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Les beaux jours d’Areva |
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Hier décriée par les écologistes et boudée par les capitalistes, l’énergie nucléaire est en train de gagner sur les deux tableaux. Côté écolos, les oppositions persistent mais ne font plus l’unanimité : la crainte du réchauffement climatique joue en faveur des centrales qui ne rejettent pas de Co².
Côté investisseurs, la hausse des prix du pétrole et du gaz rend le nucléaire attractif. La construction des centrales coûte cher (et coûtera encore plus cher si l’on veut accroître les protections contre le risque terroriste) mais l’exploitation est si bon marché que la rentabilité s’annonce bonne. Areva, leader mondial, a de beaux jours en perspective. L’EPR se vend sur tous les continents. Le marché ne cesse de croître. Pas étonnant que l’entreprise allemande Siemens tienne à sa participation et qu’Alsthom, Bouygues et Total aient un strabisme convergent.
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Les incorruptibles n’existent pas |
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Selon la dernière enquête de PwC, parue dans la Tribune du 17 octobre, 43% des 5400 entreprises interrogées dans 40 pays se disent victime de fraude. Au total, la criminalité économique déclarée aurait engendré 3,1 milliards d’euros de pertes. Le coût moyen de la fraude par entreprise est de 1,6 millions d’euros. La perte est sèche dans 62% des cas. La fraude est constituée de détournement d’actifs (33%), contrefaçon (15%), et corruption (13%).
La France est mauvais élève. Pour l'ONG Transparency International, notre pays stagne dans sa lutte contre la corruption, et siège à la 19ème place sur 90 pays dans son classement de perception de la corruption. Ainsi, selon Roger Lenglet (1), auteur de « Profession Corrupteur », la corruption coûterait 30 milliards d’euros à la France, soit ¾ du déficit annuel de l’Etat.
Qui en sont les auteurs ? Parmi les métiers qui usent sans vergogne de ces pratiques illégales, il place au premier rang le lobbying - « le lobbying sans la corruption, ce n’est plus rien » affirme-t-il -, les agences de renseignements ou de sécurité privées.
Respecté et admis aux Etats-Unis, le lobbying n’a cessé de renvoyer une image pour le moins sulfureuse en particulier en France. L’activisme des cabinets de lobbying, dans les années 80 et 90, pour minimiser des scandales sanitaires comme celui de l’amiante n’y est sans aucun doute pas étranger. Mais les dérives de certains ne doivent en aucun cas occulter l’importance d’un lobbying plus "positif" notamment à Bruxelles où la France est nettement sous représentée. Car la corruption ne plonge pas ses racines dans une profession (lobbying ou autre) mais bien dans un état d’esprit. Et c’est cet état d’esprit qui doit être modifié avec des moyens appropriés.
Que faire contre la corruption ? Roger Lenglet explore quelques pistes :
- Promouvoir le rôle des militants associatifs qui mettent leur nez partout et fouillent avec opiniâtreté jusqu’à dénicher des « affaires ». - Renforcer la loi, avec par exemple la proposition de l’association Anticor (2) consistant à rendre inéligible à vie tout décideur politique qui aurait été jugé coupable de corruption, et d’interdire, pendant une certaine durée, tout marché public à toute entreprise corruptrice. - Accélérer l’adoption par la France de la Convention de Mérida (2005) qui s’attaque à la corruption des agents publics étrangers et comporte tout un arsenal préventif et répressif à l’échelle internationale.
Ces solutions, concrètes et raisonnables, sont entre les mains des législateurs ! Sans doute ceux-là mêmes qui sont la cible des corrupteurs !
Mais ce n’est pas si simple. Eva Joly, ancien juge d’instruction au pôle financier, rappelle, dans Télérama du 26 octobre 2007, les liaisons dangereuses que la France entretient avec certains pays africains dont elle soutient les dirigeants corrompus au nom des intérêts économiques de ses entreprises. Elle déplore plus généralement la complaisance "française" avec les malversations financières.
Rue89 confirme et renchérit : « les moyens consacrés à la grande délinquance financière n'ont cessé de diminuer. Baisse d'effectifs dans les brigades spécialisées, pressions diverses sur les juges du pôle financier et enfin cette déclaration étonnante du président de la République devant les patrons du Medef, le 30 août dernier: "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme". »
Comme le dit Roger Lenglet « les incorruptibles seraient exceptionnels » !
Sources :
(1) On pourra lire avec intérêt la biographie de Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation. Son parcours est très intéressant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Lenglet
(2) Anticor, association à laquelle appartient Roger Lenglet et le juge Eric Halphen, et présidé par Séverine Tessier http://anticor.wordpress.com/
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Khomeiny, visionnaire contrarié |
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Une des premières mesures décidée par l’ayatollah Khomeiny, après sa prise de pouvoir en Iran, a été de créer le « Centre de la Grande Encyclopédie Islamique ». Dans un immense bâtiment situé aux environs de Téhéran, des milliers d’érudits poursuivent la rédaction d’un ouvrage de référence écrit d’abord en persan puis en arabe.
