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Le 30 juin 2006
Le prix du service

FAI.jpgLes plaintes des consommateurs auprès des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) ont explosé ces dernières années. Au-delà de l’engouement des Français pour le haut débit ADSL qui explique en partie ce fait, la principale raison vient du faible niveau de service offert par les assistances téléphoniques (les fameuses hot lines).

Quiconque a eu affaire avec ces hot lines s’en souvient et rarement en termes élogieux : attente interminable, interlocuteur maîtrisant mal le français, incompétence technique, refus d’escalader le problème à une équipe de spécialistes et au final un coût généralement prohibitif, en particulier si vous avez eu la bonne idée de confier vos appels téléphoniques à votre FAI ce qui vous oblige à "exploser" votre forfait de GSM pour leur signaler que votre ligne téléphonique fixe ne marche pas. A ce petit jeu du "qui gagne perd", Free est devenu le champion de sa catégorie : moins de 20% de part de marché, plus de 50% des plaintes enregistrées. Comme par hasard, il s’agit également du FAI le moins cher. Et c’est bien là le vrai problème : quel est le coût réel d’un service de qualité ?

La France fait partie des pays où la connexion ADSL est la moins chère. Or, la qualité, quand le service est opérationnel, est équivalente à ce l’on rencontre à l’étranger. Ce n’est donc pas sur les infrastructures mais clairement sur les services annexes, et en premier lieu la hotline, que les coûts sont compressés. Du coup, tout incident devient problème.

A quel moment la "valeur du point de vue du client" deviendra-t-elle aussi importante que la "valeur du point de vue de l'entreprise" ? Lorsque les opérateurs auront compris que leurs clients sont un "capital" qui mérite attention et respect et que leur fidélité se sera transformée en intérêt… financier !

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 30/06/06 dans Entreprises - France - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 juin 2006
La voie Royal

Ségolène Royal parle aux Français des problèmes des Français. Elle le fait mieux que ses concurrents. S’il n’y a pas de crise mondiale dans les prochains mois, cela restera un atout majeur. Mais si les Etats-Unis frappent l’Iran en octobre (ce qui n’est pas impossible !) ou si un autre évènement grave se produit sur la scène internationale, la plupart des polémiques qui font aujourd’hui le miel de nos débats préélectoraux paraîtront secondaires.

Consciemment ou inconsciemment, les Français chercheront un Père (ou une Mère) de la Nation, un pilote pour barrer sur des eaux agitées. Ségolène Royal ne serait pas forcément hors jeu mais rien de ce qu’elle a dit jusqu’à maintenant ne permet de se faire une idée.

Posté par Marc Ullmann, le 27/06/06 dans France - Politique | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 juin 2006
L’ADN : infaillible... mais à manier avec précaution

ADN.jpgLes tests ADN sont réputés infaillibles pour confondre les méchants. En scénarisant des histoires où le criminel laisse sur la scène de son forfait un mégot ramassé à l’aveugle dans la rue, les auteurs de polars ont été les premiers à mettre le doigt sur les effets pervers de la toute puissance de la preuve par l’ADN et à attirer l’attention sur les erreurs judiciaires qui peuvent en découler.

Aujourd’hui, la fiction rejoint la réalité. En Alaska, l’analyse du sperme d’un violeur coïncidait avec l’ADN d’un délinquant notoire. Pour les enquêteurs, le coupable est tout trouvé ... sauf qu’il était en prison. Au terme de longues investigations, ils découvrent que le détenu avait, des années auparavant, reçu un don de moelle osseuse de son frère. Son sang fut ainsi "peuplé" de cellules contenant l’ADN de son donneur. Avec son casier judiciaire bien rempli, il aurait constitué le coupable idéal et aurait croupi, s’il n’y était déjà, de longues années en prison.

Maintenant, imaginons un instant que le même cas se présente pour un honnête homme dont le seul "tort" aurait été d’avoir eu besoin, pour continuer de vivre, d’un don de moelle osseuse ? Et que le seul compatible, anonymat des dons oblige, soit celui d’un méchant ?

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 24/06/06 dans Biologie - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 juin 2006
Pour une Communauté Mondiale de l’Eau

eau.jpgDans ma jeunesse, j’ai travaillé à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et me souviens de la genèse de cette première institution européenne. Jean Monnet est parti de la conviction que l’Europe ne se ferait pas d’un coup mais pas à pas.

