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Le 30 mars 2009
Productivité philanthropique
090330-ONG.jpgQuand plusieurs signaux faibles se mettent à converger, il est permis de croire qu’une tendance lourde est en train d’émerger. Ainsi en va-t-il de la culture du résultat dans l’action humanitaire.

En 2006, plutôt que de lancer sa propre fondation, Warren Buffett a consacré la gigantesque somme de trente milliards de dollars à la fondation créée par Bill Gates. Raison invoquée : « Il va être plein temps là-dessus et sera plus efficace que je ne pourrais l’être ». De fait, le fondateur de Microsoft apporte à son nouveau « métier » le professionnalisme dont il a fait preuve dans les systèmes d’exploitation et les logiciels. Sa première « lettre annuelle » se lit comme un compte de résultats et avance, pour le moyen terme, des objectifs chiffrés, en particulier sur la diffusion des vaccins en Afrique et la lutte contre la malaria.
 

Les milieux universitaires adoptent la même approche et multiplient les études de terrain pour mesurer la productivité de différentes techniques d’aide. Une Française, Esther Duflo, est ainsi devenue une vedette tant aux Etats-Unis où elle enseigne qu’au Collège de France dont elle est la dernière recrue. Dans un entretien, récemment accordé au Nouvel Observateur, Mme Duflo donne un exemple illustrant sa méthode. Selon elle, la distribution de médicaments vermifuges pour déparasiter les enfants en Afrique est le moyen le moins cher et le plus efficace pour réduire l’absentéisme à l’école : « Cela coûte 50 centimes par an et par enfant mais augmente d’un quart leur temps de présence à l’école ». La tendance est claire : des « entrepreneurs sociaux » vont orienter et mettre en oeuvre la philanthropie.

Posté par Marc Ullmann, le 30/03/09 dans Développement - Economie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 février 2009
La modernisation sociale passe par l’alphabétisation des femmes
090226-EducationFemmesArabes.jpgSelon un rapport de l’Unesco, « l’analphabétisme touche près de 40 % des personnes âgées de plus de 15 ans » dans les pays arabes. Soit 60 millions d’individus dont les deux tiers sont des femmes ! Ce chiffre inclut 6 millions d’enfants d’âge scolaire, dont près de 60 % de filles, qui ne sont tout simplement pas scolarisés.

Or, comme l’indiquait Alain de Vulpian dans Vigilances n° 63, l’éducation  des filles est un puissant vecteur de modernisation sociale. Pour deux raisons.

La première relève de l’importance de l’éducation dans les processus d’émancipation. La deuxième procède d’un effet "multiplicateur" induit : une femme éduquée aura tendance à pousser ses enfants, filles ou garçons, sur les chemins de la connaissance.

Aujourd’hui, les objectifs 2015 de l’ONU – scolarisation obligatoire de tous les enfants, réduction de moitié du taux d’analphabétisme et égalité des sexes dans l’éducation – semblent hors de portée dans un certain nombre de pays, en particulier l’Egypte, le Soudan, l’Irak, le Maroc, le Yémen et la Mauritanie. Mais la conscience de l’importance de l’enjeu fait son chemin.

Habituellement sourcilleux en matière de politique intérieure, les représentants des Etats arabes ont jugé bon de se tourner vers les organisations internationales pour « la mise en œuvre d’un plan d’action d’urgence ». Un plan d’urgence dont les chances de succès dépendront de la capacité et/ou la volonté de ces organisations à imposer des mesures spécifiques pour les femmes.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 26/02/09 dans Développement - Education - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 février 2009
Une autre perception de la société russe
090205-Russes.jpgLes enjeux politiques et le problème du gaz conduisent à se poser avec de plus en plus d’acuité la question : où va la société russe ? En restons-nous aux perceptions habituelles : baisse catastrophique de la natalité, augmentation du taux de mortalité précoce, alcoolisme généralisé, extension des réseaux mafieux, pouvoir exorbitant des oligarques ou peut-on être amené à avoir un autre regard sur la société russe en émergence… ?

Après avoir beaucoup travaillé dans ce pays depuis longtemps et particulièrement de 1990 à 2000, je suis frappée aujourd’hui, de la fureur de vivre, du dynamisme d’une jeunesse belle et libérée, de la joie de vivre qui s’exprime en terme de capitalisme sauvage, de développement rapide des start-up, de  créativité, d’architecture folle, d’explosion du non-rationnel,  non seulement à Moscou mais aussi dans les provinces. Une Russie moderne qui a retrouvé la même vitalité que la Russie profonde.

Peu de pays auront connu un changement si brutal, si rapide, et une telle montée de la classe moyenne. La crise cassera-t-elle cette dynamique ? La Russie pourra-t-elle profiter de la crise pour apprendre la modération ? Le rôle de l’Europe n’est pas négligeable.
Posté par Irène Dupoux-Couturier, le 05/02/09 dans Développement - Russie - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 janvier 2009
La fabrique à islamistes
090123-Islamistes.jpgEn Occident, on se donne bonne conscience à peu de frais en s’accrochant à un mythe : les régimes arabes modérés. Cette modération supposée inclut indifféremment les monarchies du Golfe dont l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie... Pourtant les faits sont convergents et partout la fabrique à islamistes est en marche.  Comment ?

Au lendemain des indépendances, les régimes en place ont tous fait main basse sur les domaines clés que sont, à leurs yeux, la police et l’armée, outils de répression, l’économie et la finance, moyens d’enrichissement d’un côté et d’appauvrissement généralisé de l’autre, enfin les relations internationales pour "parader" dans le monde et polir une image usurpée.

N’ayant que mépris pour l’éducation, sauf celle de leurs rejetons qui se retrouvent dans les écoles étrangères installées dans le pays ou dans des pensionnats à l’étranger, et pour la justice, ils les ont "sous traités" aux courants les plus rétrogrades. Conséquence ?

