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Le 29 décembre 2005
Nouvel(s) An(s)

nouvelan2006.jpgSi un anglais passe le seuil de votre porte avec une pièce de monnaie et du sel, un ami espagnol vous propose de manger du raisin, ou encore une vieille connaissance russe vous offre une coupe de champagne et vous demande d’ouvrir la fenêtre, voire qu’un napolitain jette par cette fenêtre meubles, vêtements ou vaisselle, c’est que vous fêtez un nouvel an cosmopolite.

Prenant quelques jours de repos, le Club des vigilants vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 29/12/05 dans Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 28 décembre 2005
Le permis à points : une mesure de sécurité démocratique ?

permis-points.jpegParmi ceux qui sont autorisés à voter au sein des démocraties historiques, il est un fait avéré et étonnant : le nombre de citoyens qui s'expriment réellement par le vote est, depuis plusieurs années, sur un trend baissier inquiétant.

Nous, les champions de la démocratie, dont les ancêtres se sont battus, souvent au prix de leur vie, pour que tout citoyen adulte puisse voter sans contraintes, semblons bien mal placés pour démontrer par la douce contagion de l'exemple combien nous sommes attachés à cette manière moderne de vivre ensemble de manière apaisée et d'orientier notre destinée collective.

A une époque où les dictatures "de droite" comme "de gauche" ne semblent pas sur une voie d'extinction, il peut paraître étonnant que nombre de nos concitoyens se laissent aller ainsi dans la douce torpeur de l'indifférence.

Il ne faut pas oublier que voter c'est ce qui distinguait dans les premières républiques, comme celles d'Athènes ou de Rome, ceux qui avaient le recherché statut de "citoyen libre" et non celui de la masse du peuple souvent considéré comme des esclaves bêlants.

Pourquoi nos concitoyens dit "modernes" ont-ils perdu ainsi l'un des traits principaux de leur identité ?

Certes les représentants élus peuvent les décevoir mais on peut se dire... qu'ils ont été élus et que, jusqu'à présent, ils ne se sont pas autoproclamés par la force des baïonnettes.

Alors pourquoi, dans un esprit de changement avec certaines habitudes ambiantes, ne penserions-nous pas à instituer un document de citoyenneté dont l'usage serait associé à l'exercice du droit de vote ?

Certes, certains objecteront immédiatement que l'abstention est une forme de vote. On ne peut qu'être d'accord, mais alors pourquoi ne pas le faire clairement et officiellement en demandant à ce que chaque élection propose systématiquement un bulletin de vote libellé dans l'esprit suivant : " Selon moi, aucun des candidats en présence ne mérite mon vote ni le droit de me représenter."

De cette manière, chaque citoyen, même en posture d'abstention, aura de fait voté et cela serait plus clair et bien plus responsabilisant pour tous. On pourra alors considérer que son droit citoyen, son "permis de voter" en quelque sorte, qui lui avait été donné automatiquement et sans discrimination aucune à l'âge légal, est ainsi toujours valide.

Sans reprendre des pratiques trop coercitives qui existent dans certains pays démocratiques, telles que l'obligation légale de voter, on pourrait simplement, par réalisme, tenir compte du comportement de vote du citoyen sur un certain temps et, en cas de légèreté démocratique débiter de quelques points son permis correspondant jusqu'à ce que, éventuellement, ce permis soit momentanément remis en cause et donc inutilisable sans un acte volontaire nouveau du citoyen.

Ledit citoyen égaré pourrait, dans ce cas, sur simple demande de sa part auprès d'un service de la Répubique, récupérer librement son permis de voter et revenir ainsi dans la communauté désirée des citoyens libres.

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 28/12/05 dans Citoyenneté - Politique - Société | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Skype m’a « tuer »

Quel opérateur de téléphonie peut se vanter d’engranger chaque semaine 5 millions de nouveaux abonnés ? Un indice : ce n’est pas un opérateur historique de téléphonie ! Il s’agit de Skype, une société internationale de téléphonie sur Internet. Son principal atout : elle est gratuite pour les appels nationaux et internationaux. Une condition : que votre interlocuteur soit abonné ? Skype (ils sont déj? près de 100 millions d’abonnés). Sinon, il faut payer un service de passerelle qui permet de contacter un destinataire « normal » (compter 1 euro de l’heure pour appeler en Australie).

Cette dernière attaque contre les opérateurs historiques marque clairement la fin de la téléphonie de « papa ». "J'ai su que c'était fini quand j'ai téléchargé Skype", explique Michael Powell, Président de la Commission fédérale américaine des communications. Car non seulement, Skype permet des appels téléphoniques de bonne qualité ? coût néant mais les services proposés sont bien supérieurs ? ceux d’un simple téléphone : transfert d’appel, conférence ? plusieurs, transfert de fichiers, etc.

