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Le 9 mars 2009
Des énergies durables pas si durables
090309-PanneauxSolaires.jpgLe développement de l’énergie solaire fait figure de nouvel eldorado des énergies renouvelables. Pourtant, certains scientifiques en doutent. Le rayonnement solaire est, sauf catastrophe interstellaire, certes illimité. Mais les technologies permettant de capter les rayons et de les transformer en énergie sont, selon eux, souvent basées sur des ressources naturelles qui ne sont pas si renouvelables que ça.

Actuellement, les panneaux solaires disponibles fonctionnent avec des cellules au silicium et leur efficacité énergétique – pourcentage d’énergie solaire transformé en électricité – a enfin atteint 25 % en décembre 2008. Augmenter l'efficacité énergétique des panneaux du "futur" constitue un enjeu majeur.

Parmi les pistes les plus avancées ? Des cellules solaires à l’indium qui permettraient d’atteindre une efficacité énergétique de + de 40 %. Or, la concurrence est rude.

L’indium, matériau rare, est utilisé dans la fabrication d’écrans LCD. Selon les mêmes scientifiques, et sans préjuger d’une explosion des panneaux solaires à l'indium, la seule demande des fabricants d’écrans plats va l’épuiser dans les 10 ans. Dans ces conditions, le projet allemand d’alimenter l’Europe en électricité à partir de fermes solaires installées dans le Sahara, où le rêve américain d’accéder à l’indépendance énergétique grâce au solaire sont mis en doute. A moins qu’émergent de nouvelles idées sur l’énergie durable qui fassent appel à des ressources réellement durables.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 09/03/09 dans Energie - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 juillet 2008
La goutte de pétrole qui ...
080713-P%E9trole.jpg« La guerre, disait Mussolini, est l’examen de passage des nations ». L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ont été recalées. Deux tiers de siècle plus tard,  d’autres défis surgissent. La cohésion sociale de nombreuses nations est mise à l’épreuve. De nouveaux « examens » obscurcissent l’horizon.  

La croissance a masqué les difficultés. C’est une potion magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Maintenant qu’elle ralentit, des tensions peuvent surgir. La crise des subprimes, née en Amérique, a brisé l’élan. La vertigineuse montée des cours du pétrole réduit le pouvoir d’achat dans les pays importateurs et donne un coup de frein supplémentaire.  

C’est en ce sens que l’on peut parler d’« examen des nations ». Là où les tensions sociales sont les plus vives, la diminution de la croissance sera la plus douloureuse. A cet égard, la Chine sera peut-être plus vulnérable que l’Inde car l’industrialisation y a été plus rapide et les migrations plus massives. De même, l’Allemagne et la France sont peut-être moins vulnérables que l’Angleterre, l’Espagne ou les Etats-Unis car plus l’endettement des ménages est élevé, plus les pertes de pouvoir d’achat paraissent insupportables.

Posté par Marc Ullmann, le 24/07/08 dans Economie - Energie - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 juillet 2008
Vers une nouvelle politique économique (bis)
Un récent numéro de Vigilances (V58) a mis en relief la résurgence de courants protectionnistes, notamment aux Etats-Unis ainsi que la prise en compte de ces courants par des économistes désireux de sauver ce que le libéralisme comporte d’essentiel. Pour conserver les bienfaits de la mondialisation tout en limitant ses excès, les écrits des Pères Fondateurs du libre échange sont mis à contribution.

L’œuvre de David Ricardo, inventeur de la notion d’« avantage comparatif », est épluchée de telle sorte qu’on y trouve la légitimation d’un patriotisme économique éclairé. De même, quelques pages de John Stuart Mill et de Frédéric Bastiat permettent d’induire qu’une concurrence « excessive » peut causer des ravages. 

Parallèlement, certains éléments de la crise actuelle fournissent des arguments à ceux qui dénoncent « l’hyper-capitalisme financier » et créent les conditions d’un d’ajustement progressif : 

-          Le renchérissement des produits agricoles redore le blason des cultures vivrières qui ont, jadis, été abandonnées faute de pouvoir faire vivre les producteurs locaux. 

-          La flambée du pétrole conduit à s’interroger sur le rôle joué par la spéculation dans la montée des cours. D’où la tentation d’imposer à certains acteurs des appels de marges plus élevés et de les obliger à tenir leur position dans des limites définies. 

-          L’opprobre frappant les bonus, jugés excessifs, de certains « magiciens de la finance » incite à revoir les grilles de rémunération au profit des acteurs de « l’économie réelle ». 

L’Histoire montre que la force du capitalisme réside dans sa capacité d’adaptation. Elle montre aussi que les processus peuvent venir à point ou être tardifs et douloureux.

Posté par Marc Ullmann, le 07/07/08 dans Agriculture - Economie - Energie - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 juillet 2008
Pétrole : et si on en consommait moins ?
petrole2.jpgLa hausse, vertigineuse, du prix du pétrole est, à mon sens, préoccupante. Entre 1995 et 2008, en EUROS le prix du baril est passé plus ou moins de 25 à 10 euros puis de 10 à 90 euros. Qu’arriverait-il si dans les prochaines années il passait à 200 ou 300 euros ???

La question parait aussi stupide aujourd'hui que si j'avais demandé, quand le prix était de 10 euros, ce qu'il adviendrait s'il montait à 80 ou 90 euros.
L'Occident, le Japon, la Chine, les Indes feraient-ils la guerre aux pays producteurs ???

Certainement pas !!!


Le plus étonnant est que tout le monde parle des espoirs, très  petits et  fort lointains, que l'on fonde sur les énergies renouvelables, mais aucune  voix ne s'élève pour encourager la diminution de la consommation.

Certes des efforts sont faits dans l'industrie automobile  pour promouvoir  l'électrique  et pour fabriquer des voitures moins goulues.

Mais combien d'énergie pourrait être économisée si, aux Etats-Unis en premier lieu, mais pas seulement, des campagnes étaient menées pour encourager la suppression de tant d'éclairage inutile et dispendieux.


Si chacun d’entre nous prenait l'habitude d'éteindre l'électricité en quittant une pièce, de ne pas laisser en permanence nos appareils de TV, magnétoscopes et autres,  inutilement  en veille au lieu de les éteindre tout à fait etc. etc
Posté par Serge Fradkoff, le 02/07/08 dans Energie - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 avril 2008
Secrets mal gardés
080423-Ordinateur.jpgL’information a été rendue publique le 15 avril : Petrobras a bien découvert au large des côtes brésiliennes, à hauteur de Santos, dans le champ Jupiter, une réserve pétrolière immense, nom de code « Carioca » considérée comme étant la 3ème plus importante jamais découverte depuis l’origine de l’exploitation pétrolière Cette information hautement stratégique en raison de tout ce qu’elle implique pour le Brésil et son indépendance énergétique, comme pour ses rapports avec les grandes compagnies pétrolières mondiales désireuses d’obtenir des permis d’exploitation, était détenue, sans qu’ils le sachent, par des petits voleurs ordinaires. En dérobant pour les revendre quatre ordinateurs portables et leurs disques durs à l’arrivée d’un container destiné à Petrobras le 25 janvier dernier au port de Rio de Janeiro, ces « larrons » sans envergure ont réalisé au grand jour ce que des puissants auraient rêvé de faire en sous-main. Il ne s’agit pas de susciter des vocations, mais plutôt d’inciter à prendre plus de précautions que celles prises par Petrobras pour protéger des biens dont la propriété le dépasse.
Posté par Robert Guillaumot, le 23/04/08 dans Amérique Latine - Energie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 mars 2008
Du pétrole en général et de l’Iran en particulier
080328-P%E9trole.jpg

La flambée actuelle, en particulier, des cours du pétrole se distingue nettement des hausses que l'on a connues lors des deux chocs pétroliers précédents. L'augmentation continue, depuis 2001, du prix du pétrole marque la fin du pétrole bon marché. Des raisons structurelles sont à l'oeuvre et la soif pour l'or noir est loin de se tarir. L'Iran reste, dans ces conditions, un acteur majeur de la scène énergétique mondiale.

Le monde a connu, depuis la fin de la dernière guerre mondiale, de nombreuses crises pétrolières. Certaines ont fait suite à des tentatives de nationalisation des ressources pétrolières. On peut citer la  nationalisation de Mossadegh en Iran dans les années 50 ou celle de Boumediène en Algérie en 1971. D’autres étaient provoquées par une réduction, volontaire ou involontaire, de l’offre. Dans la plupart des cas, des raisons politiques ont généré, ici ou là, une raréfaction de l’offre. On parlait alors de l’arme du pétrole.  

La première, en 1973-1974, fait suite à la guerre d’octobre 1973. Les pays arabes annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les pays soutenant Israël et décident d’une réduction mensuelle de 5 % de la production pétrolière jusqu’à l’évacuation complète des territoires occupés et la reconnaissance des droits des Palestiniens. La pénurie suscite une forme de panique ; les prix connaissent une ascension vertigineuse. En outre, l’OPEP augmente les prix officiels : ils quadruplent entre octobre et décembre 1973. C’est le premier choc pétrolier. 

