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Pause estivale |
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L’équipe du Club des vigilants fait une pause. Nous remercions tous nos lecteurs et contributeurs et leur donnons rendez vous à partir du 16 août. Bonnes vacances à tous.
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Bush n’a pas toujours tort |
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Le monde a accumulé tellement de raisons de se méfier de Bush que, même lorsqu’il dit des choses sensées, on doute de sa bonne foi. Cela vaut pour son refus de s’engager sur des « objectifs » de réduction d’émission de Co2. Il a soutenu – et qui pourrait, sur ce point, lui donner tort ? – que les objectifs ne signifient rien si l’on ne se donne pas les moyens de les atteindre.
Son insistance à mettre l’accent sur les moyens n’a rien d’illégitime et les Européens ne devraient pas sous estimer la capacité américaine à promouvoir le changement. D’ores et déjà, les entreprises, qui s’efforçaient d’éviter que le gouvernement fixe des règles contraignantes, ont changé de stratégie. A force de voir des Etats et des villes prendre des dispositions de plus en plus disparates, elles en arrivent à souhaiter qu’un prix unique soit fixé au niveau national. Les choses peuvent aller vite : si, en Amérique les pollueurs craignent de payer trop cher, les investissements dans la recherche augmenteront fortement. Et, si la recherche débouchait sur d’importantes innovations, les Etats-Unis seraient les premiers à vouloir fixer des « objectifs ».
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La crise Galileo |
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L’UE a décidé en 2002 d’entreprendre le projet de localisation par satellite Galileo pour assurer son indépendance dans un domaine sensible. Elle a, cependant, eu l’idée absurde de prévoir le financement par un consortium privé dépourvu de maître d’oeuvre. Il était impossible que cela fonctionne.
La Commission, ayant finalement compris où réside le fond des choses, a proposé que l’U.E, en tant que telle, finance l’affaire dont la facture est estimée à 3,5 milliards d’euros pour 5 ans. L’Agence spatiale européenne agirait alors en tant que maître d’œuvre.
Le Conseil européen des ministres des transports du 7 juin 2007 a accepté le principe mais décidé de reporter la décision en octobre. En réalité, il existe deux obstacles :
- Certains Etats qui, au fond, sont opposés au projet, comme le Royaume-Uni, rejettent le financement communautaire.
- D’autres, comme l’Allemagne, ne veulent pas du mode de financement habituel à l’U.E reposant sur le choix du moins-disant, mais exigent une clé de répartition dite « juste retour » où chaque Etat reçoit exactement pour ses contrats industriels la somme qu’il a versée au programme (par exemple, proportionnelle au PIB).
Sous ces apparences financières se cache un fait majeur : l’Europe n’a pas de gouvernement digne de ce nom et les nations tirent à hue et à dia.
Les personnes qui s’occupent du dossier sont néanmoins assez optimistes pour espérer une décision d’ici la fin de l’année.
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Botnets : guerre virtuelle, risque réel |
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Il n'y a pas que le monde réel à subir des conflits armés. L'attaque de grande ampleur, en mai dernier, visant à perturber et à paralyser une importante proportion des sites Internet gouvernementaux et privés estoniens en apporte la preuve. Cela sonnait comme une mise en garde. Cela ressemblait à des grandes manœuvres. L'OTAN et la Commission Européenne s'en sont inquiétés.
Les armes de destruction presque massive, utilisées dans ces nouveaux conflits, sont appelées « botnets », ce qui signifie réseaux de robots. La prise de contrôle furtive de centaines de milliers de PC reliés à Internet à l'insu de leurs utilisateurs (particuliers, entreprises, voire parfois gouvernements !) permet alors aux attaquants de mener à bien leurs actions, chaque ordinateur sous contrôle (le « bot ») étant alors programmé pour lancer l'attaque vers une cible précise à un moment donné. L'analogie avec le monde réel pourrait être celle de batteries de centaines de milliers de missiles répartis dans le monde et télécommandées vers des cibles précises.