Voulant commencer par créer une « solidarité de fait », il a pensé que le charbon et l’acier, qui avaient été utilisés pour faire la guerre, pouvaient être un symbole de reconstruction pacifique et servir de base tant à la réconciliation franco-allemande qu’à l’unité de l’Europe. Il a persuadé Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, de lancer l’idée et s’est assuré qu’elle serait bien reçue par Konrad Adenauer, le chancelier allemand, et fortement appuyée par l’Administration américaine.

L’Europe d’aujourd’hui ne ressemble pas à celle dont rêvait Monnet mais la CECA a néanmoins servi de socle à une prise de conscience européenne. Maintenant, les menaces visent l’humanité entière et il s’agit de faire émerger une conscience planétaire. D’où la question : existe-t-il un domaine qui aiderait à cristalliser une « solidarité de fait » à l’échelle mondiale, un domaine où l’urgence et la gravité des problèmes justifieraient la mise en commun de certains pouvoirs et de certaines ressources ?

Après avoir beaucoup consulté et beaucoup réfléchi, je suis arrivé à la conclusion que la création d’une Communauté Mondiale de l’eau (CME) serait la plus prometteuse des initiatives possibles. Les hommes, après tout, peuvent vivre sans pétrole, ils ne peuvent pas vivre sans eau. Des guerres peuvent éclater pour le contrôle des ressources. Des populations peuvent migrer pour fuir la sécheresse. L’insalubrité peut provoquer des épidémies. Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. De plus, le problème de l’eau est au cœur des préoccupations mondiales. Le forum qui a réuni récemment à Mexico près de 5.000 représentants d’Etats, d’institutions internationales, d’experts et de professionnels l’a amplement démontré : guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout.

Le chemin à parcourir avant qu’une CME fonctionne est si périlleux, les problèmes à traiter sont si complexes et les parties prenantes si nombreuses, que l’initiative ne peut être lancée dans le cadre modeste du Club des Vigilants. Nous pouvons seulement réfléchir aux processus qu’il conviendrait d’enclencher. Concrètement, il s’agirait surtout de :

- trouver la ou les personnalités les plus aptes à prendre l’initiative et chercher les moyens de les convaincre ;

- dresser la liste des pays qui accepteraient de se placer sur la ligne de départ et négocieraient un éventuel traité ;

- définir les points qui, dans cet éventuel futur traité, devraient être considérés comme primordiaux.

Une réflexion préliminaire est en route sur ces trois points. Ceux qui voudraient contribuer à cette étude de faisabilité seraient les bienvenus.

Posté par Marc Ullmann, le 22/06/06 dans Développement - Environnement - Géopolitique - Mondialisation | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 juin 2006
L'Iran en ligne de mire

andreani.jpgAncien Ambassadeur de France à Washington et au Caire, Jacques Andréani est intervenu jeudi 29 juin sur le thème : « Quels risques si les Américains frappent l’Iran … et quels risques s’ils ne frappent pas ».

Contrairement à l’opinion généralement répandue en France, une attaque sur l’Iran est sérieusement envisagée aux Etats-Unis. Le Président Bush, le Vice président Cheney et le Secrétaire à la Défense Rumsfeld y sont, semble-il, favorables malgré les doutes exprimés par ailleurs. Le débat est crucial. L’enjeu est immense.

Grand connaisseur de l’Amérique, Jacques Andréani qui passa onze ans à Washington a notamment écrit L’Amérique et nous (Odile Jacob, 2000). Il y expose sa vision très "équilibrée" de la société et de la diplomatie des Etats-Unis. Les thèmes abordés sont la politique, l'économie, la religion, les rapports entre individus et communautés, l'emprise du droit et le rôle du judiciaire, la fracture sociale et raciale.

Plus récemment, ce diplomate français qui a joué un rôle majeur dans le « processus d’Helsinki » et donc dans le dégel de l’Union Soviétique a écrit Le piège : Helsinki et la chute du communisme (Odile Jacob, 2005).

