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Le 30 juillet 2008
Nouveau capitalisme
La plupart des grandes entreprises américaines et européennes souffrent de « court termisme ». Des actionnaires volatiles, en quête de profit rapide, répugnent à approuver des stratégies susceptibles d’être juteuses dans l’avenir mais coûteuses dans l’immédiat. Les entreprises à dominante familiale résistent mieux à la pression et leurs résultats sur la durée s’avèrent, en général, meilleurs. En Occident, les grandes entreprises familiales sont relativement peu nombreuses. Il n’en va pas de même au Moyen Orient ni, surtout, en Asie où les fondateurs d’entreprises rêvent de créer un empire transmissible de génération en génération. Dans cette optique, ils considèrent que toute stratégie digne de ce nom doit avoir la vue longue. Or, nous assistons, en ce début de XXème siècle, à un immense transfert de richesses en direction de l’Asie et des pays pétroliers. Tôt ou tard, des nouveaux capitalistes absorberont des anciens. Lakshmi Mittal est un exemple. Bon ou mauvais ? En tout cas à méditer !
Posté par Marc Ullmann, le 30/07/08 dans Economie | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 juillet 2008
Is the world really flat?
080713-WorldFlat.jpgSelon Thomas L. Friedman, dont le livre « The world is flat » a connu un succès mondial, la transmission accélérée des connaissances est en passe de créer une sorte de méritocratie universelle. Tous les hommes de bonne volonté ne peuvent que le souhaiter. Beaucoup pensent même qu’Obama (qui, par l’usage d’Internet, a bouleversé les techniques électorales) pourrait être le champion de ce nouveau monde.

Il serait cependant dangereux d’oublier qu’une sombre fraternité de combattants de la modernité pourrait nourrir un nouveau nihilisme. Une éventuelle attaque américaine contre l’Iran (voir document « Conséquences d'une intervention américaine en Iran. Risques du statu quo ») pourrait, à cet égard, se révéler tragique. Partout, les vieux réflexes anticoloniaux referaient surface. Partout, la violence des puissants servirait d’alibi à la violence terroriste.

La morgue des fauteurs de guerre avec zéro mort (chez eux) aviverait l’orgueil de ceux qui sont prêts à mourir pour une cause (aussi absurde que puisse être cette cause). Ce serait le trou noir de la raison.

Posté par Marc Lanval, le 29/07/08 dans Géopolitique - Terrorisme - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 juillet 2008
Vers le prochain cyber-conflit
080713-Cyberterrorisme.jpgCertaines puissances majeures l'avaient annoncé plus ou moins officiellement : leurs armées se préparent à la guerre informatique. La Chine, on le sait, a mené avec succès un certain nombre d'offensives et d'intrusions à l'encontre de systèmes gouvernementaux.

Le mois dernier, le centre de cyber-commandement de l'armée américaine a lancé plusieurs appels d'offres relatifs à la conception d'un terrain de simulation de batailles numériques sur Internet, et à la mise au point d'un botnet militaire, arme capable de prendre le contrôle de centaines de milliers d'ordinateurs pour lancer des attaques ou pour dérober de l'information, selon le principe annoncé des « 5 D » : deceive, deny, disrupt, degrade, destroy.

La France prend conscience du problème. Le récent Livre Blanc de la Défense exprime la volonté de doter  le pays de  capacités défensives  et  offensives pour faire face aux attaques informatiques.

Le terrain virtuel que représente Internet n'est désormais plus seulement l'apanage des organisations publiques ou privées, des internautes et des adolescents férus de téléchargements et de discussions en ligne. Les mafias en ont fait leur zone de non-droit. Surtout, de plus en plus d'États commencent à y percevoir des enjeux réellement stratégiques. Les différents scénarios catastrophe imaginés par certains réalisateurs de films hollywoodiens à grande audience ne font plus seulement sourire les incrédules, mais interpellent les états-majors et dirigeants des différentes nations.

Reste à savoir ce qui se passerait en cas de conflit Internet majeur. Quel serait l'impact sur la multitude d'entreprises et d'organismes utilisant Internet sans se douter une seule seconde que cette menace pourrait bien se réaliser ? Il y a fort à parier que la grande majorité de ces entités ne seraient pas en mesure de réagir de manière adéquate en temps voulu.

