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Le 29 février 2008
Le goût d’entreprendre

080229-Entrepreneur.jpgBill Gates, qui a créé son entreprise à l’âge de 20 ans, va prendre sa retraite. Il a 52 ans. 95 % de sa colossale fortune - 59 milliards de dollars (Forbes, septembre 2007) ! – vont à sa fondation de lutte contre le sida. Il s’est gardé, pour sa part, 5 % et va léguer 50 millions à ses enfants. Suffisamment  pour qu’ils puissent réaliser tout ce qu’ils veulent faire, mais pas assez pour ne rien faire.

En cela, il marche sur les pas de Warren Buffet pour qui le capitalisme d’héritiers est le plus sûr fossoyeur du goût d’entreprendre. La capacité de ses entrepreneurs à rebattre les cartes patrimoniales et à favoriser la création au détriment de la rente constitue, sans aucun doute, la grande force de l’Amérique.
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/02/08 dans Entreprises - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 février 2008
NTIC hypertrophiées... neurones atrophiés
080225-Neurones.jpgPlus on est jeune, moins on mémorise... Tel est le constat accablant des résultats d'une étude portant sur la capacité de différentes classes d'âge à mémoriser des informations diverses, numéros de téléphone, etc..., publiée dans Wired.

En cause ? L'informatique envahissante qui nous sert d'assistant permanent. On ne prend plus la peine de connaître l'orthographe d’un mot ou la grammaire puisque les correcteurs orthographiques (souvent peu au point, pourtant) le font à notre place. On ne mémorise plus les numéros de téléphone, les mobiles et autres assistants numériques le font pour nous. On ne sait plus lire les cartes routières et, plus grave encore, se repérer dans l'espace : les GPS s’en chargent. Enfin Google ou la Wikipédia fournissent le reste des connaissances utiles (ou inutiles) à chacun...

Or, la mémoire et l’intelligence se construisent et s’entretiennent. Récemment encore, on pensait que notre patrimoine "neuronal" était limité et qu’il tendait à diminuer avec l’âge. Depuis, les avancées de l’imagerie cérébrale, de la physiologie et de la biologie modernes mais aussi des sciences cognitives ont montré qu’il n’en était rien. Selon les spécialistes des neurosciences, les neurones, ou plus précisément les interconnexions neuronales, se régénèrent à condition... que le cerveau soit stimulé, sollicité. En un mot, qu’il soit utilisé. Pour preuve, notre cerveau est plus gros que celui de nos ancêtres. Chaque siècle ayant apporté son lot d’interconnexions neuronales nouvelles et ajouté une couche d’épaisseur au cortex.

Sachant que si le squelette de l’être humain avait, proportionnellement, grandi autant que le cerveau, on mesurerait trois mètres en moyenne de nos jours, il est, dès lors, à craindre que l'hypertrophie des NTIC - ces "prothèses cérébrales" dont l’homme moderne se gave, ne mène, à terme, à l’atrophie du cerveau.
 
Posté par Bruno Kerouanton, le 25/02/08 dans Société - Technologie | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 février 2008
Vers une nouvelle pensée économique
080222-Penseur.jpgLes théories économiques évoluent en fonction des réalités et les réalités les plus prégnantes viennent des pays les plus puissants. Le fait que de plus en plus d’Américains mettent en doute les bienfaits de la mondialisation va faire réfléchir les économistes. C’est le signe précurseur d’une évolution de la pensée dominante.

En 2002, 78 % des Américains pensaient que les Etats-Unis bénéficiaient du libre-échange. En 2007, le pourcentage était de 59 % et, si l’on en juge par la tonalité des débats électoraux actuels, il est sans doute inférieur à 50 % aujourd’hui. D’où le risque d’un retour au protectionnisme et la nécessité d’un ajustement, c’est-à-dire d’un dérapage contrôlé pour éviter la sortie de route. 

La mondialisation, il ne faut pas l’oublier, a sorti de la misère des centaines de millions de gens et a contribué à la croissance dans les pays développés. Le drame est que dans ces pays « riches » il y a de plus en plus de pauvres.  

