Liquidités en embuscade
Des Flamands vénitiens
La prétendue double peine
Bienvenue chez les pessimistes
La guerre des Trois n’aura pas lieu
Carrefour, un bouc émissaire temporaire
Les nanotechnologies
Paradoxe iranien
Le fardeau de l’homme Han
Secrets mal gardés
Afrique
Agriculture
Amérique du Nord
Amérique Latine
Asie
Biologie
Chine
Citoyenneté
Communication
Culture
Débats
Développement
Economie
Edito
Education
Emploi
Energie
Entreprises
Environnement
Europe
France
Génie Génétique
Géopolitique
Humeur
Innovation
L'invité du mois
Liens recommandés
Livres Recommandés
Mondialisation
Moyen Orient
Partenaires
Pauvreté
Politique
Réforme de l'Etat
Religions
Risques Naturels
Russie
Santé
Sciences
Société
Société Rêvée
Technologie
Terrorisme
Union Européenne
USA
Vie du Club
mai 2008
avril 2008
mars 2008
février 2008
janvier 2008
décembre 2007
novembre 2007
octobre 2007
septembre 2007
août 2007
juillet 2007
juin 2007
mai 2007
avril 2007
mars 2007
février 2007
janvier 2007
décembre 2006
novembre 2006
octobre 2006
septembre 2006
août 2006
juillet 2006
juin 2006
mai 2006
avril 2006
mars 2006
février 2006
janvier 2006
décembre 2005
novembre 2005
octobre 2005
septembre 2005


Mentions légales
Le 31 mai 2006
De l’URSS à l’URPG

En Russie, Gazprom est plus qu’un Etat dans l’Etat, c’est le bras armé de l’Etat pour reconquérir une partie du terrain perdu par l’URSS. Il s’agit de bâtir une sorte d’Union des Républiques Pétro Gazières en devenant non seulement l’indispensable fournisseur mais aussi le principal distributeur de pétrole et de gaz dans celles des anciennes républiques soviétiques qui en sont dépourvues. L’Arménie a déjà cédé l’essentiel de ses actifs énergétiques. La Biélorussie va bientôt faire de même et l’Ukraine ne pourra pas rester longtemps insensible aux pressions de son puissant voisin.

Pour l’Europe Occidentale, le problème de l’indépendance énergétique se pose aussi, bien que différemment. D’une part, l’Union Européenne ne peut plus se passer du gaz russe mais, d’autre part, ses achats représentent l’essentiel des revenus de Gazprom. Du coup, une sorte d’alliance industrielle historique se renoue. L’Allemagne est au centre de ce « partenariat stratégique ». L’ex chancelier Gerhard Schröder préside la société mixte qui va construire un gazoduc direct sous la baltique. Normal ! Un de ses prédécesseurs, Helmut Schmidt avait prévenu Ronald Reagan lorsque celui-ci tentait de s’opposer à la construction d’un autre gazoduc à l’époque de l’URSS : « Cela fait plus de cent ans que nous travaillons en Russie ; c’est nous qui avons construit son premier pipeline ; il est souhaitable que nous recommencions ».

Posté par Marc Lanval, le 31/05/06 dans Energie - Europe - Géopolitique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 mai 2006
La France décriée

Marianne.jpgUn maire qui prend un arrêté pour interdire le rassemblement de plus trois mineurs en centre ville ? C’est, vu de l’étranger, l’image d’une France qui a peur de ses enfants qui s’impose. Le tohu-bohu autour du défunt contrat première embauche (CPE) ? C’est une France en manque de confiance vis-à-vis de sa jeunesse qui émerge. Une nouvelle loi sur l’immigration - la deuxième en trois ans ? C’est une France qui manque de courage que l’on découvre.

Une France qui, à défaut de mener les réformes structurelles à même de la faire renouer avec la croissance mère de toutes les espérances, se recroqueville sur elle-même. Une France qui, à un an d’élections risquées, fait de l’immigration sa seule variable d’ « ajustement » programmatique.

