Liquidités en embuscade
Des Flamands vénitiens
La prétendue double peine
Bienvenue chez les pessimistes
La guerre des Trois n’aura pas lieu
Carrefour, un bouc émissaire temporaire
Les nanotechnologies
Paradoxe iranien
Le fardeau de l’homme Han
Secrets mal gardés
Afrique
Agriculture
Amérique du Nord
Amérique Latine
Asie
Biologie
Chine
Citoyenneté
Communication
Culture
Débats
Développement
Economie
Edito
Education
Emploi
Energie
Entreprises
Environnement
Europe
France
Génie Génétique
Géopolitique
Humeur
Innovation
L'invité du mois
Liens recommandés
Livres Recommandés
Mondialisation
Moyen Orient
Partenaires
Pauvreté
Politique
Réforme de l'Etat
Religions
Risques Naturels
Russie
Santé
Sciences
Société
Société Rêvée
Technologie
Terrorisme
Union Européenne
USA
Vie du Club
mai 2008
avril 2008
mars 2008
février 2008
janvier 2008
décembre 2007
novembre 2007
octobre 2007
septembre 2007
août 2007
juillet 2007
juin 2007
mai 2007
avril 2007
mars 2007
février 2007
janvier 2007
décembre 2006
novembre 2006
octobre 2006
septembre 2006
août 2006
juillet 2006
juin 2006
mai 2006
avril 2006
mars 2006
février 2006
janvier 2006
décembre 2005
novembre 2005
octobre 2005
septembre 2005


Mentions légales
Le 31 mars 2006
Six questions ouvertes à nos Vigilants...

Depuis un certain temps et au fil de plusieurs discussions confraternelles, j'ai eu envie de proposer à nos amis Vigilants et à nos sympatisants lointains de participer à un échange sur quelques sujets matérialisés par six questions ouvertes qui se proposent le lancer les débats...

Question 1 : Monde marchand et monde spirituel ? Quels compromis possibles ? Faut-il en revisiter une proposition vieille de 2000 ans et distinguer clairement ce qui revient à " César " et ce qui revient à " Dieu " ?

Question 2 : Une société d'échanges non marchands peut-elle émerger ? Lesquels ? Comment les valoriser ?

Question 3 : Quelles voies pour passer sans heurts d'une société de biens et de services " matériels" vers une société de biens et de services " immatériels " ?

Question 4 : La fin du paradigme de la connaissance scientifique absolue du monde ouvre-t-elle une autre voie pour le savoir humain et la certitude des leaders ?

Question 5 : La mondialisation conduit vers un choix pour l'organisation du monde : - par régions économiques spécialisées et donc interdépendantes le long de la chaîne de valeur ( entreprises étendues au plan mondial ) ou bien, - par régions économiques intégrées sur une chaîne de valeur régionale donc - autonomes mais seulement inter communicantes. Quelles conséquences sur les Etats et sur les pouvoirs politiques ?

Question 6 : La mondialisation trace-t-elle le rôle futur de nos hommes politiques ? Leaders politiques représentatifs et éclairés, visionnaires du destin des peuples ou bien acteurs choisis, gestionnaires efficaces de toutes les ressources d'un territoire au principal service des leaders économiques ?

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 31/03/06 dans Débats | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Iran : l’effet Le Pen

Un ami français qui séjourne régulièrement en Iran est revenu récemment. Selon lui, de très nombreux Iraniens ont voté pour Ahmadinejad sans croire qu’il pouvait vraiment être élu. C’était un vote de protestation, vaguement comparable à celui de certains Français qui ne pensaient pas, en 2002, que Le Pen pouvait distancer Jospin.

Maintenant, l’ambiance est mitigée. Tous les Iraniens soutiennent Ahmadinejad lorsqu’il place l’affaire nucléaire sur le terrain de la fierté nationale. En revanche, le nouveau président agace par son rigorisme. Les jeunes (et pas seulement ceux des quartiers huppés) supportent mal les excès de zèle du « Ministère de la Vertu ».

Des mesures telles la mise à l’index des musiques considérées comme décadentes ou les consignes données pour que le voile soit porté « correctement », sont vécues comme des brimades et font figure de régression. Conclusion de cet observateur : Ahmadinejad a peu de chances d’être porté par une massive adhésion populaire si l’envie lui prenait d’accaparer le pouvoir.

Khamenei, le « guide suprême », peut facilement jouer des rivalités internes pour préserver les équilibres subtils de la République Islamique. Déjà, Rafsandjani manoeuvre en coulisse, Khatami distille des critiques et Larijani gagne en influence.

Posté par Marc Lanval, le 31/03/06 dans Moyen Orient - Politique | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 30 mars 2006
Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision

berthoz.jpgProfesseur au Collège de France et pionnier des sciences cognitives, Alain Berthoz interviendra, mercredi 05 avril sur le thème : « Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision».

