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Le 26 février 2007
PME de tous les pays, unissez-vous

070226-PME.jpgLe décalage est de plus en plus frappant entre les grandes entreprises multinationales et les PME qui constituent le tissu économique du pays. Les premières atteignent des taux de profits record et les secondes des taux de rentabilité extrêmement bas.

Ce décalage tient, pour une part, à l’écrasement des marges imposé par les premières aux secondes. Ainsi le profit remonte-t-il dans la sphère financière tandis que les patrons des PME et le personnel sont soumis à des contraintes de plus en plus fortes.

Cette coupure et cette opposition au sein du patronat est de plus en plus sensible et de plus en plus ressentie. A quand le nouveau syndicalisme patronal qui dirigera en priorité son action contre le capitalisme financier et non plus contre les syndicats de salariés.

Posté par François de Closets, le 26/02/07 dans Economie - Entreprises - France - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 février 2007
Jusqu’au ciel ?

070224-bourse_hausse.jpgQuand tous les spécialistes, tant en Europe qu’au Etats-Unis, estiment que la Bourse va continuer à monter en 2007, il faut peut-être commencer à se méfier.

Pour l’instant, les banquiers et autres gestionnaires de fortunes « surpondèrent » les actions dans l’éventail des placements. Leurs arguments ne manquent pas de poids : la croissance mondiale est au rendez-vous, les liquidités sont abondantes et les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés. Dans de nombreux secteurs, les carnets de commandes sont pleins et, à en croire un sondage réalisé dans 50 pays, 93 % des responsables de grandes entreprises tablent sur un accroissement du chiffre d’affaires.

L’opinion des experts résiste à la plupart des objections. La crise de l’immobilier américain ? Elle semble maîtrisable puisque les taux d’intérêt devraient rester relativement bas en raison des gains de productivité qui limitent l’inflation. Le déficit extérieur américain ? Ce n’est pas demain que les Asiatiques voudront pousser les Etats-Unis à devenir protectionnistes. Et puis, si le dollar baisse ce ne sera pas un drame pour les Américains vu que leurs actifs à l’étranger sont exprimés dans d’autres monnaies. La possibilité d’un embrasement au Moyen Orient ? La résilience de l’économie mondiale a fait ses preuves en ce qui concerne le prix du pétrole. Quant aux attentats terroristes, ils n’ont eu sur les Bourses aucun effet durable.

Tout cela est vrai mais nous vivons à une époque où l’émotivité publique peut se retourner brusquement. Bien malin celui qui peut prétendre savoir quand une peur en déclenchera d’autres.

Posté par Marc Lanval, le 24/02/07 dans Economie - Entreprises - Europe - Mondialisation - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 février 2007
La dictature du gène

070221-DPI.jpgConçu au départ pour les couples non stériles, confrontés à un problème de maladie grave, génétique ou chromosomique, d'obtenir après fécondation in vitro, l'implantation d'un embryon certifié exempt de la maladie redoutée, le diagnostic préimplantatoire (DPI) a tendance à se généraliser.

Dans une longue interview au Monde, datée du 4-5 février, Didier Sicard, Président du Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE), ancien chef du service de médecine interne à l’hôpital Cochin s’inquiète de cette « banalisation ».

En réduisant la personne à une caractéristique donnée, le dépistage prénatal, risque, à ses yeux, de dériver vers l’eugénisme. « Certains souhaitent que l’on dépiste systématiquement la maladie de Marfan dont étaient atteints notamment le président Lincoln et Mendelssohn. Aujourd’hui, Mozart, parce qu’il souffrait probablement de la maladie de Gilles de Tourette, Einstein et son cerveau hypertrophié à gauche, Petrucciani et sa maladie osseuse, seraient considérés comme des déviants indignes de vivre » s’insurge-t-il.

