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Urgences de paix |
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La crise financière mondiale propage la misère et rend les peuples nerveux. N’importe quel conflit peut s’envenimer. Si les grandes puissances n’apaisent pas leurs querelles, elles sèmeront la guerre.
L’affrontement Inde/Pakistan, aiguisé par les conflits entre Pakistanais, est une première urgence. Ces deux puissances nucléaires risquent d’en découdre. Leur rivalité exacerbe, en outre, les tensions en Afghanistan. L’opposition Etats-Unis/Iran est une seconde urgence. Une intervention américaine aurait des conséquences tragiques (voir le document du Club émanant du groupe de travail piloté par Jacques Andréani et paru en juin 2008). A l’inverse, l’amorce d’un rapprochement Washington/Téhéran contribuerait à pacifier l’Irak et à calmer certaines ardeurs israélo-palestiniennes.
L’absence d’un vrai partenariat entre l’Union Européenne et la Russie constitue une troisième urgence. L’inexistence de toute structure paneuropéenne place l’Otan en première ligne face à la Russie. Or l’Otan a été créé pour contrer la Russie lorsqu’elle s’appelait l’URSS. La confrontation est dans ses gènes. Les Russes, en tout cas, le croient et la présence de militaires américains en Ukraine serait considérée à Moscou comme une provocation. L’Ukraine peut et doit servir de pont. Si, dans le contexte actuel, elle rejoignait l’Otan, elle deviendrait un enjeu. Ces divisions ethniques, religieuses et linguistiques la déchireraient. Toute l’Europe en subirait les conséquences.
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Défi caucasien |
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Au lieu de s’en plaindre, il faudrait se féliciter que la Russie s’enrichisse grâce au pétrole, au gaz, aux métaux et bientôt aux céréales. Ce pays a vécu la descente aux enfers de l’ex-URSS comme une défaite suivie d’humiliations. L’Allemagne des années 30 nous a montré comment un grand peuple peut réagir lorsqu’il se sent humilié et qu’il est appauvri.
Poutine est coriace mais pas fou. Ses moyens sont contestables, son cynisme évident mais, dans sa Russie, il n’y a plus de goulags et il ne viendrait à l’idée de personne d’y créer des camps d’extermination. Il est normal que cette Russie là joue un rôle éminent sur la scène internationale. Ce n’est pas de la lâcheté de le reconnaître. Ce n’est pas « munichois » de l’accepter. Les bons ne sont pas tous d’un côté et les méchants de l’autre. Au Caucase, d’ailleurs, tout le monde se comporte méchamment. Les Ossètes et les Abkhazes, soutenus par les Russes, ont persécuté les Georgiens tandis que ceux-ci, soutenus par les Américains, ont tenté d’asservir ces récalcitrants sujets de leur nation désunie. Poutine voulait la peau de Saakashvili qu’il considère comme un ennemi. Il est légitime et même indispensable que les Etats-Unis et l’Europe l’en empêchent. Le fort ne doit pas écraser le faible même si le faible n’est pas irréprochable. Ami et protégé des néo conservateurs américains, Saakashvili n’est ni un saint, ni un pur démocrate. La difficulté va consister maintenant à créer les conditions d’un bon voisinage. Saakashvili qui, pendant des années, a injurié les Russes et la Russie doit rester en place puisqu’il a été élu. Il importe, cependant, que la Géorgie, tout comme l’Ukraine, cesse d’être un enjeu pour devenir un lien. C’est, pour l’Europe entière, un véritable défi.
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L’impuissance et la gloire |
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Dans le monde d’aujourd’hui, les médailles d’or pèsent plus lourd que les prix Nobel. Pour devenir n°1 aux Jeux Olympiques de Pékin, la Chine n’a pas lésiné. 400.000 jeunes ont été testés. 200.000 entraînés pour devenir des athlètes professionnels, plusieurs centaines de millions d’euros dépensés. Il fallait à tout prix que l’Empire du milieu retrouve son rang et affiche sa supériorité.
La machine a été implacable. Nombre de sportifs ont craqué mais le résultat a été conforme aux espoirs : 51 médailles d’or contre 36 pour les Etats-Unis. La puissance et la gloire. Dis-moi qui tu applaudis, je te dirai qui tu es. De ce point de vue, si la Chine est unie, l’Europe ne l’est pas. Les Français n’ont applaudi que les Français, les Anglais n’ont applaudi que les Anglais, etc., etc. … Il suffisait d’observer des téléspectateurs pour s’apercevoir que lorsqu’un compatriote n’était pas en lice, ils ne reportaient pas leurs espoirs sur un autre Européen. Pourtant, si l’on additionne les médailles obtenues par les 27 pays de l’Union Européenne, on arrive à un total de 287 ; soit davantage que la Chine et les Etats-Unis réunis (210). Pour les médailles d’or, le résultat est moins époustouflant mais quand même éblouissant (88 pour l’UE contre 87 pour la Chine et les Etats-Unis). Certes, les chiffres de l’UE sont, en partie, fictifs. Si la sélection des athlètes avait été européenne, certains, qui ont obtenu une médaille, auraient sans doute été écartés. Il n’empêche que, sur le plan sportif comme sur les autres, l’Europe pourrait être fière d’elle-même au lieu de se complaire dans l’impuissance et de se résigner à l’absence de gloire.
