Le monde que nous leur laisserons

L’invité du club

Hervé Le Bras

Démographe, Hervé Le Bras est intervenu, mardi 21 février, sur le thème : Démographie : changement de donne

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Faire fructifier le capital humain

12:01 Economie, Société

Pour certains la crise est derrière nous. Je n’en fais pas partie. Ma conviction est qu’on est loin d’être sortis de la crise. Compte tenu du poids des dettes – privées et publiques – on a inéluctablement devant nous une bonne dizaine d’années de vaches maigres.

Comment redresser la barre et renouer avec la croissance ?

On sait que la démographie joue, en terme économique sur le long terme, un rôle majeur. Or, si la France tire plus ou moins son épingle du jeu, ce n’est pas le cas ailleurs en Europe. Avec un taux de fécondité de 1,4 %, l’Allemagne – elle n’est pas la seule – voit d’ores et déjà sa population diminuer.

La croissance de ce fait ne peut venir que de l’amélioration de la  » productivité des facteurs  » comme on dit dans les manuels d’économie et au premier rang : le facteur humain. Pour cela, il nous faut cesser de faire de l’économie une icône qui est au service de ceux qui la font et la mettre au service de l’avenir. Il nous faut, en un mot, remettre l’homme au cœur de l’activité économique ! C’est sa raison d’être. Un homme heureux dans son travail est un homme motivé. Et un homme motivé est un homme productif.

A cet égard, l’exemple allemand est édifiant. La politique de cogestion qui oblige les entreprises allemandes depuis 60 ans à impliquer toutes les parties prenantes en vue de forger le consensus décisionnaire crée une atmosphère d’unité dans chaque entreprise. Unité que l’on retrouve au niveau de l’économie dans son ensemble. Cette vision dans laquelle chacun est un élément d’un tout est extrêmement structurante.

Ainsi, lorsque les entreprises allemandes optent pour la délocalisation dans les pays de l’Est ou en Asie, ce sont les activités qui ont le moins de valeur ajoutée – celles qui mobilisent la main d’œuvre la moins qualifiée – qui sont concernées. En retour, elles profitent de ce surcroît de compétitivité pour renforcer leurs sites allemands en misant sur la valorisation de leurs savoir faire. Résultat : l’Allemagne affiche une compétitivité renforcée durant la décennie écoulée par rapport aux autres économies occidentales et un commerce extérieur florissant.

Par contraste, la situation de confrontation sociale en France souligne l’absence d’une vision collective et partagée. Comment peut-il en être autrement lorsque la plupart des managers mettent leurs qualités de gestionnaires – qui sont indéniables – au service exclusif des  » propriétaires  » au détriment des autres  » parties prenantes « , en particulier les salariés ? Que faire pour que les Français se remettent à déployer leur énergie actuellement bridée par des arrières pensées dues à la méfiance qui règne entre chacun de nous ? Comment rétablir la confiance qui, plus que jamais dans le monde tel qu’il est, est l’élément qui fait la différence ?

Ma conviction est qu’il y a du côté des salariés une « truffe » de motivations, d’envie étouffée qui constituent une réserve de productivité considérable pour l’économie française.  La restauration de la motivation doit de ce fait devenir un objectif majeur des entreprises françaises, mais aussi des administrations. Elle passe par :

- La valorisation du savoir faire des collaborateurs. On parvient à valoriser comptablement la R&D, la marque. Pourquoi pas le savoir faire des collaborateurs ? Une meilleure motivation du facteur humain peut entraîner, à mon sens, une augmentation de près de  25 % de la productivité. On peut citer, à titre d’exemple, une usine de câblage aéronautique près de Toulouse où 80 % des salariés sont des femmes, peu qualifiées. La direction leur a demandé ce qu’elles changeraient dans leur atelier respectif si elles étaient en charge de l’organisation. Elles ont proposé une réorganisation qui, en six mois, a permis 10 % d’économies et a fait chuter également de 10 % le taux de malfaçons…

Autre exemple : l’usine américaine d’assemblage de moteurs militaires de GE. En passant d’une logique de poste à une logique d’équipes, le coût du moteur a baissé de 20 % et le temps de fabrication de 40 % !

