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Le 30 avril 2007
Pour une communauté mondiale de la vapeur d’eau

070430-VapeurEau.jpgJe vois déjà des sourires. Non, ne prenez pas cet article pour un canular. C’est très sérieux.
Marc Ullmann propose une communauté mondiale de l’eau. Oui, l’eau est rare et inégalement partagée. L’eau potable manque et viendra encore plus à manquer. Mais je ne vous parle pas ici de manque d’eau, mais du réchauffement climatique.

Quel rapport, me direz-vous, entre réchauffement climatique (une nouvelle grande peur pour nos esprits vigilants) et la vapeur d’eau ? Eh bien il y a un rapport direct.

Quel est le principal agent du réchauffement climatique ? La quantité de chaleur produite par l’activité humaine. Les experts sont unanimes là dessus. Où ils ne sont pas encore d’accord, c’est sur l’importance du phénomène, et surtout sur les moyens de l’enrayer.

Or la chaleur produite par l’activité humaine n’est pas près de diminuer : en fait, elle ne fait qu’augmenter, en vertu du troisième principe de la thermodynamique. Toute utilisation d’énergie par l’humanité se transforme au bout du compte en chaleur qui contribue donc au réchauffement climatique, inexorablement.

Regardons les magnifiques images de la terre vue de l’espace. On reconnaît les continents et les océans, quand les nuages ne les recouvrent pas. Ah, ces nuages ! Combien d’excursions gâchées, combien de voyages d’agrément ternis par la nébulosité !
Ces nuages, vus de l’espace, sont blancs.
Quelle est la principale propriété du blanc ? D’absorber très peu le rayonnement, et donc de le réfléchir. Dans la grande quantité de rayonnement qui arrive en continu de notre soleil, et qui donc chauffe notre terre, une partie non négligeable est renvoyée immédiatement par la couche nuageuse blanche. Cette couche blanche, c’est de la vapeur « saturée », par opposition à la vapeur « sèche » qui est présente partout dans l’atmosphère, mais invisible. Invisible, donc transparente pour le rayonnement solaire.

Si vous regardez, un jour de bon vent, comment se forment et se déforment les nuages, vous verrez que la vapeur « saturée » apparaît à partir de rien, subitement dans le ciel. En fait, elle apparaît à partir de la vapeur « sèche » proche de la saturation, grâce à une variation locale des conditions atmosphériques. Et quand le nuage cache le soleil, ça chauffe moins en dessous. « Ôte toi de mon soleil » disait Diogène à un interlocuteur qui lui faisait de l’ombre…

Les nuages apparaissent et disparaissent spontanément dans notre ciel. Nous n’y pouvons rien. Rien ? Pas si sûr…

A entendre nos experts du réchauffement climatique, la température va augmenter de un ou deux degrés dans le prochain siècle. Et si, au lieu d’essayer de réduire l’échauffement dû à l’activité humaine, on va essayer d’augmenter la couverture nuageuse, de quelques pour cent ? On diminuerait la quantité de chaleur reçue du soleil, ce qui pourrait compenser pour partie celle produite par l’humanité. Je ne serais pas étonné que les calculs à faire montrent que cela coûterait moins cher…

Comment donc augmenter la couverture nuageuse ? Eh bien là où c’est possible, augmenter le taux de vapeur sèche dans l’atmosphère. En créant de nouveaux lacs d’eau douce, en particulier dans les zones désertiques.
Revenons à notre terre vue de l’espace. Les trois quarts de sa surface, ce sont les océans. Sur le quart restant, un dixième est constitué par une grande bande quasi désertique, entre la Mauritanie et la Péninsule Arabique. Cette grande zone fut, il n’y a pas si longtemps, une belle région où paissaient des vaches : les peintures rupestres du Sahara en attestent.
Remettre une quantité significative d’eau dans des lacs au milieu de cette région pourrait changer le climat non seulement de cette région, mais aussi de toute la terre.
Non seulement ces lacs réduiraient l’échauffement direct du sol (la surface de l’eau fait pour une grande part miroir) mais l’eau quand même chauffée s’évaporerait, augmenterait la teneur en vapeur d’eau dans le Sahara, et accroîtrait ainsi la formation de nuages dans la zone. Les climatologues savent bien que les étendues d’eau artificielles créées par l’homme changent un peu les conditions climatiques locales.

Mais où prendre l’eau douce ? Eh bien par exemple détourner une partie du fleuve Zaïre ou de ses affluents, lui faire passer le seuil peu élevé qui sépare le bassin équatorial du Zaïre du grand bassin du Tchad. Par un canal creusé, ou par pompage. L’énergie nécessaire ? Grâce à des barrages hydroélectriques installés justement en aval du fleuve Zaïre : ces énormes possibilités hydroélectriques n’ont jamais été exploitées, car on ne sait pas quoi faire de cette électricité qu’on ne peut pas transporter sur plus de deux mille kilomètres !

Voilà donc le projet de grand lacs intérieurs dans le Sahara.

En regardant une carte en relief de cette région, on voit qu’il y a quatre endroits où il serait relativement facile de créer un grand lac dans une grande cuvette naturelle :

1) au sud de la Mauritanie : l’Aoukar, en prenant de l’eau du fleuve Sénégal pendant son passage à travers le Mali.

2) Au Tchad : la cuvette du Bodélé. L’eau de l’Oubangui serait prélevée à travers un canal à creuser du sud vers le nord, pour rejoindre le cours du Chari jusqu’au lac Tchad. De là on creuserait un canal vers le nord jusqu’à la cuvette.

