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La tectonique des plaques, nouvelle version |
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117 députés, de droite comme de gauche, ont manifesté à l’Assemblée nationale pour réclamer le maintien du système actuel d’immatriculation des véhicules qui doit changer au 1er janvier 2009 et être remplacé par le système européen (en vigueur depuis déjà 2 ans en Italie conformément à une directive européenne). Les numéros des départements disparaîtront et c’est ce qui motive la grogne de nos élus.
Cette « révolte » peut être qualifiée, au choix, d’anodine, de puérile ou d’insignifiante mais à l’heure où le Parlement est face à des changements profonds qui concernent les institutions, la vie sociale et l’activité économique et alors que le pays risque d’être paralysé à cause de la hausse des prix des carburants, cette manifestation d’un nombre non négligeable de représentants du Peuple est une parfaite illustration du conservatisme gaulois. A moins que ce ne soit un exercice de défoulement collectif mais les 117 n’ont pas fait particulièrement preuve d’humour. Que se serait-il passé si le Président de la République avait avalisé la suppression des départements, demandée par le rapport Attali ! ? Ou, pire encore, le non-cumul des mandats ? Pourtant ces deux réformes seraient des étapes essentielles dans la modernisation de la vie politique. Le Parlement et l’Exécutif se « frottent » de plus en plus. A quand le séisme majeur ?
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La libération de la Croissance |
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Président de la Commission pour la libération de la croissance mise en place par Nicolas Sarkozy le 30 août 2007, Jacques Attali est intervienu, mercredi 11 juin, sur le thème : « Les conclusions de la Commission et les conditions de leur mise en oeuvre ». Aujourd’hui, les mécaniques gouvernementales et parlementaires sont en marche. La période est cruciale. Jacques Attali tentera un diagnostic du processus de réforme en France, en partant de ce qui lui semblera acquis à la fin du printemps.
Professeur, écrivain, conseiller d'Etat honoraire, conseiller spécial auprès de François Mitterand de 1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à Londres de 1991 à 1993, Jacques Attali (www.attali.com) est maintenant président de A&A, société internationale de conseils, (www.aeta.net) spécialisée dans les nouvelles technologies, basée à Paris, et président de PlaNet Finance (www.planetfinance.org), Organisation de Solidarité Internationale spécialisée dans le développement de la microfinance. En 1980, il fonde Action Contre la Faim et lance, en 1984, le programme européen Eurêka (vaste programme sur les nouvelles technologies qui a donné naissance, entre autres, au MP3). En 1989, il lance un programme international d'action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh. Jacques Attali a ensuite conseillé le Secrétaire Général des Nations Unies sur les risques de prolifération nucléaire. Il est à l’origine de la réforme de l’enseignement supérieure d’harmonisation des diplômes européens, dite LMD. Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique, (major de la promotion 1963), de l'Ecole des Mines, de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration.Il a enseigné l'économie théorique à l'Ecole Polytechnique, à l'École des Ponts et Chaussées et à l'Université Paris-Dauphine. Il est docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères et membre de l’Académie Universelle des Cultures. Jacques Attali est également éditorialiste à L'Express. Il est l'auteur de quarante quatre livres, traduits dans plus de vingt langues et diffusés à plus de six millions d'exemplaires à travers le monde, comprenant des essais (sur des sujets allant de l'économie mathématique à la musique), des biographies, romans, des contes pour enfants, des biographies et des pièces de théâtre. Jacques Attali a été nommé Président de la Commission pour la libération de la croissance française par le Président de la République depuis le 30 août 2007. Selon le Magazine Foreign Policy (Mai/Juin 2008), il est l’"un des cents intellectuels les plus importants du monde". Quelques Essais : Analyse économique de la vie politique, PUF, 1973. Modèles politiques, PUF, 1974. L'Anti-économique (avec Marc Guillaume), PUF, 1975. La Nouvelle Économique française, Flammarion, 1978. Les Trois Mondes, Fayard, 1981. Histoires du Temps, Fayard, 1982. Au propre et au figuré, Fayard, 1988. Contes pour enfants : Manuel, L'enfant-réve (ill. par Philippe Druillet), Stock, 1995. Mémoires : Verbatim I, Fayard, 1993. Europe(s), Fayard, 1994. Verbatim II, Fayard, 1995. Verbatim III, Favard, 1995.
