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Le 31 décembre 2007
Pakistan : alerte rouge
071231-Pakistan.jpgÀ la différence de l’Irak et de l’Iran, le Pakistan est, depuis des années, une puissance nucléaire. Or le pays est aujourd’hui déchiré, le régime affaibli, la société disloquée. Si la situation s’aggrave au point de mettre en péril l’unité de la Fédération, qui détiendra les clefs des « bombes islamiques » ? S’il n’y a plus de gouvernement responsable, si le contrôle est défaillant, si des illuminés adeptes du suicide rédempteur peuvent mettre le feu aux poudres, que restera-t-il du concept de dissuasion ? Le mauvais génie atomique pourra, du jour au lendemain, sortir de sa bouteille.
Posté par Marc Ullmann, le 31/12/07 dans Asie - Société - Terrorisme | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 décembre 2007
Les questions qui dérangent
JFK.jpgJournaliste-écrivain, Jean-François Kahn considère que les idées convenues ne sont pas nécessairement fausses. Encore faut-il y regarder de près. Selon lui, l’irrespect est une condition du progrès. Il est intervenu mercredi 16 janvier, sur le thème : « Les questions qui dérangent ».

Licencié en Histoire, Jean-François Kahn a commencé, comme beaucoup de grands reporters, par ce que l’on appelle, aujourd’hui, des "petits boulots". Employé au tri postal à la gare du Nord, puis manœuvre à l’imprimerie Desfossés à Issy-les-Moulineaux, il devient enseignant d’histoire en 1959-1960. Mais le virus de la presse est déjà là. 

Il débute, en 1961, à Paris Presse au service économique, puis au service étranger avant de devenir envoyé spécial en Algérie. En 1963, il rejoint le Monde comme envoyé spécial permanent en Algérie. Puis viennent les années fastes de l’Express. De 1964 à 1972, il couvrira, en tant que grand reporter, les grands dossiers du moment : affaire Ben Barka ; guerre du Vietnam ; guerre des Six Jours ; guerre civile libanaise ; Septembre Noir ; révolution culturelle en Chine ; intervention soviétique à Prague ; coups d’Etat en Grèce, en Indonésie, au Chili ...  

Curieux, touche-à-tout, Jean-François Kahn mène de front, dès 1966, sa carrière de journaliste – il est éditorialiste à l’Est Républicain (1966), Europe 1 (1970), l’Alsace et la Dépêche du Midi (1976) et responsable du service politique du Nouvel Observateur (1974) – d’essayiste – il publie dès 1966 L’Histoire du Progrès Social – et enfin de producteur d’émission telles "Les Visiteurs du Dimanche Soir" sur France 3, "Avec Tambours et Trompettes" sur France Inter (1977). 

En 1980, il dirige les Nouvelles Littéraires et devient, en 1983, Directeur de la rédaction du Matin de Paris. Boulimique, amoureux de la presse et, plus encore, de la diversité et de la pluralité des idées, Jean-François Kahn fonde, en 1984, et dirige l’Evénement du Jeudi. En 1997, il réédite le coup avec Marianne qui devient l’emblème de la contestation du "politiquement correct" ambiant. 

Ecrivain, Jean-François Kahn a aussi publié de nombreux essais dont Staline, le communisme et la Russie (Denoël-Gonthier, 1974), Et si on essayait autre chose (Le Seuil, 1983), Esquisse d’une philosophie du mensonge (Flammarion, 1989), La pensée unique (Fayard, 1995), Le Camp de la guerre : critique de la déraison pure (Fayard, 2004) ou encore L’Abécédaire mal pensant (Plon, 2007).

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 27/12/07 dans L'invité du mois | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 décembre 2007
Iran : une lueur d’espoir
071223-bush_ahmadinejad.jpgLe « National Intelligence Estimate » publié le 3 décembre marque un tournant dans l’histoire tumultueuse des relations américano-iraniennes. C’est sans doute l’évènement le plus important de l’année 2007.

La Constitution des Etats-Unis d’Amérique confère au Président le droit d’intervenir militairement sans autorisation préalable du Congrès en cas de « danger grave et imminent » or le NIE nie que la menace soit imminente. Il juge i) « with high confidence » que les Iraniens ont arrêté, en 2003, la partie spécifiquement militaire de leurs programmes nucléaires et ii) « with moderate confidence » que, malgré les travaux en cours, les quantités produites d’uranium enrichi ne seront pas suffisantes pour alimenter une bombe avant 2010 au plus tôt.  

