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Normes et standards : quand l’Asie s’éveillera |
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Imposer une norme, revient, dans un contexte mondialisé, à s’assurer un bénéfice immédiat en terme économique et stratégique. L’Europe, malgré quelques beaux succès industriels, à l’instar du GSM qui a su s’imposer sur tous les continents, est à la traîne. Dans ce domaine, ce sont les Etats-Unis qui, grâce à leur suprématie en termes d'innovation et de maîtrise de l'information, tiennent le haut du pavé. Ils sont à même de proposer leurs propres normes ou bien d'en créer de nouvelles et de les rendre indispensables aux yeux de tous. Cela va-t-il durer ? Rien n’est moins sûr.
Le réveil de l’Inde et de la Chine risque d’être brutal. Avec une population locale se dénombrant en milliards d'individus, ces deux pays n'auront aucun mal à définir et à appliquer leurs propres normes. Cela a déjà commencé en Chine notamment avec la norme TD-SCDMA, équivalent de l’UMTS européen. On peut de ce fait parier que, globalisation et essor des nouvelles technologies de communication et de l'information aidant, ces pays, à forte croissance, ne tarderont pas à proposer leurs propres normes à l'ensemble de la planète, au grand dam des Américains et Européens.
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Boum et flop |
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Kim Jong Il a fait boum et les gouvernements du monde entier font semblant d’avoir peur. Ils savent pourtant que le test atomique de la Corée du Nord a plutôt rassuré les experts. Ceux-ci, se fondant sur des rapports d’espionnage, croyaient que le régime dictatorial de Pyongyang disposait déjà de deux ou trois engins. Il apparaît maintenant que le stade expérimental n’a pas été dépassé et que le récent boum n’a même pas donné les résultats escomptés.
Kim Jong Il devra attendre des mois pour disposer d’une « vraie » bombe et des années pour qu’une miniaturisation adéquate permette de placer sur des fusées des engins performants. Dans ces conditions, pourquoi tout ce tohu-bohu ? Précisément pour mettre le délai à profit en relevant le défi avant qu’il soit trop tard.
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Quand l’or vert chasse l’or noir au prix de... l’or bleu ? |
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De nombreux espoirs semblent se porter sur le biocarburant, en particulier issu du maïs, comme alternative à l’essence. Moins polluant que le pétrole, il participerait à la réduction des gaz à effet de serre. Mais sa production de masse nécessite des surfaces agricoles extrêmement importantes, un facteur limitant pour de nombreux pays.
. Facteur en passe d’être « résolu ». Michael Raab, un chimiste américain a eu l’idée d’ « optimiser » génétiquement un plan de maïs afin d’en tirer le maximum de bioéthanol, augmentant ainsi le rendement à l’hectare de 50%.
Pourtant, un autre facteur limitant est oublié : l’eau. Ainsi, 70% de l’eau consommée en France l’est par l’agriculture. Notre soif inextinguible d’or noir croit, aujourd’hui, trouver un substitut dans l’or vert, lui-même grand consommateur d’une ressource autrement plus vitale : l’or bleu. A moins que les progrès du génie génétique finissent par nous offrir un maïs aussi économe en eau qu’un cactus...
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Enfer irakien |
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Les stratèges ont les yeux fixés sur les Etats-Unis et l’Iran. Pendant ce temps, le spectacle d’horreur continue en Irak. On compte, en moyenne, une centaine de victimes par jour. Des cadres de l’ancien régime et autres extrémistes ont réussi à réveiller la haine de la minorité sunnite contre une majorité chiite qui risquait d’acquérir tous les leviers du pouvoir.
Celle-ci, après s’être tenue relativement tranquille, rivalise en cruauté : les assassinats sont précédés de tortures ; les tortures ne sont même pas destinées à arracher des secrets ; il s’agit simplement de d’infliger des souffrances. Bien installé au Sud (un pied en Irak et un autre en Iran), l’Ayatollah Sistani essaye de prêcher le calme. Selon lui, il faut, pour un temps, composer avec les Américains pour tenter de préserver l’unité du pays. Plus tard, la « fureur des Croyants », pourra s’exercer contre l’occupant. La paix n’est qu’un lointain mirage.
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Danger pakistanais |
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La Guerre froide a, pendant longtemps, obscurci les esprits. Quand l’Union Soviétique était « L’Empire du Mal », tous ses ennemis, même les plus horribles, étaient considérés comme les amis du « Monde Libre ». Aujourd’hui, on déchante. Le péril islamique fait réfléchir. On s’aperçoit notamment qu’au lieu d’armer les « Moudjahidines » pour forcer le départ des Russes d’Afghanistan, il aurait mieux valu laisser les Popoffs s’embourber, ne pas contribuer à faire passer le « Djihad » du stade de la velléité à celui de l’action, ne pas fermer les yeux sur le danger potentiel représenté par le Pakistan.