Pourquoi payer plus pour moins de services ? C’est une question que les abonnés, de plus en plus nombreux, vont se poser.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 28/12/05 dans Economie - Entreprises - Société - Technologie | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 26 décembre 2005
L’alibi de l’impuissance publique

Plus ça va mal, plus il devient urgent de réagir. De ce point de vue la France, hélas !, est en avance puisqu’elle ne dispose pas de beaucoup de temps. Sa trop longue malgouvernance peut servir de repère : même si le dysfonctionnement est moindre dans d’autres démocraties, aucune n’est totalement indemne.

Depuis des décennies, les gouvernements français se sentent impuissants. Des ministres se plaignent. Le mieux qu’ils puissent espérer est d’accoler leur nom ? une loi qui, de décrets d’application en règlements et circulaires, se perdra dans les sables de la complexité. Dans ce parcours décourageant, le moment le plus gratifiant sera celui où « l’effet d’annonce » permettra de « communiquer ». La suite sera, le plus souvent, décevante. Les ministres le savent et dissertent sans fin de « l’impuissance publique ».

Certains mettent en cause la mondialisation. « Comment, disent-ils, les gouvernements nationaux pourraient-ils agir alors que les principaux leviers de l’économie leur échappent ? » D’autres mettent l’accent sur « l’égoïsme, le corporatisme, la frilosité de citoyens qui refusent de faire passer l’intérêt général avant leurs intérêts particuliers ». Triste mais irréelle complainte ! Nostalgie d’un temps où les chefs de gouvernements pouvaient se permettre de tout organiser d’en haut.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’imposer des « solutions » mais de mettre en œuvre des forces qui annuleront le problème. Il s’agit d’intégrer le fait que la démocratie ne peut plus se contenter d’élections périodiques alors qu’en économie, le marché évolue ? chaque instant et que la communication est instantanée. Il s’agit, d’ouvrir des fenêtres, de desserrer des freins, de donner ? chaque citoyen des marges d’initiatives qui lui permettent d’exercer des choix et de s’impliquer dans leur réalisation.

Au lieu de pleurer sur le déclin des pouvoirs publics, les leaders de demain devront mener combat pour que les citoyens s’approprient une certaine maîtrise de leur propre destin. L’essentiel ne tiendra pas au succès ou ? l’échec de chaque réforme considérée séparément. Il tiendra ? la perception d’une volonté d’ensemble, ? la cohérence d’un dessein. Les gouvernements trébucheront sur des obstacles. Mais le besoin est si grand, les gens sont tellement en attente d’un « autrement » que l’espérance peut naître.

Nous vivons une époque charnière de l’Histoire, un de ces rares moments où, ? partir d’une nouvelle donne technologique, peut s’inventer un nouvel humanisme. L’alternative est tragiquement simple. Ou bien nos démocraties s’étioleront ; ou bien elles deviendront vivantes, participatives et génératrices de ce qui manque le plus dans notre monde actuel : la dignité.

Posté par Marc Ullmann, le 26/12/05 dans Edito - Europe - France - Politique - Société | Commentaires (1) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 23 décembre 2005
Joyeux et vigilant Noël

Rois_mages.jpg" Personne ne peut prédire l'avenir mais tout le monde peut scruter l'horizon." Marc Ullmann, Raison d'être du Club des vigilants. " Et voici, l'étoile qu'ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu'? ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrêta. " Evangile selon Saint-Matthieu, II:9

En cette période de Noël, on pourrait être tenté de voir en les trois rois mages des vigilants dignes de notre Club ! Pensez donc : les seuls ? voir une étoile et suffisamment sages - ou fous - pour la suivre. Pourtant, contrairement ? ce que rapporte la tradition, rien ne prouve qu'ils furent rois et encore moins trois. La confusion provient du fait que les trois cadeaux apportés par les mages (or, encens et myrrhe) étaient d'une valeur considérable que seuls des rois pouvaient offrir.

De même, il faudra attendre le sixième siècle avec l'Évangile arménien de l'Enfance pour que les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar apparaissent. Comme quoi, même pour la tradition la plus établie, restons Vigilants!

Joyeux et vigilant Noël ? tous.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 23/12/05 dans Citoyenneté - Culture - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Musée à la carte

Louvre.jpgLes musées souffrent de la désaffection du public. Sans être le moins du monde un spécialiste de la question, j’ai eu récemment une idée que je soumets ? la sagacité des Vigilants. La visite d’un musée (ou d’une expo) impose de faire la queue pour payer le billet ; d’y passer un maximum de temps pour rentabiliser son « investissement » ; de repartir soit les jambes lourdes, soit frustré de ne pas avoir tout vu…

Pourquoi ne pas imaginer un ticket « horaire » ? On achèterait 1h, 5h, 10 heures ou plus de visite… Le prix serait proportionnel au temps acheté. On viendrait quand on veut. On passerait le ticket dans une sorte de « pointeuse » ? l’entrée et ? la sortie. On resterait le temps que l’on veut. On pourrait revenir quand on veut. La pointeuse ? la sortie indiquerait le temps restant. On pourrait prêter ou offrir un billet (qui serait non nominatif). « Va voir cette expo, elle est géniale ! Je te donne mon ticket il reste 45 min dessus ».