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Europe schizophrène |
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Les Russes traînent les pieds pour quitter la Géorgie en attendant que leurs propres agissements de "purification" ethnique soient complétés par le départ volontaire, de désespoir, de tous les Géorgiens de l’Ossétie et de l'Abkhazie, microscopiques entités qui ne vont pas tarder à exiger un jour ou l'autre que la communauté internationale reconnaisse leur "indépendance".
Pauvre Europe dans ce cas précis ! La reconnaissance du Kosovo était à l'évidence la porte ouverte aux événements de Géorgie. D'autre part comment être schizophrène en ayant simultanément deux grands principes antagonistes à moins d'admettre l'oxymore ? 1) le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes 2) l'intangibilité des frontières nées de la fin de la deuxième guerre mondiale ??? Ces mystères nous échappent etc ......
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Hold-up sur la mairie de Neuilly |
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Merci à Jean-François Minne, membre du Club, de nous avoir signalé la parution de son livre : Hold-up sur la mairie de Neuilly (Chronique des municipales 2008). Editions Pascal Galodé, 149 pages, Paris 2008.
Il serait éminemment souhaitable que son exemple soit suivi afin que les actions, les écrits, les conférences, etc. de chacun d’entre nous soient portés à la connaissance de tous les membres.
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France frileuse |
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De nombreuses entreprises françaises ont adhéré au concept de l’Intelligence Economique mais la plupart d’entre elles privilégient l’aspect sécuritaire de cette discipline au détriment de son aspect offensif.
Il est, certes, important de protéger ses actifs, et plus particulièrement son patrimoine de connaissances et de compétences mais il est tout aussi important (et peut-être plus) d’accroître ses capacités concurrentielles afin de gagner des parts de marché au niveau mondial. Les spécialistes en I.E savent comment des entreprises américaines et asiatiques se servent de l’outil pour améliorer leurs performances. Ils regrettent que beaucoup d’entreprises européennes, et spécialement françaises, fassent preuve de frilosité.
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The moral equivalent of war |
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Maintenant que Barack Obama frappe à la porte de la Maison Blanche, le temps est venu de rendre justice à Jimmy Carter qui a été Président des Etats-Unis de 1976 à 1980. Avec le recul d’un quart de siècle, plusieurs réalisations peuvent être mises à son crédit :
Ø Il a mis l’accent sur la nécessité d’économiser l’énergie. C’était, selon lui, « the moral equivalent of war ». S’il avait été élu pour un second mandat, les législations qu’il avait soumises au Congrès auraient fini par être adoptées. Elles auraient changé l’Amérique et, par-là même, le monde. Ø Il a facilité la mise en place de processus démocratiques en Amérique Latine. Ø Il a mené la négociation de Camp David pour la paix entre l’Egypte et Israël. S’il était resté en place, la « self rule » prévue pour les Palestiniens des « territoires occupés » aurait probablement été mise en œuvre par les gouvernements israéliens. C’eut été un point de départ pour la création, aujourd’hui souhaitée, de deux Etats. Ø Il a mené combat pour une meilleure intégration des noirs aux Etats-Unis. L’« affirmative action » (discrimination positive) a fait merveille. Le racisme a diminué. Un certain Barack Obama peut aujourd’hui en témoigner.
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Pause estivale |
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L’équipe du Club des vigilants fait une pause. Nous remercions tous nos lecteurs et contributeurs et leur donnons rendez vous à partir du lundi 18 août. Bonnes vacances à tous.
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"Mismanagement" à la française |
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« Dès mon jour d’embauche, j’aurais dû me méfier. Dans le hall, un énorme tableau avec un non moins gigantesque sourire. Devant, trois hôtesses d’accueil qui faisaient la gueule. Un premier signe.
S’ensuit le traditionnel parcours du nouvel embauché. Jusqu’à la remise du badge qui ouvre les portes et la cantine. Et là, deuxième choc : inscrit dessus les trois commandements de la filiale française de cette grande entreprise américaine : Tu n’es pas arrogant ; tu n’es pas le nombril du monde ; tu dois sourire en permanence. Un autre signe. Premier client. Rendez-vous à 10h. J’arrive un quart d’heure en avance. Mes collègues, plus anciens, trois quarts d’heure après. Règle n°1 : toujours arriver en retard. Explication de texte : quand on est leader, on ne doit surtout pas montrer au client que l’on a besoin de lui. Premier marché conclu : champagne, petits fours, félicitations du chef. Le paradis. Règle n° 2 : le paradis est un mirage ; l’enfer une réalité. Insidieusement, tout commence à dériver. Les marchés remportés se fêtent moins. On vous fait comprendre qu’on aurait pu obtenir plus. Lors des déplacements, les hôtels se font moins agréables et les chambres individuelles passent à la trappe. En raison du décalage horaire, on organise, de plus en plus, des conférences téléphoniques à 1 h du matin et, preuve d’abnégation, le travail doit se poursuivre le week-end... Arrive un drame personnel : le décès de ma mère. Le jour des obsèques, je suis appelée 17 fois pour des détails. Je craque. Démission. » Cette jeune "ingénieure d’affaires" exerce, depuis, ses compétences ailleurs. Quelque temps plus tard, un grand groupe du CAC 40, las de l’arrogance de cette filiale française d’un groupe américain, exige de traiter directement avec la maison mère et obtient gain de cause. Cette perte de confiance n’a pas échappé au siège aux Etats-Unis. Et la sanction de tomber : c’est le management qui a du plier bagage pour cause de "mismanagement".
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