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Jean-Philippe Derenne : L'invité du mois de novembre 2005 |
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Chef du service de pneumologie et réanimation ? l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière ? Paris, le professeur Jean-Philippe Derenne interviendra, mardi 22 novembre, sur le thème : "Ils ont tué Hippocrate".
Pneumologue reconnu, Jean-Philippe Derenne refuse de voir la médecine comme un ensemble d’actes techniques destinés ? soulager ou ? guérir. Il exhorte ses pairs ? renouer avec Hippocrate et ? lutter contre la dépersonnalisation des rapports entre médecins et malades. Mieux que personne, il en connaît les dérives et en décortique les causes.
Membre de nombreuses Sociétés telles que l’American Thoracic Society, European Respiratory Society, Royal Horticultural Society, Seed Savers Association (Decorah – Iowa), Société Nationale d’Orthiculture de France ou encore l’Association des amis du Monastère Saint Honorat, le professeur Jean-Philippe Derenne est, depuis 2002, Professeur de Classe Exceptionnelle.
Mais ? côté de la médecine, Jean-Philippe Derenne n’hésite pas ? cultiver d’autres jardins : bande dessinée, cuisine, chansons... Il a ainsi publié Un aristocrate en slip (Tribune Etudiante 1964), une étude sur Tarzan, et La mort pour 1f50 (Tribune Etudiante 1964), une étude sur les fumetti italiens. Auteur chez Stock de L'Amateur de cuisine (1996) – qui a connu un grand succès de librairie et un considérable retentissement médiatique – il revient, en 1999, avec La cuisine vagabonde (Fayard Mazarine). Dans le domaine de la chansons, ce sera, tout d’abord, Chansons pour nos chatons n°6 (Rym musique 1995) dont il a composé les textes et la musique des n°12-13-14-15 puis Toc Toc es-tu l? ? (15 chansons) dont il a écrit tous les textes.
Aujourd’hui, c’est la médecine qui le rattrape. Il est co-auteur avec François Bricaire de Pandémie, la grande menace (Fayard, octobre 2005), un ouvrage sur la grippe aviaire. Ils y insistent sans ménagements sur le danger de pandémie et les moyens de la circonscrire.
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La diversité gage de démocratie |
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Avec 12,3 % de femmes ? l'Assemblée nationale et 10,9 % au Sénat, la France reste dans ce domaine la lanterne rouge de l'Europe avec l'Italie et la Grèce. La loi sur la Parité, promulguée le 6 juin 2000, n’y a rien fait. La proportion de jeunes idem. 17 députés sur 577 ont entre 30 et 40 ans. Quant ? la représentation de ce que l’on appelle, aujourd’hui, les minorités visibles, elle est nulle. La France fait ? cet égard figure d'exception européenne.
Le monde politique n’est pas seul en cause. Dans les entreprises, le nombre de femmes cadres, par exemple, est encore très limité. Aucune femme ne dirige une entreprise du CAC 40 et les conseils d'administration ne comptent que 6 % de femmes, contre 16 % aux Etats-Unis et 34 % en Norvège. En cause ? Une grande frilosité doublée d’une bonne dose d’hypocrisie lorsqu’on brandit, ? tout bout de champ, le risque de rupture du principe d’égalité.
Un récent sondage, paru dans le Parisien, donne un résultat sans appel sur la représentativité, en particulier, du monde politique. Ainsi, 89 % des sondés souhaitent qu’il y ait plus de femmes au Parlement, 84 % plus de jeunes et 55 % plus de personnes issues de l’immigration. Ils sont une majorité ? juger que la démocratie s’en trouvera « revivifiée » et renforcée. Un résultat qui s’inscrit loin de la frilosité supposée des Français. Aux politiques et aux entrepreneurs de prendre la mesure des bienfaits de la diversité.
