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Chinois gourmands mais pas pressés |
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Deux chiffres méritent d’être rapprochés. En 2006, l’ensemble des fusions et acquisitions en Europe a mobilisé environ 1.500 milliards de dollars. A la même époque, les réserves de change accumulées par la Banque Nationale de Chine ont franchi le seuil des 1.000 milliards de dollars. Si elle l’avait voulu, la Banque de Chine aurait donc pu acheter les 2/3 de toutes les entreprises qui ont été vendues en Europe.
On calcule de la même façon, que le montant des réserves chinoises correspond à peu près à la capitalisation boursière des trois principales firmes américaines : Exxon Mobil, General Electric et Microsoft. De là à redouter une offensive sur les joyaux de couronne occidentale, il n’y a qu’un pas. A ne pas franchir.
Les Chinois nourrissent des rêves de revanche mais ne peuvent avoir envie d’asséner des coups qui, dans l’état actuel des choses, provoqueraient de sévères représailles. Leur puissance doit avancer masquée et leur emprise s’imposer pas à pas. Pas question, pour l’instant, d’attaquer, en Amérique et en Europe, les plus grosses entreprises. Mieux vaut conquérir des parts de marché en leur achetant des filiales. Mieux vaut surtout, avaler des entreprises moyennes à fort contenu technologique. En économie, comme à table, l’appétit vient en mangeant. Inutile d’être glouton.
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L’Histoire passe, la Géographie reste |
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Stratèges et économistes d’aujourd’hui découvrent que l’Allemagne est au centre de l’Europe. Quelle découverte ! Elle l’était déjà en 1913. Des ambitions démesurées, deux guerres mondiales et des millions de morts n’ont pas, fondamentalement, changé la géographie.
L’Allemagne retrouve ses marques. Comme avant 1914, elle construit des pipelines en Russie et investit en Tchéquie. La Deutsche Bahn fait rayonner ses trains à l’Ouest comme à l’Est. L’Union Européenne ressemble à un « zollverein » élargi.
De même pour la Chine. On redécouvre aujourd’hui que « l’Empire du Milieu » est au centre le l’Asie. Pendant la colonisation, on avait l’oublié. Pendant le maoïsme, on préférait ne pas y penser. Puis, avec la mondialisation, on a cru que la conquête des marchés américains et européens était l’unique obsession de la nouvelle Chine. On s’aperçoit, enfin, que son pouvoir d’attraction s’exerce (ou, en tout cas veut s’exercer) prioritairement sur les pays qui, naguère, étaient les protégés de l’empire.
Et l’Iran ? Certains ont fait fi de sa position stratégique qui, pourtant, est immuable. La nation perse a connu des éclipses mais le pays a toujours rebondi. Si, demain, le gouvernement américain décidait de détruire son potentiel économique, l’Iran retrouverait, tôt ou tard, son rang de puissance régionale.
Pour comprendre le monde, le plus simple est de dessiner plusieurs cartes avec, pour chacune, un centre différent. Le monde « vu de », voilà la clef de toutes les politiques étrangères.
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Pour améliorer la gouvernance collective… |
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L'Etat et les collectivités locales dans leur ensemble, ayant chacun une part de la gouvernance de la nation, devraient s'inspirer, pour s'adapter aux nouvelles réalités de manière harmonieuse, une démarche analogue à celle que commencent à engager les grandes entreprises du monde : le management par les processus stratégiques.
Ce management nouveau dans les entreprises, les rend performantes "globalement" et non "morceaux par morceaux" en liant leurs véritables axes et objectifs stratégiques (qui peuvent être évolutifs) avec leur réalité opérationnelle de tous les jours.