Je suis sûr qu’il y a l? matière ? renouveler le mode de visite de ces lieux voués normalement ? l’inspiration (ô muse)… Peut-on me dire si cette idée a déj? été mise en pratique dans un musée ?

Si l’idée est bonne, ? qui la transmettre ?

Vigilamment

Posté par Jérôme Bondu, le 23/12/05 dans Culture - France - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 21 décembre 2005
Pour un bon usage du pétrole irakien

Irak.jpgEn dépit des élections législatives, tous les discours sur la démocratisation de l’Irak resteront lettre morte si la rente pétrolière n’est pas utilisée pour améliorer réellement le niveau de vie du peuple et étouffer la guerre civile sous le poids de l’intérêt commun. Pour l’instant, on en est loin. Très loin.

Tout se passe comme si les Sunnites irakiens ne considéraient plus les Chiites et les Kurdes comme leurs compatriotes. Les chiens de la haine ont été lâchés. Nul ne sait s’il est encore temps de les remettre en laisse mais une chose est sûre : si les bénéfices du pétrole vont exclusivement dans les caisses des provinces productrices et donc profitent seulement aux Chiites et aux Kurdes, rien, absolument rien, ne pourra atténuer la colère des Sunnites. Les partis politiques issus des élections ne pourront, en aucun cas, faire l’impasse sur ce problème majeur. Le dosage entre fédéralisme et centralisme n’a rien d’abstrait. Les milliards du pétrole sont en jeu.

Posté par Marc Ullmann, le 21/12/05 dans Développement - Economie - Energie - Moyen Orient - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 19 décembre 2005
CMM=5

Connaissez-vous le Capacity Maturity Model ? Il s’agit d’un modèle de notation définissant les meilleures pratiques en matière de développement et d’intégration informatique. L’échelle va de 1 (état proche du chaos) ? 5 (garantissant moins de 1 bug pour 100.000 lignes de code).

Seules 3 entreprises au monde atteignent le niveau d’excellence, le fameux CMM5. Toutes sont d’origine… indienne.

Voil? qui bouleverse notre vision de la mondialisation. Car, il ne s’agit plus seulement de délocaliser, au détriment de la qualité souvent, des services jugés trop coûteux ou non stratégiques mais bel et bien de rechercher qui est capable de produire des développements complexes. Et ? ce petit jeu, seule l’Inde aujourd’hui sait réaliser des programmes structurés dans des langages aussi courant que Java (un des standards utilisés notamment sur Internet).

Une des raisons est le niveau de formation des développeurs : de niveau Bac+3 ou 4 en Occident contre un niveau Bac+8 en Inde ! Le développement n’est quasiment plus assuré en Europe ou aux USA par des ingénieurs, ceux-ci considérant cette tâche comme dévalorisante par rapport ? une fonction de chef de projet.

Reste qu’? force de confier tout le savoir-faire aux pays émergents, on perd peu ? peu la maîtrise de son environnement.

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 19/12/05 dans Développement - Entreprises - Mondialisation - Technologie | Commentaires (6) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 17 décembre 2005
Les hommes politiques passent, les juges restent

AmericanFlag.jpgFaut-il vraiment s’inquiéter de la prise en main du système judiciaire américain par des conservateurs idéologues ? L’enjeu est d’une extrême importance puisque la jurisprudence tient, aux Etats-Unis, souvent lieu de législation. En matière d’éducation, de sciences, de mœurs et autres domaines où l’évolution de l’éthique joue un rôle particulier, les juges américains rendent des arrêts alors que les ministres français déposent des projets de lois. Les présidents américains essayent donc de peupler la Cour Suprême et les cours d’appel de juges qui partagent leurs idées.

Bush ne s’en prive pas et la haute magistrature est actuellement composée d’hommes et de femmes qui, en majorité, sont d’opinion conservatrice. C’est alarmant mais on peut espérer qu’il n’y ait pas de quoi s’affoler. Pour au moins trois raisons. Tout d’abord, même si les présidents choisissent des gens de leur bord, ils veillent, ne serait-ce que pour des raisons électorales, ? ne pas prendre trop d’extrémistes. De plus, les juges étant nommés ? vie, ils peuvent (sans jeu de mot) changer d’avis en toute indépendance. Enfin et surtout, l’émotivité publique et suffisamment changeante aux Etats-Unis pour qu’aucun conflit ne puisse aboutir ? une division tranchée du pays en deux blocs durablement opposés et cohérents. Quiconque se rend régulièrement Outre Atlantique rencontre toujours des Américains déchirés. Mais, comme ? chaque fois il s’agit d’un sujet différent, il est permis de ne pas croire ? une prochaine apocalypse.

