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Non-pollueur mais payeur quand même |
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La SAGEP qui a en charge la gestion de l’eau à Paris vient d’annoncer une hausse de 9% du prix de l’eau. Jusque là, rien de plus classique. Le plus surprenant est le motif de la hausse : les Parisiens ne consomment plus assez d’eau !
En effet, depuis quelques années, la consommation d’eau a chuté de 20% du fait que les Parisiens, particuliers et entreprises, font davantage attention en s’équipant notamment de dispositifs réduisant la consommation et les fuites. Or, les frais d’infrastructure de la SAGEP restent constants. Et pour équilibrer les comptes, pas d’autres moyens, apparemment, que d’augmenter le prix du m3.
Ainsi, par extension, si nous diminuons notre consommation d’électricité, celle-ci sera plus chère car il faudra continuer à payer l’entretien des centrales nucléaires.
Si nous sommes plus nombreux à utiliser les transports en commun, le prix de la carte orange va malgré tout augmenter car, nous expliquera-t-on, il faudra bien acheter plus de bus, métro ou train. Et ainsi de suite.
A l’heure où les défis de l’environnement - pollution, préservation de l’eau,...- sont au centre de toutes les préoccupations, il est quand même choquant d’envoyer un signal que l’on pourrait résumer ainsi : pollueur payeur, non-pollueur… payeur quand même !
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Du vendeur conseil au vendeur consultant |
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Actuellement dans le domaine des TIC, informatique, téléphonie, multimédia, les clients n’utilisent que 20% des possibilités des équipements qu’ils achètent.
Cela n’est pas étonnant : les TIC sont des marchés «techno-conquérants» exclusivement centrés sur l’offre et l’obsolescence. Cela aboutit au suréquipement. Le suréquipement est une nuisance car sa crainte peut être dissuasive de l’achat ou des compléments d’achats.
Ce phénomène est probablement très accentué chez les seniors (à fort pouvoir d’achat). Cela représente un manque à gagner pour les fabricants, les opérateurs, les distributeurs.
Les réputés vendeurs-conseil ne sont au mieux que des répétiteurs à peine inventifs des catalogues et modes d’emplois Ce n’est pas par insuffisance professionnelle c’est parce que le métier d’interface entre les nouvelles technologies et la vie de chacun n’a pas encore été inventé. Il s’agit de développer un métier qualifié qui va bien au-delà des techniques de formation à « l’écoute client ».
Ces vendeurs-coach seraient consultables en face à face, dans les grandes surfaces, mais sur RDV. La rétribution se ferait soit par les clients soit par les fabricants ou les distributeurs.
Ce type d’interface pourrait également être mis en place pour un grand nombre d’autres produits techniques : voiture, domotique, électroménager, outillage, bricolage, jardinage.
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C’est Business Week qui le dit ! |
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La financiarisation de l’économie est, le plus souvent, dénoncée par des gens qui se situent « à gauche ». Il est donc intéressant de noter que l’hebdomadaire américain le plus respecté des milieux d’affaires reprend, dans son numéro daté du 13 novembre, les conclusions d’une étude menée par deux professeurs d’université selon lesquels le rôle joué par les analystes financiers conduit à des excès.
Dans les premiers neuf mois de cette année, 1112 Chief Executive Officers auraient été contraints de quitter leur poste. Dans près de la moitié des cas, les décisions des Conseils d’Administration auraient résulté de considérations essentiellement boursières. Or, précise Business Week, il suffit qu’une majorité d’analystes recommandent de « vendre » ou même de « conserver » plutôt que d’ « acheter » pour que les cours de la bourse plongent. … même si les perspectives à long terme sont favorables.
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L’après social-démocratie |
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Dominique Strauss-Kahn, candidat malheureux à l’investiture du parti socialiste, nous dit dans une interview au Monde (datée du 4/11/2006) que sa conviction est clairement social-démocrate. Selon lui, le parti socialiste devrait abandonner l’affichage de sa posture révolutionnaire traditionnelle au profit de la social-démocratie. Ce serait un progrès mais assez relatif : en ce moment les partis sociaux-démocrates d’Europe cherchent à inventer l’après social-démocratie !
