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Le 15 mai 2008
Liquidités en embuscade
080515-Liquidit%E9s.jpgIl ne fallait pas être sorcier pour savoir qu’une crise en Amérique serait plus dangereuse pour le monde qu’une crise dans un petit pays. Il ne fallait pas non plus être sorcier pour savoir que la spéculation immobilière, alimentée par un endettement excessif, finirait par une bulle et que cette bulle finirait par éclater. Le tout était de savoir quand. Ceux qui ont vu juste trop tôt ont perdu l’occasion de gagner de l’argent. Mais que pensent-ils maintenant ? Pour simplifier, comparons les produits dérivés complexes à des cageots de fruits. Dans ces cageots, des petits malins avaient placé quelques poires pourries et des gros naïfs avaient acheté les cageots sans être trop regardants. Un jour la panique vint. Tous les cageots, d’un coup, sont devenus suspects. Personne ne voulait plus acheter. Il n’empêche qu’il y a encore de bons fruits. Tôt ou tard, le « marché » estimera que le prix de certains cageots a trop baissé et que c’est le moment pour se remettre à acheter. Resteront à la traîne et à la charge des contribuables les cageots les plus « immangeables ». Il faudra du temps pour les réintroduire dans le circuit. Les pertes accumulées seront considérables mais le capitalisme en a vu d’autres. Des liquidités sont en embuscade. Le bout du tunnel n’est pas proche mais, sauf évènement géopolitique grave, on peut parier qu’il est en vue.
Posté par Marc Ullmann, le 15/05/08 dans Economie - Mondialisation - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 mai 2008
La prétendue double peine
080509-AMF.jpgL’institution judiciaire s’est toujours méfiée des autorités administratives ayant un pouvoir de sanction comme l’A.M.F. (Autorité des Marchés Financiers) et la Commission de la Concurrence. Ainsi, de nombreuses sanctions de la COB (Commission des Opérations de Bourse) ont été cassées en appel, d’ailleurs souvent pour de bonnes raisons : le « contradictoire » (par lequel tout mis en cause a droit  à une procédure transparente qui lui permet, dès le début, de se défendre face à un système qui instruit ni à charge, ni à décharge) n’était pas toujours respecté. 

La COB sur le tard puis l’A.M.F y ont mis bon ordre et les décisions sont désormais le plus souvent confirmées par les cours d’appel. Reste qu’en théorie le justiciable de l’A.M.F. encourt un risque de double peine, le procureur pouvant d’autant plus déclencher une procédure judiciaire que le secrétaire général de l’A.M.F. lui adresse copie de son dossier. 

Le rapport Coulon, du nom de l’ancien Premier Président de la cour d’appel, remis récemment à la garde des Sceaux, stigmatise ce danger. Qu’en est-il en réalité ? Dans la plupart des cas, le juge d’instruction saisi par le procureur s’en remet aux conclusions de l’A.M.F. Et, dans les rares dossiers où tel n’est pas le cas, le montant de la sanction de l’A.M.F. peut s’imputer et s’impute, en réalité, sur le contenu financier de la décision judiciaire.

Bref, la pratique de la double peine paraît sagement encadrée.

Tirer prétexte de cette locution fortement connotée pour faire rentrer dans le rang une A.M.F. réduite  à la portion congrue serait, une fois de plus, céder à ce penchant français qui consiste à faire battre le pendule jusqu’à son extrémité plutôt que d’en saisir le point moyen.

Que les services d’enquête de l’A.M.F, plus étoffés et professionnels que ceux des tribunaux, soient mis à leur disposition, que les deux procédures se conjuguent plus étroitement, voilà ce que l’on peut souhaiter. Aller plus loin ferait de la France l’un des rares pays développés à ne bénéficier que d’une régulation des marchés financiers au rabais à une époque où ces marchés financiers n’ont jamais tant mérités d’être régulés.

Posté par Bernard Esambert, le 09/05/08 dans Economie - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 mai 2008
Carrefour, un bouc émissaire temporaire
080502-Carrefour.jpgAu-delà des manifestations contre Carrefour, les conséquences sociales d’un ralentissement de l’expansion économique inquiète les autorités chinoises qui considèrent que le pays doit créer dix millions d’emplois nouveaux par an pour répondre à l’augmentation constante de la population urbaine.

