillante», essaie d’acheter une société de droit Luxembourgeoise.

D'un ton aussi suffisant que méprisant, le président Arcelor, monsieur Dollé, a déclaré que lui fabriquait du parfum alors que Mittal fabriquait de l'eau de Cologne : il est vrai que les deux sociétés manufacturent de l’acier haut de gamme pour l'une et plus ordinaire pour l'autre.
C'est la justification du projet industriel qui consiste à faire produire sous une seule enseigne l'ensemble de tous les produits.

La Société Générale a récemment été la banque conseil d'Arcelor pour l'une de ses acquisitions.

N'étant pas juriste je ne sais pas s'il est illégal pour elle de conseiller désormais monsieur Mittal.

En revanche je sais qu'il y a là un conflit d'intérêt au moins moral qui aurait dû inciter la Société Générale à refuser le mandat de monsieur Mittal.

Posté par Serge Fradkoff, le 03/03/06 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 mars 2006
GDF/Suez le fond et la forme

GDF-SUEZ.jpgLe projet de fusion en GDF et Suez se justifie parfaitement sur le fond, les deux entités étant très complémentaires. Par contre la forme de l'annonce de cette fusion a été catastrophique. Les états-majors des deux groupes discutaient déjà depuis plusieurs mois de leur rapprochement. ENEL a tout précipité.

L'annonce de la solution GDF/Suez par le Premier Ministre en personne, avec le drapeau français en arrière plan a été pour le moins maladroite et a braqué l'Italie, la Belgique (qui voit la nationalisation de Suez donc le passage d'Electrabel sous contrôle du gouvernement français) et les syndicats (qui voient eux la privatisation de GDF).

Il aurait mieux valu laisser les présidents des deux groupes annoncer l'opération. Que le gouvernement s'intéresse de près à une telle affaire est la moindre des choses et se justifie mais pour employer une métaphore informatique, il serait préférable que ces discussions (négociations) se déroulent comme des programmes qui tournent en arrière plan. Malheureusement l'humilité et la simplicité ne sont pas des vertus que l'on a enseignées à nos élites politiques et administratives.

Posté par Michel Chevet, le 02/03/06 dans Energie - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 février 2006
Droit du travail ou Droit du commerce ?
Nos civilisations modernes s'enivrent tous les jours de l'idée d'égalité des Droits.
Il est vrai qu'il s'agit là d'une des notions qui distinguent le plus les peuples civilisés des peuples barbares.
. L'un de mes jeunes neveux, âgé de moins de 26 ans, ingénieur diplômé de bonne origine, vient de s'entendre dire, par une entreprise, que sa candidature est certes jugée intéressante mais que son traitement est momentanément "suspendu" pour raison d'évolution prochaine de la législation du travail...
Il revient vers moi pour me demander conseil. Je dois dire que, dans son cas, je suis un peu perplexe. ll en profite pour me faire remarquer que, par ailleurs, il est en cours de changement de son contrat actuel auprès d'un grand opérateur de téléphonie qui lui "suggère" de changer de mobile. La proposition lui semble intéressante : acquérir le mobile pour un prix assez raisonnable mais à la condition qu'il souscrive immédiatement un contrat de fidélité dont il ne pourra se libérer qu'au bout de 2 ans.
Son dilemme s'amplifie... et mon questionnement surgit !
D'un côté, il lui est demandé, en application du Droit du Commerce, de s'engager fermement au titre de "personne privée" vis à vis d'une "personne morale" pour une durée de 2 ans en lui assurant un chiffre d'affaires récurrent.
De l'autre, il se trouve face à une autre "personne morale" qui ne veut pas s'engager fermement à assurer un revenu récurrent et stable à lui, "personne privée", en application du futur Droit du Travail, et ce pour une durée de 2 ans.
Je cherche la logique de la situation et je ne sais que lui conseiller... sauf à lui proposer de trouver une source de financement complémentaire autre que son futur travail. En effet, que dirait-on d'une entreprise qui ne tirerait ses recettes que d'un seul client ? Tous les auditeurs diraient qu'elle est... mal gérée. Alors pourquoi ne travailler que pour une seule entreprise ? Mais je me dis aussi qu'il faudra bien un jour s'entendre sur le terme d'égalité des Droits dans notre beau pays de France et se poser la question de savoir si certains droits en matière de contrat sont différents selon que l'on est une personne "privée" ou une personne dite... "morale".
Posté par Henri-Paul Soulodre, le 06/02/06 dans Débats - Economie - Education - Emploi - Energie - Entreprises - Politique | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Combien valent vraiment les actions Mittal ?