Mais qui a peur ? Qui manque de confiance et de courage ? Vu d’ailleurs, ce ne sont pas les Français mais leurs hommes politiques qui ont peur, car professionnels de la politique depuis trop longtemps, obnubilés par leur seule réélection, ils ont tendance à appliquer au XXIème siècle les recettes d’un siècle qui n’est plus.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 30/05/06 dans France - Politique - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 mai 2006
Tchad : les mains sales

Tchad.jpgLe « choc des photos » a souvent plus d’impact que le « poids des mots ». Il y avait quelque chose de scandaleux, de presque obscène à voir Idriss Deby, président du Tchad, dans un costume impeccable, coupé sans doute par un des meilleurs tailleurs de Paris, parader en glorieux devant des insurgés faits prisonniers, une bande de pauvres hères déguenillés et accroupis. Pas besoin de grands discours pour comprendre que ce Président est avant tout attaché à sa propre personne. Mais, rien n’est simple !

Les insurgés, soutenus par les Soudanais, eux-mêmes soutenus par les Chinois, n’auraient pas, s’ils avaient été victorieux, amenés le calme et la prospérité. Il suffit de regarder ce qui se passe au Darfour pour s’en convaincre. Entre deux maux, la France ainsi que les Etats-Unis, l’Union Africaine et l’ONU choisissent donc le dictateur. Les mauvais esprits souligneront qu’une compagnie américaine (Exxon) exploite le pétrole tchadien et que la France maintient dans ce pays une base militaire importante pour toute la région. Et alors ? Dans un monde instable, ce n’est pas une honte de se salir les mains. Le problème est de savoir si cette « realpolitik » a beaucoup d’avenir.

Posté par Marc Lanval, le 29/05/06 dans Afrique - Politique | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 mai 2006
Algérie : éducation schizophrène

L’enseignement supérieur, en particulier dans les domaines scientifiques, est assuré pour l’essentiel en français. Médecine, pharmacie, écoles d’ingénieurs et même... l’ENA, Ecole Nationale d’Administration, continuent à user largement de la langue de Molière. Les fonds documentaires des universités et autres instituts de formation ne dérogent pas à la règle puisque plus de 95% sont en français.

Primaire, secondaire et lycée sont de leur côté « arabisés », c’est-à-dire que toutes les matières, y compris scientifiques, sont enseignées en arabe. Résultat : même les meilleurs élèves peinent à tirer leur épingle du jeu... sauf si papa est assez riche pour les envoyer se mettre à niveau à l’Alliance française à Paris.

C’est dans ce contexte, que les écoles privées ont fleuri. Tous les cours s’y tenaient en français exceptées les matières dites molles telles que l’histoire, la géographie, la philosophie etc. Le succès était au rendez-vous. D’abord limitées à Alger, elles ont essaimé un peu partout. Aujourd’hui, elles sont sommées de se conformer aux programmes officiels et arabisés de l’Education nationale. Les 72 réfractaires ont promis de le faire à la rentrée prochaine.

Dans le même temps, les pouvoirs publics ont décidé de réintroduire le français dès le CE1, contre le CM1 auparavant dans les écoles publiques. Serai-ce suffisant ? Rien de moins sûr. D’ores et déjà, ce sont les cours privés de maths, physique, chimie, sciences naturelles qui flambent... en français bien sûr.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 26/05/06 dans Afrique - Education - Société | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 mai 2006
L'Europe des ondes est à la peine…

Galileobis.jpgLa question souvent occultée, car elle peut sembler très technique et rébarbative, est celle de la problématique générale de la Gestion Harmonisée des Fréquences sur l'espace européen.
Les structures administratives qui en ont la charge agissent en ordre dispersé, sans véritable concertation. La ressource naturelle "fréquence disponible" devient un enjeu vital pour le développement de nos économies numériques.

Quelles sont les questions ?

D'abord l'IUT. C’est un organe, dépendant des Nations Unies, qui est chargé d’harmoniser le fonctionnement des télécommunications au niveau mondial à partir de l’établissement de règles communes et de la diffusion d’information (fichier des références internationales des fréquences par exemple).

Ensuite, le CEPT : C’est un organe international constitué par 46 pays (dont ceux constituant l'Europe) qui ne traite que de problèmes techniques.

Au niveau de la Communauté européenne, il n’existe pas d’institution susceptible de définir une politique européenne, une stratégie commune en matière d’utilisation du spectre des fréquences radioélectriques en association avec des choix spécifiques propres à chacun des pays constitutifs. De plus, la répartition des compétences et les procédures administratives à l’intérieur de chaque pays peuvent être différentes.

Compte tenu que "le spectre est une denrée rare" et que la tendance en matière de demande de transmission d’information est en forte croissance, nous serons contraints à plus ou moins brève échéance de rechercher des axes d’harmonisation permettant d’engager une démarche prospective (et non plus curative) afin d’optimiser l’utilisation du spectre.

