|
|
|
Printemps crucial à Téhéran |
|
|
En profitant de sa tournée dans le Golfe pour multiplier les accusations à l’encontre de l’Iran, George W Bush rend un immense service à Mahmoud Ahmadinejad.
Le 5 décembre 2007, le rapport de la communauté américaine du renseignement sur les activités nucléaires de l’Iran (voir Vigilances 56) avait envoyé un signal fort à Téhéran. Il signifiait que la menace d’une attaque préventive, telle que les néo conservateurs la souhaitaient, n’était plus d’actualité. Le 11 janvier 2008, Téhéran envoyait un signal en retour. Ali Khamenei, le Guide, recevait Mohamed El Baradei, le Directeur Général de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique. Dès le lendemain, le gouvernement iranien promettait de répondre dans un délai de quatre semaines à toutes les questions posées par l’A.I.E.A sur son programme nucléaire. Le 13 janvier, Bush, en visite officielle à Abou Dhabi, accusait l’Iran d’être le principal « sponsor » du terrorisme international. Il minimisait la portée de l’accord conclu entre Khamenei et Baradei et exigeait l’arrêt de tous les travaux d’enrichissement d’uranium. Quelles vont être les réactions en Iran ? Avant décembre, lorsque la menace américaine paraissait imminente, Khamenei exhortait les Iraniens à serrer les rangs. Dès que cette menace a semblé moins plausible, les débats internes ont refait surface et le soutien à Ahmadinejad n’a plus été assimilé à du patriotisme. Espérons que, malgré la vindicte de Bush, cette évolution va se poursuivre. Des élections législatives auront lieu en mars. Mieux vaudrait qu’Ahmadinejad en sorte affaibli plutôt que renforcé.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
L'Institut Choiseul : une fenêtre sur le monde |
|
|
L'Institut Choiseul pour la politique internationale et la géoéconomie est un centre de recherche indépendant consacré à l'analyse des relations internationales.
L'apport de l'Institut Choiseul à l'analyse française des affaires internationales a été de promouvoir un nouvel équilibre des forces économiques et politiques rendu plus évident par la fin de la guerre froide, et fondé sur le concept de géoéconomie, complémentaire d'une vision traditionnellement géopolitique des relations internationales. En 1997, alors Institut européen de Géoéconomie, l'Institut créa la revue du même nom, Géoéconomie, qui élargit le champ d'analyse à des sujets dépassant le strict cadre des relations interétatiques et politiques au profit de la dimension économique des enjeux de puissance. Les recherches et actions menées par l'Institut sont aussi bien d'ordre théorique que liées à l'actualité internationale et elles s'efforcent de promouvoir prioritairement une vision européenne des grands enjeux géopolitiques et économiques mondiaux. Géoéconomie est une revue trimestrielle consacrée à l'étude des stratégies économiques internationales, aux questions liées à la mondialisation, à l'analyse des forces et des enjeux économiques qui sous-tendent les relations internationales.
La revue Sécurité globale est la revue de référence consacrée aux questions de sécurité intérieure et aux enjeux sécuritaires internationaux.
Elle offre une plate-forme de recherche, de débats et d’échanges sur des thématiques allant de l’analyse du terrorisme et de ses moyens de lutte, de la criminalité organisée aux crises sanitaires et à la gestion des catastrophe naturelles et industrielles, en passant par les menaces pouvant toucher l’environnement.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
Haro sur les matheux |
|
|
Dans les banques, les matheux s’en sont donnés à cœur joie. Des années durant, ils ont conçu des produits dérivés de plus en plus complexes où les risques étaient si bien entremêlés que seuls des investisseurs très avertis pouvaient voir quels étaient les mauvais fruits disséminés dans le cageot.
La crise des Subprimes a causé tellement de dégâts collatéraux que la titrisation de produits dérivés est maintenant difficile. Back to basics est devenu la règle. Aux algorithmes compliqués doivent succéder des équations simples, compréhensibles au premier degré.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
J. Attali, D. Pujadas, J.C. Bourret et les autres... |
|
|
Le petit-déjeuner du Club en date du 16 janvier 2008 avait donné lieu à un débat fort intéressant sur le rôle des media. Jean-Claude Bourret déclara que ces derniers disaient tous la même chose, c’est-à-dire rien, et que, pour s’informer de ce qui se passe vraiment dans le monde, il se retournait vers les sites Bakchich ou Rue 89.