L’islamisation des sociétés arabes est proportionnelle à l’appauvrissement – matériel et mental – des populations. Le succès des islamistes est, dans ce contexte, une conséquence directe de l'échec de pouvoirs autoritaires, corrompus et incapables, et une conséquence indirecte de l’aveuglement occidental.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 23/01/09 dans Développement - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 décembre 2008
Mauvaises pratiques
081223-Entreprise.jpg Certaines entreprises réussissent là où d’autres échouent. Les raisons ? Elles tiennent souvent à des erreurs que les uns arrivent à éviter et les autres pas. D’où l’idée de ces 16 Commandements.   Les 16 Commandements pour planter à coup sûr une Entreprise
  1. Penser d'abord à soi.
  2. Raisonner pour économiser des impôts
  3. Pratiquer le Népotisme ou sa variante, « la gouvernance des copains ».
  4. Faire toute confiance aux Experts.
  5. Suivre à la lettre la Bourse et les conseils des Analystes  Financiers.
  6. Préférer le développement, même sans marge, pour obtenir plus tard une position forte.
  7. Développer le chiffre d’affaire  et négliger la valeur ajoutée.
  8. Raisonner en coût marginal.
  9. Ne suivre les coûts salariaux qu’en BBS.
  10. Fixer des Bonus Maximum.
  11. Pratiquer des augmentations de salaires non individualisées.
  12. Rechercher ou même accepter des subventions publiques.
  13. Raisonner en BFR (Besoin de Fonds de Roulement).
  14. Parler de « Partenaires sociaux ».
  15. Négliger l'Honnêteté intellectuelle et pratiquer la magouille (parfois appelée « creative accounting » ou en en Français  « comptabilité flatteuse »).
  16. Considérer la trésorerie comme une variable subalterne. 
Posté par Gérard Philippot, le 23/12/08 dans Développement - Economie - Entreprises | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juillet 2008
Europe-Méditerranée-Monde : sortir de l’impasse, servir de modèle
080712-UPM.jpgL’Union Méditerranéenne, telle que l’avait rêvée Nicolas Sarkosy, n’existera pas : les pays de l’Union Européenne non riverains s’y sont opposés. « L’Union pour la Méditerranée » que, faute de mieux, Nicolas Sarkosy lance avec solennité, risque de souffrir à la fois de gigantisme et de paralysie.

Le Président de la République française, pourtant, veut du concret. Au départ, il avait fait référence à ce qu’il avait appelé la « méthode Monnet ». Il avait même explicitement cité la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier qui, en guise de première étape, avait seulement réuni six pays sur un projet commun portant sur seulement deux produits.

Pour la Méditerranée, il y a tellement de choses à faire que plusieurs projets communs peuvent être nécessaires. Il faut cependant reconnaître que tous les projets n’intéressent pas forcément tous les pays en même temps. Il serait donc souhaitable de prévoir plusieurs « coopérations renforcées » au sein de l’Union Européenne. Le même principe s’appliquerait aux pays de l’autre rive et, selon les secteurs, les premiers participants ne seraient pas forcément les mêmes. Ainsi, les pays qui, au Nord comme au Sud se mettraient sur la ligne de départ pourraient fixer entre eux les règles du jeu étant entendu que les autres membres des deux rives seraient invités à adhérer ultérieurement.

Un tel cheminement permettrait d’écarter un risque et de saisir deux chances :

Ø       Le risque écarté serait celui de l’enlisement dans un « machin » dont les structures seraient lourdes et dont les réalisations dépendraient de financements compassionnels.

Ø       La première chance viendrait de l’égalité entre partenaires. Dans les années 1950, la CECA aurait été un échec si l’Allemagne (vaincue) n’avait pas eu les mêmes droits et les mêmes devoirs que la France. En ce qui concerne l’Europe-Méditerranée, l’égalité doit être assurée entre « riches » et « pauvres ». D’où la nécessité que, dans chaque secteur, les ressources financières découlent d’un critère précis et acceptable par tous. Ce critère devrait, bien entendu, être choisi de telle sorte que les riches payent bien davantage que les pauvres.

Ø       La seconde chance serait l’exemplarité. L’Europe a été pionnière de la construction communautaire. Si l’Europe-Méditerranée pouvait, à partir d’une institution nouvelle, devenir un modèle à vocation mondiale, elle gagnerait ses lettres de noblesse car les institutions internationales, conçues pour la plupart à la fin des années 40, sont nécessaires mais insuffisantes. Il devient urgent de planter une nouvelle graine en choisissant, pour commencer, un secteur restreint. L’eau serait un vecteur symbolique : des populations migrent pour fuir la sécheresse ; l’eau polluée tue 15.000 personnes par jour (plus que le sida). Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. Guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout.

Quelques pays du Nord et du Sud de la Méditerranée pourraient, sur ce terrain, planter une graine d’où sortirait une institution mondiale d’un genre nouveau.L’institution, dont les contours seraient définis par les premiers partants, serait dotée de réels pouvoirs et disposerait de moyens financiers.

Le Club des Vigilants a travaillé la question depuis presque deux ans et les contacts qu’il a déjà pris montrent que des pays situés très au Sud de la Méditerranée pourraient être intéressés. Les fils du désert connaissent la valeur de l’eau. Et certains ont à se faire pardonner la valeur du pétrole.

Posté par Marc Ullmann, le 12/07/08 dans Développement - Europe - France - Géopolitique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juin 2008
Petites victoires, grande tragédie
080612-Somalie.jpgVictoire ! « En accord avec le gouvernement somalien » un commando français a capturé dans le désert somalien six des pirates qui avaient pris à l’abordage un bateau de plaisance et retenu en otage tout le personnel de bord.

Victoire ! « En accord avec le gouvernement somalien » des missiles américains se sont abattus sur un point précis de la ville de Dhusamareb et ont tué un certain Moalim Aden Hashi Ayro, identifié comme le chef militaire d’Al Qaïda dans le secteur. 

De ces faits d’armes, les médias occidentaux se sont faits l’écho mais la Somalie et ses huit millions de pauvres bougres sont restés dans l’oubli. Le gouvernement, pompeusement dénommé « fédéral », ne reste maître de la capitale que grâce à l’appui de troupes éthiopiennes venues lui porter secours à la demande de l’Administration américaine. Hélas, les Ethiopiens, considérés comme des ennemis héréditaires par la plupart des tribus qui composent la population somalienne, font figure d’occupants. Les rebelles islamistes peuvent ainsi jouer sur le sentiment national.

Situation rêvée pour les Fous de Dieu … et pas seulement en Somalie.

Posté par Marc Ullmann, le 12/06/08 dans Afrique - Développement - Géopolitique - Terrorisme | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 avril 2008
Vaincre la faim
080421-Faim.jpgA considérer le monde dans son ensemble, une réalité tragique apparaît en plein relief : c’est la réalité de la faim. Faute d’une nourriture suffisante, des millions d’hommes meurent ou mènent une vie diminuée.

Sans même tenir compte des guerres et des famines provoquées par les belligérants, on peut estimer à 15 ou 20 % de la population mondiale le nombre de ceux qui souffrent de sous-nutrition. Si, par ailleurs, on évalue cette sous-nutrition à 20 ou 25 % du nécessaire, c’est une insuffisance totale de 3 à 5 % des produits de base qu’il s’agirait de combler. Or : 

-                      La superficie des terres arables diminue à mesure que des pays comme la Chine étendent des villes et construisent des routes.