Quelques exemples :

- la TNT qui nécessiterait l’élaboration d’un calendrier permettant de déterminer la date de suppression de la transmission analogique et d’analyser les retombées industrielles potentielles,

- l’UMTS qui se développe sans qu’un minimum de lignes directrices n’aient été élaboré,

- GALILEO dont on connaît mal l’impact stratégique et les retombées économiques mais dont on sait que sa réalisation en termes de fréquences nécessaires est loin d'être assurée… On peut se demander, en effet, si les autorisations d'exploiter les fréquences qui lui sont nécessaires seront reconduites compte tenu de l'importante maîtrise de l'espace et du ciel électromagnétiques que sont en train de s'assurer, très discrètement, certains pays "dominants" au plan mondial.

Au plan international, il serait souhaitable que la Communauté européenne se dote de moyens permettant d’harmoniser ses positions, de les affirmer et de rechercher des consensus face à une certaine forme de dictat américain. Que se passerait-il si, demain, pour communiquer librement en utilisant les ondes électromagnétiques, il devenait nécessaire de choisir entre payer un impôt américain ou s'abstenir de le faire ?

Convaincu des aspects bénéfiques de la construction européenne amenant à une modernisation globale de tous les secteurs, il a été constaté a contrario la fragmentation des organisations et donc des processus de décision conduisant à un déficit de « vision commune ».

Ce déficit conduit inéluctablement à une désorientation des politiques industrielles nationales des différents pays membres. Il n'a pas encore été débattu des conséquences de cette désorientation tellement les impacts socio-économiques étaient forts.

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 25/05/06 dans Economie - Europe - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 mai 2006
Péninsule arabique : entre rêves et cauchemar

L’Arabie Saoudite et les Emirats regorgent d’argent. Ils cherchent à moderniser leur territoire, à diversifier leur économie, à passer directement du passé au futur. Rien n’est trop beau. Infrastructures, télécommunications et même culture et sport sont au rendez-vous. Universités, musées et stades sortent de terre. Pourtant, l’optimisme ne règne pas.

Il s’en est fallu de peu pour qu’Al Quaïda réussisse son attentat contre le principal complexe pétrolier d’Arabie. Surtout, l’Iran est de l’autre côté du détroit et si, d’aventure, les Etats-Unis et/ou Israël décidaient d’en découdre, les monarchies pétrolières seraient les premières à subir des représailles, les plus exposés aux dommages collatéraux.

Un membre du Club qui revient de Dubaï fait part d’une impression étrange, les hommes d’affaires locaux lui ont paru nerveux. Comme si des rêves futuristes peints en rose risquaient d’être couverts par des nuages très noirs.

Posté par Marc Lanval, le 24/05/06 dans Développement - Moyen Orient - Terrorisme | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 mai 2006
La conduite du changement

Etchegoyen.jpgPhilosophe, ancien Commissaire au Plan, Alain Etchegoyen interviendra, mercredi 07 juin sur le thème : « La conduite du changement ».

Des mesures isolées, même ambitieuses, font, au mieux, figure de gadget. Une série de minuscules étapes peut, en revanche, selon Alain Etchegoyen, être perçue comme un bond en avant si elle poursuit un objectif clair et permet de s’en rapprocher.

Normalien, agrégé de philosophie, il devient professeur en classes préparatoires au lycée Louis-le-grand et enseigne également dans un lycée professionnel de la banlieue parisienne ; rapporteur de Pierre Guillaumat au Club des relations industrielles du CNRS (CRIN) en 1985, il préside le Club problèmes internes de l'entreprise du CRIN de 1986 à 1989 ; philosophe, il est aussi administrateur de société et consultant pour de nombreux organismes.

Nommé Commissaire au Plan, en 2003, par Jean-Pierre Raffarin, Alain Etchegoyen avait pour ambition de soutenir "l'Etat stratège" grâce à un travail de prospective en publiant de nombreux rapports sur des sujets aussi variés que la recherche, les métiers de demain ou encore les médias. En octobre 2005, Dominique de Villepin mit fin à cette expérience en décidant la transformation du Commissariat général au Plan en centre d'analyses stratégiques directement placé auprès du Premier ministre.

