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Le 29 septembre 2008
 
Pétrole : à la recherche du juste prix
080929-Petrole.jpgQuand le pétrole monte, l’économie des pays acheteurs souffre mais les transports, les industries et les particuliers s’engagent sur la voie des économies. Quand le pétrole baisse, la croissance retrouve quelque chance mais les bonnes habitudes se perdent. Que faut-il donc espérer ?

Les tenants de l’écologie voudraient que les Etats importateurs ajustent leurs taxes sur les produits pétroliers de telle sorte que les mouvements à la baisse soient limités. Certains proposent un prix plancher correspondant à 100 $ le baril. C’est sans doute excessif mais le raisonnement a du bon. 

Si l’on tient compte de l’état réel du marché (en faisant abstraction d’une attaque américaine sur l’Iran qui créerait la pénurie), on peut estimer que le prix d’équilibre se situe aux environs de 60 $ le baril. Est-il souhaitable qu’il descende plus bas ? Sans doute pas. Mieux vaudrait que les ajustements amorcés en période de « surprix » ne soient pas remis en cause par des excès de « sous prix ».

Posté par Marc Lanval, le 29/09/08 dans Economie - Environnement

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Voici les sites qui parlent de Pétrole : à la recherche du juste prix :

Commentaires postés :

@ Marc Lanval

Je pense que vous avez raison !

Si on laisse le simple mécanisme de recherche d'équilibre entre les volumes d'offre et de demande "instantés" dire le juste prix (ce qui est le cas actuellement), nous n'obtenons, je crois, qu'une partie du prix mais pas le prix complet ...

Cela est d'ailleurs l'un des effets pervers de la "loi du marché" appliquée à la lettre simple. Elle consiste à dire que le prix du tout est le même que le prix d'une partie établi à un instant donné ! Cela est une véritable erreur de raisonnement.

Exemple : Je dispose de très nombreuses actions d'une société. J'observe que le cours moyen des échanges à l'instant est élevé. J'en déduis que toutes mes actions valorisées à ce cours instantané représentent un capital important.

Je décide de vendre, et bien sûr, je cherche à les vendre toutes à ce cours élevé. Si je mets sur le marché toutes les actions en vente à ce prix, il y a fort à parier que je ne les vendrai pas aussi cher que prévu. Ma simple position de vendeur massif a fait déplacer vers le bas le prix des actions. Et pourtant, au fond, rien n'a changé dans l'environnement ni pour la société cotée !!!

Il en est de même pour un bien comme le pétrole qui à chaque instant peut être vu comme un stock de volume limité.

Il serait plus intelligent collectivement ( mais sans doute moins rentable pour les acteurs proches du marché ) de valoriser le stock dans son ensemble sur l'ensemble de sa durée de vie. Dans cette valorisation, il faudrait bien tenir compte des autres facteurs de coûts que la matière pétrolière elle-même : ce sont des "externalités". En particulier, la masse potentielle des investissements d'Etudes & Recherche pour trouver et mettre en place des solutions viables à "fin de stock" devraient entrer en ligne de compte ...

Cela nous donnerait bien un prix moyen qui, on peut le penser, serait bien supérieur au prix instantané donné par la règle simpliste de l'offre et de la demande.

La question ultérieure serait bien que la partie du prix supplémentaire au simple prix "marché" ne devrait pas être distribuée mais provisionnée afin de financer, sans crédit, les frais d'investissement à venir.

Ma grand mère ne dirait pas mieux ...

Pour faire cela, il faudrait que les parties prenante passent un accord international au travers d'une sorte de caisse de stabilisation et d'investissement qui serait chargée de financer de l'innnovation réelle et pas de la consommation immédiate.

Encore faudrait-il que les acteurs économiques et politiques aient le sens de la responsabilité à moyen et long terme et pas seulement celle de l'intérêt du court terme ...

Ce processus vertueux semblerait en marche. Espérons le !


Posté par : Henri-Paul Soulodre le septembre 30, 2008 11:02 AM

Certes on peut considérer que 60 $ le baril est un prix raisonable. Les pays producteurs eux-mêmes le considèrent comme tel.

Mais quid des compagnies pétrolières dont les réserves s'épuisent ? Pour les reconstituer, elles sont tenues de trouver de nouvelles ressources là où elles sont : sables bitumineux, off shore profond... Ce qui coûte très cher !

A titre d'exemple, on estime les coûts marginaux des sables bitumineux de l'Alberta à 85 $/baril.

Le prix plancher de 100 $, s'il est bon pour l'environnement, l'est tout autant pour les compagnies pétrolières !


Posté par : Louise le septembre 30, 2008 12:24 PM

Bonjour,

La plupart des analystes économiques jugent que le simple prix de marché d’un produit n’est plus une donnée suffisante pour gérer à long terme ce produit et faire prendre aux élus les décisions stratégiques bonnes pour l’intérêt général.

L’exemple du prix de marché du pétrole est particulièrement bien choisi pour illustrer cette situation. En quelques semaines, ce prix de marché peut varier du simple au double !

Pour moi, ce désordre vient d’abord d’une confusion ancienne mais méthodiquement entretenue entre deux notions économiques distinctes pour un produit donné :

- Le prix de cession immédiat d’un bien par son propriétaire (décidé à vendre) à un acquéreur (décidé à acheter), c’est le prix de marché.

- Le prix probable à long terme de ce bien, qu’un investisseur doit prendre en compte pour décider d’investir aujourd’hui et dans le futur, afin de produire ou d’acquérir durablement ce type de bien.

Ces deux prix sont différents, ils ne peuvent être fusionnés en une seule notion.

Le prix de marché du produit s’établit naturellement ; il résulte de la rencontre de l’offre et de la demande à cet instant. Ce prix est sujet à variations importantes, voir brusques.

Le deuxième prix n’existe que dans des études ; il ne peut ni être déterminé par le jeu de l’offre et la demande, ni calculé de façon comptable ou rationnelle. Il y a trop de facteurs estimés qui rentrent en ligne de compte. C’est le prix « supposé » à long terme.

Aujourd’hui les prix de marché règnent sur l’économie mondiale, nos gouvernants n’ont plus vraiment le choix de s’en affranchir.

Les prix à long terme étant par nature contestables, les investisseurs prennent leur décision d’investir essentiellement de manière subjective, souvent parce qu’ils croient détenir une information privilégiée, quelquefois tout simplement sentimentalement…

Mais peut-on faire autrement ? Le système actuel est certes bien criticable ; mais comme le disait Churchill à propos de la démocratie, c’est encore le moins mauvais…
Faute d’études plus solides et convaincantes sur les prix à long terme (le mot convaincant doit se comprendre comme persuadant la majorité des acteurs) ces acteurs continueront à regarder les fluctuations des prix de marché, et à prendre leurs décisions… très subjectivement.


Posté par : Philippe Tixier le octobre 6, 2008 11:42 AM

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