Ces armées de PC appartiennent souvent à des particuliers qui ignorent que leur ordinateur est sous contrôle de cybercriminels, pour l'envoi de spams ou la préparation d'attaques. Or, il est très difficile de responsabiliser l'ensemble des internautes à ce sujet. Ce qui laisse le champ libre aux terroristes informatiques. Des parades existent. Des actions coordonnées entre les polices de différents pays peuvent s’avérer efficaces dans la traque des réseaux de robots sous contrôle. L'opération Rot Boast du FBI, la semaine dernière, a ainsi permis la découverte d'un réseau d'un million de PC sous contrôle : http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel07/botnet061307.htm.
La cybercriminalité se nourrit, la plupart du temps, de l’"insécurité" des ordinateurs de particuliers et de l'"inexpertise" de leurs utilisateurs. Face à ce risque, les gouvernements sont alors impuissants. Sans aller jusqu'à imaginer un « permis à points » de l'internaute, l'utilisateur doit être sensibilisé. Le Passeport Internet et Multimédia proposé par le gouvernement : http://delegation.internet.gouv.fr/pim/index.htm est, en ce sens, une bonne initiative. Il faut aller plus loin. Ce qui permettra à la France de perdre sa place de numéro 1 mondial de PCs sous contrôle.
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Casse tête chinois |
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Malgré la capacité des autorités chinoises à manier les masses, le rythme de la croissance économique commence à poser problème. Les dilemmes s’accumulent comme, par exemple, celui de l’exode rural. S’il est favorisé, il y aura un goulot d’étranglement dans les capacités de construction urbaine ; s’il est freiné, le coût de la main d’œuvre industrielle se mettra à grimper.
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Parlez-moi d’amour ! |
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Comme la plupart des citoyens dans la plupart des démocraties, les Français ont envie « d’autre chose ». Avec Sarkozy, ils ont choisi de rompre avec l’immobilisme. C’est un premier pas, un passage obligé. S’il est bien franchi, on ne pourra que s’en réjouir. Restera à définir « l’autre chose ». Le Parti Socialiste en est aujourd’hui incapable mais ses échecs l’obligent à une remise en cause et la quête française d’un « socialisme nouveau » méritera d’être observée.
La première manche va se jouer, dans les mois qui viennent, entre les tenants de la « social démocratie » (qui savent ce qu’ils veulent) et ceux qui cherchent encore. Le problème avec les socio démocrates est qu’en dépit de leur intelligence et de leur sincérité ils demeurent prisonniers d’un idéal passé. Leur référence de prédilection est le Congrès de Bad Godesberg par lequel le parti socialiste allemand, le SPD, a bien voulu reconnaître la réalité de l’économie de marché. C’était en 1959 !
L’ambition, comme le montrent les discours de l’époque, consistait à distribuer plus équitablement les fruits de la croissance, à mettre sur pied une variante efficace de «l’Etat providence », bref, à traduire en termes politiques les analyses économiques du professeur Keynes. C’était un processus fécond quand chaque pays était plus ou moins autonome et que la mondialisation servait seulement de thème à de savantes réflexions.
Depuis Bad Godesberg, 48 ans ont passé et, pendant ce quasi demi siècle, le communisme s’est effondré, le libéralisme a triomphé, la société a profondément évolué. Les jeunes d’aujourd’hui ne rêvent plus de « lendemains qui chantent » mais sont à nouveau capables de chanter des lendemains. Ils ont soif d’idéal, besoin d’écoute, de participation. De ce point de vue, n’en déplaise à Dominique Strauss Kahn ses propos font « vieux jeu ». Certes, il ne va pas aussi loin qu’Alain Juppé, disant, au début des années 90, que la participation était « un truc utilisé par les gouvernements pour faire passer leurs réformes ». Il n’en considère pas moins – et nous sommes en 2007 ! - que c’est « un moyen et non une fin ».
Dans le monde d’aujourd’hui, pourtant, la connexion est partout. Si l’on veut qu’un progrès puisse éclore, il faut que la société se l’approprie. Au lieu de découler d’une loi (que la complexité va bientôt transformer en usine à gaz) il devra résulter d’une multitude d’initiatives qui, formant réseau, s’enrichiront l’une l’autre tant à l’intérieur des frontières que par le cosmopolite mélange de cultures diverses.