Alain ETCHEGOYEN a reçu notamment le prix Costa-de-Beauregard en 1990 pour Les entreprises ont-elles une âme ? (Editions François Bourin), le prix Médicis de l'essai en 1991 pour La Valse des éthiques (Editions François Bourin) et le Grand Prix de l'essai de l'Académie française en 1993 pour La Démocratie malade du mensonge (Editions François Bourin).

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 23/05/06 dans L'invité du mois | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 22 mai 2006
Précarité perverse

Precarite.jpgMalgré ou à cause de l’échec du CPE et des offensives anti-CNE, un consensus semble se dégager autour du concept importé de Scandinavie et baptisé « flexisécurité ». Beaucoup de responsables d’entreprise s’inquiètent en constatant que trois quarts des jeunes français ont envie de devenir fonctionnaires. Du coup, les patrons les plus lucides comprennent qu’une galère prolongée entre stages, jobs, intérims et chômage n’est pas bonne pour le moral.

Inversement, beaucoup de syndicalistes se font à l’idée que le temps des emplois à vie est révolu et que l’important, désormais, est de rendre le parcours entre deux emplois le moins traumatisant et le plus formateur possible. Cela préfigure une grande négociation où chacun, bien sûr, essayera de faire pencher la balance du côté du plateau qui lui convient le mieux. Mais n’est-ce pas là le propre de toute négociation ? Et ne faut-il pas s’en réjouir ?

Posté par Marc Ullmann, le 22/05/06 dans Emploi - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 mai 2006
Science sans conscience…

Les petits-déjeuners du Club nous ont offert récemment deux approches radicalement différentes de la médecine et de la biologie. En novembre 2005 le Professeur Derenne, personnage haut en couleurs, a fait un très brillant exposé sur le thème : "Ils ont tué Hippocrate". Il dénonçait certaines dérives actuelles de la politique de santé et le comportement de nombre de ses collègues qui n'agissent plus en médecins mais en techniciens, oubliant que les patients sont des êtres humains.

Le 16 mai, le Professeur Joël Bockaert nous a fait part des dernières recherches sur le fonctionnement du cerveau et en particulier le rôle des récepteurs. L'avenir du traitement des maladies et des désordres du cerveau réside dans la mise au point de nouvelles molécules, ce que personne ne peut totalement écarter, mais la chimie, en laquelle le Professeur Bockaert met manifestement tous ses espoirs, est-elle, seule, la clé pour traiter les dysfonctionnements du cerveau ?
Peut-on ironiser, comme il le fait, sur l'aspect placebo des discussions avec son psychiatre pour soigner une dépression ? Quant à justifier le recours au dopage sous le prétexte que le sport de haut niveau est devenu aberrant, c'est un raisonnement qui peut mener fort loin et rappelle Aldous Huxley. C'était certainement un trait d'humour, du moins je l'espère.

Heureusement au cours de la discussion le mot "éthique" a été prononcé. Les recherches sur le cerveau sont au moins aussi sensibles que les dernières découvertes dans le domaine des manipulations génétiques et la fameuse phrase de Pantagruel doit alors prendre tout son sens. Le progrès scientifique est la clé du développement de l'homme, machine pensante. Ce progrès doit toutefois être réfléchi, pensé et pesé en fonction de notre héritage culturel et spirituel. La réflexion est un exercice difficile si l'on veut raison garder.

Nier la science, comme le font de plus en plus d'extrémistes de tous bords, est la négation de l'intelligence humaine. Il ne faut pas pour autant absoudre toutes les utopies. L'équilibre est infiniment délicat à trouver. Les activistes qui ont manifesté le Ier juin contre la création à Grenoble d'un pôle de nanotechnologies avec comme slogan le refus de la "technification du monde imposée aux populations" ne font certainement pas honneur aux capacités de l'homme à gérer son futur.

Quoi qu'il en soit, ainsi qu'illustré récemment dans tous les domaines, notre société n'est pas loin de la dérive car on a oublié les valeurs fondamentales et tout particulièrement l'éthique telle qu'enseignée par les philosophes grecs.

Posté par Michel Chevet, le 19/05/06 dans Biologie - Sciences - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 18 mai 2006
Faim, OGM et bonne conscience

OGM.jpgLes adversaires des OGM, en particulier en Europe, mettent en doute leur innocuité sur la santé humaine et animale, s’inquiètent de la contamination des cultures sans OGM et, s’alarment des atteintes qu’elles porteraient à la biodiversité. Ils s’insurgent aussi contre le sort qui sera réservé aux paysans dans le monde, en particulier dans les pays pauvres. Les OGM étant protégés par des brevets, les petits paysans, assurent-ils, n’auront plus le droit de garder des semences d’une récolte pour les replanter l’année suivante, comme ils l’ont toujours fait. Ce qui constituerait un surcoût insupportable pour la plupart d’entre eux.

