Liquidités en embuscade
Des Flamands vénitiens
La prétendue double peine
Bienvenue chez les pessimistes
La guerre des Trois n’aura pas lieu
Carrefour, un bouc émissaire temporaire
Les nanotechnologies
Paradoxe iranien
Le fardeau de l’homme Han
Secrets mal gardés
Afrique
Agriculture
Amérique du Nord
Amérique Latine
Asie
Biologie
Chine
Citoyenneté
Communication
Culture
Débats
Développement
Economie
Edito
Education
Emploi
Energie
Entreprises
Environnement
Europe
France
Génie Génétique
Géopolitique
Humeur
Innovation
L'invité du mois
Liens recommandés
Livres Recommandés
Mondialisation
Moyen Orient
Partenaires
Pauvreté
Politique
Réforme de l'Etat
Religions
Risques Naturels
Russie
Santé
Sciences
Société
Société Rêvée
Technologie
Terrorisme
Union Européenne
USA
Vie du Club
mai 2008
avril 2008
mars 2008
février 2008
janvier 2008
décembre 2007
novembre 2007
octobre 2007
septembre 2007
août 2007
juillet 2007
juin 2007
mai 2007
avril 2007
mars 2007
février 2007
janvier 2007
décembre 2006
novembre 2006
octobre 2006
septembre 2006
août 2006
juillet 2006
juin 2006
mai 2006
avril 2006
mars 2006
février 2006
janvier 2006
décembre 2005
novembre 2005
octobre 2005
septembre 2005


Mentions légales
Le 7 novembre 2006
La fin d’un monde sans fin(alité)

061107-Religions.jpgLa leçon théologique de Benoît XVI comportait un passage sur l’Islam qui, comme on l’a vu, a suscité de violentes réactions. Du coup, d’autres passages ont été occultés dont la phrase suivante qui aurait pu donner matière à réflexion à tout un chacun (croyant ou pas). Selon le Pape, « une raison qui est sourde face au divin et repousse la religion au niveau des sous cultures est incapable de s’insérer dans le dialogue des cultures ». Loin d’être ringarde, une telle phrase colle à l’actualité puisque l’on constate, de toutes parts, un renouveau de l’aspiration au religieux.

Ce renouveau a un aspect positif car « l’homme ne vit pas que de pain » mais peut égarer des êtres faibles (cf. foisonnement des sectes) et nourrir le fanatisme de ceux qui instrumentalisent la foi pour justifier leur ressentiment (cf. attentats terroristes).

Dans l’univers confortable des démocraties occidentales, c’est surtout la déstructuration de la société qui crée un sentiment de vide. Chacun se demande où est sa place. Les « chefs » ne se sentent plus le droit de commander. Les « subalternes » ne se sentent plus le devoir d’obéir. D’ailleurs, qui est vraiment chef et qui est subalterne ? Les forces sont anonymes, les règles sont abstraites et les grandes entreprises, soumises à l’imperium de la finance, n’ont pas d’autre choix que de délocaliser tout ce qui peut l’être. Ainsi, finissent-elles par considérer leurs salariés comme de simples variables d’ajustement tandis que ceux-ci, réduits à l’état de mercenaires, cherchent à trouver ailleurs une raison d’espérer.

Le phénomène ne touche pas que les actifs : la vie professionnelle est courte ; les jeunes peinent à y entrer ; les vieux en sortent vite et souffrent de solitude ; très nombreux sont ceux qui aspirent à trouver refuge dans une « communauté ». Ainsi, même dans les pays riches, se profile la menace de replis identitaires débouchant sur des antagonismes. D’où le besoin urgent d’un dialogue des cultures et des religions.

La difficulté est immense car comment pourrait-il y avoir dialogue des religions si chacune reste assise sur ses dogmes et refuse toute contextualisation de ses préceptes ? Certains intellectuels comme Mahmoud Hussein ont beau être musulmans, ils reconnaissent volontiers que, si certains versets du Coran ont une portée générale, d’autres se rapportent à des problèmes propres aux Arabes du VII ème siècle. De même, parmi les multiples interdits alimentaires que comporte la Loi juive, beaucoup semblent relever de soucis d’hygiène dus à l’époque et au climat.