La réalité des organisations humaines (entreprises, états, communauté globale de niveau mondial) est d'être "complexe", c'est à dire d'être pluri-factorielle dans ses causes et à finalités multiples dans ses raisons d'être…
Pour cela on peut bien sûr identifier au sein de ces organisations "les fonctions pérennes" (certains diraient régaliennes) qui sont nécessaires et qui doivent être le plus "efficientes" possible. Pour que ces organisations fonctionnent et participent à la production d'une réelle "valeur" pour ceux qu'elles servent, elles doivent intégrer divers acteurs, divers contributeurs qui, chacun pour son compte, cherche à maximiser ses intérêts particuliers (on parle d'organisation en silos de spécialité ou d'expertise ou de pouvoir ) au détriment de l'intérêt général du "corps organisé" que constitue soit l'entreprise soit la collectivité, la région, la nation ou toute forme d'organisation d'un niveau supérieur d'agrégation cohérente.
Pour étudier cette production de valeur, c'est-à-dire la recherche de ces objectifs ou la proximité de ces axes stratégiques pour la collectivité, il faudrait faire se révéler (comme on le dit du développement d'une photographie argentique) ces "fils rouges" qui lient entre elles les actions et les décisions de chacun des acteurs au sein de leur espace d'autonomie, souvent sans qu'ils en aient réellement conscience.
Ces fils rouges sont des "processus". Ils se comportent comme des ponts entre les gens. Pour que l'ensemble de la collectivité puisse avoir réellement une "communauté de destin ou d'intérêt" ces processus doivent être incarnés et pilotés !
Ces fils rouges traversent horizontalement des zones d'autorité, d'autonomie, de hiérarchie, de pouvoir. Ils ne s'intéressent qu'aux finalités collectives de l'ensemble et au rôle de chacun dans leur atteinte. Ce type de management nouveau permet d'adapter les "articulations d'action et de décision" entre les structures, les "organes" qui constituent la réalité de la collectivité.
Des entités structurelles telles qu'un gouvernement, une fédération, un département ministériel, une collectivité locale, un organisme public ou privé voire international, sont traversées simultanément par ces "fils rouges" car toutes, peu ou prou, sont des "parties prenantes" au processus qui servent les finalités d'intérêt général.
Alimenter les populations en eau potable suffisante, peut être une telle finalité… Assurer le bon niveau d'intégration humaine et culturelle des nouveaux venus dans les collectivités nationales, peut en être une autre…
Cette démarche relève d'un triple travail de réforme, de transformation : managérial, organisationnel et instrumental.
On peut craindre que, dans le domaine de la gouvernance des pays, on ne sache pas toujours bien distinguer :
- ce qui relève des "fonctions pérennes", donc des structures, à efficacité et expertise locale, de type hiérarchiques et
- ce qui relève des "processus", donc d'un pilotage d'actions et d'activités transversal à l'ensemble de ces mêmes structures.
Autrement dit, chercher à distinguer dans la gouvernance d'ensemble, ce qui relève prioritairement de la question Comment ?, traitée par une organisation hiérarchique verticale, de ce qui relève prioritairement de la question Pourquoi ?, traitée par une organisation processus horizontale…
Peut-être y a t il là un sujet de réflexion pour aider nos institutions, souvent organisées à l'antique, à se moderniser…
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Où sont les visionnaires-négociateurs ? |
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Nous faisons tous comme si l’échéance présidentielle était capitale pour notre avenir et en même temps nous sommes certains que la politique a de moins en moins de prise sur nos destinées personnelles. Comment expliquer ce paradoxe si l’on veut dépasser les explications faciles de la schizophrénie française ou de l’intoxication médiatique ?
Il me semble que ce qui nous pousse à tant investir dans l’élection présidentielle, c’est notre espoir (jusqu’ici toujours déçu) qu’un(e) président(e) peut inverser le cours des choses et rendre sa force à la politique. Nous avons encore en mémoire les mots forts (hélas sans suites) que Jacques Chirac prononçait au soir de son élection de 2002 « pour que la république vive, pour que la nation se rassemble, pour que la politique change ».