Les perdants ne sont plus seulement les chômeurs ni même les ouvriers de l’industrie mais tous ceux qui doivent se contenter de bas salaires parce que leur activité pourrait être externalisée. La classe moyenne toute entière est tirée vers le bas. 

Améliorer la formation professionnelle et encourager financièrement la mobilité est unanimement jugé nécessaire mais de plus en plus considéré comme insuffisant. Des économistes américains se mettent à rechercher la légitimation théorique d’un protectionnisme modéré. Certains font ainsi appel à des notions voisines de celle de subsidiarité dont on se sert généralement pour justifier la répartition des responsabilités entre différents échelons institutionnels ou territoriaux.  

Le principe est simple : ce qui peut être réalisé efficacement dans la proximité ne doit pas être traité au loin. Dans la pratique économique, cela peut mener à quelques conclusions.

Exemples : 

-          Les cultures vivrières en Afrique (et autres régions où l’afflux dans les mégalopoles a des effets désastreux) ne devraient pas être sacrifiées sur l’autel de la libération des échanges agricoles. Concrètement, cela se traduirait par une réhabilitation limitée de la technique des quotas. Il en irait de même pour certaines activités industrielles ou artisanales dont la valeur est localement appréciée dans certains pays riches.  

-          Quelques entreprises, considérées comme stratégiques, ne pourraient pas tomber entièrement dans des mains étrangères. Concrètement, cela signifierait l’extension de la pratique des « golden shares » 

De telles entorses au libéralisme seraient conçues comme une sauvegarde de ce que le libéralisme comporte d’essentiel. Elles se présenteraient comme un mode d’emploi pour ne pas glisser sur le funeste toboggan qui conduit du protectionnisme au nationalisme et du nationalisme à la peur des autres, c'est-à-dire au racisme et à la guerre.

Posté par Marc Ullmann, le 22/02/08 dans Economie - Mondialisation - Pauvreté | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 février 2008
Géopolitique et volonté
Vedrine.jpgAncien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin (1997-2002), Hubert Védrine estime que l’Occident a perdu le monopole de l’Histoire. Il est intervenu, mercredi 13 février, sur le thème : « Géopolitique et volonté ». Ou comment tirer parti des transformations en cours ? Comment agir plutôt que subir ?

Diplômé de Sciences Politiques, licencié en histoire et énarque, Hubert Védrine a occupé des fonctions au ministère de la culture et de l’équipement, de 1974 à 1979, puis, de 1979 à 1981, au ministère des Affaires étrangères. 

Dès l’élection de Mitterrand, en 1981, il est appelé à l’Elysée comme conseiller diplomatique. En 1988, après la réélection de Mitterrand, il est nommé porte parole de la Présidence de la République et conseiller pour les affaires stratégiques. En 1991, il devient Secrétaire général de l’Elysée.  

En 1996, il rejoint, en tant qu’associé, le cabinet d’avocats Jeantet et Associés. Mais, dès 1997, il est appelé par Jospin qui le nomme ministre des Affaires étrangères. Poste qu’il occupera jusqu’à la réélection de Chirac en 2002. 

En 2003, il crée Hubert Védrine Conseil dont l’objet est de fournir, notamment à des entreprises ou à des organismes économiques, des analyses stratégiques et géopolitiques sur l'évolution du monde : rapports de force, scénarii de crise, changements de régime ou d'orientation politiques, interactions, étude des contextes présents et à venir. Ses analyses ont pour but de réduire l'incertitude et les risques inhérents à de grandes décisions ou à de grands investissements. Analyses qu’il accompagne de conseils ou de propositions sur l'attitude à adopter face à des problèmes internationaux ou à des négociations. 

Hubert Védrine a publié de nombreux ouvrages dont Les Mondes de François Mitterrand (Fayard, 1996) sur la politique étrangère conduite par ce dernier de 1981 à 1995, un livre d’entretiens avec Dominique Moïsi Les Cartes de la France à l’heure de la  mondialisation (Fayard, 2000), avec Alain Dorset Supplément au voyage en Onusie (Fayard, 2003), un recueil de textes et d’articles Face à l'Hyperpuissance (Fayard, 2003) et enfin Continuer l’Histoire (Fayard, 2007).