Qu’il soit donc permis à un profane de pousser l’irrespect jusqu’à contextualiser la Genèse. Ce texte, particulièrement sacré dans les religions monothéistes, fait de l’Homme le maître de l’univers. A lui de domestiquer les animaux. A lui de dompter la nature. Cette mission, si mission il y avait, est maintenant accomplie et sa logique apparaît dépassée. Le gaspillage et l’épuisement de certaines ressources telles que l’eau, les combustibles fossiles et la biodiversité sont tels que l’Homme fait figure de prédateur.

Au risque de déplaire à de nombreux adeptes de plusieurs religions mais en espérant qu’ils reconnaîtront ma bonne volonté, j’en arrive à formuler un vœu : le vœu que le dialogue des religions (y compris des quasi religions que sont les philosophies orientales) s’accompagne de l’acceptation d’un devoir commun à tous les Hommes. La survie de l’espèce et la sauvegarde de la Terre sont en jeu. Elles peuvent servir de liens. Avant qu’il soit trop tard.

Posté par Marc Ullmann, le 07/11/06 dans Citoyenneté - Edito - Environnement - Religions | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 janvier 2006
La fin des réponses d’évidence

Une majorité de Français a voté non au référendum sur le Traité constitutionnel européen. Une minorité de jeunes s’est révoltée dans les banlieues. Pour beaucoup d’observateurs de tels événements traduisent le décalage qui s’est installé entre le pays et ses institutions, entre le pays et les élites politiques. Les travaux de Sociovision Cofremca montrent que la problématique est internationale et qu’elle ne relève plus de la thématique du décalage. Les citoyens ne sont pas plus en décalage par rapport aux institutions que les consommateurs par rapport aux marques ou que les salariés par rapport à leur entreprise.

En réalité, les Français ne sont pas en décalage par rapport au monde politique, ils sont ailleurs, dans une autre société. Les consommateurs ne sont pas en décalage avec les marques, ils sont sur une autre planète de la consommation qui échappe aux marques. Les salariés ne sont pas en décalage avec leur entreprise, ils réinventent dans le tissu microsocial de l’entreprise un autre rapport au lien social qui échappe aux dirigeants.

Les Français ne sont pas en repli, bloqués sur des positions conservatoires, ils sont en re-programmation et réinventent une vie quotidienne qui prend à revers les décideurs politiques, les décideurs d’entreprises et les représentants des institutions intermédiaires. L’analyse de la relation que les Français entretiennent avec l’Europe est assez illustrative de la fragmentation des attitudes et de la difficulté à rassembler une nation sur un projet commun. Elle est également un excellent exemple de l’inadéquation des méthodes de pilotage de l’action publique face à une société plus complexe et plus diverse.

Les décideurs, quels qu’ils soient et, plus généralement le management, continuent à appliquer des méthodes d’hier à une société spontanée qui s’est profondément transformée. A coup de sondages d’opinions (qui ratent le réel et flattent les décideurs) pour les uns, de CRM (Customer Relation Management) ou d’ERP (Entreprise Ressource Planning) pour les autres, ils ont perdu le contact avec la société, ils sont dans une stratosphère dont les paradigmes dominants relèvent de la société d’hier. Ils s’accrochent à des données quantitatives et abstraites là où il faudrait sentir et toucher les choses pour avoir une chance de les comprendre un peu et d’agir mieux. Ils rêvent à des systèmes d’informations aussi simplificateurs qu’illusoires dans leurs résultats. Ils sont encore dans le paradigme mécanique où il s’agit d’appuyer sur un bouton pour que l’action soit efficace. Ils n’ont pas tiré les conséquences opérationnelles d’une société de gens autonomes, d’une société où la diversité s’accroît, du saut de complexité considérable que l’autodétermination des personnes et la mondialisation des échanges ont engendré.

Posté par Patrick Degrave, le 23/01/06 dans Edito - France - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 décembre 2005
L’alibi de l’impuissance publique

Plus ça va mal, plus il devient urgent de réagir. De ce point de vue la France, hélas !, est en avance puisqu’elle ne dispose pas de beaucoup de temps. Sa trop longue malgouvernance peut servir de repère : même si le dysfonctionnement est moindre dans d’autres démocraties, aucune n’est totalement indemne.

Depuis des décennies, les gouvernements français se sentent impuissants. Des ministres se plaignent. Le mieux qu’ils puissent espérer est d’accoler leur nom ? une loi qui, de décrets d’application en règlements et circulaires, se perdra dans les sables de la complexité. Dans ce parcours décourageant, le moment le plus gratifiant sera celui où « l’effet d’annonce » permettra de « communiquer ». La suite sera, le plus souvent, décevante. Les ministres le savent et dissertent sans fin de « l’impuissance publique ».

