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Le 28 septembre 2007
Immigration sans tabous

070928-Immigration.jpgDepuis plus de 40 ans, le discours sur l’immigration en France n’a pas varié d’un iota. Le flou maintenu entre immigration légale et illégale non plus. Une loi chasse l’autre – on en est à la 72ème depuis 1945. Et depuis la fin des années 70, elles vont toujours dans le même sens : durcissement, verrouillage, exclusion.

Depuis près de 20 ans, le discours dominant sur la mondialisation "heureuse" prône toujours plus d’ouverture, de concurrence, de dérégulation. Les capitaux, les marchandises et même les usines jouent à saute-frontière sans freins, ni limites. Un jour en Savoie, le lendemain à Timisoara et le surlendemain à Chengdu. Les hommes, quant à eux, sont sommés de "pourrir sur pied". Mais les humains ne sont pas des plantes. Ils ont des jambes. Ils marcheront toujours vers un ailleurs qu’ils espèrent meilleur.

C’est le cas de tous les "illégaux" du monde. En France, ils seraient entre 300 000 et 500 000. Le 20 août dernier le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale s’inquiétait de ne pas atteindre les 25 000 reconduites prévues pour 2007. Rythme qui, s’il était tenu et à condition que le stock de sans papiers n’augmente pas, permettrait à la France d’être "libérée" de ses illégaux au mieux en 2020, sinon en 2028. Pendant ce temps, la plupart travaille, consomme, aime, fait des enfants... N’est-il pas temps de remettre tout à plat sans a priori ni démagogie ? Des secteurs entiers – BTP, hôtellerie-restauration, agriculture... – souffrent de pénurie de main d’œuvre. Le vieillissement de la population ne va pas arranger les choses. Régulariser tous ceux qui peuvent bénéficier d’un contrat de travail, quitte à définir une période plancher (par exemple 5 ans) de travail effectif avant l’octroi d’une carte de 10 ans, serait un gage d’efficacité économique – des impôts et des cotisations sociales en hausse – et de cohésion sociale par une meilleure intégration.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 28/09/07 dans Développement - France - Mondialisation - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 septembre 2007
Bush, shérif fais-moi peur

070924-Bush.jpgEn prenant la tête de ce qu’il voulait être une croisade, en proclamant que « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », Bush a fait peur au lieu de rassurer. L’image des Etats-Unis dans le monde s’est fortement dégradée. Une majorité des Coréens du Sud en est même arrivée à croire que, pour la sécurité de leur pays, Bush était plus dangereux que l’horrible et grotesque dictateur de la Corée du Nord. Un comble !

La tournure – hélas prévisible ! - prise par la guerre d’Irak a renforcé la position de l’Iran. Elle a aussi créé un réservoir d’eau trouble dans lequel Al-Qaïda peut pêcher à sa guise. Ses cerveaux (des extrémistes sunnites qui, encore aujourd’hui, détestent les Mollahs) sont si satisfaits du résultat qu’ils aimeraient que Bush réédite son exploit en bombardant l’Iran. Dans cet esprit, l’organisation terroriste préparerait une série d’attentats aux Etats-Unis. Selon un spécialiste israélien, ces attentats seraient perpétrés au cours du quatrième trimestre de cette année. Ils seraient moins sophistiqués que ceux du 11 septembre. Les endroits visés seraient des lieux où le public afflue ; les attaques seraient rustiques mais simultanées. Bush qui, de toute façon a l’Iran dans le collimateur, pourrait être heureux de tomber dans le piège.

Posté par Marc Lanval, le 24/09/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - Terrorisme - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 septembre 2007
Improductif malaise

070920-Malaise.jpgLes Français aiment le travail. Toutes les enquêtes internationales le montrent. Il compte même plus dans leur vie que dans la plupart des autres pays développés. Paradoxalement, c’est en France que le taux de satisfaction au travail est le plus faible. Plus alarmant encore, à la question des entreprises où il est agréable de travailler, dans la plupart des pays, les premières places sont largement occupées par des firmes nationales.