- Les salariés doivent être considérés comme une ressource. Les managers des entreprises comme des administrations doivent cesser de les percevoir comme un coût, une charge à travers l’unique prisme de la masse salariale. Le chemin risque d’être long lorsqu’on sait que même la formation professionnelle est appréhendée sous son seul aspect coût !

- Cette ressource doit être  » redécouverte « . C’est une communauté de personnes qui, quel que soit leur niveau d’éducation, ont fait des études, réfléchissent et ont envie assez naturellement de « bien faire ». Ce besoin spontané de bien faire pour « se faire plaisir »  est largement négligé dans nos organisations en France. On continue à fonctionner en top-down, en « moi je sais » et « toi tu fais » et à raisonner comme il y a 50 ans alors que le nombre de bacheliers, par exemple, a été multiplié par dix depuis… Aujourd’hui, chacun devrait pouvoir organiser son travail pour le rendre plus efficace. Encore faut-il que l’organisation accepte la délégation de responsabilités et reconnaisse que l’on travaille mieux avec plaisir que sous la contrainte.

- Revoir le rôle des managers. Ces derniers doivent changer de logiciel et comprendre qu’ils sont là pour aider les autres à travailler et non leur dire comment travailler. Car pour exploiter le gisement de motivation de l’entreprise (ou de l’administration), il faut en passer par une relation de « face à face » et de reconnaissance réciproque. Et par l’établissement d’un dialogue du type « tu existes et je te reconnais comme personne avec un savoir faire. Et ce que tu fais, tu le fais mieux que moi ». A partir de là, on peut aider les gens à s’organiser entre eux en leur accordant une certaine mais réelle autonomie pour qu’ils puissent assumer leurs initiatives et prendre leurs responsabilités. Cette impulsion – et l’exemple – ne peut venir que du haut. Cela doit donc partir d’une forte conviction du manager. Et c’est là où le bât blesse. On a du mal à établir, en dehors du cercle familial, une relation de confiance basée sur l’écoute réciproque tout en restant dans une relation hiérarchique. On a du mal en France à dire les choses, à s’exprimer simplement et franchement. L’éducation française, « tu écoutes et tu te tais », y est probablement pour quelque chose ! Rien de tel dans l’éducation américaine, par exemple, où l’on encourage au contraire les jeunes à s’exprimer, apprentissage bien plus adapté au monde d’aujourd’hui dans lequel il faut prendre sans cesse des initiatives. Dans notre pays la scolarité est basée sur le « chacun pour soi » et pas sur le « avec les autres ». Alors que dans la vie professionnelle, on passe son temps en interaction avec les autres.

Mettre l’homme au cœur de l’activité économique est le meilleur moyen de renouer avec la confiance et, in fine la croissance.

14 commentaires
  1. Olivier Haertig :

    Date: avril 1, 2011 @ 16 h 12 min

    L’analyse de Francis Mer est totalement pertinente. Les ressources, la réactivité, l’intelligence des collaborateurs, ne s’expriment que très partiellement, sous le carcan des procédures compliquées, des reportings écrasants, des conformismes tyranniques ( voir aussi François Dupuy)

    A force d’imposer ses processus et ses critères de performance, l’entreprise dépossède ses collaborateurs de tout pouvoir et de toute responsabilité sur l’amélioration de leur propre performance. Elle se prive de leur capacité d’intuition et d’interactivité , de mise en réseau de compétences, d’influence positive.

    C’est tout particulièrement vrai pour les métiers de service où l’intelligence de la relation avec le client et la dynamique de d’interactivité reposent sur les coillaborateurs de terrain. Libérer ce potentiel peut induire une création de valeur phénoménale en redonnant du sens au travail.

