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Des fonds de pension conquérants |
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En ce début du mois de Juillet, quelques entrefilets dans la presse canadienne sur un événement qui, ici, ne surprend pas outre mesure. Il s’agit de la prise de contrôle amicale de l’opérateur historique des télécoms BELL pour un montant de l’ordre de 52 milliards de $c.
Les acquéreurs ont pour chef de file et leader de l’opération la Caisse de retraite des professeurs de l’Ontario. Quand on entend sur les ondes françaises les hommes politiques de tout bord délirer sentencieusement sur les possibles vertus de fonds de pension à la française, comme on dit en québécois à Venise, on se gondole ... sachant qu’il faudrait au moins 3/4 de siècle pour approcher le niveau actuel des modestes fonds canadiens.
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Canada : éloge de la lenteur |
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Le Parti Québécois, partisan de l’indépendance de la « Belle Province », est né en 1970. Il aura fallu 37 ans, une génération, pour que la revendication achève de se dissoudre par la vertu du compromis. Aux élections du 26 mars, le PQ a essuyé la plus lourde défaite de son histoire en ne récoltant que 36 sièges sur les 125 que compte l’Assemblée nationale.
Le terme « nationale » n’est d’ailleurs pas anodin car le Québec, à défaut d’être « souverain », est maintenant reconnu en tant que « nation » par le gouvernement fédéral. En fait, il s’agit d’une autonomie au sens large et cette autonomie est d’autant plus acceptable qu’elle s’accompagne de copieux transferts budgétaires (1,5 milliard d’euros supplémentaires pour 2007). Comme dit le proverbe, « l’argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue ». La prospérité canadienne est telle que le budget fédéral est maintenant excédentaire pour la onzième année consécutive. De plus, les perspectives énergétiques (sables bitumineux de l’Alberta, etc.) laissent présager un avenir doré.
Tous les pays n’ont pas cette chance mais la leçon mérite quand même d’être retenue. Quand, n’importe où au monde, menace une guerre de sécession, le gouvernement central doit savoir perdre du temps pour en gagner. Des négociations rompues peuvent toujours reprendre. Il suffit d’attendre et de penser que le progrès économique peut servir au bien-être commun.
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Canada : go West |
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Stephen Harper est le nouveau Premier ministre de la Fédération Canadienne. Le parti conservateur, dont il est le chef, a battu les Libéraux au pouvoir depuis 12 ans. La novation cependant est ailleurs, M. Harper est originaire de l’Alberta, un Etat de l’Ouest canadien dont les réserves en pétrole, en gaz et surtout en sables bitumineux sont immenses.
Or, la constitution fédérale stipule que chaque Etat possède les ressources naturelles situées sur son territoire. M. Harper ne s’est nullement engagé à changer la Constitution mais sait que 3 millions d’Albertains ne doivent pas devenir immensément plus riches que les 29 autres millions de Canadiens. Il proposera sans doute une législation permettant aux Etats les plus pauvres de bénéficier de transferts en provenance des Etats les plus riches. Mais dans quelles proportions ? La bataille s’annonce rude.
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Les hommes politiques passent, les juges restent |
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Faut-il vraiment s’inquiéter de la prise en main du système judiciaire américain par des conservateurs idéologues ? L’enjeu est d’une extrême importance puisque la jurisprudence tient, aux Etats-Unis, souvent lieu de législation. En matière d’éducation, de sciences, de mœurs et autres domaines où l’évolution de l’éthique joue un rôle particulier, les juges américains rendent des arrêts alors que les ministres français déposent des projets de lois. Les présidents américains essayent donc de peupler la Cour Suprême et les cours d’appel de juges qui partagent leurs idées.
Bush ne s’en prive pas et la haute magistrature est actuellement composée d’hommes et de femmes qui, en majorité, sont d’opinion conservatrice. C’est alarmant mais on peut espérer qu’il n’y ait pas de quoi s’affoler. Pour au moins trois raisons. Tout d’abord, même si les présidents choisissent des gens de leur bord, ils veillent, ne serait-ce que pour des raisons électorales, ? ne pas prendre trop d’extrémistes. De plus, les juges étant nommés ? vie, ils peuvent (sans jeu de mot) changer d’avis en toute indépendance. Enfin et surtout, l’émotivité publique et suffisamment changeante aux Etats-Unis pour qu’aucun conflit ne puisse aboutir ? une division tranchée du pays en deux blocs durablement opposés et cohérents. Quiconque se rend régulièrement Outre Atlantique rencontre toujours des Américains déchirés. Mais, comme ? chaque fois il s’agit d’un sujet différent, il est permis de ne pas croire ? une prochaine apocalypse.
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Le nouveau Québec libre |
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Les vieux Québécois se souviennent encore de l’incroyable spectacle. Par une belle après-midi de juillet, de Gaulle harangue la foule massée devant l’hôtel de ville de Montréal. Reprenant ? son compte le slogan du parti indépendantiste, il lance : « Vive le Québec libre ! ». C’était en 1967. Presque quarante ans ont passé. La province jouit maintenant d’une grande autonomie, les écoles fonctionnent en français et ceux qui pouvaient, jadis, se considérer comme des citoyens de seconde classe, n’ont plus matière ? se plaindre.
Or voil? qu’un jeune leader politique remet la question ? l’ordre du jour. André Boisclair a 39 ans, il est homosexuel, ne cache pas qu’il lui est arrivé « en quelques occasions » de prendre de la cocaïne. Sa belle gueule et son parler vrai séduisent toute une génération qui, affranchie des interdits de l’Eglise, épouse la modernité. Boisclair est maintenant ? la tête du Parti Québécois et demande un nouveau référendum sur l’indépendance. Il obtiendra probablement gain de cause mais, comme en 1980 et en 1995, les partisans du « oui » seront sans doute battus puisqu’une partie des francophones ainsi que l’immense majorité des anglophones et les nouveaux immigrants veulent éviter la sécession.
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