3) En Egypte occidentale : la dépression du Mukhafad el Qattarah, en creusant un canal depuis la méditerrannée.

4) En Arabie, la cuvette de Al Muruk al Mutaridah, en pompant depuis le golfe persique.

Une première phase de ce projet « super pharaonique » pourrait concerner ces quatre zones, avec une surface d’eau totale de l’ordre d’un demi million de km2.
Les gens qu’il faudra convaincre ne seront pas faciles à convaincre. Mais surtout, ces projets concernent plusieurs Etats, et l’on peut imaginer les difficultés résultant d’intérêts locaux contradictoires. Il faudrait donc dépasser le jeu des intérêts locaux et marchands en créant une communauté. Comme la valeur partagée de ce projet, c’est l’augmentation de taux de vapeur d’eau dans l’atmosphère, avec toutes ses conséquences sur l’ensemble du climat sur terre, la communauté pourrait prendre le nom de « Communauté de la Vapeur d’Eau », CVE.

Ensuite le projet pourrait s’étendre avec une deuxième phase, qui pourrait quadrupler la surface d’eau créée, mais avec des investissements dix fois plus élevés que pour la première phase. La surface d’eau créée pourrait alors atteindre plus de deux millions de km2. De quoi augmenter la couverture nuageuse moyenne de la terre d’une valeur que nos climatologues sauront évaluer aussi bien que l’effet de l’augmentation de CO2…Et pourquoi pas, plus tard, une troisième phase, encore plus ambitieuse ?

On peut rêver. Mais quelquefois le miracle s’accomplit, le rêve se réalise…par la volonté initiale de quelques visionnaires.

Posté par Philippe Tixier, le 30/04/07 dans Développement - Environnement - Sciences | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 avril 2007
Hésitations nucléaires

070419-CentraleNucl%E9aire.jpgLes partisans de l’énergie nucléaire soulignent que plus on aura recours à elle moins l’atmosphère sera encombrée de Co2. Ces adeptes de l’atome ont du mal à admettre que certains écolos fassent de la résistance. A leurs yeux, c’est de l’obscurantisme. Un accident de type Tchernobyl ne devrait pas se reproduire pour la bonne raison qu’il n’aurait pas eu lieu si les consignes minimales avaient été un tant soit peu respectées.

L’argument est fort mais ne convainc pas tout le monde. D’abord, des erreurs humaines restent possibles quelles que soient les précautions prises. Ensuite, la protection contre la malveillance ne peut être parfaite surtout en temps de guerre ou de terrorisme exacerbé. Pour bien faire, les centrales devraient être enterrées mais quel serait le prix de cet enfouissement ? Les adversaires du nucléaire ajoutent que 43 pays postulent à des mises en service et estiment qu’ils ne sont pas tous capables d’assurer la maintenance ou disposés à accepter l’aide des fournisseurs.

Malgré l’urgence, le débat n’est pas près d’être clos.

Posté par Marc Lanval, le 27/04/07 dans Energie - Environnement - Technologie | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 avril 2007
Réconcilier Christian Blanc et Nicolas Hulot

070423-RoyalSarko9.jpgQuand ils doivent répondre à des sondages, certains Français disent volontiers qu’ils regardent Arte plutôt que la une. De même, ils proclament que les responsables politiques ne s’intéressent pas assez à l’écologie alors qu’eux-mêmes, quand ils participent à des débats, parlent d’abord d’emploi et de niveau de vie.

Cela ne signifie pas que ces Français soient menteurs. Cela traduit simplement la distance entre le monde tel qu’il est et tel que l’on voudrait qu’il soit.

Ainsi en va-t-il de la croissance, cette clef magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Tous les gouvernements en veulent. On les comprend. Hélas ! La consommation humaine de ressources naturelles excède la capacité de la nature à se régénérer et certains procédés industriels ont déclenché le tic tac de l’horloge à cataclysmes climatiques. Comment donc réconcilier le besoin de croissance pour panser les plaies du présent et l’impératif écologique pour ne pas compromettre l’avenir de nos enfants ? Comment réconcilier Christian Blanc (« La croissance ou le chaos » chez Odile Jacob) et Nicolas Hulot (« Pour un pacte écologique » chez Calmann Lévy). Comment œuvrer pour modifier le contenu de la croissance, pour faire en sorte qu’elle devienne « verte » ?

Voilà, me semble-t-il, ce qui pourrait (devrait ?) constituer l’essentiel d’un plan d’action global et cohérent pour les années qui viennent. Voilà ce que j’aurais souhaité comme « projet présidentiel ».

Posté par Marc Ullmann, le 25/04/07 dans Environnement - France - Politique - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 avril 2007
Des promesses qui empêchent de gouverner

070423-RoyalSarko8.jpgLa France qui vote à 85 %, la France qui réduit à 10 % l’extrême droite comme l’extrême gauche, un véritable regain démocratique bonne nouvelle !
Et la suite ? Elle va surtout se jouer sur le plan économique et social. De ce point de vue, la campagne a révélé l’inquiétude financière des Français. C’est le candidat de la rigueur, François Bayrou qui a fait le plus beau parcours. Problème : il n’est pas au second tour.

Les deux vainqueurs ont fait des campagnes à l’ancienne en accumulant les mesures compassionnelles et clientélaires. Résultat : 50 milliards des deux côtés. Or la France a tant accumulé dettes et déficit qu’elle n’a plus d’argent pour financer une nouvelle politique. De fait, ces programmes-catalogues, ne sont absolument pas financés.