    Comme l’indique Francis Mer, pour ouvrir cette porte, toute la chaîne de management doit oser la confiance, alors que beaucoup de comportements sont commandés par la méfiance.

  2. Henri-Paul Soulodre :

    Date: avril 3, 2011 @ 8 h 18 min

    Je travaille avec un petit groupe de personnes sur une méthode de comptabilisation de la valeur « patrimoniale », pour les entreprises, de l’ensemble de leurs collaborateurs et cadres dirigeants.

    Nos méthodes actuelles de comptabilisation sont périmées et d’un autre âge. Elle ne reflètent plus la vraie « valeur des entreprises. »

    Déjà la communauté financière a entrepris de réfléchir à la prise en compte de la valeur patrimoniale des « actifs immatériels » comme le stock d’information dont l’entreprise dispose et qu’elle utilise pour fonctionner…

    POurquoi ne pas étendre la réflexion à la valeur patrimoniale des savoirs et savoirs-faire des personnes qui travaillent, à tous niveaux, pour l’entreprise.

    Cela redonnerait du « sens » à la notion forte de contrat de travail à durée indéterminée (CDI).

    L’idée : au lieu de comptabiliser un contrat de salariat en « charge d’exploitation », on pourrait le comptabiliser en « actif immobilisé et amortissable » !!!

    De ce fait, au lieu de parler de « masse salariale », on parlerait d’amortissement dans la durée d’un « capital humain », comme on le fait pour tous les actifs qui ont à être entretenus et développés par une entreprise qui a pour projet de durer à mpoyen ou long terme.

    Ainsi, pour une entreprise de services, un boite de conseil par exemple, son Bilan Financier comporterait un poste « Actifs humains » qui serait susceptible d’amortissement comptable (repris au plan de l’exploitation) et aussi de plus ou moins-value selon que la poltique de formation serait active ou pas.

    D’ailleurs, les « clubs de football » ont bien compris la chose,eux qui font de belles plus-values sur les « transferts » de leurs joueurs salariés !!!

    Le thème gagnerait à être largement approfondi…

    Henri-Paul Soulodre

  3. Sky :

    Date: avril 3, 2011 @ 9 h 32 min

  4. Jérôme Cazes :

    Date: avril 3, 2011 @ 11 h 40 min

    Le point fort me semble l’attitude face au consensus : valorisé dans certaines communautés, comme en Allemagne, dévalorisé dans d’autres, comme en France, où le consensus est vu comme un manque de courage, une forme de mollesse intellectuelle et morale.

  5. Sky :

    Date: avril 3, 2011 @ 14 h 21 min

    Faire fructifier le capital humain vu par Silvano Agosti ( Brescia , 23 Mars 1938 ) est un réalisateur , scénariste , producteur du film , écrivain et poète italien .

    http://www.dailymotion.com/video/xhwr01_le-discours-typique-de-l-esclave-silvano-agosti_webcam

  6. Antoine CLAVE :

    Date: avril 4, 2011 @ 8 h 38 min

    Ces réflexions ne peuvent qu’être approuvées. Le problème maintenant est le COMMENT : comment les mettre en oeuvre ?
    Je pense que la gestion de l’entreprise par les processus est un excellent moyen de passer de la logique du
    « chacun pour soi dans son poste de travail »

    à celle du

    « chacun pour les autres dans une équipe »

    .
    En effet :
    -1- la finalité du processus est clairement orientée vers une objectif fédérateur, altruiste (la satisfaction d’un tiers, le client interne et/ou externe), cet objectif devant être partagé par tous ;
    -2- le manager (pilote) du processus a pour mission d’aider les compétences (les missions de ses collaborateurs) à s’organiser et à se synchroniser au mieux. Nous ne sommes plus dans le taylorisme.

