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Manipulations génétiques et horizons boursiers |
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Les recherches sur les cellules souches s’intensifient. Les enjeux économiques sont énormes et l’équipe qui réussira à produire des cellules souches « éthiques », c’est-à-dire développées sans destruction d’embryons, gagnera, à coup sûr, le gros lot. Du coup les bidouillages à la Enron se multiplient.
Certes, il n’est pas question ici de manipulations comptables mais de tripatouillages de résultats scientifiques. L’objectif, cependant, reste le même : l’afflux des investisseurs et donc l’augmentation de la valeur des actions. Ce fut cet été le cas d’Advanced Cell Technology (ACT) dont l’action a quadruplé la veille de la publication dans Nature d’une avancée, annoncée comme majeure dans la production de cellules souches éthiques et démentie, depuis. ACT n'est pas à son premier coup d'essai. Déjà en 2001, une expérience "capitale" qui n'a jamais pu être reproduite, cinq ans plus tard, a été présentée par la même équipe. A multiplier les annonces bidons, les investisseurs dupés risquent de bouder, pour longtemps, un secteur dont les besoins en financement vont croissant.
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Inde : effets pervers de la révolution verte |
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La « révolution verte » mise en œuvre en Inde à partir des années 1960 a permis, grâce à l’introduction de pratiques culturales modernes, incluant entre autres un puissant développement de l’irrigation, parallèle à l’emploi généralisé d’engrais chimiques et de pesticides, une croissance de la production agricole comblant les besoins d’une population doublée en quarante ans.
Cette politique a augmenté les rendements mais généré – hélas ! – des effets pervers dont on commence à percevoir l’ampleur. Lors d’une récente mission à Bangalore, mes amis, responsables de l’Agence Indienne de l’Espace (ISRO), m’ont fait part de leurs inquiétudes nourries par les excellentes mesures de leurs satellites de télédétection, analysées à leur puissant Centre spécialisé à Hyderabad et que je résume.
La surface des terrains irrigués avant la révolution verte ne dépassait pas 5 millions d’hectares et le taux de salinité y était partout négligeable. La surface irriguée aujourd’hui est de 55 millions d’hectares sur un total de terres cultivées de 140 millions, 85 se contentant d’eau de pluie et ne produisant alors qu’une seule récolte. La productivité dans les zones irriguées atteint 2,7 tonnes de riz à l’hectare, à comparer avec la productivité moyenne sur tout l’ensemble de 1,7 tonnes à l’hectare.
Un phénomène est apparu récemment et progresse rapidement, la salinification des terres irriguées due au lessivage des surfaces. Il frappe déjà 20 millions d’hectares sur 55, d’après les mesures spatiales. La détérioration irréversible des sols fait baisser le rendement. Pour la première fois depuis le début de la révolution verte, l’Inde a du importer du riz l’année dernière.
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L’Europe surmontera son indigestion |
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L’Europe, paraît-il, est malade : elle n’a pas digéré « l’élargissement » faute d’avoir procédé à temps à son « approfondissement ». Certes, c’eut été idéal mais y a-t-il vraiment de quoi dramatiser ? Les nouveaux pays membres jouent le jeu. Même en Pologne, le gouvernement nationalo-populiste des jumeaux Kaczynski ne peut pas aller loin dans ses rodomontades puisque plus de 80 % de la population se déclare heureuse de faire partie de l’Union.
Quoi qu’on dise, l’Europe reste une formidable machine à favoriser l’homogénéisation tout en tolérant les différences. Son arme secrète est juridique. Avant d’adhérer, chaque aspirant pays membre doit ajuster sa législation et absorber près de 100.000 pages de textes communautaires. Un ordre international inédit se construit. Il est encore permis de s’en réjouir même si les « non » au référendum sur le traité constitutionnel font perdre du temps à l’« approfondissement ».
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Comment vivre avec l’Islam |
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Professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne et, depuis 1993, professeur associé et membre du Conseil d’administration à l'Institute of Ismaelî Studies (Londres), Mohamed Arkoun est intervenu, jeudi 15 février, sur le thème : " Comment vivre avec l’Islam".
La fin de la Guerre Froide n’a pas débouché sur la « fin de l’Histoire » et le réveil des religions ne devrait pas, selon lui, entraîner le « choc des civilisations ». Le professeur Arkoun voit plus loin que l’actualité. Il veut réconcilier le passé et l’avenir, nous aider à mieux comprendre pour mieux agir.