Ces inquiétudes sont-elles justifiées ? Oui si l’on pense à la décision des autorités de santé britanniques d’étendre le dépistage prénatal à un plus grand nombre de pathologies potentielles. En juin dernier, elles ont donné leur feu vert au dépistage des gènes responsables notamment des cancers du sein, des ovaires et du côlon. Un certain nombre de médecins, en France, milite pour une telle extension. Désormais, et pour chacun de nous, la seule question qui vaille sera : à partir de quel degré de « perfection » une vie mérite-t-elle d’être vécue ?

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 21/02/07 dans Génie Génétique - Santé - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 février 2007
Etats-Unis/Iran : faible lueur

070219-ahmadinejad_bush.jpgQue reste-t-il du plan Baker-Hamilton ? En apparence rien ! Le rapport posait comme postulat que la guerre d’Irak ne pouvait être gagnée par des moyens militaires. Il en déduisait que des contacts devaient être noués avec l’Iran et la Syrie pour calmer le jeu. Depuis, G. W. Bush a choisi d’envoyer de nouvelles troupes et a déclaré ne pas vouloir parler à des régimes considérés comme hostiles.

Cette politique est conforme à ce que nous redoutions et aux nombreuses alertes publiées par Vigilances. Elle risque de déboucher sur une attaque américaine contre l’Iran et de déclencher des catastrophes en chaîne.

Il existe cependant un espoir, un petit espoir de changement salutaire. Le nouveau secrétaire à la Défense, Robert Gates n’a rien de commun avec Donald Rumsfeld et a toujours été proche de Lee Hamilton. On peut donc espérer que lorsqu’il fait ostensiblement état du renforcement de la flotte américaine dans le Golfe persique, il cherche à intimider l’Iran plutôt qu’à le frapper, à montrer le bâton avant de proposer une carotte.

Cette hypothèse se trouve renforcée par le fait que la popularité d’Ahmadinejad en Iran ne cesse de fléchir. Le mécontentement, provoqué par la situation économique et accentué par l’évolution de la société, va croissant. Un sondage interne fait état de 70 % d’opinions défavorables. Si la tendance se confirmait, même M. Bush et ses « neo cons » pourraient comprendre qu’il serait criminel de déclencher une action susceptible d’entraver un mouvement salutaire vers la modernité. C’est dire combien il est important d’apprécier, objectivement, les réalités de la société iranienne. Avec ses modestes moyens, le Club va s’efforcer de rassembler (et faire rassembler) un maximum de données, témoignages et récits de vie. Aussi rapidement que possible.

Posté par Jacques Andréani, le 19/02/07 dans Géopolitique - Moyen Orient - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 février 2007
Il reste d'importantes réserves de profitabilité…

070216-Profitabilit%E9.jpgEn France, depuis la seconde guerre mondiale, l'effort des entreprises a tout d'abord été axé sur la rationalisation des activités et sur la professionnalisation des employés. C'était l'époque où l'accent a été mis sur la manière de travailler et sur la manière de faire monter en compétences tous les acteurs. Des associations loi 1901, comme la Cégos, par exemple, on participé à cet effort national.

C'était l'époque triomphante des directions de l'organisation toutes puissantes.

Puis l'accent a été mis, sur l'apport de l'informatisation de ces nouvelles organisations optimisées en particulier pour toutes les tâches répétitives demandant un personnel affecté nombreux. Cela a nécessité de forts investissements en capital pour développer les grands systèmes informatiques comprenant une partie dure (le hardware ou matériel) et une partie molle (le software ou logiciel). Le R.O. I. ou taux de rentabilité interne de ces investissements était assez peu souvent calculé dans les faits étant donné l'évidence de l'économie de frais généraux que ces investissements apportaient.

Ce fut aussi l'époque du début de ce que les statisticiens appellent le chômage touchant des employés organisationellement optimisés mais structurellement trop nombreux. La vérité oblige à dire que l'efficacité en terme de dégraissage pour cette époque n'a pas été aussi grande que prévu car bien souvent les postes analysés comme étant à supprimer ne l'ont pas été en réalité, du fait de convenances particulières et de résistances syndicales voire politiques. Les entreprises, encore en période de croissance structurelle assez forte, pouvaient alors dégager des marges d'exploitation suffisamment confortables pour supporter cette "surcharge pondérale" dont l'automatisation leur auraient normalement permis de s'affranchir. Ceci est, par exemple, précisément le cas des administrations centrales de l'Etat dans lesquelles les investissements de rationalisation et de productivité réalisés depuis de nombreuses années n'ont pas encore permis une diminution observée du nombre réel des fonctionnaires.