En France, le décalage entre la société des gens et la société des pouvoirs s’est creusé à un point tel que le besoin se fait sentir d’une gouvernance à la fois révolutionnaire et pragmatique. En cinquante ans, les Français se sont radicalement transformés. Ils ont moins d’opinions et plus d’émotions, moins d’adhésions fermes et plus d’attractions fluctuantes. Ils se laissent moins entraîner par des idéologies toutes faites et plus par des intuitions qui résonnent avec leurs émotions. La société qu’ils forment est hypercomplexe et vivante. Elle s’auto organise et s’autorégule et les enchaînements de ses socio systèmes décident de la plupart de ses orientations. Il est illusoire de chercher à la commander d’en haut ou à lui imposer des carcans (même sociaux-démocrates) qui ne sont plus faits pour elle. Mais elle est parfaitement compatible avec un socialisme qui chercherait à repérer précocement ses douleurs et ses pathologies, à les soigner de façon avisée, indépendamment d’idées préconçues issues de combats passés. Un socialisme attentif aux latences et aux dynamiques sous-jacentes du corps social et qui chercherait, si possible, à catalyser les potentiels positifs et à stériliser les plus pernicieux.
Dans cet esprit, je me souviens d'une expérience ancienne de Cofremca (Sociovision). En 1982, Michel Rocard, Ministre d'Etat, Ministre du Plan et de l'Aménagement du Territoire dans le gouvernement Mauroy, donna mission à la Cofremca de conduire une investigation sur les nouveaux moyens pour un Etat décentralisé de peser sur le cours des choses. Une des conclusions du rapport préconisait que soit conduite une action de type catalytique directement branchée sur l’écoute du terrain et non pas volontariste et autoritaire.
Le socialisme sera d’autant plus moderne que ses responsables seront sélectionnés pour la qualité de leur empathie et leur capacité à percevoir les opportunités systémiques d'une situation. Et la démocratie sera d’autant plus forte que les citoyens seront directement impliqués.
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Attirer les riches au lieu de les faire fuir |
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En France, les plaidoyers en faveur de la suppression de l’impôt sur la fortune sortent surtout de la bouche de gens fortunés. Dommage ! Cela braque nombre d’esprits généreux qui raisonnent en termes de solidarité. Oublions donc les pleurnicheries de certains riches qui prétendent être contraints de s’expatrier. Oublions aussi les controverses fiscales sur ce que rapporte et ce que coûte l’ISF. Oublions même l’aspect idéologique que comporte le débat et concentrons-nous sur une évidence :
les riches ont de l’argent et mieux vaudrait qu’ils le dépensent chez nous plutôt qu’ailleurs. Leur absence est d’autant plus pénalisante que l’essentiel de leurs dépenses se porterait sur des services « face à face » qui, par définition, ne peuvent être délocalisés.
Il ne s’agit donc pas seulement de supprimer l’ISF pour inciter des Français à revenir mais bel et bien de trouver diverses formules pour attirer des riches du monde entier. Après tout, la France est un beau pays !
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WiMax et UMTS : la convergence ? |
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Depuis environ 10 ans, les observateurs s’attendent à voir converger (comprendre : fusionner) les technologies des télécommunications et de l’informatique. Une nouvelle étape vient d’être franchie avec le WiMax. Issu du monde de l’informatique et présenté assez improprement comme une évolution du désormais célèbre WiFi, le WiMax propose des débits de plusieurs dizaines de mégabits/seconde sur des rayons de couverture de quelques dizaines de kilomètres.
Au point que dans de nombreuses applications, le WiMax peut en théorie concurrencer l’UMTS (le haut débit proposé par les opérateurs téléphoniques pour accéder, par exemple, à Internet depuis un téléphone mobile).
Il est clair que les coûts de mise en œuvre de ces technologies vont obliger les différents acteurs à se poser la question suivante : pourquoi continuer à déployer, gérer et entretenir deux infrastructures concurrentes et incompatibles qui répondent pour l’essentiel au même besoin ?
Entre les opérateurs endettés mais ayant une longue expérience des technologies nomades et de leur infrastructure et les sociétés informatiques prêtes à investir un secteur en pleine croissance, la convergence risque de ressembler à une violente bataille économique.
