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Faut-il craindre Wikipédia ? |
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Dans les années 1980, un homme tente, dans une nouvelle de sciences fiction, d’inventer l’ordinateur capable de répondre à n’importe quelle question. Le jour J arrive. « Dieu existe-t-il ? » fut sa première question. La réponse de la machine fusa : « Oui, depuis aujourd’hui ».
Vingt plus tard, l’homme a peut-être réussi son pari avec Wikipédia. Chacun peut créer un article sur n’importe quel sujet. Quiconque peut le corriger ou le compléter. Avec le temps, les brouillons de départ deviennent des textes argumentés, référencés et pour tout dire dignes de la prestigieuse Encyclopædia Universalis. En somme une production collective et gratuite sous l'œil vigilant de tous. Ainsi, près de 625 000 articles sont disponibles en français, rédigés par 360 000 volontaires (par comparaison, l'Encyclopædia Universalis propose 30 000 entrées). Dans le monde, ce sont, chaque mois, 220 millions de visiteurs uniques qui s'y réfèrent, dans 250 langues, amendant, s'il le faut, les 9 millions de notices existantes. Ce succès ne laisse pas indifférent. Les détracteurs donnent de la voix. D’aucuns s’alarment pour la science et la raison. Quand d’autres crient à la démagogie d’un projet qui ferait croire à chacun qu’il peut devenir encyclopédiste... Ces craintes sont-elles justifiées ? Non, si l’on en croit le résultat d’une enquête effectuée en Allemagne sur une cinquantaine d’articles piochés au hasard dans Wikipédia et dans l’encyclopédie Brockhaus dont l’accès est payant. Sur les critères tels que l’exactitude, la clarté, l’exhaustivité ou l’actualisation des informations, Wikipédia l’a emporté dans 43 cas sur 50. Une étude du MIT à Boston confirme ces résultats. L’intelligence collective avec ce qu’elle suppose de pluri-contrôle, semble, à cet égard, informer aussi honnêtement que les experts. Pour preuve ? Il suffit de rechercher sur Wikipédia le mot « Wikipédia » pour constater que les limites et les probables effets pervers du projet y sont décrits avec beaucoup plus de pertinence que dans bon nombre d’articles de presse. Vous estimez qu’elles sont incorrectes ? N’hésitez pas à les corriger. Wikipédia présente toutefois un défaut. A la question : « Dieu existe-t-il ? », il renvoie à 1060 réponses.
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Flâner sur le Net |
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Les bibliothèques du monde entier contiennent environ 65 millions d’ouvrages. Au rythme où Google avance, le tout sera numérisé dans sept ou huit ans. Les internautes pourront ainsi flâner sur le Net comme dans une immense librairie de tous les savoirs. Mais pour faire quoi ?
La tentation sera grande de chercher, à l’intérieur de chaque livre, les quelques phrases ou paragraphes qui intéressent particulièrement l’utilisateur. Le risque est d’autant plus fort que les jeunes générations sont habituées à lire directement sur écran et préfèrent les textes courts aux longues dissertations. Au total, l’avenir de la littérature se joue dans les écoles d’aujourd’hui. Plus grand sera le nombre des jeunes qui resteront attirés par la lecture, plus grande sera la chance que le surf sur la Toile donne encore envie de découvrir des ouvrages dans tout leur mystère et leur complexité.
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Arrogance à la française |
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Selon plusieurs articles parus dans la presse française, le Centre d'analyse stratégique (ex Commissariat du Plan) prévoit que, d'ici 2015, les emplois vont foisonner dans deux secteurs : les emplois « hautement qualifiés et spécialisés » (notamment dans l’informatique) et les emplois « peu qualifiés » (notamment dans les métiers de service).
Je bute sur ces termes d'« emplois peu qualifiés » dont je me demande s'ils n'expriment en même temps qu'un travers français, la morgue des supers diplômés vis-à-vis de ceux qui ne le sont pas. Les emplois de service exigent, pour être bien remplis, de fortes qualités personnelles : débrouillardise, sens de l'organisation et de la responsabilité, empathie et bien d'autres qualités qui s'apprennent dans la vie sinon en passant des concours.