Qu’on le souhaite ou qu’on le regrette, l’aspiration à « autre chose » ne pourra être satisfaite que si, grâce à une croissance plus verte et à une fraternité moins abstraite, émerge une mondialité nouvelle. Les enjeux écologiques et le cumul des menaces sont tels que la nouvelle gauche sera connective ou ne sera pas.
S’il fallait inventer un nouveau slogan, le plus simple serait de reprendre le titre d’une vieille chanson : « Parlez-moi d’amour ! ».
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Micmac autour des cellules souches |
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Les recherches sur les cellules souches apparaissent comme le nouvel eldorado thérapeutique et... accessoirement financier. Aujourd’hui, les plus avancées concernent les cellules souches adultes. Elles sont les seules qui aient fait, avec des succès divers, l’objet d’essais thérapeutiques sur l’homme.
Mais, selon un nombre croissant de biologistes, ce sont les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) qui recèleraient les capacités les plus "révolutionnaires". Ces cellules, éternellement vierges, seraient "pluripotentes". Ce qui revient à dire que l’on peut en disposer rapidement en quantité importantes, mais surtout qu’elles seraient susceptibles d’être transformées à volonté en n’importe quel tissu ou organe. On en espère la guérison d’un grand nombre de maladies – diabète, Parkinson, Alzheimer... – et la régénération de quasiment tous les tissus ou organes endommagés. Un rêve de jeunesse et de santé éternelles en somme !
Toutefois si un large consensus existe pour les études sur les cellules souches adultes, il n’en va pas de même pour les CSEh. Les discussions sur l’autorisation ou pas des recherches sur ces dernières ont été âpres. Avec d’un côté les apôtres de l’intégrité de l’embryon et de l’autre les prophètes d’un monde où l’humain ne serait plus à la merci d’une pauvre "enveloppe" qui se déglingue. Alors que la querelle faisait rage, une équipe de l’Université du Minnesota (Minneapolis) fit une importante "découverte" : certaines cellules de la moelle épinière de la souris seraient capables de se transformer, tout comme les CSEh, en n’importe quel tissu. Une découverte (publiée dans Nature) à même de réconcilier tout le monde.
De nombreuses équipes se lancèrent sur la piste. En vain. Les cellules souches adultes "pluripotentes" demeuraient introuvables. Newscientist.com, un site d’information scientifique en ligne, mena l’enquête. Sa conclusion : des résultats bidouillés et une étude tronquée. L’Université du Minnesota a, de son côté, décidé de diligenter ses propres investigations.
Quant à nous, osons une hypothèse : n’y a-t-il meilleur moyen d’entraver la recherche sur les CSEh que d’agiter le graal de cellules souches adultes "pluripotentes" ?
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Des fonds de pension conquérants |
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En ce début du mois de Juillet, quelques entrefilets dans la presse canadienne sur un événement qui, ici, ne surprend pas outre mesure. Il s’agit de la prise de contrôle amicale de l’opérateur historique des télécoms BELL pour un montant de l’ordre de 52 milliards de $c.
Les acquéreurs ont pour chef de file et leader de l’opération la Caisse de retraite des professeurs de l’Ontario. Quand on entend sur les ondes françaises les hommes politiques de tout bord délirer sentencieusement sur les possibles vertus de fonds de pension à la française, comme on dit en québécois à Venise, on se gondole ... sachant qu’il faudrait au moins 3/4 de siècle pour approcher le niveau actuel des modestes fonds canadiens.
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Etats-Unis – Iran : six mois décisifs |
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« Les Américains ont déjà l’Irak sur le dos, ils ne vont pas en plus attaquer l’Iran », voilà en gros ce que pensent la plupart des Européens. Rien ne prouve qu’ils aient raison. Des indices concordants donnent même à penser qu’une opération pourrait être déclenchée au premier trimestre de l’année prochaine.