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Rumeurs d’avant guerre |
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Les signes s’accumulent d’une prochaine attaque américaine sur l’Iran. Le passage à l’acte aurait de telles conséquences que l’on préfère croire à une intox destinée à effrayer Amadinedjad et ses amis. Voici, en tout cas, quelques uns des signes observables :
- 500 millions de dollars ont été officieusement budgétés pour des « opérations spéciales » en territoire iranien. Cela pourrait être le premier échelon d’une escalade programmée ; - La réserve stratégique de pétrole (Strategic Petroleum Reserve) a été portée à un niveau inhabituel. En temps ordinaires, les stocks ne dépassent pas six mois de consommation et il est fréquent, lorsque les prix s’emballent, que des ventes soient effectuées pour peser sur les cours. Pendant plusieurs semaines, l’inverse s’est produit. Malgré les prix élevés, les achats se sont poursuivis. L’équivalent d’au moins sept mois de consommation est actuellement stocké; - Le Vice Président Dick Cheney a tenu des propos belliqueux au cours de son récent voyage au Moyen Orient. Il a même irrité le gouvernement turc en demandant un droit de survol pour les bombardiers lourds américains « au cas où » ; - L’Amiral William Fallon, chef du Central Command (qui regroupe, outre l’Afghanistan, l’Iran et l’Irak, toutes les régions allant du Sud-est asiatique au Moyen Orient) a été poussé à la démission et remplacé par le Général David Petraeus. Ce dernier a la réputation d’être « Eager to Please » alors que son prédécesseur n’hésitait pas à critiquer les postures belliqueuses ; - De nouveaux rapports de la CIA font état d’un « accroissement » de l’aide apportée par l’Iran aux mouvements chiites combattant les troupes américaines. Cette aide, quand aide il y a, est acheminée en Irak par des « pasdaran », c'est-à-dire des « Gardiens de la Révolution islamique ». Comme leur mouvement a été labellisé « organisation terroriste » par l’Administration américaine, son implication en Irak pourrait servir de justification à un « droit de suite » prenant la forme de frappes américaines sur des bases de pasdaran situées en Iran. Cela constituerait, après quelques « opérations spéciales », un deuxième échelon d’une escalade conduisant à une « Global Strike » sur l’Iran … … et à un bouleversement des données géostratégiques, économiques et passionnelles du monde entier. Par des Correspondants à Washington et dans les pays du Golfe
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Microsoft et le complexe Internet |
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Microsoft a toujours eu un complexe vis-à-vis d’Internet. De supériorité d’abord en pensant ni plus ni moins créer un réseau concurrent (MSN) totalement propriétaire. Jusqu’à ce que Bill Gates décide, en 1996, de prendre le virage en intégrant Internet dans tous ses produits.
Depuis, Microsoft semble subir un complexe d’infériorité. Depuis 12 ans, il cherche à devenir le leader d’Internet et n’y parvient pas. MSN est devenu un portail Internet particulièrement prisé par les adolescents du monde entier pour ses fonctions de messagerie instantanée. Mais rien n’y fait : il reste en 3ème position derrière Yahoo! et l’indétrônable Google.
D’où l’idée, (pour l’instant ?) abandonnée, de racheter Yahoo! afin de cumuler les audiences et de passer en tête. Sauf qu’en 12 ans, les start-up sont devenues hors de prix. Au point de se demander si mettre près de 50 Milliards de dollars dans un portail qui ressemble furieusement à une – belle - coquille vide est bien raisonnable. D’autant que quelques signes semblent montrer que l’avenir de l’Internet ne passera pas nécessairement par des sites portail (le chiffre d’affaire de Google généré par les recettes publicitaires est par exemple en baisse pour la première fois de sa courte histoire). Qui sera le leader d’Internet dans les prochaines années et avec quel service ? C’est peut-être "La question" que devrait se poser Microsoft. Sans complexe.
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Court et long terme des entreprises |
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La vie des entreprises traverse une mue significative tant elle est désormais influencée par les fonds d’investissements anciens (Pensions Funds, Mutual Funds, …) et nouveaux (innombrables fonds qui se sont créés au cours de ces dernières années en raison de l’afflux de liquidités, fonds souverains …). Les managers, de plus en plus soumis à ces actionnaires inédits et prédominants se focalisent sur le serrage de boulons et la profitabilité à court terme. Certains dirigeants d’entreprises du CAC 40 ont toute la journée les yeux fixés sur un écran qui leur donne l’écume de leur cours de bourse.