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Mémoire poubelle |
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« La culture, disait Edouard Herriot, est ce qu’il reste quand on a tout oublié ». Dans cet esprit, la mémoire doit être sélective et l’éducation servir de terrain d’entraînement pour filtrer l’essentiel et éjecter l’accessoire. Or, quelle est la mode aujourd’hui ?
Des jeux comme « Quid », « Trivial pursuit » ou des émissions comme « Qui veut gagner des millions » privilégient la « mémoire attrape tout » au détriment de la « mémoire filtre ». Parallèlement, de plus en plus d’épreuves d’examens se présentent sous forme de « QCM ». Les copies sont faciles à corriger mais les connaissances stériles priment sur les raisonnements féconds.
De même, de plus en plus de musées renoncent à rendre hommage à des œuvres sélectionnées et choisissent de présenter en vrac tout ce qu’ils ont pu rassembler sur tel ou tel sujet, tel ou tel lieu ou même telle ou telle manie. Comment voulez-vous qu’un « Honnête homme » s’y retrouve ? Comment voulez-vous qu’un jeune sache que l’Histoire n’est pas faite uniquement de dates et de noms, qu’il y a de la longue durée, des bifurcations, des occasions manquées, des succès inattendus, bref, matière à réflexion ?
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Livres à la coupe |
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Plus de la moitié des étudiants français n’ont jamais mis les pieds dans la bibliothèque de leur université. Pour leurs mémoires, leurs thèses, voire même leurs doctorats, c’est sur Internet qu’ils cherchent leur « doc ». C’est sans doute pareil aux Etats-Unis car Amazon envisage de lancer un système d’achat de livres à la page ou par chapitre. Certains s’indigneront devant ce qu’ils considèreront comme la destruction d’un objet de culture. D’autres trouveront normal qu’un écrit soit disséqué en fonction des sujets abordés et des références qu’il contient.
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Algérie : éducation schizophrène |
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L’enseignement supérieur, en particulier dans les domaines scientifiques, est assuré pour l’essentiel en français. Médecine, pharmacie, écoles d’ingénieurs et même... l’ENA, Ecole Nationale d’Administration, continuent à user largement de la langue de Molière. Les fonds documentaires des universités et autres instituts de formation ne dérogent pas à la règle puisque plus de 95% sont en français.
Primaire, secondaire et lycée sont de leur côté « arabisés », c’est-à-dire que toutes les matières, y compris scientifiques, sont enseignées en arabe. Résultat : même les meilleurs élèves peinent à tirer leur épingle du jeu... sauf si papa est assez riche pour les envoyer se mettre à niveau à l’Alliance française à Paris.
C’est dans ce contexte, que les écoles privées ont fleuri. Tous les cours s’y tenaient en français exceptées les matières dites molles telles que l’histoire, la géographie, la philosophie etc. Le succès était au rendez-vous. D’abord limitées à Alger, elles ont essaimé un peu partout. Aujourd’hui, elles sont sommées de se conformer aux programmes officiels et arabisés de l’Education nationale. Les 72 réfractaires ont promis de le faire à la rentrée prochaine.
Dans le même temps, les pouvoirs publics ont décidé de réintroduire le français dès le CE1, contre le CM1 auparavant dans les écoles publiques. Serai-ce suffisant ? Rien de moins sûr. D’ores et déjà, ce sont les cours privés de maths, physique, chimie, sciences naturelles qui flambent... en français bien sûr.
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Faut-il supprimer l'E.N.A. ? |
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Un universitaire canadien, Timothy B. Smith, vient de publier aux Editions Autrement un ouvrage dénommé :"La France injuste" (voir à ce sujet Le Point du 16 février). Il y dénonce en particulier, les "castes privilégiées".
Parmi les solutions qu'il suggère figure la suppression de l'ENA, "monastère qui vivrait coupé du mondemais continuerait à penser qu'il détient la vérité". Quant on constate que la très grande majorité du monde politique français, de droite comme de gauche, sort de cette école et que cabinets ministériels et haute administration sont trustés par énarques et polytechniciens, le blocage de la société française est une conséquence parfaitement logique.