-                      L’utilisation des terres arables pour la production de denrées essentielles se réduit à mesure que la production de biocarburants (absurdement subventionnée) augmente.

-                      La disponibilité de protéines végétales pour nourrir les plus nécessiteux est mise à mal par la consommation croissante de viande (il faut 7 protéines végétales pour produire une protéine carnée). 

L’ascension de classes moyennes de plus en plus nombreuses dans les pays émergents est évidemment salutaire. Leur pouvoir d’achat contribue, cependant, à faire bondir les prix des produits agricoles, à commencer par le riz, le blé, le maïs et le soja. Pour les populations qui, avant la hausse, consacraient déjà les ¾ de leurs ressources au poste des dépenses alimentaires, c’est insupportable. D’où la multiplication des révoltes. Selon la Banque Mondiale, 33 pays sont, de ce simple fait, en proie à des troubles sociaux.  

Le problème est aggravé par la spéculation et les bonnes volontés suffisent d’autant moins que l’aide alimentaire est généralement distribuée en nature, que le choix des biens distribués ne correspond pas forcément aux habitudes alimentaires des populations et que ces distributions contribuent à freiner la mise en œuvre d’une production vivrière locale. 

Pour sortir de cet enchaînement maléfique, il faudrait, comme l’aurait dit Monsieur de la Palisse, que les pauvres aient de l’argent. Les mécanismes du marché pourraient alors s’adapter à une demande rendue solvable. Est-ce possible ? Peut-être si, au-delà de l’urgence, l’ensemble des politiques d’aide était repensé dans cette optique. Les aides, telles qu’elles sont conçues actuellement coûtent cher et il y a, comme on dit, beaucoup de « perte en ligne ». Les plus pauvres ne reçoivent que des miettes. Et ces miettes, le plus souvent, ne correspondent pas à leurs besoins les plus pressants. 

A court terme de graves accidents sont prévisibles car la correction, même si elle a lieu, prendra du temps. Elle eut été plus facile si, à l’époque de la surproduction agricole dans les pays riches, on avait essayé d’adapter l’offre au lieu de distribuer des « excédents ». Maintenant, c’est plus ardu mais, au fond, le problème est le même. Il s’agit de transformer les besoins réels en demande suffisamment explicite pour que les affamés puissent être vraiment entendus des donateurs. Les femmes africaines savent mieux que les technocrates occidentaux comment elles aimeraient nourrir leur famille. Et elles sont moins gourmandes que leurs gouvernements.

Posté par Marc Ullmann, le 21/04/08 dans Agriculture - Développement - Mondialisation - Pauvreté | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 décembre 2007
Inde : vers un boom du BTP
071210-Inde.jpgLa voiture, c’est bien ; encore faut-il qu’il y ait des routes. Le paradoxe indien est que de nombreux constructeurs prévoient de fabriquer en masse des voitures populaires à des prix imbattables alors que les infrastructures sont lamentables et que la bureaucratie a des semelles de plomb.

Les élites dirigeantes commencent à se rendre compte que le « high-tech » a des limites. Dans un pays d’un milliard d’habitants où 14 millions de jeunes affluent chaque année sur le marché du travail, ce secteur haut de gamme emploie à peine plus de deux millions de personnes. L’industrie, jadis décriée, a le vent en poupe et les investisseurs, attirés par l’immensité du marché, sortent de leurs cartons d’innombrables projets.

Le développement et la modernisation des infrastructures deviennent prioritaires. Les entreprises du BTP gagneront sans doute beaucoup d’argent avant que l’industrie automobile accumule des profits.

Posté par Marc Ullmann, le 10/12/07 dans Asie - Développement - Economie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 septembre 2007
Immigration sans tabous

070928-Immigration.jpgDepuis plus de 40 ans, le discours sur l’immigration en France n’a pas varié d’un iota. Le flou maintenu entre immigration légale et illégale non plus. Une loi chasse l’autre – on en est à la 72ème depuis 1945. Et depuis la fin des années 70, elles vont toujours dans le même sens : durcissement, verrouillage, exclusion.

Depuis près de 20 ans, le discours dominant sur la mondialisation "heureuse" prône toujours plus d’ouverture, de concurrence, de dérégulation. Les capitaux, les marchandises et même les usines jouent à saute-frontière sans freins, ni limites. Un jour en Savoie, le lendemain à Timisoara et le surlendemain à Chengdu. Les hommes, quant à eux, sont sommés de "pourrir sur pied". Mais les humains ne sont pas des plantes. Ils ont des jambes. Ils marcheront toujours vers un ailleurs qu’ils espèrent meilleur.

C’est le cas de tous les "illégaux" du monde. En France, ils seraient entre 300 000 et 500 000. Le 20 août dernier le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale s’inquiétait de ne pas atteindre les 25 000 reconduites prévues pour 2007. Rythme qui, s’il était tenu et à condition que le stock de sans papiers n’augmente pas, permettrait à la France d’être "libérée" de ses illégaux au mieux en 2020, sinon en 2028. Pendant ce temps, la plupart travaille, consomme, aime, fait des enfants... N’est-il pas temps de remettre tout à plat sans a priori ni démagogie ? Des secteurs entiers – BTP, hôtellerie-restauration, agriculture... – souffrent de pénurie de main d’œuvre. Le vieillissement de la population ne va pas arranger les choses. Régulariser tous ceux qui peuvent bénéficier d’un contrat de travail, quitte à définir une période plancher (par exemple 5 ans) de travail effectif avant l’octroi d’une carte de 10 ans, serait un gage d’efficacité économique – des impôts et des cotisations sociales en hausse – et de cohésion sociale par une meilleure intégration.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 28/09/07 dans Développement - France - Mondialisation - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 mai 2007
Repentance : non ; Humilité : oui

070523-Repentance.jpgDepuis la révolution industrielle, l’Occident a accaparé toutes les richesses du monde. Aujourd’hui, les pays en développement estiment avoir le droit moral et politique de dire : « c’est bien notre tour ! ». C’est compréhensible mais intenable. Comment donc donner envie aux pays en développement de ne pas copier notre modèle ?

Repentance et autocritique ne servent à rien. Si l’on veut que les autres cultures cherchent et trouvent des voies qui leur soient propres, il faut commencer par leur montrer que nous sommes capables de les admirer.