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Retour du Danemark |
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Je rentre d'une tournée de conférences au Danemark sur le processus de civilisation en cours. Plaisir ? retrouver la Scandinavie sous son jour le plus souriant. Les conversations que j'ai eues dans la foulée de ces conférences me renforcent dans l'idée que, jusqu'? présent, ce pays a beaucoup mieux tiré parti de la modernité que la France.
Les gens ordinaires au Danemark sont probablement encore plus transformés que les Français par le processus de civilisation en cours. Ils cherchent et parviennent encore mieux que ces derniers ? se construire la vie qui leur convient avec ce qu'il leur faut d'affections, de sens et de paix de l'esprit.
Chez eux, la culture des postures plates, non hiérarchiques, a été poussée très loin et débouche sur une société de plain-pied dans laquelle la plupart se sentent ? leur aise. La diffusion explosive des réseaux et associations qui cherchent ? porter remède aux maux variés de nos sociétés modernes a été très précoce et peu gênée par les institutions en place ; elle a pris peut-être 10 ans d'avance sur la France ; elle a eu le temps de mûrir, permettant aujourd'hui aux Danois de participer intensément ? la gouvernance bottom up de leur société.
La coupure radicale qui, en France, sépare la classe politique et la société des gens ne semble pas exister au Danemark. Du coup, les feed-backs régulateurs et les ajustements réciproques entre la société des gens et les centres de pouvoir paraissent intenses aux niveaux local aussi bien que national.
A la différence de la France, la persistance d'un échiquier politique qui distingue la Droite de la Gauche ne paralyse pas les partis politiques et ne les empêche pas d'affronter les défis de l'époque. Les uns et les autres recherchent le bien commun. Une gouvernance collaborative efficace de la société, de l'économie et des institutions semble ainsi s'être installée. Les Danois ont bien de la chance!
A rapprocher de l'information qu'apporte la sélection hebdomadaire du New York Times que publie Le Monde du 8 octobre : parmi tous les pays du Monde, le Danemark est l'un des 2 ou 3 où le bonheur personnel est le plus élevé.
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Affreuse promiscuité |
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Selon certaines informations, le premier foyer de grippe aviaire a éclaté dans un élevage industriel situé en Thaïlande. Les animaux y souffraient de deux handicaps cumulés. D’une part, comme dans tous les élevages industriels de par le monde, ils étaient entassés ? plus de vingt au m², d’autre part, ils ne recevaient pas systématiquement, comme en Europe et ailleurs, des antibiotiques ? titre préventif.
Si cette information est confirmée, on pourra conclure :
i) non seulement l’affreuse promiscuité des élevages industriels fragilise les animaux mais
ii) des foyers de nouvelles maladies finiront par apparaître dans les pays « avancés » puisque les antibiotiques, ? force d’être (sur)utilisés, deviennent moins efficaces.
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General Motors : doutes sur la sécu privée |
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Traditionnellement, les Américains se méfient du gouvernement fédéral et veulent réduire son rôle. Parfois trop ! Les déboires de General Motors montrent qu’en matière de couverture sociale la garantie de l’Etat peut se révéler utile. GM, au temps de sa splendeur, avait octroyé ? ses salariés toutes sortes d’avantages pour quand ils seraient ? la retraite. La couverture des soins médicaux semblait même si intéressante qu’elle était citée en exemple.
Mais GM n’est plus ce qu’elle était, les pertes s’accumulent (1.6 milliard de dollars au troisième trimestre 2005) et les réductions d’effectifs, comme les baisses de salaires, ont des limites. La direction a donc négocié avec le syndicat de l’industrie automobile (U.A.W) une diminution des bénéfices accordés aux retraités et ? leur famille. Un milliard de dollars sera économisé par an. Comme le nombre de retraités avec leur famille est d’environ un million, cela représente, en moyenne, 1.000 dollars par personne. Les anciens de GM ne seront pas plus mal lotis que la plupart des retraités américains mais ne pourront plus faire figure de « privilégiés ».