Familier du Moyen Orient, Jacques Andréani est le mieux placé pour faire la synthèse des enjeux en cours dans cette région.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 20/06/06 dans L'invité du mois | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 juin 2006
Service public versus entreprises privées

Selon toute vraisemblance, M. de Villepin va devoir repousser aux calendes grecques, c'est à dire enterrer, le projet de privatisation de Gaz de France, première étape indispensable avant la fusion avec Suez. Ce n'est pas l'opposition parlementaire (le PS est bien trop occupé à contrer Ségolène) qui a mis notre Premier ministre dans cette position inconfortable mais son propre parti.

Le député UMP "de base" est terrorisé par les futures élections et est convaincu que le refus de tout changement, de toute réforme, lui vaudra sa réélection. Tout d'abord cette conduite est bien la preuve que dans le monde politique français l'intérêt individuel passe avant l'intérêt général. Que peut-on alors reprocher à Zaccharias ? Ce qui est encore plus grave est que par pure soi-disant idéologie pro-service public, on apporte Suez sur un plateau d'argent à l'ENEL qui la démantèlera pour ne conserver qu'Electrabel. Le pôle Environnement finira selon toute probabilité entre des mains anglo-saxonnes. Nous allons donc assister au maintien du "service public GDF" et à la disparition d'un des fleurons de notre industrie. Bravo pour le patriotisme économique !

Il n'est pas inutile de rappeler, en outre, qu'Electrabel, filiale de Suez, est propriétaire de plusieurs centrales électriques nucléaires en Belgique qu'elle opère dans les meilleures conditions et sur lesquelles lorgne ENEL. Certains nous expliquent qu'en France les centrales nucléaires ne peuvent être opérées, pour des raisons de sécurité et de sûreté, que par le secteur public et prônent donc le retour à 100% d’EDF dans le giron de l'Etat. En Belgique, en Suède, en Finlande, en Allemagne, en Suisse, au Japon, la majorité des centrales nucléaires est propriété de sociétés privées. Le record du Monde de fiabilité des réacteurs nucléaires est détenu par une centrale finlandaise, propriété privée, de concept soviétique…Qui a rappelé ces faits lord du débat sur l'ouverture du capital d'EDF ? Ni les politiques, ni les medias.

Aujourd'hui M.Chérèque, malgré les fortes turbulences qu'il a traversées, tient des propos autrement plus courageux et modernes que ceux de nos hommes et femmes politiques dont le maître mot semble être : démagogie.

Posté par Michel Chevet, le 19/06/06 dans Entreprises - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 juin 2006
Livres à la coupe

livres.jpgPlus de la moitié des étudiants français n’ont jamais mis les pieds dans la bibliothèque de leur université. Pour leurs mémoires, leurs thèses, voire même leurs doctorats, c’est sur Internet qu’ils cherchent leur « doc ». C’est sans doute pareil aux Etats-Unis car Amazon envisage de lancer un système d’achat de livres à la page ou par chapitre. Certains s’indigneront devant ce qu’ils considèreront comme la destruction d’un objet de culture. D’autres trouveront normal qu’un écrit soit disséqué en fonction des sujets abordés et des références qu’il contient.

Posté par Marc Lanval, le 17/06/06 dans Education - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 juin 2006
Le désert de Copel

Une attaque américaine sur l’Iran comporterait de tels risques et ces risques ont été tellement soulignés (y compris aux Etats-Unis) que cette éventualité parait peu probable dans les circonstances actuelles. Rien, cependant, n’est sûr : avec Bush, l’improbable peut arriver !

Mieux vaut, dans ces conditions, se prémunir contre un possible « terrorisme de représailles » qui frapperait non seulement au Moyen Orient mais partout où cela s’avèrerait praticable en Occident. Des sites sensibles ont certainement déjà été repérés par des adversaires potentiels. Une protection adéquate, dont les détails ont été étudiés par le Général Etienne Copel et dont le Club s’est maintes fois fait l’écho, devient urgente.

Posté par Marc Ullmann, le 15/06/06 dans Géopolitique - Moyen Orient - Terrorisme - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 juin 2006
L'Armée loue et n’achète plus...

helicoptere.jpgDans le secteur défense comme ailleurs, les moyens financiers publics manquent à la France : faute d’avoir de quoi acheter, elle loue des biens et consomme des services. Ainsi le Ministère de la Défense vient, entre autres, de lancer un appel d’offres pour de nouveaux hélicoptères de formation à mettre à disposition de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), sur sa base de Dax.

