Débat en cours
Notre club est, fort légitimement, à la recherche de « points clés », méritant de notre part, si j’ai bien compris, une attention et une réflexion approfondies et durables. Je suis surpris que l’évolution de notre climat, qui a fait l’objet dans notre pays d’un débat et de décisions d’une grande importance regroupées sous le titre de « Grenelle » de l’environnement, n’ait pas encore suscité de notre part, au moins en apparence, l’intérêt correspondant.
Une occasion nous est donnée de réveiller notre attention sur ce sujet : il s’agit de la sortie du dernier texte – j’ai failli dire : « du dernier pamphlet » – de Claude Allègre, intitulé « L’imposture climatique*« . Comme tous les textes de Claude Allègre, celui-ci a fait l’objet dans la presse de nombreux commentaires, blancs ou noirs selon la tendance des commentateurs en matière d’écologie doctrinaire, flatteurs dans « le Figaro », assassins dans « le Monde » ou « les Échos ». Je me référerai, dans ce qui suit, au compte-rendu lu dans « le Point ».
Je n’ai personnellement aucun titre à parler savamment d’une « imposture ». Je relève cependant dans l’article en question quelques détails qui m’avaient frappé. Par exemple, l’affirmation selon laquelle la fonte de la banquise arctique provoquerait une élévation du niveau des océans, affirmation en elle-même physiquement absurde. A partir du moment où je constate un contresens sur un point, au demeurant important, je me sens fondé à douter de la valeur d’ensemble de la thèse défendue à grand bruit par Al Gore, ou Nicolas Hulot, ou encore Yann Arthus-Bertrand.
Si, comme je le reconnais plus haut, je n’ai pas de titre à parler savamment d’une « imposture », je peux parfaitement en relever les conséquences absurdes, voire nuisibles, que d’aucuns en tirent pour notre pays.
S’il s’impose à l’ensemble des humains de réduire à tout prix notre production de CO2, la première question qui se pose pour nous est de savoir quelle part notre pays doit prendre dans cette politique, nécessairement coûteuse en termes de dépenses ou de réduction de notre compétitivité. Or il se trouve que la France possède, en matière de réduction de la production de CO2, une avance considérable sur les autres nations industrialisées (et non pas un retard, comme l’écrivait il y a quelque temps Yann Arthus-Bertrand dans un article publié par le Figaro). En chiffres approximatifs, le Français produit chaque année 6 tonnes de CO2, soit environ un tiers en moins de ce que produit l’Européen moyen, et plus de moitié moins que ce que produit le citoyen des U.S.A. Ceci est le fruit d’une politique énergétique conduite de longue date (milieu des années 70) en pleine connaissance de cause face à la hausse du coût des hydrocarbures, grâce au développement du nucléaire. Nous n’avons aucune raison de ne pas tirer profit, aujourd’hui, de la position de premier de la classe que nous confère cette situation. Une « taxe carbone » destinée à réduire encore nos importations d’hydrocarbures ne se comprend que si elle ne présente aucun inconvénient sur le plan de notre compétitivité économique, ce qui ne semble pas être le cas si j’en juge par la complexité du montage prévu autour de cette taxe.
Une fois enregistrée l’avance dont je parlais plus haut, il n’est évidemment pas interdit de s’efforcer de l’accroître encore par des mesures qui ne nuisent pas à notre compétitivité économique. Tout ce qui porte sur les économies à faire en matière de logement, par exemple, mérite d’être considéré, mais toujours à condition d’être analysé sous cet angle, et non comme un absolu dicté par le « Grenelle » de l’environnement. Il en va de même, cela va de soi, des dispositions destinées à substituer aux hydrocarbures des énergies primaires dites « propres ».