Pas en France, où le haut du tableau du "bon vivre" affiche surtout des filiales d'entreprises étrangères. Pourtant, le lien entre satisfaction au travail, productivité et innovation est avéré. A contrario, l’insatisfaction débouche sur une moindre implication au travail, un manque d’initiative, un déficit d’innovation et... in fine un faible dynamisme économique et une croissance en berne.

Pour Edmund Phelps, professeur d'économie à l'université Columbia, Prix Nobel d'économie en 2006, la performance économique ne se résume pas à la productivité. Elle s'apprécie aussi et peut-être même surtout, à ses yeux, par les taux de participation et d'emploi et la satisfaction au travail ainsi que par le degré d'engagement des salariés dans leur emploi. Or, le marasme économique européen, français en particulier, proviendrait, selon lui, d'une relation déplorable au travail et à l'innovation.

Aux Etats-Unis, le bien-être au travail est devenu une des préoccupations centrales des entreprises. Certes, la peur des procès pour harcèlement moral tout autant que le coût du mal être – ce sont les entreprises qui payent la couverture santé de leurs employés – y est pour quelque chose. Mais pas seulement. La reconnaissance de la satisfaction au travail comme facteur de productivité, d’innovation et d'attachement à l'entreprise est maintenant largement admise. Il en est de même au Canada et dans les pays nordiques. Mais rien de tel ne semble s’esquisser en France. En cause ? Un management d’entreprise marqué par des hiérarchies pesantes qui musèlent l’initiative, entravent la coopération, brident l’innovation et qui... lorsque le malaise devient trop fort fait appel à un sous-traitant : la sécurité sociale.

Posté par Evelyne Bertin, le 20/09/07 dans Economie - Entreprises - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 septembre 2007
Devenirs iraniens

070917-Iran-Resistance.jpgAprès sa rencontre avec George W. Bush, Nicolas Sarkosy semble être convaincu qu’une attaque américaine sur l’Iran est loin d’être exclue. Dimanche 16 septembre, Bernard Kouchner s’exprimant au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro a publiquement exprimé cette crainte, tout en espérant que des nouvelles sanctions contre l’Iran pourraient permettre de calmer le jeu.

Un groupe de travail du Club, piloté par Jacques Andréani, a estimé dès 2006 que, contrairement à ce que pensent la plupart des Européens, une attaque américaine est non seulement possible mais susceptible d’être déclenchée au cours du premier trimestre 2008. Il a en outre estimé que les dangers inhérents à une telle opération sont beaucoup plus grands que les bénéfices qui pourraient en résulter. Il s’est cependant abstenu d’émettre un jugement définitif avant que puisse être étudiée l’évolution de la société iranienne. En effet, de deux choses l’une :

- Ou bien la société iranienne évolue vers plus de modernité et le régime sera, tôt ou tard, conduit à s’adapter.

- Ou bien, la société iranienne, séduite par la rhétorique d’Amadinedjad, se durcit et l’espoir d’un changement du régime s’estompe. Dès lors, l’emploi de la force pour obtenir un changement de régime devra, sinon être approuvée, du moins apparaître comme une alternative possible.

Fort de ce raisonnement, le groupe de travail a pris, le 16 janvier 2007, la décision de lancer une étude sociologique. Il s’agissait d’apprécier l’existence, la nature, le degré et les développements probables des processus de modernisation et d’évolutions socioculturelles en Iran. Dans cet esprit, Guillaume Demuth a défini une méthodologie tenant compte de la nécessité d’agir à distance puisqu’il ne pouvait être question d’envoyer sur le terrain des sociologues déguisés en touristes. Le 18 avril 2007, la méthode d’analyse proposée (observation de la vie courante iranienne via des centaines de photos, de vidéos, de blogs, etc.) a paru adaptée et viable.

