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LOLF : Un paradis pavé d’embûches |
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Entrée en vigueur au 1er janvier 2006, la LOLF (loi organique relative aux lois de Finances) prévoit de structurer le budget de l’Etat selon une logique métier. Mais attention le diable se niche dans les détails. En effet, si l’idée est séduisante, sa réalisation se heurte à de nombreux écueils.
Depuis quelques mois, le secteur public bruisse d’un étrange acronyme : LOLF. Ce sigle onomatopéique désigne une discrète révolution en matière de gestion publique. Sans insister sur ce qui caractérise une loi prise en la forme organique, il s’agit tout simplement de définir les règles selon lesquelles est maintenant voté le budget de l’Etat.
A l’initiative de deux parlementaires, un socialiste et un UMP, et inspirée de l’exemple canadien, la loi part d’un constat : la dépense publique, depuis l’ordonnance de 1959, faisait l’objet d’un budget voté annuellement… mais dont la quasi-totalité était reconduite à l’identique de l’année écoulée (modulo une indexation), le débat contradictoire portant uniquement sur les dépenses inédites. C’est de là que découlaient les supposées consommations forcées de lignes budgétaires en fin d’année (« les camions qui tournent dans la cour de la caserne pour brûler le carburant ! ») pour légitimer leur reconduction d’une année sur l’autre.
Entrée en vigueur au 1er janvier 2006, la LOLF prévoit de structurer le budget de l’Etat non pas selon la traditionnelle nomenclature formelle en chapitres, articles, etc. mais, selon une logique métier, en identifiant les missions du service public, subdivisées en programmes affectés à chaque Ministère, puis en actions et sous-actions. Et ces différents niveaux d’agrégation budgétaire se voient attribuer, dans chaque projet de loi de finances (PLF), un jeu d’indicateurs de performance. Chacun de ces indicateurs est assorti d’un objectif négocié avec Bercy de manière ascendante aux différents niveaux où s’élabore la performance dans les administrations centrales et leurs services déconcentrés.
En effet, à l’organisation par directions, sous-directions, bureaux, services, etc. des administrations se superpose désormais une structure LOLF en programmes, subdivisés en budgets opérationnels de programme (BOP) puis en unités opérationnelles (UO). Un processus itératif de dialogue de gestion avec chacun de ces niveaux permet d’élaborer par agrégation, pour chaque Ministère, un projet annuel de performance (PAP), qui l’engage pour l’année, au vu de ses priorités politiques, de ses moyens financiers et humains, sur ces fameux objectifs pour chaque indicateur du PLF. En fin d’année, un rapport annuel de performance (RAP) décrit et explique le niveau d’atteinte de ces objectifs. C’est sur cette base que sera allouée la dotation budgétaire de l’année suivante.
Autrement dit, les moyens sont mis à disposition non plus à mesure de la dépense constatée, mais de la performance mesurée. Naturellement, cette performance ne traduit pas une rentabilité économique, les administrations n’étant pas des centres de profit, mais une efficacité (est-ce que je remplis effectivement ma mission de service public ?) et une efficience (est-ce que j’accomplis mon action publique au moindre coût financier et humain ?). Les responsables de programmes, de BOP ou d’UO performants peuvent légitimement se fixer des objectifs plus ambitieux et, partant, réclamer des moyens accrus en proportion.
Outre cette ambition d’objectiver l’utilité de l’action publique et de la corréler à une rationalisation de la dépense publique, ce dont nous autres contribuables et usagers ne pouvons que nous féliciter, la LOLF décale mécaniquement le terrain de jeu des responsables au sein des administrations. Le niveau de jeu de ceux qui se sont vus bombarder responsables d’un échelon LOLF s’en est trouvé haussé ; les relations de direction ont pris un caractère de relations de gouvernance. Les secrétariats généraux, qui ont fleuri ces dernières années, et les cellules de contrôle de gestion, deviennent des acteurs-clés, promoteurs de la modernisation de l’Etat au sein de leurs structures.