Ces propos, dans la bouche d’un ancien présentateur du 20 Heures, sont assez stupéfiants et en disent long sur l’état de déliquescence des grands media. Une illustration flagrante fut apportée par le 20 Heures de France 2 du 23 janvier. Présent sur le plateau, Jacques Attali assiste à un court reportage consacré au rapport qu’il venait de remettre au Président de la République. A la fin, il est invité par David Pujadas à commenter des images constituées, essentiellement, d'interviews de chauffeurs de taxis en furie. D. Pujadas se fit alors proprement « remonter les bretelles » par J. Attali qui, dans une colère froide, dénonça les mensonges (sic) de France 2 et des autres media, qui ont effectivement ramené les 314 propositions du rapport au problème « marginal » des taxis parisiens. Les regards affolés que Pujadas lançait à sa régie font, à eux seuls, un grand moment de télévision. Une bien belle illustration de la démagogie sinon du populisme d'un certain nombre de média ! On nous cite presque tous les jours l’exemple de la B.B.C., non pour son objectivité et sa rigueur, mais pour son absence de publicité. Comme l’avait bien illustré J.C. Bourret le succès d’Internet tient en partie à la recherche d’informations en dehors des circuits traditionnels conformistes et assujettis aux mesures d’audience. Télévision et presse sont toutefois nécessaires (J.C.B. n’a-t-il pas dit qu’il consulte le site de Backchich mais, en plus, est abonné à la version papier). Soyons vigilants et exigeants pour que la qualité et l’honnêteté intellectuelle soient à nouveau la première préoccupation de nos journalistes.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
Du pétrole en général et de l’Iran en particulier |
|
|
Président fondateur de Pétrostratégies, Pierre Terzian considère que l’offre, la demande et la géopolitique de l'énergie vont évoluer. Il se préoccupe des prochaines échéances et nous livre sa vision de l’échiquier pétrolier mondial et de l’action des principaux joueurs. Il est intervenu, mercredi 13 février, sur le thème : « Du pétrole en général et de l’Iran en particulier ».
Créée en 1985, Pétrostratégies a deux types d’activités : conseil et presse pétrolière. Comme consultant, Pétrostratégies a réalisé de nombreuses études économiques sur l’industrie des hydrocarbures dont le régime d’exploration-production en Afrique, le raffinage et la distribution en France, l’intégration de pays membres de l’OPEP dans le raffinage étranger, les pays producteurs et le marché à terme du pétrole, l’avenir du gaz naturel en Europe, plusieurs études sur les stratégies de sociétés pétrolières internationales, etc. Dès 1986, la société a lancé Pétrostratégies, un hebdomadaire spécialisé sur l’énergie, en français et en anglais, et, en juin 2002, Europ’énergies, qui est le seul service d’information et d’analyse spécialement conçu pour les acheteurs européens d’électricité et de gaz. PETROSTRATEGIES organise chaque année un Sommet international sur le pétrole, en avril, et sur le gaz, en octobre, en partenariat avec l’Institut français du pétrole (IFP) et Sptec. Né en 1948 à Beyrouth, Pierre Terzian a étudié à l’Université Saint-Joseph (sciences économiques), à l’Ecole des Lettres (philosophie) et à l’Ecole supérieure des ingénieurs (informatique). Il a soutenu un doctorat d’économie à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne en 1980 et a enseigné l’économie pétrolière en DEA à l’Université de Grenoble. Il a notamment publié Prix et contrats pétroliers dans les pays arabes et en Iran (1982), L’Histoire de l’OPEP (1983), Gaz naturel : perspectives 2010-2020 (1998). Pierre Terzian est président du Fonds Arménien de France.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
La prochaine plus belle avenue du Net |
|
|
Chaque capitale dans le monde a sa plus belle avenue. Comme il se doit, c’est là qu’il y le plus de passage ; que les plus belles boutiques, alléchées par les retombées commerciales, s’installent à prix d’or. A Paris, ce sont les Champs Elysées, à New York, la 5ème avenue, à Londres, Oxford Street... Une stratégie payante – les chiffres d’affaire en attestent.
Internet aussi a ses plus belles avenues et les grands acteurs du secteur sont sur la brèche. C’est à celui qui, à coup de millions sinon milliards de dollars, met la main sur l’avenue du moment. En octobre 2006, c’était Google qui a déboursé 1,65 milliards de dollars pour acquérir YouTube, 14ème site le plus visité au monde et créé en février 2005. En octobre 2007, c’est Microsoft qui a acquis, à la barbe de l’ogre Google, 1,6 % de Facebook, site de socialisation, pour 240 millions de dollars, ce qui valorise la Start Up à près de 15 milliards de dollars ! Son trombinoscope numérique a connu une croissance hallucinante : en 6 mois, plus de 50 millions d’internautes se sont inscrits en y précisant pêle-mêle leur nom, sexe, âge, préférences politiques et religieuses, cursus scolaire, adresse email... le tout agrémenté d’une jolie photo. Or, l'enjeu principal des sites de socialisation est de capter les recettes publicitaires, avec des bandeaux sur mesure pour chaque internaute. Ce qui constitue le graal pour tout annonceur !
Du coup les appétits s’aiguisent. Aujourd’hui, rien ne permet de dire que le prochain site de socialisation "Hype" n’est pas déjà en gestation. Parions qu’une nouvelle bataille de titans opposera Google et Microsoft pour le contrôle la prochaine plus belle avenue du Net.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
Boomerang éthiopien |
|
|
« Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; mieux vaudrait un sage ennemi ». Ainsi s’exprimait La Fontaine dans sa célèbre fable où un très gentil ours lance un pavé pour écraser une mouche sur le nez d’un pauvre homme qui n’en demandait pas tant.