Les opérations financières susceptibles de donner de plus belles couleurs à leurs titres (rachat d’actions, effets d’annonce, etc.) deviennent coutumières. La sphère financière, que plus personne ne contrôle réellement, s’emballe périodiquement au rythme de bulles et de crises de plus en plus fréquentes. Celle des subprimes n’est probablement pas la dernière. Parallèlement de nouvelles préoccupations apparaissent au travers de vagues d’intelligence collective, la plus structurante étant, bien entendu, la déferlante écologique et climatique. Les recherches de terrain, menées notamment par Alain de Vulpian, indiquent aussi un changement d’orientation de certaines entreprises vers une gouvernance plus participative et vivante, utilisant mieux les énergies latentes. Enfin, le besoin d’une moralisation du libéralisme économique, formidable moyen qui ne peut s’affranchir de garde-fous, se fait sentir un peu partout dans le monde avec un sursaut moral à l’encontre des enrichissements indus et des écarts de connaissance et de richesse. Rien de nouveau sous le soleil si l’on se souvient que l’Eglise, avec le recul d’un siècle de pensée sociale, reconnaît le profit à condition qu’il soit la récompense d’un service rendu aux travailleurs ainsi qu’à la communauté dont l’entreprise satisfait les besoins. L’Ancien Testament, se démarquant de l’Egypte ancienne, nous dit également que si la volonté de Dieu permet aux hommes d’asservir la nature, c’est à condition de ne pas traiter leurs semblables comme de simples outils, comme des esclaves. Chaque être humain doit pouvoir acquérir tout le savoir dont il est capable, sans domaine réservé à des élites. Bref, responsabilité et dignité sont les compagnons plus ou moins virtuels de l’Homme depuis près de trois millénaires. Aujourd’hui, on oublie trop souvent que, derrière les objectifs économiques et financiers des entreprises, il y a des êtres humains avec leurs ambitions, leurs rêves et leurs problèmes. Comment donc faire en sorte qu’un capitalisme plus humain et une gouvernance plus avisée se mettent en place par confrontation positive des forces et des impératifs en présence ? La réponse est simple : il faut impérativement changer d’horizon et passer du court au long terme. C’est à cette condition que la Recherche-développement et l’innovation, essentielles au développement des affaires, retrouveront leurs lettres de noblesse ; que l’on pourra réserver des espaces de liberté au talent et à l’imagination, alimenter la réflexion sur des pilotages plus subtils, créer de la flexibilité et du ressort collectif. Le Club des Vigilants est prêt à ouvrir un chantier sur ce thème. N’hésitez pas à nous rejoindre si vous partagez, au moins partiellement, ce schéma de pensée et aidez-nous à faire en sorte qu’un jour les personnes morales que sont les entreprises méritent davantage ce titre.
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Caisses vides et porte-monnaie plats |
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Quand les économistes parlent de l’endettement d’un pays, ils font toujours référence à l’endettement de l’Etat et ignorent superbement l’endettement des particuliers. Or quels sont, parmi les grands pays européens, ceux qui, actuellement, résistent le mieux à la crise ?
N°1 l’Allemagne, N°2 la France. Et quels sont les pays qui souffrent le plus ? N°1 l’Espagne, N°2 l’Angleterre. Ce n’est peut-être pas un hasard si, dans ces deux pays, les ménages sont endettés à hauteur de 120 ou 130 % de leurs revenus annuels disponibles. Soit plus du double qu’en Allemagne et en France. Des porte-monnaie plats peuvent être plus dangereux que des caisses vides.
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Liquidités en embuscade |
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Il ne fallait pas être sorcier pour savoir qu’une crise en Amérique serait plus dangereuse pour le monde qu’une crise dans un petit pays. Il ne fallait pas non plus être sorcier pour savoir que la spéculation immobilière, alimentée par un endettement excessif, finirait par une bulle et que cette bulle finirait par éclater. Le tout était de savoir quand. Ceux qui ont vu juste trop tôt ont perdu l’occasion de gagner de l’argent. Mais que pensent-ils maintenant ?
Pour simplifier, comparons les produits dérivés complexes à des cageots de fruits. Dans ces cageots, des petits malins avaient placé quelques poires pourries et des gros naïfs avaient acheté les cageots sans être trop regardants. Un jour la panique vint. Tous les cageots, d’un coup, sont devenus suspects. Personne ne voulait plus acheter. Il n’empêche qu’il y a encore de bons fruits. Tôt ou tard, le « marché » estimera que le prix de certains cageots a trop baissé et que c’est le moment pour se remettre à acheter. Resteront à la traîne et à la charge des contribuables les cageots les plus « immangeables ». Il faudra du temps pour les réintroduire dans le circuit. Les pertes accumulées seront considérables mais le capitalisme en a vu d’autres. Des liquidités sont en embuscade. Le bout du tunnel n’est pas proche mais, sauf évènement géopolitique grave, on peut parier qu’il est en vue.