Mais ce dernier point mérite lui-même une analyse approfondie. On a parlé des carburants agricoles, sans réfléchir aux problèmes d’alimentation auxquels l’humanité doit faire face, et sans même considérer le coût, en euros et en énergie polluante, de la production de ces carburants dont certains sont déjà imposés aux moteurs de nos automobiles. On parle d’éolien, et de hardis entrepreneurs se ruent à l’assaut des cadeaux faits sous contrainte par EDF en matière de rachat des kWh ainsi produits, cependant que le caractère intermittent et peu prévisible, pour la plupart des installations, de la disponibilité de l’énergie éolienne conduit à développer, en complément, des centrales à charbon ou à hydrocarbures polluantes en CO2, augmentant ainsi la production globale de gaz à effet de serre au lieu de la réduire. On fait de même avec le photovoltaïque, menaçant EDF du développement mal contrôlé d’une production rachetée à un prix très élevé, induisant pour cette entreprise des charges supplémentaires que certains chiffrent à des dizaines de milliards d’euros, toujours sans profit en matière de CO2 pour les mêmes raisons que précédemment. Ajoutons que, si couvrir de cellules photovoltaïques des espaces stériles peut avoir un sens, il n’en va pas de même de l’utilisation à cette même fin de terrains agricoles dans un monde où le problème de la faim se posera plus vite que celui du climat.
Au total, une impulsion irréfléchie, provoquée par une analyse scientifique discutable – selon Claude Allègre auquel j’ai tendance à faire davantage confiance qu’à des écologistes doctrinaires – et en l’absence de toute analyse économique, menace de nous faire perdre le bénéfice de notre avance actuelle dans le domaine considéré, pour plaire à des écologistes obsédés par leur hostilité envers le profit dont chaque Français peut pourtant recevoir sa part et par leur opposition viscérale au nucléaire, et au profit d’entrepreneurs aptes à détourner dans leur seul intérêt une partie des pertes imposées au Français moyen au nom de « l’intérêt mondial ».
Tel est le sujet dont je pense que les Vigilants pourraient, à juste titre, faire un « point clé », en s’adressant pour leur éclairage à ceux qui savent, et qui savent compter dans les matières techniques ou scientifiques en cause.
Je suis prêt à aider dans cette recherche, tout en notant que mes connaissances en la matière sont ou bien inexistantes, ou bien au mieux lointaines, mais que les gens qui savent, et qui savent compter, ne manquent pas autour de nous.
Raymond Lévy
Claude Allègre nous a habitués à ses interventions musclées et souvent iconoclastes ou au moins à l’opposé des modes et du « politiquement correct ».
Dans cet ouvrage sous forme d’entretiens, il se livre à une démolition sans concessions de la thèse du réchauffement climatique – défendue par le GIEC et supportée par un grand nombre de responsables politiques dans le monde. La démonstration est conduite au travers à la fois de son expertise scientifique – même s’il reconnait volontiers ne pas être un expert du climat -, des connaissances issues de ses réseaux et de ses propres réflexions.
La démonstration, claire et convaincante, est bâtie en trois temps :
- Il démonte tout d’abord les bases « scientifiques » ayant servi à bâtir les fondements de la théorie du réchauffement climatique lié à l’effet de serre généré par le CO² émis par l’homme. Il le fait en apportant les preuves d’une manipulation des données ayant servi à établir la fameuse courbe de Jones en « crosse de hockey ». Il nous rappelle des faits ignorés comme la condamnation du film l’Al Gore par la cour de justice du Royaume Uni pour manque de preuves dans les allégations fournies. Une majorité d’experts dénoncent aujourd’hui cette manipulation.
- Il décrit ensuite avec une grande précision l’enchaînement des évènements ayant permis de créer une dynamique mondiale fondée sur la peur, dont le point d’orgue devait être la conférence sur le climat de Copenhague. Il reconstitue les origines du GIEC et décrypte le rôle des acteurs de ce processus.
- Il s’interroge enfin sur les raisons profondes de ces enchaînements et pose la question à qui « profite le crime ». Il s’interroge notamment sur les conséquences du vide laissé par l’effondrement de l’idéologie marxiste et l’affaiblissement des grandes religions traditionnelles, et trouve une explication dans le comblement possible de ce vide dans l’imaginaire humain.
Cet ouvrage, clair et facile à lire car accessible aux non spécialistes, éclaire tous les aspects de cette question et lui permet de reposer les questions à ses yeux fondamentales pour l’évolution du monde.