    En poussant plus loin, on pourrait souhaiter que le client y soit vu sous un angle plus large que strictement économique.
    Certes, l’entreprise à des obligations vitales à respecter, obligations comptables et financières. Mais ll y a risque de passer à côté du bénéfice humaniste du processus si on ne juge le client que comme une entité à rassasier, dont il faut assouvir les besoins. Cela ne rejoindrait pas encore totalement notre vision humaniste.
    A cet effet, il faudrait considérer l’homme, collaborateur ou client de l’institution, comme :
    -1- membre d’une équipe (le processus) dont la raison d’être est un service à rendre
    -2- digne d’un service qu’il faut lui rendre pour que lui-même remplisse sa mission, elle-même orientée vers des personnes et non des besoins.
    Le terme service étant à prendre au sens large, de façon à nous écarter de la notion de

    bien

    , qui semble un peu mécaniste, restrictive, égocentrique.

  7. Gilles Mas :

    Date: avril 4, 2011 @ 20 h 47 min

    @ Monsieur Francis Mer

    Mettre l’homme au coeur …

    Cela reviendrait à dire que l’homme a une valuer « unique », « centrale » ?

    Comment penser cela avec un monde de bientôt 9 milliard d’individus ?

    La quantité ne tue-t-elle pas la valeur individuelle dans un univers régi par les lois du marché ?

    GM

  8. Alain Gillieron :

    Date: avril 5, 2011 @ 8 h 03 min

    Je perçois derrière ce billet l’envie de « dessiner ensemble l’avenir du management » devise du Club des Pilotes de Processus.

    Je ne peux qu’adhérer à donner toute sa place à la confiance qui génère de l’efficacité entre salariés et entre salariés et managers.

    Apprendre pour un manager l’humilité, mettre son orgueil à la bonne place, accepter ses limites, accepter de faire grandir l’autre, avoir soit même confiance dans un système qui ne vous rejettera pas, ne pas se faire prendre au piège des réseaux officiels ou occultes, apprendre dès l’école à verbaliser ce que l’on n’ose pas dire par crainte d’être mal compris ou par difficulté personnelle à mettre des mots sur une situation ressentie comme gênante.
    C’est toute une attitude de vie. Qui fait référence aux valeurs de chacun. Et les valeurs cela ne se change pas d’un coup de baguette magique !

    Par expérience il ne suffit pas que le mot de confiance soit prononcé dans des beaux discours, même institutionalisé pour que celle ci existe. Ce sont les actes posés qui créent la confiance.

    Alors ayons confiance dans toutes ces réflexions pour que leurs fruits deviennent des actes concrets dans la vie de tous les jours.

  9. Martini :

    Date: avril 5, 2011 @ 13 h 59 min

    Merci pour cet article de fond passionnant.

    La question est bien comment passer d’un modèle mental hexagonal, ancré dans tout notre système scolaire, qui privilégie le sachant et le décisionnaire à un modèle qui met en avant l’intelligence collective, d’autant plus nécessaire que nous sommes entrés dans l’ère de la complexité.

    Nous sommes nombreux à penser que c’est en mobilisant l’intelligence collective, et en s’appuyant sur les processus d’organisation apprenante et de dynamique collaborative, que les entreprises ont le plus de chance de conduire avec succès la transformation de leur organisation.

    Qu’est-ce que l’intelligence collective ? J’apprécie tout particulièrement la définition de Jean-François Noubel : « la capacité, pour un groupe d’individus, à formuler son futur et à y parvenir dans un contexte complexe ». Selon Jean-François Noubel, les humains possèdent, comme les loups ou les dauphins, une intelligence collective « originelle » leur permettant de réussir ensemble ce qu’aucun ne parviendrait à faire seul.

    Quelques caractéristiques de l’intelligence collective en toile de fond, pour répondre à votre question « comment faire fructifier le capital humain? »:

    -L’intelligence est expérientelle, acquise au quotidien (70% de l’apprentissage vient de l’expérience, 20% du mentoring, 10% de formations traditionnelles).

    -Chacun de nous a un capital de connaissances multiples, tacite ou explicite, qui ne demande qu’à être valorisé.