La seconde, en 1979, fait suite à la chute du Shah en Iran, l’arrivée de Khomeini au pouvoir et la longue crise de l’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran. L’interruption, pendant quatre mois, des exportations iraniennes de pétrole débouche sur le doublement immédiat du prix du baril. Mais à l’inverse du premier choc pétrolier dont les effets se feront sentir jusqu’en 1978, ce second choc pétrolier fut rapide et sans lendemain. En 1986, c’est le retour de balancier. La chute des cours de pétrole est telle que l’on parle de contre-choc pétrolier. Au regard de l’histoire, les crises de 1973 et de 1979 avaient des causes assez simples et facilement identifiables. 

La situation pétrolière actuelle est tout à fait différente. Le pétrole, qui a connu une hausse continue depuis 2001, passe la barre symbolique de 100 $ le baril. Certains spécialistes anticipent la poursuite de la hausse. D’aucuns annoncent un baril à 150 sinon 200 $. Mais pour tous, ce qui est certain, c’est la fin du pétrole bon marché. Quatre raisons majeures, toutes plus complexes les unes que les autres, sont à l’oeuvre.  

La première tient à l’explosion de la demande. La croissance mondiale soutenue, l’émergence de nouveaux pays "énergétivores", notamment la Chine et l’Inde, et la demande américaine alimentent cette soif pour l’or noir.  

La deuxième est la conséquence d’une diminution relative de l’offre. La guerre, en Irak, le terrorisme au Nigeria,  les sanctions contre l’Iran, l’obsolescence des infrastructures pétrolières par manque d’investissement ou de personnel qualifié, comme au Vénézuela réduisent les capacités de production potentielles.
 

La montée des coûts de production et de raffinage en est une troisième. Plus des 3/4 des hausses des investissements des sociétés pétrolières sont absorbés par ces hausses de coûts.  

Enfin, la quatrième et dernière tient à la financiarisation des marchés pétroliers. A titre d’exemple, sur la plus grande Bourse pétrolière du monde, l’ICE, en 2003, 75 % des volumes de gré à gré étaient échangés électroniquement par les pétroliers eux-mêmes, 22 % par les banques et seulement 0,3 % par les Hedge Funds. En 2006, la part de ces derniers était passée à 33 % !

 

Peut-on, dans ces conditions, se passer du pétrole et du gaz iraniens ? La réponse est non. Avec respectivement les 3èmes et 2èmes réserves mondiales prouvées de pétrole et de gaz, l’Iran reste un acteur incontournable de la scène énergétique. D’autant que la soif mondiale pour l’or noir est loin de se tarir.

Télécharger le PDF

Dossier réalisé en collaboration avec Meriem Sidhoum Delahaye

Posté par Pierre Terzian, le 28/03/08 dans Energie - Géopolitique - Mondialisation - Moyen Orient | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 février 2008
Le nucléaire ne peut relever que de l’Etat
080207-Nucleaire-Blog.jpgLe nucléaire, tant civil que militaire est au cœur de l’actualité. Et il n’a pas fallu longtemps au Président de la République pour constater que le nucléaire joue, dans le monde, un rôle particulier et qu’en détenir les clés constitue un argument politique de première importance.

La France est présente et crédible dans tout le nucléaire, aussi bien civil que militaire.Je ne dirai rien du nucléaire militaire. De par la Constitution, le Président de la République, chef des armées, est le seul à pouvoir en disposer.Mon propos ne concerne que le nucléaire civil. 

Dans ce domaine, la France occupe une position exceptionnelle grâce à l’existence de trois organismes qui, depuis 50 ans et plus, accumulent une expérience et des réalisations sans équivalent. Ces trois organismes sont le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Electricité de France (EDF) et Areva, lui-même résultant de l’intégration de Cogéma (Areva NC) et Framatome (Areva NP). 

A eux trois, EDF, CEA, Areva couvrent la panoplie complète du nucléaire civil, depuis la R§D effectuée largement au CEA jusqu’à la production d’électricité effectuée dans des conditions excellentes par EDF. Le maillon Areva se situe entre les deux, intervenant depuis l’extraction du minerai d’uranium jusqu’au retraitement des combustibles brûlés dans les réacteurs, en passant par toutes les étapes de l’enrichissement, de la fabrication des combustibles des réacteurs, de la conception des réacteurs, de la fabrication de leurs composants et de leur construction. Sans oublier, naturellement, les aspects commerciaux, financiers, etc. 

Tout ceci représente une énorme industrie qui, il faut le souligner, a été montée intégralement sur les fonds de l’Etat. Personne autre que l’Etat n’aurait été capable de prendre les risques qu’impliquent tout ce qui a été fait. L’Etat dispose donc là d’un capital intellectuel et matériel impossible à évaluer par les méthodes capitalistiques courantes et, en tout cas, hors de portée pour n’importe quelle entreprise privée, sauf à le recevoir en cadeau ! 

Dans la situation qui prévaut actuellement, le Président de la République est le responsable suprême de tout cet ensemble. L’Etat est en effet propriétaire du CEA et il détient une large majorité dans EDF et Areva. 

Lorsque le Président de la République parcourt le monde et offre les réalisations du nucléaire français à différents pays, il agit comme le chef de l’entreprise nucléaire et l’Etat assume naturellement les risques éventuels, techniques, financiers et politiques des opérations. 

Il ne faut pas oublier que l’industrie nucléaire a un statut particulier dans tous les pays du monde. La construction et l’exploitation d’installations nucléaires ne se font pas sur de simples initiatives privées, comme cela peut être le cas pour des centrales à gaz, au fioul ou au charbon. En nucléaire, les autorités de sûreté, toujours liées à l’Etat, autorisent, surveillent, interviennent souverainement tout au long de la construction et de la vie des installations. J

J’en conclus que l’organisation actuelle du nucléaire français, fruit d’un long passé et d’une grande expérience, est parfaitement adaptée à la demande mondiale.

Dans ces conditions, il serait bien difficile de comprendre les raisons pour lesquelles le Président, qui dispose d’un outil incomparable, si chèrement acquis aux frais du contribuable et si bien adapté aux projets politiques qu’il met en œuvre, déciderait de le démanteler pour y faire intervenir des entreprises privées hautement honorables mais qui n’ont pas de vocation particulière pour intervenir dans ce domaine si complexe, si spécialisé et si bardé de contraintes étatiques auxquelles il faut être rompu par une longue expérience. 

Rappelons comment se commande une installation nucléaire, une centrale électrique par exemple.L’électricien autorisé par son gouvernement lance un appel d’offres pour la partie nucléaire car c’est elle qui gouverne tout. Une fois ce choix effectué, l’électricien attend les spécifications qu’établit le constructeur nucléaire retenu pour pouvoir lancer les appels d’offres des sous ensembles : génie civil, centrale de secours, groupe turboalternateur, traitements des effluents, etc. L’électricien est le maître de son plan de cantonnement des lots de la centrale et il y tient beaucoup. 

Pour chacun des lots retenus par l’électricien, un appel d’offres a lieu qui met en concurrence plusieurs sociétés du même métier. Plusieurs sociétés de génie civil sont aptes à réaliser les bâtiments des installations nucléaires. Il en est de même pour les groupes turboalternateurs.Dans ce domaine précis, parler de « turbine nucléaire » est un abus de langage. Il n’y a rien de nucléaire dans une turbine de centrale nucléaire. Elle doit simplement être adaptée le mieux possible aux caractéristiques de la vapeur produite par le réacteur. 

Lorsque tout ceci est fait, l’électricien coordonne avec l’aide du constructeur nucléaire la réalisation de la centrale. On voit bien que les deux acteurs essentiels et incontournables sont le client et le constructeur nucléaire. Toute intervention d’un tiers ne peut que polluer le système et brouiller les cartes. 

Pour compléter ce point de vue, je reviens sur un point très particulier et très important, déjà mentionné précédemment. C’est le fait que l’acteur principal de ces dossiers est le Président de la République lui-même.

Qui peut se croire capable de limiter ou d’encadrer son action, lorsqu’il est par exemple en tête à tête avec un chef d’Etat étranger ? Ou le faire revenir sur une position prise sous prétexte que le risque encouru serait trop grand ? 

Non, je suis vraiment convaincu que le schéma français actuel est le mieux adapté possible à la situation. Et si Areva a des besoins de financement pour faire face aux programmes importants qui s’annoncent, il faut étudier et mettre en œuvre des procédures qui ne portent pas atteinte à la propriété et à la direction majoritaire de l’Etat dans ce domaine.