Il y a moins d’une génération, certains Indiens de Bolivie adoraient encore les arbres. Les « Blancs » trouvaient cela idiot. C’est pourtant l’exemple même d’une croyance passée dont il faudrait s’inspirer pour construire l’avenir.

Posté par Marc Ullmann, le 23/05/07 dans Développement - Environnement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 mai 2007
Il est l’or, mon senior !

070519-OrBleu.jpgL’or noir est, depuis longtemps, un enjeu planétaire qui s’arrache au prix de la guerre. L’or bleu, le plus précieux, sera demain la ressource naturelle la plus convoitée.
A une époque où tout se négocie au prix fort la vision d’un monde équitable fait figure d’utopie. Et pourtant ! L’humanité, si elle veut perdurer, devra, bon gré mal gré, faire de cette utopie la réalité de demain, considérer la protection du vivant comme sa priorité absolue. Puisse la mutation se produire volontairement avant qu’une catastrophe majeure ne décide pour nous.

Posté par Déborah Secrétin, le 19/05/07 dans Développement - Environnement - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 mai 2007
Chine : le vert et le noir

070502-YinYang.jpgPrise de conscience ou hypocrisie ? Voilà, dit un correspondant chinois, une façon bien occidentale de s’interroger. Au pays du yin et du yang, la vie se charge d’harmoniser les contraires, le mouvement se prouve en marchant. Mieux vaudrait pourtant savoir vers quoi marche la Chine, vers quoi elle entraîne le monde.

Yin, le programme économique défini par le Premier ministre Wen Jiabao qui souligne la nécessité du développement durable et les dangers d’une croissance effrénée. Yang, le rythme continu de cette même croissance.

Yin, la ville nouvelle qui, aux environs de Pékin, sera montrée aux étrangers qui viendront l’année prochaine pour les jeux olympiques. Yang, les grattes ciel qui continuent d’être construits avec air conditionné à tous les étages.

Yin, les immenses projets de liquéfaction du charbon qui devraient permettre de limiter les émissions de Co2. Yang, le maintien en service (et même l’extension) d’anciennes centrales qui sont les plus polluantes du monde.

Entre ces Yin et ces Yang s’engage une course de vitesse. Tous les pays partenaires de la Chine, à l’OMC ou ailleurs, sont concernés.

Posté par Marc Ullmann, le 02/05/07 dans Chine - Développement - Economie - Environnement | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 avril 2007
Pour une communauté mondiale de la vapeur d’eau

070430-VapeurEau.jpgJe vois déjà des sourires. Non, ne prenez pas cet article pour un canular. C’est très sérieux.
Marc Ullmann propose une communauté mondiale de l’eau. Oui, l’eau est rare et inégalement partagée. L’eau potable manque et viendra encore plus à manquer. Mais je ne vous parle pas ici de manque d’eau, mais du réchauffement climatique.

Quel rapport, me direz-vous, entre réchauffement climatique (une nouvelle grande peur pour nos esprits vigilants) et la vapeur d’eau ? Eh bien il y a un rapport direct.

Quel est le principal agent du réchauffement climatique ? La quantité de chaleur produite par l’activité humaine. Les experts sont unanimes là dessus. Où ils ne sont pas encore d’accord, c’est sur l’importance du phénomène, et surtout sur les moyens de l’enrayer.

Or la chaleur produite par l’activité humaine n’est pas près de diminuer : en fait, elle ne fait qu’augmenter, en vertu du troisième principe de la thermodynamique. Toute utilisation d’énergie par l’humanité se transforme au bout du compte en chaleur qui contribue donc au réchauffement climatique, inexorablement.

Regardons les magnifiques images de la terre vue de l’espace. On reconnaît les continents et les océans, quand les nuages ne les recouvrent pas. Ah, ces nuages ! Combien d’excursions gâchées, combien de voyages d’agrément ternis par la nébulosité !
Ces nuages, vus de l’espace, sont blancs.
Quelle est la principale propriété du blanc ? D’absorber très peu le rayonnement, et donc de le réfléchir. Dans la grande quantité de rayonnement qui arrive en continu de notre soleil, et qui donc chauffe notre terre, une partie non négligeable est renvoyée immédiatement par la couche nuageuse blanche. Cette couche blanche, c’est de la vapeur « saturée », par opposition à la vapeur « sèche » qui est présente partout dans l’atmosphère, mais invisible. Invisible, donc transparente pour le rayonnement solaire.

Si vous regardez, un jour de bon vent, comment se forment et se déforment les nuages, vous verrez que la vapeur « saturée » apparaît à partir de rien, subitement dans le ciel. En fait, elle apparaît à partir de la vapeur « sèche » proche de la saturation, grâce à une variation locale des conditions atmosphériques. Et quand le nuage cache le soleil, ça chauffe moins en dessous. « Ôte toi de mon soleil » disait Diogène à un interlocuteur qui lui faisait de l’ombre…

Les nuages apparaissent et disparaissent spontanément dans notre ciel. Nous n’y pouvons rien. Rien ? Pas si sûr…

A entendre nos experts du réchauffement climatique, la température va augmenter de un ou deux degrés dans le prochain siècle. Et si, au lieu d’essayer de réduire l’échauffement dû à l’activité humaine, on va essayer d’augmenter la couverture nuageuse, de quelques pour cent ? On diminuerait la quantité de chaleur reçue du soleil, ce qui pourrait compenser pour partie celle produite par l’humanité. Je ne serais pas étonné que les calculs à faire montrent que cela coûterait moins cher…

Comment donc augmenter la couverture nuageuse ? Eh bien là où c’est possible, augmenter le taux de vapeur sèche dans l’atmosphère. En créant de nouveaux lacs d’eau douce, en particulier dans les zones désertiques.
Revenons à notre terre vue de l’espace. Les trois quarts de sa surface, ce sont les océans. Sur le quart restant, un dixième est constitué par une grande bande quasi désertique, entre la Mauritanie et la Péninsule Arabique. Cette grande zone fut, il n’y a pas si longtemps, une belle région où paissaient des vaches : les peintures rupestres du Sahara en attestent.
Remettre une quantité significative d’eau dans des lacs au milieu de cette région pourrait changer le climat non seulement de cette région, mais aussi de toute la terre.
Non seulement ces lacs réduiraient l’échauffement direct du sol (la surface de l’eau fait pour une grande part miroir) mais l’eau quand même chauffée s’évaporerait, augmenterait la teneur en vapeur d’eau dans le Sahara, et accroîtrait ainsi la formation de nuages dans la zone. Les climatologues savent bien que les étendues d’eau artificielles créées par l’homme changent un peu les conditions climatiques locales.

