Evénement

Le Club des Vigilants et SOL France ont organisé, le 18 janvier, une soirée sur le thème : «Neurosciences et Société, à la recherche des interfaces fécondes ».

L’invité du club

Jacques Attali

Jacques Attali est intervenu, jeudi 5 janvier, sur le thème : Horizon 2050 : les jeunesses au défi

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Iran : ultime contradiction

9:15 Géopolitique, Société

L’Islam pur et dur est-il compatible avec la modernité ? Khomeiny a répondu « oui » et, depuis trente ans, la « République Islamique d’Iran » s’efforce de relever le défi.

Ses adeptes ne trouvent donc pas contradictoire qu’une « pudeur », pointilleuse et réglementée soit imposée aux femmes mais que celles-ci aient librement accès à l’éducation.

Aujourd’hui, l’Iran compte moins de 15 % d’illettrés et, à l’Université, les filles sont plus nombreuses que les garçons. Parallèlement, le taux de fécondité qui était supérieur à 4 enfants par femme en 1990, se stabilise maintenant autour de 2. Dans cette révolution des mœurs se trouve la raison profonde des déchirements actuels.

Soutenus par l’impatience de la jeunesse, les « Réformateurs » (Moussavi, Khatami, etc.) affirment que leurs revendications s’inscrivent strictement dans le cadre islamique. Les « Conservateurs » les prennent (au mieux) pour des naïfs. Selon eux, la modernité à l’occidentale, celle qu’ils détestent, finirait par s’imposer s’ils ne brisaient pas tout de suite la contestation.

Bien sûr, par delà la théorie des affrontements idéologiques, il y a des ambitions, des arrières-pensées et des intérêts personnels. Les ignorer serait stupide mais leur attacher trop d’importance le serait plus encore.

L’essentiel est que, pour parvenir à un modèle original de développement, les durs s’appuient désormais sur l’orgueil national. De même que, pendant la guerre contre les Allemands, Staline a davantage parlé de la Russie que du communisme, de même Khamenei et Ahmadinejad se servent de la querelle atomique pour magnifier l’indépendance et la grandeur de l’Iran.

Il n’est dès lors pas étonnant que les dirigeants chinois répugnent à voter des sanctions. Un modèle non occidental de développement, ils connaissent ! Leur rêve est même de devenir le leader mondial de tous les « émergents » hostiles au leadership américain.

Comme quoi, les contradictions iraniennes n’affectent pas seulement le Moyen Orient. Leur portée n’est pas régionale, elle est universelle.

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