Tous les principaux candidats ont compris ce désir des Français de changer d’ère politique et ne cessent de marteler qu’ils veulent rompre avec les pratiques antérieures. Fort bien, mais ont-ils compris quelle rupture était nécessaire ? Leur volontarisme est-il adapté à la réalité de la société française ? Plus je les écoute et plus je suis inquiet car, sous les discours, la façon d’envisager la politique ne change pas. On entend beaucoup de « je veux » mais bien peu d’explications sur la manière de faire. Alexandre Jardin avait raison l’autre jour d’insister sur l’importance du « comment ». Il a créé le site :
commentonfait
Pour ma part, n’ayant pas peur des oxymores, je souhaiterais un « volontarisme modeste » : volontarisme, car il y a bien nécessité de rompre avec les habitudes de penser et de faire ; modeste, parce qu’il est impossible, même au sommet de l’Etat, d’agir sans s’appuyer sur les « envies d’agir » de toute la société. Le volontarisme modeste consiste à cesser de croire que la société est bloquée et que la mission du politique est de la débloquer ; il part du postulat inverse que la société en réseau dans laquelle nous sommes entrés est tout à fait apte à régler elle-même ses dysfonctionnements à condition qu’elle capte un signal clair et fort qui l’incite à s’y mettre.
En ce sens, le président dont nous avons besoin est un visionnaire-négociateur : il doit avoir une vision claire des enjeux et des ressorts sociaux sur lesquels s’appuyer afin de pouvoir ouvrir les 10 chantiers qui renouvelleront en profondeur notre pacte social.
Qui aura la capacité à entrer en négociation permanente avec la société pour co-élaborer les réformes nécessaires et mettre en place les plans de mobilisation sociétale qui en découleront ?
Il ne suffit pas d’écouter les Français puis de reprendre la main entre professionnels de la politique et de l’administration, l’enjeu est de diffuser du pouvoir de faire, à toutes les échelles, bien au-delà des fameux corps intermédiaires qui sont souvent porteurs de la même culture, celle du « faire pour » là où on a besoin d’un « faire avec ». Nous avons besoin d’un président de l’Empowerment des Français, mais je crains que cette conception du pouvoir ne soit pas encore celle de la génération qui arrive aux affaires. Devrons-nous attendre un quart de siècle supplémentaire ?
Hervé Chaygneaud-Dupuy est Délégué général des : ateliersdelacitoyennete
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Vrais « sans papiers » et faux charters |
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Contrairement à une idée acceptée par ceux qui ont envie d’y croire, le renvoi par charters des immigrés sans papiers est une pure illusion. Les sans papiers, s’ils veulent rester en France ou dans tout autre pays européen, prennent soin d’être vraiment sans papiers, c'est-à-dire de ne pas en avoir. Ils se trouvent ainsi originaires de nulle part, ce qui ne constitue pas une destination.
Les expulsés ne peuvent donc appartenir qu’à deux catégories : il y a certains nigauds qui, sans avoir tous les justificatifs nécessaires, ont cru bon d’accomplir des démarches de régularisation ; et peut-être aussi quelques individus pour lesquels des autorités consulaires de tel ou tel pays d’Afrique, acceptent, en échange de contreparties accordées par la France, de faire des vrais faux papiers attestant une nationalité réelle ou supposée. Au total, cela ne peut pas faire grand monde !
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Jean-Marie « la tripe » en embuscade contre Bayrou « la science » |
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Vue de l’étranger, la campagne pour l’élection présidentielle française a quelque chose d’incongru. Un « troisième homme » venant du centre, c'est-à-dire de nulle part, peut battre les favoris. Cependant, cet étrange champion n’est pas certain d’arriver en finale. Il peut même être privé de la médaille de bronze.
Pour avoir une chance de gagner la médaille d’or, François Bayrou devra d’abord empocher la médaille d’argent. Il faudra, pour cela, que Sego ou Sarko s’effondre. Or, rien ne prouve que la « Dame aux caméras » va « exploser en vol » comme l’ont prédit certains de ses « bons amis » socialistes. Quant au « Napoléon de Neuilly », s’il n’est pas à l’abri d’un faux pas, rien n’indique encore qu’il soit sur le point de trébucher. Pour « l’étoile du Béarn », l’accès à la médaille d’argent est loin d’être assuré.