Or, pendant les cinq dernières années, chaque point de croissance du PIB a entraîné une création de l’ordre de 850 000 emplois nouveaux. Dès lors, une croissance inférieure à 11% pèse sur le chômage et une croissance de 8% est qualifiée de récession.  Alors qu’un ralentissement sensible était attendu pour le premier trimestre, l’économie chinoise a encore étonné. Elle a bondi de 10,6% pendant cette période. Certes, cette performance est en retrait par rapport au chiffre – récemment révisé à la hausse – de 11,9% d’augmentation du PIB pour l’année 2007, mais encore bien supérieure au taux de croissance de 9,3% prévu par le FMI pour l’année en cours.

Cependant,  le problème le plus urgent pour les autorités chinoises demeure le contrôle de l’inflation qui s’est maintenue à 8,3% en mars après une poussée à 8,7% le mois précédent. Les manifestations anti-françaises accommodent le pouvoir central car elles détournent les préoccupations de l’opinion publique de l’augmentation des prix des carburants ainsi que de la chute de la bourse de Shanghai de 50% depuis octobre dernier. Si la réalité économique devait s’aggraver, il est peu probable que la paix sociale puisse se satisfaire longtemps de ce genre de pansements, même de Carrefour.
Posté par Didier Guérin, le 02/05/08 dans Chine - Economie - Emploi - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 avril 2008
Insupportables saisies
080411-SaisieImmobliere.jpgQuand les dettes d’un ménage dépassent la valeur de la maison qu’ils ont achetée et que cette maison représente l’essentiel de leurs biens, les propriétaires, s’ils ne deviennent pas SDF, sont obligés de réduire leur consommation. C’est une évidence que l’on a tendance à oublier tant les risques de crise bancaire emplissent les colonnes des journaux financiers. Pourtant les conséquences, à la fois sociales et économiques, des saisies immobilières dominent et domineront de plus en plus la campagne électorale américaine.
Posté par Marc Lanval, le 11/04/08 dans Economie - Pauvreté - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 avril 2008
Esprit d’œuvre
080408-Capitalisme1.jpgLa vulnérabilité d’un capitalisme centré sur la finance et le court terme éclate au grand jour. La crise risque d’être grave mais aura du bon si, dans le cadre de l’économie de marché, elle incite à repenser la notion d’entreprise, à réhabiliter le concept de « communauté de personnes ». Il s’agit de transformer une « main d’œuvre » démotivée en équipes animées d’esprit d’œuvre. Dans la mesure de ses moyens, le Club s’efforcera de contribuer au nécessaire débat.
Posté par Bernard Esambert, le 08/04/08 dans Economie - Entreprises - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 mars 2008
Le mâle nécessaire

080326-Poutine.jpgAndropov est mort. Gorbatchev a failli. Eltsine a liquidé. L’URRS s’est effondrée. Pour la Russie chancelante, il fallait un homme fort. Poutine est arrivé.

Huit ans plus tard, l’ordre règne. Le pétrole remplit les caisses. La fierté nationale est de retour. Reste à transformer la Russie en un pays moderne. C’est le rôle que Poutine a dévolu à Medvedev. Economiquement, socialement, politiquement, la tache est immense.

L’économie n’est pas diversifiée. Les matières premières comptent pour 80 % des exportations. Le pétrole et le gaz, à eux seuls, représentent plus de 30 % du PNB. L’industrie locale est déficiente. Les biens de consommation sont, pour la plupart, importés. 

Les services publics sont défectueux. Les routes sont défoncées. Les ordures s’amoncellent. Les hôpitaux sont lamentables. Le déclin démographique se poursuit. L’espérance de vie est dramatiquement courte. L’alcool, la drogue et le sida font des ravages. 

Le pouvoir est confisqué. Des anciens Kgbistes cumulent les fonctions et accumulent des fortunes. Ils truquent des marchés et distribuent des prébendes. Leur « protection » est tentaculaire.  