D’un côté comme de l’autre, on mise sur un miraculeux effet de relance. Mais les deux plans de relance de 75 et 81 n’ont pas marché et les deux croissances des ministères Rocard et Jospin n’ont été précédé d’aucune relance. Avis aux keynésiens ! En vérité, la France va renoncer - temporairement bien sûr- à respecter le pacte de stabilité. Elle le fait depuis cinq ans, pourquoi ne pas continuer ? Parce que l’Europe a changé.

Tous les pays, Allemagne en tête, vivent sur un consensus économique, effectuent des efforts dont ils commencent à tirer les fruits en termes de croissances, d’emploi, de finances etc. La France seule réussit à souffrir sans se soigner et veut toujours croire à l’économie sans peine. Les autorités européennes ont porté un regard très sévère sur cette campagne, sur les attaques contre la BCE, l’Euro fort etc. Les rendez-vous post électoraux avec nos partenaires risquent d’être orageux. Peu probable que la France puisse continuer sur cette humeur dépensière. Ce sera le troisième tour après les présidentielles et les législatives. Le rendez-vous de 1983 après celui de 1981. Comment fera-t-on admettre aux Français que les promesses sont reportées aux calendes. Qu’elles ne servaient qu’à gagner le pouvoir et pas à gouverner ?

Posté par François de Closets, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Invention du gouvernail !

070423-RoyalSarko5.jpgVoilà la France presque revenue au modèle traditionnel bipartisan, disons à l'anglo-saxonne, en route vers le modèle du Nouveau Monde que certains appellent de leurs vœux. Nous ne sommes donc pas dans la "rupture" mais toujours dans la "fracture".

Un camp contre l'autre dans une bataille bien ordonnée, à l'antique. Il en sortira un vainqueur et un vaincu. Un Français sur deux sera content d'avoir écrasé un Français sur deux. Malheur au vaincu ! Le vaincu ne bénéficiera pas d'une Constitution et d'une organisation des pouvoirs semblable à celle de l'Amérique qui équilibre celui du Président et de sa majorité. Il n'aura que très peu de ces contre-pouvoirs préconisés par les pères du système démocratique. Autrement dit, nous serons toujours embarqués sur un sampan, une pirogue, un coup à droite, un coup à gauche en espérant qu'en moyenne l'esquif France suivra une trajectoire "au centre".

Mais François Bayrou s'est mis aujourd'hui dans le rôle du gouvernail... Serions-nous passés en politique de l'ère de la pagaie fonctionnant à l'alternat à celle du couple propulsion-gouvernail qui fut l'une des plus grandes innovations en matière de transport et de gouvernance ?

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Qui arrêtera le déclin économique ?

070423-RoyalSarko6.jpgDans son édition d'aujourd'hui le New York Times commente les résultats de l'élection présidentielle et fait remarquer que, depuis 25 ans, la France, dans le classement mondial du PNB par habitant, est passée de la 7ème à la 17ème place.
Malgré ces faits, que pratiquement personne ne rapporte, nos candidats continuent inlassablement à parler de la France "grande nation".
Qui arrêtera ce déclin qui est la véritable cause du chômage et de la stagnation du pouvoir d'achat ?

Posté par Michel Chevet, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

La maman et le grand frère

070423-RoyalSarko7.jpgUn président n’a pas à détailler les réformes qu’il souhaite entreprendre. Il doit être, comme l’a écrit Marcel Gauchet, « une tête, une âme, un esprit, une inspiration, une direction ». Son efficacité tiendra moins à ce qu’il fera lui-même qu’à l’envie qu’il donnera aux citoyens d’agir par eux-mêmes.

Ségo veut régler les conflits entre Français comme on règle les querelles entre enfants d’une même famille. Elle est suffisamment socialiste pour récuser le paternalisme mais invente une sorte de maternalisme : les enfants doivent respecter des règles (l’ordre juste) mais savoir se débrouiller (« Il faut conduire sa vie pour la réussir » ; « La solidarité n’est pas l’assistanat » ; etc.). Elle a suffisamment de flair pour sentir les douleurs qui frappent les uns et les autres dans la vie quotidienne. Son action, comme dirait Alain de Vulpian, peut avoir une vertu « thérapeutique ».

Sarko, a tellement la pêche que chacun aimerait être capable d’être aussi performant que lui. C’est comme un grand frère qui peut vous apprendre à jouer au foot à grand renfort de « petit t’as qu’à faire comme moi ! ». De plus, il est suffisamment intelligent pour savoir que tout le monde n’a pas son ardeur et qu’un grand frère ne doit pas abandonner sur le bord de la route les plus vulnérables et les plus fragiles. Son rêve est de donner confiance pour vaincre les peurs.

Posté par Marc Ullmann, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Intelligence collective

070423-RoyalSarko4.jpgLe peuple a voté en masse. La politique parvient enfin à se retrouver en phase avec lui. Les franges extrémistes idéologiques, vestiges du passé, sont laminées. Faut-il y voir un feu d’artifice provisoire ou le signe de l’entrée dans une nouvelle ère de la politique ?