Mais où prendre l’eau douce ? Eh bien par exemple détourner une partie du fleuve Zaïre ou de ses affluents, lui faire passer le seuil peu élevé qui sépare le bassin équatorial du Zaïre du grand bassin du Tchad. Par un canal creusé, ou par pompage. L’énergie nécessaire ? Grâce à des barrages hydroélectriques installés justement en aval du fleuve Zaïre : ces énormes possibilités hydroélectriques n’ont jamais été exploitées, car on ne sait pas quoi faire de cette électricité qu’on ne peut pas transporter sur plus de deux mille kilomètres !

Voilà donc le projet de grand lacs intérieurs dans le Sahara.

En regardant une carte en relief de cette région, on voit qu’il y a quatre endroits où il serait relativement facile de créer un grand lac dans une grande cuvette naturelle :

1) au sud de la Mauritanie : l’Aoukar, en prenant de l’eau du fleuve Sénégal pendant son passage à travers le Mali.

2) Au Tchad : la cuvette du Bodélé. L’eau de l’Oubangui serait prélevée à travers un canal à creuser du sud vers le nord, pour rejoindre le cours du Chari jusqu’au lac Tchad. De là on creuserait un canal vers le nord jusqu’à la cuvette.

3) En Egypte occidentale : la dépression du Mukhafad el Qattarah, en creusant un canal depuis la méditerrannée.

4) En Arabie, la cuvette de Al Muruk al Mutaridah, en pompant depuis le golfe persique.

Une première phase de ce projet « super pharaonique » pourrait concerner ces quatre zones, avec une surface d’eau totale de l’ordre d’un demi million de km2.
Les gens qu’il faudra convaincre ne seront pas faciles à convaincre. Mais surtout, ces projets concernent plusieurs Etats, et l’on peut imaginer les difficultés résultant d’intérêts locaux contradictoires. Il faudrait donc dépasser le jeu des intérêts locaux et marchands en créant une communauté. Comme la valeur partagée de ce projet, c’est l’augmentation de taux de vapeur d’eau dans l’atmosphère, avec toutes ses conséquences sur l’ensemble du climat sur terre, la communauté pourrait prendre le nom de « Communauté de la Vapeur d’Eau », CVE.

Ensuite le projet pourrait s’étendre avec une deuxième phase, qui pourrait quadrupler la surface d’eau créée, mais avec des investissements dix fois plus élevés que pour la première phase. La surface d’eau créée pourrait alors atteindre plus de deux millions de km2. De quoi augmenter la couverture nuageuse moyenne de la terre d’une valeur que nos climatologues sauront évaluer aussi bien que l’effet de l’augmentation de CO2…Et pourquoi pas, plus tard, une troisième phase, encore plus ambitieuse ?

On peut rêver. Mais quelquefois le miracle s’accomplit, le rêve se réalise…par la volonté initiale de quelques visionnaires.

Posté par Philippe Tixier, le 30/04/07 dans Développement - Environnement - Sciences | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 avril 2007
Le progrès à quoi bon ?

070416-TGV.jpgDeux informations a priori sans rapport ont ouvert les journaux télévisés du 4 mars 2007 : le record de vitesse du TGV à près de 575 km/h et, par ailleurs, les 9 enfants de maternelle qui ont eu droit à de l’eau et du pain en guise de repas à leur cantine. Deux images de la France d’aujourd’hui qui auraient pu finalement se dérouler dans la plupart des pays développés.

Que retiendront les historiens dans quelques siècles de notre civilisation ? Probablement que toutes les technologies y auront vu le jour, du moins dans leur forme basique. En un siècle, nous avons créé l’automobile, l’avion, le train, les fusées, la radio, la télévision, l’informatique, Internet et je passe sur tous les progrès médicaux. Ceci nous a permis d’atteindre des taux de croissance jamais rencontrés dans toute l’histoire de l’humanité. Et pour en faire quoi ?

La misère concerne un habitant de notre planète sur deux, la pauvreté s’installe dans les pays les plus riches et le léger mieux que l'on nous promet (Cf. les objectifs du millénaire pour le développement) est toujours renvoyé aux calendes grecques. C’est bel et bien là le plus grand échec des politiques du monde entier : n’avoir pas su profité d’une période particulièrement favorable pour mettre en place un système équitable où tout le monde a sa chance et sa place.

Nous savons faire des trains rapides ? Tant mieux, cela nous permet de ne pas voir la misère qui reste à quai.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 16/04/07 dans Développement - France - Pauvreté - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 janvier 2007
Inde : effets pervers de la révolution verte

070126-Inde.jpgLa « révolution verte » mise en œuvre en Inde à partir des années 1960 a permis, grâce à l’introduction de pratiques culturales modernes, incluant entre autres un puissant développement de l’irrigation, parallèle à l’emploi généralisé d’engrais chimiques et de pesticides, une croissance de la production agricole comblant les besoins d’une population doublée en quarante ans.

Cette politique a augmenté les rendements mais généré – hélas ! – des effets pervers dont on commence à percevoir l’ampleur. Lors d’une récente mission à Bangalore, mes amis, responsables de l’Agence Indienne de l’Espace (ISRO), m’ont fait part de leurs inquiétudes nourries par les excellentes mesures de leurs satellites de télédétection, analysées à leur puissant Centre spécialisé à Hyderabad et que je résume.

La surface des terrains irrigués avant la révolution verte ne dépassait pas 5 millions d’hectares et le taux de salinité y était partout négligeable. La surface irriguée aujourd’hui est de 55 millions d’hectares sur un total de terres cultivées de 140 millions, 85 se contentant d’eau de pluie et ne produisant alors qu’une seule récolte. La productivité dans les zones irriguées atteint 2,7 tonnes de riz à l’hectare, à comparer avec la productivité moyenne sur tout l’ensemble de 1,7 tonnes à l’hectare.

Un phénomène est apparu récemment et progresse rapidement, la salinification des terres irriguées due au lessivage des surfaces. Il frappe déjà 20 millions d’hectares sur 55, d’après les mesures spatiales. La détérioration irréversible des sols fait baisser le rendement. Pour la première fois depuis le début de la révolution verte, l’Inde a du importer du riz l’année dernière.

Posté par Jacques Blamont, le 26/01/07 dans Asie - Développement - Environnement | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 décembre 2006
Hyderâbâd mise sur les femmes de ménage

061215-FemmesdeMenage.jpgLorsqu’une femme travaille et que son mari n’a pas d’emploi, celui-ci est bien obligé de la respecter. De plus, les femmes sont plus enclines que les hommes à mettre de l’argent de côté pour l’éducation des enfants. C’est en tout cas ce que pensent les entreprises High Tech installées à Hyderâbâd. Toutes ensemble, et avec l’accord des autorités locales, elles ont décidé que le personnel d’entretien serait exclusivement féminin et qu’un complément de salaire serait alloué pour l’éducation des enfants.