Agrégé de langue et littérature arabes, Mohamed Arkoun s’est très tôt intéressé à l’histoire islamique. Philosophe, il a fait de l’étude de la pensée islamique le fil conducteur de ses recherches. Mondialement reconnu, le professeur Arkoun a été professeur associé dans de nombreuses universités européennes - au Wissenschaftkolleg à Berlin, à Louvain-La-Neuve et à l’Institut Pontifical d'Etudes Arabes à Rome...- et américaines telles que l’Institute for Advanced Studies (Princeton) et à l’U.C.L.A (Los Angeles).
Ces cours et conférences l’ont mené aux quatre coins du monde : Rabat, Alger, Tamanrasset, Annaba, Oran, Tunis, Kairouan, Tripoli, Le Caire, Beyrouth, Damas, Alep, Amman, Bagdad, Médine, Riyad, Sanaa, Zanzibar, Mombassa, Dakar, Téhéran, New-Delhi, Bombay, Pékin, Dhaka, Jakarta, Samarkand, Moscou, Helsinki, Stockholm, Oslo, Arrhus, Copenhague, Londres, Birmingham, Oxford, Cambridge, Edimbourg, Leiden, Rotterdam, Tilburg, Middelburg, Utrecht, Bruxelles, Louvain, Anvers, Hambourg, Hanovre, Bielefeld, Oldenburg, Berlin, Göttingen, Tübingen, Heidelberg, Berne, Zurich, Lausanne, Genève, Turin, Rome, Bologne, Naples, Barcelone, Madrid, Cordoue, Grenade, New-York, Boston, Washington, Chicago, Los Angeles, Vancouver, Calgary, Montréal, Toronto, Venise, Spolèto, Assise, Pise, Cuneo, Salerno, Fano, etc.
Le professeur Arkoun a publié de nombreux ouvrages dont L'islam, religion et société (éd. Cerf, Paris 1982), Pour une critique de la Raison islamique (éd. Maisonneuve et Larose, Paris 1984), Combats pour l’Humanisme en contextes islamiques(Paris 2002) et Le dernier en date, un ouvrage collectif préfacé par Jacques Le Goff, un véritable monument, Histoire de l’islam et des musulmans en France (éd. Albin Michel, Paris 2006).
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Normes respectées, sécurité mieux assurée |
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En souhaitant se recentrer sur leurs métiers respectifs, les entreprises confient, de plus en plus, leur gestion et leur exploitation quotidienne à des prestataires extérieurs. Ceux-ci deviennent pour ainsi dire une extension des entreprises qui n'hésitent alors pas à leur confier leurs informations internes voire sensibles, nécessaires à l'exécution des contrats passés.
Le cadre juridique lors de l'établissement du partenariat met en place un certain nombre de garde-fous afin que le prestataire effectue au mieux le service demandé. Procédures qualité, indicateurs de qualité et de niveau de services, et autres clauses de confidentialité sont actées afin de rassurer le client quant au déroulement futur de la prestation.
Mais qu’en est-il dans la réalité ? Très souvent, ce sont le traitement et le stockage des informations sensibles et internes à l'entreprise qui posent un défi majeur. La criticité des données manipulées est rarement prise en compte. Du coup, un client peut retrouver ses données confidentielles dévoilées, par mégarde ou malveillance, sur Internet ou chez des concurrents. C’est la mésaventure qui est arrivée à la RATP. Des dizaines de milliers de fiches d'identité d'utilisateurs Navigo, se sont retrouvées, consultables librement, sur le Web.
Que faire ? Si l'adoption de procédures qualité est une habitude bien ancrée chez les fournisseurs, celle consistant à protéger les données de leurs clients ne semble pas, hélas, très répandue. Sensibilisation et conseils en ce sens seraient souhaitables. Des normes et des recommandations existent. Encore faut-il les mettre en application.
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Arrogance à la française |
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Selon plusieurs articles parus dans la presse française, le Centre d'analyse stratégique (ex Commissariat du Plan) prévoit que, d'ici 2015, les emplois vont foisonner dans deux secteurs : les emplois « hautement qualifiés et spécialisés » (notamment dans l’informatique) et les emplois « peu qualifiés » (notamment dans les métiers de service).
Je bute sur ces termes d'« emplois peu qualifiés » dont je me demande s'ils n'expriment en même temps qu'un travers français, la morgue des supers diplômés vis-à-vis de ceux qui ne le sont pas. Les emplois de service exigent, pour être bien remplis, de fortes qualités personnelles : débrouillardise, sens de l'organisation et de la responsabilité, empathie et bien d'autres qualités qui s'apprennent dans la vie sinon en passant des concours.