Jean-Claude Leny est ancien président de Framatome

Posté par Jean-Claude Leny, le 07/02/08 dans Energie - Entreprises - France | Commentaires (9) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 février 2008
Japon : le chant du cygne de l’automobile
080204-Embouteillages.jpg2007 restera comme une année noire pour l’industrie automobile dans l’Archipel. La chute du nombre d’immatriculations est sans précédent : avec une baisse de plus de 7%, moins de 3,5 millions de véhicules ont été vendus. Soit autant qu’en… 1972 et moitié moins que le record de 1990 ! Les raisons de cette désaffection des Japonais pour la chose automobile ? La difficulté croissante à utiliser une voiture en ville,  le coût prohibitif d’entretien mais aussi la qualité des transports publics sont invoqués. Avec un baril de pétrole qui flirte avec les 100 $ et qui, selon de nombreux spécialistes, n’est pas près de baisser, l’exemple japonais restera-t-il une exception ? Faudrait-il, au contraire, y voir un signe avant-coureur de ce qui pourrait se passer dans la plupart des pays développés ?
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 04/02/08 dans Asie - Energie - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 octobre 2007
Les beaux jours d’Areva
071029-Areva.jpgHier décriée par les écologistes et boudée par les capitalistes, l’énergie nucléaire est en train de gagner sur les deux tableaux.  Côté écolos, les oppositions persistent mais ne font plus l’unanimité : la crainte du réchauffement climatique joue en faveur des centrales qui ne rejettent pas de Co².

Côté investisseurs, la hausse des prix du pétrole et du gaz rend le nucléaire attractif. La construction des centrales coûte cher (et coûtera encore plus cher si l’on veut accroître les protections contre le risque terroriste) mais l’exploitation est si bon marché que la rentabilité s’annonce bonne.

Areva, leader mondial, a de beaux jours en perspective. L’EPR se vend sur tous les continents. Le marché ne cesse de croître. Pas étonnant que l’entreprise allemande Siemens tienne à sa participation et qu’Alsthom, Bouygues et Total aient un strabisme convergent.
Posté par Marc Ullmann, le 29/10/07 dans Energie - Environnement - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 septembre 2007
Une nationalisation rampante

070905-GDFSUEZ.jpgLa fusion annoncée entre GDF et Suez attire les foudres des syndicats et de certains partis politiques au motif que cette fusion ne serait que la privatisation de GDF.
La réalité économique est tout autre et il s'agit en fait d'une nationalisation rampante de Suez. M. Fillon lui même a déclaré sur les ondes que le pourcentage consolidé de l'Etat dans le nouvel ensemble sera de 40 %, bien supérieur à la minorité de blocage.

Tout le monde sait bien qu'en détenant 40 % du capital d'une entreprise, le reste étant très dilué, on y fait la loi. Il est, dès lors, peu probable que les autorités belges voient d'un bon œil leurs centrales nucléaires passer sous contrôle d'un Etat étranger. Heureusement pour la France, il n'y a actuellement plus de gouvernement belge. Mais si, comme cela est fort possible, les Flamands l'emportent outre-Quiévain, les lendemains risquent d'être difficiles.

Quoi qu'il en soit, cette affaire aura vu se renier autant M. Sarkozy que M. Mestrallet, le premier oubliant qu'il s'était engagé à ce que l'Etat ne descende jamais en dessous de 70 % dans GDF, le second ayant déclaré très récemment qu'il n'accepterait pas une cession des activités environnement de Suez. Et de nous expliquer qu'un "spin off" n'est pas une cession stricto sensu ; soyons sérieux...Tout cela ne renforce pas la crédibilité dans les élites politiques et économiques et c'est bien dommage en ces temps dits de "rupture".

Posté par Michel Chevet, le 05/09/07 dans Energie - Entreprises - Environnement - Europe - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 juin 2007
La Prius : écolo mais pas trop

070625-Prius.jpgUne enquête menée par le bureau d’études américain CNW Marketing Research remet en cause des idées convenues sur la hiérarchie des voitures les plus polluantes.
Optant pour une démarche originale, les chercheurs ont tenu compte des conséquences en termes d’environnement non seulement lors de l’usage du véhicule mais également aux deux bouts de la chaîne : lors de sa conception et de son recyclage en fin de vie. Le tout est rapporté à un indice comptant le coût en dollars de chaque véhicule par mile parcouru.

Et là, Ô surprise ! La Toyota Prius qui arrivait systématiquement en tête de ce type d’enquête grâce à sa motorisation hybride se retrouve en milieu de peloton. A contrario, un énorme 4x4 américain, le Hummer fait beaucoup mieux qu’elle ! En cause ? La très grande difficulté à recycler proprement les nombreuses batteries électriques.
Parmi les bons élèves se retrouvent tout de même la petite et classique Yaris de Toyota, Saab, mais surtout les Allemands, champions des matériaux recyclables, BMW et Mercedes. Peu présents sur le marché américain, les constructeurs français ne figurent pas au classement.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 25/06/07 dans Energie - Environnement - Innovation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 juin 2007
L’atome dans 50 ans

Rebut.jpgPhysicien, membre correspondant de l’Académie des Sciences, pionnier de la recherche sur la fusion nucléaire, Paul-Henri Rebut est intervenu mercredi 11 juillet, sur le thème : « L’atome dans 50 ans ». Prenant au sérieux le réchauffement climatique - il y a, dit-il, une course de vitesse - il en recense tous les paramètres.

Paul-Henri Rebut a débuté sa carrière en 1978 comme chercheur au Commissariat à l'énergie Atomique. Ses recherches dès cette époque portaient sur la physique des plasmas et la fusion contrôlée thermonucléaire.

Après la construction du Tokamak de Fontenay aux Rosés, il a dirigé l'équipe européenne JET (Joint European Torus) à Abingdon en Grande Bretagne.

Inaugurée par la reine d'Angleterre et le président François Mitterand en 1984, cette machine JET a montré pour la première fois au monde que l'on pouvait contrôler un plasma jusqu'à des températures de plus de 300.000.000 de degrés et produire des réactions thermonucléaires au niveau de la dizaine de Mégawatts.

Elu membre correspondant de l'Académie des sciences en 1986, Paul-Henri Rebut est nommé, en 1992, Directeur d'ITER (International Thermonuclear Expérimental Reactor) et chargé de sa conception. Projet mondial avec pour partenaires l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, ITER devrait produire plusieurs centaines de Mégawatts pendant des temps supérieurs à 5 minutes.

De retour en France, il a été, de 1998 à 2004, conseiller du Haut Commissaire au Commissariat à l'énergie atomique.

Paul-Henri Rebut reçoit, en 2005, le prix Hannes Alfven de la Société Européenne de Physique.

En 2007, il crée sa société de Conseil en fusion contrôlée thermonucléaire, Rebut Consultant et travaille pour le projet ITER et GENERAL ATOMICS.

Paul-Henri Rebut a publié de nombreux articles scientifiques et, en 1999, l’ouvrage l'énergie des étoiles, la fusion contrôlée aux éditions Odile Jacob.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 20/06/07 dans Energie - Environnement - L'invité du mois | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 mai 2007
Progrès, où es-tu ?

070521-Progr%E8s.jpgL’automobile, dans sa conception, son évolution et ses usages, est un très bon exemple des déviances qui découlent d’une certaine conception du progrès. L’Ademe vient de publier discrètement une étude qui met à mal le mythe du diesel. Alors même que la croissance faramineuse du parc de voitures équipées de moteurs diesel a été la conséquence d’une politique fiscale aberrante et de campagnes médiatiques pseudo écologiques.

Que dit, si prudemment, l’Ademe ? Que le coût d’entretien des moteurs diesel est nettement supérieur à celui des moteurs à essence et que, de ce fait, le bilan global n’est pas en faveur du gazole. Que le prix de vente de ce dernier est, en France, artificiellement, plus bas que celui de l’essence. Ce qui est une aberration.

Fabriquer les quantités de gazole demandées par le marché est devenu, de ce fait, un cauchemar pour les raffineurs qui se voient contraints de recourir à des procédés de conversion des coupes lourdes de raffinage de plus en plus sophistiquées, coûteuses et énergétivores. La conséquence directe, et sans appel, est que le prix ex-raffinerie (c.a.d. hors taxes) du gazole est supérieur au prix de l’essence ! Le gouvernement français s’était engagé à aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence. Qu’en pensent MM. Fillon et Juppé ?

La lutte contre la pollution atmosphérique est une nécessité de santé publique et de préservation de l’environnement mais elle sert, le plus souvent, de prétexte à se lancer de façon irréfléchie dans de soi-disant solutions d’avenir. Le bioéthanol (E85) en est une très belle illustration. Ce merveilleux « carburant vert » permet peut être de lutter contre l’effet de serre mais on vient de découvrir qu’il libère dans l’atmosphère des produits chimiques destructeurs de la couche d’ozone (chut, il ne faut pas le dire). La grande chance du bioéthanol ? C’est d’avoir derrière lui le lobby agricole. D’un lobby, l’autre…

Quant à l’automobile elle-même, son évolution a été, ces vingt dernières années, en parfaite contradiction avec les objectifs déclarés d’économie d’énergie et de lutte anti-pollution. Une automobile de classe moyenne/supérieure pèse aujourd’hui entre 200 et 300 kgs de plus qu’il y a 20 ans. Cela tient à des tailles plus importantes (pour répondre au désir de confort), à l’ajout des ABS, des airbags, des matériels anti- pollution, d’innombrables dispositifs électroniques (qui ne servent jamais et sont source de pannes coûteuses) et d’une pléthore de gadgets.