Il faut dire qu’Hyderâbâd est, avec Bangalore, la capitale indienne des hautes technologies. Microsoft, IBM, Alcatel et plus de 300 autres entreprises s’y sont installées. Les techniciens affluent de toutes parts mais comme partout en Inde, la majeure partie de la population croupit dans la misère.
D’où l’idée de miser sur les femmes de ménage dont quelques enfants, peut-être, créeront des logiciels et assureront aux générations futures un sort meilleur que celui connu par leurs parents.

Posté par Louise Jasmin, le 15/12/06 dans Asie - Développement - Entreprises - Pauvreté | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 novembre 2006
Investir en Russie

Le développement économique potentiel de la Russie est immense mais des retards ont été pris. Les entreprises européennes, y compris les moyennes, pourraient en profiter. Une des raisons du retard est que les Russes n’ont pas eu, comme les Chinois, la chance de disposer d’une diaspora prête à investir dans son pays d’origine. Circonstance aggravante : les oligarques avaient tendance à placer à l’étranger un argent vite gagné. Maintenant, tout a changé.

. Non seulement, des capitaux reviennent mais surtout, la hausse des prix du pétrole et du gaz a si bien rempli les caisses que la Russie a pu à la fois rembourser ses dettes extérieures et commencer à moderniser quelques secteurs vitaux de son économie. Dans ces secteurs là, en particulier dans l’énergie, la place laissée aux étrangers sera sans doute modeste et en tout cas minoritaire.

Mais dans la plupart des nouvelles technologies, dans la grande distribution, l’agro-alimentaire, la finance, les cosmétiques, la pharmacologie, le BTP, etc, la porte est d’autant plus ouverte aux investisseurs européens que le Kremlin souhaite privilégier la zone Europe au détriment des Etats-Unis. Beaucoup d’entreprises allemandes ont compris le message et beaucoup d’autres s’y préparent. La France est en retard malgré quelques réussites spectaculaires comme celle d’Auchan qui a équilibré son exploitation dès la première année.

Posté par Francis Dal Farra, le 10/11/06 dans Développement - Economie - Energie - Entreprises - Russie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 août 2006
Chérir l’OMC

Connaissez-vous un seul chef d’entreprise qui ait changé son « business plan » parce que le « cycle de Doha » peut tourner court ? Probablement pas. Les négociations qui se déroulent à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) semblent lointaines, mystérieuses, réservées à des experts. Quel dommage ! Si le commerce international n’est pas régulé, la mondialisation ne sera pas maîtrisée et les disparités s’accroîtront entre zones gagnantes et zones perdantes. D’où, dans de nombreux pays, le risque d’un choc en retour qui d’abord protectionniste pourrait rapidement prendre la forme du nationalisme. Du même coup, les structures politiques de plusieurs démocraties pourraient être menacées.

Posté par Marc Lanval, le 16/08/06 dans Développement - Economie - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 juillet 2006
Elle sera verte ma croissance

La croissance est une clef magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Tous les gouvernements en veulent. On les comprend. Hélas, la consommation humaine de ressources naturelles excède la capacité de la nature à se régénérer et certains procédés industriels ont déclenché le tic-tac de l’horloge à cataclysme climatique. On frémit à l’idée que des centaines de millions de Chinois qui circulaient à vélo ambitionnent de circuler en voiture et que Shanghai a été construit en copiant New York avec air conditionné à tous les étages d’immenses gratte-ciels.

Donc de trois choses l’une :

- Ou bien on continue comme cela et une catastrophe s’abattra sur la génération suivante (fort possible);

- Ou bien l’humanité adoptera une nouvelle mystique qui, prônant le partage, permettra de se passer de la croissance (improbable avant une catastrophe) ;

- Ou bien le contenu de la croissance sera radicalement modifié dans des délais relativement brefs. Ce qui implique une mobilisation générale pour une croissance verte (immense et salutaire défi).

Posté par Marc Lanval, le 30/07/06 dans Développement - Environnement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 juin 2006
Pour une Communauté Mondiale de l’Eau

eau.jpgDans ma jeunesse, j’ai travaillé à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et me souviens de la genèse de cette première institution européenne. Jean Monnet est parti de la conviction que l’Europe ne se ferait pas d’un coup mais pas à pas.

Voulant commencer par créer une « solidarité de fait », il a pensé que le charbon et l’acier, qui avaient été utilisés pour faire la guerre, pouvaient être un symbole de reconstruction pacifique et servir de base tant à la réconciliation franco-allemande qu’à l’unité de l’Europe. Il a persuadé Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, de lancer l’idée et s’est assuré qu’elle serait bien reçue par Konrad Adenauer, le chancelier allemand, et fortement appuyée par l’Administration américaine.

L’Europe d’aujourd’hui ne ressemble pas à celle dont rêvait Monnet mais la CECA a néanmoins servi de socle à une prise de conscience européenne. Maintenant, les menaces visent l’humanité entière et il s’agit de faire émerger une conscience planétaire. D’où la question : existe-t-il un domaine qui aiderait à cristalliser une « solidarité de fait » à l’échelle mondiale, un domaine où l’urgence et la gravité des problèmes justifieraient la mise en commun de certains pouvoirs et de certaines ressources ?

Après avoir beaucoup consulté et beaucoup réfléchi, je suis arrivé à la conclusion que la création d’une Communauté Mondiale de l’eau (CME) serait la plus prometteuse des initiatives possibles. Les hommes, après tout, peuvent vivre sans pétrole, ils ne peuvent pas vivre sans eau. Des guerres peuvent éclater pour le contrôle des ressources. Des populations peuvent migrer pour fuir la sécheresse. L’insalubrité peut provoquer des épidémies. Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. De plus, le problème de l’eau est au cœur des préoccupations mondiales. Le forum qui a réuni récemment à Mexico près de 5.000 représentants d’Etats, d’institutions internationales, d’experts et de professionnels l’a amplement démontré : guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout.

Le chemin à parcourir avant qu’une CME fonctionne est si périlleux, les problèmes à traiter sont si complexes et les parties prenantes si nombreuses, que l’initiative ne peut être lancée dans le cadre modeste du Club des Vigilants. Nous pouvons seulement réfléchir aux processus qu’il conviendrait d’enclencher. Concrètement, il s’agirait surtout de :

- trouver la ou les personnalités les plus aptes à prendre l’initiative et chercher les moyens de les convaincre ;

- dresser la liste des pays qui accepteraient de se placer sur la ligne de départ et négocieraient un éventuel traité ;

- définir les points qui, dans cet éventuel futur traité, devraient être considérés comme primordiaux.