Seul un renouvellement des élites par une véritable réforme de l'éducation permettra de faire évoluer les mentalités. Napoléon portait la plus grande admiration au système chinois du mandarinat et à ses concours accès dont il s'inspira fortement. Le monde a changé depuis les Ming et les Qing...
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Questions à Luc Ferry |
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N'ayant pu participer à sa conférence au Club des Vigilants, il est quelques questions que j'aurais aimé poser à Monsieur Luc Ferry.
D'abord, un premier groupe de questions, touchant à la finalité de l'Education Nationale.
Est-ce un système, rémunéré par tous les citoyens du pays, qui vise à être un instrument d'instruction, destiné à donner aux futurs citoyens de la France, les informations et les modes de réflexion nécessaires et suffisants pour qu'ils soient à même de comprendre leur environnement futur et de s'y mouvoir avec intelligence ?
Est-ce un système, rémunéré par tous les citoyens du pays, qui vise, de plus, à être un instrument d'éducation, destiné à conduire les futurs citoyens au milieu du dédale
- des conventions sociales,
- des usages culturels,
- des règles citoyennes,
- des savoirs particuliers utiles actuels,
qu'ils devront connaître pour leur permettre, comme membres de notre société "civilisée", de pouvoir vivre ensemble dans un niveau d'harmonie suffisant pour éviter les crises sociales, les comportements spontanés agressifs et obtenir, pour tous, une "qualité de vie" suffisante ?
Est-ce, en outre, un système, rémunéré par tous les citoyens du pays, qui vise en outre à être un instrument de formation professionnelle, destiné à rendre utilisables par l'économie les producteurs-citoyens vus comme des moyens économiques, des "ressources humaines" qui soient immédiatement utilisables telles quelles par les entreprises et autres organisations à but économique ?
Ensuite, un second groupe de questions, relatives à l'économie générale du sytème " Education Nationale " .
Jadis, la formation professionnelle était largement financée, au travers de l'apprentissage et du premier emploi des jeunes, par les acteurs économiques eux-mêmes , acteurs qui, en ces temps immémoriaux, cherchaient encore et principalement à s'attacher et à fidéliser leurs employés et pas seulement les "Hauts Potentiels" (sans doute parce que, ayant "investi en eux", ils ne les regardaient pas seulement comme des "ressources"...)
Notre société semble avoir de plus en plus tendance à ne se représenter la personne, qu'au travers d'une seule de ses composantes, celle de sa "valeur économique".
Dans cette hypothèse, Monsieur Luc Ferry ne trouve-t-il pas que nous, les contribuables-citoyens, finançons la création d'une valeur ajoutée importante, celle qui a transformé, par exemple un enfant ignare et immature, dans son état premier, en un brillant ingénieur, gestionnaire, technicien ou bien en un efficace manager, immédiatement "consommable" et utilisable à peu de frais par l'économie ?
Le récent Ministre de l'Education Nationale qu'il a été, pourrait-il dire ou du moins estimer quel est le "prix de revient" complet pour la collectivité, d'un élève au cours de sa scolarité, depuis la maternelle jusqu'à l'obtention de son diplôme de Polytechnique ou de l'ENA, par exemple.
Quel est le prix de revient, pour la collectivité, d'un diplômé de l'Education Nationale sur le pas de la porte de l'entreprise ?
N'est-il pas le résultat d'une véritable "chaîne de valeur ajoutée", d'un "processus" dont le prix de revient est payé par la collectivité mais dont le "prix de vente" aux acteurs et utilisateurs de l'économie est quasi nul ?
Que ferait l'économie malgré son dynamisme cyclothymique sans des "ressources humaines de qualité" ?