A cet effet poids se rajoute le fait que les pots catalytiques et leurs accessoires absorbent près de 10 % de la puissance du moteur. Que s’est-il donc passé ? Pour éviter que les voitures se transforment en « veaux » et conservent les mêmes performances, la puissance des moteurs a fortement augmenté. Conséquence ? Une voiture de 2007, globalement (en incluant son cycle de fabrication et celui de son carburant), pollue plus que sa sœur de 1987.

Que faut-il en conclure ? Certainement pas une négation du progrès mais une grande défiance vis-à-vis des mirages collectifs comme Michel Godet l’a brillamment exposé devant les Vigilants. A défaut d’analyses calmes, réfléchies, approfondies, faisant appel de façon contradictoire à toutes les ressources scientifiques, les politiques menées risquent de plus en plus de marquer l’histoire par leurs effets pervers.

Posté par Michel Chevet, le 21/05/07 dans Energie - Environnement - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 avril 2007
Hésitations nucléaires

070419-CentraleNucl%E9aire.jpgLes partisans de l’énergie nucléaire soulignent que plus on aura recours à elle moins l’atmosphère sera encombrée de Co2. Ces adeptes de l’atome ont du mal à admettre que certains écolos fassent de la résistance. A leurs yeux, c’est de l’obscurantisme. Un accident de type Tchernobyl ne devrait pas se reproduire pour la bonne raison qu’il n’aurait pas eu lieu si les consignes minimales avaient été un tant soit peu respectées.

L’argument est fort mais ne convainc pas tout le monde. D’abord, des erreurs humaines restent possibles quelles que soient les précautions prises. Ensuite, la protection contre la malveillance ne peut être parfaite surtout en temps de guerre ou de terrorisme exacerbé. Pour bien faire, les centrales devraient être enterrées mais quel serait le prix de cet enfouissement ? Les adversaires du nucléaire ajoutent que 43 pays postulent à des mises en service et estiment qu’ils ne sont pas tous capables d’assurer la maintenance ou disposés à accepter l’aide des fournisseurs.

Malgré l’urgence, le débat n’est pas près d’être clos.

Posté par Marc Lanval, le 27/04/07 dans Energie - Environnement - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 décembre 2006
Chine : après Westinghouse viendra Areva

061219-Areva.jpgLa commande chinoise de 4 réacteurs APWR 1000 à Westinghouse ne constitue pas, à mes yeux, un échec technique et/ou commercial pour Areva. La décision, essentiellement politique, doit être vue dans le contexte d’un marchandage sino-américain dont nous ne connaissons pas les arcanes.

Comment expliquer autrement le choix d’un type de réacteur de conception ancienne (plus de 10 ans), dont la puissance est limitée à 1000 MWe pour des raisons techniques et qui n’a jamais été commandé ni réalisé par qui que ce soit ?

Les très grands besoins en énergie de la Chine, associés à la relative difficulté de trouver des sites de préférence côtiers ou sur les grands fleuves, militent pour installer sur chaque site la puissance la plus élevée possible. Avec ses 1 600 MW par tranche, l’EPR est le mieux adapté aux besoins chinois.

Les difficultés rencontrées actuellement par Areva en Finlande pour la construction du premier EPR n’ont, à mon avis, joué aucun rôle dans la décision chinoise. Au contraire, il est préférable et rassurant de construire sur les traces d’une première réalisation qui règle pas à pas les problèmes inhérents à un premier de série.

Et je ne crois pas davantage à une sorte de rétorsion exercée par les Chinois à l’égard d’Areva qui n’a pas accepté de mettre la technologie de l’EPR à leur totale dispositon. Aucune société au monde ne donne gratuitement sa technologie la plus récente et je pense qu’Areva à eu raison d’agir de la sorte. Ceci d’autant plus que les Chinois peuvent disposer librement de la technologie des réacteurs de 1000 MWe que nous leur avons vendu à Daya-Bay et Ling-Ao.

Au total, je serais surpris que les Chinois ne lancent pas à Areva une corde de rappel à une échéance plus ou moins rapprochée. Ils sont trop avisés pour se priver d’un concept aussi moderne et avancé que l’est l’EPR et répondant aussi bien à leurs besoins.

J.-C. Leny, Ancien Président de Framatome

Posté par Jean-Claude Leny, le 19/12/06 dans Asie - Chine - Energie - Entreprises - France | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 décembre 2006
Du miracle au mirage

Bernard Cazes rappelle, dans le dernier numéro de la revue Futuribles, qu’à la fin du XIX ème siècle, sir William Crookes, futur prix Nobel de physique, prédisait une famine sans précédent pour l’humanité. Sir William anticipait, sur une période d’environ 50 ans, une augmentation de la demande de blé et un épuisement de l’azote fixé dans l’atmosphère (indispensable à la culture des céréales).

L’angoisse, précise Bernard Cazes, a fait long feu car, avant l’échéance redoutée, un système de fabrication d’engrais azotés avait été inventé.

Doit-on conclure de ce précédent que les progrès technologiques nous tireront toujours d’affaire ? Non ! A supposer même que des sources d’énergie inépuisables aient été trouvées avant la disparition des combustibles fossiles, cela ne contribuerait que partiellement à résoudre les problèmes de l’eau, des sols arables et autres ressources naturelles que l’humanité a tendance à surconsommer. Circonstance aggravante : avec le réchauffement climatique, l’écosystème terrestre est menacé.

Au total, les défis sont si grands que l’innovation technologique, pour nécessaire qu’elle soit, ne peut être suffisante. Il va falloir tenter du nouveau, se lancer sur un terrain quasi vierge à la fois technique, civique et spirituel.

Posté par Marc Lanval, le 18/12/06 dans Energie - Environnement - Société - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 décembre 2006
Tsar aujourd’hui, demain quoi ?

N’en déplaise aux plus ardents défenseurs des Droits de l’Homme, Vladimir Poutine est populaire en son pays. Il pourrait facilement gagner un référendum s’il voulait modifier la constitution pour avoir le droit de briguer, en 2008, un troisième mandat. « Il n’en est pas question », a-t-il dit. Tous ceux qui l’approchent prennent au sérieux cette affirmation et, selon l’un de ses conseillers, « Il faudrait un risque avéré de guerre mondiale pour qu’il change d’avis ».

Aujourd’hui, en tout cas, les conversations politiques en Russie ne tournent qu’autour de deux sujets. Primo, qui va remplacer Poutine ? Secundo, quel rôle va jouer Poutine après 2008 ? Certains pensent que l’actuel président pourrait prendre la tête de Gazprom et ainsi détenir l’arme la plus puissante dont dispose la Russie. C’est possible mais quand même peu probable !

S’il est vrai que Poutine tiendra à conserver un pouvoir d’influence sur le géant de l’énergie (où il a placé ses hommes de confiance), il aura vraisemblablement envie de garder un œil sur la politique en se taillant un poste sur mesure.

Si tel est vraiment le cas, il n’est pas exclu que l’on assiste, dès 2007, à la création d’une nouvelle « Union » à laquelle pourraient adhérer celles des républiques (ou autres entités) de l’ex Urss qui penseraient avoir intérêt à renouer quelques liens avec la Russie. La Biélorussie, dont les habitants sont de religion orthodoxe, serait la première à se mettre sur la ligne de départ. Après quoi Poutine, en tant que président de la nouvelle Union, pourrait exercer son talent pour laisser miroiter des avantages, planer des menaces voire même monter des sécessions. Faute de pouvoir reconstituer l’URSS, le super tsar s’efforcerait de recréer la Grande Russie.

Posté par Marc Lanval, le 12/12/06 dans Energie - Géopolitique - Politique - Russie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 novembre 2006
Investir en Russie

Le développement économique potentiel de la Russie est immense mais des retards ont été pris. Les entreprises européennes, y compris les moyennes, pourraient en profiter. Une des raisons du retard est que les Russes n’ont pas eu, comme les Chinois, la chance de disposer d’une diaspora prête à investir dans son pays d’origine. Circonstance aggravante : les oligarques avaient tendance à placer à l’étranger un argent vite gagné. Maintenant, tout a changé.

. Non seulement, des capitaux reviennent mais surtout, la hausse des prix du pétrole et du gaz a si bien rempli les caisses que la Russie a pu à la fois rembourser ses dettes extérieures et commencer à moderniser quelques secteurs vitaux de son économie. Dans ces secteurs là, en particulier dans l’énergie, la place laissée aux étrangers sera sans doute modeste et en tout cas minoritaire.

Mais dans la plupart des nouvelles technologies, dans la grande distribution, l’agro-alimentaire, la finance, les cosmétiques, la pharmacologie, le BTP, etc, la porte est d’autant plus ouverte aux investisseurs européens que le Kremlin souhaite privilégier la zone Europe au détriment des Etats-Unis. Beaucoup d’entreprises allemandes ont compris le message et beaucoup d’autres s’y préparent. La France est en retard malgré quelques réussites spectaculaires comme celle d’Auchan qui a équilibré son exploitation dès la première année.