C'était l'époque triomphante des directions de l'informatique toutes puissantes.

Depuis cette époque, l'accent a été mis, en particulier par l'ascension du pouvoir des bourses de valeur, sur la capacité des entreprises, en période de croissance molle et donc de faible évolution positive et naturelle de leur valorisation, à augmenter leur bénéfice net par unité de chiffre d'affaires réalisé. On constatait pour la première fois, en l'absence de période de crise économique avérée, la recherche de gisements de productivité dans les très grandes entreprises en impulsant des "cures d'amaigrissement" rendues possibles par les investissements de rationalisation effectués les années précédentes. Le deuxième levier de la montée du chômage s'est donc enclenché sur fond de saturation des marchés domestiques. La limite trouvée à cet exercice dans un pays à tradition sociale forte a été l'importance de la réglementation du droit du travail et des licenciements car le coût direct de ceux-ci étaient bien trop élevé par rapport à l'augmentation attendue de la profitabilité.

C'était l'époque triomphante des directions financières toutes puissantes.

Enfin, la mondialisation, non pas seulement des flux ou échanges marchands mais bien des "fonctions internes" des entreprises ainsi que le développement de la pratique des externalisations de certaines d'entre elles, a introduit la nécessité, pour continuer à faire progresser la profitabilité des entreprises cotées, de s'attaquer au socle de leurs fournisseurs traditionnels : les fournisseurs de biens et services et les salariés.

C'est l'époque triomphante, actuelle, des directions des achats toutes puissantes.

Leur action consiste maintenant à considérer que la part de valeur ajoutée qui est encore accordée aux ressources et aux produits ou services acquis définitivement ou momentanément par les entreprises doit diminuer pour se transformer en bénéfice net ou "bottom line". Pour atteindre cet objectif, le levier puissant d'une mise en concurrence nouvelle et agressive de tous les fournisseurs et sous-traitants des grandes entreprises a été actionné :

• définition d'un nouveau rapport de force affiché entre la grande entreprise donneuse d'ordre et ses sous-traitants habituels,
diminution drastique du nombre des fournisseurs petits et moyens, parfois dans un rapport de un à cent,
standardisation et banalisation des achats cherchant à éliminer toute originalité des offres naturelles des fournisseurs au profit d'un gabarit commun obligatoire plus propice à faire jouer une concurrence dure uniquement basée sur les coûts,
• protocoles de consultation par appel d'offres, des seuls fournisseurs agréés par les acheteurs, rédigés à la manière de la grande distribution,
• volonté de pratiquer à large échelle la technique dite des "enchères inversées " dont l'usage était historiquement limité, en France, à la seule vente des produits maraîchers de base dans le monde agricole…

On ne peut que remarquer, à cette occasion, que le tissu historique des P.M.E. françaises, jadis si abondant et varié, a commencé à se flétrir par diminution mécanique du nombre des acteurs. Quant aux acteurs restants, la diminution drastique de leurs marges disponibles qui est la conséquence obligée de ces nouvelles pratiques d'achat, ne peut les conduire qu'à un appauvrissement de leurs offres, à terme, par disparition lente mais inexorable de leur capacité à affecter une part significative de ces marges au budget de Recherche-Développement.