En conclusion, comment faire prendre en compte, dans le calcul du prix de revient des produits et services que délivrent les entreprises, la valeur ajoutée créée par le système éducatif national, aujourd'hui très peu financé par les entreprises, du moins sur sa composante professionnelle ?
pétrole gris" par certaines entreprise actuelles ? (Ceci n'est évidemment pas le cas de toutes les entreprises et certaines mettent réellement en pratique leur responsabilité humaine et sociale !)
La rémunération d'un employé par l'entreprise ne doit-elle être analysée que comme de la "location d'énergie d'une ressource humaine" ou bien comprend-t-elle, par nature, une part d'amortissement de la dépense préalable que la collectivité publique a consentie et financée par l'impôt ?
Pourquoi l'Education Nationale ne ferait-elle pas financer, une partie significative de ces dépenses, par les "utilisateurs" que sont les entreprises, dans un cadre contractuel, évidemment ?
Tout ce qui est utilisé a un coût, mais un prix, aussi !
Est-ce donc que la collectivité nationale, donc l'Etat, est devenue le "cultivateur" de bonnes plantes que notre nouvelle économie vient glaner, ici et là, en fonction de ses besoins, sans lien avec la "terre" dans laquelle elles poussent ?
Ce nouveau comportement des entreprises mondiales d'aujour'hui, qui sont de moins en moins "multinationales" mais bien "transnationales", ne présente-t-il pas un risque pour l'avenir d'un "système éducatif collectif" ?
La puissance publique,par ailleurs, ne risque-t-elle pas, ainsi, de devenir une sorte de simple D.R.H. au service de l'économie mondiale ?
Une nouvelle forme de guerre entre Etats, n'est-elle pas ainsi en train d'apparaître : celle de la "production de personnel hautement qualifié et à prix compétitif " ?
Mais,... nous revoilà revenus à la "guerre économique et sociale" que se livrent les Etats d'aujourd'hui... parce qu'ils ont choisi de mettre la "vraie guerre, la guerre armée" hors la loi, au nom du progrès, de la civilisation et de l'humanité ! C'estun sujet cher à notre Président, Bernard Esambert...
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La technique contre l’homme ? |
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Un article très intéressant de Libération du 11/12 févier portait le titre : " A l’école des magistrats, la technique règne en maître ". Cet article, naturellement inspiré par l'affaire d'Outreau, déplore que l'Ecole Nationale de la Magistrature soit devenue une fabrique de techniciens robotisés, spécialistes du code de procédure pénale, du code civil,et autres héritages napoléoniens. Comme le dit un enseignant de cette école : " c'est d'ailleurs plus facile de noter les connaissances techniques d'un auditeur que son sens critique à la lecture d'une expertise ou son aptitude à peser le poids d'une preuve ".
Cela rejoint parfaitement, dans un domaine très différent les propos tenus par le Professeur Derenne devant les Vigilants. Il dénonçait, entre autre, l'évolution de la médecine où l'on ne forme plus des médecins au sens d'Hippocrate mais des techniciens. Cet abandon d'intérêt, ce quasi mépris pour les aspects proprement humains de l'existence est paradoxal. La science serait-elle plus abordable que l'art, pris dans son acception la plus générale ? On nous explique que les jeunes se détournent de plus en plus des sciences "dures", trop difficiles d'accès ; ils préféreraient la finance, le droit international ou le management, tous parangon d'inhumanité. Dans le même temps notre système éducatif, comme l'a magistralement démontré Luc Ferry, n'a pas bougé d'un iota et l'élitisme français resta basé sur les sciences dites dures.
Notre pays reste dominé par le cartésianisme. Quel dommage que Montaigne n'ait supplanté Descartes dans l'évolution de notre culture !
A-t-on bien pris conscience que Internet, qui pourrait être un merveilleux outil de connaissance et de rapprochement des peuples, est utilisé par Bin Laden pour diriger son mouvement. Cet homme, diplômé en informatique, se sert des techniques les plus sophistiquées (stéganographie en particulier) pour manipuler des foules quasiment incultes. En cela il est le digne héritier de Hassan ibn Sabbah, fondateur au 11eme siècle de la secte dite des Assassins, qui depuis sa forteresse d'Alamut dans le nord de la Perse fit régner la terreur dans tout le Moyen Orient. La lecture du livre "Alamut" de Vladimir Bartol est fascinante et d'une actualité troublante.