Sous prétexte que ce pays aidait les « résistants » afghans à combattre les Russes, on n’a pas cherché à ralentir son développement atomique ; on n’a même pas réagi lorsqu’on a appris que le héros national Abdul Qadeer Khan, père de la « Bombe islamique », encourageait la prolifération en vendant des secrets. Aujourd’hui, l’allié pakistanais apparaît peu fiable. Tout repose sur le Président Musharaf dont le pouvoir s’avère fragile. Les mouvements islamistes (sunnites) sont de plus en plus virulents. L’armée joue double jeu : en coulisse, elle aide les Talibans et ne dédaigne pas d’encourager le terrorisme en Inde. Tout cela est d’autant plus dangereux que la société pakistanaise est probablement celle qui, au monde, est la plus éloignée des valeurs occidentales. Pour prendre un seul exemple, elle bat tous les records en matière de mariages endogames (près de 90 %).
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Opération Mamba : source de rayonnement européen pour la France |
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La fin de la Françafrique décrétée solennellement lors du sommet de la Baule en 1990 cachait mal un désengagement et un désintérêt croissant pour un continent considéré comme « inutile ». Le terrain déserté, le rôle de gendarme fut endossé par une kyrielle d’Etats africains ou de groupes armés dont les ingérences antagonistes n’ont fait qu’amplifier les conflits régionaux et les crises infra étatiques. Aujourd’hui, la France est de retour et ce sont les missions de projection de l’Europe qui lui redonnent de l’influence et jouent le rôle de « multiplicateur de rayonnement » pour la France.
C’est l'engagement des Britanniques - connus pour leurs conceptions nettement plus atlantistes - en Sierra Leone en 1998 qui a servi de déclic. Il a démontré non seulement que l'interventionnisme en Afrique pouvait être source d’influence en Europe, mais encore que la France, qui venait de s’interdire ce recours par sa doctrine de « ni-ingérence, ni-indifférence », n’était plus la seule à pouvoir jouer le rôle de nation-cadre d’une intervention européenne en Afrique.
Or, la volonté française de participer au renforcement du pilier PESC de l'UE destiné à doter l'Europe d'une consistance politique, diplomatique et militaire propre - dans la lignée de la conception particulière dont la France a fait preuve en se retirant de l'OTAN en 1966 - n'a pas cessé.
Ainsi, l’opération « Mamba noir » - opération militaro-humanitaire en Ituri en juin 2003 -, menée par des commandos-marine du COS - commandement non subordonné à celui d’ « Artémis », européen -, poursuivait un autre objectif. Politique celui là. Par cette opération, la France souhaitait rééquilibrer sa position dans une Union européenne où la perspective d’élargissement à 25 laissait entrevoir la marginalisation des conceptions françaises au profit de celles de son partenaire britannique. Répondant à une demande de Kofi Annan, la France a assigné à l’UE une mission à même de susciter chez ses membres la volonté politique d’exiger que soit reconnue à l’Europe plus d’importance dans les relations internationales (pour preuve, la très neutre Suède déploiera ses forces spéciales tandis que l’Allemagne évoquera l’envoi de soldats de la Bundeswehr) ; elle a, par là même, contredit Robert Kagan pour qui « c’est la faiblesse de l’Europe qui la pousse à s’opposer à la puissance ». De l’Amérique bien sûr.
« Mamba noir » a par ailleurs démontré la nécessité pour l’Europe de se doter d’un outil militaire lui assurant une autonomie d’action à même d’épauler son action politique et économique au service de la communauté internationale. La création d’un « quartier général européen », rejeté par les Américains car concurrençant l’Alliance atlantique et, surtout, le ralliement de Tony Blair à ce projet ont constitué les résultantes d’« Artémis ».
En effet, de leur participation à la première intervention de l’UE en toute autonomie hors d’Europe et malgré quelques réserves initiales, les Britanniques n’ont pu manquer de tirer des enseignements. On notera que le ralliement anglais à la Capacité de planification et de conduite d’opérations européenne, est l’aboutissement d’une réflexion française qui doit elle aussi sa part à l’intervention en Ituri. Cette convergence anglo-française est intervenue alors que ne cessait de se creuser le fossé entre les capacités militaires britanniques et françaises et que certains experts donnaient la Grande-Bretagne comme le nouveau champion de l’Europe de la défense en raison de la maîtrise opérationnelle dont cette dernière avait fait preuve lors de l’offensive en Irak.
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Prospective et Psychanalyse : des espaces de transition pour bâtir le futur |
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Aujourd’hui, sans doute plus qu’hier, le déficit de prise en compte des sciences humaines et de la psychanalyse en particulier parait préjudiciable à la pertinence de toute démarche prospective.
Comme Kurt Lewin, l’inventeur de la théorie du but , Saphia Richou et Evelyne Bertin pensent que « l’espace de vie d’un individu, loin d’être limité à ce qu’il considère être la situation présente, inclut le futur, le présent et aussi le passé. Les actions, les émotions et certainement le moral d’un individu à chaque instant dépendent de sa perspective temporelle totale ».