Comment, martèle-t-il, les 112 chefs d’Etats présents à Copenhague ont-ils pu à ce point feindre d’oublier pour un moment les urgences de court terme (crise économique mondiale avec ses conséquences pour les plus démunis, crise de l’eau, faim dans le monde, pollution de nos rivières et des océans…) pour se concentrer sur une hypothétique et non démontrée hausse possible de la température du globe de 2 à 3 degré dans 100 ans ?
Sans renier le fait que le CO² anthropique augmente et que cette augmentation pose problème – même si à ses yeux cette augmentation n’est sans doute pas responsable des effets sur le climat que l’on lui attribue – il met en doute les voies coercitives proposées et d’ailleurs rejetées à Copenhague pour endiguer cette augmentation. Il préconise de passer d’un syndrome fondé sur la peur à une logique de progrès fondée essentiellement sur l’innovation et le progrès technique, à l’opposé des écologistes purs et durs qui proposent plutôt des méthodes coercitives et le retour progressif à « l’état de nature » .
Ce livre qui se lit comme un vrai polar se veut une contribution essentielle au débat sur les priorités écologiques et politiques de nos dirigeants, débat que selon l’auteur, le totalitarisme du GIEC et le « politiquement correct » ont largement empêché.
Michel Mabile
* L’imposture climatique ou la fausse écologie
Claude Allègre, Editions Plon, 290 pages – Paris 2010

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Pierre Richard :
Date: mars 31, 2010 @ 10 h 14 min
Le sujet du changement climatique devrait, comme le propose Raymond Levy, figurer parmi les points clés.
Le débat risque d’être animé au vu de ces 2 premières contributions fort utiles en ce sens.
Nous aurons besoin de faire preuve d’une grande rigueur scientifique. Je pense personnellement qu’il y a au GIEC de nombreuses personnalités fort respectables dont il est bon d’écouter les déclarations.
Cordialement,
Dominique Guilloux :
Date: mars 31, 2010 @ 10 h 17 min
L’intelligence qui est rigueur de raisonnement s’applique dans tous les domaines qui se veulent sciences exactes, qu’on en soit spécialiste ou non. Ceci qualifie Claude Allègre à porter un jugement méthodologique sur la démarche du GIEC et d’en tirer un doute scientifique.
Sa qualité de citoyen et d’ancien ministre lui donne un droit de critique sur les urgences décrétées par les dirigeants politiques à Copenhague. Les conseillers scientifiques « à sens unique » composant l’entourage du Président français, par exemple, ne donnent pas l’image d’un comité des sages instruisant à charge et à décharge. Mettre la taxe carbone en priorité nationale avant d’avoir mesuré ses effets négatifs sur l’économie est évidemment une absurdité.
Les insinuations sur les motivations d’argent de quelques promoteurs comme Al Gore, Nicolas Hulot ou Arthus Bertrand sortent de la sphère du raisonnement scientifique ou politique et affaiblissent plutôt qu’elles ne renforcent la thèse d’Allègre. C’est d’autant plus regrettable que ceci permet à tous les « politiquement corrects » d’attaquer son ouvrage sur ce chapitre en jetant un doute médiatique sur l’ensemble.
Je partage donc très largement les analyses de MM. Lévy et Mabile et je pense utile de faire écho aux doutes affichés par Claude Allègre, en espérant qu’il soit encore temps de raisonner sainement chez les politiques. Copenhague a eu pour principal mérite de diffuser largement l’idée de l’épuisement des ressources. Il faudrait en infléchir les décisions dans le sens d’un économie de celles-ci. Et la voie la plus prometteuse passe par la recherche scientifique et non par tous les interdits brandis par les écologistes au nom du regrettable « principe de précaution » qui stérilise tout changement.
Le Club des Vigilants s’honorerait de parvenir à infléchir les choix politiques avant qu’ils ne prennent effet.
Michel Warnery :
Date: mars 31, 2010 @ 10 h 19 min
Nous connaissons les positions de Claude Allègre sur ce sujet. Le changement climatique est un fait qui ne date pas d’hier.
Reprenant les données scientifiques connues des climatologues et géologues, nous voyons une période au début du primaire (Précambrien) froide (+/- 10° C température moyenne de la planète), suivie d’une période réchauffement au Cambrien (+/- 25°C). À la fin de l¹Ordovicien, nous avons une longue période de froid. Puis survient un réchauffement très notable au Silurien et au Dévonien (25° en moyenne sur l¹ensemble de la planète).