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Droit du travail ou Droit du commerce ? |
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Nos civilisations modernes s'enivrent tous les jours de l'idée d'égalité des Droits.
Il est vrai qu'il s'agit là d'une des notions qui distinguent le plus les peuples civilisés des peuples barbares. .
L'un de mes jeunes neveux, âgé de moins de 26 ans, ingénieur diplômé de bonne origine, vient de s'entendre dire, par une entreprise, que sa candidature est certes jugée intéressante mais que son traitement est momentanément "suspendu" pour raison d'évolution prochaine de la législation du travail...
Il revient vers moi pour me demander conseil. Je dois dire que, dans son cas, je suis un peu perplexe.
ll en profite pour me faire remarquer que, par ailleurs, il est en cours de changement de son contrat actuel auprès d'un grand opérateur de téléphonie qui lui "suggère" de changer de mobile. La proposition lui semble intéressante : acquérir le mobile pour un prix assez raisonnable mais à la condition qu'il souscrive immédiatement un contrat de fidélité dont il ne pourra se libérer qu'au bout de 2 ans.
Son dilemme s'amplifie... et mon questionnement surgit !
D'un côté, il lui est demandé, en application du Droit du Commerce, de s'engager fermement au titre de "personne privée" vis à vis d'une "personne morale" pour une durée de 2 ans en lui assurant un chiffre d'affaires récurrent.
De l'autre, il se trouve face à une autre "personne morale" qui ne veut pas s'engager fermement à assurer un revenu récurrent et stable à lui, "personne privée", en application du futur Droit du Travail, et ce pour une durée de 2 ans.
Je cherche la logique de la situation et je ne sais que lui conseiller... sauf à lui proposer de trouver une source de financement complémentaire autre que son futur travail. En effet, que dirait-on d'une entreprise qui ne tirerait ses recettes que d'un seul client ? Tous les auditeurs diraient qu'elle est... mal gérée. Alors pourquoi ne travailler que pour une seule entreprise ?
Mais je me dis aussi qu'il faudra bien un jour s'entendre sur le terme d'égalité des Droits dans notre beau pays de France et se poser la question de savoir si certains droits en matière de contrat sont différents selon que l'on est une personne "privée" ou une personne dite... "morale".
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Le jeu de rôle citoyen |
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Marc Ullmann, dans son post « pour un brassage d’adolescents », appelait récemment de ses vœux « une sorte de récréation instructive et dynamique » dans un but de socialisation des jeunes. Je propose ici quelques pistes en matière d’objectifs, de forme et de contenu.
Rapide définition du jeu de rôle
Un jeu de rôle (JdR) est un loisir pratiqué en commun par plusieurs personnes. Il simule la vie souvent aventureuse de personnages fictifs par l’improvisation verbale. Il constitue une version mature des jeux d’enfant « pour faire semblant ».
La spécificité du JdR par rapport ? tout autre jeu est son absence totale d’enjeu. Aucun participant n’est gagnant ou perdant en fin de partie. Le but de chacun est de partager avec les autres une histoire divertissante, stimulante, émouvante et non de prouver sa supériorité.
Contrairement ? des légendes tenaces, un JdR n’est pas un jeu informatique, les joueurs ne se déguisent pas et la thématique n’est pas nécessairement fantastique, même si beaucoup de jeux profitent de leur caractère purement imaginaire pour proposer des situations très différentes de la réalité.
Apports du jeu de rôle
Le JdR encourage certaines qualités et compétences : mémoire, concentration, capacité de déduction, prise de parole en public, lecture, calcul mental, histoire et sciences (par intérêt pour l'univers du jeu), langues étrangères… Enfin, il démontre par l'exemple que toute action commise entraîne des conséquences, qu’un groupe structuré est plus efficace que chacun de ses membres, que l'ingéniosité permet de trouver une issue ? toute situation et que la réalité obéit ? des règles strictes.