Dans l’esprit de Khomeiny, ces bataillons de scribes devaient constituer l’avant-garde d’un combat pour l’unification de tous les musulmans. Leur mission était panislamique. Articles et définitions ne devaient pas s’inspirer d’un chiisme trop sectaire, rien ne devait choquer les fidèles sunnites ; tout devait contribuer à la reconstitution d’une « Communauté des Croyants ». Ainsi, selon le Guide, pourrait graduellement se forger une nouvelle et universelle Oumma. La vision était grandiose mais Khomeiny avait sous estimé le poids du passé;. En Irak, Chiites et Sunnites s’entre-égorgent et certains régimes arabes vont jusqu’à s’en réjouir tant est grande leur méfiance envers l’Iran.
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Votre génome à prix Discount |
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Pionnier incontestable de la génomique, inventeur des EST (expressed sequence tags) ou étiquettes de séquence exprimées et du séquençage génomique massif, Craig Venter a été le président de Celera Genomics, la société qui est entrée en compétition avec le consortium public international pour le séquençage du génome humain.
En 2000, la fin du séquençage est annoncée, simultanément, par Celera Genomics et le consortium international. On apprendra plus tard que le génome séquencé par Celera est celui de Venter.
En juin dernier, le séquençage du génome de James Dewey Watson, co-découvreur de la structure de l’ADN, était terminé. Il aura coûté un million de dollars. Une somme qui peut empêcher la plupart des mortels d’emprunter la voie de ces deux pionniers.
Mais selon George Church, généticien à la Harvard Medical School (Boston), le séquençage complet n’est pas indispensable. Les informations génétiques les plus pertinentes peuvent être obtenues par le séquençage d’à peine 1 % du génome. Une version "Discount" est donc en préparation. Pour 1 000 dollars, vous aurez le droit de savoir si vous avez des prédispositions pour le diabète de type 2, le cancer du sein, celui du côlon, Alzheimer, Parkinson, ou encore des tendances schizophréniques. Les optimistes diront que cette avancée permettra une meilleure prévention. Les pessimistes craindront que le livre ouvert des pathologies potentielles ne dégénère, par crainte, en maladies réelles. Reste ceux qui ne sont pas prêts à débourser les 1000 dollars et qui préfèrent garder intact le mystère de la vie. Ils mourront un jour, peut-être, du cancer ou simplement de vieillesse. Ils auront vécu, longtemps, sans le savoir.
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Voitures et portefeuille |
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En Europe comme aux Etats-Unis, les statistiques montrent que les inégalités se creusent. Inutile de les lire : il suffit se promener dans la rue et de regarder les voitures. Les berlines moyennes se font de moins en moins nombreuses. Les modèles haut de gamme et les modèles bas de gamme progressent. Ainsi déclinent les classes moyennes.
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Vers un rapprochement sino-russe |
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Deng Xiaoping détestait et même méprisait Mikhaïl Gorbatchev. Il était convaincu que la « Glasnost » (plus de libertés politiques) allait gâcher la « Perestroïka » (plus de libertés économiques) et que le tout aboutirait à une débandade du parti communiste. Lui-même avait fait donner la troupe contre les manifestants de Tian’anmen et pensait que le capitalisme pouvait parfaitement s’accommoder d’un régime autoritaire.
De toute façon, la démocratie, selon lui, devait commencer par être "consultative". Hu Jintao, son lointain successeur, reste fidèle à la ligne tout en cherchant à l’adapter.
Son homologue russe Vladimir Poutine n’est pas loin de partager ses conceptions et, à défaut de pouvoir ressusciter l’URSS, s’efforce de rétablir l’autorité. Les valeurs morales prônées, tant en Chine qu’en Russie, étant teintées de nationalisme, il n’y a plus d’obstacle à une éventuelle entente si les deux pays y trouvent intérêt. Tel semble être le cas aujourd’hui.
D’abord, la Chine et la Russie ont à faire face à des quasi rebellions musulmanes. La « région autonome » ouïgoure du Xinjiang d’un côté, la Tchétchénie et ses environs de l’autre, sont des repaires à terroristes que Moscou et Pékin regardent d’un même œil. Surtout, la Chine et la Russie ne veulent pas que les Etats-Unis soient maîtres du monde et savent qu’elles se feront d’autant mieux entendre qu’elles agiront de concert. Comme elles commencent à le faire en Asie Centrale.
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Nous sommes assis sur un tas d’or |
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Voici quelques extraits de l'interview d’un ministre. A vous de découvrir de quel secteur il s’agit :
« La priorité absolue est de préserver l’indépendance nationale et européenne en matière de recherche … » « Là encore, l’Europe doit faire attention à sa capacité de recherche pour ne pas être totalement dépendante des Américains ou des Chinois .»