Posté par Marc Ullmann, le 17/12/05 dans Amérique du Nord - Citoyenneté - Société - USA | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 15 décembre 2005
Le jeu de rôle citoyen

Marc Ullmann, dans son post « pour un brassage d’adolescents », appelait récemment de ses vœux « une sorte de récréation instructive et dynamique » dans un but de socialisation des jeunes. Je propose ici quelques pistes en matière d’objectifs, de forme et de contenu.

Rapide définition du jeu de rôle

Un jeu de rôle (JdR) est un loisir pratiqué en commun par plusieurs personnes. Il simule la vie souvent aventureuse de personnages fictifs par l’improvisation verbale. Il constitue une version mature des jeux d’enfant « pour faire semblant ».

La spécificité du JdR par rapport ? tout autre jeu est son absence totale d’enjeu. Aucun participant n’est gagnant ou perdant en fin de partie. Le but de chacun est de partager avec les autres une histoire divertissante, stimulante, émouvante et non de prouver sa supériorité.

Contrairement ? des légendes tenaces, un JdR n’est pas un jeu informatique, les joueurs ne se déguisent pas et la thématique n’est pas nécessairement fantastique, même si beaucoup de jeux profitent de leur caractère purement imaginaire pour proposer des situations très différentes de la réalité.

Apports du jeu de rôle

Le JdR encourage certaines qualités et compétences : mémoire, concentration, capacité de déduction, prise de parole en public, lecture, calcul mental, histoire et sciences (par intérêt pour l'univers du jeu), langues étrangères… Enfin, il démontre par l'exemple que toute action commise entraîne des conséquences, qu’un groupe structuré est plus efficace que chacun de ses membres, que l'ingéniosité permet de trouver une issue ? toute situation et que la réalité obéit ? des règles strictes.

Enfin, les joueurs sont souvent tentés (c’est un loisir qui repose sur la créativité) de produire leur propre matériel : scénarios, extensions ou même jeux complets. Ceci développe les talents littéraires ou graphiques des joueurs, ainsi que leur capacité ? gérer un projet et la rigueur nécessaire ? la réalisation d’un produit de qualité. La pratique du JdR peut ainsi conduire ? s’investir dans une association ou chez un éditeur professionnel, avec les responsabilités hiérarchiques et budgétaires qui vont avec.

Le JdR est ainsi une incitation particulièrement agréable et accessible au développement personnel. Il semble donc légitime de l’utiliser auprès de populations qui ont besoin d'une activité conviviale, stimulante, structurée mais non compétitive. On rend ainsi service aux intéressés tout en démontrant la valeur du JdR pour la société.

Rôle social du jeu de rôle

Des JdR au système léger sont déj? couramment utilisés comme divertissement intelligent pour de jeunes enfants dans un contexte parascolaire. Mais il existe en outre diverses populations limitées dans leurs mouvements, vivant en environnement collectif et disposant de peu d’occasions de tromper leur ennui : détenus, personnes en longue hospitalisation ou en maison de retraite... Bien souvent, hormis les visites des proches, le seul loisir est la télévision, surtout si l'illettrisme ou une défaillance visuelle interdisent la lecture.

Or, le JdR est facile ? mettre en œuvre : il ne nécessite ni activité physique, ni matériel mais seulement du temps, de l'imagination et la faculté de s'exprimer. De plus, il permet de remédier au côté désocialisant de telles situations puisqu'il requiert le dialogue avec les autres joueurs et met en jeu une dynamique de groupe qui ne repose sur aucune compétition.

Rappelons toutefois qu'il ne s'agit pas d'une thérapie ? utiliser auprès de populations psychotiques ou sociopathes (qui de toutes façons ne s’y intéresseraient guère).

Quelques applications concrètes

Le collectif Imaginez.net, dont je fais partie, a ainsi noué un partenariat avec l’Espace Plein Ciel de l’hôpital Necker – Enfants Malades. Le mercredi après-midi, entre deux séances de soins, les jeunes patients y trouvent diverses activités ludiques ou culturelles (lecture, musique, vidéo, jeux, sports…) et, désormais, des parties de JdR, sur des produits spécialement conçus par nos soins et diffusés bénévolement : pour enfants de 8 ans, pour personnes ne sachant ni lire ni compter, pour personnes ne pouvant passer plus de 20 minutes dans cet espace.

Nous avons également participé ? plusieurs après-midi dans des ludothèques d’Ile de France, auprès de jeunes enfants pour la plupart issus de l’immigration et plus habitués ? la gratification immédiate et confrontationnelle des jeux vidéo qu’? des valeurs traditionnelles comme le dialogue et la coopération, qui sont au cœur du JdR.

On peut également noter ce mémoire du Centre National de Formation ? l’Enfance Inadaptée, qui porte sur les handicapés moteurs.

Ce type d’initiative semble pouvoir se décliner aisément sur des populations en situation de risque social, prédélinquantes, incarcérées ou en réinsertion. Il subsiste toutefois une population ? ce jour exclue de fait du dispositif.