Posté par Bruno Kerouanton, le 28/07/08 dans Chine - France - Technologie - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 juillet 2008
Le meilleur ami d’Ahmadinejad
Le meilleur ami de Mahmoud Ahmadinejad est, sans conteste, le Président George W. Bush.

Le premier cadeau a été l’invasion de l’Irak qui a débarrassé l’Iran d’un ennemi héréditaire. Cerise sur le gâteau, l’essentiel des troupes américaines qui combattaient en Afghanistan ont été redéployées en Irak et les 15.000 qui restaient ne pouvaient s’occuper d’un pays aussi grand que la France. Résultat, l’Iran, loin d’être encerclé s’est retrouvé au centre du jeu.

Le deuxième cadeau a consisté à poser en préalable à toute négociation sur le nucléaire ce qui était le but même de la négociation. Ce cadeau a été effectué en plusieurs livraisons, la première il y a 5 ans et la dernière ce mois-ci. Il s’agit, depuis le début d’empêcher les Iraniens d’acquérir la bombe atomique. Pour cela, l’Administration américaine exige l’arrêt des centrifugeuses enrichissant l’uranium alors que les Iraniens prétendent que l’enrichissement a une finalité civile et donc ne contrevient pas au Traité de Non Prolifération. Depuis 2003, les Européens se sont trouvés coincés et, pendant que les Américains criaient au loup, les Iraniens ont quadruplé le nombre de leurs centrifugeuses.

Pour tenter de sortir de l’impasse, les Européens viennent de proposer un gel réciproque : une négociation s’ouvrirait ; pendant toute sa durée les Iraniens n’installeraient pas de nouvelles centrifugeuses et ses interlocuteurs ne demanderaient pas à l’ONU d’adopter de nouvelles sanctions. Ils espéraient que le représentant américain dirait « ok ». Au lieu de cela, il a reparlé de « préalable ». Les Iraniens ont pu continuer à amuser le tapis. A la grande satisfaction d’Ahmadinejad.

Posté par Marc Ullmann, le 25/07/08 dans Moyen Orient | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 juillet 2008
La goutte de pétrole qui ...
080713-P%E9trole.jpg« La guerre, disait Mussolini, est l’examen de passage des nations ». L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ont été recalées. Deux tiers de siècle plus tard,  d’autres défis surgissent. La cohésion sociale de nombreuses nations est mise à l’épreuve. De nouveaux « examens » obscurcissent l’horizon.  

La croissance a masqué les difficultés. C’est une potion magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Maintenant qu’elle ralentit, des tensions peuvent surgir. La crise des subprimes, née en Amérique, a brisé l’élan. La vertigineuse montée des cours du pétrole réduit le pouvoir d’achat dans les pays importateurs et donne un coup de frein supplémentaire.  

C’est en ce sens que l’on peut parler d’« examen des nations ». Là où les tensions sociales sont les plus vives, la diminution de la croissance sera la plus douloureuse. A cet égard, la Chine sera peut-être plus vulnérable que l’Inde car l’industrialisation y a été plus rapide et les migrations plus massives. De même, l’Allemagne et la France sont peut-être moins vulnérables que l’Angleterre, l’Espagne ou les Etats-Unis car plus l’endettement des ménages est élevé, plus les pertes de pouvoir d’achat paraissent insupportables.

Posté par Marc Ullmann, le 24/07/08 dans Economie - Energie - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 juillet 2008
Jeunesse cherche héros
080713-Jeunesse.jpgSerge Ravanel, compagnon de la Libération, a été un héros de la résistance française contre l’occupation nazie. Il a aujourd’hui 88 ans, peut à peine marcher mais se rend volontiers dans des lycées et collèges de banlieue réputés « difficiles » pour raconter la guerre à des adolescents en révolte contre la société.

Sa voix est frêle mais les jeunes « durs » se taisent, prêtent l’oreille et viennent à la sortie lui poser des questions et lui demander de rester encore un peu. Ce fait m’inspire quelques remarques : 

Ø       notre époque manque de vrais héros. Les adolescents sont en quête. 

Ø       les « professeurs » ont été formés pour « enseigner ». Cela ne suffit pas toujours pour devenir un « maître ». 

Ø       il faudra bien un jour que les médias donnent la parole à ceux qui éclairent la cité, résistants, scientifiques, grands honnêtes hommes des temps modernes,... tout autant qu’aux "people" dont tous ne sont d’ailleurs pas à jeter aux orties.