Et la médaille de bronze ? Le Pen qui a finalement récolté ses 500 signatures avance des idées simples susceptibles de séduire la partie de l’électorat populaire qui répugne à la complexité. Fait nouveau : des immigrés musulmans sont maintenant prêts à lui faire confiance. Ces ralliés sont contents d’être français et la perspective de nouveaux arrivants a plus tendance à les effrayer qu’à les réjouir. Madré, le « fils de marin pêcheur » fait tout pour les appâter. Il exercera, dit-il, un « contrôle strict de l’immigration » et accordera les avantages sociaux « à tous les Français mais seulement aux Français ».
Bayrou, lui, ne répugne pas à la complexité. Homme de consensus, il croit à la réforme et souhaite redonner à ce mot galvaudé ses lettres de noblesse. Centriste, il joue sur l’envie d’un nombre croissant de Français, d’échapper aux idéologies surannées et dominatrices de droite et de gauche. S’il parvenait au second tour, il bénéficierait, par surcroît, de l’apport de ceux qui, par défaut, voudraient « tout sauf Sarko » ou « tout sauf Sego ». Encore faut-il sauter l’obstacle du premier tour. Or, c’est un rude pari de s’adresser à la raison à une époque où prime l’émotion. Un pari courageux.
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Vers quel genre de démocratie allons-nous ? |
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Nous ne sommes déjà plus dans une démocratie d’opinion. Jusqu’aux années 70 en France, une large majorité des gens avaient des opinions politiques relativement tranchées et fixes. Ils avaient tendance à se rattacher ou à s’opposer à des catégories, des collectivités, des camps.
Ils avaient été républicains, orléanistes ou légitimistes. Ils se sentaient appartenir à la classe ouvrière, à la bourgeoisie, ils se sentaient communistes, bon Français, catholiques ou antisémites… Ils étaient de droite ou de gauche ou d’extrême gauche.
Il en va tout autrement aujourd’hui. Les Français interviewés par l’Ami Public lors de son enquête sur la société rêvée sentent la droite et la gauche comme des tempéraments ou des cultures floues, parfois complémentaires, plutôt que comme des camps clairement opposés. Presque tous ceux qui se sentent de droite ou de gauche ont un pied dans l’autre camp. On est à droite mais on n’aime pas les partis de droite. On est à gauche mais on n’aime pas les partis de gauche.
Les électeurs éprouvent de grandes difficultés à se positionner. D’après la dernière vague de l’enquête 3SC de Sociovision Cofremca (juillet 2006, 2200 enquêtés de 15 ans et plus) 15% se classent à gauche, 12% à droite, 26% se situent plutôt au centre et 47% ne se rangent ni à droite, ni à gauche ni au centre.
La dimension droite/gauche est ainsi vécue sur des modes complètement différents par la plupart des gens ordinaires et par la classe politique qui joue une opposition théâtrale entre deux camps irréconciliables. Et les citoyens aiment de moins en moins qu’il y ait des camps plus centrés sur la guerre qu’ils se font que sur la résolution des problèmes.
Ce combat théâtralisé entre les camps politiques paraît d’autant plus artificiel que les actions que mènent les uns et les autres paraissent peu différentes. Du coup, les luttes politiques sont souvent perçues par les citoyens comme des combats d’appareils ou de vedettes sur des sujets qui ne sont plus essentiels. Elles contribuent à priver la politique politicienne de sens et ouvrent grand la porte au jeu des intérêts particuliers, des corporatismes et des lobbies qui contribuent à diluer la notion de bien commun et à accentuer la perte de sens.
En fait, en 2007, la plupart des électeurs ont des impressions, des sensibilités, des mouvements de sympathie ou d’antipathie, des impulsions plutôt que des opinions politiques. Ils ne s’identifient plus de façon durable et forte à une communauté ou à une autre mais sont impliqués dans une variété de socio-systèmes qui coexistent ou s’enchevêtrent avec des dominantes qui varient selon les circonstances. Telle ou telle facette de leurs sensibilités est éveillée à un moment donné qui les incite à agir d’une façon ou d’une autre. Nous avons quitté une démocratie d’opinions pour une démocratie d’impulsions.