    -L’intelligence collective résulte d’un processus de collaboration, visant a mettre en commun son savoir, dans un espace-temps favorisant le partage des expériences et le dialogue ouvert à des perspectives multiples. Pour fluidifier les échanges, les principes fondamentaux de la communication doivent être à l’œuvre : l’écoute, l’empathie, la bienvaillance, le non jugement, le respect.

    -L’intelligence devient collective lorsque la relation « donner recevoir » au sein d’un groupe l’emporte sur les jeux de pouvoir et transcende les rapports d’autorité classiques fondés sur la hiérarchie du savoir et/ou du pouvoir.

    -Elle est suscitée chaque fois qu’un enjeu fort nécessite une réponse créative, ce en quoi elle est un mécanisme qui fait partie de notre humanité, en tant qu’êtres humains reliés les uns aux autres, et de son évolution.

    -Les personnes qui vivent une expérience d’intelligence collective développent une conscience élevée du groupe, se sentent fortement impliquée dans un projet collectif dans laquelle elles trouvent émulation et sens.

    -L’intelligence collective donne accès aux membres du groupe à un espace de conscience et de sagesse étendue qui transcende les egos et les schémas de pensée individuels pour produire collectivement du nouveau.

    -L’intelligence collective rime avec co-responsabilité, co-création et vision partagée. Tout l’art est de créer les conditions de son émergence.

    Au plaisir de continuer ces échanges.

    Elisabeth Martini

  10. Sky :

    Date: avril 6, 2011 @ 11 h 20 min

    @Elisabeth Martini

    ( Comment c’était bon de te lire… ;) )

    J’espère te revoir rapidement avec un croissant.

    http://www.youtube.com/watch?v=b-vVRH4YZqQ&feature=player_embedded

    http://www.youtube.com/watch?v=bv-nleVxoUM&feature=player_embedded

    Au plaisir de te lire

    Sky

  11. busard :

    Date: avril 26, 2011 @ 15 h 45 min

    Flap … je vois que mon commentaire à disparu ! Y aurait-il par ici de la sensure ? Et pourquoi donc ? Qu’aurais-je écris de génant ?

  12. Sky :

    Date: avril 26, 2011 @ 17 h 35 min

    @Busard
    Crois moi, c’est pas le genre de la maison. Y a juste une latence entre la modération et l’affichage.Si t’as clean tes cookies avant que ton message ne passe c’est normal.
    @+

  13. busard :

    Date: mai 24, 2011 @ 13 h 48 min

    Flap … ok merci Sky

    Juste pour résumer ce que je voulais dire,

    La création des CoDir en lieu et place des directeurs opérationnels, il y a quelques années à présent, a créé une « CASTE » de managers qui, pour se prétéger, refuse d’être en contact avec le réel. Les décisions sont devenues d’ordre politique et se font dans un consensus mou qui ne permet pus aux entreprises françaises d’avancer.

    Barrière infranchissage entre le monde de ceux qui rêvent le travail et le monde de ceux qui le réalisent ?

    busardement

  14. Sophie Aman :

    Date: janvier 22, 2012 @ 10 h 09 min

    Les enjeux, en effet, dépassent largement le cadre purement économique. La crise ne pourrait être que la partie immergée de l’iceberg… Notre société arrive à un stade où une transformation majeure apparaît nécessaire à sa survie. Le domaine économique constitue indéniablement un levier puissant dans cette métamorphose. Où la fonction même du travail pourrait évoluer vers une « mise à disposition » de compétences dans un échange dynamique et constructif. Au-delà de l’aspect matériel (rentabilité, bénéfice, rémunération), la richesse émergerait de l’intérêt mutuel, de l’action conjointe et coordonnée de tous les acteurs de l’entreprise, chacun à son niveau et suivant ses possibilités. La première richesse est humaine : un enjeu considérable, une tâche immense qui commence dans l’acte le plus simple, le plus courant, le plus automatique : le regard que nous portons sur l’autre…

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