Application aux aveugles et malvoyants

Tous les JdR actuels font appel ? la vue : iconographie colorée, descriptions visuelles, accessoires ? regarder... Pourtant, la pratique en est essentiellement verbale : description de situations par le meneur et d'activités par les autres joueurs. Or, un dessin ne reflète que l’imaginaire de son auteur, reléguant le spectateur dans un rôle passif, alors qu’une description exige que l’auditeur la réfère ? ses propres expériences : le JdR promeut ainsi chaque participant ? un rôle actif.

En somme, on peut très bien jouer au JdR sans le sens de la vue. Il va donc de soi de proposer ce loisir ? des mal- ou non-voyants qui en sont aujourd’hui exclus, ? condition de formuler des descriptions qui ne recourent pas ? des images visuelles et de mettre au point un système aléatoire qui ne repose pas sur la vue. Non seulement toutes les populations auront alors accès au JdR, mais il pourra sortir de son rôle actuel de passe-temps futile pour gagner enfin la reconnaissance qu’il mérite en tant qu’outil de développement personnel, au bénéfice du plus grand nombre.

Posté par Thomas Laborey, le 15/12/05 dans Citoyenneté - Education - Société - Société Rêvée | Commentaires (5) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 14 décembre 2005
Pédale douce sur les antidépresseurs

Antidepresseurs.jpgPendant des décennies, le nombre de tués sur les routes de France était scotché ? plus de 8000 morts par an. Plus du double de morts par rapport ? des pays, comme la grande Bretagne ou l’Allemagne, comparables par la population. Idem pour la consommation d’antibiotiques et, jusqu’? récemment, l’utilisation des génériques était minime comparée ? nos voisins.

Aujourd’hui, le nombre de morts devrait passer sous la barre des 5000 ; la baisse de consommation d’antibiotiques est, en deux ans, significative ; le pourcentage de génériques prescrits est en hausse. En cause ? Une volonté politique forte associée ? une concertation réelle avec tous les acteurs concernés. N’est-il pas temps d’en faire de même pour la consommation d’antidépresseurs dont nous sommes les champions du monde ?

Posté par Meriem Sidhoum-Delahaye, le 14/12/05 dans Europe - France - Santé - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 13 décembre 2005
Matériel humain

Pourquoi Hu Jintao serait-il plus soucieux de la vie des Chinois d’aujourd’hui que Napoléon l’a été de celle des Français il y a 200 ans ? L’Empereur, dont on célèbre volontiers les victoires, n’a pas été avare du sang des conscrits. Il avait bonne conscience : la France était le pays le plus peuplé d’Europe, elle avait un « surplus » de matériel humain ! Idem pour la Chine actuelle. Elle est en train d’accomplir en 50 ans ce que les Occidentaux ont mis deux siècles ? fourbir. Les dirigeants, cuisiniers de cette gigantesque omelette, ne s’intéressent vraiment qu’? la partie « utile » de la population, celle qui forge l’avenir. Même s’ils prétendent le contraire, ils n’éprouvent guère de compassion pour les millions ou les dizaines de millions d’œufs cassés. Sur 1,3 milliards de Chinois, il reste encore beaucoup de « matériel humain ». Mieux vaut le savoir que se nourrir d’illusion.

Posté par Marc Ullmann, le 13/12/05 dans Citoyenneté - Développement - Société | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 12 décembre 2005
Blair Tout Seul

tony_blair.jpgA la fin de la présidence britannique de l’Union européenne, le Premier Ministre Tony Blair doit se sentir seul dans son projet de relancer la Stratégie de Lisbonne sur la réforme économique. En Allemagne, la plus grande économie de l’Union des 15, Angela Merkel, une libérale dont les idées ont été forgées dans l’opposition au communisme est-allemand, a du se contenter d’une Grande Coalition entre ses propres Démocrates chrétiens et le Parti social-démocrate, ce qui parait la condamner ? poursuivre une politique du plus bas dénominateur commun.

En Pologne, le plus grand des 10 nouveaux membres de l’Union, tout paraissait prêt pour que Donald Tusk, leader du parti libéral Plateforme Civique (PO) gagne la présidence et que son parti soit ? la tête d’une coalition avec les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS). En fait, le PiS a surpris les observateurs non seulement en gagnant la présidence mais aussi en ramassant le plus grand nombre de votes lors des élections parlementaires. Le PiS a ensuite décidé de former un gouvernement minoritaire avec le soutien de deux partis populistes, l’un de droite et l’autre de gauche, qui vont bloquer toute tentative de libéralisation économique.

Maintenant que l’héritage de réforme qu’il voulait léguer aux européens est mort avant de naître, ce n’est peut-être pas étonnant que Blair joue le trouble-fête quant au budget européen. Avec la déception provoquée par les nouveaux gouvernements en Allemagne et en Pologne, Blair doit au moins préserver sa popularité parmi les électeurs britanniques – quitte ? ne pas ceder sur le fameux “UK rebate.”

