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Multiplication des « go-between » internationaux |
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La recherche de compromis qui marchent devient une des grandes affaires de l’époque.
Il y a quelques mois, le Kenya, pays prospère et supposé stable a été sur le bord de l’explosion. A la suite d’élections contestées, deux camps politiques s’entretuaient (le parti dominant accusé de fraude électorale et l’opposition, Orange Democratic Movement). Les négociateurs étaient prêts à s’entrégorger. Koffi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU, intervenant comme intermédiaire s’est appuyé sur une petite organisation extrêmement discrète et compétente qui a pacifié la négociation, le Centre for Humanitarian Dialogue. C’est un cabinet suisse de médiation, fondé il y a 9 ans par quatre personnes et qui a maintenant 70 collaborateurs. Il existe un groupe hollandais de médiation internationale, Kreddha, un groupe britannique, Conflicts Forum, fondé par un ancien agent des services secrets. Une étude a montré qu’au cours des 15 dernières années une très petite proportion des conflits ont été tranchés par une victoire militaire. Presque tous l’on été par la négociation. Le défi est moins d’être un guerrier habile qu’un négociateur habile. Et la nature des conflits à changé ; ils impliquent des insurgés, des sécessionnistes, des mercenaires, des partis politiques opposés.
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Petites victoires, grande tragédie |
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Victoire ! « En accord avec le gouvernement somalien » un commando français a capturé dans le désert somalien six des pirates qui avaient pris à l’abordage un bateau de plaisance et retenu en otage tout le personnel de bord.
Victoire ! « En accord avec le gouvernement somalien » des missiles américains se sont abattus sur un point précis de la ville de Dhusamareb et ont tué un certain Moalim Aden Hashi Ayro, identifié comme le chef militaire d’Al Qaïda dans le secteur. De ces faits d’armes, les médias occidentaux se sont faits l’écho mais la Somalie et ses huit millions de pauvres bougres sont restés dans l’oubli. Le gouvernement, pompeusement dénommé « fédéral », ne reste maître de la capitale que grâce à l’appui de troupes éthiopiennes venues lui porter secours à la demande de l’Administration américaine. Hélas, les Ethiopiens, considérés comme des ennemis héréditaires par la plupart des tribus qui composent la population somalienne, font figure d’occupants. Les rebelles islamistes peuvent ainsi jouer sur le sentiment national. Situation rêvée pour les Fous de Dieu … et pas seulement en Somalie.
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Boomerang éthiopien |
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« Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; mieux vaudrait un sage ennemi ». Ainsi s’exprimait La Fontaine dans sa célèbre fable où un très gentil ours lance un pavé pour écraser une mouche sur le nez d’un pauvre homme qui n’en demandait pas tant.
A supposer - ce qui n’est pas sûr - que Bush ait eu comme principal souci de délivrer le peuple irakien, il s’est comporté comme l’ours de la fable. Et à supposer – ce qui est encore moins sûr – que le Président américain ait cru que la population somalienne était terrorisée par les extrémistes musulmans, il a récidivé. En faisant appel aux troupes éthiopiennes, il a même accumulé les circonstances aggravantes puisque les Ethiopiens ont toujours considéré les Somaliens comme des ennemis. Sous prétexte de débusquer des fanatiques, ils ont bombardé des quartiers entiers. Mogadiscio est devenu un cimetière. Des dizaines de milliers de réfugiés s’entassent près de la route qui relie la petite capitale à la ville d’Afgooye. Au total, Al Qaïda a de quoi se réjouir : dans la corne de l’Afrique, les ressentiments s’accumulent.
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Les Darfour de demain |
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La guerre du Darfour avec implication du gouvernement soudanais, n’a commencé qu’en 2003 mais ses prémisses remontent aux années 80 quand la sécheresse et l’avancée du désert ont commencé à réduire les quantités d’eau disponibles. Les nomades du Nord (en grande majorité Arabes) et les paysans du Sud (en grande majorité Africains) sont entrés en concurrence.
Racisme et politique s’en sont progressivement mêlés. Les carnages ont fait environ 200.000 morts et l’on compte aujourd’hui deux millions de personnes déplacées. Si tout va bien, 26.000 casques bleus vont être bientôt déployés, notamment autour des camps de réfugiés. Ce tardif effort coûtera, à lui seul, beaucoup plus cher qu’auraient coûté des travaux (même gigantesques) pour trouver ou amener de l’eau dans quelques points de la région. L’exemple est à retenir car de nouvelles menaces surgissent et vont s’amplifier. Le protocole de Kyoto n’empêchera pas les accidents climatiques de se multiplier. Des dizaines de millions de personnes voudront fuir. Des régions voisines refuseront de les accueillir et les armes feront couler d’autres larmes. Après d’intenses sécheresses ou des méga inondations, des Darfour nouveaux dresseront en Afrique et en Asie des populations pauvres les unes contre les autres. Plus tard, les pays riches se sentiront assiégés : ils construiront des murs et s’attireront la haine. Pour arrêter l’horloge à catastrophes, il faudrait (c’est la condition indispensable) un sursaut moral mais il faudrait aussi, très prosaïquement, d’immenses travaux. Cela coûterait très cher mais mieux vaut faire tourner les entreprises du BTP que les usines d’armement !