Posté par Francis Dal Farra, le 10/11/06 dans Développement - Economie - Energie - Entreprises - Russie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 octobre 2006
Quand l’or vert chasse l’or noir au prix de... l’or bleu ?

De nombreux espoirs semblent se porter sur le biocarburant, en particulier issu du maïs, comme alternative à l’essence. Moins polluant que le pétrole, il participerait à la réduction des gaz à effet de serre. Mais sa production de masse nécessite des surfaces agricoles extrêmement importantes, un facteur limitant pour de nombreux pays.

. Facteur en passe d’être « résolu ». Michael Raab, un chimiste américain a eu l’idée d’ « optimiser » génétiquement un plan de maïs afin d’en tirer le maximum de bioéthanol, augmentant ainsi le rendement à l’hectare de 50%.

Pourtant, un autre facteur limitant est oublié : l’eau. Ainsi, 70% de l’eau consommée en France l’est par l’agriculture. Notre soif inextinguible d’or noir croit, aujourd’hui, trouver un substitut dans l’or vert, lui-même grand consommateur d’une ressource autrement plus vitale : l’or bleu. A moins que les progrès du génie génétique finissent par nous offrir un maïs aussi économe en eau qu’un cactus...

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 25/10/06 dans Energie - Environnement - Génie Génétique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 septembre 2006
Vous allez voir ce que vous allez voir…

Telle était la teneur des propos tenus l’année dernière par E. Leclerc lorsqu’il bataillait pour pouvoir implanter des stations-service d’autoroutes. Il lançait alors des anathèmes contre le « lobby » des pétroliers et promettait, s’il obtenait satisfaction, des baisses de prix spectaculaires. Finalement E. Leclerc parvint à ses fins et put installer des pompes Leclerc sur un certain nombre d’autoroutes.

Le résultat est éloquent. Les stations Leclerc affichent des prix rigoureusement identiques à ceux des stations voisines : Monsieur Leclerc a rejoint ce qu’il appelait le lobby. Quant arrêtera-t-on de prendre les consommateurs pour des gogos ? La France irait beaucoup mieux si ses « élites » politiques et économiques mettaient leurs actes en ligne avec leurs dires (et inversement). C’est le minimum de l’honnêteté intellectuelle devenue, malheureusement, une vertu passéiste. Le succès de Mme Royal tient pour beaucoup à cette exigence de nos concitoyens.

Posté par Michel Chevet, le 04/09/06 dans Citoyenneté - Energie - Humeur | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 31 mai 2006
De l’URSS à l’URPG

En Russie, Gazprom est plus qu’un Etat dans l’Etat, c’est le bras armé de l’Etat pour reconquérir une partie du terrain perdu par l’URSS. Il s’agit de bâtir une sorte d’Union des Républiques Pétro Gazières en devenant non seulement l’indispensable fournisseur mais aussi le principal distributeur de pétrole et de gaz dans celles des anciennes républiques soviétiques qui en sont dépourvues. L’Arménie a déjà cédé l’essentiel de ses actifs énergétiques. La Biélorussie va bientôt faire de même et l’Ukraine ne pourra pas rester longtemps insensible aux pressions de son puissant voisin.

Pour l’Europe Occidentale, le problème de l’indépendance énergétique se pose aussi, bien que différemment. D’une part, l’Union Européenne ne peut plus se passer du gaz russe mais, d’autre part, ses achats représentent l’essentiel des revenus de Gazprom. Du coup, une sorte d’alliance industrielle historique se renoue. L’Allemagne est au centre de ce « partenariat stratégique ». L’ex chancelier Gerhard Schröder préside la société mixte qui va construire un gazoduc direct sous la baltique. Normal ! Un de ses prédécesseurs, Helmut Schmidt avait prévenu Ronald Reagan lorsque celui-ci tentait de s’opposer à la construction d’un autre gazoduc à l’époque de l’URSS : « Cela fait plus de cent ans que nous travaillons en Russie ; c’est nous qui avons construit son premier pipeline ; il est souhaitable que nous recommencions ».

Posté par Marc Lanval, le 31/05/06 dans Energie - Europe - Géopolitique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 mai 2006
Lula entre cœur et portefeuille

Fidel Castro a 79 ans et n’a pas de pétrole. Hugo Chavez a 52 ans et beaucoup de pétrole. Pas besoin d’être extralucide pour savoir lequel des deux fait désormais figure de leader pour toute la gauche d’Amérique Latine. Chrétien, Chavez prêche une sorte de socialisme indépendant de la tradition marxiste.

C’est lui qui, le 29 avril, a nommé: « Sainte Trinité anti-impérialiste » le traité qu’il venait de signer avec Castro et le jeune (47 ans) président de la Bolivie Evo Morales. Celui-ci, dès le lendemain, s’empresse de suivre l’exemple de Chavez en nationalisant les hydrocarbures (pétrole et surtout gaz) dont son pays est assez pourvu. Les compagnies étrangères disposent de 180 jours pour renégocier leurs contrats.

Elles sont 26 dont Exxon et Total mais la plus impliquée est la société brésilienne Petrobras. C’est cette dernière qui, sans doute, donnera le ton. Luiz Inácio Lula se trouve ainsi confronté à un dilemme. Elu par la gauche et défenseur des pauvres, il lui sera difficile de s’opposer à un partage plus équitable des profits dans un pays voisin. Président du Brésil, il devra, cependant, défendre les intérêts d’une grande compagnie nationale. Le choix n’est pas anodin : la carte politique de tout un continent peut s’en trouver affectée.

Posté par Marc Ullmann, le 12/05/06 dans Amérique Latine - Energie - Géopolitique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 avril 2006
Filières atomiques

khan.jpgUn procès qui se déroule actuellement à Mannheim met en lumière la complexité des circuits utilisés pour la prolifération nucléaire. Un ingénieur, Gotthard Lerch, est accusé d’avoir facilité, entre 1999 et 2003, l’exportation en Libye de composants utilisés pour l’enrichissement de l’uranium. Le trafic a été découvert lorsque Kadhafi, pour se réconcilier avec l’Occident, a démantelé des installations dont, jusqu’alors, il avait nié l’existence.

L’examen du dossier libyen a permis de remonter une filière conduisant à Abdul Khan, ce savant pakistanais qui a vendu de nombreux secrets non seulement en Libye mais aussi en Iran, en Corée du Nord et ailleurs. Les filières étaient tellement foisonnantes que Mohamed El Baradei, Directeur Général de l’Agence Internationales pour l’Energie Atomique a lui-même été surpris : « Quand vous voyez, a-t-il dit, des instruments conçus dans un pays, fabriqués dans deux ou trois autres, expédiés dans un quatrième puis détournés vers un cinquième, vous ne pouvez ignorer l’existence d’un réseau mondial ».

Posté par Marc Lanval, le 22/04/06 dans Energie - Mondialisation - Technologie - Terrorisme | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 avril 2006
Canada : go West

alberta_map.jpgStephen Harper est le nouveau Premier ministre de la Fédération Canadienne. Le parti conservateur, dont il est le chef, a battu les Libéraux au pouvoir depuis 12 ans. La novation cependant est ailleurs, M. Harper est originaire de l’Alberta, un Etat de l’Ouest canadien dont les réserves en pétrole, en gaz et surtout en sables bitumineux sont immenses.

Or, la constitution fédérale stipule que chaque Etat possède les ressources naturelles situées sur son territoire. M. Harper ne s’est nullement engagé à changer la Constitution mais sait que 3 millions d’Albertains ne doivent pas devenir immensément plus riches que les 29 autres millions de Canadiens. Il proposera sans doute une législation permettant aux Etats les plus pauvres de bénéficier de transferts en provenance des Etats les plus riches. Mais dans quelles proportions ? La bataille s’annonce rude.

Posté par Marc Lanval, le 18/04/06 dans Amérique du Nord - Economie - Energie - Politique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 avril 2006
Réduction des gaspillages d’énergie

En Angleterre, en Californie, en Suède, et sans doute aussi ailleurs, des groupes de maisons ou d’immeubles ont été construits avec des matériaux qui permettent de diminuer une partie des gaspillages d’énergie. De plus, l’énergie consommée par ces « environnementalistes pratiquants » est produite par des panneaux solaires ou par des mini éoliennes. Avec quelques années de recul, le résultat semble prometteur : au prix actuel du kilowatt/h, les surcoûts de construction s’amortissent en quelques années.

Cela tend à montrer que le système de production centralisé peut être concurrencé même si aujourd’hui le prix de l’électricité produite à partir de sources renouvelables (éolien, solaire, courants maritimes, etc.) est encore généralement supérieur à celui des centrales thermiques ou nucléaires. La technologie avance et la production décentralisée devrait bientôt permettre à des producteurs locaux de former des réseaux de « coopératives énergétiques » capables de dépasser le cadre de l’autoproduction.