De leur côté, les pro-OGM, et au premier chef les grands groupes d’agrochimie, tels les américains Monsanto et DuPont ou le suisse Syngenta, rejettent tous ces « anathèmes » par des arguments inverses. Ils insistent sur le caractère inoffensif des OGM que ce soit sur la santé ou les cultures, sur les bienfaits pour l’environnement – moins de pesticides utilisés pour des plantes devenus résistantes à tel ou tel insecte etc. Ils vont jusqu’à taxer les anti-OGM du Nord d’ « égoïsme ». Ils seraient, à leurs yeux, insensibles à la faim qui sévit dans certaines parties du monde alors que les OGM, grâce à des rendements importants, pourraient venir à bout de ce fléau.

Mais las ! Et c’est la FAO qui le souligne dans un rapport sur les biotechnologies agricoles : « Les recherches sur les cultures transgéniques sont, pour la majorité, le fait de sociétés privées transnationales. (...) Les plantes et les caractéristiques présentant un intérêt pour les pays pauvres sont dédaignées. »

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 18/05/06 dans Agriculture - Biologie - Développement - Environnement | Commentaires (12) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 mai 2006
Emplois de demain

Les progrès de l’informatique aidant, la plupart des produits et services sophistiqués peuvent être décomposés, tel élément se faisant en Europe, tel autre à Singapour, tel autre en Chine, etc. Comme le souligne Alan S. Blinder, professeur à Princeton, les seuls services qui, par nécessité, resteront sur place, sont ceux qui « ne peuvent être délivrés électroniquement à longue distance sans dégradation notable » (1).

Il s’agit, bien sûr, des services rendus face-à-face entre personnes en chair et en os. Ce n’est rien moins qu’une troisième révolution économique. Dans la première, l’industrie a détrôné l’agriculture. Dans la seconde, les services ont détrôné l’industrie. Dans la troisième, le face-à-face va (dans les pays les plus modernes) détrôner les services impersonnels.

De ce bouleversement majeur, quelques premières conséquences semblent pouvoir être tirées :

1. Les services personnels rendus face-à-face étant les seuls qui pourront créer des emplois, il est urgent qu’il y ait, dans ce domaine, accroissement de la demande solvable. Elimination des obstacles à la production de richesses dans les secteurs industriels et post industriels classiques, redéploiement des dépenses publiques, initiatives locales, tout doit être pensé en fonction de cette priorité.

2. Le face-à-face de luxe pour clientèle aisée est, par définition solvable. Il y a là un gisement d’emplois doublement considérable. D’abord parce que les débouchés directs sont nombreux et substantiels. Ensuite, parce que la demande créée par les « riches » contribuera à l’éclosion de nouveaux métiers susceptibles d’être déclinés de façon plus économique pour des clientèles moins fortunées. Les besoins latents sont immenses.

3. La France est un très beau pays avec un climat, un patrimoine, des paysages et des infrastructures sans égales. Pour tirer le meilleur parti possible de cet avantage comparatif, il faudrait attirer les « riches » du monde entier. Une réflexion approfondie s’impose. La fiscalité n’est pas seule en cause. L’attractivité comporte bien des aspects.

4. L’essor du face-à-face aura nécessairement un impact en matière d’éducation et de formation. Les qualités de contact s’avèreront primordiales. Le sourire se payera cher, la connaissance des langues aussi, l’adaptabilité surtout. La psychologie pratique et la débrouillardise auront valeur de compétences.

(1) Le document de travail « Fear off Offshoring » est disponibles au Club. Il paraîtra prochainement, sous une forme abrégée, dans « Foreign Affairs ».

Posté par Marc Ullmann, le 17/05/06 dans Emploi - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 mai 2006
Inventer et construire le lien social du futur

travail.jpgDu fait de la mondialisation, des changements économiques, des exigences des actionnaires et des clients, les Dirigeants doivent renouveler leur vision pour le futur pour répondre à une impérieuse nécessité d’innovation et de création de valeur. Cette démarche, avec en toile de fond, une société française, qui globalement ne mesure pas ce qu’apportent les entreprises, et un discours assez désenchanté sur le travail.