Point intéressant : la partie équipements – chère à la vision française de l’«ingénieur » (qui il est vrai a inventé et produit des merveilles technologiques, notamment aéronautiques et spatiales…) – y est très minoritaire, et la valeur des contrats de services – maintenance, réparation…sur 20 ans ! – largement majoritaire (d’autant que l’Etat n’exclut pas de choisir des hélicoptères d’occasion remis à niveau, pour minimiser encore le coût d’équipement !).

Cette approche dite de Contrat de Partenariat Public-Privé et rendue possible par une Ordonnance de juin 2004, est inspirée des expériences britanniques de « Private Finance Initiative » (PFI) et « Public-Private Partnerships » (PPP) menées depuis 15 ans, toutes couleurs politiques confondues, successivement par les Cabinets Thatcher, Major et Blair, dans la défense comme en bien d’autres secteurs (hôpitaux, infrastructures, prisons…).

Une vision pessimiste et réductrice de ces opérations est d’y voir exclusivement un pis-aller dicté par les contraintes budgétaires : louer lorsqu’on n’a plus les moyens d’acheter.
Mais l’expérience britannique, qui répond à une autre démarche – les Anglais n’ayant pas connu les déficits publics français, et n’étant pas astreints aux contraintes du Pacte de Stabilité de la zone Euro – montre qu’il y a d’autres enjeux, plus optimistes et volontaristes, résumés sous le slogan de « Value for Money » : en faisant davantage appel au privé pour les programmes publics, l’Etat ne se borne pas à trouver de nouvelles ressources financières, mais trace une voie d’externalisations sur des missions et activités non spécifiquement régaliennes où les entreprises peuvent apporter une spécialisation efficiente – et dont la mise en concurrence systématique par voie d’appels d’offres assure en outre l’obtention au moindre coût.

D’où l’idée de « Value for Money » : à l’heure de la globalisation et de la compétition entre Etats pour l’attractivité, du Royaume Uni à la France, en passant par de grands pays émergents qui adoptent aussi les PPP (Brésil…), le contribuable d’aujourd’hui en veut pour son argent !

Posté par Marc Bradford, le 13/06/06 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 juin 2006
La part des hommes

Mondialisation restructurations, fusions-acquisitions pour les entreprises, mobilité, flexibilité, adaptation, valorisation des compétences pour les collaborateurs… tels sont les qualitatifs qui reviennent souvent dans la vie des organisations économiques aujourd’hui.

Les mutations technologiques, l’augmentation de la vitesse de circulation de l’information, la place prise par le virtuel ne sont pas sans influence sur le rapport que les différents acteurs économiques ont avec le travail.

Ces expressions reflètent les problématiques les plus courantes des mutations auxquelles sont confrontées les entreprises d’aujourd’hui et les collaborateurs qui y travaillent.

Ces termes, relatifs à la sphère économique, ont des implications pour les collaborateurs. L’entreprise a à la fois une dimension économique et une dimension sociale. C’est un lieu de production de biens et un lieu de production de liens. Aucun de ces deux lieux n’est exclusif. Production de biens et production de liens sont indissociables. Classiquement toute organisation, pour fonctionner, a besoin de cinq ressources : financières, humaines, techniques, productives et commerciales. De la parole et du lien sont nécessaires pour assurer un fonctionnement économique optimal de ces richesses.

La part des hommes dans l’économie et la technologie

Ce que l’on appelle « la ressource humaine », ou plus spécifiquement la part de l’engagement et de vécu de l’homme, dans les organisations est en pleine mutation et pourrait s‘appeler la « part des hommes ». Cette part des hommes consiste en ce plus d’humanité et de sens que l’être au travail peut chercher, trouver ou ne pas trouver dans le travail.

La part des hommes va bien au-delà de la « ressource humaine ». Elle est cet ensemble de mesurable et de non- mesurable qui a des effets sur la qualité des biens produits et sur la qualité des liens dans l’entreprise.

L’homme au travail vient chercher une rémunération mais il cherche aussi du lien social. Le travail est l’un des espaces où la rencontre avec l’autre, avec la tâche à effectuer peut aider à la construction et la réalisation de soi.