Notre pays est confronté à quelques défis majeurs : relancer l’économie, mais une économie humaniste et verte ; contribuer à la construction de l’Europe pour un meilleur équilibre du monde ; inventer le nouveau contrat social qui réponde à ce que devient la société des gens ; concilier l’élargissement de l’éventail des libertés personnelles et la garantie de sécurité. Faire émerger les réponses à de tels défis implique une intense participation de tous et la recherche authentique de consensus créatifs. Pour surmonter ces défis, la France a besoin de se débarrasser de deux de ses handicaps culturels majeurs : la tendance à construire des camps qui ne savent que se battre, et la tendance à solidifier des frontières qui ont été réelles mais ne le sont plus. Si elle y parvient, elle pourra réinventer le style et le contenu de l’opposition Droite/Gauche.

L’intelligence collective du corps électoral, qui perçoit notre déficit de coopération, a dû peser en ce sens. Au premier tour de ces élections présidentielles, il donne des scores remarquables à des porteurs de rupture. Nicolas Sarkosy a durci son image droitière au cours des dernières semaines mais beaucoup se souviennent qu’il peut prendre des mesures habituellement préconisées par la gauche. Ségolène Royal a secoué le cocotier du parti socialiste et est intervenue hier soir en se présentant comme extrêmement pugnace mais pas diviseuse. Et François Bayrou préconise ouvertement la collaboration des camps et pourrait être l’arbitre du second tour.

Il est possible que la campagne du second tour et les élections législatives qui vont suivre nous conduisent vers un gouvernement d’alliance et de consensus qui rapprocherait soit les amis de Sarkosy et de Bayrou soit ceux de Royal et de Bayrou. Ce serait une bonne nouvelle pour la France et l’Europe.

Posté par Alain de Vulpian, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Quel rêve français ?

070423-RoyalSarko3.jpgFrançois Bayrou a réalisé un score plus qu’honorable mais sa performance n’a pas été à la hauteur de son ambition. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il a voulu faire d’une condition nécessaire (le rassemblement des bonnes volontés de droite et de gauche) une condition suffisante.

“The more we’re together, the happier we shall be”, c’est très joli mais encore faut-il savoir pour quoi faire, avoir une vision de ce que doit être l’avenir. Reste à savoir si les deux finalistes ont plus de vision.

Ségo a repris une phrase que Mitterrand avait utilisée pendant sa campagne de 1974 : « Mon projet n’est pas de prendre le pouvoir mais de vous le rendre ». Il faut espérer que, si elle est élue, elle donnera plus de suite à ce propos que ne l’a fait son illustre mentor. Sans doute est-elle, sur ce point, très sincère. A ses yeux, la participation n’est pas un simple moyen mais une véritable fin. Ce n’est pas un artifice pédagogique destiné à faire accepter « en bas » les idées « d’en haut » mais une source de renouveau, une sorte d’idéal démocratique qui permet à une nation de retrouver son âme. Est-ce suffisant en tant que vision ? Pas complètement mais quand même un peu si, dans l’ensemble des mesures proposées, l’idée de participation est suffisamment prégnante pour être un nœud de cohérence. On verra pendant la campagne de l’entre deux tours si tel est le cas.

Sarko, c’est encore autre chose. Quand il parle de « France fraternelle », on se demande si c’est une véritable vision ou une simple façon de se positionner après une campagne de premier tour suffisamment droitière pour avoir privé Le Pen d’une bonne partie de son électorat. Au fond, peu importe : l’art consommé de la tactique finit par avoir une valeur stratégique. Si les Français élisent Sarko, ce ne sera pas tant parce qu’ils seront convaincus de l’authenticité de ses proclamations que parce qu’ils croient aux vertus de son énergie.

Posté par Marc Ullmann, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Graines d’avenir

070423-RoyalSarko2.jpgLe premier tour des élections présidentielles a deux significations. D’abord et c’est le point le plus abondamment commenté, il indique des choix à un moment donné. Ensuite et c’est un aspect beaucoup moins perçu il indique des aspirations qui devraient orienter le futur travail démocratique.

Le premier enseignement est la forte participation qui n’a eu d’égale que la consultation de 1974. La différence est cependant de taille. Il y a 33 ans, la dominante était un affrontement gauche-droite, aujourd’hui on se trouve devant une situation plus nuancée Cette différence est porteuse d’une nouvelle dynamique dont le moteur n’est plus l’affrontement. Le score de François Bayrou en est un symptôme. Toutefois les suffrages qui se sont portés sur le troisième candidat demeurent peu structurés. Il manifeste un ni-ni plutôt qu’un choix. Le premier travail à faire est de donner forme à une masse de nouvelle citoyenneté encore confuse.

Le score de Nicolas Sarkozy marque l’émergence d’une nouvelle problématique d’identité nationale. Ce thème relativement épuré de l’extrémisme frontiste touche une réalité majeure. En phase de mondialisation, il faut se sentir de quelque part pour pouvoir s’ouvrir à des horizons plus vastes. Le travail à faire après les discours électoralistes est de donner un essor à une citoyenneté nationale assez assurée d’elle-même pour embrasser une citoyenneté mondiale.

La composition des suffrages qui se sont portés sur Ségolène Royal pose le problème de la rénovation de la gauche de gouvernement. Le Parti socialiste est pris entre l’érosion de son audience populaire et le trouble provoqué par le côté « gauche caviar ». A cela s’ajoute le paradoxe d’une campagne misant sur la proximité sans projet à véritable contenu humaniste. Déchargée du poids des extrémismes naïfs ou désuets, il lui reste a trouver un nouveau souffle conciliant l’émotion et la vision.

Mis à part la prestation personnelle d’Olivier Besancenot, il ne se dessine pas de fracture des âges entre les jeunes et les autres. Les votes des nouveaux inscrits se répartissent grosso modo comme ceux de leurs aînés. Cela devrait conduire, dans l’avenir, à éviter les amalgames trop fréquents autour des problèmes « des jeunes ».