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Des Flamands vénitiens |
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Silvio Berlusconi a gagné les élections législatives italiennes. Ce n’est pas une surprise bien que la victoire ait été plus large que prévue. La vraie surprise vient d’une formation régionaliste qui fait partie de sa coalition : la Ligue du Nord. Menée par le "Senatur" Umberto Bossi, la Ligue obtient trois millions de voix (le double de son score de 2001) et sera représentée par 60 députés et 26 sénateurs. Avec quel programme ?
D’abord faire en sorte que les gens du Nord cessent de payer pour ceux du Sud. A sa naissance, la Ligue ne recrutait que les éléments les plus droitiers des classes moyennes. Maintenant, beaucoup d’ouvriers ont rejoint les rangs. Comme si une grande partie des électeurs nordistes considéraient leurs compatriotes sudistes comme des sortes d’immigrés. Et, constat aggravant, ces régionalistes ne croient pas que l’Union européenne puisse servir de lien. Berlusconi n’a jamais été un "fan" de l’Europe. Avec Bossi comme numéro 2, ce sera pire !
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La prétendue double peine |
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L’institution judiciaire s’est toujours méfiée des autorités administratives ayant un pouvoir de sanction comme l’A.M.F. (Autorité des Marchés Financiers) et la Commission de la Concurrence. Ainsi, de nombreuses sanctions de la COB (Commission des Opérations de Bourse) ont été cassées en appel, d’ailleurs souvent pour de bonnes raisons : le « contradictoire » (par lequel tout mis en cause a droit à une procédure transparente qui lui permet, dès le début, de se défendre face à un système qui instruit ni à charge, ni à décharge) n’était pas toujours respecté.
La COB sur le tard puis l’A.M.F y ont mis bon ordre et les décisions sont désormais le plus souvent confirmées par les cours d’appel. Reste qu’en théorie le justiciable de l’A.M.F. encourt un risque de double peine, le procureur pouvant d’autant plus déclencher une procédure judiciaire que le secrétaire général de l’A.M.F. lui adresse copie de son dossier.
Le rapport Coulon, du nom de l’ancien Premier Président de la cour d’appel, remis récemment à la garde des Sceaux, stigmatise ce danger. Qu’en est-il en réalité ? Dans la plupart des cas, le juge d’instruction saisi par le procureur s’en remet aux conclusions de l’A.M.F. Et, dans les rares dossiers où tel n’est pas le cas, le montant de la sanction de l’A.M.F. peut s’imputer et s’impute, en réalité, sur le contenu financier de la décision judiciaire.
Bref, la pratique de la double peine paraît sagement encadrée.
Tirer prétexte de cette locution fortement connotée pour faire rentrer dans le rang une A.M.F. réduite à la portion congrue serait, une fois de plus, céder à ce penchant français qui consiste à faire battre le pendule jusqu’à son extrémité plutôt que d’en saisir le point moyen.
Que les services d’enquête de l’A.M.F, plus étoffés et professionnels que ceux des tribunaux, soient mis à leur disposition, que les deux procédures se conjuguent plus étroitement, voilà ce que l’on peut souhaiter. Aller plus loin ferait de la France l’un des rares pays développés à ne bénéficier que d’une régulation des marchés financiers au rabais à une époque où ces marchés financiers n’ont jamais tant mérités d’être régulés.
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Bienvenue chez les pessimistes |
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L’optimisme était une vertu américaine : demain, par définition, devait être meilleur qu’aujourd’hui. Depuis 2003, l’impression se répand que le pays est « on the wrong track ». Selon un sondage effectué annuellement par le New York Times et CBS, ils étaient à l’époque 35 % à le penser ; en 2007, ils étaient déjà 69 % ; aux dernières nouvelles, ils sont 81 % !
Même en France et en Italie, lanternes rouges de l’Europe, le sentiment que « les choses ont tendance à aller plus mal » a rarement dépassé les 80 %. En Europe, la moyenne semble être aujourd’hui de l’ordre des deux tiers. C’est sans doute la première fois que le vent mauvais souffle d’Ouest en Est plutôt que l’inverse.
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La guerre des Trois n’aura pas lieu |
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« Quel est, aujourd’hui, le pays leader de l’Europe ? ». A cette question, les deux tiers des Américains répondent l’Angleterre et les deux tiers des Européens répondent l’Allemagne. La France vient en troisième position. Les autres sont loin derrière.