Les progrès des sciences du cerveau ouvrent, selon Alain Berthoz, des perspectives nouvelles sur les grandes fonctions cognitives, leur épanouissement possible, leurs manipulations volontaires et bien sûr leurs pathologies. Il tentera, lors de ce débat, d’en cadrer les enjeux vers le meilleur comme vers le pire.

Ingénieur Civil des Mines (1963), Licencié en Psychologie (1963) et Docteur es-Sciences Naturelles (1973), Alain Berthoz a été Directeur de Recherche, Classe Exceptionnelle, au CNRS où il a dirigé le Laboratoire de Physiologie Neurosensorielle. Nommé, en 1983, Professeur invité à l'Université McGill-Montréal (Canada), il est, depuis 1989, responsable du Programme de Neurosciences computationnelles du DEA de Sciences Cognitives à l'Université de Paris VI et Professeur au Collège de France depuis 1993.

Responable de l'organistion de nombreux congrès, colloques et symposia, en France et à l’étranger, le Professeur Berthoz est également membre, en France, de nombreuses Sociétés Scientifiques et Académies dont la Société d'Ergonomie de Langue Française, l'Association des Physiologistes de Langue Française, fondateur et membre du Conseil de la Société de Biomécanique de Langue Française (1977-1980) ou encore du Conseil Scientifique de la Société des Rythmes Biologiques (jusqu'en 1980) et de l’Académie des Sciences (2003).

A l’étranger, il est membre de l'European Brain and Behaviour Society (depuis 1978), du Conseil Scientifique de l'European Brain and Behaviour Society (1978-1980), de l'International Brain Research Organisation, de l'American Neuroscience Society (depuis 1980), de l'European Neuroscience Society (depuis sa fondation), ou encore membre élu à l’American Academy of Arts and Sciences (USA, 2003) du Conseil Scientifique de l'European Neuroscience Society et de " L'Academia Europae " des Sciences.

Consultant auprès de maints organismes scientifiques internationaux dont la National Science Foundation (USA) pour les demandes de subvention de recherche des laboratoires américains (depuis 1979), le Fond National Suisse pour la Recherche Médicale pour l'attribution des Prix et des fonds de Recherches (depuis 1986) ou encore le Comité Scientifique du Programme Human Frontier pour les Sciences Cognitives (depuis 1989), Alain Berthoz a participé aussi à de nombreuses instances d'évaluations de la recherche scientifique en France.

Cette carrière protéiforme l’a amené à accumuler les prix et médailles autant en France qu’à l’étranger : Médaille d'argent du Centre National d'Etudes Spatiales (1985), Prix La Caze de l'Académie des Sciences (Paris, 1987), Prix général de l'Académie de Médecine (Paris, 1991), Dow Award for Neuroscience (Université de Portland) (1996), Docteur Honoris Causa de l’Université de Mons-Hainaut (1998), Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur (Janvier 1999) et Chevalier de l’Ordre du Mérite (2003).

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 30/03/06 dans L'invité du mois | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 29 mars 2006
Les 4 scenarii de développement d’une start-up

Dans le monde des nouvelles technologie mieux vaut être gros mais pas trop ou alors beaucoup. Explications : Toute nouvelle technologie est portée par quelques sociétés, le plus souvent de petite taille. Leur avenir dépendra de 2 paramètres : l’intérêt des utilisateurs et la possibilité de se faire racheter.

Premier scénario : une technologie qui ne décolle pas. Direction le cimetière déjà bien garni des produits qui ont – presque – révolutionné le monde.

Second scénario : la technologie répond à un besoin. L’espoir de tout entrepreneur est alors de faire racheter par un gros du secteur genre IBM, Microsoft, Cisco selon la nature de la solution. Dernier exemple en date : Skype qui se fait racheter par eBay pour quelques 5 milliards de dollars. Toutefois, la fenêtre de rachat est limitée et si on attend trop on passe à l’étape suivante.

Troisième scénario : la technologie devient un standard de fait. Et là, les problèmes commencent car la société est trop grosse pour être rachetée et pas assez pour contrer l’offensive des gros du secteur qui préfèrent lancer leur technologie. En général, c’est le gros du secteur qui gagne (par exemple le PocketPC de Microsoft sur le PalmPilot). Sinon…

Quatrième scénario : la start-up a triomphé de toutes les embûches. Elle entre dans le clan très fermé des gros du secteur (Google est le dernier entré). Et elle s’apprête, à son tour, à racheter tout ce qui semble prometteur.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/03/06 dans Economie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 mars 2006
Pour un service civil court mais efficace

ServiceMilitaire.jpgUn service civil obligatoire de six mois est une utopie pure. Aucun gouvernement, mis au pied du mur, ne pourrait l’organiser. Faut-il, pour autant, considérer que la situation actuelle est satisfaisante, tant sur le plan de la défense militaire que sur celui de la défense civile ? Je ne le crois pas. Pas du tout.