Les politiciens ont une intuition plus ou moins vague de cette mutation. Il me semble que leurs actions combinent dans des dosages différents trois postures :
- Une posture ancienne à forts relents idéologiques. Ils cherchent à réveiller les idéologies usées ou les intérêts particuliers. Ici un coup de clairon socialiste ou anti-riches. Là, un roulement de tambour sécuritaire, fiscal ou libéral. Il est probable que la grande majorité des électeurs sont peu sensibles à ces appels à la droite ou à la gauche et n’attachent pas une grande crédibilité à ces promesses...
- Une posture tactique qui cherche à caresser dans le sens du poil la variété des sensibilités fluctuantes d’aujourd’hui. Un dosage de petites inflexions tente de s’y ajuster à la lumière des sondages. La complexité et l’instabilité des sensibilités rend l’opération délicate et hasardeuse.
- La troisième posture est celle de la recherche d’un bien commun consensuel. Ceux qui la pratiquent sont à l’écoute attentive des douleurs et des malheurs, à l’affût précoce des processus pervers qui aboutissent ou pourraient aboutir à des malheurs, des conflits ou des paralysies. Si cette posture se généralisait elle nous entraînerait vers une démocratie soignante, une démocratie thérapeutique. Celle qui, sans doute, permettrait au pouvoir de retrouver une symbiose avec la société des gens.
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Guerre économique |
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Les cabinets d’avocats américains ont essaimé dans le monde entier et connaissent parfaitement les systèmes juridiques des pays où ils sont installés. Dans la conduite de leurs affaires, c’est un atout mais quand les rivalités deviennent nationales, cela peut être une arme.
Ainsi, les entreprises françaises les plus en vue au Moyen Orient (Total en première ligne mais aussi BNP, Peugeot, Renault et quelques autres) sont en bute à des attaques dont le bien-fondé ou le mal fondé éclatera après que la justice ait suivi son cours. C'est-à-dire quand les rumeurs et les vagues auront déjà fait mal.
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Assemblée générale du Club des Vigilants |
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L'Assemblée générale du Club des Vigilants s'est tenue jeudi 15 mars. A cette occasion Bernard Esambert, président du Club, a présenté le projet de Rapport Moral, suivi de Robert Guillaumot, trésorier du Club, pour le Rapport Financier.
A l'ordre du jour a figuré notamment la ratification par l'Assemblée générale de la cooptation de nouveaux membres au Conseil d'Administration ainsi que le renouvellement des membres dont le mandat est arrivé à terme.
D'autres questions ont été abordées telles que la synthèse du questionnaire envoyé à tous les membres ainsi que les perspectives de développement du Club.
Les membres du club ont été nombreux à y participer.
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Naissance d'un métier du futur ? |
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Les dirigeants politiques de nos vieilles sociétés occidentales sont à la recherche d'idées pour utiliser la main d'œuvre dite "peu qualifiée" dans nos économies du futur à "haute valeur ajoutée". En France, par exemple, les experts du C.E.S. ont identifié que l'avenir appartiendra aux emplois de "totale proximité" car peu intéressants à délocaliser.
Nos économies développées n'ont plus besoin, en réalité, de l'énorme quantité de main-d'œuvre dont disposent nos sociétés post-industrielles. Les emplois à forte valeur ajoutée, à l'instar des emplois de pure production, sont eux aussi entrés dans une ère d'industrialisation et de mondialisation…
L'avenir, nous dit-on, est à s'occuper des gens, de leur bien-être, de leur petit bonheur et de leur petite santé ou de leurs vastes périodes de temps disponible, de leurs "distractions". Ce n'est pas vraiment le retour du "personnel de maison" mais plutôt l'arrivée du "service sur mesure à la personne".
Pourtant, la mondialisation actuelle a fait naître depuis quelques dizaines d'années, un nouveau secteur économique profitable et déjà largement investi par des entreprises multinationales. Ce secteur bénéficie largement de l'ouverture des frontières et de cette libéralisation des services qui a fait couler beaucoup d'encre en Europe, grâce aux propositions de Monsieur Bolkenstein.