Enfin, les joueurs sont souvent tentés (c’est un loisir qui repose sur la créativité) de produire leur propre matériel : scénarios, extensions ou même jeux complets. Ceci développe les talents littéraires ou graphiques des joueurs, ainsi que leur capacité ? gérer un projet et la rigueur nécessaire ? la réalisation d’un produit de qualité. La pratique du JdR peut ainsi conduire ? s’investir dans une association ou chez un éditeur professionnel, avec les responsabilités hiérarchiques et budgétaires qui vont avec.
Le JdR est ainsi une incitation particulièrement agréable et accessible au développement personnel. Il semble donc légitime de l’utiliser auprès de populations qui ont besoin d'une activité conviviale, stimulante, structurée mais non compétitive. On rend ainsi service aux intéressés tout en démontrant la valeur du JdR pour la société.
Rôle social du jeu de rôle
Des JdR au système léger sont déj? couramment utilisés comme divertissement intelligent pour de jeunes enfants dans un contexte parascolaire. Mais il existe en outre diverses populations limitées dans leurs mouvements, vivant en environnement collectif et disposant de peu d’occasions de tromper leur ennui : détenus, personnes en longue hospitalisation ou en maison de retraite... Bien souvent, hormis les visites des proches, le seul loisir est la télévision, surtout si l'illettrisme ou une défaillance visuelle interdisent la lecture.
Or, le JdR est facile ? mettre en œuvre : il ne nécessite ni activité physique, ni matériel mais seulement du temps, de l'imagination et la faculté de s'exprimer. De plus, il permet de remédier au côté désocialisant de telles situations puisqu'il requiert le dialogue avec les autres joueurs et met en jeu une dynamique de groupe qui ne repose sur aucune compétition.
Rappelons toutefois qu'il ne s'agit pas d'une thérapie ? utiliser auprès de populations psychotiques ou sociopathes (qui de toutes façons ne s’y intéresseraient guère).
Quelques applications concrètes
Le collectif Imaginez.net, dont je fais partie, a ainsi noué un partenariat avec l’Espace Plein Ciel de l’hôpital Necker – Enfants Malades. Le mercredi après-midi, entre deux séances de soins, les jeunes patients y trouvent diverses activités ludiques ou culturelles (lecture, musique, vidéo, jeux, sports…) et, désormais, des parties de JdR, sur des produits spécialement conçus par nos soins et diffusés bénévolement : pour enfants de 8 ans, pour personnes ne sachant ni lire ni compter, pour personnes ne pouvant passer plus de 20 minutes dans cet espace.
Nous avons également participé ? plusieurs après-midi dans des ludothèques d’Ile de France, auprès de jeunes enfants pour la plupart issus de l’immigration et plus habitués ? la gratification immédiate et confrontationnelle des jeux vidéo qu’? des valeurs traditionnelles comme le dialogue et la coopération, qui sont au cœur du JdR.
On peut également noter ce mémoire du Centre National de Formation ? l’Enfance Inadaptée, qui porte sur les handicapés moteurs.
Ce type d’initiative semble pouvoir se décliner aisément sur des populations en situation de risque social, prédélinquantes, incarcérées ou en réinsertion. Il subsiste toutefois une population ? ce jour exclue de fait du dispositif.
Application aux aveugles et malvoyants
Tous les JdR actuels font appel ? la vue : iconographie colorée, descriptions visuelles, accessoires ? regarder... Pourtant, la pratique en est essentiellement verbale : description de situations par le meneur et d'activités par les autres joueurs. Or, un dessin ne reflète que l’imaginaire de son auteur, reléguant le spectateur dans un rôle passif, alors qu’une description exige que l’auditeur la réfère ? ses propres expériences : le JdR promeut ainsi chaque participant ? un rôle actif.