Posté par Bernard Esambert, le 23/07/08 dans Education - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 juillet 2008
Les femmes de plus en plus vecteurs du processus de modernisation
080713-Etudiantes.jpgA Oman, les femmes vont plus à l’université et réussissent mieux que les hommes au point qu’on a dû établir un quota en faveur des hommes. En Iran, il y aurait à l’université 2/3 de femmes pour 1/3 d’hommes. En France, en Allemagne les femmes issues de l’immigration (notamment d’origine arabe ou turque) réussissent mieux à l’école et à l’université que les hommes.

On fait l’hypothèse que les femmes se donnent plus de mal, qu’elles voient l’éducation comme un chemin de liberté indispensable si elles veulent échapper à la tyrannie masculine. C’est pour elles la seule façon d’échapper, un tant soit peu, au carcan et de prouver qu’elles peuvent réussir. Les hommes, quant à eux, sont relax. 

Ce phénomène n’est pas limité à l’école et à l’éducation. Au Bengladesh, c’est sur le caractère industrieux et entreprenant des femmes que repose le développement du micro crédit et du projet Danone. 

Le journal Le Monde a sorti récemment un article sur le succès des filles à l’école. Etude après étude, le constat reste le même : les filles battent les garçons à l’école. C’est vrai dans toute l’Europe où elles sont plus nombreuses à être diplômées de l’enseignement secondaire ou supérieur et sont moins en échec scolaire que les garçons. Le Monde affirme que cela n’est pas dû à d’éventuelles capacités biologiques ou cérébrales supérieures. Des études sociologiques fourniraient un début d’explication : l’école est le lieu où les filles expérimentent très tôt le fait qu’elles peuvent être égales voire supérieures aux garçons. Et leurs mères les poussent davantage que par le passé à devenir indépendantes.

Posté par Alain de Vulpian, le 22/07/08 dans Education - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 juillet 2008
Armées & Défense : vers la fin de la confusion
080713-Arm%E9es.jpgDepuis des lustres, les Français ont pris l’habitude de voir se succéder des Livres blancs sur la Défense ne présentant, au mieux, que peu d’intérêt. En schématisant à peine, ils ne servaient qu’à justifier des décisions déjà prises depuis longtemps.

Ils servaient même souvent à démontrer les vertus de l’immobilisme. De quoi faire se retourner dans sa tombe le général de Gaulle qui a toujours prôné « la seule doctrine qui vaille : celle des circonstances ». 

On peut faire des reproches aux inflexions préconisées par le récent Livre blanc. De nombreux militaires ne s’en privent pas et ont raison de s’exprimer. Ils devraient cependant reconnaître qu’un virage a été pris : dans le cadre d’une stratégie globale, il n’y a plus confusion entre les défenses militaire et civile, entre les armées et la protection des populations. Le danger terroriste est clairement pris en compte. Il s’agit maintenant de passer de la théorie à la pratique en diminuant les vulnérabilités de nos infrastructures et en minimisant les risques de catastrophes susceptibles d’être déclenchées par des amis de M. Ben Laden.

Posté par Etienne Copel, le 21/07/08 dans France - Géopolitique - Politique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 juillet 2008
Is America on the move?
080714-drapeau_americain.jpgPour qu’un pays quel qu’il soit s’engage dans une phase de réformisme profond, trois conditions, au moins, doivent être remplies :

Ø                   l’imaginaire collectif ne doit pas être détourné de l’idéal réformiste par le souhait révolutionnaire de mettre à bas les institutions.

Ø                   le système social doit être considéré comme amendable et aucune minorité importante de la population ne doit chercher le salut dans le tout ou rien.

Ø                   la grande majorité de la population ne doit pas être systématiquement hostile au changement.

Ces trois conditions semblent actuellement réunies aux Etats-Unis et Barack Obama (un « post racial » qui a été à la fois diplômé de Harvard et travailleur social) peut servir de catalyseur. S’il y parvient, la face du monde sera changée. Pour, au moins, deux raisons :

Ø                   le poids des Etats-Unis est tel que toute réforme entreprise là-bas aura des répercutions partout.

Ø                   Barack Hussein Obama, fils d’une Américaine et d’un Kenyan, né à Hawaï et élevé en partie en Indonésie, peut devenir un symbole planétaire de non conflit entre civilisations.