Certains mettent en cause la mondialisation. « Comment, disent-ils, les gouvernements nationaux pourraient-ils agir alors que les principaux leviers de l’économie leur échappent ? » D’autres mettent l’accent sur « l’égoïsme, le corporatisme, la frilosité de citoyens qui refusent de faire passer l’intérêt général avant leurs intérêts particuliers ». Triste mais irréelle complainte ! Nostalgie d’un temps où les chefs de gouvernements pouvaient se permettre de tout organiser d’en haut.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’imposer des « solutions » mais de mettre en œuvre des forces qui annuleront le problème. Il s’agit d’intégrer le fait que la démocratie ne peut plus se contenter d’élections périodiques alors qu’en économie, le marché évolue ? chaque instant et que la communication est instantanée. Il s’agit, d’ouvrir des fenêtres, de desserrer des freins, de donner ? chaque citoyen des marges d’initiatives qui lui permettent d’exercer des choix et de s’impliquer dans leur réalisation.

Au lieu de pleurer sur le déclin des pouvoirs publics, les leaders de demain devront mener combat pour que les citoyens s’approprient une certaine maîtrise de leur propre destin. L’essentiel ne tiendra pas au succès ou ? l’échec de chaque réforme considérée séparément. Il tiendra ? la perception d’une volonté d’ensemble, ? la cohérence d’un dessein. Les gouvernements trébucheront sur des obstacles. Mais le besoin est si grand, les gens sont tellement en attente d’un « autrement » que l’espérance peut naître.

Nous vivons une époque charnière de l’Histoire, un de ces rares moments où, ? partir d’une nouvelle donne technologique, peut s’inventer un nouvel humanisme. L’alternative est tragiquement simple. Ou bien nos démocraties s’étioleront ; ou bien elles deviendront vivantes, participatives et génératrices de ce qui manque le plus dans notre monde actuel : la dignité.

Posté par Marc Ullmann, le 26/12/05 dans Edito - Europe - France - Politique - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2005
La guerre des trois islams

Le problème de l’islam est, pour l’Europe, beaucoup plus concret, beaucoup plus charnel qu’il ne l’est pour l’Amérique. Si nous voulons que notre continent soit un creuset de civilisation plutôt qu’un champ de bataille, nous devrons briser les ghettos des murs et des esprits.

C’est en Europe, et seulement en Europe, que peut, dans les dix ou vingt prochaines années, se forger une refondation de l’islam susceptible de réconcilier les Croyants et la modernité. C’est ? partir de cet islam nouveau, et seulement ? partir de lui, que les pays musulmans pourront inventer une démocratie qui leur soit propre, se libérer du passé tout en restant eux-mêmes.

Pour l’instant, on assiste, dans la plupart des pays musulmans, ? une sorte de guerre entre trois islams. Les premiers protagonistes sont les gouvernements en place. N’ayant aucune légitimité, ni démocratique ni autre, ils ont accaparé l’islam et l’ont instrumentalisé. Comme l’explique le professeur Mohammed Arkoun * : « Nulle part, les régimes issus des indépendances ne sont passés par le verdict des urnes. … Les docteurs de la loi ont été sommés de servir les nouveaux maîtres ». Avec une économie en panne, une paupérisation croissante, une démographie galopante et une corruption écrasante, ces régimes ont été discrédités. Pourtant, ils peuvent résister, l’armée et la police étant de leur côté.

Les seconds protagonistes sont évidemment les fous du Bien qui répandent le Mal. Sous prétexte de revenir ? la pureté des origines, ils rejettent l’islam domestiqué par les puissants sans, pour autant, revenir ? l’islam populaire, fait de savoir vivre ensemble, de tolérance et de sagesse paysanne. Leur popularité tient au fait qu’ils luttent contre des dirigeants pourris et qu’ils combattent un Occident dont la domination technicienne humilie les miséreux. Ce sont eux qui, actuellement, rafleraient la mise en cas d’élections « propres ».