L’étude, maintenant terminée, permet de constater une montée de la mobilité mentale et physique de la plupart des Iraniens, une progression des comportements de déconstruction de l’autorité et une capacité croissante à intégrer les mouvements d’évolutions extérieures. De notre point de vue, cette marche vers la modernité serait gravement compromise par une attaque américaine. La société iranienne ferait un bond en arrière qui renforcerait le camp des durs plutôt qu’il ne l’affaiblirait.

L’étude trop longue et contient trop de photos pour être publiée in extenso dans le rapport à venir qui devra, de surcroît, inclure des éléments géopolitiques et tirer des conclusions sur les chances à courir et les risques à éviter.

Nous tenons à mettre dès maintenant sur notre site une version intégrale du document Demuth. Chacun, ainsi, pourra se forger sa propre opinion.

Téléchargez : Devenirs iraniens

Posté par Marc Ullmann, le 17/09/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 septembre 2007
Réel sonnant pour virtuel trébuchant

070915-SecondLife.jpgEn ces temps boursiers troublés, la faillite d’une banque peut sembler prévisible. Ginko, c’est son nom, incapable de faire face aux retraits de liquidités exigés par ses clients, vient d’annoncer la fin de son activité.

La perte se monte à 190 millions de Linden dollars – la monnaie virtuelle en circulation sur Second Life. Rien de grave dirions-nous. Ginko n’est que virtuelle. Sauf, que... la perte est bien réelle. Alléchés par les taux de rendement proposés par Ginko - le Linden dollar est convertible en « vrai » dollar dans un rapport de 1/ 270ème -, les adeptes de Second Life ont, quant à eux, dépensé de vrais dollars pour acquérir les Linden dollars, déposés à Ginko. Ce sont au total 700.000 dollars qui ont changé de poche.
Du coup, rien ne va plus dans le monde de Second Life. Les magouilles et malversations s’y multiplient, le FBI enquête et, après des débuts tonitruants, l’audience est en berne. Mais pour les "escroqués", il s’agit d’un réel bien sonnant dans un virtuel trébuchant... L’alerte, espérons le, sera salutaire !

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 15/09/07 dans Société - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 septembre 2007
Sarko catalyseur d’attention

070913-Sarkosy-Medias.jpgBeaucoup d’observateurs se demandent si Nicolas Sarkozy, à force de jouer à Zorro et d’être en permanence dans les médias, ne risque pas de se brûler les ailes. Peut-être ont-ils raison car la surexposition comporte d’incontestables dangers.

Cependant, notre époque est ainsi faite que le rêve de tout un chacun est de passer à la télé. Les idoles sont des « people ». Le temps n’est plus où les chefs, pour être admirés, devaient se montrer peu. La discrétion semble d’autant moins indispensable que les gens s’identifient volontiers à des vedettes coutumières de frasques. En ce sens, il n’est même pas certain que les incongruités de « Cécilia » portent véritablement ombrage à son président de mari. Dans un monde fugace, l’essentiel est peut-être de retenir l’attention … avant d’être jugé sur les résultats.

Posté par Marc Ullmann, le 13/09/07 dans Communication - France - Politique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 septembre 2007
Ben Laden, fils de pub

070911-ben-laden.jpgL’attentat du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers a été le coup de pub du siècle. A l’échelle d’une guerre, les victimes ont été peu nombreuses mais l’impensable avait fait irruption dans le ciel de New York et l’ennemi, du même coup, prenait une dimension mythique

Oublié le fait qu’il ait fallu près de trois ans à Ben Laden et à ses acolytes pour monter leur coup. Oublié le fait qu’il leur faudrait sans doute autant de temps pour en monter un autre. Oublié le fait que le meilleur service que l’on pouvait leur rendre était de magnifier leur importance. Ben Laden, fils de pub, est parvenu à traumatiser l’opinion américaine et à inciter Bush à sur réagir. Pourtant, malgré tout cela, Al-Qaïda représente une nuisance plutôt qu’un danger, un pécheur en eaux troubles plutôt qu’un artisan d’apocalypse.