Posté par Peter Rashish, le 12/12/05 dans Europe - Géopolitique - Politique - Union Européenne | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 9 décembre 2005
Le nouveau Québec libre

Les vieux Québécois se souviennent encore de l’incroyable spectacle. Par une belle après-midi de juillet, de Gaulle harangue la foule massée devant l’hôtel de ville de Montréal. Reprenant ? son compte le slogan du parti indépendantiste, il lance : « Vive le Québec libre ! ». C’était en 1967. Presque quarante ans ont passé. La province jouit maintenant d’une grande autonomie, les écoles fonctionnent en français et ceux qui pouvaient, jadis, se considérer comme des citoyens de seconde classe, n’ont plus matière ? se plaindre.

Or voil? qu’un jeune leader politique remet la question ? l’ordre du jour. André Boisclair a 39 ans, il est homosexuel, ne cache pas qu’il lui est arrivé « en quelques occasions » de prendre de la cocaïne. Sa belle gueule et son parler vrai séduisent toute une génération qui, affranchie des interdits de l’Eglise, épouse la modernité. Boisclair est maintenant ? la tête du Parti Québécois et demande un nouveau référendum sur l’indépendance. Il obtiendra probablement gain de cause mais, comme en 1980 et en 1995, les partisans du « oui » seront sans doute battus puisqu’une partie des francophones ainsi que l’immense majorité des anglophones et les nouveaux immigrants veulent éviter la sécession.

Posté par Marc Ullmann, le 09/12/05 dans Amérique du Nord - Société | Commentaires (2) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 7 décembre 2005
Un peu d'inflation pour la croissance

Inflation.jpgL'idée de voir revenir l'inflation qui est dans l'air du temps peut sembler intéressante. Si l'on se pose la question de la rémunération de l'argent sous forme du taux d'intérêt qui est habituel dans nos contrées occidentales, on peut s'étonner qu'il existe des civilisations pour lesquelles ce concept n'existe pas ou plus encore soit interdit ! A l'origine des origines, l'invention de la monnaie a été une idée géniale qui a permis de sortir de l'antique procédé du troc en transférant sur un "objet" reconnu par tous dans sa capacité ? nous libérer d'une dette envers un tiers. La monnaie est une forme de "dématérialisation" des échanges avant l'heure...

Le problème de l'inflation est en fait apparu lorsque l'objet monnaie, dont la quantité devait naturellement être fortement corrélée au niveau des échanges marchands du moment, est devenu lui-même un objet d'échange et donc de spéculation.. Nous connaissons tous la mécanique de la " planche ? billets ". Je ne suis pas riche mais j'ai le droit d'imprimer des billets de banque ou des droits de tirage que tout le monde doit accepter !

Nos chers amis américains qui avaient longtemps accepté que leur Dollar soit mis en équivalence avec un stock physique d'or par exemple, n'ont-ils pas unilatéralement dénoncé les accords de Bretton Woods pour mieux pouvoir accompagner leur croissance économique mondiale et, accessoirement, se permettre d'entrer dans une économie du déficit public ! La monnaie est ainsi devenue comme cela un moyen de "stocker de la valeur marchande" de manière abstraite et universelle. D'où le succès de l'argent...

Tout a commencé ? dysfonctionner lorsque certains ont compris qu'il y avait l? un moyen de constituer une "économie de la finance" en parallèle avec "l'économie marchande réelle". C’est ainsi que l'activité de banque est née en Italie et aux Pays-Bas, quelques siècles auparavant. Tout cela ne sont qu'évidences connues de tous, bien sûr.

Mais ? partir du moment où le seul fait de disposer de monnaie, justifie, en soi, un revenu qui ne soit pas lié ? une activité dite "productive" au sens de l'économie matérielle réelle, l’inflation devient, ? ce moment l? , le signe d'une économie réelle en croissance ! Tout est question de mesure, évidemment ! L'idée est qu'en l'absence d'inflation de la masse monétaire disponible pour l'économie, toute monnaie qui n'est pas "engagée" chaque jour dans un processus de production économique réel doit, logiquement, perdre mécaniquement de sa valeur. La contrepartie de la perte de valeur, c'est, normalement la justification du taux d'intérêt !

Si la monnaie souhaite obtenir une rémunération "sans risques" qui soit bien supérieure ? cette perte de valeur, elle doit la "prendre" sur celle dégagée par l'économie réelle générale. Pour éviter l'excès de ce "prélèvement ", les Banques Centrales tendent, en général, ? maintenir bas le niveau de rémunération de l'argent sans risques.

On peut se demander s'il n'existe pas un lien logique entre inflation et croissance économique.