Quels sont les besoins opérationnels non satisfaits ? Quelles sont nos insuffisances les plus criantes pour nous adapter aux « circonstances », comme disait le général de Gaulle ? En ces temps de menaces terroristes, le manque le plus grave est l’absence de « réserve de la République ». Sans service militaire, sans instruction militaire, il n’y a pas de « Réserves » dignes de ce nom et pas de défense du territoire français.

Supposons un attentat contre un dépôt de produits chimiques mortels ou un barrage. Après un tel cataclysme, le gouvernement voudra garder tous les endroits dangereux. Mais qui mobiliser pour ces gardes statiques ? Les policiers, les gendarmes, l’armée d’active n’auraient pas les effectifs nécessaires.

A mon avis, la solution peut se trouver par la mise en place d’une instruction obligatoire de défense militaire et civile de quelques semaines. Le but serait de donner la capacité, non de guerroyer Outre-mer, mais de garder des dépôts de munitions, des avions …

Dans le système que je préconise, l’instruction dispensée serait raccourcie par la suppression de l’apprentissage aux défilés. L’ordre serré n’a plus de justification depuis la fin des charges de cavalerie ! En revanche, l’instruction militaire serait complétée par une initiation à la Défense civile : secourisme, gestes qui sauvent, réactions en cas d’alerte chimique ou nucléaire (bombe sale)...

Après ces classes, les Français seraient capables d’être mobilisés pour former, à la demande, une sorte de Garde nationale à la disposition du gouvernement. L’instruction dispensée à vingt ans serait entretenue par des « périodes » de quelques jours, par exemple tous les cinq ans.

Certes, une telle instruction demeurerait obligatoire et ne serait sans doute pas prisée par tous les jeunes Français. Certes, il faudrait recréer sinon des casernes, du moins des centres d’entraînement aérés. Certes, il faudrait trouver des instructeurs militaires et civils (pompiers, secouristes…). Rien ne serait facile. Mais un « service » voisin d’un mois serait quand même beaucoup moins lourd à organiser que le service antérieur ou même que le service civique de six mois proposé par certains. Il aurait, en outre, l’avantage de rendre réellement service au pays tout en donnant à tous les jeunes Français la possibilité de sortir de leur milieu et de s’ouvrir vers d’autres lieux, d’autres classes sociales.

Pour lancer la machine, pour ne pas heurter trop vite les habitudes acquises, d’aucuns pensent qu’il vaudrait mieux commencer par une simple instruction volontaire ? Ce serait sûrement mieux que rien. Mais ce serait dommage, car il n’y aurait plus de mixité sociale.

Posté par Général Etienne Copel, le 28/03/06 dans Citoyenneté - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 27 mars 2006
Trop parler nuit

Il n’est pas interdit d’agir intelligemment mais il n’est pas intelligent de s’en vanter. Dans un pays où la plupart des grandes entreprises sont à la merci d’un actionnariat international, volatile et infidèle, il est compréhensible que le gouvernement essaye de contrecarrer certaines OPA jugées intempestives. Mais pourquoi brandir l’étendard du « patriotisme économique » ? Si c’est pour séduire l’opinion française, c’est un mauvais calcul puéril. Si c’est pour se faire respecter à l’étranger, c’est un mauvais calcul arrogant.

Depuis juillet 2005, plusieurs mesures défensives ont été concoctées. A l’exception de l’opération « Suez/GDF », toutes auraient pu être étudiées puis mises en oeuvre dans la discrétion. Aucune n’avait besoin d’être assortie de postures de bravade susceptibles de provoquer des chocs en retour. D’ores et déjà, certaines entreprises françaises, désireuses de s’agrandir à l’étranger, risquent d’être mal reçues.

Dominique de Villepin est évidemment sincère lorsqu’il établit une distinction entre patriotisme et nationalisme. L’expérience montre, hélas !, que le patriotisme de l’un peut être considéré par l’autre comme du nationalisme … et que le nationalisme est une maladie contagieuse.

Posté par Marc Ullmann, le 27/03/06 dans Economie - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 25 mars 2006
Problème N°1 : la croissance

On parle beaucoup du CPE mais la dynamique de croissance est le problème premier à régler pour l’Europe et surtout pour la France. La vigilance doit, me semble-t-il, consister à le rappeler, presque comme un leitmotiv.

- Le marché de l’emploi est hautement concurrentiel, du fait de la mondialisation, certes, mais aussi de l’architecture des entreprises : schématiquement, en haut celles du CAC 40, peu créatrices d’emplois mais admirées pour leurs performances (représentation de la France à l’étranger) et même pour leurs profits ! (cf sondage de cette semaine) ; en bas, un tissu de P.M.E et T.P.E, peu valorisées, dans tous les sens du terme. Celles qui recruteront appartiennent plutôt à la deuxième catégorie, il faut également le rappeler.