Surtout, cela donne le frisson ? de nombreux salariés dont les entreprises, encore plus fragiles que GM, sont ou vont être « sous la protection du chapitre 11 », c'est-? -dire quasiment en faillite. De quoi amorcer un retournement de l’opinion et faire réfléchir les parlementaires. Peut-être même de quoi remettre ? la mode la notion de filet de sécurité qu’Hillary Clinton n’a pas réussi ? imposer du temps de la présidence de son mari.
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Du principe de précaution étendu aux portables et aux mels |
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Contacts immédiats et réponses instantanées ont des limites. Le principe de précaution étant introduit dans les constitutions et mondialement appliqué pour sauvegarder les responsabilités, il pourrait trouver application pour les téléphones portables et les mels.
En effet, qui n’a pas regretté d’avoir parlé ou écrit trop vite sans prendre le temps de la réflexion, en faisant fi de la règle de l’oreiller ? Les militaires l’ont compris depuis longtemps selon l’adage « lorsqu’on reçoit un ordre, on attend le contrordre ». Sous-entendant qu’il est préférable d’attendre un éventuel contrordre avant d’exécuter l’ordre.
Méditons l’expérience militaire, plutôt que de risquer la boulette en la matière.
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Happiness: Lessons from a new science |
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Depuis 1950, en Occident du moins, le pouvoir d’achat a doublé, la santé a fait des progrès importants, l’espérance de vie s’est allongée, les conditions de travail se sont améliorées... Pourtant, toutes les études le montrent, les gens ne sont pas plus heureux. Le bonheur ! Mais ce n’est pas un sujet pour économiste, direz-vous. Lord Layard, éminent économiste anglais, reconnu mondialement pour ses travaux sur le chômage et l’inégalité, répond que si.
Le bonheur est fondamental ? l’équilibre des individus et des sociétés. Or, selon lui, la loi de la sélection naturelle de Darwin (compétition) et la main invisible (individualisme) d’Adam Smith qui dominent, aujourd’hui, la pensée occidentale dans tous les aspects de la vie, entraînent la disparition de tout sens du bien commun. Avec pour conséquences une criminalité en hausse, une explosion des dépressions, un délitement sans précédent des liens familiaux et sociaux...
Dans cet ouvrage saisissant, l’auteur s’attache ? décortiquer les causes et les conséquences du bonheur et, ? contrario, les ravages de son absence. S’inspirant d’études sérieuses et approfondies qui vont de l’économie aux neurosciences, de la génétique ? la psychologie et ? la sociologie, il nous guide, pas ? pas, aux sources du bonheur et fait sienne l’affirmation de Jeremy Bentham, un des plus brillants intellectuels britannique du siècle des lumières pour qui « La meilleure société est celle où les citoyens sont le plus heureux ».
Toute politique publique devrait, conclut, Richard Layard être guidée par son impact sur le bonheur du plus grand nombre. Ce n’est pas surprenant, qu’il ait, en tant que conseiller du gouvernement, inspiré Tony Blair et sa « Life Satisfaction ».
Happiness: Lessons From The New Science - Richard Layard, Editions The Penguin Press, 310 p., New York 2005
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Marianne : la liberté de penser autrement |
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Le site Internet de l’hebdomadaire Marianne vient de faire peau neuve. Avec un dossier inédit chaque semaine et quatre articles exclusifs par jour, ce site propose, en plus des nombreux forums de discussion, un véritable « quotidien » de Marianne.
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Pour changer dans la permanence : la dimension processus… |
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Qui se ressemble, s’assemble ! Cette loi est souvent vérifiée dans les sociétés humaines. Elle donne naissance ? des groupes identitaires et alimente parfois corporatisme et communautarisme.
Dans les entreprises, cette loi se manifeste sous la forme de l’esprit d’appartenance parfois étroit ? un bureau, un service, une direction, une structure. Elle est renforcée par l’habitude prise de s’organiser de manière très fortement hiérarchique.
Cette loi conduit ? une fragmentation des liens entre les personnes et, si ce n’est ? une difficulté d’être, de vivre "ensemble ", plutôt, ? la difficulté de vivre en relation avec l’autre".