En somme, on peut très bien jouer au JdR sans le sens de la vue. Il va donc de soi de proposer ce loisir ? des mal- ou non-voyants qui en sont aujourd’hui exclus, ? condition de formuler des descriptions qui ne recourent pas ? des images visuelles et de mettre au point un système aléatoire qui ne repose pas sur la vue. Non seulement toutes les populations auront alors accès au JdR, mais il pourra sortir de son rôle actuel de passe-temps futile pour gagner enfin la reconnaissance qu’il mérite en tant qu’outil de développement personnel, au bénéfice du plus grand nombre.
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Pour un brassage d’adolescents |
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En supprimant le service militaire sans instituer un minimum de service civil, la France s’est privée d’un indispensable outil d’intégration. Chirac récupère le vocable mais ne propose qu’un accompagnement pour jeunes en quête de formation. Tout reste ? faire en matière de brassage et, comme les révoltés ont très souvent moins de 18 ans, mieux vaudrait tendre ? faciliter un brassage d’adolescents.
Trois semaines ou un mois de vacances scolaires pourrait, pendant deux ou trois ans d’affilée, représenter une formule d’autant plus adéquate qu’elle assurerait un suivi personnalisé. Les ministres de la Cohésion sociale, de la Défense, de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports seraient certainement capables de concevoir et d’organiser une sorte de récréation instructive et dynamique. Bernard Kouchner pourrait les y aider.
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Islamisme et banditisme, même combat |
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Les derniers bidonvilles ont disparu dans les années 70. Celles que l’on appelle banlieues sensibles et dont on pointe l’urbanisme calamiteux, aujourd’hui, accueillaient une population diversifiée où les pères allaient au travail et les enfants ? l’école. On vivait encore les trente glorieuses et le futur était plein de promesses.
Avec le début de la crise, au milieu des années 70, les pères, non qualifiés, se retrouvent au chômage. Il leur restait cependant l’espoir que les enfants, grâce aux études, puissent s’en sortir. Las, la crise s’intensifie ? partir des années 80 et, études ou pas, les jeunes se trouvent relégués aux marges de la société. Les années 80, avec la vague de libéralisation économique et financière, accentuent, jusqu’? la caricature, le clivage entre les « in » et les « out ». L’on assista ? la montée de la génération « Yuppies » et ? la descente aux enfers de la génération « No Future ».
Depuis bientôt trente ans, les maux des banlieues n’ont fait que s’amplifier : habitat dégradé, échec scolaire, chômage, pauvreté... Désertées par ceux qui le pouvaient, elles se sont refermées comme un piège sur les populations, le plus souvent d’origine maghrébine ou africaine, les plus fragiles. La République, elle-même, a reculé et ses valeurs « liberté, égalité, fraternité » disparues. Ce fut pain bénit pour les mafias et les islamistes. Véritables ghettos, elles sont devenues, en une forme d’alliance objective, l’espace d’une économie souterraine sous la coupe de mafias diverses, mais aussi terre de mission pour les islamistes. Les premières assurant les nourritures terrestres et les seconds les nourritures spirituelles
Aujourd’hui, les banlieues brûlent. Et, au-del? du rétablissement nécessaire de l’ordre public, une véritable guerre ? l’exclusion doit être menée sur les fronts de l’habitat, l’éducation, l’emploi, la formation, les discriminations... Ce combat de longue haleine mettra, certes, du temps ? porter ses fruits. Mais pour insuffler de l’espoir ? ces populations dont l’horizon fut, si longtemps bouché, il est des plus urgents que cette volonté affirmée soit ressentie comme réelle. Sinon, le risque est grand de voir les banlieues faire « sécession » sous l’égide d’une coalition entre islamisme et banditisme.