- Certains secteurs accueillent beaucoup plus que d’autres des candidats issus de l’émigration, et à des postes de bon niveau mais pas forcément très visibles (ex. production audio-visuelle, chaînes de télévision, informatique…). Compte tenu des enjeux à venir pour nos sociétés, ce n’est sans doute pas une catastrophe de ne pas intégrer le service de l’Etat.

- Créer son entreprise est, pour certains, un vrai rêve, comme cela a été dit lors de l'intervention de Roger Fauroux sur "l'éveil des talents". Il faut aider à construire ce rêve, en termes de représentations collectives. Mais pour ce faire, il faut pratiquer un exercice savant et inattendu, qui consiste à déconstruire tout notre édifice de certitudes, sur bon nombre de sujets, comme celui de l’intégration.

Posté par Elizabeth Scheer, le 25/03/06 dans Economie - Emploi - Entreprises - France | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 24 mars 2006
Combien de pattes a l'éléphant ?

elephant1.jpgLors de son intervention devant la Commission parlementaire chargée d'analyser le "processus de Justice" qui a conduit au résultat catastrophique dénommé maintenant " l'affaire d'Outreau", Monsieur Dominique Perben, ancien Gardes des Sceaux, a expliqué que le nœud gordien du dossier était de s'entendre sur la définition du concept "d'erreur manifeste d'appréciation" commise par le Juge d'Instruction.

Il a rappelé que cela sera une tâche ardue car l'appréciation côtoie bien souvent l'illusion. Vieux débat sur la vérité en matière de faits humains qui sont censés avoir eu lieu mais qu'aucune expérience de nature "scientifique" ne peut permettre de vérifier.

Si nous sommes bien, en la matière, sur le terrain de la conviction personnelle, à savoir celle du Juge, qui, évidemment est à l'origine de décisions dont les conséquences sont elles, observables par tous, comme la "mise en garde à vue", c'est donc que nous sommes dans le champ de phénomènes tels que les illusions, d'optique par exemple.

Les scientifiques qui se sont penchés sur ce problème ont identifié que certes les facteurs sensitifs interviennent mais que les aspects culturels (manières de penser les situations) et les aspects environnementaux habituels (phénomènes habituellement vécus) participent à l'illusion. Ainsi le même phénomène constaté par des habitants de parties du monde culturellement et géographiquement différents ne donne pas du tout l'impression de la même illusion.

Face à une telle difficulté, un esprit scientifique, qui voudrait se prémunir des effets pervers de ces illusions ou appréciations, ne peut proposer que d'agir sur les causes scientifiquement observées et évoquées précédemment.

De toute évidence et en toute logique, il faudrait donc pour cela "multiplier les observateurs" du phénomène humain concerné et surtout s'assurer que ces observateurs ne sont pas issus d'une seule et même origine culturelle et environnementale.

Peut-être une piste pour aider la Commission dans son diagnostic ?

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 24/03/06 dans France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 mars 2006
Pour un vrai Système Monétaire Mondial

La relative et très probablement précaire stabilité de la parité euro/dollar nous permet de réfléchir à une re-stabilisation du système (sic) monétaire international. Pourquoi, en effet, ne pas imaginer des marges de fluctuation entre les principales monnaies (dollar américain, euro, yen, livre sterling pour commencer puisque la monnaie chinoise est encore amarrée au dollar) qui se réduiraient, grâce aux convergences des grandes économies sous jacentes (Chine et Inde exclues dans un premier temps).

L’on aurait ainsi reconstitué au niveau mondial le serpent (devenu plus tard le système monétaire européen, SME) c'est-à-dire un système monétaire mondial, SMM, en quelque sorte.

En fantasmant davantage, on pourrait imaginer, lorsque les évolutions entre ces monnaies se seraient encore sensiblement réduites, une cristallisation du système conduisant à des parités fixes qu’il faudrait encadrer par des règles du jeu évolutives pour éviter que ce nouveau Breton Woods n’explose à la première tempête économique venue (possibilité pour une monnaie de se mettre, pour une durée très limitée, en congés du SMM, création d’un directoire monétaire planétaire…).

Posté par Bernard Esambert, le 23/03/06 dans Economie - Mondialisation | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 mars 2006
« You will regret Vietnam »

Guerre-Irak.jpgEinstein disait des théories scientifiques qu’elles devaient être « aussi simples que possible mais pas plus simples ». De même les analyses politiques doivent se garder de chercher une seule cause à une situation complexe.

En Irak, un attentat a été commis contre un lieu saint chiite, cet attentat a entraîné des représailles qui, elles-mêmes, en ont entraîné d’autres. Du coup, certains ne voient dans la situation irakienne qu’un affrontement entre deux confessions. C’est oublier un peu vite que le régime de Saddam Hussein ne se caractérisait pas par une domination des sunnites sur les chiites.