Cette loi induit également un comportement collectif assez statique qui est aux antipodes de la notion dynamique de " projet ", de mouvement vers un but, un objectif, un idéal parfois…
Pour évoluer, pour changer, pour s’adapter, l’entreprise a d’abord découvert le mode projet qui est une organisation collective non hiérarchique tendue vers une finalité et ? durée de vie limitée. Il permet ? une organisation de passer d’un état stable permanent ? un autre. C’est un comportement collectif dynamique et temporaire qui croise momentanément les lignes hiérarchiques habituelles.
Sa faiblesse est toutefois que l’énergie qu’il communique ? ceux qui en font partie est momentanée.
Aujourd’hui, venue des Etats-Unis (merci ? nos amis d’outre Atlantique), apparaît en Europe une autre manière de voir l’entreprise : le mode processus qui permet de concilier dynamisme et permanence et qui donne naissance au plan opérationnel au B.P.M. (Business Process Management).
Il apporte une persistance de l’effet souhaité qui se traduit dans l’organisation par l'émergence d'une nouvelle fonction originale, le pilote de processus, ainsi que par la mise en œuvre d'un management par contrats internes et objectifs collectifs d’un genre nouveau. Il autorise des organisations nouvelles de type hétérarchiques.
Il apparaît ainsi comme l’expression d’une " nouvelle dimension " des organisations humaines, un nouvel espace de liberté et de gouvernance collective.
Gageons que nos entreprises et nos administrations auront l’intelligence de s’y intéresser rapidement !
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Des seins, des lèvres... et de la silicone |
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Combien de gamines, de femmes, jeunes et moins jeunes, et d’hommes (eh oui, des hommes, de plus en plus nombreux, aussi !) ont succombé au mirage du « faux semblant qui ressemble au vrai » ? Les médias, la société du bien pensé – looké, relooké, fashionnisé, lobotomisé par les TV/LCD/DVD/ETC, mesuré, emballé, c'est pesé ! – ont su imposer le diktat des « esthètes sans éthique ».
Cela commence ? faire des ravages y compris dans les cours d’école maternelle où des midinettes, hautes comme trois pommes, veulent déj? gober des sachets minceur pour faire comme leurs mamies ou leurs taties (lesquelles sont dans une nouvelle « phase de sveltessitude intensive »). J’ose espérer que mon enfant sera épanouie et conservera, toute sa vie, sa dignité. Restons qui nous sommes, restons ce que nous sommes, ne nous dénaturons pas !
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Biologie et société |
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Depuis que l’homme a domestiqué le feu, les processus de modernisation ont toujours été socio- technologiques : les inventions ne décollent que lorsque la société est prête ? les recevoir ; puis la diffusion des technologies accélère les transformations sociales. C’est ainsi qu’? partir du milieu des années 80, l’évolution des gens et du tissu social est entrée en synergie avec les progrès des technologies des micro communications interpersonnelles.
Cette rencontre a donné au processus de modernisation un caractère explosif favorisant le développement des réseaux et intensifiant leurs interactions. Le mouvement se poursuit et est encore porteur de nombreux changements mais une autre synergie s’amorce. Les personnes, la société civile, les entreprises, les pouvoirs publics, sont confrontés au défi d’apprendre ? piloter le vivant au moment où, précisément, la biologie moléculaire, les neurosciences, les biotechnologies et de façon générale toutes les sciences du vivant, font des progrès conceptuels majeurs dont on pressent qu’ils vont déboucher sur des applications. Elles entrent déj? et vont entrer plus encore en synergie avec le processus de transformation de notre civilisation. Elles vont s’en nourrir tout en l’accélérant. La nature des organisations, la conception des moyens de production, la notion d’équilibre ? trouver dans nos vies personnelles s’en trouveront modifiées.