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Présidentielles : ce qui déterminera le choix des indécis |
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La présidentielle 2007 est très attendue. Jamais, depuis l’élection du président de la République au suffrage universel direct, la nation, dans ses différentes composantes politiques et sociales, n’aura autant espéré ce moment comme celui de la redéfinition du contrat politique et de la réappropriation de sa maîtrise du cours des choses. En ce sens, elle sera encore plus inédite que celle de 1981.
Pour trois raisons. La première réside dans le poids des indécis. La deuxième tient au délitement du pouvoir d’attraction des partis de gouvernement. Depuis près de tente ans, et quel que soit le type d’élection, le nombre de votants pour les partis de gouvernement rapportés à l’ensemble des inscrits ne cesse de plonger. Il atteint, péniblement, un tiers. La troisième concerne le rapport au politique. Alors que William Boyd, écrivain britannique, affirme : « je n’ai jamais vu dans aucun autre pays que la France, un peuple qui argumente, discute, polémique sur tout : l’amour, le vin, la politique... », les Français soutiennent ne pas aimer la politique. Pourtant William Boyd n’a pas tort. Les Français sont des êtres politiques. Et lorsqu’ils déclarent ne pas aimer la politique, ils visent, de fait, le personnel politique qui l’incarne. Ils ne supportent plus l’esquive permanente des responsabilités de la part des politiques. Les candidats qui l’auront compris auront de bonnes chances de figurer au second tour. En ce sens, et à plusieurs mois de la présidentielle Royal et Sarkozy semblent réconcilier pouvoir et politique. Et la surprise qui est le lot de chaque présidentielle sera heureuse, sinon... La redéfinition du contrat politique La présidentielle 2007 se jouera, pour tous les Français, et en particulier les hésitants, non pas tant sur le contenu que sur le type de contrat politique proposé. Elle portera sur le gouvernement des hommes plutôt que sur celui des choses, sur un projet plutôt que sur un programme, sur un imaginaire plutôt que sur des mesures concrètes, sur les finalités avant les moyens. Aujourd’hui plus qu’hier, la vox populi soupèse les défauts des uns et des autres, mais avec une volonté d’appropriation du débat sans précédent. Le présidentiable doit établir un contact direct avec le pays. - Il ne suffit plus de s’inscrire dans une histoire, de se réclamer d’une idéologie et d’être soutenu par une formation politique pour l’emporter. - Il faut que le propos soit porté par une individualité dont les citoyens ont le sentiment personnel de la connaître. - Il faut enfin que le projet du présidentiable puisse articuler identité de son camp et projet pour le pays. La définition du projet doit être essentiellement positive, porter sur le souhaitable et s’adresser à tout le pays. En ce sens, elle ne remplira son rôle si elle est négative, si elle est relative aux autres en concurrence avec elle et si elle est dirigée contre un adversaire. C’est autour de l’idée que chacun se fait de l’intérêt général que la bataille ultime se noue et non en fonction de ce qu’un présidentiable serait, comparativement, meilleur que l’autre. Mettre en avant, pour un présidentiable, le fait d’être plus compétent, honnête ou dynamique qu’un autre candidat, c’est rabaisser, aux yeux des électeurs, la fonction présidentielle à sa seule dimension temporelle et affadir la qualité du contrat en le rendant dépendant de considérations annexes. Si Lionel Jospin a été défait, en 2002, ce n’est pas seulement pour avoir sous-estimé l’insécurisation économique, sociale et morale des catégories populaires. C’est peut-être, surtout, pour avoir esquivé le pays durant la campagne. Il avait, en ce sens, mené non une campagne présidentielle, mais législative. Au lieu de donner à voir qui il était et en quoi consistait son projet, il s’est attaché à démontrer qu’il fallait éviter au pays un nouveau mandat de Jacques Chirac. Au lieu de faire de sa vision de l’intérêt général l’étalon, il a érigé, à l’instar des sociétés anglo-saxonnes, la morale en référence première. Or, dans notre société de tradition catholique, la morale individuelle n’est pas au-dessus de la politique ; ce qui l’emporte, c’est la vision que l’on a du bien commun et la capacité de le faire prévaloir dans la réalité. Le Président, avec l’Etat à son service, était l’incarnation des rapports de force sociopolitiques au sein de la nation. Mais l’Etat, sous la pression du nouveau cours du capitalisme et des politiques européennes, se retire insensiblement de la nation. Conçues pour donner à l’Etat les moyens de moderniser la nation, les institutions sont ressenties comme concourant au retrait de l’Etat de la nation. Dans ces conditions, l’élection présidentielle au suffrage direct demeure le seul lien direct entre le pays et le Président, le fil unique qui relie encore la nation à son Etat. L’importance croissante de ces rites, à la fois incorporés dans l’imaginaire des Français et peu explicités, témoigne de ce que les attentes à l’égard de la fonction présidentielle se sont multipliées sous l’effet de la crise économique, sociale et politique que traverse le pays. Cela alors même que les instruments étatiques et politiques dont dispose le Président pour peser sur le cours des choses dans la nation se sont réduits