Le dictateur, bien sûr, avait promu des gens de sa famille, de son village, de son clan qui effectivement étaient de tradition sunnite. Mais le parti Baas était laïc et, à la plupart des échelons, l’équilibre était savamment entretenu. D’ailleurs, pendant la longue guerre contre l’Iran, les chiites irakiens n’ont pas soutenu leurs frères en religion. Quant à la répression menée par Saddam en 1991, elle tendait à mater une révolte dirigée non contre des sunnites mais contre le régime.

Aujourd’hui, les communautés s’affrontent mais les responsables religieux des deux camps s’efforcent d’atténuer les tensions et corrélativement, de raviver le sentiment nationaliste. Bientôt, risque de venir le temps où « la haine et la fureur » des Irakiens se retournera contre les « occupants ».

Dès les premiers jours du conflit, un spécialiste de la région avait tristement dit à des amis américains « you will regret Vietnam ». Terrible prédiction ! Qui a intérêt à ce qu’elle se réalise ? En tout cas, pas l’Europe.

Posté par Marc Ullmann, le 21/03/06 dans Moyen Orient - Religions - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 20 mars 2006
Les dessous du duel Areva Westinghouse

Areva.jpgLa nouvelle de l'échec probable d'Areva en Chine ne me surprend pas. Il existait à Pékin depuis quelque temps des rumeurs allant dans ce sens. Il faut le regretter mais il faut également préciser que la concurrence entre Areva et Westinghouse ne se situait pas sur le même registre.

Le modèle proposé par Westinghouse, l'AP 1000, date de plus de quinze ans. C'est l'extrapolation à 1000 MWe d'un modèle de 600 MWe jamais construit, n'ayant jamais trouvé d'acquéreur pour de nombreuses raisons. On ne peut pas dire que le modèle 1000 MWe soit beaucoup plus séduisant, ne serait ce que parce sa puissance est trop faible. Je ne m'étonne donc pas que Westinghouse ait accepté de vendre cette technologie aux Chinois. Si le chiffre de 400 millions de $ est exact, c'est une bonne affaire car c'est un gain net sans risque. Cela ressemble à la vente, en 1988, par Combustion Engineering (déjà mal en point) à Kepco, l'électricien sud-Coréen, de son système 80. A l'époque, déjà, cela avait contrecarré nos projets en Corée du sud. L'EPR conçu par Framatome ANP (Framatome et Siemens) proposé par Areva est un modèle de 1600 MWe ultra moderne, agréé par les autorités de sûreté européennes, dont un premier exemplaire est en cours de construction en Finlande. Un deuxième sera entrepris par EDF sur le site de Flamanville. C'est ce modèle qui sera proposé pour les nouveaux programmes nucléaires en Europe et à l'étranger (Inde, Brésil, USA etc).

Son développement, qui s'est étalé sur plus de 10 ans, a été extrèmement coûteux. On peut comprendre que, dans ces conditions, Areva et Siemens n'aient pas voulu jouer le même jeu que Westinghouse.

Posté par Jean-Claude Leny, le 20/03/06 dans Economie - Energie - Entreprises - Technologie | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Assèchement de la créativité politique

Aux Etats-Unis, le « New Deal » de la fin des années 30 a été créatif. La préparation et la conduite de la guerre l’ont été également. Le « Plan Marshall » et l’appui donné à la construction de l’Europe ont marqué une profonde novation de la pensée politique. Par la suite, la « guerre froide » a gelé les cerveaux et Eisenhower s’est inquiété, à juste titre, de l’influence croissante du « complexe militaro industriel ». L’amour de la technologie s’est emparé des esprits et l’idée s’est répandue qu’une suprématie militaro technologique pouvait suffire à venir à bout de toutes les crises. De « La guerre des étoiles » (faux bouclier), à l’invasion de l’Irak (illusoire épée), la gestion des crises a privilégié l’action technomilitaire en réduisant à l’extrême l’aspect politique des situations.

En Europe, la création de la CECA, puis celle du Marché Commun, ont concrétisé une nouvelle façon de vivre ensemble. Les « Pères de l’Europe » ont eu suffisamment de créativité pour procéder par tâtonnements, bricoler des institutions, inventer des procédures. Grâce à eux, la notion d’interdépendance a pris corps. Maintenant, elle s’étiole. Non seulement « l’élargissement » a été mal préparé mais l’introduction de l’euro n’a pas été suivie par un minimum d’harmonisation budgétaire et fiscale. Des réactions de défense nationaliste sont adoptées par certains gouvernements (surtout français et c’est grave puisque le moteur de l’idée européenne a longtemps été logé à Paris). La volonté européenne patine, peut-être même régresse-t-elle. En tout cas, l’Europe semble prise de court face à la mondialisation. Sa créativité politique est en panne.