Or le travail est un des lieux essentiels de la construction de soi et de la réalisation de son être au monde.

Les évolutions tant sociétales, économiques que démographiques des 15 prochaines années vont obliger les dirigeants à renouveler leur vision des enjeux futurs, notamment sur les thèmes suivants : la place que les collaborateurs donneront au travail, l’exigence de R&D corrélée au marché, la mise en place de la notion de « durable » tant sur le plan économique qu’humain.

De nombreuses entreprises réalisent une part conséquente de leurs résultats sur leurs seules opérations financières et non seulement sur les activités définies dans leur objet social. Il y a actuellement une mutation de la notion d’objet social.
Du fait de ces changements économiques majeurs, un dirigeant c’est quelqu’un qui a changé, mais c’est toujours un homme qui a une volonté de faire, une obligation de résultat, un désir de durer. Diriger c’est décider. Pour diriger il s’appuie sur des collaborateurs. Ces mêmes collaborateurs ont besoin de l’entreprise. Les pressions économiques ont accentué la « dépersonnalisation » du travail et le doute des collaborateurs.

Aucune de nos organisations de travail ne pourrait se développer et surtout durer si autre chose que le travail ne liait les hommes entre eux. Lorsque l’on parle d’esprit d’équipe, de conscience professionnelle, d’attention à apporter aux outils de production, de désir de faire et d’aspiration à une vie professionnelle signifiante, on parle d’intelligence et de projet collectif.

C’est la qualité de la structure mentale du dirigeant et la façon dont il la déploie dans l’entreprise (et donc sur ses collaborateurs) qui est stratégique. C’est la vision d’un homme, sa traduction dans une réalité économique, dans une organisation et face à des clients qui fait que le travail des hommes va être possible, nécessaire et peut-être porteur de sens.

Le pouvoir est rarement absolu, un être humain quelle que soit sa place au travail peut être acteur de sa vie. L’autorité peut être créatrice de possibles pour ceux qui ont à exécuter des tâches.
La dissymétrie des places, inhérente à la structure de l’entreprise peut permettre un jeu des acteurs où chacun peut trouver du sens et tenter de se réaliser. Si l’entreprise ne pourra jamais « tout » pour les collaborateurs qui y travaillent, elle n’est jamais « rien », non plus, pour ces mêmes collaborateurs.
Le travail peut être un lieu de réalisation de soi, pour soi et pour les autres. Entre Les lendemains qui chantent et L’horreur économique, des intelligences collectives sont à créer, en alliant toutes les parties prenantes, pour trouver un faire-du résultat et un vivre-ensemble qui soit humainement tenable.

C’est un des défis de l’avenir. Cette construction nécessite un véritable travail qui ne pourra se faire sans la prise en compte de la « part des hommes ». Ce que nous entendons par la part des hommes, c’est ce plus d'humanité et cette quête de sens que l'être au travail peut chercher, trouver ou ne pas trouver. Cela va bien au-delà de la simple notion de « ressource humaine », c'est cet ensemble de mesurable et de non-mesurable, qui a des effets sur la qualité des biens produits et sur la qualité des liens dans l'entreprise.

Posté par Evelyne Bertin, le 15/05/06 dans Economie - Entreprises - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (1)

Le 12 mai 2006
Lula entre cœur et portefeuille

Fidel Castro a 79 ans et n’a pas de pétrole. Hugo Chavez a 52 ans et beaucoup de pétrole. Pas besoin d’être extralucide pour savoir lequel des deux fait désormais figure de leader pour toute la gauche d’Amérique Latine. Chrétien, Chavez prêche une sorte de socialisme indépendant de la tradition marxiste.

C’est lui qui, le 29 avril, a nommé: « Sainte Trinité anti-impérialiste » le traité qu’il venait de signer avec Castro et le jeune (47 ans) président de la Bolivie Evo Morales. Celui-ci, dès le lendemain, s’empresse de suivre l’exemple de Chavez en nationalisant les hydrocarbures (pétrole et surtout gaz) dont son pays est assez pourvu. Les compagnies étrangères disposent de 180 jours pour renégocier leurs contrats.