comme peau de chagrin. Du coup, l’affaiblissement de la dimension temporelle de la fonction présidentielle, s’est accompagné d’une hypertrophie de sa dimension spirituelle, de son rôle imaginaire de rassemblement nation. Dimension spirituelle qui, à coup sûr, donnera un avantage décisif au candidat qui saura le mieux l’incarner. Le poids des indécis En ce sens, le choix des indécis sera déterminant. Depuis près d’un quart de siècle, on a assisté à une banalisation de l’élection présidentielle. On a fini par ne plus s’intéresser qu’aux prétendants en oubliant l’idée que les citoyens se font de la charge. En cause ? D’abord, l’éloignement progressif entre le pays et le personnel politique, les journalistes accompagnant ces derniers, a entraîné, insensiblement, à ne regarder ce rendez-vous que sous l’angle de l’offre politique. Ensuite, il est vrai que l’électeur est devenu moins aisément cernable. Il ne s’agrège plus, aussi facilement, à une cohérence pré-construite entre attitude idéologique et comportement politique dont le vote présidentiel serait le point d’orgue. Cette désaffiliation entre électeurs et présidentiables s’observe dans les taux croissants d’indécis. Sait-on, par exemple, que 20 à 25 % ne se décident que quelques jours avant l’élection ? Et que 15 à 18 % des électeurs se décident le jour même ? Que si les femmes sont plus indécises que les hommes, les jeunes plus que les vieux, les cadres sont, fait nouveau, presque autant indécis que les ouvriers ? Cette désaffiliation résulte d’un double mouvement. Du côté du citoyen, un mouvement d’individualisation du rapport au politique se fait jour. Le citoyen ne se vit plus comme appartenant d’abord à un collectif social, dont le prolongement serait sa représentation politique. Il se définit d’abord à partir de représentations idéologiques propres, déterminées par sa situation et son « devenir social ». Et c’est à partir de là qu’il décide d’éventuelles solidarités sociales ou collectives. Du côté des candidats, un mouvement d’éloignement de l’Etat des équilibres sociopolitiques de la nation autonomise les formations politiques par rapport à leurs bases sociales. Le citoyen qui voit la sélection partisane et médiatique des candidats et la définition des enjeux de campagne lui échapper, se dérobe, en retour. La soustraction de la « vie politique » à la prise des citoyens alimente l’abstention, la fluidité électorale et la détermination au tout dernier moment et engendrent, à leur tour, une grande imprévisibilité de vote. Ces comportements ne sont pas le signe d’un désintérêt pour la chose publique ou d’une marque de frivolité de la part des citoyens. Ils sont, de la part de l’électeur, autant de tentatives de réappropriation de processus électoraux qui lui échappent. On continue à attendre, bien imprudemment, des sondages d’intention de vote qu’ils anticipent le scrutin, comme s’il s’agissait de domestiquer un électorat en lui demandant de se conformer à une cohérence d’autrefois. Les réactions à propos des "surprises", "erreurs de pronostics" et autres "accidents" (Chirac l’emportant sur Balladur en 1995 et Jospin battu dès le premier tour en 2002) sont, à cet égard, significatives. Elles se sont concentrées sur les instruments d’analyse et sur une improbable "démocratie d’opinion" en négligeant le message du pays. Certes, déchiffrer ce dernier n’est pas toujours aisé. Mais une moins grande lisibilité ne veut pas dire absence de message. Elle ne renvoie pas non plus à une forme de pusillanimité d’un citoyen-consommateur qui choisirait de voter comme il choisirait une marque d’eau ou de lessive. La situation a-t-elle évolué depuis ? Rien n’est moins sûr. Les difficultés de lecture sont aussi prégnantes dans la conjoncture actuelle qu’elles l’étaient hier. L’intérêt quasi exclusif des médias et des politiques pour la course de petits chevaux entre les présidentiables est tout à fait révélateur de la préférence constante pour le point de vue de l’offre politique. Or, la faveur exprimée aujourd’hui pour Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy a surtout pour intérêt de nous renseigner sur les fondamentaux du pays. Les sondages qui les donnent en tête doivent décryptés comme la manifestation de préférences relatives, mais ils méritent également d’être interprétés, à la façon dont un psychanalyste déchiffre les rêves, comme des signes qui trahissent les attentes latentes du pays. En réalité, au travers des sondages et des votes, les gens instrumentalisent les hommes politiques. Et, à mésestimer cet élément, ils sont amenés à se tromper autant sur les raisons de leur succès que de leurs échecs. Le grand malentendu est là. En un mot : l’offre politique, en France, a banalisé le rendez-vous présidentiel, à contresens de l’investissement qu’y placent les Français. Pour preuve ? La fonction de président de la République est toujours, avec celle de maire, la fonction qui suscite la plus grande attente et le plus de confiance de leur part. Aujourd’hui, le pays investit la remise à son niveau des dossiers, enjeux et présidentiables. C’est le volontarisme qui est privilégié. Pour le premier tour ce sera la cohérence entre la personnalité du candidat, son projet et la résolution des dossiers, la dimension temporelle de la fonction présidentielle sera pointée. Pour le second tour ce sera sa dimension spirituelle : à qui confier les dès de la nation ?