Une réflexion préliminaire est en route sur ces trois points. Ceux qui voudraient contribuer à cette étude de faisabilité seraient les bienvenus.

Posté par Marc Ullmann, le 22/06/06 dans Développement - Environnement - Géopolitique - Mondialisation | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 mai 2006
Péninsule arabique : entre rêves et cauchemar

L’Arabie Saoudite et les Emirats regorgent d’argent. Ils cherchent à moderniser leur territoire, à diversifier leur économie, à passer directement du passé au futur. Rien n’est trop beau. Infrastructures, télécommunications et même culture et sport sont au rendez-vous. Universités, musées et stades sortent de terre. Pourtant, l’optimisme ne règne pas.

Il s’en est fallu de peu pour qu’Al Quaïda réussisse son attentat contre le principal complexe pétrolier d’Arabie. Surtout, l’Iran est de l’autre côté du détroit et si, d’aventure, les Etats-Unis et/ou Israël décidaient d’en découdre, les monarchies pétrolières seraient les premières à subir des représailles, les plus exposés aux dommages collatéraux.

Un membre du Club qui revient de Dubaï fait part d’une impression étrange, les hommes d’affaires locaux lui ont paru nerveux. Comme si des rêves futuristes peints en rose risquaient d’être couverts par des nuages très noirs.

Posté par Marc Lanval, le 24/05/06 dans Développement - Moyen Orient - Terrorisme | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 mai 2006
Faim, OGM et bonne conscience

OGM.jpgLes adversaires des OGM, en particulier en Europe, mettent en doute leur innocuité sur la santé humaine et animale, s’inquiètent de la contamination des cultures sans OGM et, s’alarment des atteintes qu’elles porteraient à la biodiversité. Ils s’insurgent aussi contre le sort qui sera réservé aux paysans dans le monde, en particulier dans les pays pauvres. Les OGM étant protégés par des brevets, les petits paysans, assurent-ils, n’auront plus le droit de garder des semences d’une récolte pour les replanter l’année suivante, comme ils l’ont toujours fait. Ce qui constituerait un surcoût insupportable pour la plupart d’entre eux.

De leur côté, les pro-OGM, et au premier chef les grands groupes d’agrochimie, tels les américains Monsanto et DuPont ou le suisse Syngenta, rejettent tous ces « anathèmes » par des arguments inverses. Ils insistent sur le caractère inoffensif des OGM que ce soit sur la santé ou les cultures, sur les bienfaits pour l’environnement – moins de pesticides utilisés pour des plantes devenus résistantes à tel ou tel insecte etc. Ils vont jusqu’à taxer les anti-OGM du Nord d’ « égoïsme ». Ils seraient, à leurs yeux, insensibles à la faim qui sévit dans certaines parties du monde alors que les OGM, grâce à des rendements importants, pourraient venir à bout de ce fléau.

Mais las ! Et c’est la FAO qui le souligne dans un rapport sur les biotechnologies agricoles : « Les recherches sur les cultures transgéniques sont, pour la majorité, le fait de sociétés privées transnationales. (...) Les plantes et les caractéristiques présentant un intérêt pour les pays pauvres sont dédaignées. »

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 18/05/06 dans Agriculture - Biologie - Développement - Environnement | Commentaires (12) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 avril 2006
Emotions

fraternite.jpgDans la Cordillère de Vilcabamba, au coeur de l’Amazonie péruvienne, vit encore une peuplade éloignée de toute civilisation. Ce sont de « bons sauvages » comme aurait dit Rousseau. Une Française, depuis vingt ans, est parmi eux. Au départ, quand elle a été acceptée par le groupe, des femmes lui ont offert … quelques poux. Elle les a mis sur sa tête afin que les autres puissent l’épouiller. Symbole de fraternité. Signe de lien social.

Questions : Pour se montrer fraternels, est-il indispensable d’avoir des malheurs en partage ? Doit-on absolument renoncer à tout confort ? Est-on obligé de se fondre dans un groupe et d’abandonner son quant à soi ? Ne peut-on concilier autonomie et lien social ?

Sur un parking au bord d’une route de montagne dans le nord du Japon, sept adolescents ont été retrouvés morts. Ils avaient cherché, via Internet, des compagnons d’infortune et avaient décidé de se suicider ensemble. Tragique moyen d’échapper à la solitude.

Questions : Où trouver de la chaleur humaine ? Comment adhérer à une société privée d’idéal ? Comment aider les autres tout en se faisant plaisir ? Par quel bout commencer ?

Dans une banlieue triste d’Alger, Khaled, un garçon de seize ans, regarde par la fenêtre. Ce n’est pas pour se distraire, c’est pour une rédaction : « Je vois, écrit-il, des ordures partout sur le sol jusqu’au parc public situé près de la place ». Lui et ses condisciples (une quinzaine) laissent, sous de multiples formes, percer leur amertume. Ils rêvent d’un ailleurs en France, en Espagne, en Europe. Ils regrettent de ne pas être nés loin de chez eux.

Questions : Ces jeunes musulmans ont-ils tort de ne pas être « islamistes » ? Ont-ils tort de croire qu’en Europe le futur a encore de l’avenir ? Avons-nous raison de craindre au lieu d’espérer ? Sommes-nous incapables de tirer parti de nos points forts pour corriger nos manques ? Ne peut-on essayer de construire une société harmonieuse ? Devons-nous renoncer à l’ambition de donner consistance à nos rêves ?

Post Scriptum :

Comment sauter une case au jeu de l’oie de la modernité ? Voilà une question que les Vigilants pourraient se poser à propos de la révolte anti-CPE. Vue à l’aulne d’une certaine modernité, cette révolte apparaît rétrograde : ses portes parole appellent précarité ce que la plupart des théoriciens de l’économie de marché nomment flexibilité. Les protestataires véhiculent, cependant, un message novateur : ils aspirent à une société plus humaine où les salariés ne soient pas de simples variables d’ajustement. Tout le problème consiste à savoir si la France, endettée et économiquement en retard par rapport à ses voisins, peut faire l’économie d’un rattrapage. Sans doute faut-il chercher la réponse dans le contenu souhaitable d’une croissance retrouvée. L’assainissement des finances publiques et des comptes sociaux est un passage obligé mais pas un but. Un « Comment » n’a de sens que s’il est mis au service d’un « pourquoi ». Ce « pourquoi » doit servir de boussole. La croissance nécessaire doit donc avoir un contenu innovant.