Elles sont 26 dont Exxon et Total mais la plus impliquée est la société brésilienne Petrobras. C’est cette dernière qui, sans doute, donnera le ton. Luiz Inácio Lula se trouve ainsi confronté à un dilemme. Elu par la gauche et défenseur des pauvres, il lui sera difficile de s’opposer à un partage plus équitable des profits dans un pays voisin. Président du Brésil, il devra, cependant, défendre les intérêts d’une grande compagnie nationale. Le choix n’est pas anodin : la carte politique de tout un continent peut s’en trouver affectée.

Posté par Marc Ullmann, le 12/05/06 dans Amérique Latine - Energie - Géopolitique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 mai 2006
La France n’aime pas ses enfants

ENFANTS.jpgLa France accumule, bon an mal an, 50 milliards d’euros de déficit qui vont grossir la dette. Cette situation est intenable mais le raisonnement ne peut, à lui seul, provoquer le sursaut salvateur. Les Français sont insensibles à la nécessité, il leur manque une motivation.

La seule qui vaille et qui émergera de plus en plus dans le débat public c’est le sort de nos enfants. Oublions les fameux « projets de société » pour campagnes électorales, la réalité est beaucoup plus simple et plus brutale : nous allons laisser à nos descendants une France invivable. Ils devront galérer de 17 à 27 ans pour s’y faire une place. Pour avoir une situation, un logement, un crédit. Sitôt devenus autonomes, ils seront accablés par le remboursement de nos dettes et le paiement de nos pensions et vivront dans la crainte du chômage avec comme seul horizon le nirvana de la retraite. Cela dans une société déchirée par la contrainte extérieure.

Transmettre une société délabrée après avoir hérité de la France prospère des années soixante-dix est la honte d’une génération. Désormais, c’est dans le regard de nos enfants que nous devrons lire notre devoir.

Posté par François de Closets, le 11/05/06 dans France - Société | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 mai 2006
La tentation de Blair

David Cameron, le nouveau leader du Parti Conservateur britannique, est aussi jeune que Tony Blair l’était lorsqu’il a pris en main le « New Labour ». Il a aussi fréquenté les mêmes écoles et animé le même club dans la même université. De là à dire que Blair peut avoir plus de sympathie pour cet adversaire qu’il n’en a pour son successeur désigné, il n’y a pas loin. Gordon Brown, l’actuel ministre des finances a toujours été son rival et attend avec une impatience (trop) visible de prendre la relève. Il est un peu pour Blair ce que Rocard était pour Mitterrand. Le Premier ministre éprouverait sans doute un malin plaisir à voir tomber cet encombrant héritier !

Posté par Marc Lanval, le 10/05/06 dans Europe - Politique | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 5 mai 2006
Désir de rupture

Sarkozy ou Villepin ? Ségolène ou un « Monsieur » ? Les Français ne parlent que de cela et il n’y a pas de quoi sourire. La France roupille depuis 18 ans et les gens ont compris qu’il était temps que ça bouge. Le deuxième septennat de Mitterrand a été celui d’un homme malade qui se réfugiait dans le « ni-ni ».

L’immobilisme a continué sous Chirac dont c’est, sans doute, la nature profonde. Le malaise est, aujourd’hui, si palpable que les candidats ne peuvent plus se permettre de faire campagne sur le thème de la continuité. Sarkozy l’a compris depuis longtemps puisqu’il a été le premier à employer le mot « rupture ».

Ségolène, quant à elle, est (à la fois par chance et par mérite) l’image même de la rupture. D’abord c’est une femme. Ensuite, malgré sa longue pratique de la politique, son langage n’est pas politicien. Elle parle de « désirs d’avenir », c'est-à-dire de « pourquoi » et fustige les technocrates qui s’enferment dans le « comment ». Peut-être un des candidats potentiels du PS saura-t-il, à son tour, insuffler de l’espoir. On comprend que les Français se passionnent. Ils veulent que quelqu’un, là-haut, sonne le réveil.

Posté par Marc Ullmann, le 05/05/06 dans France - Politique | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 3 mai 2006
Afghanistan : printemps pourri

afghanistan.jpgAction Contre la Faim procède à la réouverture de bases qui fonctionnaient au ralenti pendant la période hivernale. Isabelle Moussard-Carlsen, responsable géographique pour l’Afghanistan, écrit, dans une communication datée du 23 mars : « Le retour du printemps, la réouverture progressive des cols de montagnes et des routes s’accompagnent de la recrudescence de l’insécurité. Le mollah Omar a lancé un appel pour faire de l’Afghanistan « un four en flammes ». A Kaboul, le nombre des victimes d’attentats a doublé sur la période 2005/2004. Nombreux incidents entre les Talibans d’une part et les forces afghanes et étrangères d’autre part au sud du pays ; des attentats ont été déjoués ces derniers jours ».