Un monde idéal, donc ? Bien sûr que non. L’idée est séduisante, sans ambiguïté ; qu’en est-il de sa réalisation ? Deux pierres d’achoppement compliquent la mise en œuvre de la démarche : l’organisation LOLF des Ministères et la jeu d’indicateurs de performance.
En effet, et notamment pour les administrations qui présentent un tissu déconcentré important (Défense, Intérieur, Education…) voire autonome (Justice…), identifier les bons niveaux où s’élabore et se consolide la performance et les traduire dans la chaîne UO/ BOP est délicat. Bien souvent, l’enjeu de pouvoir, d’autonomie et de visibilité qui sous-tend le fait d’être res-ponsable de BOP supplante, dans les choix en matière de structure LOLF, la pertinence au vu des réalités du métier et des missions de service public. Le nombre volontairement limité de niveaux et leur articulation pyramidale ne permettent pas toujours de refléter fidèlement les réalités de l’élaboration de la performance sur le terrain, masquant des processus spécifiques.
Quant aux indicateurs, leur logique même suppose que toute activité en matière de service public peut se transcrire de façon univoque par un jeu de valeurs chiffrées, au degré d’agrégation nécessaire et suffisant (des indicateurs trop détaillés donnent une vision parcellisée du fonctionnement ; des indicateurs trop agrégés masquent la complexité des phénomènes et empêchent d’identifier des mesures correctives appropriées), que l’on sait effectivement mesurer avec un degré de fiabilité et un rythme appropriés. Si la capacité de déploiement des troupes semble répondre à ce cahier des charges, la réduction du chômage des jeunes est déjà plus ambiguë (comment distinguer les effets du contexte économique, des évolutions sociologiques, des initiatives privées, du système éducatif, etc. de ceux du Ministère de l’emploi ?) ; quant au rayonnement culturel de la France à l’étranger, il semble pour le moins hasardeux de le réduire à un modèle numérique.
Enfin, puisque cette mesure de performance ambitionne de piloter l’opportunité et le coût de l’action publique, il importe que les valeurs particulièrement bonnes ou mauvaises des indicateurs déclenchent non pas de simples constats, excuses, félicitations ou recherche de responsables, mais des actions : détection des difficultés, identification des causes, décision, proposition de mesures correctives.
Ajoutons que le choix des indicateurs ne saurait être neutre : on sait tous que toute variable observée s’améliore ; à ce titre, le jeu d’indicateurs retenu oriente les sujets sur lesquels un effort particulier est attendu par l’échelon politique. A l’inverse, il est tentant de proposer des indicateurs dont, du fait de leur définition, une valeur satisfaisante est quasiment garantie, ce qui court-circuite la notion d’objectif ambitieux qui sous-tend la démarche. De même, ce qui n’est pas un indicateur devient vide d’enjeu et se trouve souvent négligé. Effet pervers : l’obtention d’une « bonne » valeur d’indicateur peut devenir une fin en soi en oubliant la mission de fond : j’échoue objectivement, mais le système dit le contraire, donc je suis réputé remporter un succès.
Ne nous leurrons donc pas : la mise en place de la LOLF n’est pas en soi un progrès décisif. C’est une étape d’une démarche plus vaste et nécessairement progressive. La complexité du jeu d’acteurs entre les parties prenantes est, comme tout environnement qui oscille entre coopération et concurrence, intrinsèquement fertile en matière de réflexion, d’émergence d’idées innovantes et de sélection naturelle des pratiques les plus fructueuses. A petits pas, en identifiant lucidement les fausses bonnes idées et en promouvant les bonnes avec courage, les structures LOLF et les jeux d’indicateurs vont s’affiner au fil du temps et devenir de plus en plus pertinents.
On est encore aujourd’hui en phase d’exploration des éclairages que ce nouveau prisme peut apporter sur le fonctionnement de la dépense publique (on mesure les dégâts). A mesure que l’outil d’observation s’affinera, s’opérera spontanément en parallèle l’émergence d’un processus vertueux de boucles de rétroaction sur l’action publique (on adapte l’action aux besoins de l’usager). Nous sommes peut-être à l’aube d’un mouvement de fond qui fera passer insensiblement du contrôle de la dépense au pilotage du service.