Posté par Correspondant du Club, le 11/09/07 dans Terrorisme - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 septembre 2007
Les biclous de Bébert 1er

070908-Velib.jpgCertains vous diront que l’opération Vélib c’est bien mais que l’engin est lourd à manipuler, qu’il reste inaccessible à beaucoup et que l’on se déplace plus vite en métro ou en voiture. Vue restreinte d’une partie de la population qui ne voit pas comment tirer avantage de la belle et victorieuse initiative de « Bébert 1er ».

Surfant sur la vague verte, Delanoë a pourtant marqué un panier d’avance pour une éventuelle réélection à la mairie de Paris. Plus de coulées vertes dans les rues de Paname = moins de pollution, plus de gens sportifs et donc une santé publique qui s’améliore, déjà deux points d’avance pour « Bébert 1er » sur les adversaires potentiels. L’initiative lyonnaise a fait des émules et la capitale est désormais jalousée par ses voisins limitrophes : 2008 va peut-être devenir l’année du Vert sur l’Ile de France.

Posté par Déborah Secrétin, le 08/09/07 dans Environnement - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 septembre 2007
Une nationalisation rampante

070905-GDFSUEZ.jpgLa fusion annoncée entre GDF et Suez attire les foudres des syndicats et de certains partis politiques au motif que cette fusion ne serait que la privatisation de GDF.
La réalité économique est tout autre et il s'agit en fait d'une nationalisation rampante de Suez. M. Fillon lui même a déclaré sur les ondes que le pourcentage consolidé de l'Etat dans le nouvel ensemble sera de 40 %, bien supérieur à la minorité de blocage.

Tout le monde sait bien qu'en détenant 40 % du capital d'une entreprise, le reste étant très dilué, on y fait la loi. Il est, dès lors, peu probable que les autorités belges voient d'un bon œil leurs centrales nucléaires passer sous contrôle d'un Etat étranger. Heureusement pour la France, il n'y a actuellement plus de gouvernement belge. Mais si, comme cela est fort possible, les Flamands l'emportent outre-Quiévain, les lendemains risquent d'être difficiles.

Quoi qu'il en soit, cette affaire aura vu se renier autant M. Sarkozy que M. Mestrallet, le premier oubliant qu'il s'était engagé à ce que l'Etat ne descende jamais en dessous de 70 % dans GDF, le second ayant déclaré très récemment qu'il n'accepterait pas une cession des activités environnement de Suez. Et de nous expliquer qu'un "spin off" n'est pas une cession stricto sensu ; soyons sérieux...Tout cela ne renforce pas la crédibilité dans les élites politiques et économiques et c'est bien dommage en ces temps dits de "rupture".

Posté par Michel Chevet, le 05/09/07 dans Energie - Entreprises - Environnement - Europe - France | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 septembre 2007
Flâner sur le Net

030907--Internet.jpgLes bibliothèques du monde entier contiennent environ 65 millions d’ouvrages. Au rythme où Google avance, le tout sera numérisé dans sept ou huit ans. Les internautes pourront ainsi flâner sur le Net comme dans une immense librairie de tous les savoirs. Mais pour faire quoi ?

La tentation sera grande de chercher, à l’intérieur de chaque livre, les quelques phrases ou paragraphes qui intéressent particulièrement l’utilisateur. Le risque est d’autant plus fort que les jeunes générations sont habituées à lire directement sur écran et préfèrent les textes courts aux longues dissertations. Au total, l’avenir de la littérature se joue dans les écoles d’aujourd’hui. Plus grand sera le nombre des jeunes qui resteront attirés par la lecture, plus grande sera la chance que le surf sur la Toile donne encore envie de découvrir des ouvrages dans tout leur mystère et leur complexité.

Posté par Marc Ullmann, le 03/09/07 dans Education - Société - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
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