Que diable peut donc faire Medvedev avec son (faux ?) air de gentil garçon ? Dans l’immédiat, pas grand-chose sans l’aide de Poutine, Le « parrain de toutes les Russies » (voir « Lu » p. 11) est encore (et peut-être pour longtemps) le mâle nécessaire. 

Vladimir Vladimirovitch a su maîtriser les « oligarques ». Dans un premier temps, il a profité de leurs divisions pour s’attaquer à un maillon faible (Goussinski). Il a ensuite fait comprendre aux uns qu’ils pourraient garder leurs milliards s’ils ne se mêlaient pas de politique et conduit les autres sur le chemin de la prison (Khodorkovski) ou de l’exil (Berezovski). Pour réussir cet exploit, Poutine s’est appuyé sur des amis venus de Saint Petersbourg et sur des relations qu’il s’était faites au KGB et autres « organes ».  

Ce sont précisément ces amis et relations que Poutine devra tempérer s’il veut aider Medvedev à moderniser la Russie. Il peut y parvenir sans se montrer déloyal envers eux car la diversification des élites ne passe pas nécessairement par la destitution de l’ancienne couche de dirigeants. Il s’agit seulement de laisser Medvedev recruter des personnalités susceptibles de le seconder dans la construction progressive d’un Etat et d’une économie adaptée au monde moderne.  

Rien n’interdit de penser que tel est le rêve de Poutine. Cet homme, ambitieux et avide de pouvoir, est aussi un patriote qui veut laisser une trace dans l’Histoire millénaire de la « Grande Russie ».

Posté par Marc Ullmann, le 26/03/08 dans Economie - Géopolitique - Russie | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 mars 2008
Emploi versus violence
080322-EmploidesJeunes.jpg« Des études américaines sur les poussées de violence aux Etats-Unis montrent que l’on ne se révolte pas parce qu’on est pauvre mais parce qu’on n’a pas de travail. » Pour Hervé Azoulay, président d’Invest Banlieues et vice-président de l’Observatoire Economique des Banlieues qui s’exprimait lors d’un récent colloque au Sénat, la question de l’emploi est primordiale.

Loin des velléités politiques, les acteurs économiques semblent avoir reçu le message. Des grands patrons accompagnent et conseillent de jeunes créateurs d’entreprises dans les quartiers. Des fonds d’investissement en direction des territoires enclavés, en ville comme à la campagne, soutiennent des entreprises en quête de développement mais qui trouvent portes closes dans les banques. Le Medef, dans le cadre de Nos quartiers ont des talents, parraine 1 500 jeunes diplômés des cités difficiles en Ile de France et compte généraliser l’expérience à toute la France...

De l’altruisme ? Non une nécessité économique, soutiennent-ils. A l’heure où la pénurie de talents guette la France, il devient urgent de vaincre les "a priori" et de puiser dans le vivier que constituent les jeunes des cités. 
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 22/03/08 dans Economie - Emploi - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 février 2008
Vers une nouvelle pensée économique
080222-Penseur.jpgLes théories économiques évoluent en fonction des réalités et les réalités les plus prégnantes viennent des pays les plus puissants. Le fait que de plus en plus d’Américains mettent en doute les bienfaits de la mondialisation va faire réfléchir les économistes. C’est le signe précurseur d’une évolution de la pensée dominante.

En 2002, 78 % des Américains pensaient que les Etats-Unis bénéficiaient du libre-échange. En 2007, le pourcentage était de 59 % et, si l’on en juge par la tonalité des débats électoraux actuels, il est sans doute inférieur à 50 % aujourd’hui. D’où le risque d’un retour au protectionnisme et la nécessité d’un ajustement, c’est-à-dire d’un dérapage contrôlé pour éviter la sortie de route. 

La mondialisation, il ne faut pas l’oublier, a sorti de la misère des centaines de millions de gens et a contribué à la croissance dans les pays développés. Le drame est que dans ces pays « riches » il y a de plus en plus de pauvres.  

Les perdants ne sont plus seulement les chômeurs ni même les ouvriers de l’industrie mais tous ceux qui doivent se contenter de bas salaires parce que leur activité pourrait être externalisée. La classe moyenne toute entière est tirée vers le bas. 