La décision de publier les « Key Judgements » du NIE est l’aboutissement d’une longue histoire. Au départ, des membres du Congrès, se souvenant que la guerre d’Irak avait été déclenchée à la suite de fausses informations fournies par l’Administration, ont demandé aux services de renseignement de travailler de concert pour fournir une estimation honnête et consensuelle du degré d’avancement du programme nucléaire iranien. 16 services étaient concernés. Soucieux de ne pas se laisser influencer, ils ont attendu que leur rapport soit terminé pour le soumettre à la Maison Blanche. Le vice Président Dick Cheney a d’abord tenté de l’atténuer puis d’en éviter la publication. Le Secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, a alors fait valoir qu’il y aurait, de toute façon, des fuites et que mieux valait ne rien cacher. En réalité, Gates est à la manœuvre depuis le début. Les principaux responsables militaires américains et lui-même sont farouchement hostiles à l’idée d’une intervention en Iran. Ils savent que celle-ci ne pourrait être limitée à la destruction de quelques sites nucléaires et qu’un « Global Strike » aurait des conséquences désastreuses. Ils ont donc ardemment souhaité la publication du NIE. Bush a donné son accord tout en soulignant que le danger, même s’il n’était pas imminent, restait grave. 

Le Président est, semble-t-il, convaincu que l’Iran est une puissance maléfique. Il craint qu’Ahmadinejad soit réélu en 2009 et que les aspects militaires du programme nucléaire, même s’ils ont vraiment été interrompus en 2003, soient relancés à un moment où lui-même ne serait plus à la Maison Blanche avec le courage de frapper. Le raisonnement ne peut être écarté d’emblée mais il convient de souligner que, depuis son accession à la présidence, Ahmadinejad a déjà perdu les élections municipales et celles pour la formation du «  Conseil des Experts ». Les législatives auront lieu en mars. Espérons qu’il les perdra. 

Les membres du groupe de travail piloté par Jacques Andréani au sein du Club ne peuvent que se réjouir de la publication du NIE. Le groupe, rappelons-le, a mis en relief les catastrophes qu’entraînerait une frappe américaine sur l’Iran. Partant de là, il a commandé une étude sur l’évolution de la société iranienne d’où il ressort que le régime sera vraisemblablement conduit à évoluer vers une certaine forme de modernité. Le temps semble travailler pour le mieux plutôt que pour le pire. Le NIE permet d’en gagner. Vive donc le NIE 

Posté par Marc Ullmann, le 23/12/07 dans Moyen Orient - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 décembre 2007
Les Darfour de demain
071220-Darfour.jpgLa guerre du Darfour avec implication du gouvernement soudanais, n’a commencé qu’en 2003 mais ses prémisses remontent aux années 80 quand la sécheresse et l’avancée du désert ont commencé à réduire les quantités d’eau disponibles. Les nomades du Nord (en grande majorité Arabes) et les paysans du Sud (en grande majorité Africains) sont entrés en concurrence.

Racisme et politique s’en sont progressivement mêlés. Les carnages ont fait environ 200.000 morts et l’on compte aujourd’hui deux millions de personnes déplacées. Si tout va bien, 26.000 casques bleus vont être bientôt déployés, notamment autour des camps de réfugiés. Ce tardif effort coûtera, à lui seul, beaucoup plus cher qu’auraient coûté des travaux (même gigantesques) pour trouver ou amener de l’eau dans quelques points de la région.

 

L’exemple est à retenir car de nouvelles menaces surgissent et vont s’amplifier. Le protocole de Kyoto n’empêchera pas les accidents climatiques de se multiplier. Des dizaines de millions de personnes voudront fuir. Des régions voisines refuseront de les accueillir et les armes feront couler d’autres larmes. Après d’intenses sécheresses ou des méga inondations, des Darfour nouveaux dresseront en Afrique et en Asie des populations pauvres les unes contre les autres. Plus tard, les pays riches se sentiront assiégés : ils construiront des murs et s’attireront la haine. 

Pour arrêter l’horloge à catastrophes, il faudrait (c’est la condition indispensable) un sursaut moral mais il faudrait aussi, très prosaïquement, d’immenses travaux. Cela coûterait très cher mais mieux vaut faire tourner les entreprises du BTP que les usines d’armement !

Posté par Déborah Secrétin, le 20/12/07 dans Afrique - Pauvreté - Risques Naturels | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 décembre 2007
Du contrôle social à la techno surveillance

071217-Surveillance.jpgDans les villages d’antan, le contrôle social était strict. Derrière des volets clos, des yeux étaient braqués. Malheur à qui voulait se cacher.

Aujourd’hui, les volets sont ouverts mais …

Des caméras de surveillance épient les lieux publics. Sécurité oblige !  

Des moteurs de recherche répertorient les pages fréquentées sur Internet et traquent les « mots clefs » permettant de cerner les goûts de clients potentiels. Publicité oblige !

Certains voient dans ces intrusions des atteintes à la liberté. Sur le principe, ils n’ont pas tort mais, dans les pays démocratiques, le risque est limité : la Grande Bretagne compte cinq millions de caméras de surveillance (soit à peu près une pour dix habitants, ce qui constitue un record mondial) mais les citoyens peuvent être raisonnablement assurés que la police a pour unique souci de débusquer des coupables ou des apprentis criminels.