Trouver du sens dans une rationalité instrumentale grandissante

Le primat de la rationalité instrumentale (l’homme comme ressource, la confusion entre le réel et le virtuel, la vision de l’être humain comme un ordinateur hyper-sophistiqué) nous conduit à nier une partie essentielle de nous même et des organisations.

Le travail remplit une grande partie de nos vies. Si pour assez peu d’individus, le travail fait œuvre, pour tous il devrait néanmoins faire sens. Pour cela il faut analyser les organisations comme des institutions sociales dont la finalité est la création de valeur dans une conception anthropologique, c’est à dire au sens de service de l’Autre, de la société et dans la recherche du bien commun.

L’entreprise ne peut être pensée indépendamment de la société.

L’ordre symbolique et les valeurs psychiques sont à relier aux valeurs économiques et managériales. Pour ce faire, la psychanalyse, liée aux dernières découvertes des sciences cognitives et aux nouveaux travaux sur le cerveau a beaucoup à apporter aux décideurs et aux organisations.

Posté par Evelyne Bertin, le 12/06/06 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 juin 2006
On veut un bébé !

bebe.jpgLe bébé est tendance. Dans les magazines people, les stars aiment se faire photographier enceintes ou, au moins, afficher un désir d’enfant. Rares sont celles qui se vantent encore d’accumuler les conquêtes. D’aucuns pensent que ce retour de balancier est salutaire. D’autres, comme Elisabeth Badinter, estiment que le regain proclamé de valeurs prétendument féminines traduit une régression.

« Quand je vois, a-t-elle déclaré dans un entretien télévisé, certaines femmes qui ont fait de bonnes études et qui ont un travail intéressant vouloir tout abandonner pour s’adonner à l’éducation de leurs enfants, je suis horrifiée ». Selon elle, il a fallu des décennies pour que les femmes acquièrent leur indépendance financière sans laquelle il n’y a pas d’indépendance tout court.

Mais si de plus en plus de femmes ne veulent plus se « comporter en hommes », il y a aussi de plus en plus d’hommes qui ne veulent plus se « comporter en femmes » et prétendent vouloir lutter contre ce qu’ils considèrent comme un abandon généralisé de toute virilité. Pourtant, aujourd’hui plus qu’hier, des femmes deviennent présidentes, chancelières ou Premier ministres. Vers quoi nous propulse donc la modernité ? Vers plus d’uniformisation ? Vers davantage de différenciation ? Probablement vers les deux à la fois !

Posté par Marc Lanval, le 09/06/06 dans Citoyenneté - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 juin 2006
L'ère de l'Etat-Entreprise est engagée…

Le vent libéral souffle dans le monde et l'esprit libéral gagne au sein de l'Etat. L'idée à la mode chez nos dirigeants de tous horizons est que le vrai modèle pour l'homme politique est celui de chef d'entreprise. L'Etat régalien devient la portion congrue de la nation, l'entité collective, dont le concept même est en déshérence au profit de la notion d'entreprise de service rendu au citoyen. L'Etat-Entreprise doit donc avoir un comportement adapté à son nouveau rôle.

Finie la planification stratégique de nos pères, celle qui matérialisait la volonté d'une collectivité de prendre en main son destin, de matérialiser une sorte de communauté de destin de nos concitoyens.

Vive l'adaptation stratégique en temps réel dont le seul but est d'assurer à l'Etat-Entreprise un "avantage concurrentiel durable" sur le marché des régions du monde. La disparition brutale et inopinée du Plan n'en est-elle pas le signe le plus évident ?

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 08/06/06 dans Europe - France - Réforme de l'Etat | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 juin 2006
ZACCHARIAS : VENI VIDI VINCI !!!!!

Monsieur Zaccharias perçoit un salaire, un bonus et reçoit des stock-options pour diriger la société VINCI. Dans le cadre de ses activités, il acquiert pour le compte de Vinci une société propriétaire d'autoroutes.

Bravo. Mais contrairement à votre femme de ménage qui, lorsque dans l'exercice de ses fonctions accomplit une tâche pour laquelle elle est payée, ne vient pas vous demander un complément de salaire, Monsieur Z, lui, demande une prime spéciale de 8 millions d'euros !!!!