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Du « Grand Israël » à Israël agrandi |
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Ariel Sharon est un des derniers survivants de l’épopée sioniste. Il est laïque plutôt que religieux. La référence biblique à la Judée et à la Samarie ne lui a jamais servi de boussole. Mais, de même que les Sionistes n’ont pas hésité, en 1947, à expulser des Palestiniens pour fonder un Etat aussi étendu que possible, Sharon cherche maintenant à arrondir, autour de Jérusalem, les frontières héritées de 1947. L’Intifada va donc continuer. Or les Sionistes sont morts et les jeunes Israéliens les plus motivés pour rester, combattre et affronter le danger risquent d’être les religieux. Ceux là même qui, aujourd’hui, s’opposent à Sharon.
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Cerveau reptilien |
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C’est bien connu : beaucoup des comportements spontanés des hommes modernes sont influencés par la partie primitive de leur cerveau, leur cerveau reptilien. Des travaux récents d’ethnologie sur les chefferies ont montré que dans la plupart des peuplades primitives restant dans le monde d’aujourd’hui, trois propriétés caractéristiques semblent être invariantes chez leurs chefs. D’abord, le chef doit savoir rassembler, ensuite il doit bien parler, enfin il doit savoir faire de nombreux cadeaux.
A ces trois conditions, les individus acceptent spontanément d’abdiquer ? son profit une partie de leur indépendance et de respecter ses ordres. La troisième est tellement forte semble-t-il que lorsque certains chefs ne la satisfont pas, le peuple fait en sorte de changer de chef. Peut-être y a-t-il l? une piste pour comprendre le comportement collectif actuel de certains peuples vis ? vis de leurs dirigeants et pas seulement dans les pays en voie de développement ?
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Happening et perversité |
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Victor Hugo a dit que le calembour était la « fiente de l’esprit ». Les procès intentés aux Etats-Unis ? neuf militaires ayant infligé des mauvais traitements ? des détenus irakiens dans la prison d’Abou Ghraib montrent que le happening peut être la fiente de l’art.
Les prévenus ont été condamnés ? des peines allant de six mois ? dix ans. Cette graduation s’explique par le fait que les cas relevaient, en gros, de trois catégories distinctes :
- Il y avait des tortures effectuées dans le but d’extorquer le plus vite possible des aveux ou des renseignements.
- Il y avait des humiliations destinées ? mettre les prisonniers dans un état de moindre résistance mentale avant les interrogatoires.
- Il y avait aussi des humiliations d’un genre mi porno, mi ludique, évoquant une mise en scène.
Ce dernier cas est apparu clairement dans le procès de la soldate Lynndie England qui souriait en traînant en laisse un prisonnier dénudé. Elle aurait agi ? l’instigation d’un de ses camarades et a été d’abord ravie de la photo où elle fait figure de vedette et où l’Irakien humilié tient (involontairement) le rôle du figurant soumis.
La photo, évidemment numérique, a été transmise par Internet ? quelques amis résidant en Amérique. Si l’instigateur avait eu un caméscope, il aurait transmis une vidéo et cela aurait eu l’allure d’un happening. Dans cet « art » nouveau, on crée un « évènement » ; l’évènement est filmé et les cassettes se vendent. Adieu le tableau qui établit une médiation entre le contemplateur et la réalité. Bonjour l’instantané où le réel apparaît tout cru, prêt ? être avalé. Certains artistes ont, depuis longtemps, dénoncé cette évolution. L’un d’entre eux se demande si la montée en puissance des « évènements » n’est pas « un signe de temps nouveaux où les freins de la symbolique cesseraient de fonctionner ». Des temps où, par exemple, les frontières entre torture et spectacle deviendraient élastiques.
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Allemagne : vers une nouvelle vigueur |
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La plupart des médias français véhiculent, me semble-t-il, une idée fausse de la situation politique en Allemagne. Le fait qu’aucun des deux grands partis n’ait obtenu, ? lui seul, une majorité au Bundestag, est vu comme un prologue ? l’instabilité. Pourtant, dans tous les pays où les élections se déroulent ? la proportionnelle (ou contiennent une forte dose de proportionnelle), les gouvernements de coalition constituent la règle plutôt que l’exception.