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 18/02/08 dans L'invité du mois | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 14 février 2008
Contradictions européennes
080214-UE-27.jpgNotre président de la République , que cela soit vrai ou faux , nous a affirmé qu'il avait été le moteur principal du traité de Lisbonne ;  j'observe que les présidents successifs ont fait deux erreurs :

La première, quand Jacques Chirac, se fondant sur les sondages, a décidé de demander par référendum aux Français leur point de vue sur le traité de Constitution. Il espérait transformer l'essai en plébiscite ; à l'évidence l'on posait une excellente question à 30 millions de Français tout à fait incapables de juger sainement et d'avoir une opinion éclairée.

La deuxième, quand Nicolas Sarkozy, craignant, s'il demandait aux Français de voter à nouveau, d'obtenir la même réponse, en passant par les sénateurs et les députés, a bafoué la décision du peuple qui s'était prononcé.

J'observe que les votes ont eu lieu en catimini, que les médias en ont très très peu parlé, et que comme beaucoup je suis bien en peine de trouver le texte que le parlement a approuvé.

500 millions d'européens dépendent maintenant du vote des Irlandais, citoyens d'un pays peuplé d'environ 4. 500. 000 habitants donc peut être 3 millions de votants !!!!!

Mon propos en réalité est le suivant : Sarkozy devait-il être un activiste du Traité de Lisbonne alors que simultanément :

1° Le déficit public devait selon les règles de l'union Européenne être ramené à zéro en 2010.
Il est en % LE PLUS ÉLEVÉ  de la zone euro et Sarkozy a  unilatéralement décidé de reporter le retour à l'équilibre à 2012 (cela sera  d'ailleurs à voir).

2° La France, à  très juste titre, se plaint de l'attitude de Trichet mais ces plaintes ne peuvent être formulées car contraires  à l'indépendance totale de la BCE, indépendance garantie par les Traités.

3° Que dire de la manière cavalière, juridiquement indéfendable, qu'adopte la France quand il s'agit de défendre ses pêcheurs ?
Posté par Serge Fradkoff, le 14/02/08 dans Europe - France - Politique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 février 2008
Grand Paris
080211-GrandParis.jpgLe projet du « Grand Paris » est maintenant d’actualité. C’est un immense projet qui engloberait le Paris actuel et 78 communes avoisinantes. Cette zone regrouperait près de la moitié de la population de l’Ile de France et plus de la moitié de ses emplois.

On comprend que le président de la République, le maire de Paris et le président de Région aient chacun quelques idées derrière la tête. Il semble donc utile de rappeler ici quelques données essentielles telles que les avaient énoncées Benoît Peaucelle, vice Président de la Société Française des Architectes, à l’occasion d’un débat qu’il avait introduit au Club des Vigilants le 24 avril 2007.

L’intervention de M. Peaucelle a été résumée dans un dossier intitulé "Urbanisme et crise des banlieues", réalisé en collaboration avec Meriem Sidhoum Delahaye, publié dans le numéro 52 de Vigilances, daté de mai 2007.  Nous nous contenterons ici de quelques extraits.

« La banlieue est, historiquement en France, l’endroit où l’on était mis au ban, à une lieue de la ville … Aujourd’hui, la réalité rejoint le sens étymologique du terme … la plupart des banlieues apparaissent, aux yeux de leurs habitants, surtout les plus jeunes, comme des lieux de bannissement »…  

« Vivre à Bobigny ou à La Courneuve n’est pas habiter Paris. En Angleterre ou en Italie, Bobigny et La Courneuve seraient des quartiers de la capitale. Au lieu d’agrandir les villes, nous les avons protégées par des boulevards périphériques ». « La relégation dans les cités occupées par les minorités ethniques correspond à la mondialisation par le bas. A l’autre extrémité on peut placer certains quartiers des grandes villes où domine la classe émergente de la mondialisation. Entre les deux, s’étend l’espace du périurbain pavillonnaire … Comment "faire société" dans une ville qui se défait selon trois directions aussi divergentes ? ».  