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Investir en Russie |
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Le développement économique potentiel de la Russie est immense mais des retards ont été pris. Les entreprises européennes, y compris les moyennes, pourraient en profiter.
Une des raisons du retard est que les Russes n’ont pas eu, comme les Chinois, la chance de disposer d’une diaspora prête à investir dans son pays d’origine. Circonstance aggravante : les oligarques avaient tendance à placer à l’étranger un argent vite gagné. Maintenant, tout a changé.
. Non seulement, des capitaux reviennent mais surtout, la hausse des prix du pétrole et du gaz a si bien rempli les caisses que la Russie a pu à la fois rembourser ses dettes extérieures et commencer à moderniser quelques secteurs vitaux de son économie. Dans ces secteurs là, en particulier dans l’énergie, la place laissée aux étrangers sera sans doute modeste et en tout cas minoritaire.
Mais dans la plupart des nouvelles technologies, dans la grande distribution, l’agro-alimentaire, la finance, les cosmétiques, la pharmacologie, le BTP, etc, la porte est d’autant plus ouverte aux investisseurs européens que le Kremlin souhaite privilégier la zone Europe au détriment des Etats-Unis. Beaucoup d’entreprises allemandes ont compris le message et beaucoup d’autres s’y préparent. La France est en retard malgré quelques réussites spectaculaires comme celle d’Auchan qui a équilibré son exploitation dès la première année.
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La fin d’un monde sans fin(alité) |
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La leçon théologique de Benoît XVI comportait un passage sur l’Islam qui, comme on l’a vu, a suscité de violentes réactions. Du coup, d’autres passages ont été occultés dont la phrase suivante qui aurait pu donner matière à réflexion à tout un chacun (croyant ou pas). Selon le Pape, « une raison qui est sourde face au divin et repousse la religion au niveau des sous cultures est incapable de s’insérer dans le dialogue des cultures ». Loin d’être ringarde, une telle phrase colle à l’actualité puisque l’on constate, de toutes parts, un renouveau de l’aspiration au religieux.
Ce renouveau a un aspect positif car « l’homme ne vit pas que de pain » mais peut égarer des êtres faibles (cf. foisonnement des sectes) et nourrir le fanatisme de ceux qui instrumentalisent la foi pour justifier leur ressentiment (cf. attentats terroristes).
Dans l’univers confortable des démocraties occidentales, c’est surtout la déstructuration de la société qui crée un sentiment de vide. Chacun se demande où est sa place. Les « chefs » ne se sentent plus le droit de commander. Les « subalternes » ne se sentent plus le devoir d’obéir. D’ailleurs, qui est vraiment chef et qui est subalterne ? Les forces sont anonymes, les règles sont abstraites et les grandes entreprises, soumises à l’imperium de la finance, n’ont pas d’autre choix que de délocaliser tout ce qui peut l’être. Ainsi, finissent-elles par considérer leurs salariés comme de simples variables d’ajustement tandis que ceux-ci, réduits à l’état de mercenaires, cherchent à trouver ailleurs une raison d’espérer.
Le phénomène ne touche pas que les actifs : la vie professionnelle est courte ; les jeunes peinent à y entrer ; les vieux en sortent vite et souffrent de solitude ; très nombreux sont ceux qui aspirent à trouver refuge dans une « communauté ». Ainsi, même dans les pays riches, se profile la menace de replis identitaires débouchant sur des antagonismes. D’où le besoin urgent d’un dialogue des cultures et des religions.
La difficulté est immense car comment pourrait-il y avoir dialogue des religions si chacune reste assise sur ses dogmes et refuse toute contextualisation de ses préceptes ? Certains intellectuels comme Mahmoud Hussein ont beau être musulmans, ils reconnaissent volontiers que, si certains versets du Coran ont une portée générale, d’autres se rapportent à des problèmes propres aux Arabes du VII ème siècle. De même, parmi les multiples interdits alimentaires que comporte la Loi juive, beaucoup semblent relever de soucis d’hygiène dus à l’époque et au climat.