Les troisièmes protagonistes, ceux qui incarnent l’espoir, sont aujourd’hui minoritaires mais le temps travaille pour eux puisque aucun pays n’échappe ? la vague de modernisme introduite par Internet, la téléphonie mobile et la télévision satellitaire. Pour ne parler que du monde arabe, les chaînes les plus regardées sont Al Jazira et Al Arabia mais on compte, au total, plus de 90 stations émettant pour un public qui, du Golfe Persique ? l’Océan Atlantique, compte près de 100 millions de téléspectateurs. Grâce ? cette fenêtre sur le monde, des sujets nouveaux sont abordés dans des débats ? forte audience. Des sujets jusqu’ici tabous tels le rôle des femmes, la place des jeunes ou même la contraception et la sexualité suscitent un grand intérêt. C’est une tendance favorable qui peut être fécondée par un apport européen.

L’Union Européenne, avec ses dix millions de Musulmans, dispose de gros bataillons. A elle de coordonner les politiques des différents pays pour faire en sorte que la formation des imams n’ait pas lieu ? l’étranger mais, qu’au contraire, de prestigieuses écoles d’études islamiques fleurissent sur son sol. A elle de proposer des programmes ambitieux pour que des jeunes Musulmans du monde entier soient formés dans ses universités. A elle de créer, dans des circuits scolaires appropriés, une re-connaissance des valeurs communes et de ce qu’a représenté la Méditerranée dans l’Histoire universelle.

Posté par Marc Ullmann, le 20/09/05 dans Edito | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Quand les jeunes se vengeront

Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas ? la fête.

Ils galèrent pour trouver un emploi. Ils sont souvent au chômage.

Ils galèrent pour trouver un logement. Ils sont, plus que les autres, pénalisés par la cherté des prix.
Plus tard, il leur faudra payer la facture des déficits publics accumulés par des gouvernements élus par leurs aînés. L’endettement a franchi, cette année, la barre des 1.000 milliards d’euros.
Il leur faudra aussi acquitter des cotisations sociales qui, d’après des statistiques récentes, vont pour les trois quarts aux plus de 60 ans. Or, ces « vieux » ont un niveau de vie supérieur ? la moyenne nationale et détiennent les trois quarts de l’ensemble du patrimoine.

Les jeunes auraient déj? eu motif ? révolte l’année dernière lors de la préparation de la « réforme » sur les retraites. La « concertation » réunissait des ministres, des syndicalistes, des fonctionnaires et autres personnalités qui, en moyenne, avaient plus de 50 ans. Or le sujet de la discussion pouvait se résumer en une phrase : « comment faire payer durablement par les jeunes la retraite de vieux dont le nombre ira croissant ». Nul doute que si les jeunes avaient eu leur mot ? dire, ils auraient amendé notre système par « répartition » en arguant que la « solidarité intergénérationnelle » ne peut pas être ? sens unique.

Mais le plus dur reste ? venir ; le problème de la sécu s’annonce encore plus explosif que celui des retraites. Non seulement les gens vivent de plus en plus vieux mais les soins, étant de plus en plus sophistiqués, coûtent de plus en plus cher.

Nul besoin d’être polytechnicien pour comprendre que, sous l’effet conjoint de ces deux phénomènes, les dépenses de santé vont continuer ? croître. Si donc les vieux ne sont pas appelés, d’une façon ou d’une autre, ? payer davantage pour eux-mêmes, les jeunes finiront par se lasser. Plus on attendra, plus le choc sera rude. En tout cas, les mentalités ne manqueront pas d’évoluer.

Rien ne prouve, par exemple, que les théories économiques actuellement en vigueur resteront ? la mode. Si des générations pauvres arrivent au pouvoir, elles voudront, peut-être, réhabiliter l’inflation qui, comme chacun sait, est l’ennemie des rentiers.

Rien ne prouve, surtout, que les réticences actuelles face ? l’euthanasie ne seront pas purement et simplement balayées. On peut même craindre que le renversement de tendance soit brutal et imaginer qu’une sorte de pression morale s’exerce sur les personnes âgées les plus dépendantes. Comme s’il fallait les persuader que, dans leur cas, le suicide, après tout, serait la solution la plus digne.

Si l’on regarde les courbes démographiques, on peut augurer de tels phénomènes d’ici ? une vingtaine d’années. Cela laisse le temps d’agir. A condition que les aînés actuellement au pouvoir prennent rapidement en compte les besoins de leurs cadets et rendent un peu plus équitables les prélèvements sociaux. A condition aussi que la solidarité soit conçue comme ne devant pas être uniquement matérielle. Des rapports interpersonnels plus chaleureux doivent compléter, quand c’est possible, les allocations anonymes. La guerre des générations ne pourra être évitée que par un plus de fraternité.