Le "business model" de ce secteur est parfaitement au point et le savoir-faire requis est vieux comme le monde… Ce qui est favorable à son essor c'est précisément ce qui fait la spécificité de la mondialisation libérale actuelle : la suppression de l'éthique du champ de l'économie marchande, la liberté totale de penser et de faire au mépris de toute forme de règle commune, la résurgence d'un très ancien principe de réalité du monde qui sépare les humains entre les "loups" et les "agneaux", l'existence de moyens techniques incroyables aux yeux de nos pères qui font que nous ne sommes pas loin d'atteindre à l'ubiquité, du fait de la facilité et de la modicité du coût des transports ainsi que de l'explosion des moyens audiovisuels et de télécommunications à notre disposition.
Le secteur d'avenir qui pourra employer beaucoup de personnes, femmes, hommes et enfants indifféremment, et pour lequel le "marché potentiel" est immense et loin d'être saturé ?
C'est celui de la "traite des êtres humains" !
Nous croyons tous que l'esclavage est mort, aboli depuis longtemps. De temps en temps l'actualité nous plonge dans des faits divers que notre vieille morale occidentale, encore imprégnée de respect de l'être humain, a tendance, pour quelques temps encore, à réprouver.
Nos sociétés, qui se disent évoluées en terme de civilisation, ont mis des freins à l'avidité et à la cupidité naturelle des hommes en introduisant de "beaux concepts" comme le principe de l'existence de droits naturels de la personne humaine ou le mécanisme d'encadrement des relations du travail qui est un contrat entre un employeur (celui qui propose quelque chose à faire) et un employé (celui qui est prêt à faire et, souvent, sait faire)….
Asseyons-nous par la pensée et par commodité sur ces deux "beaux concepts" et pensons uniquement à gagner de l'argent. Il suffira de monter une "affaire" dans le secteur de la traite des êtres humains, le must étant le marché du sexe !
Ce secteur économique, dont les mécanismes assez secrets ne sont pas très connus du grand public ni des politiques, est en pleine expansion et utilise déjà toutes les ficelles que rend possibles l'économie mondialisée, libérale et "débridée".
Le processus international d'acceptation et de normalisation de cette activité est bien décrit dans l'ouvrage de Claudine Legardinier (Les trafics du sexe - Femmes et enfants marchandises) :
- 1995 : La conférence de Pékin sur les femmes introduit dans un texte international la notion acceptée de "prostitution forcée". Elle ouvre la voie à la libéralisation du système prostitutionnel, légitime le proxénétisme qui devient l'expression du "droit de vivre de ce commerce".
- 1998 : L'Organisation Internationale du Travail (O.I.T. ), instance de l'O.N.U., appelle à la reconnaissance de" l'industrie du sexe" et à l'élargissement du "bouclier fiscal" de cette activité au nom de la création d'emplois, du fait que ce "métier" est des plus lucratifs pour ceux qui le pratiquent ainsi que pour les gouvernements qui y trouvent un moyen facile d'accroître leur P.N.B. et de faciliter le respect de leurs engagements F.M.I. et Banque Mondiale,
- 2000 : La Commission des Droits de l'Homme de l'O.N.U. à Genève précise que la définition internationale du trafic des êtres humains doit exclure les "femmes professionnelles du sexe migrantes illégales", les mettant ainsi hors du champ d'application de tout droit international possible,
- 2001 : La Cour européenne de Justice accorde aux femmes originaires de l'Europe de l'Est le droit de "migrer pour travailler aux Pays-Bas dans "le métier de la prostitution" pour rejoindre "le secteur économique du sexe".
- 2002 : Une Chambre de Commerce en Allemagne autorise l'immigration d'une prostituée colombienne pour la seule raison de la "pénurie de main d'œuvre" dans ce secteur, instaurant une forme nouvelle d'immigration choisie.
Les institutions internationales ont fait ainsi le nid de ce business plein d'avenir.
Il existe d'ailleurs des preuves incontestables du succès financier des entreprises qui investissent dans ce secteur :
- En 2003, le Daily Planet, société de bordel de Melbourne en Australie, entre en bourse de manière éclatante.