Les systèmes de sécurité collective (ONU, UE, OTAN, TNP, OMC) sont affaiblis, méprisés ou attaqués. Il faut persuader tous les acteurs de la scène politique que la priorité doit être de les renforcer à chaque instant et en toutes circonstances.

Posté par Jacques Blamont, le 20/03/06 dans Europe - Politique - USA | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Une France sans industrie
Un billet paru sur le blog du journal Les Echos, m'a paru digne d'intérêt,en particulier parce qu'il pose la question de la "collaboration entre les pays les plus riches et les pays les moins riches" au sein de la Nouvelle Europe. Mais pourquoi limiter cette idée "volontariste et constructive" à la seule Europe ? Extrait du site Les Echos (Blog Erik Israelewicz ) La démarche d’Intelligence Economique conduit à être attentifs à ce qui se passe dans son environnement proche et lointain. Par exemple, très récemment un correspondant en Amérique du Sud nous informait que des tractations avancées ont lieu entre le gouvernement chinois et certains gouvernements d’Amérique du Sud en vue de "racheter leur dette". Voilà une bonne manière de s’attacher et de fidéliser des marchés de demain qui sont, évidemment, riches de croissance potentielle "par nature" donc intéressants pour les produits chinois produits en Chine avec les travailleurs chinois. Voilà une autre manière d’avoir un "facteur différenciant" qui ne soit pas seulement sur le produit ou sur le prix... Un exemple parmi d’autre d’une approche de "partenariat bilatéral" gagnant-gagnant entre deux pays qui ont tout à gagner d’une "collaboration renforcée et préférentielle". Une autre manière d’engranger rapidement de gros volume de devises de référence telles que le Dollar, utilisable encore pour financer le déficit américain du Nord... ou pour racheter de l’Euro demain matin ! A méditer, non ? On peut se demander pourquoi notre gouvernement français, qui se veut si original et en avance sur son temps, n’a pas encore pris de telles initiatives, au sein de l’Europe par exemple. Feu le T.C.E. conservait la notion de telles collaborations renforcées qui n’ont pas à se limiter à des domaines fiscaux, monétaires ou juridiques. Faire l'Europe par l'exemple et entraîner les autres pays européens par mimétisme naturel ou, comme le dit Marc Ullmann du Club des Vigilants, par "la douce contagion de l’exemple"... GM Rédigé par GILMAS | mercredi 11 janvier 2006
Posté par Henri-Paul Soulodre, le 20/03/06 dans Europe - France - Mondialisation | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 mars 2006
Inde : la révolution Bush

Ce n’est pas parce que Bush a commis beaucoup d’erreurs que tout ce qu’il fait est nécessairement mauvais. L’accord qu’il vient de signer en Inde est une révolution. Seuls les Etats-Unis pouvaient l’oser. Espérons que le Congrès l’approuvera.

L’Inde, rappelons-le, a refusé de signer le Traité de Non Prolifération parce qu’elle voulait garder les mains libres pour construire sa bombe. Du coup, elle subit un embargo sur toutes les technologies nucléaires, y compris sur les technologies civiles. C’est cette dernière disposition que Bush veut faire sauter et, dans le cas particulier de l’Inde, cela paraît justifié pour, au moins, trois raisons. Primo : l’Inde est une grande puissance au même titre que la Chine et peut légitimement se sentir menacée par le Pakistan. Secundo : à la différence du Pakistan qui a vendu à la ronde ses secrets nucléaires, l’Inde n’a jamais été « proliférante ». Tertio : priver l’Inde de centrales nucléaires c’est la contraindre à utiliser massivement des combustibles fossiles et contribuer ainsi à la destruction de l’environnement. Ajoutons que l’Inde est un marché prometteur pour les centrales nucléaires et que la France, à cet égard, n’est pas mal placée.

Posté par Jean-Claude Leny, le 17/03/06 dans Asie - Energie - Technologie - USA | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 16 mars 2006
L'intégration en question

Jeunes-BBB.jpgLa France est, selon Roger Fauroux, ancien ministre de l’industrie, ancien Président du Haut du Haut Conseil à l’Intégration et Président d’honneur de Saint-Gobain, le plus mauvais élève en Europe en matière d’intégration. Comment y remédier ? Pour assurer une meilleure intégration et tirer profit de tous les talents, la France devrait, selon Roger Fauroux, lors de son intervention au Club des Vigilants, mercredi 15 mars, mener une action volontariste sur plusieurs fronts : le logement, l’éducation et surtout l’emploi.

Il appelle surtout à cesser d’« idéologiser » le problème et plaide pour des solutions pragmatiques. L’ancien Président du Haut Conseil à l’Intégration met ainsi en garde contre la tentation, bien française, de vouloir légiférer sur tout et ouvre ainsi un certain nombre de pistes :

1. Doublement ou triplement du nombre de bourses aux étudiants d’origine modeste.

2. Evaluer l’impact du CV anonyme dont l’obligation peut avoir un effet repoussoir sur certains patrons, notamment de PME.