Améliorer la formation professionnelle et encourager financièrement la mobilité est unanimement jugé nécessaire mais de plus en plus considéré comme insuffisant. Des économistes américains se mettent à rechercher la légitimation théorique d’un protectionnisme modéré. Certains font ainsi appel à des notions voisines de celle de subsidiarité dont on se sert généralement pour justifier la répartition des responsabilités entre différents échelons institutionnels ou territoriaux.  

Le principe est simple : ce qui peut être réalisé efficacement dans la proximité ne doit pas être traité au loin. Dans la pratique économique, cela peut mener à quelques conclusions.

Exemples : 

-          Les cultures vivrières en Afrique (et autres régions où l’afflux dans les mégalopoles a des effets désastreux) ne devraient pas être sacrifiées sur l’autel de la libération des échanges agricoles. Concrètement, cela se traduirait par une réhabilitation limitée de la technique des quotas. Il en irait de même pour certaines activités industrielles ou artisanales dont la valeur est localement appréciée dans certains pays riches.  

-          Quelques entreprises, considérées comme stratégiques, ne pourraient pas tomber entièrement dans des mains étrangères. Concrètement, cela signifierait l’extension de la pratique des « golden shares » 

De telles entorses au libéralisme seraient conçues comme une sauvegarde de ce que le libéralisme comporte d’essentiel. Elles se présenteraient comme un mode d’emploi pour ne pas glisser sur le funeste toboggan qui conduit du protectionnisme au nationalisme et du nationalisme à la peur des autres, c'est-à-dire au racisme et à la guerre.

Posté par Marc Ullmann, le 22/02/08 dans Economie - Mondialisation - Pauvreté | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 janvier 2008
Haro sur les matheux
080128-Maths.jpgDans les banques, les matheux s’en sont donnés à cœur joie. Des années durant, ils ont conçu des produits dérivés de plus en plus complexes où les risques étaient si bien entremêlés que seuls des investisseurs très avertis pouvaient voir quels étaient les mauvais fruits disséminés dans le cageot. La crise des Subprimes a causé tellement de dégâts collatéraux que la titrisation de produits dérivés est maintenant difficile. Back to basics est devenu la règle. Aux algorithmes compliqués doivent succéder des équations simples, compréhensibles au premier degré.
Posté par Marc Lanval, le 28/01/08 dans Economie - Mondialisation | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 décembre 2007
Inde : vers un boom du BTP
071210-Inde.jpgLa voiture, c’est bien ; encore faut-il qu’il y ait des routes. Le paradoxe indien est que de nombreux constructeurs prévoient de fabriquer en masse des voitures populaires à des prix imbattables alors que les infrastructures sont lamentables et que la bureaucratie a des semelles de plomb.

Les élites dirigeantes commencent à se rendre compte que le « high-tech » a des limites. Dans un pays d’un milliard d’habitants où 14 millions de jeunes affluent chaque année sur le marché du travail, ce secteur haut de gamme emploie à peine plus de deux millions de personnes. L’industrie, jadis décriée, a le vent en poupe et les investisseurs, attirés par l’immensité du marché, sortent de leurs cartons d’innombrables projets.

Le développement et la modernisation des infrastructures deviennent prioritaires. Les entreprises du BTP gagneront sans doute beaucoup d’argent avant que l’industrie automobile accumule des profits.

Posté par Marc Ullmann, le 10/12/07 dans Asie - Développement - Economie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 novembre 2007
« Gaïa » et la planète finance
071120-Gaia.jpgEn 2000, lors de la crise boursière, les pessimistes avaient les yeux braqués sur le prix de l’immobilier. Ils craignaient que ceux qui avaient le plus perdu en bourse se mettent à vendre leurs biens et que le cumul des deux baisses déclenche une crise globale.

Symétriquement, les pessimistes redoutent aujourd’hui que la chute de l’immobilier entraîne celle de la bourse. Jusqu’à maintenant tel n’a pas été le cas.

On en arrive à se demander si le système financier mondial n’a pas atteint un tel niveau de sophistication qu’il finit par s’autoréguler. Le nombre des transactions est si élevé, l’arbitrage entre les monnaies si performant que la planète finance trouve à chaque instant des équilibres nouveaux. Elle va de choc en choc mais, comme Gaïa, elle continue de tourner. Jusqu’à quand ?  