Posté par Déborah Secrétin, le 07/04/06 dans Citoyenneté - Energie - Environnement | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 mars 2006
Les dessous du duel Areva Westinghouse

Areva.jpgLa nouvelle de l'échec probable d'Areva en Chine ne me surprend pas. Il existait à Pékin depuis quelque temps des rumeurs allant dans ce sens. Il faut le regretter mais il faut également préciser que la concurrence entre Areva et Westinghouse ne se situait pas sur le même registre.

Le modèle proposé par Westinghouse, l'AP 1000, date de plus de quinze ans. C'est l'extrapolation à 1000 MWe d'un modèle de 600 MWe jamais construit, n'ayant jamais trouvé d'acquéreur pour de nombreuses raisons. On ne peut pas dire que le modèle 1000 MWe soit beaucoup plus séduisant, ne serait ce que parce sa puissance est trop faible. Je ne m'étonne donc pas que Westinghouse ait accepté de vendre cette technologie aux Chinois. Si le chiffre de 400 millions de $ est exact, c'est une bonne affaire car c'est un gain net sans risque. Cela ressemble à la vente, en 1988, par Combustion Engineering (déjà mal en point) à Kepco, l'électricien sud-Coréen, de son système 80. A l'époque, déjà, cela avait contrecarré nos projets en Corée du sud. L'EPR conçu par Framatome ANP (Framatome et Siemens) proposé par Areva est un modèle de 1600 MWe ultra moderne, agréé par les autorités de sûreté européennes, dont un premier exemplaire est en cours de construction en Finlande. Un deuxième sera entrepris par EDF sur le site de Flamanville. C'est ce modèle qui sera proposé pour les nouveaux programmes nucléaires en Europe et à l'étranger (Inde, Brésil, USA etc).

Son développement, qui s'est étalé sur plus de 10 ans, a été extrèmement coûteux. On peut comprendre que, dans ces conditions, Areva et Siemens n'aient pas voulu jouer le même jeu que Westinghouse.

Posté par Jean-Claude Leny, le 20/03/06 dans Economie - Energie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 mars 2006
Inde : la révolution Bush

Ce n’est pas parce que Bush a commis beaucoup d’erreurs que tout ce qu’il fait est nécessairement mauvais. L’accord qu’il vient de signer en Inde est une révolution. Seuls les Etats-Unis pouvaient l’oser. Espérons que le Congrès l’approuvera.

L’Inde, rappelons-le, a refusé de signer le Traité de Non Prolifération parce qu’elle voulait garder les mains libres pour construire sa bombe. Du coup, elle subit un embargo sur toutes les technologies nucléaires, y compris sur les technologies civiles. C’est cette dernière disposition que Bush veut faire sauter et, dans le cas particulier de l’Inde, cela paraît justifié pour, au moins, trois raisons. Primo : l’Inde est une grande puissance au même titre que la Chine et peut légitimement se sentir menacée par le Pakistan. Secundo : à la différence du Pakistan qui a vendu à la ronde ses secrets nucléaires, l’Inde n’a jamais été « proliférante ». Tertio : priver l’Inde de centrales nucléaires c’est la contraindre à utiliser massivement des combustibles fossiles et contribuer ainsi à la destruction de l’environnement. Ajoutons que l’Inde est un marché prometteur pour les centrales nucléaires et que la France, à cet égard, n’est pas mal placée.

Posté par Jean-Claude Leny, le 17/03/06 dans Asie - Energie - Technologie - USA | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 mars 2006
GDF/Suez le fond et la forme

GDF-SUEZ.jpgLe projet de fusion en GDF et Suez se justifie parfaitement sur le fond, les deux entités étant très complémentaires. Par contre la forme de l'annonce de cette fusion a été catastrophique. Les états-majors des deux groupes discutaient déjà depuis plusieurs mois de leur rapprochement. ENEL a tout précipité.

L'annonce de la solution GDF/Suez par le Premier Ministre en personne, avec le drapeau français en arrière plan a été pour le moins maladroite et a braqué l'Italie, la Belgique (qui voit la nationalisation de Suez donc le passage d'Electrabel sous contrôle du gouvernement français) et les syndicats (qui voient eux la privatisation de GDF).

Il aurait mieux valu laisser les présidents des deux groupes annoncer l'opération. Que le gouvernement s'intéresse de près à une telle affaire est la moindre des choses et se justifie mais pour employer une métaphore informatique, il serait préférable que ces discussions (négociations) se déroulent comme des programmes qui tournent en arrière plan. Malheureusement l'humilité et la simplicité ne sont pas des vertus que l'on a enseignées à nos élites politiques et administratives.

Posté par Michel Chevet, le 02/03/06 dans Energie - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 mars 2006
Le tic tac de l’horloge à réchauffement

Réchauffement.jpg5 ° d’écart de température seulement nous séparent de la fin de la dernière période glacière. 10 ° d’écart de température seulement nous séparent des périodes glacières les plus intenses. C’est dire que le réchauffement climatique en cours (au moins 1,5 ° et peut-être 3 d’ici à la fin du siècle) est tel qu’il enclenchera presque sûrement le tic-tac de l’horloge à catastrophes.

Est-il déjà trop tard pour agir, pour faire en sorte que l’horloge n’aille pas jusqu’à sonner la fin de l’espèce humaine ?

Chaque tonne de charbon brûlé, chaque litre d’essence gaspillé nous rapproche du cataclysme. Le fonctionnement normal du marché, en vertu duquel la rareté engendre une hausse des prix qui conduit naturellement à économiser des biens devenus rares, a un effet réel mais trop lent pour être efficace. Des avancées technologiques peuvent réserver des bonnes surprises mais personne n’en est sûr. Bref, le monde ne s’en tirera pas sans un changement de paradigme. La société industrielle dans laquelle nous évoluons risque de ne pas être viable. Ce n’est pas seulement une question de pétrole. C’est une question de survie.

Posté par Déborah Secrétin, le 01/03/06 dans Energie - Environnement - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 février 2006
Droit du travail ou Droit du commerce ?
Nos civilisations modernes s'enivrent tous les jours de l'idée d'égalité des Droits.
Il est vrai qu'il s'agit là d'une des notions qui distinguent le plus les peuples civilisés des peuples barbares.
. L'un de mes jeunes neveux, âgé de moins de 26 ans, ingénieur diplômé de bonne origine, vient de s'entendre dire, par une entreprise, que sa candidature est certes jugée intéressante mais que son traitement est momentanément "suspendu" pour raison d'évolution prochaine de la législation du travail...
Il revient vers moi pour me demander conseil. Je dois dire que, dans son cas, je suis un peu perplexe. ll en profite pour me faire remarquer que, par ailleurs, il est en cours de changement de son contrat actuel auprès d'un grand opérateur de téléphonie qui lui "suggère" de changer de mobile. La proposition lui semble intéressante : acquérir le mobile pour un prix assez raisonnable mais à la condition qu'il souscrive immédiatement un contrat de fidélité dont il ne pourra se libérer qu'au bout de 2 ans.
Son dilemme s'amplifie... et mon questionnement surgit !
D'un côté, il lui est demandé, en application du Droit du Commerce, de s'engager fermement au titre de "personne privée" vis à vis d'une "personne morale" pour une durée de 2 ans en lui assurant un chiffre d'affaires récurrent.
De l'autre, il se trouve face à une autre "personne morale" qui ne veut pas s'engager fermement à assurer un revenu récurrent et stable à lui, "personne privée", en application du futur Droit du Travail, et ce pour une durée de 2 ans.
Je cherche la logique de la situation et je ne sais que lui conseiller... sauf à lui proposer de trouver une source de financement complémentaire autre que son futur travail. En effet, que dirait-on d'une entreprise qui ne tirerait ses recettes que d'un seul client ? Tous les auditeurs diraient qu'elle est... mal gérée. Alors pourquoi ne travailler que pour une seule entreprise ? Mais je me dis aussi qu'il faudra bien un jour s'entendre sur le terme d'égalité des Droits dans notre beau pays de France et se poser la question de savoir si certains droits en matière de contrat sont différents selon que l'on est une personne "privée" ou une personne dite... "morale".
Posté par Henri-Paul Soulodre, le 06/02/06 dans Débats - Economie - Education - Emploi - Energie - Entreprises - Politique | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 janvier 2006
La Chine ou la soif d'énergie

petrole-MO.jpgLa Chine est d'ores et déjà un acteur majeur de l'économie mondiale. Ses besoins énergétiques vont aller croissant. Il en est de même pour les pays occidentaux. Leurs chemins vont donc se croiser sur la route de l'or noir, en particulier au Moyen Orient, région symbole de l'instabilité politique.

La croissance économique, à des taux à deux chiffres ou presque (toute statistique chinoise est à considérer avec la plus grande prudence), d’un pays de plus d’un milliard d’habitants ne peut se faire qu’accompagnée par un développement non moins spectaculaire de la demande en énergie. J’emploie à dessein le terme de développement et non de croissance. En effet les années 90 ont connu une croissance extraordinaire du PNB chinois et, fait extraordinaire, des chiffres de demande énergétique qui furent en baisse à la fin de la décennie.