Posté par Marc Ullmann, le 20/09/05 dans Edito | Commentaires (9) | Lien permanent | TrackBack (1)

Relance de la croissance, un défi prométhéen pour la France et l’Europe

La France, de 1960 ? 1973, était la meilleure élève de la classe en Europe avec une avance d’un point de croissance de PIB par an, avance qui la singularisait par rapport ? sa grande voisine, l’Allemagne.

Entre les deux crises pétrolières, la croissance se ralentit partout mais la France garde encore ? cette époque une avance de ¼ de point. A partir de 1980 la situation s’inverse et la France commence ? accuser ¼ de point de retard par rapport ? la moyenne européenne. De 1980 ? 1997, son poids en Europe régresse de 8%. Une première dans l’histoire de la France contemporaine. Et après une petite embellie de courte durée (1998-2001), la France se trouve de nouveau reléguée en queue de peloton.

Comment pourrait-elle entrer de plain-pied et sans complexe dans l’Europe avec un retard de croissance qui se traduit par des records en terme de chômage et par une insatisfaction générale des Français vis-? -vis d’une classe politique qui perpétue ce comportement économique médiocre ?

D’abord, en réhabilitant l’entreprise. Les richesses se créent pour une large part dans l’industrie ou en tout cas dans le monde des entreprises.

Ensuite, en ajoutant de la croissance ? la croissance, c'est-? -dire en ajoutant une dynamique au « trend » moyen de sa zone économique. La France a su le faire par le passé. D’autres pays, tels que le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Finlande, le font. Ce n’est donc pas une utopie.

Nous disposons au sein de l’Europe d’un degré de liberté de l’ordre d’un point de croissance par an.

Ce même point que nous avons su conquérir ? l’époque gaullo-pompidolienne. Ceci passe par la mobilisation de tous les acteurs. Sans aller jusqu’? faire un pari aussi prométhéen aujourd’hui, comment reconquérir ne serait-ce qu’une avance d’1/2 point ? ¾ de point par rapport ? la moyenne européenne, ce qui nous permettrait de basculer dans une zone ? création d’emploi et d’influence ?

Un certain nombre d’études macro-économiques sont particulièrement éclairantes sur l’alchimie ? mettre en œuvre. Celle de l’économiste américain Robert Barro couvre plus d’une centaine de pays sur une période de trente ans. Selon lui, les écarts de revenus entre économies riches et économies pauvres s’expliquent partiellement par des variables extra-économiques : la croissance du revenu réel par habitant reposerait sur un faible niveau de dépenses publiques, un fort niveau d’enseignement secondaire, une amélioration des termes de l’échange, un fort taux d’investissement.

D’autres travaux, Aschauer (1989) et Romer (1990), montrent que l’investissement public est également un des moteurs d’une croissance soutenue.

Enfin de nombreuses études attribuent ? l’innovation un rôle essentiel. La créativité comme le développement scientifique sont des facteurs importants dans la guerre économique. L’innovation entraîne, au moins dans un premier temps, un gain sans commune mesure avec la dépense initiale.

Comment créer un environnement qui favorise l’innovation, la réduction de la dépense publique non créatrice de richesses, un fort niveau d’enseignement jusqu’au niveau du baccalauréat, une meilleure compétitivité, de forts taux d’investissement ? C’est le rôle de la puissance publique.

Cependant, pour que l’intervention publique soit efficace, l’analyse et l’évaluation des modes d’intervention étatiques et de leur pertinence sur la formation, l’innovation, les infrastructures, l’investissement, la fiscalité, les prélèvements obligatoires, les modes de redistribution, l’efficacité des services publics, s’avèrent indispensables.

L’Etat est enfin dans son rôle quand il s’agit de mobiliser toutes les forces. En France, pour retrouver un supplément de croissance par rapport ? la moyenne de l’Union. En Europe, pour retrouver un supplément de croissance par rapport aux Etats-Unis.

Posté par Bernard Esambert, le 20/09/05 dans Edito | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Nouveau monde

Notre Club est né de la conviction que le monde dans lequel nous vivons traverse une période de profondes mutations. Le premier numéro de Vigilances paraphrasait Musset en énumérant quelques domaines où « ce qui était n’est plus, ce qui sera n’est pas encore ». Nous voulions être ? l’affût de possibles bifurcations vers le meilleur ou vers le pire. Essayons aujourd’hui d’identifier quelques défis. Juste pour lancer le débat.