- En 2005, l'Artémis, complexe commercial en grande surface équipé d'un bordel à "prix cassés", ouvre à Berlin. Nouvelle forme de "Mac Do" où les femmes sont les nouvelles marchandises en rayon acquises par des acheteurs spécialisés,
- Etc.…
Dans ce contexte, on peut penser que la Convention de 1949 pour " la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation commerciale de la prostitution d'autrui " qui considérait que " la traite organisée des êtres humains en vue de leur prostitution est incompatible avec la dignité et la valeur de la personne humaine " est passée aux oubliettes !
La France, dont la position officielle est clairement abolitionniste ne cherche pas vraiment à se faire entendre au niveau international. Les efforts "à la base" sont pourtant là mais les politiques pensent sans doute qu'il faut "laisser faire, laisser aller", qu'il faut être libéral, donc large d'esprit, et que, puisque cela est bon pour l'économie, cela est bon pour la société des gens.
Pourtant, un couple d'industriels français a voulu semer une graine de réflexion en créant la Fondation Scelles qui cherche à initier et piloter un processus européen et mondial de prise de conscience en nouant, en France, des liens avec les responsables de la Justice, de la Police, de l'Action Sociale et de l'Office des Migrations.
Le plus vieux métier du monde, passé de l'artisanat traditionnel à l'industrie capitaliste, deviendra-t-il l'un des métiers du futur et sera-t-il l'un de ceux qui auront un avenir florissant dans nos sociétés post-industrielles ?
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Décentralisation inachevée |
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Les grandes démocraties n’autorisent pas le cumul des mandats. La France fait exception et peine à entrer dans la norme. Pour savoir pourquoi, il suffit de lire le rapport sur les finances locales, présenté au gouvernement par Pierre Richard, président du conseil d’administration de Dexia.
Selon ce rapport, « le nombre élevé des échelons d’administration locale est un facteur de surcoût » et « l’enchevêtrement des compétences est un facteur de déresponsabilisation ». Pour mener à bien le moindre projet, il faut souvent obtenir de l’argent à la fois d’une municipalité, d’un département, d’une région et de l’Etat. En conséquence, les élus s’efforcent d’être présents partout.
Au fond, la décentralisation française est inachevée. Entre les 36 500 communes, les 101 départements, les 22 régions et l’Etat, le désordre est tel, le flou si savamment orchestré que l’imbroglio est total. C’est à se demander si quelques centralisateurs machiavéliques n’ont pas sciemment organisé la pagaille pour que les financements soient « croisés » et qu’ainsi l’Etat reste maître du jeu. Les citoyens usagers seraient mieux servis si l’enchevêtrement administratif qui oppose la grande ville aux petites, la ville à la campagne, la région au département, prenait fin. Encore faudrait-il y parvenir sans drame ce qui n’est pas facile. Pierre Richard en a conscience et, pour aller sans encombre dans la bonne direction, propose des réponses partielles et pragmatiques.
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Emploi : passer de la confection au sur-mesure |
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En France, accéder à un Contrat à Durée Indéterminée (CDI) relève de l’exploit. Le parcours du combattant commence généralement par des stages qui ne sont que des succédanés d’emplois. Les élus enchaînent ensuite des Contrats à Durée Déterminée (CDD) qui ne correspondent ni à leurs désirs personnels, ni aux besoins des entreprises.
Les entreprises, chacun le sait, dépendent de leurs clients. Dans la plupart des secteurs, les clients passent des commandes. Ces commandes doivent être satisfaites. Il est probable mais pas certain que d’autres commandes suivront. Conclusion : il faut rendre légaux des Contrats de Mission dont la durée puisse correspondre concrètement à l’exécution d’un travail. Tout le monde y gagnerait. L’entreprise n’aurait pas à jongler avec des législations rigides ; elle pourrait faire du « sur-mesure ». Le salarié saurait à quoi il sert, il aurait « l’esprit d’œuvre » et toutes chances de rester dans l’entreprise puisque, dans la plupart des cas, des nouvelles commandes viennent prendre le relais des anciennes.
Une disposition allant dans ce sens permettrait d’éviter des mesures faussement novatrices comme le Contrat de Première Embauche (CPE) qui n’a pas vu le jour.
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