Cette baisse, en termes absolus, que l’on ne peut nier, cachait des phénomènes paradoxaux qui ne sont que la traduction de la coexistence de secteurs économiques séparés en fait par des siècles de développement économique.

D’un côté le 21ème siècle symbolisé par la centrale nucléaire de Daya Bay, les satellites, les plates-formes pétrolières offshore de Nanhai ou le rachat de la division ordinateurs d'IBM, de l’autre une industrie charbonnière souvent digne de l’iconographie du Far West .et qui connaît des accidents majeurs à répétition que l'on ne peut plus cacher, progrès de l'information aidant. Les autorités chinoises se sont enfin décidées à lutter contre cette image calamiteuse de la Chine.

N’oublions pas que le charbon a été l’énergie de la révolution chinoise et qu’il reste de très loin prépondérant dans l’économie énergétique de la RPC. La Chine a les plus grosses réserves mondiales de charbon et le recours à ce combustible se justifiait parfaitement.

Jusqu’à la fin du 2Oeme siècle la production charbonnière chinoise a été le fait, pour une énorme part, d’exploitations minuscules, à flanc de montagnes d’où l’on voyait sortir des wagonnets poussés par des hommes. Les logements individuels étaient (et sont toujours) chauffés grâce à des briquettes de charbon, servant aussi à la cuisine. Les autorités chinoises, dont le nouveau credo était le développement économique, se trouvèrent face à un gigantesque réservoir d’économies d’énergie potentielles. Naturellement dans un tel contexte les premiers efforts donnent les résultats les plus spectaculaires et c’est ce qui se produisit en Chine grâce à la rationalisation de la production du charbon, à la fermeture d’innombrables petites mines, au développement des GPL et du gaz etc., conduisant au paradoxe apparent cité précédemment.

Si l’on compare la Chine aux économies européennes, il reste pour l’Empire du milieu un très long chemin à parcourir avant d’atteindre les taux d’efficacité énergétique que nous connaissons. Ce long chemin trouvera sa traduction pendant encore plusieurs décennies par des statistiques énergétiques qui pourront paraître surprenantes en première analyse.

Si le charbon a joué un rôle fondamental en Chine et s’il continuera à tenir, dans le court terme, la première place dans le mix énergétique, il n’en reste pas moins vrai que tout modèle de développement économique est actuellement basé sur le recours aux hydrocarbures. Cela tient pour une grande part au développement des transports routiers dont la source d’énergie est soit l’essence soit le gazole. Qui plus est, le charbon chinois est, en général, de mauvaise qualité, à faible pouvoir calorifique et à forte teneur en soufre donc fortement polluant, ce qui obère considérablement son utilisation directe ou indirecte (transformation en hydrocarbures liquides, voie suivie en leur temps par l’Allemagne et l’Afrique du sud). En outre les gisements sont géographiquement dispersés, loin des centres de consommation et l’infrastructure ferroviaire est dramatiquement insuffisante.

La Chine se voit donc contrainte d’épauler son économie par un recours accru aux hydrocarbures considérés désormais comme un des nerfs du développement économique.

La politique pétrolière chinoise s’est d’abord caractérisée par son caractère autarcique et sa grande concentration géographique. Elle connut lors de son essor de grands succès (en particulier la mise en production de l’énorme gisement de Daqing en Mandchourie), puis des succès plus mitigés (en particulier exploration offshore) et des déceptions non avouées (échec de l’exploration au Tarim, du moins si l’on rapporte les résultats obtenus aux espoirs longtemps clamés comme de quasi certitudes géologiques).

Au début des années 90 est intervenu un fait économique alors peu relevé en Occident : la Chine est devenue importateur net de pétrole. Cette situation va aller en s’accélérant rapidement. En 2005 la Chine importera de l'ordre de 2,8 millions barils/jour (soit 140 millions de tonnes) correspondant à 43% de sa consommation. On estime que les importations chinoises de pétrole pourraient monter à plus de huit millions de b/j en 2015 (équivalent à la production actuelle de l’Arabie Saoudite).

La Chine a longtemps refusé d’admettre que le développement économique risquait de la faire dépendre de l’étranger. Elle a tout d’abord cru et fait croire que sa production intérieure suffirait à approvisionner le pays en pétrole. Il a bien fallu admettre que les réserves de Daqing baissaient de façon inexorable et que les découvertes de nouveaux gisements ne compensaient aucunement le déclin des champs existants. On soutint alors que le salut viendrait de l’Ouest, c’est à dire des réserves "fabuleuses" qu’on allait mettre en évidence au Xinjiang (bassin du Tarim). S’il y eut quelques découvertes, elles ne furent que de taille modeste. Il est intéressant de noter que cette « ruée » vers l’ouest coïncida avec l’ouverture aux compagnies occidentales. Les différents « rounds » d’offres furent des échecs, les compagnies occidentales s’étant déjà faites leur opinion sur le Tarim. Si du temps des Ming le Xinjiang faisait partie des territoires des barbares, aujourd’hui il rappèle à Pékin qu’une partie de la République Populaire de Chine est en Asie Centrale et dans la sphère d’influence du fondamentalisme musulman. Il est plus que probable que les autorités de Pékin sont satisfaites qu’une partie importante de leur approvisionnement énergétique ne vienne pas de cette région, considérée comme un glacis stratégique et non comme un hinterland ou un lebensraum. On parle désormais d’importer du gaz d’Extrême Orient russe…mais les derniers incidents entre la Russie et l'Ukraine ont certainement refroidi ces ardeurs.

D’où viendra donc le pétrole importé par la Chine ?

Pour l’instant les tonnages en cause sont relativement faibles à l'échelle du commerce international de pétrole mais ils croissent très vite et ont déjà contribué à déstabiliser le marché, où tout se joue à la marge. Pour des raisons évidentes de sécurité la Chine cherche à diversifier au maximum ses fournisseurs. Cette diversification a des limites : les réserves pétrolières (hydrocarbures liquides) de l’Indonésie, qui fut longtemps un fournisseur régulier de la Chine, sont en chute libre. L’Amérique latine est sous influence américaine et Pékin ne cherchera pas une confrontation directe avec Washington dans cette partie du monde. Quant à l’Afrique de l'Ouest, elle est instable et la Chine n’y a pas de véritable attache.

En ce qui concerne la logistique les importations chinoises se font par des navires de 100.000 tonnes maximum, ou par des 200.000 tonnes en charge partielle, qui conviennent pour des trajets « régionaux » mais sont loin de l’optimum économique sur de très longs trajets (la Chine a pris du retard dans la construction de terminaux capables de recevoir des Very Large Crude Carriers (VLCC) de 300.000 tonnes). Cette situation peut répondre à la situation présente mais ne peut répondre à un niveau d’importations de 8 millions b/j envisagé pour 2010/2020. Aucune province pétrolière de la zone Asie Pacifique ne peut satisfaire une telle demande. Il faudra donc importer du brut à partir d'autres zones pétrolifères.

Reste donc le Moyen Orient.

La politique de pénétration de Pékin au Moyen Orient est réelle et pragmatique mais discrète et quelque fois maladroite. On peut citer comme exemple l’arrivée des chinois sur la scène pétrolière iraquienne. Malgré l’embargo imposé par l’ONU, la Chine, après avoir été un des principaux fournisseurs d'armements de Saddam Hussein, fut (avec la Russie) le seul pays à signer un contrat pour la mise en développement d’un champ de pétrole déjà découvert mais non exploité (al-Ahdab). Pékin, redécouvrant brutalement (un certain nombre de capitales l'y aidèrent…) l’existence de l’embargo, n’entreprit aucun travail réel sur le champ de pétrole, ce qui lui valut les foudres de Bagdad. Actuellement Pékin fait plutôt "les yeux doux" à Téhéran tant par opportunisme pétrolier que par anti-américanisme mais cela ne l'empêche pas de cultiver des contacts discrets avec les nouvelles autorités de Bagdad et de leur faire de nouvelles offres de service.

De façon plus habile, les Chinois avaient mis le pied très sérieusement au Soudan, jeune nation pétrolière. Le Soudan n’est pas géographiquement au Moyen Orient mais en matière de géopolitique pétrolière, il relève de cette sphère d’intérêts. L'intervention chinoise fut discrète mais fort efficace, jouant de façon très maoïste avec la situation de guerre civile de ce pays. Très récemment, mettant de côté toute idéologie et par pur pragmatisme la société chinoise CNPC (China National Petroleum Corporation), vient de s'allier au frère ennemi indien ONGC (Oil and Natural Gas Corp.) pour racheter ensemble le plus grand producteur syrien de pétrole. Dans le même temps la Chine multiplie les contacts avec l'OPEC qui lui fournit déjà plus de 40 % de son pétrole tout en essayant de racheter des sociétés américaines, déclenchant des réactions de nationalisme économique.