Autrement dit, si un certain niveau d'inflation n’est pas le signe d'une croissance de l'activité économique. Bien entendu, on peut observer de l’inflation en cas de pénurie réelle de biens (l'Allemagne de l’après guerre et certains pays sous-développés) mais elle peut aussi être purement spéculative dans le cas de pénuries provoquée…

Ainsi l'inflation pourrait être vue comme ce que les aviateurs appellent " le secret du petit angle ". A l’image des ailes des avions qui ont besoin d’offrir une certaine résistance pour se maintenir en l’air et avancer, la société devrait accepter un niveau d’inflation raisonnable ? même de stimuler la croissance.

D'ici ? ce que nos gourous de la macro économie, viennent nous dire que d'un mal il peut sortir un bien et acceptent un traitement homéopathique de nos économies ? l'inflation, il n'y a qu'un pas…

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 07/12/05 dans Economie - Société | Commentaires (8) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 6 décembre 2005
Trou dans la Toile

Pour les profanes de l’électronique, Internet relève de la magie. Dix mille milliards de messages ont, parait-il, été envoyés en 2004. Faites le calcul vous-même, par mois, par jour, par heure, par minute, cela fait des millions. La croissance peut-elle indéfiniment s’accélérer sans que le système craque ? Le nombre d’utilisateurs, le nombre de « postages » par utilisateur, le poids des fichiers envoyés et/ou reçus ne cesse d’augmenter. De plus, il y a afflux de publicité non autorisée (Spams), propagation de virus et autres vers indésirables. Sans doute la magie, elle-même, connaît-elle des limites. Un jour, des Internet bis payants, et ? accès restreint, devront probablement être créés.

Posté par Marc Ullmann, le 06/12/05 dans Communication - Société - Technologie | Commentaires (3) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 4 décembre 2005
Danièle Hervieu-Léger : L'invité du mois de décembre 2005

Jean-Philippe DerenneDirectrice d’Etudes ? l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) dont elle est, par ailleurs, la Présidente, Danièle Hervieu-Léger interviendra, jeudi 15 décembre, sur le thème : "Intégrismes et modernité".

A une époque où beaucoup de "modernes" choisissent leurs croyances ? la carte, certaines personnes éprouvent le besoin se raccrocher ? une identité forte et unique. Qui ? Pourquoi ? Sociologue des religions et Directrice de la publication de la revue Archives de Sciences Sociales des Religions, Danièle Hervieu-Léger tentera de tracer les perspectives d’avenir.

Après avoir travaillé sur les rapports entre engagement religieux et engagement politique chez les étudiants catholiques, D.H.L. a étudié les processus de recomposition utopique des croyances religieuses dans les mouvements anti-institutionnels et communautaires des années 70.

Cette perspective a conduit ? une réévaluation critique de la notion de sécularisation, réarticulant l'analyse de la perte d'emprise des institutions religieuses dans toutes les sociétés modernes et celle des phénomènes contemporains de dissémination des croyances, de prolifération des communautés et de montée émotionnelle du religieux que D.H.L. a analysé dans un certain nombre d’ouvrages, dont : Vers un nouveau christianisme ? Introduction ? la sociologie du christianisme occidental (Paris, Cerf, 1986) et De l'émotion en religion (avec F. Champion, Paris, Centurion, 1990).

La question des rapports entre modernité, mémoire et référence ? la tradition est au centre des travaux engagés sur les formes de religiosité et sur les processus de construction et de transmission des identités religieuses.

Le Pèlerin et le converti. La religion en mouvement (Paris, Flammarion), paru en 1999, propose une analyse des formes contemporaines de la mobilité religieuse (mobilité des croyances et des pratiques, mobilité des identités, mobilité des quêtes du sens). En 2001, La religion en miettes ou la question des sectes (Paris, Calmann-Lévy) poursuit l'analyse de la dérégulation institutionnelle du religieux dans les sociétés modernes et examine - en même temps que les formes nouvelles de la religiosité et de la sociabilité religieuse qui s'y déploient - les implications que ces évolutions comportent pour le modèle français de la laïcité.

Un livre paru en 2003, Catholicisme français: la fin d'un monde (Paris, Bayard), complète cette description de la modernité religieuse, du côté des institutions. Il traite des tendances ? l'affaissement de la culture catholique en France (de l'exculturation du catholicisme), non pas - comme il est habituel - ? partir de la crise des observances et de la transformation des croyances religieuses, mais ? partir des mutations culturelles et sociales (la famille, la consommation, le rapport ? la nature etc.) qui sapent en profondeur l'organisation symbolique modelée, dans la longue durée, par le catholicisme.

DHL poursuit actuellement des recherches sur les ritualités contemporaines, en s'attachant en particulier ? la question de la gestion rituelle de la mort et aux pratiques publiques du deuil dans les sociétés de haute modernité. Une première introduction ? cette réflexion est présentée dans Qu'est-ce que mourir ? (avec J.Cl. Ameisen et E. Hirsch, ? Paris, Le Pommier), publié en 2003.