Acceptons-en l’augure…
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Un traité canada dry |
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Bien entendu, comme je l'affirmais alors, il n'y avait pas de Plan B il y a deux ans. Cependant, le traité Canada Dry, dont j'ai entendu les grandes lignes ces derniers jours est la preuve que 27 pays ne pouvaient pas, en 2007, vivre comme jadis au Far West .
Un minimum de "lois", "règlements", "obligations" devaient être rédigés.
Le "traité de constitution" avait été soumis au peuple français... et avait donc été refusé.
Il est évident que l'accord de ce jour sera entériné par le Parlement.
Qu'en est il des pouvoirs "souverains" des peuples de France et des Pays Bas, "traités" par dessus la jambe ????
Que vont penser les quelque 18 pays qui avaient décidé d'accepter, eux, le précédent texte ????
Autant de réflexions qui me laissent dubitatif.
P. S. le vote démocratique, je le rappelle avait été jugé par Benjamin Franklin comme un vote par deux loups et un agneau sur le choix à faire pour le déjeuner !!!!!
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La Prius : écolo mais pas trop |
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Une enquête menée par le bureau d’études américain CNW Marketing Research remet en cause des idées convenues sur la hiérarchie des voitures les plus polluantes.
Optant pour une démarche originale, les chercheurs ont tenu compte des conséquences en termes d’environnement non seulement lors de l’usage du véhicule mais également aux deux bouts de la chaîne : lors de sa conception et de son recyclage en fin de vie. Le tout est rapporté à un indice comptant le coût en dollars de chaque véhicule par mile parcouru.
Et là, Ô surprise ! La Toyota Prius qui arrivait systématiquement en tête de ce type d’enquête grâce à sa motorisation hybride se retrouve en milieu de peloton. A contrario, un énorme 4x4 américain, le Hummer fait beaucoup mieux qu’elle ! En cause ? La très grande difficulté à recycler proprement les nombreuses batteries électriques.
Parmi les bons élèves se retrouvent tout de même la petite et classique Yaris de Toyota, Saab, mais surtout les Allemands, champions des matériaux recyclables, BMW et Mercedes. Peu présents sur le marché américain, les constructeurs français ne figurent pas au classement.
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Résilience américaine |
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Le marché américain est vaste. L’économie est diversifiée et les fusibles y sont nombreux. Les crises ont donc tendance à se diluer au lieu de s’additionner. On le constate actuellement avec l’immobilier. La baisse des prix se répercute sur la construction mais le secteur du BTP, qui représente 18 % d’une économie espagnole devenue subitement fragile, ne compte que pour moins de 10 % de l’économie américaine.
Côté hypothèques, le système financier américain procède à une répartition des risques. Sa sophistication est telle que les créances passent de main en main. Le marché procède ainsi à une segmentation des crédits qui limite le nombre de ceux qui, en bout de chaîne, seront poussés à la faillite. Cela explique sans doute le fait que, malgré le malheur de quelques uns, la confiance des consommateurs considérés dans leur ensemble, ne flanche pas.
Il est vrai qu’il peut exister des effets de seuil et qu’à partir d’un certain niveau, les fusibles ne fonctionnent plus. Mais attention ! Le jour où les fusibles ne fonctionneraient plus aux Etats-Unis, c’est le monde entier qui entrerait en crise.
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Archives explosives |
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Lorsque le quartier général des forces de sécurité palestiniennes a été pris d’assaut par les troupes du Hamas, leur chef, Mohamed Dahlan, était en Egypte. Désormais persona non grata à Gaza. Les mains vides, il a rejoint les bâtiments gouvernementaux à Ramallah. Archives, fichiers et disques durs sont maintenant aux mains du Hamas. Vengeances et liquidations sont au programme.
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L’atome dans 50 ans |
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Physicien, membre correspondant de l’Académie des Sciences, pionnier de la recherche sur la fusion nucléaire, Paul-Henri Rebut est intervenu mercredi 11 juillet, sur le thème : « L’atome dans 50 ans ». Prenant au sérieux le réchauffement climatique - il y a, dit-il, une course de vitesse - il en recense tous les paramètres.