« Quelle est la grande différence entre un collège de centre ville et un collège de ZEP ? Dans le premier, il est plutôt valorisant d’être premier de la classe, alors que, dans le second, c’est dangereux : celui qui réussit devient la cible de la violence de ses camarades. Je connais tant d’adolescents qui pourraient réussir, mais ne se l’autorisent pas par souci de maintenir leurs liens de camaraderie … La carte scolaire, qui était une excellente mesure lorsqu’il y avait une mixité sociale sur le territoire, est devenue une terrible mesure dans les quartiers où une telle mixité n’existe plus ».

Questions : Ne sommes-nous pas arrivés au point où des systèmes de bus devraient conduire certains enfants d’une « périphérie » actuellement ghettoïsée jusqu’à des collèges situés au « centre » ? Et, si tel est le cas, à qui devra appartenir la décision ?

« Sans volonté politique et consensus des citoyens pour construire et habiter la ville, la polis, la cita, il ne peut y avoir offrande et expression du sens. L’architecture peut donner du sens, mais elle ne peut seule l’inventer sans consensus de la société. Et en l’absence du sens, l’exercice architectural ne sera, au mieux, qu’un exercice de style glacial et désespérant ».

D’où l’intérêt d’étudier le projet d’une façon aussi pluridisciplinaire que possible … et avec la participation de citoyens ordinaires.
Posté par Marc Ullmann, le 11/02/08 dans Citoyenneté - France - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 février 2008
Le nucléaire ne peut relever que de l’Etat
080207-Nucleaire-Blog.jpgLe nucléaire, tant civil que militaire est au cœur de l’actualité. Et il n’a pas fallu longtemps au Président de la République pour constater que le nucléaire joue, dans le monde, un rôle particulier et qu’en détenir les clés constitue un argument politique de première importance.

La France est présente et crédible dans tout le nucléaire, aussi bien civil que militaire.Je ne dirai rien du nucléaire militaire. De par la Constitution, le Président de la République, chef des armées, est le seul à pouvoir en disposer.Mon propos ne concerne que le nucléaire civil. 

Dans ce domaine, la France occupe une position exceptionnelle grâce à l’existence de trois organismes qui, depuis 50 ans et plus, accumulent une expérience et des réalisations sans équivalent. Ces trois organismes sont le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Electricité de France (EDF) et Areva, lui-même résultant de l’intégration de Cogéma (Areva NC) et Framatome (Areva NP). 

A eux trois, EDF, CEA, Areva couvrent la panoplie complète du nucléaire civil, depuis la R§D effectuée largement au CEA jusqu’à la production d’électricité effectuée dans des conditions excellentes par EDF. Le maillon Areva se situe entre les deux, intervenant depuis l’extraction du minerai d’uranium jusqu’au retraitement des combustibles brûlés dans les réacteurs, en passant par toutes les étapes de l’enrichissement, de la fabrication des combustibles des réacteurs, de la conception des réacteurs, de la fabrication de leurs composants et de leur construction. Sans oublier, naturellement, les aspects commerciaux, financiers, etc. 

Tout ceci représente une énorme industrie qui, il faut le souligner, a été montée intégralement sur les fonds de l’Etat. Personne autre que l’Etat n’aurait été capable de prendre les risques qu’impliquent tout ce qui a été fait. L’Etat dispose donc là d’un capital intellectuel et matériel impossible à évaluer par les méthodes capitalistiques courantes et, en tout cas, hors de portée pour n’importe quelle entreprise privée, sauf à le recevoir en cadeau ! 

Dans la situation qui prévaut actuellement, le Président de la République est le responsable suprême de tout cet ensemble. L’Etat est en effet propriétaire du CEA et il détient une large majorité dans EDF et Areva. 

Lorsque le Président de la République parcourt le monde et offre les réalisations du nucléaire français à différents pays, il agit comme le chef de l’entreprise nucléaire et l’Etat assume naturellement les risques éventuels, techniques, financiers et politiques des opérations. 