On en arrive à se demander s’il n’aurait pas fallu laisser les Russes se débrouiller dans un pays où ils s’étaient imprudemment avancés en 1979. Rappelons qu’en accord avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis et l’Europe ont armé une « résistance » qui, de plus en plus, s’est révélée islamique. Les Russes sont partis en 1988. C’était leur Vietnam à eux. L’occident tenait sa revanche. Drôle de revanche !

Posté par Marc Lanval, le 03/05/06 dans Asie - Politique - Terrorisme | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 mai 2006
Coups tordus

L'affaire Clearstream provoque, avec raison, la nausée chez beaucoup de nos concitoyens. Quelle que soit la vérité et l'issue de ce sombre épisode de la vie politique française, on ne peut qu'être choqué par la bassesse des moyens employés par certains à seule fin d'assouvir des ambitions personnelles. Nous sommes bien loin des discours flamboyants et moralisateurs au Conseil de sécurité de l'O.N.U.. Nous devenons la risée du Monde.

Les coups tordus ont toujours existé, et dans tous les pays. Ce qui est particulièrement choquant dans l'affaire Clearstream, est l'implication de nos services de renseignements ou du moins de certains de leurs éléments. L'histoire récente de notre pays montre que des soit-disants serviteurs de l'Etat peuvent s'ériger en "justiciers" ou se mettre au service de causes dévoyées. Généralement il y a derrière soit des intérêts financiers soit des pseudo "raisons d'Etat".

Deux livres, passés à l'époque pratiquement inaperçus, avaient remarquablement illustré ces dérives : "L'officine" ; roman de Michel Noir basé sur les contournements de l'embargo de l'ONU sur l'Irak et "Les deux bombes" de Pierre Péan qui raconte comment la technologie nucléaire militaire fut apportée par la France à plusieurs nations, souvent dans le dos des plus hautes autorités de l'Etat.

Il n'est pas question d'absoudre tous les coups tordus mais, en comparaison, l'affaire Clearstream est particulièrement minable car on n'y trouve que des vengeances personnelles. Elle est particulièrement significative de la complète dégénérescence de notre système et fait, comme le CPE et les événements des banlieues, le jeu des extrêmes, FN et ultra-gauche, avec tous les risques que cela implique pour 2007.

Luc Ferry s'élevait devant les Vigilants contre un système éducatif qui fait qu'une partie importante de notre jeunesse ne parle ni n'écrit correctement et que l'on trouve des fautes d'orthographe dans les copies de l'ENA. En plus de l'enseignement des bases du français et des mathématiques il faudrait rétablir en priorité l'EDUCATION CIVIQUE et, à tous les niveaux, promouvoir la Morale en tant que branche fondamentale de la philosophie et non comme une "valeur" bourgeoise.

Cela serait plus utile que d'ergoter sur la VIeme République, comme le font de plus en plus les vieux ,et les moins vieux..., briscards de la Veme. Ce n'est pas la Constitution qu'il faut changer mais la façon dont les têtes sont construites.

Posté par Michel Chevet, le 01/05/06 dans France - Politique - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
  En savoir plus...

 

 
Pour une Communauté Mondiale de l’Eau
Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision
Les 4 scénarii de développement d'une start up
La France malade de sa gouvernance
Fini l'ANPE ? Vive l'ANSE !
  Gilles Mas sur Du pétrole en général et de l’Iran en particulier  
  Henri-Paul Soulodre sur L’auto-régulation : un impératif pour la société  
  Henri-Paul Soulodre sur Les nanotechnologies  
  Henri-Paul Soulodre sur Carrefour, un bouc émissaire temporaire  
  Henri-Paul Soulodre sur La guerre des Trois n’aura pas lieu  
  Henri-Paul Soulodre sur Vaincre la faim  
  Dominique sur Vaincre la faim  
  Bernard sur Vous allez voir ce que vous allez voir…  
  Gilles Mas sur Vaincre la faim  
  Gilles Mas sur Du pétrole en général et de l’Iran en particulier  
 
Happiness: Lessons from a new science
Richard Layard
L’homme en état d’urgence
Xavier Emmanuelli
  La pensée islamique contemporaine
Alain Roussillon
  Alogic
  Energy
Intelligence
  Sociovision
Cofremca