Au-delà de toutes ces actions déjà engagées dans les faits, il reste encore d'importantes réserves de profitabilité pour les entreprises qui sont liées aux statuts et contrats des personnels. Comme cette contrainte ne peut être levée que par une décision politique acceptée sans tumulte par les populations, en attendant, les entreprises se tournent vers" l'achat de salariés" à l'extérieur des territoires des pays historiquement développés sous forme de délocalisation dans des zones à très bas salaires. Même si le "coût complet" d'utilisation de telles externalisations reste parfois élevé, leur "coût direct" est si bas qu'il constitue un excellent moyen pour un acheteur de négocier non plus un contrat de travail avec une personne mais un achat de prestation de service avec un fournisseur, ce qui entre non plus dans la sphère de responsabilités des directions de ressources humaines mais dans celle des directions des achats. De plus en plus, le nombre des entreprises constituées d'une seule personne (EURL) qui vend ainsi son travail à une direction des achats dans un cadre contractuel qui relève du Code de Commerce et non plus du Code du Travail, augmente régulièrement. Ce phénomène donne souvent l'illusion statistique que l'économie crée beaucoup d'entreprises nouvelles alors que la réalité, les spécialistes de l'aide et du financement des entreprises nouvelles (Anvar, Venture Capital, etc.) se désespèrent toujours de trouver "de vrais dossiers d'entreprises nouvelles" à financer et ne savent que faire de sérieux avec les fonds qui leurs sont confiés, par exemple au titre des FCPI de défiscalisation.

Malgré ce panorama de situation, il est dans l'ordre des choses et du progrès des pratiques de l'économie moderne que, dès que ces contraintes réglementaires auront été levées ou fortement assouplies, on assiste à un nouvel essor de la profitabilité des grandes entreprises.

Les investissements passés et les nouvelles pratiques de productivité n'ont pas encore donné tout leur jus.

On peut parier que les bourses d'actions ne manqueront pas de saluer d'un coup de chapeau exceptionnel ces nouvelles opportunités.

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 16/02/07 dans Entreprises - Mondialisation - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 14 février 2007
La Chine, grande puissance spatiale

070214-MissileChinois.jpgLe 11 janvier dernier, la Chine a réussi pour la première fois à détruire l’un de ses satellites en utilisant un missile balistique. Cette opération, détectée par les services américains et confirmée par la Chine après un silence de douze jours, a entraîné les protestations des Etats-Unis, du Japon ou de l’Australie, entre autres, mais peu de réactions en Europe.

La destruction d’un satellite par un missile pose deux problèmes majeurs. Le premier, dans le domaine civil, est celui de la sécurité dans l’espace : le satellite s’est désintégré en plusieurs centaines de débris, dont chacun pourrait entrer en collision avec d’autres objets spatiaux, déclenchant ainsi une réaction en chaîne qui menacerait la sécurité dans l’espace, notamment pour les missions habitées. Le second problème est d’ordre militaire et stratégique, car cette nouvelle capacité de la Chine à détruire satellites et autres objets spatiaux pourrait évidemment être utilisée à des fins militaires et de ce point de vue, ce test s’apparente fort à un essai d’arme anti-satellite. Le risque est celui d’une militarisation de l’espace, comme on pouvait le craindre durant les années 80 lorsque les Etats-Unis et l’URSS procédaient à des tests similaires. La Chine a rejeté les protestations des Etats-Unis et de leurs alliés en indiquant qu’elle excluait toute course aux armements dans l’espace.

Ce test démontre en tout cas la volonté qu’a la Chine de s’affirmer comme grande puissance spatiale tant dans le domaine civil que militaire, du moins potentiellement. Cela permet sans doute de mieux comprendre les raisons qui la conduisent, alors qu’elle est partenaire du programme européen Galileo, à se lancer dans son propre système de navigation par satellites Beidou, dont le premier vient d’être lancé le 10 février.

Posté par Claude Meyer, le 14/02/07 dans Asie - Chine - Géopolitique - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 février 2007
Vraies statistiques, fausses conclusions

Cigales les Américains ? Oui mais pas tant qu’on le dit !
Fourmis les Français ? Oui mais pas tant qu’on le croit !
A lire les statistiques, le taux d’épargne est quasi nul aux Etats-Unis et relativement élevé en France. C’est vrai … si l’on ne tient pas compte des retraites c’est-à-dire de tout l’argent récolté aux Etats-Unis par les fonds de pension.