Acceptation ou rejet de la complexité
Il est commode de croire que tout effet vient d’une cause. Hélas, ce raisonnement simple occulte les interactions et ne rend pas compte du vivant. Certains le comprennent et affûtent leur paradigme. D’autres s’inquiètent et peuvent servir de terreau ? des mouvements extrêmes. Comment minimiser les risques de « yaka » ?

Choc des cultures ou universalisme pluriel
Il s’agit, l? aussi, de combattre le noir et blanc. Il n’y a pas un Islam mais des « islams » ; il n’y a pas un Occident mais un intéressant agrégat de cultures occidentales ; il n’y a pas une Asie mais plusieurs régions dont les racines historiques plongent dans les millénaires. L’inouïe facilité des communications modernes favorise les dialogues mais, pour qu’il y ait dialogues plutôt qu’affrontement, l’universalisme recherché doit être pluriel et non pas uniforme. Comment favoriser une telle évolution ?

Rénovation des institutions internationales ou règne de la force
La plupart des institutions internationales actuelles ont été créées il y a presque un demi-siècle. Elles ne correspondent que très imparfaitement aux besoins actuels. Les Etats-Unis, unique super puissance, ne pourront ? eux seuls combler tous les vides. S’ils se transforment en gendarme du monde, la tâche, tôt ou tard, sera trop lourde pour eux. Comment les aider ? résister ? la tentation d’abuser de leur force ? Comment inciter ? la rénovation d’institutions vieillies ?

Réconciliation ou divorce avec les entreprises
L’effondrement du communisme et les progrès de l’économie ont, dans les années 80, donné un coup de vieux ? la traditionnelle « lutte des classes ». Il s’en est alors fallu de peu pour que patrons et salariés se sentent du même bord. Mais la course ? la « création de valeur », la brutalité de certains licenciements, les effets pervers d’une mondialisation par ailleurs bénéfique ont inversé la tendance. Dans tous les pays occidentaux, plus de la moitié, parfois les trois quarts, des citoyens pensent maintenant que les grandes entreprises ne servent pas les intérêts du public. Comment éviter que l’animosité s’accroisse ? Le concept de développement durable peut-il favoriser une réconciliation ?

Estime de soi ou humiliation
La dignité, écrivait Kant, est ce qui n’a pas de prix, ce qui ne peut ni s’évaluer, ni s’échanger. La nature de ce bien est universelle mais l’intensité du manque varie selon les circonstances. Si l’on n’a pas de quoi mange, ou si l’on est soumis ? l’arbitraire d’une dictature sanguinaire, la satisfaction des besoins les plus essentiels constitue la base indispensable. Mais, même si l’on vit dans une démocratie prospère, comment avoir l’estime de soi si l’on ne peut progresser dans la maîtrise de son propre destin ? Comment mettre cette simple et légitime ambition au cœur des préoccupations économiques et sociales ?

Cette énumération sommaire n’est que pâture pour vos réflexions. Il appartient maintenant ? chaque Membre du Club de faire part des préoccupations qui lui paraissent essentielles. Le moment est venu de nous doter d’une « feuille de route » (expression ? la mode) pour repérer les bifurcations et, dans la mesure de nos faibles moyens, contribuer au bon choix des virages.

Posté par Marc Ullmann, le 20/09/05 dans Edito | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
  En savoir plus...

 

 
Pour une Communauté Mondiale de l’Eau
Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision
Les 4 scénarii de développement d'une start up
La France malade de sa gouvernance
Fini l'ANPE ? Vive l'ANSE !
  Gilles Mas sur Du pétrole en général et de l’Iran en particulier  
  Henri-Paul Soulodre sur L’auto-régulation : un impératif pour la société  
  Henri-Paul Soulodre sur Les nanotechnologies  
  Henri-Paul Soulodre sur Carrefour, un bouc émissaire temporaire  
  Henri-Paul Soulodre sur La guerre des Trois n’aura pas lieu  
  Henri-Paul Soulodre sur Vaincre la faim  
  Dominique sur Vaincre la faim  
  Bernard sur Vous allez voir ce que vous allez voir…  
  Gilles Mas sur Vaincre la faim  
  Gilles Mas sur Du pétrole en général et de l’Iran en particulier  
 
Happiness: Lessons from a new science
Richard Layard
L’homme en état d’urgence
Xavier Emmanuelli
  La pensée islamique contemporaine
Alain Roussillon
  Alogic
  Energy
Intelligence
  Sociovision
Cofremca