Le problème, comme toujours lorsqu’apparaissent de nouvelles armes, est que des malintentionnés peuvent s’en emparer. Une mafia bien pourvue en informatique pourrait organiser des chantages à grande échelle. D’ores et déjà, les polices politiques ne se privent pas d’utiliser les techniques modernes pour tisser en toute impunité des toiles de plus en plus serrées.

Dans un pays aussi vaste que la Chine, Internet est à double tranchant. Avantages i) 160 millions d’internautes sont en mesure de s’exprimer et de communiquer ; ii) le pouvoir ainsi mieux informé peut, sans avoir à adopter une démocratie vraiment représentative, tenir compte de certaines aspirations. Inconvénient : 40.000 policiers espionnent la Toile si bien que i) les internautes, pour ne pas avoir d’ennuis, pratiquent l’autocensure ; ii) ils ne cherchent pas à se regrouper dans des associations qui risqueraient d’être prises pour des mouvements d’opposition.

En Birmanie, même le téléphone portable s’est révélé dangereux. Des journalistes bénévoles s’en servaient pour filmer les manifestations et transmettre des vidéos à une télévision dissidente (située à Oslo), grâce à laquelle les médias du monde entier pouvaient relayer la révolution safran. Naïfs étaient les vidéastes : des policiers en civil, disséminés dans la foule, avaient eux aussi des portables ; ils les photographiaient et, la nuit venue, procédaient à de sinistres arrestations.

De quoi regretter, du moins en Birmanie, les villages d’antan.

Posté par Marc Lanval, le 17/12/07 dans Société - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 décembre 2007
Inde : vers un boom du BTP
071210-Inde.jpgLa voiture, c’est bien ; encore faut-il qu’il y ait des routes. Le paradoxe indien est que de nombreux constructeurs prévoient de fabriquer en masse des voitures populaires à des prix imbattables alors que les infrastructures sont lamentables et que la bureaucratie a des semelles de plomb.

Les élites dirigeantes commencent à se rendre compte que le « high-tech » a des limites. Dans un pays d’un milliard d’habitants où 14 millions de jeunes affluent chaque année sur le marché du travail, ce secteur haut de gamme emploie à peine plus de deux millions de personnes. L’industrie, jadis décriée, a le vent en poupe et les investisseurs, attirés par l’immensité du marché, sortent de leurs cartons d’innombrables projets.

Le développement et la modernisation des infrastructures deviennent prioritaires. Les entreprises du BTP gagneront sans doute beaucoup d’argent avant que l’industrie automobile accumule des profits.

Posté par Marc Ullmann, le 10/12/07 dans Asie - Développement - Economie | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 décembre 2007
Hillary-Nicolas contre Barak-Ségolène

071207-Hillary-Barak.jpgPour des Français, la comparaison est tentante. Le duel qui oppose les deux principaux candidats du Parti Démocrate à la candidature présidentielle ressemble au duel Sarkosy-Royal.

D’un côté, Mrs Clinton sait tout sur tout, règle ses interventions au millimètre, dispose des meilleurs conseillers (dont son mari) et d’une organisation sans faille.

De l’autre, Mr Obama a du mal à maîtriser certains dossiers mais est habité par ce que Ségolène appelait un désir d’avenir. Il a l’intuition de ce qu’une démocratie vraiment participative pourrait apporter à la modernité. On peut parier qu’il perdra cette course mais qu’il restera dans la course.

Posté par Marc Lanval, le 07/12/07 dans Politique - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 décembre 2007
La tyrannie de l’apparence
Hagege.jpgUn conseiller du Prince doit oser déconseiller le Prince … et un chirurgien esthétique s’interdire de pratiquer certaines opérations. Jean-Claude Hagege, expert près de la Cour d’Appel, est intervenu mercredi 12 décembre, sur le thème : « La tyrannie de l’apparence ».

L'image de la Beauté actuelle a changé en 20 ans. Comment réagit le public face à la tyrannie de la Beauté ? Pourquoi certains y succombent, et d'autres en sont indifférents ? 

Chirurgien Plasticien et Esthéticien depuis plus de 20 ans, Jean-Claude Hagege a découvert que les vrais sourires reflètent les vrais bonheurs et que la joie de vivre ne s’achète pas. Il en a tiré quelques leçons. 

Membre de la Société de Chirurgie Plastique et Reconstructrice et Esthétique et de l’International Society of Aesthetic Plastic Surgery, expert près la Cour d'appel de Paris depuis 1995, Jean-Claude Hagege est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Le pouvoir de Séduire (Editions Odile Jacob, 2003) qui a été traduit aux Etats-Unis.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 03/12/07 dans L'invité du mois | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
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