Mittal-Arcelor.jpgDe qui dépend le sort d’Arcelor ? D’une poignée d’analystes financiers. Pourquoi ? Parce que l’actionnariat est très dispersé, que les actions détenues par des particuliers sont, pour l’essentiel, gérées par des fonds (et autres Sicav) et que les responsables de ces fonds ont tendance à suivre les conseils prodigués par des analystes financiers.

Ces analystes ne baseront leur jugement ni sur les discours des gouvernements belge, espagnol, français et luxembourgeois, ni sur les promesses verbales de M. Mittal. Ils se baseront uniquement sur l’idée qu’ils se feront de la valeur réelle des actions Mittal. Le problème se pose ainsi parce que la famille Mittal ne propose pas de payer entièrement an cash les actions Arcelor. Elle veut, au contraire, procéder essentiellement par échange d’actions. Or, qui dit échange dit évaluation et qui dit évaluation incite à des manœuvres en Bourse. Il est donc vain de parler de « patriotisme » si les sous ne suivent pas.

Posté par Marc Ullmann, le 06/02/06 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 février 2006
Google, de l’idéalisme au réalisme

Google.jpgA quelques jours d’intervalle, Google, principal moteur de recherche sur Internet et véritable success story depuis des années, a envoyé deux signaux à priori totalement contradictoires. Le premier a été son refus de communiquer au ministère américain de la Justice des listes de résultats des recherches lancées sur son site, dans le cadre de la lutte contre la pornographie et la protection des enfants en ligne. Alors que ses concurrents, MSN de Microsoft, AOL et Yahoo !, ont répondu favorablement à la demande du Département de la justice, Google s’érige en défenseur des libertés civiles. Ce qui n’a pas été du goût de Wall Street puisque, malgré d’excellents résultats financiers en 2005 – en hausse de 86 % par rapport à 2004 -, l’action a dérouillé de près de 10%.

Le second signal fut sa décision d’accepter le diktat de Pékin et de s’autocensurer sur son site chinois notamment pour toutes les recherches portant sur les droits de l’homme, ce qui fut soulève un tollé parmi l’ensemble des observateurs pour qui Google a toujours représenté un symbole de la liberté d’expression. Google soutient que l’accès restreint à l’information vaut mieux que pas d’accès du tout. Les puristes y voient un bradage de la liberté d’expression sur l’autel d’un marché de 111 millions d’internautes chinois.

On imagine pourtant que ces deux décisions, qui viennent brouiller l’image de rebelle du Net que Google s’est forgée, ont dû être difficiles à prendre et sujettes à d’âpres discussions en interne. Tout porte à croire que le moteur de recherche est en train de traverser sa première sérieuse crise de croissance : entre l’idéalisme du début et la réalité purement économique, ce type de choix risque de se multiplier. Et l’opportunité de ménager en quelques jours les deux ne se représentera pas à chaque fois. Google paierait ainsi sa boulimie de croissance au prix - de plus en plus élevé ? - de la normalité.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 04/02/06 dans Economie - Entreprises - Technologie | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 janvier 2006
Mondialisation schizophrène

Les actionnaires bénéficient de la mondialisation puisque les profits des grandes entreprises s’accroissent. Les consommateurs profitent de la mondialisation puisqu’ils achètent bon marché des produits importés. En revanche, les salariés (à l’exception de ceux dont l’expertise est internationalement valable) pâtissent de la mondialisation puisque la concurrence devient féroce sur le marché du travail. L’équation est difficile à résoudre puisque la plupart des gens sont à la fois consommateurs et salariés.

Dans un monde idéal, le consommateur ne devrait pas se ruer sur les produits les moins chers afin de privilégier les productions locales. Mais, pourquoi le ferait-il puisque son emploi à lui ne serait pas directement sauvé par cette démarche altruiste ? Ainsi, s’engage-t-on dans une impasse. La mondialisation, malgré ses avantages, sera en danger si le risque de schizophrénie n’est pas pris en compte. Tôt ou tard, les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce devront être amendées. Peut-être s’orientera-t-on vers une formule à deux vitesses : mondialisation pour tout ce qui relève des grandes entreprises ; subsidiarité pour quelques productions et services locaux qu’il faudrait préserver. 90 % d’un côté et 10 % de l’autre ? Quotas plutôt que droits de douane ? Les discussions seront âpres mais elles seront.

Posté par Marc Ullmann, le 21/01/06 dans Economie - Entreprises - Mondialisation - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 janvier 2006
Mondialisation à deux vitesses

Wall-Street.jpgUn critique de la mondialisation disait récemment : « Le rêve d’un patron français est d’être payé comme un CEO américain et de payer ses salariés comme des ouvriers roumains ». C’est peut-être excessif mais il y a du vrai dans cette remarque ; et ce vrai explique, au moins en partie, pourquoi des salariés français de plus en plus nombreux ont de moins en moins d’ « affectio » pour leur entreprise.