Cet argent, qui n’est pas disponible avant l’âge de la retraite, constitue une épargne particulièrement adaptée aux placements à long terme. Les Français n’ont pas d’équivalent puisque la retraite par répartition s’effectue à partir des revenus des actifs pendant l’année courante. Les statistiques ne sont pas mensongères mais les comparaisons peuvent être trompeuses. Tout est affaire de définitions et de catégories.

Posté par Marc Lanval, le 12/02/07 dans Economie - France - Société - USA | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 février 2007
Europe : la société de la connaissance s’éloigne

070209-Recherche.jpgFaire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010. C’était une des ambitions proclamées à Lisbonne en 2000. En 2002, des objectifs précis étaient fixés dont l’augmentation des dépenses en R&D à 3% du PIB communautaire et la formation de 700 000 chercheurs supplémentaires. Aujourd’hui, de l’avis même de la Commission européenne, on en est encore loin.

Au rythme actuel, l’Europe ratera, à coup sûr, l’objectif des 3 % et atteindrait, au mieux, 2,2 %. Soit la même part que la Chine qui n’en était qu’à 1,3 % en 2003 ! Et toujours bien loin des Etats-Unis. L’avenir en termes d’effectifs dans la recherche semble aussi sombre. 40 % à 55 % des universitaires ont, comme en France, en Autriche ou en Suède, plus de 55 ans. Il faut les remplacer. Aujourd’hui, deux phénomènes se conjuguent pour saper la compétitivité et l’attractivité de la maison Europe : le manque d’appétence des jeunes pour les filières scientifiques et l’incapacité de cette même Europe à offrir des carrières attractives aux jeunes chercheurs qui alimente la fuite des cerveaux.

D’ores et déjà, l'attractivité de l’Europe pour les activités de recherche fléchit. Entre 1997 et 2005, les dépenses de R&D effectuées par les entreprises de l’UE aux Etats-Unis ont augmenté beaucoup plus rapidement que celles effectuées par les entreprises américaines en Europe (54 % contre 38 %). La concurrence de la Chine et de l’Inde pour l’établissement de centres de recherche risque d’amplifier le mouvement. Et la société de la connaissance de s’éloigner encore... à moins d'un sursaut salutaire.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 09/02/07 dans Entreprises - Europe - Sciences - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 février 2007
Le monde selon Welch

Jack Welch a dirigé avec grand succès General Electric et a acquis une réputation de super manager. Maintenant, parmi les multiples occupations qui meublent sa retraite, il distille quelques conseils dans une chronique publiée dans Business Week. Selon lui, le personnel d’une entreprise peut être classé en trois catégories.

20 % ont de l’avenir, il faut les chouchouter, veiller à leur avancement, tout faire pour qu’ils restent. 10 % sont des poids morts, il faut essayer de les persuader gentiment qu’ils seraient plus à leur place ailleurs. Le reste, c'est-à-dire 70 % doivent être coachés, formés, filtrés afin de déceler ceux qui, finalement, rejoindront le top 20 ou tomberont dans le bottom 10.

Welch assure qu’il a toujours pratiqué cette évaluation sur une base annuelle et que cela a toujours donné des résultats concluants. Reste à savoir si cela marcherait en France et plus généralement en Europe où la mobilité est moins grande qu’au Etats-Unis. Là-bas, il n’y a pratiquement pas de formalités pour les licenciements. Les gens le savent et se mettent à chercher ailleurs dès qu’ils se sentent menacés. Ici, le risque existerait que ceux du bottom 10 s’accrochent et que ceux du top 20 soient les plus tentés par le grand large.

Posté par Marc Lanval, le 06/02/07 dans Emploi - Entreprises - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 février 2007
Sans industrie, pas d’avenir

070203-industrie.jpgLe « made in Germany » (hergestelt in Deutschland) se vend de mieux en mieux. En 2006, l’Allemagne a regagné ses galons de premier exportateur mondial et l’excédent de son commerce extérieur a dépassé 180 milliards d’euros. Par comparaison, la France fait pâle figure. Les pleurnicheries sur la baisse du dollar et la hausse de l’euro donnent à sourire.