Posté par Marc Ullmann, le 20/11/07 dans Economie - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 novembre 2007
La France vaut tout juste « 1 euro symbolique »
071113-Euro.jpg Il est frustrant de voir la place des pays mesurée à l’unique aune de leurs performances économiques. Selon ces critères, et notamment celui de la croissance du PIB, on peut avoir l’impression que la France fait du surplace voir recule. Or, à l’image des actions dans le monde de la finance, quelque soit la valeur intrinsèque d’une entreprise, quand il n’y a pas de progression, on a envie de vendre. Parfois de vendre à tout prix. La France ne vaudra-elle plus bientôt qu’« 1 euro symbolique » ?

Souvenons nous que sur des critères purement comptables, Alain Juppé voulait il y a 11 ans se défaire du fardeau de Thomson, alors entreprise publique, «pour 1 franc symbolique». 

L’opération n’a pas réussie, notamment grâce au travail de valorisation du capital immatériel de Thomson. Thomson c’était une histoire, des brevets, des savoir-faire, des experts et des ingénieurs, des capacités d’innovation, … 

Depuis, Thomson est devenu Thales, un acteur majeur de la Défense, de l'Aéronautique et de la Sécurité. N'oublions pas que Thales est le dieu de la guerre chez le Grecs anciens.  

La France ne serait-elle pas aujourd’hui, comme Thomson à l’époque, complètement sous valorisée ? Et ne suffirait-il pas d'un sursaut de « valorisation », pour rappeler que son histoire, sa culture, ses élites, son position géographique, la qualité de vie que l’on y trouve, … sont inestimables ! Ce qui n’empêche pas de réformer ce qui doit l’être !    

Il y aurait là, pour la France, une bataille importante à mener. 

Posté par Jérôme Bondu, le 13/11/07 dans Economie - France - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 novembre 2007
Le capitalisme à l’épreuve
071111-Capitalisme.jpgA la fin des années 60, le philosophe Raymond Ruyer a écrit un « éloge de la société de consommation ». Selon lui, une fracture nouvelle avait remplacé la traditionnelle lutte des classes. D’un côté, disait-il, sont rassemblés tous ceux qui, par leur travail, sont liés aux processus de fabrication et de vente : ouvriers, patrons et employés sont ici du même bord. De l’autre, il y a ceux, fonctionnaires, professeurs, juges, journalistes et observateurs en tout genre dont les activités se déploient dans un secteur que Ruyer qualifiait de « tertiaire non économique ».

L’énoncé de cette dichotomie séparant les « productifs » des « critiques » ne manquait pas de pertinence puisqu’à l’époque des « majorités silencieuses » on rejetait les valeurs de la « contre-culture ». Richard Nixon, aux Etats-Unis, a été porté par cette vague et tous les candidats aux législatives américaines de 1970 ont eu l’œil rivé sur la fameuse « Dame de Dayton » dont l’avantage était d’être moyenne en tout. Connaître la Dame de Dayton (Ohio) équivalait à un certificat de sagesse politique permettant de ne pas glisser sur la pente des idées brillantes mais électoralement vouées à l’échec. Que disait donc l’oracle ? Elle disait simplement qu’elle en avait assez de voir les intellectuels cracher sur ce qu’elle affectionnait. Pour reprendre le langage de Ruyer, elle assimilait les gens du « Tertiaire non économique » à ceux que Proudhon décrivait comme occupant les « charges et sinécures ». Les entrepreneurs, selon Proudhon, contribuaient à la création de richesses alors que la bourgeoisie de robe se contentait d’en vivre.  

Un tiers de siècle est passé et la « majorité silencieuse » ne voit plus les entrepreneurs d’un œil aussi bienveillant. La financiarisation de l’économie, la rapidité des bouleversements technologiques, la peur des délocalisations, le spectre des OPA, l’individualisation des carrières, le stress du travail contraint ont brisé ce qui pouvait faire l’unité des « productifs ». En France, près des trois quarts des salariés pensent que leur intérêt propre et celui de l’entreprise divergent. Aux Etats-Unis, des enquêtes sur l’ « Involvement » des salariés dans un certain nombre de grandes entreprises aboutissent à des résultats moins désastreux mais néanmoins alarmants.  