Le processus est soigneusement balisé. De longues tractations ont lieu entre les responsables des partis amenés ? gouverner ensemble. En bout de course, un programme est établi ; il servira de boussole ? l’action des dirigeants. Cela n’a rien ? voir avec une cohabitation ? la française où le Président et la majorité parlementaire mènent perpétuellement bataille.
Dans le cas particulier de l’Allemagne d’aujourd’hui, la situation paraît particulièrement propice ? une coalition. Des réformes ont été lancées par le SPD qui n’a pas été désavoué. La CDU veut les accélérer mais son succès a été relatif et son ardeur freinée. Un juste milieu s’impose et la nouvelle chancelière devra en tenir compte. Il sera d’autant plus constructif qu’objectivement la situation s’améliore. Les exportations atteignent un record historique. La perception positive du présent ressort ? son plus haut niveau depuis novembre 2004. Le nombre des faillites d’entreprises recule et, maintenant que le coût de la réunification commence ? s’alléger, le pays fait preuve, malgré un chômage qui ne recule pas encore, d’une étonnante vitalité socioculturelle. Qu’on s’en réjouisse ou non, la République fédérale est sur le point de trouver une nouvelle vigueur.
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Lecteurs je vous aime |
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Dans " le Monde " daté du 6/9/05, page 12, cet encart auto-publicitaire : « 357 000 lecteurs issus de la fonction publique lisent " le Monde " ». Que deviendrait ce quotidien, si ces lecteurs devaient choisir entre payer pour le lire, et cesser de le lire ?
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La leçon turque des Marx Brothers |
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La Turquie dans l’Europe ? Un marathon en 35 étapes vient de lui être imposé. Pour l’instant, les Turcs sont demandeurs et la plupart des Européens font la fine bouche. Mais, dans dix ans, rien ne prouve que ce ne sera pas le contraire : l’objectif européen contraint le gouvernement turc ? mener ? bien des réformes qui, de toute façon, seront bénéfiques ; et les données internationales peuvent évoluer de telle sorte qu’une position d’intermédiaire entre l’Europe, l’Asie Centrale et le Moyen Orient devienne attrayante pour la Turquie. De plus, l’orgueil national peut vouloir une revanche. Comme l’a dit Groucho Marx sur le ton de l’ironie : « I would not join a club who would accept me as a member ! ».
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Le déni turc |
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Je ne suis spécialiste ni de l'Empire Ottoman, ni de l'Islam, ni de tous les événements dans les Balkans au 20eme siècle, ni, ni...
Cependant sur le sujet du début des négociations avec la Turquie pour son entrée dans l'Union Européenne, qui est difficile et complexe, le traitement qui en est fait dans un hebdomadaire ? gros tirage cette semaine m'inquiète passablement : outre un dossier qui relève dans son ton et ses affirmations, plus du publi-rédactionnel que du reportage fouillé, il y figure une interview du Ministre des Affaires Etrangères turc qui nie, en substance, le génocide arménien.
L'effet immédiat et positif de cette négation est qu'on retrouve du même coup, au-del? des analyses et des débats, ce qui paraît un des fondements de l'Europe: la question de la conscience. Elle n'a jamais empêché la barbarie, mais elle a au moins permis de la qualifier, plus encore que de la dénoncer.
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Simplification : paroles, paroles |
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13 ministres délégués ou secrétaires d’Etat pour le développement des PME se sont succédés depuis l’accession de Georges Pompidou ? la présidence de la République en 1969. Chacun d’entre eux a promis de diviser par deux la paperasserie administrative. En 2005, soit 36 ans après, cette paperasserie, en réalité, a été multipliée par deux. Ce qui donne un absurde : ½ puissance 13 = 2 ou, si l’on préfère, ½ V puissance 13 = 2, V étant le coefficient de velléité des ministres.
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