Posté par Marc Ullmann, le 16/07/08 dans Géopolitique - Politique - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 14 juillet 2008
Sarkozy et le foot
080713-SarkozyetFoot.jpg« Les Français m’ont élu pour marquer des buts, pas pour être arbitre » aime à répondre Nicolas Sarkosy à ceux qui lui reprochent d’être un « Omni-Président ». L’argument est habile mais la plupart des Français se demandent si des buts seront vraiment marqués. Pour rester dans le langage du foot, ils se demandent si Sarko ne « joue pas trop perso », s’il a les qualités requises pour endosser le maillot de chef d’équipe.

C’est une vraie question car la situation dans la France d’aujourd’hui peut se résumer en deux phrases : 

Ø                   Sous l’impulsion du Président, de nombreuses réformes sont lancées.

Ø                   L’exécution laisse d’autant plus à désirer qu’une certaine pagaille règne au gouvernement.

Un lobbyiste va jusqu’à dire : « Les ministres se tirent ouvertement dans les pattes. En vingt ans de carrière, j’ai rarement vu cela ».

Posté par Marc Lanval, le 14/07/08 dans France - Politique | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juillet 2008
Europe-Méditerranée-Monde : sortir de l’impasse, servir de modèle
080712-UPM.jpgL’Union Méditerranéenne, telle que l’avait rêvée Nicolas Sarkosy, n’existera pas : les pays de l’Union Européenne non riverains s’y sont opposés. « L’Union pour la Méditerranée » que, faute de mieux, Nicolas Sarkosy lance avec solennité, risque de souffrir à la fois de gigantisme et de paralysie.

Le Président de la République française, pourtant, veut du concret. Au départ, il avait fait référence à ce qu’il avait appelé la « méthode Monnet ». Il avait même explicitement cité la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier qui, en guise de première étape, avait seulement réuni six pays sur un projet commun portant sur seulement deux produits.

Pour la Méditerranée, il y a tellement de choses à faire que plusieurs projets communs peuvent être nécessaires. Il faut cependant reconnaître que tous les projets n’intéressent pas forcément tous les pays en même temps. Il serait donc souhaitable de prévoir plusieurs « coopérations renforcées » au sein de l’Union Européenne. Le même principe s’appliquerait aux pays de l’autre rive et, selon les secteurs, les premiers participants ne seraient pas forcément les mêmes. Ainsi, les pays qui, au Nord comme au Sud se mettraient sur la ligne de départ pourraient fixer entre eux les règles du jeu étant entendu que les autres membres des deux rives seraient invités à adhérer ultérieurement.

Un tel cheminement permettrait d’écarter un risque et de saisir deux chances :

Ø       Le risque écarté serait celui de l’enlisement dans un « machin » dont les structures seraient lourdes et dont les réalisations dépendraient de financements compassionnels.

Ø       La première chance viendrait de l’égalité entre partenaires. Dans les années 1950, la CECA aurait été un échec si l’Allemagne (vaincue) n’avait pas eu les mêmes droits et les mêmes devoirs que la France. En ce qui concerne l’Europe-Méditerranée, l’égalité doit être assurée entre « riches » et « pauvres ». D’où la nécessité que, dans chaque secteur, les ressources financières découlent d’un critère précis et acceptable par tous. Ce critère devrait, bien entendu, être choisi de telle sorte que les riches payent bien davantage que les pauvres.

Ø       La seconde chance serait l’exemplarité. L’Europe a été pionnière de la construction communautaire. Si l’Europe-Méditerranée pouvait, à partir d’une institution nouvelle, devenir un modèle à vocation mondiale, elle gagnerait ses lettres de noblesse car les institutions internationales, conçues pour la plupart à la fin des années 40, sont nécessaires mais insuffisantes. Il devient urgent de planter une nouvelle graine en choisissant, pour commencer, un secteur restreint. L’eau serait un vecteur symbolique : des populations migrent pour fuir la sécheresse ; l’eau polluée tue 15.000 personnes par jour (plus que le sida). Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. Guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout.

Quelques pays du Nord et du Sud de la Méditerranée pourraient, sur ce terrain, planter une graine d’où sortirait une institution mondiale d’un genre nouveau.L’institution, dont les contours seraient définis par les premiers partants, serait dotée de réels pouvoirs et disposerait de moyens financiers.