Paul-Henri Rebut a débuté sa carrière en 1978 comme chercheur au Commissariat à l'énergie Atomique. Ses recherches dès cette époque portaient sur la physique des plasmas et la fusion contrôlée thermonucléaire.
Après la construction du Tokamak de Fontenay aux Rosés, il a dirigé l'équipe européenne JET (Joint European Torus) à Abingdon en Grande Bretagne.
Inaugurée par la reine d'Angleterre et le président François Mitterand en 1984, cette machine JET a montré pour la première fois au monde que l'on pouvait contrôler un plasma jusqu'à des températures de plus de 300.000.000 de degrés et produire des réactions thermonucléaires au niveau de la dizaine de Mégawatts.
Elu membre correspondant de l'Académie des sciences en 1986, Paul-Henri Rebut est nommé, en 1992, Directeur d'ITER (International Thermonuclear Expérimental Reactor) et chargé de sa conception. Projet mondial avec pour partenaires l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, ITER devrait produire plusieurs centaines de Mégawatts pendant des temps supérieurs à 5 minutes.
De retour en France, il a été, de 1998 à 2004, conseiller du Haut Commissaire au Commissariat à l'énergie atomique.
Paul-Henri Rebut reçoit, en 2005, le prix Hannes Alfven de la Société Européenne de Physique.
En 2007, il crée sa société de Conseil en fusion contrôlée thermonucléaire, Rebut Consultant et travaille pour le projet ITER et GENERAL ATOMICS.
Paul-Henri Rebut a publié de nombreux articles scientifiques et, en 1999, l’ouvrage l'énergie des étoiles, la fusion contrôlée aux éditions Odile Jacob.
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Voir loin mais agir vite |
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Pour réduire les émissions de CO2, l’idéal serait d’inventer des énergies qui ne seraient pas polluantes. Au mieux, ce sera pour après demain.
Pour demain, les recherches semblent prometteuses en ce qui concerne la captation de ce fichu CO2. Au Japon, aux Etats-Unis, en France et sans doute ailleurs, on teste des cristaux qui, avec des compositions diverses, pourraient absorber toutes sortes de polluants.
Pour aujourd’hui, cependant, rien de tel que les économies. C’est du ressort de chacun d’entre nous. C’est aussi, et peut-être surtout, du ressort des entreprises. Le dernier rapport du « groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat » souligne tout particulièrement l’importance de l’habitat. Si, entre maintenant et 2030, le parc immobilier était renouvelé de façon cohérente, « 30 % des émissions pourraient être évitées avec un bénéfice économique ». Pour Bouygues et bien d’autres entreprises du BTP, le chantier est immense.
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De bouche allemande à oreilles chinoises |
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Le succès mondial du film « La vie des autres » montre que, même si la conception des droits de l’Homme peut varier d’une culture à l’autre, le besoin de liberté n’en est pas moins universel. C’est une leçon politique plus précieuse que bien des ouvrages savants.
Pour ceux qui n’auraient pas vu le film, rappelons que l’histoire se déroule en Allemagne de l’Est où la police politique, la Stasi, était toute puissante. Comme par hasard, « La vie des autres » n’a pas (encore ?) trouvé de distributeur en Chine mais les DVD piratés se propagent et suscitent des discussions passionnées sur nombre de sites Web et de Blogs. Le fait que ces débats ne fassent pas l’objet de censure est, d’ailleurs, encourageant.
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Lettre ouverte à Madame la Ministre de l’Intérieur |
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Dans une autre vie, plus précisément en l’année 1962, je fus le commissaire de police d’Oullins, dans la banlieue de Lyon, ville considérée comme difficile à l’époque et qui l’est peut-être toujours aujourd’hui.
Or, à l’occasion de la dernière campagne présidentielle ont ressurgi ces notions de prévention et de police de proximité que nos politiques ressortent pour cacher leur impuissance à rétablir la République dans les quelques quartiers qu’ils ont laissé se transformer en ghettos religieux ou communautaires.