Au début du carbonifère, nous assistons à nouveau à une chute progressive des températures, puis d’une remontée au Permien (+/- 30°). Ensuite survient une période de stabilité des températures sur l’ensemble du globe (Trias, entre 251 et 199,6 MA, Jurassique, entre 199,6 et 145,5 MA) et à nouveau à un refroidissement brutal entre la fin du Jurassique et le début du Crétacé. Cette période est celle d’une forte activité volcanique, génératrice de grande quantité de dioxyde de carbone dont le taux est supposé être très supérieur à celui d’aujourd¹hui. Puis on constate une relative stabilité jusqu¹au premier tiers du Tertiaire et une brutale chute des températures entre les deuxième et troisième tiers du Tertiaire (période Würm en Europe où le glacier du Rhône descendait à l¹emplacement du Lac Léman). Cette chute des températures sera interrompue au début du Miocène où celles-ci se stabilisent (17-20 °C), suivie d’un refroidissement jusqu¹au début du Pléistocène à partir duquel elles entreprennent une lente remontée.
Aujourd¹hui, les moyennes saisonnières sont en légère augmentation et il n’est pas douteux que l’apport de dioxyde de carbone (CO2) soit directement lié à celle-ci. Mais le rôle joué par le CO 2 industriel, sous toutes ses formes, n’a qu¹une faible incidence sur le réchauffement général, phénomène climatique indépendant de l’activité humaine.
Il n’en est pas moins certain que les ressources d’énergie fossile iront en s’épuisant et que leur remplacement s’impose. Ce remplacement ad vitam aeternam ne peut être que l’utilisation de l¹énergie solaire, inépuisable.
Henri-Paul Soulodre :
Date: avril 4, 2010 @ 9 h 04 min
L’apport positif principal de la vague de contestation que provoque les points de vue et les écrits de Claude Allègre de faire naître un « contre pouvoir » dans l’idéologie dominante qui s’installe sur la relation de l’Humanité avec la « mère Nature ».
Cela est sain et devrait, par une certaine dialectique, faire progresser les choses…
Entre :
la Vérité Révélé par certains Ecologistes, qui d’une vérité locale cherche à faire une Vérité Universelle systémique voire presque une « Eglise », et
La Vérité Fragile sinon scientifique mais aiguillonnée par le « doute « qui apporte une certaine contradiction on peut penser qu’une Juste Raison verra le jour et qu’un plan d’actions international s’en suivra grâce à une prise de conscience non basée sur une « faute originelle » mais sur un « nécessaire changement » non seulement dans les comportements des simples gens et des dirigeants politiques et économiques.
Je me demande parfois vraiment si l’Humanité n’est pas face à la Nature et l’Univers comme le Pot de terre l’était face au Pot de fer ?
( Voir le site Climat Sceptique )
http://climat-sceptique.over-blog.com/
HPS
Bruno :
Date: octobre 11, 2011 @ 3 h 23 min
Au début du carbonifère, nous assistons à nouveau à une chute progressive des températures, puis d’une remontée au Permien (+/- 30°). Ensuite survient une période de stabilité des températures sur l’ensemble du globe (Trias, entre 251 et 199,6 MA, Jurassique, entre 199,6 et 145,5 MA) et à nouveau à un refroidissement brutal entre la fin du Jurassique et le début du Crétacé. Cette période est celle d’une forte activité volcanique, génératrice de grande quantité de dioxyde de carbone dont le taux est supposé être très supérieur à celui d’aujourd¹hui. Puis on constate une relative stabilité jusqu¹au premier tiers du Tertiaire et une brutale chute des températures entre les deuxième et troisième tiers du Tertiaire (période Würm en Europe où le glacier du Rhône descendait à l¹emplacement du Lac Léman). Cette chute des températures sera interrompue au début du Miocène où celles-ci se stabilisent (17-20 °C), suivie d’un refroidissement jusqu¹au début du Pléistocène à partir duquel elles entreprennent une lente remontée.
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