Ce sondage, effectué par Harris Interactive pour le compte de l’International Herald Tribune et de France 24, n’apporte rien de surprenant mais met en relief des évidences qu’il serait stupide d’oublier : - Les Anglais jouissent d’une suprématie linguistique. L’Europe ne pourra avoir une ambition mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Anglais. - Les Allemands jouissent d’une suprématie économique. L’Europe ne pourra avoir de politique mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Allemands. - Les Français jouissent d’un « je ne sais quoi » qui tient à leur identité, à leur Histoire, à leur quête d’équilibre entre les contraintes du présent et valeurs de l’avenir. L’Europe ne pourra pas avoir de vocation mondiale qui soit contraire à ce que veulent les Français. En un mot, il ne peut y avoir d’Europe authentique et efficace sans accord entre Allemands, Anglais et Français. Accord qui, allant au-delà des mots, réconcilie les arrières pensées, tienne compte des traditions, efface les préjugés. On en est loin. Hubert Védrine, dans "Géopolitique et volonté", montre comment, de son point de vue, il faudrait progresser. C’est une étape.
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Carrefour, un bouc émissaire temporaire |
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Au-delà des manifestations contre Carrefour, les conséquences sociales d’un ralentissement de l’expansion économique inquiète les autorités chinoises qui considèrent que le pays doit créer dix millions d’emplois nouveaux par an pour répondre à l’augmentation constante de la population urbaine.
Or, pendant les cinq dernières années, chaque point de croissance du PIB a entraîné une création de l’ordre de 850 000 emplois nouveaux. Dès lors, une croissance inférieure à 11% pèse sur le chômage et une croissance de 8% est qualifiée de récession. Alors qu’un ralentissement sensible était attendu pour le premier trimestre, l’économie chinoise a encore étonné. Elle a bondi de 10,6% pendant cette période. Certes, cette performance est en retrait par rapport au chiffre – récemment révisé à la hausse – de 11,9% d’augmentation du PIB pour l’année 2007, mais encore bien supérieure au taux de croissance de 9,3% prévu par le FMI pour l’année en cours.
Cependant, le problème le plus urgent pour les autorités chinoises demeure le contrôle de l’inflation qui s’est maintenue à 8,3% en mars après une poussée à 8,7% le mois précédent. Les manifestations anti-françaises accommodent le pouvoir central car elles détournent les préoccupations de l’opinion publique de l’augmentation des prix des carburants ainsi que de la chute de la bourse de Shanghai de 50% depuis octobre dernier. Si la réalité économique devait s’aggraver, il est peu probable que la paix sociale puisse se satisfaire longtemps de ce genre de pansements, même de Carrefour.
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Les nanotechnologies |
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Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Le monde des nanotechnologies ».
Une nouvelle révolution technologique est, selon lui, en marche. Elle peut permettre à nos sociétés de résoudre beaucoup de leurs problèmes actuels mais en créera sans doute d'autres. Né en 1941, Jean Pierre Dupuy est un ancien élève de l'Ecole Polytechnique (promotion 1960) et de l'Ecole Nationale Supérieure des mines de Paris (promotion 1963). Ingénieur général des mines, il est membre du Conseil Général des Mines et de l'Académie des Technologies.
Directeur de recherche au CNRS, il participe à divers comités scientifiques et/ou éthiques. Il est ainsi membre du Comité d'Éthique et de Précaution de l'INRA, du Conseil Scientifique du Center for Integrative Research ou encore du CSLI (Center for the Study of Language and Information), tous les deux à l'Université Stanford aux Etats-Unis.
Passionné par la recherche, Jean Pierre Dupuy ne cesse d'explorer de nouvelles voies. Cofondateur du CEREBE (Centre de Recherche sur le Bien-être, CNRS) qu'il dirige de 1972 à 1976, il fonde, en 1982, le CREA (Centre de Recherche en Epistémologie Appliquée) de l'Ecole Polytechnique et, en 2000, le GRISE (Groupe de Recherche et d'Intervention sur la Science et l'Éthique). Fortement inspiré des travaux de la pensée complexe, dans sa critique de la rationalité, Jean Pierre Dupuy participe activement aux débats sur le risque, le principe de précaution, l’écologie. Auteur fécond, Jean Pierre Dupuy a notamment publié Ordres et désordres (Seuil, 1982,1990), Le libéralisme aux prises avec la justice sociale (Calmann-Lévy 1992 ; Hachette, 1997), Aux origines des sciences cognitives (La découverte, 1994 ; 1999) et plus récemment Pour un catastrophisme éclairé (Seuil, 2002) ou Avions-nous oublié le mal ? Penser la politique après le 11 septembre (Bayard, 2002).
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