Nous serons alors à la veille des « primaires » pour l’élection présidentielle américaine. Si l’acharnement thérapeutique pratiqué par Bush sur un Irak agonisant débouchait sur le vide, le prochain président, quel qu’il soit, serait tenté de retirer brusquement les Boys. Ce serait pour l’Amérique une cuisante défaite. D’où l’envie, pour l’Administration actuelle, de jouer quitte ou double. Il ne s’agirait pas d’envahir l’Iran mais de détruire son potentiel économique dans l’espoir que le régime s’effondre. Espoir probablement fallacieux car la société iranienne ferait alors un bond en arrière qui renforcerait le camp des durs plutôt qu’il ne l’affaiblirait.
Les six derniers mois de cette année s’annoncent décisifs. Il est urgent qu’à défaut d’un mariage d’amour, les Etats-Unis et l’Iran concluent un mariage de raison. Les éléments d’un « grand bargain » sont connus. Côté américain : acceptation et respect du modèle iranien, acceptation du nucléaire civil, levée de toutes les sanctions, abandon des tentatives de déstabilisation. Côté iranien : acceptation d’un contrôle sur la non utilisation militaire du nucléaire civil, arrêt du soutien accordé au Hezbollah et autres groupes, condamnation de toute utilisation de la force à l’égard d’Israël, garantie de sécurité des approvisionnements pétroliers. Ce mariage de raison ressemblerait, d’une certaine façon, à ce qu’a fait Nixon avec la Chine.
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Le pouvoir de la presse |
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Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les interrogations sur les relations entre « le pouvoir » et « les médias » vont bon train. La proximité supposée et ces implications sont difficiles à mesurer. Par contre, un exemple récent prouve - encore une fois - l’influence énorme des « médias » sur « l’opinion ». Et donc des enjeux de maitrise des médias.
Lors de l’élection présidentielle, la société Lexis Nexis a mesuré la visibilité des candidats dans la presse la semaine qui précédait le scrutin du 22 avril. Il en ressort un chiffre stupéfiant : le coefficient de corrélation entre le pourcentage de visibilité dans la presse et le pourcentage de vote est de 0,99 !
Voyez plutôt (chiffres en %) :
Pour M. Le Pen, score au premier tour 10,44 / visibilité dans la presse 10,74
M. Bayrou, score 18,57 / visibilité dans la presse 18,86
Mme Royal, score 25,87 / visibilité dans la presse 21,29
M. Sarkozy, score 31,18 / visibilité dans la presse 29,24
Et il en va de même pour tous les candidats. Nous sommes au delà de la simple coïncidence.
De quoi laisser songeur … et incliner à la vigilance.
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Peurs utiles et exigences compétentes |
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Le rétablissement de la « valeur travail » ne pourra être mené à bien sans que soient rapprochées, conciliées et cultivées les peurs utiles des dirigeants et les exigences compétentes des jeunes entrants dans le monde de l’entreprise.
Tel qu’il fonctionne aujourd’hui, le monde de l’entreprise sépare et souvent oppose les générations de travailleurs. D’un côté les dirigeants qui font face aux risques de la mondialisation et sont contraints au génie visionnaire pour préserver le fonctionnement de leurs groupes, départements, services. De l’autre, de jeunes entrants pour qui le travail est devenu un fragment de la vie qui doit leur apporter épanouissement personnel, ressources financières et si possible plaisir intellectuel. D’un côté une peur qui paralyse, de l’autre une exigence envahissante.
Trois questions se posent au vigilant : Comment les peurs peuvent-elles devenir utiles ? Comment les exigences peuvent-elles devenir compétentes ? Quelle solution-clé pourrait rendre ces deux attitudes conciliables et productives ?
Une peur devient utile lorsque l’on trouve les moyens de la rendre partageable. Si ce n’est pas le cas, elle reste une angoisse individuelle qui masque la difficulté et ne trouve pas de voies de solution hors de celles que peut apporter le dirigeant. Partager une peur, c’est l’intégrer à la vision que l’on a d’une situation. Stratégiquement, cela consiste à la transformer en objectif. Par exemple : la peur de voir le service public de transport en commun démantelé et privatisé devrait aboutir à la définition et au développement d’un service à valeur humaine ajoutée, que seuls les établissements publics pourraient développer étant donné l’importance, la qualification et l’exigence de leur main d’œuvre.