Pour importer du pétrole du Moyen Orient il faut sécuriser les sources d’approvisionnement et les voies de communication. Les détroits indonésiens, bien connus pour leurs pirates, deviendront vitaux pour Pékin, ce qui ne simplifiera certainement pas les relations entre la Chine et l’Indonésie. Il faut aussi disposer de la logistique nécessaire : flotte pétrolière et terminaux d’importation. Force est de constater qu’actuellement les Chinois sont très en retard pour se doter d’une logistique pétrolière moderne. Le premier projet de construction d’un terminal capable de recevoir des super-pétroliers (VLCC) avait été transformé en projet d’importation de minerai de fer !

Les Chinois peuvent donner aujourd’hui l’impression qu’ils hésitent (ou rechignent) à se doter d’une véritable industrie pétrolière puissante et moderne. La récente réorganisation de l’industrie a laissé perplexes les observateurs mais force est de constater que les nouvelles entités crées ou réorganisées sont bien parties à la conquête du Monde.

Pékin considère vraisemblablement que sa dépendance en matière de pétrole ne sera que dans la partie basse de la fourchette des estimations, suite à des succès espérés en matière d'exploration de gaz naturel (gros espoirs sur la région de l’Ordos, dans la boucle du Fleuve Jaune), à une relance du nucléaire civil dont on parle de plus en plus et qui donne déjà lieu à une compétition franco américaine et, fait nouveau, à une politique de développement des énergies renouvelables (éolien en particulier) et d'économies d'énergie.

Une telle politique aurait des chances de réussite si les autorités chinoises arrivaient à limiter le développement de l’automobile individuelle et des transports routiers au bénéfice des transports collectifs et ferroviaires. L’économie chinoise ne semble pas aller particulièrement dans cette direction plus collectiviste et qui relèverait plutôt des heures de gloire du maoïsme.

Seule la protection de l’environnement peut donner des arguments réalistes pour contrer le développement des transports routiers mais seront-ils utilisés ? Jusqu’à ce jour la lutte pour la préservation de l’environnement concerne surtout la qualité de l’air, devenue exécrable dans les grandes villes (l’approche des Jeux Olympiques n'est pas étrangère à cette prise de conscience). Il s’agit alors de restaurer un cadre de vie, non d’instaurer un mode de vie "sans voitures" manifestement non désiré par une population qui, tout au moins pour ses conditions d'existence matérielle, fait son credo de l’individualisme calqué sur l'Occident.

Paradoxes, contradictions. Le chemin n’est jamais simple en Chine pour un esprit occidental. Pour la Chine le temps ne compte pas alors que nous sommes les inventeurs du concept d'"actualisation économique" qui ramène le futur au contexte du jour présent. Il y a les gratte-ciel du Pudong mais la Chine reste éternelle de Confucius à Mao Zedong. A cet égard la lecture du livre de Jean Leclerc du Sablon, qui passa trente ans en Chine et y fut correspondant du Figaro, "L'empire de la poudre aux yeux", est fort instructive et bouscule pas mal d'idées actuellement à la mode.

Quoi qu'il en soit force est de constater que les intérêts énergétiques de l'Empire du Milieu et ceux de l'Occident se croiseront de plus en plus dans une région du Monde, le Moyen Orient, devenue un symbole de l'instabilité politique. La concurrence pour l'accès au pétrole est porteuse de tous les dangers. Cette course à l'énergie aura des conséquences autrement plus graves que celles des importations de textiles ou de jouets chinois.

Le gros avantage de la République Populaire de Chine par rapport à nos démocraties occidentales est qu'elle peut jouer simultanément sur deux registres : le marxiste et le capitaliste. Ce n'est que la mise en application de la fameuse maxime de Deng Xiaoping : "peut importe la couleur du chat pourvu qu'il attrape les souris".

Posté par Michel Chevet, le 27/01/06 dans Chine - Energie - Europe - Géopolitique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 décembre 2005
Pour un bon usage du pétrole irakien

Irak.jpgEn dépit des élections législatives, tous les discours sur la démocratisation de l’Irak resteront lettre morte si la rente pétrolière n’est pas utilisée pour améliorer réellement le niveau de vie du peuple et étouffer la guerre civile sous le poids de l’intérêt commun. Pour l’instant, on en est loin. Très loin.

Tout se passe comme si les Sunnites irakiens ne considéraient plus les Chiites et les Kurdes comme leurs compatriotes. Les chiens de la haine ont été lâchés. Nul ne sait s’il est encore temps de les remettre en laisse mais une chose est sûre : si les bénéfices du pétrole vont exclusivement dans les caisses des provinces productrices et donc profitent seulement aux Chiites et aux Kurdes, rien, absolument rien, ne pourra atténuer la colère des Sunnites. Les partis politiques issus des élections ne pourront, en aucun cas, faire l’impasse sur ce problème majeur. Le dosage entre fédéralisme et centralisme n’a rien d’abstrait. Les milliards du pétrole sont en jeu.

Posté par Marc Ullmann, le 21/12/05 dans Développement - Economie - Energie - Moyen Orient - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 novembre 2005
L’Evangile selon Chavez

Chavez.jpgNe nous moquons pas trop vite d’Hugo Chavez. C’est un incorrigible bavard capable de parler pendant des heures sans interruption et d’accumuler les gaffes. Mais il est sincère, adoré par tous les pauvres du Venezuela et persuadé que l’argent du pétrole peut lui permettre d’instaurer un socialisme d’inspiration chrétienne. Selon ce catholique convaincu, Jésus Christ a été le premier socialiste et son enseignement tient beaucoup mieux la route que celui de Karl Marx. Chavez est l’ami de Castro, pas son disciple.

Son expérience est sans précédent. Elle n’a rien de comparable, par exemple, avec celle de Tito qui, dans les années 50, essaya sans succès de fonder l’économie yougoslave sur la cogestion. Rien de comparable non plus avec la malheureuse tentative d’Allende qui voulait introduire de la justice sociale dans le capitalisme chilien. A l’époque d’Allende, au début des années 70, le cours du cuivre était au plus bas et les Etats-Unis n’ont eu aucun mal ? armer le bras de Pinochet pour donner le coup de grâce ? une économie exsangue. Par contraste, le Venezuela d’aujourd’hui regorge de dollars car son pétrole vaut cher. Chavez peut donc se payer le luxe de recycler les bénéfices pour promouvoir l’économie de ses rêves. Le gouvernement américain le considère comme un ennemi dangereux mais les compagnies pétrolières installées au Venezuela (Chevron, Exxon Mobil, Conoco Phillips, etc.) incitent ? le ménager pour préserver leurs contrats. Du coup, les subventions pleuvent sur les coopératives et les banques (qui font l’essentiel de leurs profits en marge du commerce pétrolier) peuvent se permettre de consacrer un tiers de leurs prêts ? des projets dans l’agriculture, la construction, le tourisme, le micro crédit et les petites start-up.

Il n’est pas du tout évident que ces jeunes pousses se révèleront rentables et tiendront le coup dans une économie concurrentielle. Si Chavez est obligé de se réfugier dans le protectionnisme, son expérience ne pourra être un modèle pour l’Amérique latine. Si, au contraire, le « social christianique » débouche sur un vrai développement, le retentissement sera énorme. Il serait bon que des Vigilants aillent voir sur place.

Posté par Marc Ullmann, le 21/11/05 dans Amérique Latine - Energie - Géopolitique - Mondialisation - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2005
Géothermie : une énergie d’avenir

  Géothermie - Pilote Soultz sous ForêtsLe

     Le respect, par les pays signataires, du protocole de Kyoto implique la baisse des émissions de gaz ? effet de serre, essentiellement le CO2. Cela suppose une moindre utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz, etc.). Or, le modèle économique qui est le nôtre est gros consommateur d’énergie et, pour tenir les objectifs de Kyoto, des solutions alternatives doivent être trouvées.

A court terme, le nucléaire, énergie propre mais dont la gestion des déchets n’est pas sans problème, peut servir de relais. Le développement des énergies dites renouvelables (marée, vent, solaire, etc.) en est un autre. Cependant, à plus long terme, une voie a été jusqu’ici peu exploitée : la géothermie.

 Sous nos pieds, quel que soit le lieu au monde, se trouve une énorme quantité de chaleur qui appartient à tous et à chaque pays si on utilise l'ancien droit du "tréfonds" : c'est l'énergie thermique du sous-sol et du magma !

 

Convertir en électricité l'énergie thermique contenue dans notre bonne vieille terre ! Quel beau programme !

 

L'étude de cette voie intéressante demandera sans doute des recherches importantes au niveau national ou européen.

Chercheurs et industriels, à vos laboratoires et vos bureaux d'études !

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 20/09/05 dans Développement - Economie - Energie - Environnement - Innovation - Sciences | Commentaires (17) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Luc Ferry
 
Président délégué du Conseil d'Analyse de la Société, Luc Ferry est intervenu, mercredi 1er juillet, sur le thème : « La France de demain doit se réfléchir aujourd’hui ».  
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