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La recherche |
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Enjeu vital pour la France et l’Europe
La situation de la recherche et des sciences ne cesse de se dégrader. C’est le cas en France. C’est plus largement le cas en Europe. L’écart technologique avec les Etats-Unis ne cesse de se creuser. La guerre en Irak l’a, encore une fois, fortement illustré. Il se creuse également avec le Japon qui, malgré le marasme économique qu’il subit depuis le début des années 90, mise résolument sur le développement des sciences et augmente d’une manière significative ses dépenses de recherche et développement (R&D). Or, jusqu’ici ni les politiques nationales de recherche, ni la politique de l’Union ne sont ? la hauteur de l’enjeu. A titre d’exemple, la France se situait, en 1992, au quatrième rang des pays de l'OCDE pour les dépenses de R&D rapportées au PIB. Aujourd’hui, les Etats-Unis consacrent 2,8% de leur PIB ? la recherche contre une moyenne européenne de 1,9%. Avec 2,2%, la France se retrouve reléguée ? la sixième place. Il ne s’agit pas seulement de moyens. Les structures de recherche, trop lourdes, plus pesantes, sont devenues moins efficaces.
Si rien n’est fait, l’écart technologique ira grandissant. Comment en est-on arrivé l? ?
Jeune chercheur, puis directeur d’une équipe de recherche et pour finir Administrateur du Collège de France, j’ai eu, tout au long de ma carrière, trois regards différents sur la recherche en France. Comme jeune chercheur formé ? l’Institut Pasteur, je suis parti très vite aux Etats-Unis dans le plus grand centre de recherche médical américain, le NIH (National Institute for Health). A mon retour, j’ai eu ? l’âge de 30 ans, le privilège de former un groupe de neuropharmacologie au Collège de France. Aujourd’hui, les jeunes chercheurs ont des difficultés immenses ? arriver suffisamment tôt ? des postes de responsabilité, ? développer leur pensée, leur domaine de recherche ... Résultat : une désaffection des jeunes pour la recherche ou le départ vers des laboratoires étrangers, en particulier aux Etats-Unis.
Plus tard, lorsque, ? 35 ans, je deviens directeur d’une équipe de recherche en neuropharmacologie, l’expérience de mon séjour américain (1963-1965) me fut d’une grande utilité. Elle m’apprit que l’environnement humain est déterminant. Elle m’apprit également la rapidité, l'efficacité, la capacité de réactivité. Elle m’apprit surtout que l’abolition des frontières entre les personnes diplômées et celles qui ne le sont pas peut être très féconde. Mon patron de l’époque le docteur Axelrod, devenu prix Nobel en 1972, était encore technicien quatre ans avant mon arrivée dans ce pays. Il n’avait pas de diplôme. Il avait des capacités. On lui a donné les possibilités de s’exprimer.
Dans notre pays de « diplômite » aiguë, c’est impensable. Plus grave encore, le système de castes perdure : trop peu de gens font de la recherche dans nos 144 grandes écoles. La plus grande partie de l’élite de ce pays, qu’elle soit politique ou industrielle ne passe donc pas par la recherche. Le point commun entre plusieurs entreprises de notre pays : leurs centres de décision, leurs directions ne comptent aucun chercheur, ? l’inverse de ce qui se passe aux Etats-Unis ou en Allemagne. Or, la dévalorisation de la recherche, c’est la dévalorisation de l’avenir, celle de notre pays et celle de nos enfants. La recherche n’a pas besoin de grandes réformes générales. Elle a juste besoin que l’on donne un plus grand degré de liberté aux acteurs, que l’on accepte leurs différences et que l’on sache en tirer parti. Les capacités d’action et d’anticipation, fondements d’une recherche dynamique, sont liées ? la responsabilité accordée aux acteurs.
Les problèmes de la recherche en France se retrouvent, ? des degrés divers, dans les autres pays européens. D’où l’importance, ? côté de politiques nationales fortes, d’une politique volontariste de la recherche européenne. Des investissements considérables sont nécessaires pour réduire l’écart en terme de R&D et faire de l’Union « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010 » comme les Quinze s’y étaient engagés lors du sommet de Lisbonne en 2000.
Pour atteindre l'objectif de 3% du PIB en 2010 fixé par les chefs d'Etat de l'UE, lors du sommet de Barcelone en 2001, les investissements de recherche doivent croître de 8% en moyenne chaque année. Les gouvernements sont-ils prêts ? sortir de l’incantation et ? relever le défi ?
Il y va de la place et de l’identité de chaque pays. Il y va aussi de la place de l’Europe dans le monde.
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