Le décalage entre ces deux grandes économies européennes ne peut s’expliquer uniquement par des raisons conjoncturelles et par une inégale volonté de réforme. La vigueur de l’économie allemande s’inscrit dans la durée. Au lieu de suivre les modes et de changer constamment de priorités, l’Allemagne n’a jamais cessé de privilégier l’industrie ; elle a choisi de s’appuyer sur ses points forts et d’améliorer ce qu’elle savait déjà très bien faire.

Je me souviens, sans pouvoir en préciser exactement la date, d’une réunion au Club Jean Moulin où l’un des esprits les plus brillants de la haute administration française prétendait que la France allait très rapidement surpasser l’Allemagne parce qu’elle était en train de se spécialiser dans les « secteurs d’avenir » alors que l’industrie allemande restait engluée dans ses « activités traditionnelles ». L’homme était très savant mais son raisonnement sonnait faux. N’importe quel profane (même moi !) pouvait pressentir que les industries les plus classiques, si elles investissaient suffisamment en R&D, seraient en mesure de se moderniser et de bénéficier des apports des nouvelles technologies. De fait, les produits allemands, en particulier les biens d’équipements, n’ont jamais cessé de s’améliorer.

En France, les « grands projets » ont parfois été des grandes réussites mais l’argent dépensé a surtout profité aux grandes entreprises. Dans un rapport rédigé en 1993, l’association « Entreprise et progrès » notait que, de 1950 à 1991, « l’Allemagne a fait deux fois plus que la France pour ses petites et moyennes entreprises industrielles ». Logique que celles-ci se soient développées deux fois plus vite, qu’elles aient innové davantage et exporté en conséquence. En dépit de nombreux discours, la tendance, depuis 1993, ne s’est que légèrement infléchie. Encore heureux que les « activités traditionnelles », dans lesquelles la France excelle (par exemple les industries du luxe), n’aient pas été abandonnées. Merci Bernard Arnault. Tant mieux s’il a fait fortune.

Le progrès, en économie se fait rarement par saut. Lorsqu’un pays sous développé veut brûler les étapes, il y laisse généralement des plumes. Comme le disait un Japonais très sage : « Avant de s’acheter un chapeau haut de forme, il faut avoir des souliers ». La Chine, de ce point de vue, peut servir de modèle. Son socle industriel est solide, des étages successifs peuvent s’ajouter à ceux déjà posés. L’Inde, en revanche, commence à s’apercevoir qu’elle a trop misé sur les services et est en train d’infléchir sa politique en investissant massivement dans l’industrie.

Les pays riches où le coût du travail est élevé ne peuvent évidemment négliger les emplois « face à face » non délocalisables. L’industrie est, cependant, seule à même de relever certains défis d’avenir. C’est, par exemple, avec du matériel, et pas seulement du « software », qu’on pourra dépolluer.

Posté par Marc Ullmann, le 03/02/07 dans Economie - Entreprises - Europe - France | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 février 2007
L’Observatoire Français des Think Tanks

070201-OFTT.jpgCréé en 2006, l’Observatoire Français des Think Tanks (OFTT) s'est donné pour mission d'étudier leur organisation, leur histoire, leur évolution, et les environnements dans lesquels ils se développent. Ce centre d'études est actuellement composé d'une trentaine de jeunes diplômés, de chercheurs et de citoyens issus de grandes écoles et d'universités françaises, européennes et américaines.

Dégagé de toute idéologie partisane et de tout engagement politique, syndical ou religieux, l'Observatoire tend à être un espace libre de partage, de discussion et de débat. Dans ce but, l'OFTT diffuse de nombreuses publications dont le magazine trimestriel Think, qui constitue sa principale activité éditoriale.
Le site Internet de l'OFTT offre aux lecteurs la possibilité de s'y abonner gratuitement et de découvrir de nombreux autres supports d'information et d'analyse.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 01/02/07 dans Liens recommandés | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
  En savoir plus...

 

 
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La France malade de sa gouvernance
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  Gilles Mas sur Du pétrole en général et de l’Iran en particulier  
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