Les sondages d’intention de vote ont une nette valeur prédictive. Alors que leur capacité à donner contenu aux aspirations demeure à peu près inexistante. On pourrait souhaiter que la fiabilité de cet outil démocratique joue dans l’avenir un rôle moins réduit.

Posté par Gérard Demuth, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Quelle belle campagne !

070423-RoyalSarko.jpgLa France vient de vivre sa révolution de printemps. Les citoyens ont parlé de la campagne électorale sans se déchirer idéologiquement. Ils en ont parlé tranquillement à table, en famille, au travail et ailleurs. A l’issue de la première étape, ils sont allés voter. En masse. Il s’agit maintenant de ne pas polluer cette bouffée d’air frais.

Les Français aiment la politique, ils souhaiteraient être fiers de leurs politiciens et ils en voulaient à la plupart d’entre eux de les priver de ce plaisir. Ségo et Sarko ont un atout commun. Ils ont beau être des professionnels de la politique, ils incarnent une nouvelle génération. Cela incite les Français à espérer qu’on va enfin passer de la politique nuisance à la politique utile. S’ils étaient - une fois de plus ! - déçus, cela risquerait d’être grave.

Posté par Marc Ullmann, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Présidentielle : quel projet pour la France ?

070423-RoyalSarko.jpgLes deux finalistes sont connus. Chacun est porteur d'un projet. Quelles en seront les conséquences et quelle France émergera selon que ce soit l'un ou l'autre qui l'emportera au second tour ? La parole est donnée à nos membres qui, sans aucun doute, seront nombreux à s'exprimer. Le même logo accompagnera toutes les contributions relatives à cet événement.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 23/04/07 dans France - Politique - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 avril 2007
D'une harmonisation à l'autre

070421-USA-UE.jpgLors du sommet entre l'Union européenne et les Etats-Unis le 30 avril à Washington, les deux partenaires ont l'intention de signer un accord visant à harmoniser leurs réglementations dans des domaines tels que les marchés boursiers, la construction des automobiles, ou bien la propriété intellectuelle.

La Chancelière allemande Angela Merkel, président en rotation de l'UE, est la force motrice derrière cette idée, dont le but est de renforcer les liens transatlantiques qui - malgré un certain adoucissement depuis le second mandat Bush - restent perturbés.

L'initiative est à saluer, mais elle sera une oeuvre de longue haleine et donc ne pourra pas avoir de retombées positives sur les relations politiques à travers l'Atlantique que dans 5 ou 10 ans.

Entretemps, si l'Europe et les Etats-Unis veulent resserrer leurs liens, il y a un défi presque fait sur mesure devant eux - négocier une position commune (et sans contrarier trop les Russes) sur le système anti-missile que les américains veulent établir en Pologne et en République tchèque.

Posté par Peter Rashish, le 21/04/07 dans Géopolitique - USA - Union Européenne | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 avril 2007
Le Pen et son poster

Les professions de foi que chaque électeur reçoit par courrier avant l’élection présidentielle n’ont plus l’importance qu’elles avaient avant la télévision, Internet, etc. Heureusement car la plus réussie est celle de Le Pen, du moins en ce qui concerne la forme.

Le prospectus est recto verso au lieu d’être plié pour faire quatre pages bourrées de texte. C’est comme un poster avec d’un côté une bonne photo, de l’autre un « Appel à la France » mis en page de telle sorte qu’il fait penser à celui de De Gaulle en juin 40. Le Pen ne mérite certainement pas d’être président mais le directeur artistique de sa campagne mérite, lui, un premier prix.

Posté par Marc Ullmann, le 19/04/07 dans France - Politique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 avril 2007
Urbanisme et crise des banlieues

070417-peaucelle.JPGIngénieur des Travaux publics, docteur en Histoire de l’Art, architecte et 1er vice président de la Société Française des Architectes, Benoît Peaucelle est intervenu, mardi 24 avril, sur le thème : Urbanisme et crise des banlieues.

Partant de ce qui est devenu un quasi adage - Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es -, Benoît Peaucelle souhaite redonner vie aux agglomérations et suggère quelques moyens.

A la fin de ses études d’architecture à l’Ecole des Beaux Arts, il devient pensionnaire, de 1984 à 1986, de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis et s’inscrit à la Scuola di Specializzazione per il Studio ed Restauro dei Monumenti (Faculté de Rome). A son retour à Paris, Benoît Peaucelle rejoint la Société Française des Architectes comme Administrateur puis vice président de 1986 à 1999. En 1988, il s’associe à Christian Levy pour fonder LPA dont il est le responsable Qualité et qui est certifiée ISO 9001 depuis 2000. En 2001, il crée URBAPAM.

Benoît Peaucelle, dont la compétence est reconnue dans le domaine de la restauration du patrimoine historique a réalisé de nombreux projets partout en France mais aussi à l’étranger. Il a ainsi obtenu le Prix de la meilleure réhabilitation du Vieux Strasbourg en 1988, le Prix du meilleur ravalement de Paris en 1996 (rue de Hautefeuille) et en 1998 (rue du Grand Prieuré).

En 1999 et 2000, il effectue une mission d’Architecte Conseil auprès de l’Autorité Palestinienne et intervient notamment sur la restauration de la vieille ville de Bethléem, la création du Musée National Archéologique de Gaza et de l’Urban Rehabilitation Unit de Bethléem et la formation de son personnel...