Le comité de rémunération de Vinci, dont je puis d'autant plus parler librement que j'ignore sa composition, lui a accordé, probablement au fil des ans, des stocks options desquelles l'on dit qu'elles représentent pour Monsieur Z une plus value se situant entre 200 et 250 millions d'euros !!!!!

Ce comité était il constitué uniquement d'affidés de Monsieur Z ? Ou étaient-ils tous sourds, aveugles et ignorants ? Avaient-ils eux mêmes des intérêts directs ou indirects les poussant à allouer ces stocks options ????

Le législateur a conçu une loi fourre-tout, l'abus de biens sociaux, loi qui n'existe qu'en France je pense, et dont je suis sûr que de tels agissements en tomberaient sous le coup.

Y aura t-il une autorité judiciaire qui s'auto- saisira ??

Des actionnaires lésés par cette création gigantesque de nouvelles actions vendues par la société quand les options sont levées à une fraction de leur valeur réelle émouvront-ils au point de déposer une plainte ???

C'est par décence que je n'aborde pas la prime de départ, les droits pendant sa retraite et "le logement de fonction" de Monsieur Z dont j'ai lu ici ou là qu'il avait coûté 50 millions d'euros (il doit y avoir un zéro de trop ou une confusion dans la devise (s’agirait-il peut être de francs ???)

Posté par Serge Fradkoff, le 07/06/06 dans Economie - Entreprises - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 juin 2006
« Au-delà du périph »

Periph.jpgQu’ont retenu les journalistes suisses qui, pendant trois mois, se sont relayés à Bondy pour pratiquer un « reportage par immersion dans les cités afin de comprendre en profondeur le malaise rendu visible par les violences urbaines » ? L’un d’entre eux, Serge Michel, le résume brillamment dans un article paru dans Le Monde daté du 29 avril. Ceux qui l’ont lu ou qui rechercheront sur le site verront à quel point le périph est une frontière. Paris, à cet égard, pâtit d’un urbanisme révolu. Dis-moi où tu habites je te dirai ce que tu penses ! Il n’est pas de politique digne de ce nom qui, n’importe où dans le monde, puisse ignorer que l’urbanisme façonne les mentalités et les comportements.

Posté par Marc Lanval, le 06/06/06 dans Citoyenneté - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 juin 2006
Le patron des patrons européens inquiet sur la construction européenne...

Le président de la Confédération des entreprises européennes, Ernest-Antoine Seillière, a récemment estimé qu'à l'idée que ce sont les Américains qui vont devenir les maîtres des marchés financiers européens, il y a un sentiment d'échec pour la construction européenne… Il faisait bien sûr allusion au rachat d'Euronext par le Nyse.

Est-il un aveu plus cinglant sur l'état de délabrement et de désagrégation de l'esprit européen original des "pères fondateurs" ? On peut alors se demander si ce n'est pas un sentiment confus mais fort de la réalité des choses qui a fait surgir la réponse Non au projet de TCE ou si c'est plutôt le contraire.

Quoi qu'il en soit, si l'Europe ne sait pas avoir rapidement l'attitude d'une entreprise responsable confrontée à une situation de grand péril qui doit se recentrer sur ses points forts et se regrouper autour d'un véritable "Projet", fédérateur et partagé, on peut s'inquiéter du pire.

A la réflexion, je me souviens maintenant d'une soirée débat à laquelle j'ai assisté au Cercle républicain, dont l'invité était le Haut Fonctionnaire allemand en charge des affaires européennes à l'ambassade d'Allemagne à Paris. Elle eut lieu deux mois environ avant le référendum. A la question posée par l'un des participants sur ce que pourrait être le nouveau projet de l'Europe et en particulier du couple franco-allemand après que le projet initial ait été mené à terme, la réponse du responsable européen avait été… un très long silence, suivi d'une phrase péremptoire : " Toujours le même : éviter la guerre entre les nations européennes ! ".