Le Club des Vigilants a travaillé la question depuis presque deux ans et les contacts qu’il a déjà pris montrent que des pays situés très au Sud de la Méditerranée pourraient être intéressés. Les fils du désert connaissent la valeur de l’eau. Et certains ont à se faire pardonner la valeur du pétrole.

Posté par Marc Ullmann, le 12/07/08 dans Développement - Europe - France - Géopolitique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 juillet 2008
Viva insula !
080710-Insula.jpg Afin d’étudier en temps réel le fonctionnement du cerveau, des neurologues américains ont confronté des volontaires au scénario virtuel suivant : 100 kg de nourriture doivent être livrés à des orphelins d’un pays ravagé par la famine.

Le temps nécessaire de route pour apporter les aliments à tous les enfants entraînerait la perte de 20 kg de la cargaison. La distribution de la nourriture à la moitié du groupe ne provoquerait, en revanche, que 5 kg de perte.  

Publiée dans la revue américaine Science, l’analyse des données issues de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) montre que certaines régions du cerveau étaient actives à des moments différents dans le processus décisionnel. 

L’insula, zone très liée aux émotions telles que la colère, la peur, la joie, a été davantage utilisée quand l’équité prévalait.  

Le putamen, autre zone du cerveau, était, quant à lui plus actif quand le volontaire penchait pour la rentabilité.  

Conclusion des chercheurs : le sens de l’équité serait plus émotionnel que rationnel.

Réaction de l’auteur de ces lignes : s’il est plus rationnel de sauver des marchandises que des vies humaines... alors viva insula !

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 10/07/08 dans Sciences - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 juillet 2008
Vers une nouvelle politique économique (bis)
Un récent numéro de Vigilances (V58) a mis en relief la résurgence de courants protectionnistes, notamment aux Etats-Unis ainsi que la prise en compte de ces courants par des économistes désireux de sauver ce que le libéralisme comporte d’essentiel. Pour conserver les bienfaits de la mondialisation tout en limitant ses excès, les écrits des Pères Fondateurs du libre échange sont mis à contribution.

L’œuvre de David Ricardo, inventeur de la notion d’« avantage comparatif », est épluchée de telle sorte qu’on y trouve la légitimation d’un patriotisme économique éclairé. De même, quelques pages de John Stuart Mill et de Frédéric Bastiat permettent d’induire qu’une concurrence « excessive » peut causer des ravages. 

Parallèlement, certains éléments de la crise actuelle fournissent des arguments à ceux qui dénoncent « l’hyper-capitalisme financier » et créent les conditions d’un d’ajustement progressif : 

-          Le renchérissement des produits agricoles redore le blason des cultures vivrières qui ont, jadis, été abandonnées faute de pouvoir faire vivre les producteurs locaux. 

-          La flambée du pétrole conduit à s’interroger sur le rôle joué par la spéculation dans la montée des cours. D’où la tentation d’imposer à certains acteurs des appels de marges plus élevés et de les obliger à tenir leur position dans des limites définies. 

-          L’opprobre frappant les bonus, jugés excessifs, de certains « magiciens de la finance » incite à revoir les grilles de rémunération au profit des acteurs de « l’économie réelle ». 

L’Histoire montre que la force du capitalisme réside dans sa capacité d’adaptation. Elle montre aussi que les processus peuvent venir à point ou être tardifs et douloureux.

Posté par Marc Ullmann, le 07/07/08 dans Agriculture - Economie - Energie - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 juillet 2008
Avant les signaux faibles, les savoirs principaux
080704-Embouteillages.jpg L’Intelligence Economique (IE) doit être capable de sélectionner et de valoriser pour les promouvoir et les faire accepter, des savoirs principaux que certains ont tort de confondre avec des lapalissades. 

Un bon exemple nous est fourni actuellement à propos de l’automobile et des réponses à faire au choc pétrolier. Ainsi une étude réalisée il y a quelques mois par les experts du Fonds Monétaire International (FMI) indique qu’en 2050 le parc mondial de voitures particulières aura grossi de 5 fois par rapport à ce qu’il est aujourd’hui (on passerait de 600 millions de véhicules à 3 milliards au milieu du siècle !).  