Posté par Marc Ullmann, le 24/04/06 dans Citoyenneté - Débats - Développement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 mars 2006
Mondialisation : risque de choc en retour

La libéralisation des échanges et des mouvements de capitaux permet à de nombreux pays d’accélérer leur développement et soutient la croissance mondiale. Tant mieux. Le rythme du changement peut, cependant, dépasser certaines capacités d’adaptation. D’où le risque d’un choc en retour qui, d’abord protectionniste, pourrait rapidement prendre la forme du nationalisme.

Prenons un exemple précis : le PIB chinois a triplé en dix ans mais les salaires en Chine n’ont pas augmenté d’un Yuan. C’est normal, vu que « l’armée de réserve » se compte par centaines de millions. Mais faudra-t-il attendre un quart de siècle pour que l’effet combiné du développement chinois et du vieillissement de la population crée une pénurie de main d’œuvre ? Si tel était le cas, le choc en retour se produirait inévitablement.

Posté par Marc Ullmann, le 04/03/06 dans Développement - Economie - Mondialisation | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 décembre 2005
Pour un bon usage du pétrole irakien

Irak.jpgEn dépit des élections législatives, tous les discours sur la démocratisation de l’Irak resteront lettre morte si la rente pétrolière n’est pas utilisée pour améliorer réellement le niveau de vie du peuple et étouffer la guerre civile sous le poids de l’intérêt commun. Pour l’instant, on en est loin. Très loin.

Tout se passe comme si les Sunnites irakiens ne considéraient plus les Chiites et les Kurdes comme leurs compatriotes. Les chiens de la haine ont été lâchés. Nul ne sait s’il est encore temps de les remettre en laisse mais une chose est sûre : si les bénéfices du pétrole vont exclusivement dans les caisses des provinces productrices et donc profitent seulement aux Chiites et aux Kurdes, rien, absolument rien, ne pourra atténuer la colère des Sunnites. Les partis politiques issus des élections ne pourront, en aucun cas, faire l’impasse sur ce problème majeur. Le dosage entre fédéralisme et centralisme n’a rien d’abstrait. Les milliards du pétrole sont en jeu.

Posté par Marc Ullmann, le 21/12/05 dans Développement - Economie - Energie - Moyen Orient - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 décembre 2005
CMM=5

Connaissez-vous le Capacity Maturity Model ? Il s’agit d’un modèle de notation définissant les meilleures pratiques en matière de développement et d’intégration informatique. L’échelle va de 1 (état proche du chaos) ? 5 (garantissant moins de 1 bug pour 100.000 lignes de code).

Seules 3 entreprises au monde atteignent le niveau d’excellence, le fameux CMM5. Toutes sont d’origine… indienne.

Voil? qui bouleverse notre vision de la mondialisation. Car, il ne s’agit plus seulement de délocaliser, au détriment de la qualité souvent, des services jugés trop coûteux ou non stratégiques mais bel et bien de rechercher qui est capable de produire des développements complexes. Et ? ce petit jeu, seule l’Inde aujourd’hui sait réaliser des programmes structurés dans des langages aussi courant que Java (un des standards utilisés notamment sur Internet).

Une des raisons est le niveau de formation des développeurs : de niveau Bac+3 ou 4 en Occident contre un niveau Bac+8 en Inde ! Le développement n’est quasiment plus assuré en Europe ou aux USA par des ingénieurs, ceux-ci considérant cette tâche comme dévalorisante par rapport ? une fonction de chef de projet.

Reste qu’? force de confier tout le savoir-faire aux pays émergents, on perd peu ? peu la maîtrise de son environnement.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 19/12/05 dans Développement - Entreprises - Mondialisation - Technologie | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 décembre 2005
Matériel humain

Pourquoi Hu Jintao serait-il plus soucieux de la vie des Chinois d’aujourd’hui que Napoléon l’a été de celle des Français il y a 200 ans ? L’Empereur, dont on célèbre volontiers les victoires, n’a pas été avare du sang des conscrits. Il avait bonne conscience : la France était le pays le plus peuplé d’Europe, elle avait un « surplus » de matériel humain ! Idem pour la Chine actuelle. Elle est en train d’accomplir en 50 ans ce que les Occidentaux ont mis deux siècles ? fourbir. Les dirigeants, cuisiniers de cette gigantesque omelette, ne s’intéressent vraiment qu’? la partie « utile » de la population, celle qui forge l’avenir. Même s’ils prétendent le contraire, ils n’éprouvent guère de compassion pour les millions ou les dizaines de millions d’œufs cassés. Sur 1,3 milliards de Chinois, il reste encore beaucoup de « matériel humain ». Mieux vaut le savoir que se nourrir d’illusion.

Posté par Marc Ullmann, le 13/12/05 dans Citoyenneté - Développement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2005
Géothermie : une énergie d’avenir

  Géothermie - Pilote Soultz sous ForêtsLe

     Le respect, par les pays signataires, du protocole de Kyoto implique la baisse des émissions de gaz ? effet de serre, essentiellement le CO2. Cela suppose une moindre utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz, etc.). Or, le modèle économique qui est le nôtre est gros consommateur d’énergie et, pour tenir les objectifs de Kyoto, des solutions alternatives doivent être trouvées.

A court terme, le nucléaire, énergie propre mais dont la gestion des déchets n’est pas sans problème, peut servir de relais. Le développement des énergies dites renouvelables (marée, vent, solaire, etc.) en est un autre. Cependant, à plus long terme, une voie a été jusqu’ici peu exploitée : la géothermie.

 Sous nos pieds, quel que soit le lieu au monde, se trouve une énorme quantité de chaleur qui appartient à tous et à chaque pays si on utilise l'ancien droit du "tréfonds" : c'est l'énergie thermique du sous-sol et du magma !

 

Convertir en électricité l'énergie thermique contenue dans notre bonne vieille terre ! Quel beau programme !

 

L'étude de cette voie intéressante demandera sans doute des recherches importantes au niveau national ou européen.

Chercheurs et industriels, à vos laboratoires et vos bureaux d'études !

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 20/09/05 dans Développement - Economie - Energie - Environnement - Innovation - Sciences | Commentaires (17) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Luc Ferry
 
Président délégué du Conseil d'Analyse de la Société, Luc Ferry est intervenu, mercredi 1er juillet, sur le thème : « La France de demain doit se réfléchir aujourd’hui ».  
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