Benoît Peaucelle ne chôme pas. De nombreux projets sont en cours comme la réhabilitation du hall de l’aéroport de Marseille, la restauration de la Cour du Corbeau – ensemble classé MH à Strasbourg – ou encore des projets d’urbanisme en Mayenne et dans l’agglomération de Compiègne.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 17/04/07 dans L'invité du mois | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 avril 2007
Le progrès à quoi bon ?

070416-TGV.jpgDeux informations a priori sans rapport ont ouvert les journaux télévisés du 4 mars 2007 : le record de vitesse du TGV à près de 575 km/h et, par ailleurs, les 9 enfants de maternelle qui ont eu droit à de l’eau et du pain en guise de repas à leur cantine. Deux images de la France d’aujourd’hui qui auraient pu finalement se dérouler dans la plupart des pays développés.

Que retiendront les historiens dans quelques siècles de notre civilisation ? Probablement que toutes les technologies y auront vu le jour, du moins dans leur forme basique. En un siècle, nous avons créé l’automobile, l’avion, le train, les fusées, la radio, la télévision, l’informatique, Internet et je passe sur tous les progrès médicaux. Ceci nous a permis d’atteindre des taux de croissance jamais rencontrés dans toute l’histoire de l’humanité. Et pour en faire quoi ?

La misère concerne un habitant de notre planète sur deux, la pauvreté s’installe dans les pays les plus riches et le léger mieux que l'on nous promet (Cf. les objectifs du millénaire pour le développement) est toujours renvoyé aux calendes grecques. C’est bel et bien là le plus grand échec des politiques du monde entier : n’avoir pas su profité d’une période particulièrement favorable pour mettre en place un système équitable où tout le monde a sa chance et sa place.

Nous savons faire des trains rapides ? Tant mieux, cela nous permet de ne pas voir la misère qui reste à quai.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 16/04/07 dans Développement - France - Pauvreté - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 avril 2007
Réseaux sans fil (encore) en danger

070413-wifi-logo.jpgL'article scientifique publié le 1er avril dernier par trois chercheurs de l'université de Darmstadt aurait pu passer pour une mauvaise plaisanterie avec son intitulé percutant : "Breaking 104 bit WEP in less than 60 seconds", si la communauté des experts en Sécurité des Systèmes d'Information n'avait pas ensuite confirmé que cette nouvelle n'était pas un canular, mais bel et bien une trouvaille mettant en péril la majorité des réseaux dotés d'un accès sans fil Wi-Fi.

Depuis près de 6 ans maintenant, les nombreuses failles de sécurité qui ont été mises en évidence autour de la technologie d'accès aux réseaux sans-fils Wi-Fi avaient inquiété les spécialistes, mais l'essor du nomadisme informatique tout comme son succès à grande échelle avaient fait oublier ces craintes.

Les liaisons Wi-Fi possèdent différents mécanismes de sécurité permettant de chiffrer les données, cependant le mécanisme par défaut - baptisé WEP - n'offre qu'une sécurité illusoire. Jusqu'à présent, quelques heures suffisaient pour qu'une personne malveillante ne casse le mécanisme de chiffrement WEP pour s'introduire sur les réseaux Wi-Fi à sa portée. Pour ceux et celles qui s'estimaient encore en sécurité avec WEP, cette étude scientifique démontre le contraire car il est désormais possible de s'introduire illégalement sur un réseau Wi-Fi utilisant n'importe quelle version de WEP (même la plus "sécurisée", soit 128 bits) en environ une minute, avec les conséquences que l'on est en mesure d'imaginer.

Heureusement, les révélations des experts ont amené depuis quelques années les industriels à améliorer leurs gammes de produits sans-fil Wi-Fi, en y intégrant un nouveau système sécurisé baptisé "WPA " qui corrige la majorité des défauts de son prédécesseur. La solution permettant un accès en Wi-Fi sécurisé existe donc bel et bien de nos jours, encore faut-il la mettre en oeuvre ! Aujourd'hui, la quasi-totalité des réseaux Wi-Fi en fonctionnement est vulnérable à ce type d'attaque.

D'une part, peu d'utilisateurs sont au courant du problème, et ne savent pas comment effectuer la correction. D'autre part, un certain nombre de constructeurs n'ont pas encore corrigé leurs produits et continuent à vendre des équipements Wi-Fi non équipés de ce nouveau mécanisme "WPA". Enfin, le rôle d'information des vendeurs et professionnels des réseaux est encore insignifiant, et l'on trouve par exemple encore des centaines de milliers d'équipements Wi-Fi vendus ou prêtés (dans le cas des boitiers d'accès Internet) aux entreprises et particuliers sans que les mécanismes de sécurité WPA ne soient actifs.

Ceci est un bel exemple démontrant que l'évolution rapide des nouvelles technologies ainsi que leur mise à disposition auprès du public en hâte (pour répondre à une démande légitime) n'est pas toujours sans risque et engendre des problèmes qui doivent ensuite être corrigés tant bien que mal.

Document disponible sur : http://eprint.iacr.org/2007/120

Posté par Bruno Kerouanton, le 13/04/07 dans Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 avril 2007
Europe : violence juvénile

070411-Violence.jpgLes Berlinois ont découvert que la délinquance juvénile en réunion a augmenté dans la capitale allemande de plus de 5% en 2006. Plus grave, le recours à des armes a fait un bond de 31%. De leur côté, les Britanniques savent qu'une bonne partie des terroristes impliqués dans les attentats de Londres sont de jeunes citoyens anglais nés en Grande Bretagne mais issus de l'immigration. Et la récente explosion de violence à la gare du nord à Paris rappelle aux Français les émeutes de 2005.