Le but de cette étude était d’évaluer les conséquences de cet énorme accroissement sur le changement climatique. Mais le savoir principal sur lequel cette prévision repose provient d’un constat simple « l’histoire économique suggère qu’au fur et à mesure que les gens s’enrichissent, ils recourent de plus en plus à des transports privés ». Et, de fait, on peut constater que dans les pays émergents, en particulier chez les 4 champions (Chine, Inde, Russie, Brésil), les particuliers décident dans leur majorité d’acquérir une voiture à partir du moment où leur revenu annuel atteint et dépasse 5000 US dollars. 

S’il est avéré, la seule la prise en compte de ce principe et de ses conséquences suffit à modifier la pertinence de stratégies établies. Par exemple, à défaut d’appauvrissement des populations (y compris de celles des pays développés), l’option « plus de transports collectifs » ne s’imposera pas naturellement avec le soutien des individus. 

Une façon d’ « appauvrir les populations » serait d’accroître la fiscalité. Des pays taxent déjà fortement l’essence à la pompe – c’est le cas des pays producteurs de l’Europe du Nord qui se constituent avec cet argent des réserves financières pour les générations futures ; d’autres, au contraire, bradent le carburant en le vendant au consommateur à des prix subventionnés inférieurs au coût du pétrole lui-même (Venezuela, Arabie Saoudite, Iran) On avance que l’Iran pourrait réduire de 50% ses émissions de CO² en supprimant ses subventions ! 

Mais même un accroissement de la fiscalité ne suffirait pas à faire oublier ce savoir principal, cette loi de l’enrichissement des populations : si les pays émergents s’enrichissent comme prévu, il y aura 3 milliards de véhicules et non plus 600 millions. Cela signifie que le CO² produit par ces pots d’échappement, qui représente aujourd’hui 6,1% des émissions polluant l’atmosphère, grimperait alors à 8,1% du total en 2050, contribuant pour une bonne part au doublement des émissions de toutes origines.  

Pour résoudre le problème de la pollution automobile, il va donc falloir garder à l’esprit que le nombre de véhicules privés est condamné à croître, puis arbitrer entre plusieurs orientations politiques d’ores et déjà bien identifiées : quel type de véhicule privé favoriser (vélo, moto, hybride…), comment stimuler l’innovation dans les technologies « propres », comment rendre les automobilistes « économes » notamment par un relèvement progressif de la fiscalité, etc. 

Ces choix découlent d’un savoir principal qui peut apparaître comme une évidence. Mais s’exprimerait-elle avec la même clarté s’il n’y avait pas de temps à autre le rappel d’une donnée qui s’impose ? On parle souvent de signaux faibles, il y a des tendances lourdes à ne pas oublier.

Posté par Robert Guillaumot, le 04/07/08 dans Economie - Environnement - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 juillet 2008
Pétrole : et si on en consommait moins ?
petrole2.jpgLa hausse, vertigineuse, du prix du pétrole est, à mon sens, préoccupante. Entre 1995 et 2008, en EUROS le prix du baril est passé plus ou moins de 25 à 10 euros puis de 10 à 90 euros. Qu’arriverait-il si dans les prochaines années il passait à 200 ou 300 euros ???

La question parait aussi stupide aujourd'hui que si j'avais demandé, quand le prix était de 10 euros, ce qu'il adviendrait s'il montait à 80 ou 90 euros.
L'Occident, le Japon, la Chine, les Indes feraient-ils la guerre aux pays producteurs ???

Certainement pas !!!


Le plus étonnant est que tout le monde parle des espoirs, très  petits et  fort lointains, que l'on fonde sur les énergies renouvelables, mais aucune  voix ne s'élève pour encourager la diminution de la consommation.

Certes des efforts sont faits dans l'industrie automobile  pour promouvoir  l'électrique  et pour fabriquer des voitures moins goulues.

Mais combien d'énergie pourrait être économisée si, aux Etats-Unis en premier lieu, mais pas seulement, des campagnes étaient menées pour encourager la suppression de tant d'éclairage inutile et dispendieux.


Si chacun d’entre nous prenait l'habitude d'éteindre l'électricité en quittant une pièce, de ne pas laisser en permanence nos appareils de TV, magnétoscopes et autres,  inutilement  en veille au lieu de les éteindre tout à fait etc. etc
Posté par Serge Fradkoff, le 02/07/08 dans Energie - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Luc Ferry
 
Président délégué du Conseil d'Analyse de la Société, Luc Ferry est intervenu, mercredi 1er juillet, sur le thème : « La France de demain doit se réfléchir aujourd’hui ».  
  En savoir plus...

 

 
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