Pire, un rapport décrivant une situation d’antagonisme violent entre la police et la population de la Seine-Saint-Denis, inciterait peut-être à donner l’indépendance à ce département.
Certes, nous avons la police la plus nombreuse d’Europe, mais avec des policiers recrutés à des niveaux tels que le concours de gardien de la paix interdit maintenant aux populations peu instruites d’avoir accès, comme à la Libération, à l’ascenseur social qu’était alors la police.
Comment dialoguer et apaiser des conflits quand les protagonistes ne parlent pas le même langage ou n’ont pas eu un vécu commun ?
Vous voulez rendre la police plus proche de nous et faire respecter la République sans coûts ni recrutements supplémentaires ?
Prenez donc en compte ce qui suit :
1 – L’Omerta dans les quartiers :
Qui parle, ou qui a été vu parlant à un policier est « socialement mort ».
Les seuls visiteurs des Commissariats des quartiers dits sensibles sont les seuls plaignants, et encore, la peur est également présente dans ces cas de figure. Le seul avantage de cet absentéisme est de faire baisser les statistiques de la délinquance.
Alors comment rétablir le contact des citoyens avec la Police ?
Madame la Ministre de l’Intérieur devra négocier avec les syndicats de police le retour dans les commissariats des citoyens qui viendront retirer leurs cartes d’identité ou passeports, leurs convocations que les différentes administrations (finances, sécurité sociale, etc…) auront demandé au Commissariat de faire parvenir à leurs destinataires.
Bien sûr ce sont des tâches qui ont été déclarées « indues » en leur temps, mais comment renouer un dialogue avec la population des exclus sans leur faire courir le risque d’être considérés comme des « balances » ?
2 – La présence visible des policiers pour la prévention :
Il suffit de remettre les gardiens en uniforme sur leurs trajets domicile - commissariat (la plus grande difficulté actuelle dans la construction des locaux de police étant de prévoir de grandes surfaces pour accueillir les vestiaires des policiers).
A la Libération, les agents pouvaient justifier leur dénomination de gardiens de la paix car ils sillonnaient les rues en uniforme pour rentrer chez eux à pied ou dans les transports en commun.
3 – Police de proximité vraiment ?
A condition que les Maires et les bailleurs sociaux acceptent de favoriser l’attribution de logements, éventuellement en co-location, pour les policiers célibataires, auprès ou dans les cités considérées à risques, et pour les autres, des logements pour leur famille, dans la circonscription même de leur affectation.
4 – Et la répression ?
Elle ne peut s’exercer, utilement que grâce à l’adhésion d’une population rassurée, ramenée dans les sentiers de la République et qui pourra désigner sans risques ceux qui la maintienne actuellement dans l’acceptation d’une loi qui n’est pas la nôtre ni la leur.
La répression pourra alors s’appliquer exactement là, où et quand il le faut, par des enquêteurs spécialisés et discrets, évitant ainsi des déploiements de force aussi spectaculaires qu’inefficaces.
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Espoir et vigilance |
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Depuis plusieurs dizaines d’années, la France se gouverne de travers. Elle reste sans réactions correctrices efficaces devant un niveau de chômage insupportable, le sacrifice d’une partie de sa jeunesse, un effondrement de son potentiel de recherche et d’innovation, l’installation durable de poches de souffrances, la formation de ghettos, le dépérissement de sa mission de co-organisateur d’une Europe de paix, etc. Elle est incapable de tirer parti de la vitalité et de la modernité de son peuple.
De façon schématique, trois obstacles majeurs combinent leurs effets pour barrer la route à l’émergence d’un système de gouvernance sage.
- La classe politique a théâtralisé et transformé en combat l’opposition des tempéraments de Droite et de Gauche et l’a figé sur des contenus de style 1950. Nos dirigeants politiques et nos influents regardent le monde avec les œillères de leur parti. Nos médias de masse incitent les gens ordinaires à en faire autant. Dans ce contexte il est difficile pour tous de se faire une représentation correcte de l’environnement et du cours des choses qui les aiderait à en tirer le meilleur parti.