Les politiques de l'immigration en Allemagne, en Angleterre et en France sont inspirées par des paradigmes différents et conduisent à des actions et à des styles juridiques ou policiers parfois opposés. Ici, on encourage le communautarisme, là l'intégration. Ici, on identifie les ethnies, là on interdit de les inclure dans les statistiques. Ici on pratique le droit du sang et là celui du sol. Mais, dans les trois pays, l'échec est patent.

Il semble, dans ces conditions, qu'il faudrait tout reprendre à la base et concevoir une analyse :

- qui serait plurinationale, européenne : repousser la tentation de chaque pays à ne regarder que son cas ; tirer parti des succès et des échecs de chacun des pays européens confrontés à l'immigration.

- qui tenterait de comprendre les microprocessus interpersonnels, sociétaux et économiques qui conduisent à la révolte et au passage à l'acte,

- qui ne limiterait pas son champ d'investigation aux jeunes issus de l'immigration car, en dehors même des « ghettos », nous sommes peut-être en train de fabriquer une jeunesse en révolte contre le système dominant.

Posté par Alain de Vulpian, le 11/04/07 dans Citoyenneté - Europe - France - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 avril 2007
Pour un budget participatif

070407-budget_participatif.jpgJe ne suis pas un fan de Mme Royal mais suis quand même effaré par le manque d’imagination de certains « Messieurs je sais tout » pour qui les gens ordinaires n’ont pas à s’occuper des choses sérieuses.

Eric Besson, l’un des principaux contempteurs de « Ségo », retrace (page 140 du livre « Qui connaît Madame Royal ? ») un dialogue qu’il a eu avec Claude Askolovitch, son interviewer :

- Vous allez me raconter une nouvelle bourde de Ségolène Royal ?

Nous sommes en 2006 dans la préparation du projet socialiste. Ce sont des réunions lourdes. On parle de fiscalité, de réforme fiscale, du budget de la France. Autour de la table, tous nos leaders. Strauss Kahn, Hollande, Lang, Aubry, Fabius, Emmanuelli et Royal. Chacun s’exprime. A un moment, on se tourne vers elle...

- Et elle dit une bêtise ?

Elle dit : « Ce qui m’importe c’est que le budget de la Nation soit participatif ».

- Ce qui signifie ?

Comment voulez-vous que je le sache ? Dans un quartier, un budget participatif, j’arrive à concevoir même si je n’aime pas trop… Mais au niveau de l’état du budget de la cinquième puissance, je ne sais pas.

- Quelqu’un la relance, l’interroge ?

Non. Tout le monde est atterré. Personne ne réplique. Un ange passe, tout le monde se regarde. François fait une boutade. Il fait rire et ça met fin au flottement… Plus tard, quand je résume les différentes interventions … je saute celle de Ségolène Royal. Délibérément. Je ne vois pas ce que je pourrais dire sur un non sens pareil.

Sorry, M. Besson, je ne vois pas où est le non sens. Il serait certes plus facile de commencer par les budgets locaux mais Mme Royal n’a pas dit que l’ensemble du budget de la Nation devait être voté par l’ensemble du peuple. Ces Messieurs auraient pu lui demander de préciser sa pensée. Je ne sais pas ce qu’elle aurait répondu mais voici, à titre d’exemple, une réponse possible :

D’abord, l’orientation du budget pourrait, dans ses grandes lignes, faire l’objet de débats indicatifs préalables à l’élaboration gouvernementale.

Ensuite et surtout, les citoyens pourraient être associés à l’affectation d’une petite partie de leurs contributions fiscales. On pourrait imaginer que ce mécanisme ne concerne, pour commencer, que 5 % du produit de l’impôt sur le revenu. Soit à peine plus de 1 % des recettes de l’Etat. Concrètement, le gouvernement proposerait et le parlement voterait, comme d’habitude, les dépenses correspondant à 99 % du budget mais, pour le 1 % restant, il se contenterait de dresser la liste de certains investissements publics considérés comme souhaitables pour améliorer la vie quotidienne des Français. Les contribuables choisiraient sur cette liste en décidant eux-mêmes l’affectation de l’équivalent de 5 % de l’impôt sur le revenu. Ainsi, auraient-ils la satisfaction de savoir que cet argent sera utilisé à quelque chose qu’ils jugent nécessaire. De plus, les administrations pourraient être mises en concurrence et autorisées à faire de leur mieux pour séduire les assujettis transformés en donateurs.

Est-ce utopique, irréalisable ? Plaçons-nous du point de vue du citoyen-contribuable. Aucun n’accepterait que l’Etat lui ordonne d’acheter une voiture, plutôt qu’un téléviseur. Or, pour ces autres produits de consommation courante que sont les autoroutes, les crèches ou les adductions d’eau, tout se passe comme si rien n’avait changé depuis que les Anglais, au XVIIème siècle, ont inventé la démocratie parlementaire. Aujourd’hui, pourtant, les dépenses de l’Etat ne couvrent plus seulement le fonctionnement de l’armée, de la police et de quelques administrations : elle touche à tous les besoins collectifs lesquels, dès lors, souffrent d’un handicap grave par rapport à la consommation privée.