On est en droit de se demander s'il n'y avait pas là, dans sa réponse même, un "signal faible" pouvant à l'époque laisser penser que "l'idée européenne" chez ceux qui en étaient les gardiens et les promoteurs naturels n'avait pas déjà renoncé à se donner une descendance…

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 05/06/06 dans Europe - Politique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 juin 2006
Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision

Image-cerveau.jpgNous émergeons d’un siècle qui vénérait la pensée formelle et négligeait l’émotion. Un siècle où la raison était érigée en totem. C’est elle qui nous a permis de découvrir les propriétés fondamentales de la matière, de transplanter le cœur d’une poitrine vers une autre ou d’accéder à la Lune, muse préférée des poètes, et demain peut-être à Mars.

Cette « Raison » raide et froide de rigueur, tout le contraire de la raison du siècle des Lumières, indifférente à l’incertitude, nous a fait croire que le monde pouvait être soumis au calcul, que la guerre du Vietnam pouvait être gagnée par les ordinateurs du Pentagone et que ...l’homme était un décideur rationnel. Elle nous a fait croire que la décision était le produit du raisonnement. Qu’elle était le privilège de l’homme et de structures de son cerveau situées dans le lobe frontal, comme dans nos grandes entreprises les décideurs ont leur bureau tout en haut de gratte-ciel.

La domination des théories formalistes et l’hégémonie des linguistes dans les sciences de la cognition ont porté à croire que le raisonnement logique, appuyé sur le langage, constituait le fondement des processus de décision. Ceci était particulièrement prégnant chez les économistes pour qui les agents économiques sont des maximiseurs bayésiens de l’utilité subjective pleinement rationnels.

Nous assistons cependant, depuis peu, à un changement profond de paradigme avec un réancrage des fonctions cognitives les plus élevées dans le corps sensible, l’émotion... Aujourd’hui, les apports de l’imagerie cérébrale, de la physiologie et de la biologie modernes, des sciences cognitives, de la psychologie... et la collaboration entre neuropsychologues ont permis de reconsidérer profondément les processus de fonctionnement du cerveau humain. Ainsi, Antonio Damasio, spécialiste en neurosciences, a, avec une rare élégance, tenté de réintégrer l’émotion dans les processus de décision, puis, de réincarner la cognition. D’autres études récentes ont montré que l’avancée de l’esprit humain est toujours un changement de point de vue. J’avancerais, pour ma part, trois hypothèses.

La première est que la décision n’apparaît plus, à ce titre, comme seulement un processus rationnel, fondé sur des outils logiques, pas plus qu’une seule propriété du cerveau cognitif. Elle est une propriété fondamentale de tout le système nerveux. Prenons la fuite, une des principales réactions de survie qui fut déterminante au cours de l’évolution. Chez le poisson, par exemple, c’est un neurone géant, la cellule de Mauthner, qui, loin d’être un simple relais contrôlant un réflexe de fuite, est le siège d’intégrations multisensorielles d’une subtilité et d’une complexité extraordinaires. Il détecte les dangers et active la décision de fuir en fonction du contexte et de la configuration des signaux externes comme de l’état interne de l’animal. La réaction de fuite est, à ce titre, une première illustration de l’existence d’un processus de décision dans un élément de base du système nerveux central.

La deuxième est que la décision, au cours de l’évolution de trois millions d’années et parce qu’elle est une propriété fondamentale du cerveau, est en fait le résultat d’une hiérarchie de processus, du plus simple au plus complexe.

La décision doit enfin, à mon sens, être ancrée dans l’action et la perception et non enfermée, comme on avait tendance à le croire, dans des processus purement logiques. Il nous faut donc rapprocher raison et émotion et retrouver le rôle que joue cette dernière dans la prise de décision.

Une étape décisive fut franchie lorsqu’on accepta l’idée que l’émotion est préparation à agir et pas seulement réaction. A cet égard, les avancées de la physiologie et de la biologie modernes ont été d’un grand secours. Elles nous ont, d’une certaine manière, permis de refonder les processus de décision. Mais cette connaissance croissante du fonctionnement du cerveau n’est pas sans risque. A nous d’être vigilant face aux possibilités accrues de manipulation. Surtout pour les enfants. C’est entre 7 et 10 ans que l’enfant développe les capacités d’empathie, de tolérance, etc. Imaginons un instant les dégâts qu’ils peuvent subir entre les mains d’un système fanatisé.

Posté par Alain Berthoz, le 02/06/06 dans Biologie - Sciences - Technologie | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
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