Posté par Charles Nouÿrit, le 04/12/05 dans L'invité du mois | Commentaires (0) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 2 décembre 2005
Capitalisme impopulaire

Si Thierry Breton avait voulu dégoûter les Français de la Bourse, il n’aurait pas agi autrement. Cinq millions de braves gens se sont précipités pour acheter des actions EDF au cours d’introduction. Dans leur esprit, EDF était une valeur sûre. Sur le fond, ils avaient raison mais la barre ayant été fixée trop haut, les braves gens, au lieu d’enregistrer des plus values immédiates, risquent de perdre des sous si les circonstances les obligent ? vendre vite.

Posté par Marc Ullmann, le 02/12/05 dans Economie - Entreprises - France | Commentaires (4) | Lien permanent | TrackBack (0)

Le 1 décembre 2005
Et si la Roue du Progrès se mettait ? tourner en sens inverse…

Roue-051201.jpgDans une économie globalisée, la spécialisation d’un sous-traitant dans les secteurs ? haute valeur ajoutée et d’innovation technologique devait, jusqu’ici, garantir sa compétitivité comme celle des entreprises qui sont ses clients et lui permettre de se mettre ainsi ? l’abri de la concurrence des pays ? faibles coûts de main d’œuvre comme la Chine ou l’Inde. L’activité de ces sous-traitants ? forte composante de matière grise, en particulier celle des services et des logiciels informatiques, procurait jusqu’? présent aux entreprises clientes des gains de productivité importants et suffisants.

Les entreprises du secteur français du service informatique par exemple ont, un moment, cru que cela allait leur profiter sur le long terme et accroître leur business en cherchant ? utiliser le vieux principe industriel de la spécialisation qui rend compétitif et assure les grands volumes de production. Cela a été un moment le cas. Cela risque de ne plus l’être longtemps car ce principe industriel traditionnel ne se vérifie que très partiellement dans des domaines où la composante salariale est très importante et dont la seule manière de l'optimiser est d'en réduire la valeur.

Aujourd’hui, sous la pression d’une mondialisation encore mal régulée, leur modèle basé sur la compétence et le savoir-faire semble un peu remis en cause. De très grandes entreprises, clientes de ce secteur, se tournent avec une énergie redoublée vers la chasse systématique au prix d'achat le plus bas possible au mépris parfois de risques fondamentaux pour leur exploitation et leur avenir : l’innovation et la compétence distinctive ne leur semblent plus assez rapidement fournir les marges de manœuvre suffisantes. Seule solution rapide et efficace selon elles : casser les coûts.

France Telecom, Equant, Hewlett Packard, l’ANPE ou Schneider, parmi d’autres, ont ainsi décidé que leurs sous-traitants en matière de conseil et de service informatique ne pourront plus, progressivement, accéder ? leur clientèle en France, sauf ? réduire drastiquement leurs prix. Les décisions opérationnelles sont toutes sous l'emprise d'un filtrage des services "achats" qui tendent ? ne ramener tous les produits services, jugés a priori tous équivalents, qu'? une variable unique et réductrice : le prix. Même l'Analyse de la Valeur qui peut ? juste titre servir de guide ? une politique d'achat n'est plus ? la mode… Elles leur conseillent donc clairement de se mettre en situation d'utiliser de plus en plus des salariés situés hors du territoire national et dans certains cas précisément des salariés situés en Inde. La recherche généralisée du sous-traitant le moins disant devient, ? leurs yeux, le seul garant du maintien de leur compétitivité au plan international. Cette demande est renforcée par l’irruption, sur le marché français, d’entreprises étrangères qui utilisent déj? une telle filière de production.

Délocaliser ou périr ?

C’est le dilemme auquel sont, de plus en plus, confrontées les entreprises dont le métier est le logiciel et le service informatique. On peut d'ailleurs se demander ? quoi serviront alors les écoles d'informatique que depuis 30 ans nos dirigeants se sont évertués ? développer pour lutter contre l'enseignement routinier d'antiques formations dites "? faible valeur économico-intellectuelle " ? Que deviendront, dans ces conditions, les rêves de certains informaticiens de participer, un peu, encore, ? la richesse nationale par l’exercice d’un métier censé être depuis quelques années "? haute valeur ajoutée" ?

Valeur ajoutée aujourd'hui, valeur perdue demain…

Que restera-t-il ? leurs enfants ? A exercer l’un des métiers nouveaux promus par nos hommes politiques tel celui de personnel de maison ! Ou bien ? s'expatrier, vers les zones du monde dont le retard de développement en fera, précisément et pour cette unique raison, de nouveaux " eldorados".

Posté par Henri-Paul Soulodre, le 01/12/05 dans Economie - Entreprises - Mondialisation - Technologie | Commentaires (7) | Lien permanent | TrackBack (1)

 
Jean-Pierre Dupuy
 
Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et Stanford University, Jean Pierre Dupuy est intervenu, mercredi 14 mai, sur le thème : « Les nanotechnologies ».  
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