La tragique "crise du riz" illustre exactement la nécessité d'agir sur le
court terme,
le moyen terme mais également - et surtout ! - sur le long terme : patron de
l'Adrao(*), Papa
Abdoulaye
Seck a déclaré que "Dépendre
autant du riz importé constitue la recette du désastre pour ce continent"..."Si
les gouvernements ne prennent pas immédiatement des mesures fortes, alors le
démarrage économique que l'on connait actuellement dans de nombreuses parties
de l'Afrique va s'évaporer. Nous avons besoin de solutions à court et long
terme pour dynamiser la production locale de riz".
La crise du riz pourrait paradoxalement devenir, à terme, une chance pour
l'Afrique : "Nous
avons en Afrique, au Sud du Sahara, 130 millions d'hectares de bas fonds
dont 3,9 millions seulement sont en culture"...."Pour éviter
d'être otage des cours mondiaux, il n'y a pas de secret, on construit une agriculture
compétitive et durable grâce à une combinaison intelligente de trois facteurs:
technologies performantes, infrastructure de base et environnement assaini.
Oui c'est possible d'inverser les tendances mais à moyen terme" a conclu
M. Seck.
(*) l'Adrao a créé une variété de riz très résistante.
Baptisée
Nerica. Non OGM, issu d’un croisement
(classique) entre un riz asiatique et
une variété locale.
Posté par : Déborah Secretin le mai 23, 2008 1:07 PM
Il est une réponse, partielle, sans doute, mais intéressante qui serait d'utiliser le "moteur économique" qu'est le capitalisme pour équiper un "véhicule social" qui le soit un peu plus.
J'apprécie toujours autant la comparaison entre l'Automobile et l'Economie moderne.
Sans moteur, une voiture ne sert qu'à peu de choses, c'est comme çà !
Sans le capitalisme l'économie sociale a du mal a progresser, c'est comme ça !
A quoi servirait un moteur seul sans voiture ? A peu de choses sauf pour les amateurs de moteurs et les marchands d'essence.
A quoi servirait le capitalisme seul sans une véritable économie sociale ? A peu de choses sauf pour quelques aventuriers rêvant d'être les maîtres du monde et les marchands de la finance.
Mais,
une voiture sans pilote et sans vision, où donc pourrait-elle bien aller ?
une économie sans pilote et sans vision, à qui donc pourrait-elle servir ?
En économie comme en voiture, il est toujours dangereux d'être trop myope et cela d'autant plus que la vitesse de progression que l'on recherche est forte .
Penser et agir à court-terme, c'est souffrir de myopie et, au volant d'une voiture comme de celle d'une économie, cela peut être très dangereux ...
Un homme de bien et de pensée, Muhammad Yunus , a reçu le prix Nobel pour avoir imaginé équiper de moteurs capitaliste, des véhicules sociaux dont les pilotes ne s'intéresseraient pas seulement à leurs moteurs mais plutôt à l'attente et aux besoins de leurs passagers pour les faire avancer sur les chemins qui vont de la pauvreté totale à la simple dignité.
p>Il appelle cela le " social business " et il appuie ce système sur le micro-crédit. C'est aussi la voie que propose Monsieur Jacques Attali ...
Posté par : Henri-Paul Soulodre le mai 26, 2008 7:50 PM
1) Il est vain d'opposer performance
boursière et perfornance globale de l'entreprise (pour ses employes, sa perennité, sa capacité d'attirer des talents...). De nombreaux papiers
d'universitaires économistes ont prouvé cette corrélation.
2) Il est exact que beaucoup de CEO
(le plus souvent européens) ont malheureusement une méconnaissance
manifeste de la réalité actionnariale de leur entreprise.
Ce ne sont pas les actionnaires les
plus vocaux qui sont le plus important. Du reste, il est vital pour le
management de passer moins de temps avec les analystes et actionnaires pour
se focaliser sur les "intrinic investors" ceux qui bougent le
cours de l'action.
Ces derniers sont sensibles à la performance de l'entreprise à long terme, à sa performance, à ses perspectives à long terme. Bref ils ont une logique patrimoniale de leur entreprise et attendent du management qu'il se proccupe du management de l'entreprise...
L'analogie est juste : regarder constamment son cours de bourse ne sert à rien. Comprendre par contre les messages manageriaux que cela vous donne est important. Je dis souvent à mes clients : "you don't win a ball game by staring constantly at the score board... you win it by blocking and tackling".
Il est vrai que seules les entreprises (le plus souvent américaines) qui pratiquent ces approches suppose un degré de sophistication de la fonction Investor Relation qui va au delà de l'anecdote
et des propos que leurs banquiers leur racontent à propos de leurs investisseurs.
Sur ce point je suggère un récent article publié, au printemps 2008, dans McK on Finance n° 27 et intitulé "Perspectives on Corporate Finance and Strategy".
Posté par : Jean-Hugues Monnier le mai 27, 2008 3:17 PM