Tous les jours, la publicité nous pousse à acheter ceci ou cela. A l’inverse, les services publics ne se donnent pas la peine de faire savoir précisément comment ils comptent utiliser notre argent. C’est là un vice profond de nos sociétés occidentales : elles n’ont pas encore réussi à mettre les mécanismes du Marché au service des besoins collectifs. Il faudrait – comme le disait Pierre Massé, un ancien commissaire au Plan – trouver une idée neuve qui permette au contribuable d’exercer des choix, une idée qui les mobilise au lieu de les faire râler. Hélas, Eric Besson n’est pas Pierre Massé. Ce n’est pas sur lui qu’il faudra compter pour trouver une idée neuve.

Marc Ullmann est membre fondateur du club des vigilants

Posté par Marc Ullmann, le 09/04/07 dans France - Politique - Réforme de l'Etat - Société | Commentaires (10) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 avril 2007
Quand l’admiration s’en va …

070406-DrapeauUS.jpgLes Etats-Unis ont assis leur puissance en jouant sur deux registres : ils étaient à la fois forts et admirés. Aujourd’hui, la force subsiste mais l’admiration s’en va. Faute de modèle à admirer ailleurs, le monde se trouve déboussolé.

La science tourne encore à l’heure américaine mais, dans les autres domaines, adieu le soft power ! L’unilatéralisme a fait tellement de ravages à l’international que « l’Oncle Sam » a acquis la réputation d’être sourd, aveugle, quasiment autiste, incapable de comprendre et d’apprécier les ressorts et les motivations de ceux qui ont été nourris par d’autres cultures.

Même les pays amis de l’Amérique se mettent à critiquer ce que jusqu’alors ils se plaisaient à copier. La gouvernance des entreprises ne fait pas exception et le code moral, qui aux Etats-Unis régit les marchés financiers (Sarbanes – Oxley Act, etc.), semble plus lourd que nécessaire et moins efficace que prévu. Les conséquences sont lourdes : en 2000, 50% des introductions en bourse se faisaient en Amérique. Le chiffre est aujourd’hui de l’ordre de 5%.
Il n’y a pas de quoi se réjouir. Le monde a besoin de règles. Pour l’instant, aucune institution n’est à même d’en édicter. Quant à l’Europe, qui devrait être un phare, elle semble, aujourd’hui, en veilleuse.

Posté par Marc Ullmann, le 06/04/07 dans Entreprises - Europe - Géopolitique - Sciences - USA | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 avril 2007
Presque 1 Million d’expulsables !

070404-MalLoges.jpgNotre pays, selon l’Insee, compte aujourd’hui 722.500 personnes en situation de loyers impayés depuis plus de deux mois. Comme chaque année, la « trêve hivernale" qui court du 1er novembre au 15 mars a expiré. Si les expulsions locatives, qui ont repris depuis, se poursuivent à leur rythme, cette douloureuse « facture sociale » à la française risque de se saler.

Dans la capitale, certains propriétaires fonciers du XX arrondissement n’hésitent pas à réclamer des augmentations de loyer de près de 300 euros. Ils ne sont pas les seuls. Ces augmentations subites étranglent les locataires du secteur privé des quartiers populaires. Ils se retrouvent, d’un coup, à ne plus pouvoir payer leur loyer et peuvent facilement tomber dans la spirale infernale des « mal-logés », voire des « sans-logement ».

En attendant la mise en oeuvre, le 1er décembre 2008, de la loi adoptée en début d’année sur le droit au logement opposable, plusieurs associations récalment "un moratoire sur les expulsions" des personnes les plus démunies.
Pour tous les autres « mal-logés », il faudra patienter jusqu’au 1er janvier 2012 – si le cap est tenu par le gouvernement … - afin que la loi soit appliquée. Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation de l’éminent Abbé qui vient de nous quitter, demande un moratoire pour les personnes les plus démunies et le paiement des indemnités de loyers par la Solidarité Nationale.

Les « sans-logement » devront, quant à eux, attendre encore davantage, jusqu’à quand ? 2020 ? 2030 ?

Posté par Déborah Secrétin, le 04/04/07 dans France - Pauvreté - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 avril 2007
La face cachée des 35 heures

35heures.jpgAucun homme politique, aucun chef d’entreprise, aucun écrivain, aucun artiste n’accepterait l’idée de ne travailler que 35 heures. Ce qu’ils font les passionne. Le travail est leur plaisir.

Tout le monde n’a pas cette chance mais il est anormal d’empêcher les salariés de vouloir y accéder. C’est un aveu d’échec. C’est faire comme si, dans le monde actuel, les salariés étaient anonymes et interchangeables. Tout devrait, au contraire, être tenté pour leur donner envie de s’impliquer, pour encourager l’esprit d’œuvre.

Il est vrai que certaines tâches peuvent être rébarbatives et que beaucoup de gens travaillent surtout pour gagner leur vie. Mais pourquoi alimenter le stress en serrant les horaires ? Les salariés qui sont pressés de rentrer chez eux doivent pouvoir le faire mais ceux qui ont su transformer les collègues en amis et considèrent que le temps perdu avec eux est du temps gagné ne doivent pas être obligés de quitter les lieux à heure dite. Dans ce domaine aussi, le « bon choix » est d’avoir le choix.

Posté par Marc Lanval, le 02/04/07 dans Emploi - France - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Luc Ferry
 
Président délégué du Conseil d'Analyse de la Société, Luc Ferry est intervenu, mercredi 1er juillet, sur le thème : « La France de demain doit se réfléchir aujourd’hui ».  
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