Anticiper, en effet, demande à l’individu d’engager une réflexion personnelle située au cœur de la psychologie de la motivation, un mouvement de la pensée, de l’affect et de l’imaginaire intégrant nécessairement l’inconscient dans l’élaboration des futurs possibles.
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Mémoire poubelle |
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« La culture, disait Edouard Herriot, est ce qu’il reste quand on a tout oublié ». Dans cet esprit, la mémoire doit être sélective et l’éducation servir de terrain d’entraînement pour filtrer l’essentiel et éjecter l’accessoire. Or, quelle est la mode aujourd’hui ?
Des jeux comme « Quid », « Trivial pursuit » ou des émissions comme « Qui veut gagner des millions » privilégient la « mémoire attrape tout » au détriment de la « mémoire filtre ». Parallèlement, de plus en plus d’épreuves d’examens se présentent sous forme de « QCM ». Les copies sont faciles à corriger mais les connaissances stériles priment sur les raisonnements féconds.
De même, de plus en plus de musées renoncent à rendre hommage à des œuvres sélectionnées et choisissent de présenter en vrac tout ce qu’ils ont pu rassembler sur tel ou tel sujet, tel ou tel lieu ou même telle ou telle manie. Comment voulez-vous qu’un « Honnête homme » s’y retrouve ? Comment voulez-vous qu’un jeune sache que l’Histoire n’est pas faite uniquement de dates et de noms, qu’il y a de la longue durée, des bifurcations, des occasions manquées, des succès inattendus, bref, matière à réflexion ?
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Ce que veulent les Français |
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Président du Directoire de Sociovision, Patrick Degrave est intervenu, mercredi 11 octobre 2006, sur le thème : « Ce que veulent les Français ».
Entré à Sociovision Cofremca en 1982, Patrick Degrave s’est notamment intéressé au changement socioculturel dans les sociétés modernes et au management et stratégie de l’entreprise.
Depuis ses débuts, il n’a jamais cessé d’ausculter la société française, mais aussi européenne, pour le compte de grandes et moins grandes entreprises et dans tous les secteurs. Lors des deux dernières années, il a été amené à intervenir dans un certain nombre d’entreprises dont Carrefour, Accor, Arcelor, Fiat, Dassault Systèmes, l’Oréal ou encore Thalès.
Expert du changement et de l’accompagnement dans les domaines du management, de la communication, du marketing, de la stratégie d’entreprise et des administrations publiques, il pilote et anime l’activité internationale de Sociovision Cofremca.
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L’apoptose pour vaincre le cancer |
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Une équipe de l’Université de l’Illinois (USA) a réussi, à partir de l’analyse de 20 000 composés synthétiques et de différentes combinaisons, à créer une molécule synthétique, appelée PAC-1, capable de déclencher le suicide des cellules cancéreuses.
On sait que les cellules saines ont la capacité de se « suicider » dès que quelque chose ne tourne pas rond. C’est l’apoptose, phénomène décrit par le Professeur Jean-Claude Ameisen lors d’un débat au Club. « A partir d’informations contenues dans leurs gènes nos cellules produisent les « exécuteurs » moléculaires capables de précipiter leur fin, et les « protecteurs » capables, un temps, de les neutraliser », affirmait-il.
De fait, toutes les cellules contiennent une protéine, la procaspase-3, capable, en cas de problème, de se muer en exécuteur, une enzyme appelée caspase-3. Mais dans les cellules cancéreuses, ce processus est grippé. La transformation n’a pas lieu. Les cellules ne perçoivent plus les signaux leur enjoignant de s’autodétruire, se multiplient et deviennent des tumeurs.
Avec la PAC-1, et à condition que les essais cliniques confirment la sécurité du traitement, une nouvelle thérapeutique s’ouvre. D’autant qu’un certain nombre de cancers, c’est le cas notamment de la leucémie et des cancers du côlon, du foie ou encore de la peau montrent une haute concentration de procaspase-3.
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Ségo miroir |
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N’en déplaise à Lionel Jospin, la percée de Ségolène Royal n’est pas seulement un « phénomène médiatique ». Ce serait plutôt une ruse de la société dans le sens où Hegel parlait d’une « ruse de la raison ». Mme Royal était peu connue. La société ne se reconnaissait pas dans les Anciens qui prétendaient la représenter. Elle cherchait quelqu’un qui lui ressemblât. Ségolène a compris.
Elle n’a pas « flatté » les gens, elle les a fait parler puis a parlé elle-même de sujets, souvent terre à terre, qui les intéressaient. Son personnage (politiquement à gauche et sociologiquement à droite) l’aidait à sortir du moule … et du peloton des autres « candidats à la candidature ». Dans la dernière ligne droite de la course de haies organisée par le PS, le miroir, cependant, peut encore se briser… s’il est fragile.
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