@ Jacques Andréani,
Il me semble que le choix que va faire l'Amérique est historique car les "circonstances" le sont aussi.
Depuis un certain temps, semble se répandre le sentiment que, la mondialisation économique et financière aidant, le pouvoir politique local ou régional, en tout cas territorial, des "princes" a cédé le pas devant le pouvoir économique mondial de certains "capitaines d'entreprises et de la finance " ...
Les grands dirigeants d'entreprises raisonnent tous comme de possible "maîtres du monde" alors que les "politiques" y ont renoncé, sauf peut-être encore les USA !
Ce sentiment qui est partagé par beaucoup a créé l'idée que les "politiques" sont désormais au service des "marchands" qui leur conteste le pouvoir mondial. D'une certaine manière, les politiques sont des » DRH « chargés de faire régner l'ordre social sur les territoires dont ils ont la charge politique ...
Or, à quoi assiste-t-on, ces jours ci ?
La crise financière semble donner un levier, un point d'appui aux "princes" pour s'opposer aux exigences des "marchands", d'abord aux "marchands d'argent".
Chaque prince local (France, Belgique, Espagne, Benelux, Allemagne...) semble décidé à montrer aux "marchands" que, in fine, en dernier ressort, quand tout va mal, c'est au politique de décider. Car dans les démocraties, du moins, les politiques ont la légitimité des peuples.
En volant au secours des "marchands d'argent", les politiques reprennent des couleurs et, peut-être, arriveront-ils à se mettre d'accord, contre ceux qui avaient presque réussi à les "asservir"...
Rappelons nous la formule d'un ancien Premier ministre : " L'Etat ne peut pas tout !"
Or les "marchands", vrais maîtres du monde, ont trouvé le moyen de priver les princes de tout pouvoir : ils refusent la participation aux frais de la Cité en rendant l’Etat modeste (sous le principe facile de concurrence mondiale) et ainsi ils privent les politiques de tout vrai pouvoir dans le réel (l'argent) leur laissant le Verbe, le Discours comme seul os à ronger...
Mon sentiment, juste un point de vue, est donc que Mc Caïn, dans la tradition américaine, représente la situation passée et actuelle de répartition des pouvoirs et que Obama est l'amorce possible d'un rééquilibrage des pouvoirs entre le politique et l'économie-finance.
Donc, si mon analyse est exacte, si Obama devient Président d'une Amérique nouvelle moins unilatéraliste et plus ouverte, alors ses marges de manœuvre seront grandes car le contexte mondial en sera transformé de même que l'image et les relations des USA au reste du Monde ...
HPS
Posté par : Henri-Paul Soulodre le octobre 8, 2008 7:23 PM