3. Introduire des procédures permettant de provoquer le contact qui est le meilleur moyen de faire tomber les préjugés liés à un nom « exotique ». Des expériences de « médiation » menées en partenariat entre des agences d’ANPE ou des établissements professionnels et des entreprises paraissent, à cet égard, concluantes. Elles devraient être généralisées.

4. Pouvoir récolter, sur la base du volontariat, des données sur l’origine afin de cartographier la composition ethnique des salariés d’une entreprise par exemple. Ceci permettrait de mesurer un indicateur de diversité mais aussi d’évolution des carrières des différents salariés.

5. La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) devrait, par ailleurs, avoir les moyens de mener une vraie politique d’investigation et de sanction...

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 16/03/06 dans Citoyenneté - Emploi - France - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 14 mars 2006
L’Europe des gens

Drapeau-Europe.jpgQuelle tristesse ! L’Europe est de plus en plus perçue comme un champ de bataille entre égoïsmes nationaux. L’arbre des mesquines querelles sur les taux de TVA cache la forêt des politiques communes. Celles-ci, de surcroît, sont moins jugées sur leur contenu positif que sur leur présentation technocratique. Exemple : quiconque a, entre les mains, des euros en billets ne peut qu’être furieux à la vue des dessins impersonnels qui y figurent. Comme si Breughel, Cervantes, Dante, Einstein, Erasme, Goethe, Hugo, Pasteur, Shakespeare, etc., n’avaient pas existé.

Comme s’il avait était impossible de consulter les citoyens d’Europe dans une ambiance ludique. Autre exemple : comment se fait-il qu’il n’existe aucune décoration européenne pour honorer des citoyens ayant accompli quelque chose de concret sur une base transnationale ? Si une telle médaille existait, peut-être une chaîne de télé aurait-elle l’idée de présenter un bulletin météo à l’échelle de l’Europe, un bulletin où les nuages ne s’arrêteraient pas aux frontières !

Posté par Marc Ullmann, le 14/03/06 dans Citoyenneté - Europe | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 mars 2006
Bulle(s)

L’économie mondiale se développe sous une bulle (protectrice). C’est peut-être pour cela qu’elle n’éclate pas comme une bulle (de savon) ! La globalisation agit comme un fusible puisqu’elle réduit l’impact de la plupart des catastrophes considérées comme « locales ».
Pour ne prendre qu’un seul exemple, l’attentat à la gare de Madrid a fait beaucoup de victimes mais n’a eu aucun effet sur la Bourse. Plus généralement, le contraste est frappant entre la géopolitique menaçante et le marché des actions qui continue de grimper. En un sens, c’est logique, puisque les profits des entreprises sont conséquents et qu’il faut bien placer quelque part les « liquidités » qui abondent sur le marché. Logique mais quand même fragile !

Posté par Marc Ullmann, le 13/03/06 dans Economie - Géopolitique - Mondialisation | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 11 mars 2006
Lettre autour du Monde

terre.jpgAmiral Gestion part en voyage autour du monde avec deux jeunes aventuriers, Marianne et Alexandre, pour découvrir et comprendre les sociétés lointaines et les économies émergentes dont les différents modèles de développement suscitent l'intérêt de tout investisseur.

Cette aventure débuta en octobre 2005 pour une durée de 9 mois. A chaque grande étape de leur voyage– à travers l’Amérique du Sud, l’Océanie, l’Asie du Sud-Est, la Chine, ou encore la Mongolie et la Russie - ils nous enverront une “Lettre Autour du Monde” dans laquelle ils nous feront partager leurs analyses sur les tendances de consommation, leurs observations sur les secteurs les plus dynamiques et les récits qu'ils récolteront sur des success story d'entreprises.

Nous espérons que ces lettres, depuis la dunette du vaisseau Amiral vous feront rêver autant qu’elles vous aideront à comprendre les mutations en cours dans les pays traversés !

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 11/03/06 dans Liens recommandés | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 10 mars 2006
Des trous dans le panier

Panier.jpgLa concurrence internationale et les gains de productivité sont tels que les prix de la plupart des produits industriels ne montent pas. Souvent même, ils baissent. Et alors ? Le citoyen lambda ne change pas tous les jours de voiture ou de télé alors qu’il doit manger et dormir tous les jours.

Or, la baguette de pain, la plupart des produits alimentaires de base, et même le petit noir au comptoir, coûtent de plus en plus cher. Surtout, le prix des logements a flambé. Conséquence : les chiffres officiels sur l’inflation sont statistiquement véridiques mais ne correspondent plus aux réalités quotidiennes. Ainsi, les « nouveaux pauvres » sont-ils de plus en plus nombreux et le « panier de la ménagère » est-il de plus en plus percé.