Une exigence devient compétente à partir du moment où ses critères sont formulés, conscients et qu’ils participent à une réussite professionnelle. Les jeunes entrants dans l’entreprise arrivent avec plus de moyens d’attendre des choses que de moyens pour réussir à les obtenir. Il manque à leurs attentes un degré de vision suffisant de ce que peut produire leur travail au sein de l’entreprise. Rendre une exigence compétente, c’est l’intégrer visiblement comme une contribution positive à la vision de l’entreprise. Stratégiquement, cela consiste à la transformer en ressource. Par exemple, l’exigence des jeunes à s’épanouir dans l’exercice quotidien de leur métier devrait aboutir à la définition et au développement de parcours professionnels qui valorisent la réussite personnelle dans le travail : comme un serveur de fast-food qui s’impliquerait dans le rôle de médiateur naturel du restaurant dans lequel il travaille au sein d’une cité difficile.
Une solution-clé (key-solution) repose dans la manière dont sont vécus les rapports d’autorité. Comme l’évoquait H. Serieyx lors de son intervention au Club des Vigilants, l’autorité d’un manager est reconnue par les jeunes à condition qu’il soit crédible sur trois points au moins : a) sa compétence professionnelle, b) sa capacité à reconnaître ceux qui travaillent avec lui, c) sa capacité à transmettre son savoir, ses inquiétudes, ses intuitions. En un mot, le manager se doit d’exceller dans l’art d’asseoir sa fonction sur un partage efficace de sa vision, des moyens et des rôles. Cela consiste à transformer l’autorité en méthode.
Il s’agirait donc de donner les moyens aux jeunes d’avoir une vision, même fragmentaire de ce que produit leur travail. Ceci leur permettant d’acquérir peu à peu la conviction et la motivation de travailler sur un projet partagé, d’obtenir au quotidien une reconnaissance suffisamment circonstanciée pour être perçue, et enfin d’accéder à sa compétence personnelle plus rapidement par un exercice moins systématique et plus systémique.
Transformer les peurs en objectifs, les exigences en ressources et l’autorité en méthode, c’est préparer le monde de l’entreprise à développer la « valeur travail » à partir de ce qu’elle doit aujourd’hui produire le plus : une valeur humaine ajoutée faite de vécus enrichis et enrichissants.
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Un ordinateur pour tous les enfants du monde |
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Il est parfois des initiatives qui réjouissent. Lorsqu'en 2005 Nicholas Negroponte, co-fondateur du célèbre MIT Media Lab, décrivait la vision qu'il a eue d'un ordinateur pour tous les enfants du monde, un ordinateur portable à 100 dollars, on a ressenti le scepticisme d'une grande majorité d'acteurs. Et pourtant, ce rêve est en passe d'aboutir.
Un ordinateur portable à 100$ pour tous les enfants du monde, avec un but noble et une conception quasi-idéale, presque idéologique. Tout a été réfléchi : matériaux solides et recyclables, ergonomie adaptée aux enfants et durée de vie importante, alimentation électrique économique (par batteries, secteur, panneaux solaires et même dynamo intégrée !), interface simple et permettant des fonctions essentielles (traitement de textes, journal intime, consultation de l'encyclopédie Wikipédia, navigateur Internet, jeux et ludiciels, et même discussions entre enfants grâce au réseau Wi-Fi intégré). Le tout sous Linux, cela va de soi.
Projet utopique au départ, l'obsession de Negroponte a su convaincre mécènes, sponsors et industriels, et la production industrielle des premiers prototypes est en cours depuis quelques mois. Restera à régler le problème de la distribution de l'ordinateur de par le monde, aux endroits où 100 dollars représente déjà un investissement important. L'ordinateur étant peu puissant et exclusivement conçu pour les enfants, il y a heureusement peu de risques que celui-ci soit détourné par les adultes.
Le projet est passionnant. Depuis 1982, Nicholas Negroponte a porté en lui cet espoir de pouvoir apporter aux enfants des pays défavorisés les nouvelles technologies qui nous ont permis, peuples industrialisés, une augmentation du savoir sans précédent.
L'aventure "One Laptop Per Child" est à suivre ici : One Laptop
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