- La classe politique vit en circuit fermé entre politiciens, journalistes spécialisés et militants ce qui l’empêche de sentir les mouvements et les évolutions de la société des gens ordinaires. Celle-ci ne se sent plus représentée par ses politiciens, ne comprend plus leur langue de bois et les rejette. Il n’y a plus de régulation des politiciens par les gens ni des gens par les politiciens. Une telle absence de feed-backs rend la France incapable de voir venir et de s’orienter de façon avisée.
- Au cours des cinquante dernières années, la société des gens s’est extrêmement complexifiée ; elle est devenue de plain-pied, hétérarchique, plus spontanée qu’organisée ou commandée d’en haut. Mais le pouvoir et l’administration sont restés compartimentés, hiérarchiques, bureaucratiques, réglementés et réglementant ; ils ont perdu prise sur elle. Peut-être y a-t-il trop d’Etat mais il y a surtout un Etat qui n’a pas su s’adapter à la société vivante.
Nous avons vécu ce printemps les prémices d’une ouverture. Le rejet de la clase politique par les Français et leur demande de rupture avec le passé de la politique ont atteint des niveaux record. Trois leaders politiques ont senti l’opportunité de répondre à cette situation. François Bayrou a joué sur l’idée partagée par 75% des électeurs que le combat Droite/Gauche tel qu’il était pratiqué n’était plus qu’une comédie. Ségolène Royal a spectaculairement réussi, au cours de sa campagne, à déstabiliser les éléphants du parti socialiste et à amorcer une démonétisation des anciens dogmes. Elle nous a fait rêver à la possibilité d’une véritable participation du peuple à la politique. Elle a ainsi ouvert la possibilité d’une métamorphose du vieux PS. Mais l’actualité la plus récente montre qu’un retour aux anciennes mœurs socialistes reste possible. Nicolas Sarkosy a mis sur la touche la « maison Chirac » et la droite figée et sans idées. Il est apparu comme en rupture avec le passé. Il a peut-être la personnalité qu’il faut pour piloter une réelle modernisation des idées de la droite en les ouvrant partiellement sur la gauche. Mais, saura-t-il écouter vraiment la société vivante et discipliner son penchant autoritaire pour y parvenir ? Saura-t-il lâcher prise lorsque c’est nécessaire ?
Je suggère à tous les Think Tanks soucieux de rénover le système de gouvernance de la France de centrer leurs efforts de réflexion et d’innovation sur les leviers qui permettraient d’amplifier l’amorce d’ouverture que ce printemps nous offre.
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De l’idole à l’icône … |
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La cathédrale du Christ Sauveur, détruite sous Staline mais pieusement restaurée est maintenant en pleine gloire. A quelques jours d’intervalle, les services funèbres du président Eltsine et du musicien Rostropovitch s’y sont déroulés avec tous le faste et les rites de l’église orthodoxe. Est-ce à dire que les religions chrétiennes connaissent un renouveau et incarnent l’avenir ? Ce n’est pas sûr. En revanche, il est certain que le communisme, malgré son dogme et son culte, n’a pu se hisser que très temporairement au rang des religions.
Il y a une quarantaine d’années, les fervents se faisaient déjà rares. Un journaliste du Figaro qui avait obtenu l’autorisation de visiter le cardinal Primat de Pologne, Stefan Wyszynski, alors en résidence surveillée sur ordre du régime, avait jugé utile de lui demander ce qu’il pensait du communisme. La question était saugrenue mais la réponse (citée de mémoire) fût lumineuse : « C’est très difficile de porter un jugement … le communisme est si jeune ! ». Si jeune et déjà sur le déclin.
… et de l’icône à quoi ?
Toutes les religions ont vocation universelle mais aucune, pour le moment, ne s’étend sur le monde. Certains fanatiques de l’Islam affublent leurs attentats du nom de guerre sainte et rêvent d’une « Oumma » planétaire. Aux Etats-Unis, plusieurs Eglises, fidèles à la loi du marché, se font concurrence à coup de shows télévisés et envoient leurs missionnaires aux antipodes pour propager leur foi. Pendant ce temps, les NTIC sont à l’œuvre et les Hommes prennent conscience de leur destin commun.