A supposer - ce qui n’est pas sûr - que Bush ait eu comme principal souci de délivrer le peuple irakien, il s’est comporté comme l’ours de la fable. Et à supposer – ce qui est encore moins sûr – que le Président américain ait cru que la population somalienne était terrorisée par les extrémistes musulmans, il a récidivé. En faisant appel aux troupes éthiopiennes, il a même accumulé les circonstances aggravantes puisque les Ethiopiens ont toujours considéré les Somaliens comme des ennemis. Sous prétexte de débusquer des fanatiques, ils ont bombardé des quartiers entiers. Mogadiscio est devenu un cimetière. Des dizaines de milliers de réfugiés s’entassent près de la route qui relie la petite capitale à la ville d’Afgooye. Au total, Al Qaïda a de quoi se réjouir : dans la corne de l’Afrique, les ressentiments s’accumulent.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
Remake de la vache folle |
|
|
Invoquant la flambée actuelle des cours des céréales et du soja, les éleveurs de porcs et de poulets réclament le retour des farines de viande et d’os (FOV) rebaptisées protéines animales transformées (PAT). Un tour de passe-passe pour ne pas effrayer le consommateur. Oubliés la crise de la vache folle, la montée de la défiance, la chute des cours qui a suivi la désaffection des consommateurs inquiets...
En juin dernier, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et l’Inra ont, dans un rapport consacré à la vache folle, mis en garde « sur le risque de réémergence de la maladie en cas de réintroduction des farines animales dans l’alimentation des espèces monogastriques ».
Pourtant, notre ministre de l’agriculture s’est empressé de saisir les instances de Bruxelles qui ont débloqué, sans coup férir, 1,7 millions d’euros et chargé l’Autorité européenne de sécurité des aliments de plancher sur le sujet. On voudrait faire passer les intérêts économiques avant les enjeux de santé publique tout en se réfugiant derrière une décision qui serait prise par les méchants de Bruxelles que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
Ne pas désespérer de l’Amérique |
|
|
Il est peu probable que Barak Obama soit élu Président des Etats-Unis en novembre prochain mais rien n’est encore joué et le seul fait que l’on puisse se poser la question montre à quel point l’Amérique est capable d’évoluer.
Voilà un pays que l’on dit centré sur lui-même, imperméable aux cultures étrangères, voué à l’unilatéralisme. Et voici un candidat, à moitié blanc à moitié noir, à moitié musulman à moitié catholique, qui séduit les foules en vantant les vertus de l’universalisme. Barak Obama ne mène pas une campagne spécifiquement américaine. Biens sûr, il parle de l’économie et s’adresse aux différents segments de l’électorat en tenant compte des soucis de chacun mais partout, quelque soit l’endroit où il se trouve, il ne manque jamais de s’adresser aux Américains comme s’ils étaient des citoyens du monde soucieux de convaincre l’univers que les Etats-Unis peuvent contribuer pacifiquement à l’apaisement des tensions.
Dans ce contexte, il n’hésite pas à se mettre en scène. « Je pense, a-t-il déclaré dans une réunion publique, que si vous pouvez dire à des étrangers : nous avons un Président à la Maison Blanche dont la grand-mère vit encore dans une hutte au Kenya et dont une sœur moitié indonésienne est mariée à un sino-canadien, ces étrangers en arriveront à penser que votre nouveau Président est apte à percevoir ce qui se passe dans leur vie et dans leur pays. Et ils auront raison ! ».
Certains « réalistes » considèrent cela comme de la naïveté mais les Etats-Unis ont atteint un tel niveau de puissance que les électeurs ne peuvent plus se permettre d’élire un Président comme s’ils étaient seuls sur la planète. Obama contribue à leur prise de conscience.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
Medvedev et la monoculture |
|
|
Parmi tous les proches de Vladimir Poutine, Dimitri Medvedev était l’un des rares à ne pas être issu du KGB. Le fait qu’il ait été adoubé est loin d’être anodin : c’est la fin d’une étape et le début d’une autre.
Dans un premier temps, Poutine a voulu mettre de l’ordre et choisi, pour ce faire, des gens formés dans le même moule que lui. Il a maintenant compris qu’il faut de la diversité. Le prochain Président y pourvoiera en nommant, à son tour, des hommes à son image. Rappelons que Dimitri Anatolevitch a 42 ans et qu’il a commencé sa carrière comme professeur de Droit. En désignant un successeur capable de briser la monoculture d’une caste dirigeante qu’il a lui-même créée, Poutine agit en véritable stratège. Quel que soit le poste qu’il choisira d’occuper après les présidentielles de mars, il continuera d’étonner.
|
|
|
|
|
|
|
 |
|