Dans les circonstances actuelles, est-il possible de recoudre le tissu social ? Les optimistes diront que la montée en puissance des préoccupations écologiques remet à la mode certaines valeurs prônées jadis par les tenants de la « contre-culture » dont les dirigeants d’entreprise devront tôt ou tard tenir compte. Les pessimistes répliqueront que l’hyper concurrence mondialisée ne permet pas aux dirigeants d’entreprise d’accomplir des efforts suffisants pour tirer parti des réservoirs d’énergie de leur personnel. Pourtant, faute d’esprit d’équipe et d’objectifs partagés, les grandes entreprises risquent de perdre toute légitimité. Le défi est grand pour le capitalisme. Sa capacité d’adaptation va être mise à l’épreuve.

Posté par Marc Ullmann, le 11/11/07 dans Economie - Entreprises - Environnement - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 novembre 2007
Mutations et crises des marchés financiers
Prada.jpgLa maîtrise de la globalisation et la recherche d'une gouvernance mondiale sont des sujets brûlants. Michel Prada, président de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF),  est intervenu mercredi 21 novembre, sur le thème : « Mutations et crises des marchés financiers » tentera d’ouvrir des perspectives.

Diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Bordeaux, énarque et Inspecteur Général des Finances, Michel Prada a le profil du parfait haut fonctionnaire. 

Diplômé de l’ENA (promotion Montesquieu), il gravit tous les échelons. Inspecteur adjoint des Finances (1966), il est nommé Chargé de mission au Service de l'Inspection Générale des Finances (1968), puis chargé de mission à la Direction de la Comptabilité Publique (Service des Etudes et de la Coordination (1970) et Chef de Service, adjoint au Directeur de la Comptabilité Publique (1978). La même année, il en prend la direction.  

En 1985, il est nommé Directeur du Budget puis, en 1988, Président du Crédit d'Equipement des Petites et Moyennes Entreprises. Membre du Conseil Economique et Social et du Conseil National du Crédit (1994-1995), Michel Prada devient, en 1995, président de la Commission des Opérations de Bourse  (COB). En novembre 2003, il prend les rênes de la toute nouvelle Autorité des marchés financiers qui a remplacé la COB.  

Président du Conseil d'Administration de l'Orchestre de Paris (1989 - 2001) et du Comité Exécutif de l'Organisation Internationale des Commissions de Valeurs Mobilières (OICV) (1996 - 1998), Michel Prada a aussi présidé le Comité Technique de l’Organisation Internationale des Commissions de Valeurs Mobilières (OICV). D’abord de 1998 à 2000 et, de nouveau, depuis le 2 octobre 2005. 

Michel Prada a reçu diverses décorations dont celles de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (20 avril 1995), de Commandeur de la Légion d'Honneur (29 mars 2002) et de Grand Officier de l’Ordre National du Mérite (14 novembre 2005).

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 07/11/07 dans Economie - France - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 novembre 2007
Sauras-tu garder un secret ?...
071101-Google-CapGemini.jpgL'annonce du partenariat entre le géant de l'information Google et Cap Gemini pour proposer à toute entreprise de bénéficier d'outils bureautiques et de messagerie collaborative pour 50 dollars par utilisateur et par an a surpris. Avec les solutions classiques, le coût informatique par poste utilisateur est généralement de 6 à 10 fois plus élevé, car il est nécessaire d'acquérir des outils antivirus et antispam, des licences bureautiques, des solutions de sauvegarde et de couvrir des coûts annexes.

Attention ! Toutes les données de l'entreprise transitent et sont stockées sur les serveurs de Google, hors du territoire. Le géant de l'information a une politique incertaine concernant sa capacité à analyser les données qui lui sont confiées, et une durée de rétention des informations (même après effacement officiel) indéfinie. Ce qui est plutôt inquiétant lorsque l’on traite des informations sensibles.