Les temps ont changé depuis qu’a été écrite la Genèse. Alors, les lions étaient plus nombreux que les humains et ceux-ci devaient asseoir leur suprématie. Maintenant, les humains se comptent par milliards et les lions par milliers. Le sauvetage de la Terre est sur le point de devenir une quasi religion. Son « Espérance » donnera, peut-être, naissance à un syncrétisme nouveau. Puisse-t-il advenir avant plutôt qu’après une catastrophe !
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Encore des dépenses |
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Le vote, négatif, des français était certainement, quelque qu'aient été mes idées sur le sujet, un mauvais coup porté à l'Europe politique.
La décision, assez surprenante, de Nicolas Sarkozy de laisser filer les dépenses, un peu au mépris des règles du club Europe, n'est elle pas un nouveau danger, sur le plan de la monnaie cette fois pour l'Union Européenne ?????
Le monde en général et plus égoïstement l'Europe en particulier ne manquent pas de me préoccuper, pas tant pour notre génération mais pour celles qui nous succèderont.
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Neurosciences : Kant et Hume réconciliés |
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Réunies par Antonio Damasio, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie à l’Université de Californie du Sud, et son équipe, trente personnes ont participé à une expérience inédite. Six avaient une partie du cerveau, le cortex préfrontal ventromedial (VMPC) qui régule les émotions, endommagée par une tumeur. Douze avaient des lésions dans d’autres régions du cerveau mais pas dans le VMPC. Les douze derniers ne souffraient d’aucun désordre.
Différents scénarios ont été proposés aux participants qui disposaient du même niveau d'information pour prendre leurs décisions.
Premier type de scénario : un nouveau vaccin a été produit. Les tests montrent qu’il est efficace pour le grand nombre mais peut s’avérer nuisible, sinon mortel pour quelques uns. Doit-on encourager son utilisation ?
Second type : un train fonce à grande vitesse sur cinq ouvriers travaillant sur la voie. Le seul moyen de l’arrêter est de jeter une personne sur la voie. Le ferez-vous ?
Tous, dans le premier cas, sont prêts à mettre indirectement en danger la vie de quelques uns, inconnus, pour le bien du plus grand nombre. Dans le second cas, seules les personnes dont le VMPC est altéré se disent prêtes à jeter une personne sous un train pour sauver cinq vies. Elles affichent, en ce sens, un comportement exagérément « utilitariste ».
Ces résultats suggèreraient, selon Antonio Damasio et son équipe, que les émotions jouent un rôle majeur dans les décisions morales impliquant un contact personnel. Hume et Kant dans tout cela ? Confrontés à un problème d’ordre éthique, les individus puisent, pour le premier, dans l’empathie aux autres les moyens de prendre la décision morale la plus appropriée. Kant, quant à lui, qui se méfiait des émotions et de leur effet corrupteur sur le jugement des individus, n’en considérait pas moins que toute personne doit être respectée dans sa dignité et son intégrité. Ce que les personnes dépourvues d’émotions ne font pas.
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De Pouchkine à Poutine |
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« Tout est à moi a dit l’Or.
Tout est à moi a dit l’Acier.
J’achète tout a dit l’Or.
Je prends tout a dit l’Acier ».
Sous Eltsine, l’Or avait tout acheté, les ministres étaient aux ordres des oligarques.
Sous Poutine, des anciens du KGB ont voulu tout reprendre mais le président a fixé des règles : l’Or ne serait pas confisqué ; il serait mis au service de l’Acier. La plupart des oligarques ont compris. Khodorkovsky, lui, a voulu « faire le malin »*. Inculpé pour fraude fiscale, il croupit maintenant dans un bagne. Son empire pétrolier, vendu aux enchères, est progressivement racheté par des entreprises d’Etat, lesquelles sont dirigées … par les maîtres de l’Acier.
* "On raconte qu’à l’époque où il dirigeait encore Ioukos, Khodorkovsky, lors d’une réunion au Kremlin, aurait eu l’audace de dire à Poutine que ses ministres étaient corrompus. Le Président, d’une voix glaciale, lui aurait répondu : « Qui les achète ? ». "
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