La remarque dépasse, d’ailleurs, largement le cadre français. Même aux Etats-Unis, les grandes entreprises font, de plus en plus, figure d’épouvantail. Hollywood, toujours ? l’affût des tendances, multiplie les films où le rôle de méchant est tenu par des sicaires ? la solde des grandes firmes. La mondialisation y est d’autant plus attaquée qu’aux Etats-Unis l’industrie traditionnelle est en déclin. Le chômage est faible mais les nouveaux emplois (dans les services) sont soit très bien payés (pour quelques rares élus) soit plutôt mal (pour la majorité des salariés). Pendant que les profits gonflent, la classe moyenne, pivot traditionnel de la démocratie, s’étiole. L’Occident tout entier est sur la même pente. Une pente qui, désespérant la classe moyenne, conduire au repli nationalo-identitaire et peut déboucher sur le totalitarisme.

Posté par Marc Ullmann, le 11/01/06 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 janvier 2006
Des clôtures au cyber-far west ?

Le modèle actuel d’Internet est ouvert. Chacun a ainsi la liberté d’accéder ? n’importe quel site public et de s’abonner ? n’importe quel service, quels que soient son matériel, ses logiciels et son opérateur de télécommunications. De ce fait, les opérateurs, ayant la main sur le trafic et non sur le contenu ? valeur ajoutée, sont en mesure de bloquer ou surtaxer ce trafic pour le rendre plus rentable pour eux. Que devient Internet si Google reste gratuit… mais qu’il faut franchir des ponts ? péage pour y accéder ?

Il est assez légitime que les opérateurs qui bâtissent et entretiennent les réseaux haut débit souhaitent conquérir une place sur le marché lucratif des services que ce haut débit permet, comme la télévision ou la téléphonie en ligne. Mais s’ils proposent eux-mêmes ces services, ces fournisseurs d’accès se retrouvent concurrents des fournisseurs de service : eBay, Amazon, Skype, Google, Yahoo… Et leur position ? la fois de transporteur routier et de police de la route biaise quelque peu la libre concurrence.

Rien n’empêche ainsi un opérateur de bloquer purement et simplement l’accès aux services proposés par un concurrent, un peu comme si Orange bloquait les appels vers les mobiles SFR. Plus subtil que ce blocage discriminatoire, la « voie express » : les abonnés de l’opérateur se voient proposer, moyennant un supplément, un accès privilégié aux services délivrés par cet opérateur. Privilégié en ce que les performances du réseau (rapidité, fiabilité…) y sont remarquables, tandis que celles des concurrents sont déplorables. C’est très facile ? réaliser puisque la perception de l’utilisateur est avant tout relative : il suffit de dégrader les performances des services proposés par les concurrents. On donne donc l’image d’offrir un privilège, alors qu’en fait on détériore une prestation.

Les opérateurs répondent que de telles pratiques verraient leurs abonnés les déserter et sont donc impensables. Mais ils ne cachent pas leur frustration de voir les entreprises de services en ligne caracoler en tête des marchés financiers en engorgeant leurs réseaux gratuitement. Une solution plus discrète pourrait se baser sur l’observation que la loi de Pareto s’applique au trafic Internet : une minorité de connectés mobilise une bande passante considérable en échangeant des fichiers multimédia très lourds. Les opérateurs pourraient les facturer au vu de leur trafic, mais les clients ne semblent pas prêts ? l’accepter. La tentation est alors forte de reporter la charge sur le fournisseur de services en lui proposant un partenariat qui le promeut sur la « voie express » de l’opérateur… mais cette fois, c’est lui et non l’utilisateur qui paie pour ce « privilège ».

A l’heure où se multiplient les initiatives de réduction de la fracture numérique en matière de connaissances techniques et d’équipement matériel, tel l’ordinateur portable ? 1 €/jour du Ministère de l’Education Nationale, c’est peut-être l’indice d’une résurgence de la discrimination entre nantis et démunis numériques, sur une pure base économique cette fois. Comme au Moyen-âge, seuls ceux qui peuvent payer les octrois pourront faire circuler leurs marchandises et leurs idées entre fiefs morcelés par des alliances mouvantes.

N’attendons pas une nouvelle Renaissance : le processus de refonte des législations sur le haut débit est en cours dans la plupart des économies développées. Or, les opérateurs historiques ont ? leur disposition plus de moyens, de contacts et d’expérience, bref plus de force de frappe en matière