Posté par Marc Ullmann, le 10/03/06 dans Economie - France - Société | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 mars 2006
Développement durable : des discours à l’action

L’eau va devenir de plus en plus rare. Tout geste et toute action permettant d’en faire un usage raisonnable devraient être encouragés. Pour inciter les particuliers qui construisent leur maison à installer des récupérateurs d’eau de pluie, le gouvernement met en place un dispositif de crédit d’impôt. Mais pourquoi seulement les particuliers ? N'est-il pas temps d'imposer dans le cahier des charges des constructions collectives, à caractère social ou privé, la même obligation ? L’eau ainsi récupérée pourrait servir à l’arrosage des espaces verts, s’il y en a, comme au nettoyage des parties communes. Et le surcoût éventuel de l’installation serait rapidement amorti par l’économie d’eau potable réalisée.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 09/03/06 dans Environnement - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 8 mars 2006
Par-delà Arcelor

Arcelor.jpgLa liste des « Banques Conseil », recrutées par Arcelor d’un côté et par Mittal de l’autre, est impressionnante. Quelle que soit l’issue du combat, leurs honoraires seront faramineux. Mais qui, au bout du compte, vaincra ? Selon plusieurs experts indépendants interrogés par le Club, la balance qui, au départ, penchait du côté de Mittal, semble maintenant pencher du côté d’Arcelor.

Les analystes des « Fonds » (essentiellement américains) qui détiennent la majorité des actions Arcelor ont étudié la valeur des actions Mittal (proposées en échange) et n’ont pas été éblouis : le conglomérat indien a beaucoup de dettes ; ses profits sont en baisse ; et sa structure capitalistique, caractérisée par une cascade de holdings, laisse peu de pouvoir aux actionnaires qui ne sont pas de la famille. L’OPA lancée Mittal peut donc échouer. Cependant, même dans cette hypothèse, une double leçon devra être retenue.
Primo : le « patriotisme économique » n’aura guère contribué aux prises de décision.
Secundo : la plupart des grandes sociétés, dites françaises, sont vulnérables et le resteront longtemps. En effet, même si des fonds de pension (« à la française ») étaient vraiment créés, il leur faudrait beaucoup de temps avant d’avoir une capitalisation suffisante pour que leur volonté ait une influence réelle sur le Marché.

Posté par Marc Ullmann, le 08/03/06 dans Economie - Entreprises - France - Mondialisation | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 mars 2006
Cancer de l’utérus : inégalités de traitement

250 000 femmes meurent chaque année des suites d’un cancer de l’utérus. Ce chiffre pourrait être multiplié par quatre d’ici 2050. C’est un virus, le HPV (Human Papilloma Virus), qui est à l’origine de la grande majorité des cas. Ainsi, 50 % des femmes sexuellement actives âgées de 18 à 22 ans en sont infectées aux Etats-Unis. Traitée à temps, l’infection ne laisse pas de séquelles. En cas d’absence de traitement rapide, le virus s’installe et peut déclencher, des décennies plus tard, souvent après l’âge de 60 ans, un cancer.

La généralisation des tests de dépistage réguliers dans les pays développés aboutit à la prise en charge précoce des infections. Ce qui a permis de diminuer drastiquement le nombre de décès. Ce n’est pas le cas des pays en développement où ce mode de prévention est quasi nul. Mais le HPV a le tort, dirions nous, d’être sexuellement transmissible. Du coup, ce qui devait être une bonne nouvelle - un vaccin qui devrait protéger les femmes de la plupart des formes de ce cancer est en voie de commercialisation – risque de se muer en objet de polémique pour tous les rigoristes du monde.

Aux Etats-Unis, les lobbys chrétiens s’insurgent contre la vaccination des jeunes filles arguant que la meilleure prévention est l’abstinence et que le vaccin pourrait les inciter à des relations sexuelles avant le mariage. Air déjà entonné contre la promotion des préservatifs dans la lutte contre le sida. Qu’en sera-t-il alors dans les pays en développement qui comptent d’ores et déjà 80 % des victimes ?

Les pays musulmans où la vertu des filles est érigée en dogme pourraient renâcler. Certains pays d’Afrique, dont la population paye déjà un lourd tribu au sida et où les évangélistes sont très actifs, seraient tentés d’en faire autant. Même l’Inde qui a annoncé un programme de vaccination contre le HPV souligne qu’il sera réservé aux femmes mariées. Espérons qu’il s’agit là d’une restriction transitoire. En effet, selon l’Agence Internationale pour la recherche sur le cancer à Lyon, le nombre de femmes de plus de 60 ans passera, dans ce pays, de 43 millions, en 2005, à 168 millions en 2050. Le cancer deviendrait-il alors le « juste » châtiment pour toutes les jeunes filles qui n’attendraient pas le mariage ?

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 07/03/06 dans Santé - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 mars 2006
L’éveil des talents

photo_fauroux.jpgAncien ministre l’industrie au début du 2ème septennat de Mitterrand de 1988 à 1991,