On pense naturellement à la Recherche.
« Il faut en même temps créer des mécanismes de stabilisation, de gestion de crise. »
On s’oriente vers la politique étrangère.
« Pour une fois, ayons un débat politique avant le débat budgétaire. »
S’agit-il de la Sécu, de l’Education nationale ?
« Une volonté clairement exprimée d’appliquer aux produits entrants dans l’Union le même niveau d’exigence sanitaire environnementale voir sociétale que nous demandons à nos propres produits. »
La santé, l’industrie ?
« Une grande politique de souveraineté alimentaire permettant à l’Europe d’être autosuffisante et d’exporter. »
Vous avez trouvé ? Il s’agit du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, par la voix de son ministre Michel Barnier. L’interview fait deux pages et est diffusée dans La Tribune du lundi 1er octobre.
Pourquoi extraire ces citations de son discours ? Pour mettre en avant la vision stratégique de ce ministre sur son secteur. L’agriculture sera demain, encore plus qu’aujourd’hui, au centre de grands enjeux. Michel Barnier le rappelle en début d’interview « Avec 9 milliards d’habitants en 2050, la monde va avoir faim ». Tout est dit. Quelques conséquences :
- Si aujourd’hui la richesse d’un Etat est en partie corrélée à sa richesse énergétique (pétrole, gaz, …) il se peut que demain ce soit corrélée à sa … richesse agricole ! Car si on peut vivre sans pétrole, on ne peut pas vivre sans manger. La France, actuel second exportateur mondial de produits agricoles aura alors une carte formidable à jouer !
- A ce premier enjeu se calque un second. Il ne suffira pas de produire. Il faudra produire sain, et même bio. Car à quoi servira de grands cheptels s’ils sont contaminés, et doivent être abattus ? A quoi serviront de vastes étendues arables, si les nappes phréatiques pour les arroser son contaminées ?
- Dernier point, la carte géopolitique mondiale s’en trouvera certainement modifiée. Certains Etats, aujourd’hui très riches de leur sous-sol mais composé de terres totalement improductives, se préparent certainement dès maintenant à ce retournement de situation. Mais que faire quand on ne possède ni bonnes terres ni eau ? La technique peut offrir un palliatif (ex : dessalement de l’eau de mer). Acheter ou prendre les terres de son voisin peut en être un autre.
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Enjeux économiques de la langue et de la culture |
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Président du Directoire de la Sacem, Bernard Miyet est un exemple vivant de diversité culturelle. Diplomate de formation, il a occupé plusieurs postes, exercé divers métiers, habité divers pays. Il sait que pour être efficace il faut d’abord être entendu et a quelques idées sur les moyens d’y parvenir. Il est intervenu mardi 16 octobre, sur le thème : « Enjeux économiques de la langue et de la culture ».
Diplômé de l'Institut d'Études politiques de Grenoble, Bernard Miyet a choisi, à sa sortie de l'ENA (promotion "Guernica"), le ministère des Affaires étrangères où il commence sa carrière à la direction des Nations Unies et des organisations internationales. Affecté à la direction des affaires politiques entre 1976 et 1979, il est ensuite Premier secrétaire à la Mission permanente de la France auprès de l'Office des Nations Unies à Genève. Dès 1981, il se verra confier la charge de Directeur de cabinet de M. Georges Fillioud, ministre de la Communication. Il devient le Président Directeur Général de la Sofirad en 1983 avant d’être nommé conseiller spécial du Président de Schlumberger Ltd, M. Jean Riboud, chargé du projet de création de "la Cinq". Consul général à Los Angeles (1986-1989), il est ensuite Directeur général adjoint des relations culturelles, scientifiques et techniques, chargé de la communication au ministère des Affaires étrangères (1989-1991). Il est parallèlement l'organisateur des Assises européennes de l'Audiovisuel qui se sont tenues à Paris en septembre 1989. Il devient le premier Président du Comité européen des coordonnateurs “ Eureka Audiovisuel ”, après avoir été responsable du lancement de ce projet. Ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l'Office des Nations Unies à Genève (1991-1993), il sera ensuite Ambassadeur itinérant chargé des questions audiovisuelles dans le cadre des négociations du GATT. De 1994 à début 1997, il est Ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe à Vienne. En 1997, il est détaché auprès de l'Organisation des Nations Unies en qualité de Secrétaire général adjoint, chargé du département des opérations de maintien de la paix. Le 5 octobre 2000, il entre à la SACEM en tant que Vice-président du directoire, jusqu'au 1er février 2001, date à laquelle il est nommé par le Conseil d'administration de la SACEM, Président du directoire, fonction qu'il exerce aujourd'hui.
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