Qu’il soit donc permis à un profane de pousser l’irrespect jusqu’à contextualiser la Genèse. Ce texte, particulièrement sacré dans les religions monothéistes, fait de l’Homme le maître de l’univers. A lui de domestiquer les animaux. A lui de dompter la nature. Cette mission, si mission il y avait, est maintenant accomplie et sa logique apparaît dépassée. Le gaspillage et l’épuisement de certaines ressources telles que l’eau, les combustibles fossiles et la biodiversité sont tels que l’Homme fait figure de prédateur.
Au risque de déplaire à de nombreux adeptes de plusieurs religions mais en espérant qu’ils reconnaîtront ma bonne volonté, j’en arrive à formuler un vœu : le vœu que le dialogue des religions (y compris des quasi religions que sont les philosophies orientales) s’accompagne de l’acceptation d’un devoir commun à tous les Hommes. La survie de l’espèce et la sauvegarde de la Terre sont en jeu. Elles peuvent servir de liens. Avant qu’il soit trop tard.
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Présidentielles : comment choisiront les électeurs |
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Directeur de CSA Opinion, Stéphane Rozès est intervenu, jeudi 23 novembre sur le thème : " Présidentielles : comment choisiront les électeurs ".
Selon quels critères les hésitants choisiront-ils ? Quels types d’attentes motiveront leur choix ultime ? Sur toutes ces questions, il nous fera part de ses idées et de ses préoccupations.
Directeur de CSA Opinion depuis 1991, Stéphane Rozès est, depuis 2000, Directeur Général Adjoint de l’Institut CSA.
Après des études de droit social à Paris I, de Sciences Politiques à l’I.E.P. de Paris et un troisième cycle de philosophie politique à Paris I, il se destinait comme capétien d'économie à l'enseignement et préparait l’agrégation. Il s'est finalement orienté vers le secteur des études sociales, institutionnelles, politiques et d'Opinion.
Après une courte période comme chargé d'études à BVA, il s’est formé durant six ans à la SOFRES aux études qualitatives et quantitatives, où il est devenu ingénieur en chef. Durant les périodes électorales notamment, Stéphane Rozès est pour CSA consultant politique à France Inter, France Info, Rfi, RMC, et France 3.
Il collabore chaque année à « l'Etat de la France » aux éditions La Découverte. A partir de 2005, il devient éditorialiste à la chaîne Parlementaire – Assemblée Nationale, à Enjeux les Echos sur BFM et à France-Culture pour l’émission « le premier pouvoir » (depuis 2004). Il écrit par ailleurs pour la presse écrite ou des revues comme Le Débat (Gallimard).
Stéphane Rozès enseigne depuis 1990 à Sciences-Po Paris comme maître de conférences et a enseigné au DESS de Marketing de la FNSP.
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Delenda Téhéran ! |
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« Delenda Carthago » déclamait Caton. « Il faut détruire Téhéran » chuchotent des idéologues proches de Bush. Ils ne sont pas nombreux mais ils sont influents. Bien qu’appartenant, pour la plupart au Parti Républicain, peu leur importe que le prochain président soit Républicain ou Démocrate. Leur ambition est de créer une situation irréversible.
Lorsqu’ils ont plaidé pour la guerre en Irak, ces « neo cons » pensaient, sans doute sincèrement, que l’instauration d’une démocratie libérale et capitaliste ferait le bonheur des Irakiens. Ils ont dû constater que la greffe ne prenait pas et, faute de mieux, la disparition de l’Irak en tant que puissance régionale leur apparaît comme un « second best ».
C’est en ces termes que, pour eux, se pose le problème de l’Iran. Le chaos aux alentours fait de ce pays la première puissance régionale. Il n’est pas question de l’envahir pour tenter d’y établir une démocratie à l’occidentale. La tentation de le détruire est donc forte. Attaquer les sites nucléaires servirait de prétexte à des frappes massives qui feraient revenir le pays des siècles en arrière.
Cette option militaire extrême serait lourde de conséquences mais est néanmoins étudiée à Washington avec un niveau de sérieux et de détail qui dépasse celui du « contingency planning » ordinaire. Les pragmatiques qui, à la Maison Blanche, préconisent la négociation, laissent faire en partant du principe que l’on obtient plus facilement des concessions si l’on a derrière soi un chien méchant prêt à bondir. Reste à espérer que la laisse est solide.
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