Il ne faut pas oublier que l’industrie nucléaire a un statut particulier dans tous les pays du monde. La construction et l’exploitation d’installations nucléaires ne se font pas sur de simples initiatives privées, comme cela peut être le cas pour des centrales à gaz, au fioul ou au charbon. En nucléaire, les autorités de sûreté, toujours liées à l’Etat, autorisent, surveillent, interviennent souverainement tout au long de la construction et de la vie des installations. J

J’en conclus que l’organisation actuelle du nucléaire français, fruit d’un long passé et d’une grande expérience, est parfaitement adaptée à la demande mondiale.

Dans ces conditions, il serait bien difficile de comprendre les raisons pour lesquelles le Président, qui dispose d’un outil incomparable, si chèrement acquis aux frais du contribuable et si bien adapté aux projets politiques qu’il met en œuvre, déciderait de le démanteler pour y faire intervenir des entreprises privées hautement honorables mais qui n’ont pas de vocation particulière pour intervenir dans ce domaine si complexe, si spécialisé et si bardé de contraintes étatiques auxquelles il faut être rompu par une longue expérience. 

Rappelons comment se commande une installation nucléaire, une centrale électrique par exemple.L’électricien autorisé par son gouvernement lance un appel d’offres pour la partie nucléaire car c’est elle qui gouverne tout. Une fois ce choix effectué, l’électricien attend les spécifications qu’établit le constructeur nucléaire retenu pour pouvoir lancer les appels d’offres des sous ensembles : génie civil, centrale de secours, groupe turboalternateur, traitements des effluents, etc. L’électricien est le maître de son plan de cantonnement des lots de la centrale et il y tient beaucoup. 

Pour chacun des lots retenus par l’électricien, un appel d’offres a lieu qui met en concurrence plusieurs sociétés du même métier. Plusieurs sociétés de génie civil sont aptes à réaliser les bâtiments des installations nucléaires. Il en est de même pour les groupes turboalternateurs.Dans ce domaine précis, parler de « turbine nucléaire » est un abus de langage. Il n’y a rien de nucléaire dans une turbine de centrale nucléaire. Elle doit simplement être adaptée le mieux possible aux caractéristiques de la vapeur produite par le réacteur. 

Lorsque tout ceci est fait, l’électricien coordonne avec l’aide du constructeur nucléaire la réalisation de la centrale. On voit bien que les deux acteurs essentiels et incontournables sont le client et le constructeur nucléaire. Toute intervention d’un tiers ne peut que polluer le système et brouiller les cartes. 

Pour compléter ce point de vue, je reviens sur un point très particulier et très important, déjà mentionné précédemment. C’est le fait que l’acteur principal de ces dossiers est le Président de la République lui-même.

Qui peut se croire capable de limiter ou d’encadrer son action, lorsqu’il est par exemple en tête à tête avec un chef d’Etat étranger ? Ou le faire revenir sur une position prise sous prétexte que le risque encouru serait trop grand ? 

Non, je suis vraiment convaincu que le schéma français actuel est le mieux adapté possible à la situation. Et si Areva a des besoins de financement pour faire face aux programmes importants qui s’annoncent, il faut étudier et mettre en œuvre des procédures qui ne portent pas atteinte à la propriété et à la direction majoritaire de l’Etat dans ce domaine.

Jean-Claude Leny est ancien président de Framatome

Posté par Jean-Claude Leny, le 07/02/08 dans Energie - Entreprises - France | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 février 2008
Japon : le chant du cygne de l’automobile
080204-Embouteillages.jpg2007 restera comme une année noire pour l’industrie automobile dans l’Archipel. La chute du nombre d’immatriculations est sans précédent : avec une baisse de plus de 7%, moins de 3,5 millions de véhicules ont été vendus. Soit autant qu’en… 1972 et moitié moins que le record de 1990 ! Les raisons de cette désaffection des Japonais pour la chose automobile ? La difficulté croissante à utiliser une voiture en ville,  le coût prohibitif d’entretien mais aussi la qualité des transports publics sont invoqués. Avec un baril de pétrole qui flirte avec les 100 $ et qui, selon de nombreux spécialistes, n’est pas près de baisser, l’exemple japonais restera-t-il une exception ? Faudrait-il, au contraire, y voir un signe avant-coureur de ce qui pourrait se passer dans la plupart des pays développés ?
Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 04/02/08 dans Asie - Energie - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
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