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Tchad et Centrafrique dans l'oeil du Darfour |
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Ce qu’on redoutait a fini par arriver. Petit à petit, le conflit au Darfour est en train de prendre une dimension régionale. Aujourd’hui le chaudron soudanais est en train de déborder de ses limites originelles pour s’étendre à d’autres pays. Le premier à être éclaboussé, c’est le Tchad. Et Paris est, encore une fois, appelée à jouer les pompiers.
Depuis plus d’un an, une kyrielle de rébellions armées ont pris corps à la lisière du Darfour et donnent du fil à retordre à Idriss Deby Itno. N’Djamena a, dès le début, accusé Khartoum d’être derrière ces rebelles et des violations répétées de l’intégrité territoriale du Tchad. C’est dans ce contexte tendu que François Bozizé, l’homme fort de Bangui, est frappé à son tour par une rébellion, curieusement à la frontière avec le Darfour. Comme Deby, Bozizé aussi accuse Khartoum.
Les observateurs avisés, comme Alpha Omar Konaré, le président de la Commission de l’Union africaine, avancent carrément que « ce qui se passe aujourd’hui au Tchad et en République centrafricaine est la conséquence du Darfour ». Dans cette partie de l’Afrique, tout le monde s’accorde à dire que plus que jamais, les risques d’un conflit régional sont réels et que le problème du Darfour peut déstabiliser toute la région.
Les récents affrontements entre communautés arabes et non-arabes au Tchad, semblent lui donner raison. Idriss Deby Itno en est venu à décréter l’état d’urgence dans six régions ainsi que dans la capitale N'Djaména alors que, Bozizé, de son côté, lançait un appel à la France pour un soutien militaire.
Sur ce plan, Bangui vient d’obtenir, en partie, satisfaction puisque Paris s’est engagé, depuis le 13 novembre dernier, à lui fournir à la fois un appui logistique et un appui dans le domaine du renseignement aérien. Aujourd’hui, la France va plus loin avec le déploiement d'une centaine d’hommes supplémentaires pour renforcer le détachement Boali, installation militaire française permanente en RCA (soit 300 hommes en tout).
Paris insiste sur le fait que ses soldats viennent en renfort des forces locales et de celles de la FOMUC, la force multinationale en République centrafricaine sous mandat onusien, pour aider à la stabilisation du pays.
Mais la France, une fois de plus, se trouve, peut-être bien malgré elle, dans une situation délicate dans son pré carré africain : Côte d’Ivoire, Tchad, Centrafrique. Sa sollicitude provoque l'ire de certains qui l'accusent de visées néo-colonialistes. Pourtant, si elle ne fait rien et que la situation dégénère, d'autres, ils peuvent être les mêmes, l'accuseraient, en revanche de n’avoir rien entrepris pour arrêter, à temps, les dérives meurtières.
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Tchad : les mains sales |
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Le « choc des photos » a souvent plus d’impact que le « poids des mots ». Il y avait quelque chose de scandaleux, de presque obscène à voir Idriss Deby, président du Tchad, dans un costume impeccable, coupé sans doute par un des meilleurs tailleurs de Paris, parader en glorieux devant des insurgés faits prisonniers, une bande de pauvres hères déguenillés et accroupis. Pas besoin de grands discours pour comprendre que ce Président est avant tout attaché à sa propre personne. Mais, rien n’est simple !
Les insurgés, soutenus par les Soudanais, eux-mêmes soutenus par les Chinois, n’auraient pas, s’ils avaient été victorieux, amenés le calme et la prospérité. Il suffit de regarder ce qui se passe au Darfour pour s’en convaincre. Entre deux maux, la France ainsi que les Etats-Unis, l’Union Africaine et l’ONU choisissent donc le dictateur. Les mauvais esprits souligneront qu’une compagnie américaine (Exxon) exploite le pétrole tchadien et que la France maintient dans ce pays une base militaire importante pour toute la région. Et alors ? Dans un monde instable, ce n’est pas une honte de se salir les mains. Le problème est de savoir si cette « realpolitik » a beaucoup d’avenir.
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Algérie : éducation schizophrène |
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L’enseignement supérieur, en particulier dans les domaines scientifiques, est assuré pour l’essentiel en français. Médecine, pharmacie, écoles d’ingénieurs et même... l’ENA, Ecole Nationale d’Administration, continuent à user largement de la langue de Molière. Les fonds documentaires des universités et autres instituts de formation ne dérogent pas à la règle puisque plus de 95% sont en français.
Primaire, secondaire et lycée sont de leur côté « arabisés », c’est-à-dire que toutes les matières, y compris scientifiques, sont enseignées en arabe. Résultat : même les meilleurs élèves peinent à tirer leur épingle du jeu... sauf si papa est assez riche pour les envoyer se mettre à niveau à l’Alliance française à Paris.
C’est dans ce contexte, que les écoles privées ont fleuri. Tous les cours s’y tenaient en français exceptées les matières dites molles telles que l’histoire, la géographie, la philosophie etc. Le succès était au rendez-vous. D’abord limitées à Alger, elles ont essaimé un peu partout. Aujourd’hui, elles sont sommées de se conformer aux programmes officiels et arabisés de l’Education nationale. Les 72 réfractaires ont promis de le faire à la rentrée prochaine.
Dans le même temps, les pouvoirs publics ont décidé de réintroduire le français dès le CE1, contre le CM1 auparavant dans les écoles publiques. Serai-ce suffisant ? Rien de moins sûr. D’ores et déjà, ce sont les cours privés de maths, physique, chimie, sciences naturelles qui flambent... en français bien sûr.
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