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2007 : le danger Bush |
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J’ai honte de le dire et même de le penser mais, en ce début d’année 2007, G. W. Bush me paraît plus dangereux que Mahmoud Ahmadinejad. Le président iranien est un ennemi qui, dans l’immédiat, ne peut pas faire grand-chose. Le président américain est un ami qui, avant la fin de son mandat, peut provoquer des catastrophes en chaîne. On a vu en Irak ce dont il est capable. On peut voir en Iran l’acte II de cette même tragédie.
Il ne s’agirait pas, cette fois, d’invasion terrestre mais des frappes aériennes massives pourraient anéantir le potentiel économique dans l’espoir que la puissance régionale, aujourd’hui dominante, sombre dans le chaos. L’acte III, alors, ne pourrait être circonscrit au Moyen Orient. Des flots de haine se déverseraient sur le monde et nul ne peut prévoir ce qu’ils engloutiraient.
Cette éventualité paraît d’autant plus absurde que l’Iran pourrait, à terme, être un facteur de paix. Pour Khamenei (ou tout autre « guide suprême » qui lui succèderait), l’essentiel est d’assurer la survie du régime. De ce point de vue, la stratégie de l’actuel président a été provisoirement payante bien qu’allant à l’encontre de l’évolution sociétale : la fierté nationale y a trouvé son compte. Maintenant, le vent tourne car la politique économique a été désastreuse. Tôt ou tard, le « guide » aura intérêt à changer de cheval. Il est même permis de penser que George W Bush a commis une première erreur en ne levant pas, quand Khatami était Président, toutes les sanctions imposées depuis 1980. Si les investissements étrangers avaient pu affluer en Iran, si l'industrie pétrolière avait pu être modernisée, si des raffineries avaient pu être construites, il y aurait eu plus de prospérité et, sans doute, Mahmoud Amadinedjad, n'aurait pas été élu.
Maintenant, nous l'avons sur le dos ; il serait inutile et lâche de flatter cet ennemi mais rien n'empêche de faire miroiter de très belles carottes à un éventuel successeur qui ne tiendrait pas le langage de la confrontation.
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Ce seul être vous manque et tout est inquiétant |
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Une récente étude TNS Sofres ( octobre 2006 ) nous éclaire sur un rôle social peu connu du téléphone mobile qui est ressenti par nos concitoyens.
" Si ceux-ci ne croient pas en la vertu «magique» d’un objet qui créerait la relation familiale, ils sont en revanche convaincus de sa capacité à la faciliter. Dans un climat de morosité, de pessimisme, d’incertitude et d’insécurité, le mobile s’inscrit résolument dans une dynamique d’autoprotection de l’individu et de ses proches. Le mobile est, pour toute la famille et quelle que soit la génération à laquelle on appartient, un vecteur de réassurance, le «doudou commun» qui permet à ses membres de former une bulle protectrice autour du groupe familial. Phénomène de compensation et besoin de prendre ses distances avec une situation vécue ou perçue difficile, le mobile est sans aucun doute l’objet de la réassurance.
La vieille notion d'ange gardien est de retour…
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Europe : le grand jeu du ni oui, ni non |
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Le « non » au référendum européen aurait été utile si le « oui » l’avait emporté. L’expression du mécontentement aurait alors poussé à la réforme au lieu de consacrer l’immobilisme. Aujourd’hui, les institutions sont bloquées. A 27, depuis le début de l'année, il devient impossible de prendre des décisions et même d’échanger des idées au lieu de tenir des discours. Cela en est arrivé au point où beaucoup de ministres s’abstiennent de venir aux réunions du Conseil. En attendant une nouvelle « Constitution », l’Europe a besoin d’un accord minimal pour un nouveau fonctionnement.
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