Les cabinets d'analyse tels que Gartner sont formels : d'ici à une dizaine d'années, la notion de vie privée et de secret sera très atténuée. En cause ? L’existence de gigantesques bases d'informations personnelles et sensibles que l’on peut croiser entre elles. L'introduction massive de traceurs radio (RFID) dans nos biens de consommation courante, vêtements et cartes de fidélité ou bancaires est d'ores et déjà effective, souvent à l'insu du consommateur. La centralisation de toutes ces données est préoccupante notamment en cas de vol et d’utilisation malveillante des données.

Il ne se passe pas de semaine sans qu’un tel fait advienne.

Compte tenu des enjeux et de la forte valeur ajoutée de toutes ces informations, l'attrait du gain augmente et les attaques sont désormais effectuées par des professionnels organisés. Il convient donc d'être extrêmement prudent lorsque l'on accepte de confier ses données personnelles ou d'entreprise à un tiers. Une fois qu'elles ont été dérobées ou divulguées, le mal est fait.

Posté par Bruno Kerouanton, le 01/11/07 dans Economie - Entreprises - Technologie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 octobre 2007
Les incorruptibles n’existent pas
071025-Corruption.jpgSelon la dernière enquête de PwC, parue dans la Tribune du 17 octobre,  43% des 5400 entreprises interrogées dans 40 pays se disent victime de fraude. Au total, la criminalité économique déclarée aurait engendré 3,1 milliards d’euros de pertes. Le coût moyen de la fraude par entreprise est de 1,6 millions d’euros. La perte est sèche dans 62% des cas. La fraude est constituée de détournement d’actifs (33%), contrefaçon (15%), et corruption (13%).


La France est mauvais élève. Pour l'ONG Transparency International, notre pays stagne dans sa lutte contre la corruption, et siège à la 19ème place sur 90 pays dans son classement de perception de la corruption. Ainsi, selon Roger Lenglet (1), auteur de « Profession Corrupteur », la corruption coûterait 30 milliards d’euros à la France, soit ¾ du déficit annuel de l’Etat.

Qui en sont les auteurs ?


Parmi les métiers qui usent sans vergogne de ces pratiques illégales, il place au premier rang le lobbying - « le lobbying sans la corruption, ce n’est plus rien » affirme-t-il -, les agences de renseignements ou de sécurité privées.

Respecté et admis aux Etats-Unis, le lobbying n’a cessé de renvoyer une image pour le moins sulfureuse en particulier en France.  L’activisme des cabinets de lobbying, dans les années 80 et 90, pour minimiser des scandales sanitaires comme celui de l’amiante n’y est sans aucun doute pas étranger. Mais les dérives de certains ne doivent en aucun cas occulter l’importance d’un lobbying plus "positif" notamment à Bruxelles où la France est nettement sous représentée. Car la corruption ne plonge pas ses racines dans une profession (lobbying ou autre) mais bien dans un état d’esprit. Et c’est cet état d’esprit qui doit être modifié avec des moyens appropriés.

Que faire contre la corruption ?


Roger Lenglet explore quelques pistes :


- Promouvoir le rôle des militants associatifs qui mettent leur nez partout et fouillent avec opiniâtreté jusqu’à dénicher des « affaires ».
- Renforcer la loi, avec par exemple la proposition de l’association Anticor (2) consistant à rendre inéligible à vie tout décideur politique qui aurait été jugé coupable de corruption, et d’interdire, pendant une certaine durée, tout marché public à toute entreprise corruptrice.
- Accélérer l’adoption par la France de la Convention de Mérida (2005) qui s’attaque à la corruption des agents publics étrangers et comporte tout un arsenal préventif et répressif à l’échelle internationale.

Ces solutions, concrètes et raisonnables,  sont entre les mains des législateurs ! Sans doute ceux-là mêmes qui sont la cible des corrupteurs !

Mais ce n’est pas si simple.


Eva Joly, ancien juge d’instruction au pôle financier, rappelle, dans Télérama du 26 octobre 2007, les liaisons dangereuses que la France entretient avec certains pays africains dont elle soutient les dirigeants corrompus au nom des intérêts économiques de ses entreprises. Elle déplore plus généralement la complaisance "française" avec les malversations financières.

Rue89 confirme et renchérit : « les moyens consacrés à la grande délinquance financière n'ont cessé de diminuer. Baisse d'effectifs dans les brigades spécialisées, pressions diverse